•  Une pure merveille! Les acteurs sont grandioses: les deux petits acteurs sont fantastiques et ont beaucoup de talent. c'est bien filmé, le scénario est très intéressant et les dialogues sont réussis.

    scénario: 18/20        acteurs: 18/20     technique: 18/20     note finale: 18/20

    Un sac de billes : Affiche

    Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau.

    La fiction est parfois bien utile aux parents quand la réalité, celle de l’histoire ou du temps présent, peut sembler difficile à expliquer aux plus jeunes. Comment trouver les mots justes qui racontent sans effrayer ? Comment donner un sens à des évènements qui en sont totalement dénués ? Comment transmettre sans pour autant plomber les ailes des nouvelles générations ?

    Tiré de l’œuvre autobiographique de Jospeh Joffo, étudiée dans les classes depuis des décennies, Un sac de billes permet tout cela à la fois. D’une forme très classique et volontairement pédagogique, l’histoire est racontée à hauteur de ces deux héros, un enfant et son grand frère adolescent fuyant la terreur nazie, et aborde les sujets les plus douloureux de la seconde guerre mondiale sans angélisme ni pathos exacerbé. L’exil, la douloureuse séparation des familles, la déportation, la France occupée, la résistance, mais aussi les collabos et la haine ordinaire, banalisée et portée par le gouvernement de Vichy. Grave par son sujet, le film réussit toutefois à imposer à la narration quelques temps de respiration nécessaires comme ces instants fugaces de bonheur arrachés à la peur ambiante ; il dit aussi la fraternité et la solidarité de quelques-uns… Un message qui résonne de manière toute particulière en 2017.

    Toujours vif, infatigable témoin de cette page de l’histoire qu’il est plus que jamais urgent de rappeler, Joseph Joffo fut le précieux conseiller de ce film indispensable « À l’heure actuelle, l’histoire que j’ai vécue résonne de manière particulièrement forte. À cause du terrorisme, des enfants sont contraints eux aussi de fuir. Comme nous il y a cinquante ans, ils se retrouvent sur les routes, totalement isolés et livrés à eux-mêmes. J’espère que le film nous incitera à nous interroger sur le destin de ces enfants et de ces familles déchirés ».


    votre commentaire
  •  Un super film avec des acteurs merveilleux et des décors somptueux. Les deux acteurs principaux ont d'ailleurs tombés amoureux pendant le tournage. Le livre est beaucoup plus riche que le film.

    scénario: 18/20   acteurs: 19/20   technique: 19/20     note finale: 19/20

    Une vie entre deux océans

    Quelques années après la Première Guerre mondiale en Australie. Tom Sherbourne, ancien combattant encore traumatisé par le conflit, vit en reclus avec sa femme Isabel, sur la petite île inhabitée de Janus Rock dont il est le gardien du phare. Mais leur bonheur se ternit peu à peu : Isabel ne peut avoir d’enfant… Un jour, un canot s’échoue sur le rivage avec à son bord le cadavre d’un homme et un bébé bien vivant. Est-ce la promesse pour Tom et Isabel de fonder enfin une famille ?


    votre commentaire
  •  Un superbe film à l'esthétisme exacerbé. Jolie mise en scène, acteurs parfaits, scénario formidable et beaucoup d'originalité. sans parler des surprises...

    scénario: 18/20   acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

     

    Frantz : Affiche

    Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

    L'action se passe au lendemain de la Grande Guerre, dans une petite ville allemande tranquille, assommée par la défaite, accablée par l'absence de ses jeunes gens tombés au front. Anna pleure Frantz, son fiancé, et vit désormais chez ses beaux-parents aussi inconsolables qu'elle. Sa vie est rythmée quotidiennement par ses visites au cimetière ; c'est là qu'elle repère, un matin gris, un jeune homme inconnu qui se recueille sur la tombe de Frantz et s'éloigne précipitamment à son arrivée. Elle apprend bientôt que le garçon est français.
    Après quelques réticences – difficile d'accepter la compassion de quelqu'un qui pourrait être le meurtrier de leur fiancé et fils – Anna et les parents de Frantz vont comprendre qu'Adrien était devenu un ami de leur cher disparu au moment où celui-ci, résolument francophile, avait visité Paris avant guerre.

    Et peu à peu, insidieusement, Adrien va rentrer dans la vie de cette famille bienveillante, notamment dans celle des parents qui, bercés par les souvenirs racontés par le jeune Français, ravis de leur passion commune pour la musique, vont trouver en lui de quoi combler la douleur et l'absence, jusqu'à voir en lui peut-être un fils de substitution. Quant à Anna, elle se laisse peu à peu troubler par la fragilité et la délicatesse d'Adrien, mais peut-elle déjà se permettre de se laisser aller au sentiment amoureux, surtout envers un ami de Frantz, qui plus est un ami Français ? Par ailleurs le récit d'Adrien n'est il pas trop idyllique ? Que cache le regard parfois vague du jeune homme, que penser de son émotion qui peut paraître extrême plusieurs mois après la disparition de Frantz ?
    François Ozon a été inspiré par la pièce de théâtre de Maurice Rostand, écrite au lendemain de la Guerre, quand la France voulait croire en une paix et une réconciliation possibles… Cette pièce avait déjà inspiré Ernst Lubistsch pour l'un de ses films les plus méconnus, Broken Lullaby (1932). Dans les deux cas, c'est le jeune Français qui était le personnage central, par qui le lecteur / spectateur suivait le déroulement du récit. Ozon, grand dramaturge des femmes, a fait de la jeune Anna le cœur de son film : magnifique personnage (incarné par une actrice tout aussi magnifique : Paula Beer) à la fois passionné et rigoureux, en proie aux plus grands tourments avant de trouver une juste voie. Face aux traumatismes de la guerre, qui ont laissé les hommes comme des enfants peureux, c'est bien la femme qui domine la situation…

    Tourné majoritairement dans un très beau noir et blanc qui donne une réelle authenticité à cette Allemagne se réveillant péniblement de la guerre (on pense à la saga Heimat d'Edgar Reitz, on pense aussi au Ruban blanc de Haneke), Frantz est un très beau film romanesque, qui évoque l'espoir – peut-être vain – dans la réconciliation de peuples qui se sont récemment déchirés, qui dit le tourment des âmes prises dans la fureur de l'histoire et qui peuvent se fourvoyer, se désespérer, se racheter, s'élever, se mentir…


    votre commentaire
  • Un film d'une beauté à couper le souffle. C'est une totale réussite à tous les niveaux. La réalisatrice a réussi à faire un chef-d'oeuvre. la mise en scène est magnifique, l'image est sublime. Et le tout est d'une incroyable douceur. Audrey Tautou est géniale et aura un prix d'interprétation, j'espère. Plus beau, c’est difficile. Le moindre tissu, le moindre reflet sur des cheveux, le duveté de la peau d’un nouveau-né, le moindre bouquet, la couleur de l’eau de mer... Donnent à chaque instant envie de se lover dans l’image. Plus magique, c’est impossible. Le film nous plonge dans une famille française, de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, sous le regard de Valentine — Audrey Tautou, que l’on suit de la prime jeunesse à l’extrême vieillesse, de même que les autres actrices qui l’entourent, Mélanie Laurent et Bérénice Bejo. Voir « Éternité », film plus subversif qu’il n’en a l’air, c’est comme saisir dans sa main le sentiment de l’existence et éprouver pour de vrai comment le temps passe sur les visages et les corps. Ceux des principales actrices, bien sûr, que l’on voit vieillir et rajeunir entre deux plans, mais aussi ceux des enfants, nombreux dans le film. La vie tout simplement. C’est totalement émerveillé qu’on quitte la salle de cinéma. Un long-métrage choral qui brille par sa mise en scène originale et soignée.

    scénario: 20/20     technique: 20/20    acteurs: 20/20   note finale: 20/20

    Eternité

    Quand Valentine se marie à 20 ans avec Jules, nous sommes à la fin du 19e siècle. À la fin du siècle suivant, une jeune Parisienne, l’arrière-petite-fille de Valentine, court sur un pont et termine sa course dans les bras de l’homme qu’elle aime. Entre ces deux moments, des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, s’étreignent durant un siècle, accomplissant ainsi les destinées amoureuses et établissant une généalogie… Une éternité…

    Éternité est l'adaptation de L’Élégance des veuves d’Alice Ferney, paru en 1995. Un roman qui a particulièrement ému le réalisateur Tran Anh Hung, "bouleversé par cette histoire de famille nombreuse, de filiation et de généalogie", se confie-t-il. "Moi qui me suis senti sans enracinement solide parce que je n’ai connu en tout et pour tout que trois personnes en guise de famille. C’est en cela que le sujet du livre me touche intimement. Quand je vois une famille nombreuse, j’éprouve un sentiment de solidité, de pérennité qui m’émerveille".

     


    1 commentaire
  •  Une merveille! Ce film est sublime et parle encore du génocide des indiens par les espagnols!

    scénario: 19/20     acteurs: 19/20    technique: 19/20   note finale: 19/20

    L'étreinte du serpent

    Karamakate, un chaman amazonien puissant, dernier survivant de son peuple, vit isolé les profondeurs de la jungle. Des dizaines d'années de solitude ont fait de lui un chullachaqui, un humain qui a tout d'une coquille vide, dépourvu de souvenirs et d'émotions. Sa vie est bouleversée par l'arrivée d'Evans, un ethnobotaniste américain à la recherche de la yakruna, une plante sacrée très puissante, possédant la vertu d'apprendre à rêver. Ils entreprennent ensemble un voyage jusqu'au coeur de l'Amazonie...

    Tel un immense serpent, le fleuve rampe au milieu d'arbres centenaires, enracinés dans une terre de mystères. La nature vigilante semble tenir à l'œil celui qui s'aventure à la lisière de ses songes. La jungle amazonienne renvoie celui qui y pénètre à sa condition chétive et vulnérable. Evans fait partie de ceux-là. Ethno-botaniste passionné, il n'a pu résister à braver les dangers pour venir vérifier les dires de ses livres et partir à la recherche de la « yakruna », liane sacrée rarissime, réputée pour ces fortes vertus hallucinogènes. « Jamais un blanc n'a dit un truc aussi sensé ! » s'exclame Karamate, le chamane qu'on lui a indiqué comme guide. Un étranger qui quémande son aide et s'intéresse aux végétaux ? Ça c'est exotique ! Pourtant, il en a vu passer des conquistadors venus-là pour prendre ou pour évangéliser. Il les as vus, puis les a oubliés, comme il a oublié de se souvenir. Peu à peu il est devenu ce « chullachaqui », ce corps vide, dépourvu d'émotions, presque hors du temps, qui hante la forêt, se remplit d'elle. Dernier représentant de son peuple, dépositaire d'un savoir unique, précieux, forgé dans des années d'oubli de soi et d'écoute de la nature, de ses plus infimes murmures comme de ses plus dévorantes colères, de ses orages déchaînés.


    Habitué aux duperies de ceux qui cherchent à s'accaparer la terre et ses richesses, Karamate, méfiant, observe, jauge, écoute Evans et accepte en définitive de l'accompagner, même s'il sait qu'il est dans nature de la fourmi d'aimer l'argent.
    Voilà nos deux hommes qui s'enfoncent au cœur de la forêt et de ses envoûtements. Dérisoire équipage d'un petit canoë fragile qui glisse sur des eaux sombres, faussement calmes. Parfois ils effleurent des rives qui regorgent de plantes étranges, de vie grouillante, de serpents qui se faufilent. Observateurs observés auxquels la nature n'accorde aucun répit. Les souvenirs de Karamate remontent régulièrement à la surface, le voilà jeune guidant un autre homme, Théo… Ici le temps n'est pas linéaire, comme en occident. Pour les Indiens il est comme une série d'événements qui ont lieu simultanément dans plusieurs univers parallèles. Ce nouveau rythme, cette expérimentation constante pénètre peu à peu chaque fibre des deux explorateurs, Evans et Théo, bouleverse leurs sens, leurs croyances. Il n'y a qu'à se laisser porter, consentir au dépouillement et tâcher d'apprendre à rêver comme ils ne l'ont jamais fait… Leur périple se transforme en quête initiatique hallucinante, hallucinogène, à des années de distance. Là où ils croyaient trouver quelques sauvages attardés, c'est tout une humanité luxuriante qu'ils découvrent, qui possède un savoir peut-être à tout jamais perdu pour l'homme blanc. Certes ce dernier sait se servir d'une boussole, mais dans cet espace sans repères, à quoi servirait le Nord ? Il faut accepter de le perdre. Les communautés Cohiuano, les Ocaina, les Huitoto… n'ont pas besoin des notions occidentales pour trouver leur route dans la moiteur de leur contrée. Leur science est puissante, ils ont l'art de la survie, l'art de vivre en bonne intelligence avec les éléments, les esprits, de respecter et de protéger l'ordre naturel des choses. Si fragiles face à l'infini…

    Tout cela est superbement interprété, mis en scène dans un noir et blanc profond, sensuel. On s'enfonce nous aussi dans la beauté intimidante de l'Amazonie, pris au piège d'un royaume intemporel dominé par une nature qui ne nous appartient pas et tout juste nous tolère, où seuls les humbles peuvent subsister. Magnifique fable sur la vulnérabilité de l'homme…


    votre commentaire
  • Ce film est une merveille! Extrêmement bien réalisé, plein d'humour et de tendresse, il est très amusant. Les acteurs sont excellents!

    scénario: 19/20       acteurs: 19/20    technique: 19/20   note finale: 19/20

    La vache

    Fatah, petit paysan Algérien n’a d’yeux que pour sa vache Jacqueline, qu'il rêve d'emmener à Paris, au salon de l'Agriculture. Lorsqu'il reçoit la précieuse invitation devant tout son village ébahi, lui qui n’a jamais quitté sa campagne, prend le bateau direction Marseille pour traverser toute la France à pied, direction Porte de Versailles.L’occasion pour Fatah et Jacqueline d’aller de rencontres en surprises et de vivre une aventure humaine faite de grands moments d’entraide et de fous rires. Un voyage inattendu et plein de tendresse dans la France d’aujourd’hui.

    Il était une fois… Cette délicate de vache, aussi tendre qu'un steak taillé dans le filet, est un véritable conte de fées. Un de ces films d'antan où se feuilletait au générique et en technicolor un gros livre chargé de dorures. Sauf que nos sociétés, aujourd'hui, n'aiment plus trop les contes. Trop dangereux, les contes, car on pourrait y croire. Trop subversives, ces histoires qui, invariablement, se terminent bien alors qu'il entre de nos jours dans la stratégie de nos élites de ne jamais nous faire rêver à des lendemains heureux.
    Pensez donc ! Imaginez un monde où tous se réconcilieraient autour d'une vache en route, sur les chemins buissonniers de France, vers un Salon de l'agriculture où chacun serait payé au juste prix de son travail. Impensable… Les contes, en effet, dérangent et troublent l'ordre productiviste établi en laissant croire au pauvre peuple qu'il est toujours possible de changer la vie pour le meilleur, alors qu'on devrait bien savoir qu'elle est en route vers le pire à travers la stricte observance de l'évangile néolibéral qui n'arrête pas, lui, de nous beugler aux oreilles, via les prix Nobel d'économie, qu'il faut être réaliste et se contenter de peu, alors qu'il y aurait avantage à se contenter de beaucoup en ignorant les sornettes qui s'obstinent à nous marteler qu'il faut se préparer maintenant à changer trois ou quatre fois de boulot au cours de sa vie, pour en trouver… du boulot, sans réfléchir un seul instant à ce que seraient ces boulots…

    Pour Fatah en tout cas, modeste paysan d'une vallée perdue du Magreb, pas question de céder aux oukases des prix Nobel d'économie. Paysan il est, paysan il restera toute sa vie, tout comme Jamel Debbouze d'ailleurs, producteur et acteur du film, dont on peut parier qu'il le gardera à vie, lui aussi, son boulot sympa d'amuseur public. Pour l'heure, notre ami Fatah s'occupe avec tendresse de sa vache, une belle tarentaise à la robe brun fauve nommée Jacqueline, qu'il inscrit chaque année avec persévérance au Salon de l'agriculture à Paris. Une constance qui finit par porter ses fruits : une lettre officielle lui annonce qu'il est invité avec Jacqueline. Néanmoins, restrictions budgétaires obligent, le voyage n'est pas pris en charge. Qu'à cela ne tienne, Fatah qui ne doute de rien prend le bateau direction Marseille, puis entame le chemin Marseille/Paris à pied. Le voyage, on s'en doute, sera haut en couleurs, à l'image de ce premier contact avec les gendarmes qui, héberlués, acceptent de se faire photographier, sans sourciller, aux côtés de Jacqueline.
    Avec un bel appétit de découvertes, Fatah parcourt une France dont il a une haute idée et qui, surprise, le lui rend bien. Son sourire engageant et son compagnonnage animal font merveille et attirent une sympathie mâtinée de curiosité de ceux qu'ils croisent, à l'image de cette troupe de théâtre fraternelle qui lui fait découvrir le « flirt » et la poire, ou de ce chatelain perclus de problèmes qu'il parvient à sortir d'un égocentrisme déprimant en l'entraînant dans la folle ronde de l'entr'aide.

    Mais plus que tout, il émane de La Vache un peu de ce qui fait le succès inattendu et incroyable de Demain : cette impression que, malgré la période assez misérable que nous traversons, nous ne sommes pas définitivement abonnés au malheur. En effet, sur un ton bon enfant et sans mièvrerie, le film délivre un message sain mais généreux : de quelque côté de la Méditerranée que l'on vienne, il est possible de se retrouver sur les mêmes valeurs…


    4 commentaires
  • Joy

    Une heureuse surprise! Ce biopic est une totale réussite. Tout d'abord les acteurs sont excellents. Jennifer Laurence est paffaite en femme qui veut réussir et sortir de sa condition. Robert de Niro est génial en père étrange. Mais tous ces bons acteurs ne seraient rien s'ils n'étaient pas au service d'un excellent scénario qui fait que le film passe comme une seconde. c'est bien filmé. Formidable!

    scénario: 19/20       technique: 19/20    acteurs: 20/20   note finale: 19/20

    Joy

    Inspiré d'une histoire vraie, JOY décrit le fascinant et émouvant parcours, sur 40 ans, d'une femme farouchement déterminée à réussir, en dépit de son excentrique et dysfonctionnelle famille, et à fonder un empire d’un milliard de dollars. Au-delà de la femme d’exception, Joy incarne le rêve américain dans cette comédie dramatique, mêlant portrait de famille, trahisons, déraison et sentiments.


    votre commentaire
  •  J'ai failli rater cette merveille! La pauvre condition de la femme au début du XXième siècle est particulièrement bien décrite. Le scénario montre bien l'évolution de cette femme ordinaire qui se retrouve embarquée dans un combat qui la dépasse largement.  Bien filmé, bien joué. Meryl Streep a un rôle minuscule.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    Les suffragettes

    Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Puisque les manifestations pacifiques n’ont rien donné, celles que l’on appelle les suffragettes finissent par avoir recours à la violence pour se faire entendre. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer: leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

    Suffragettes… Le mot a un petit côté léger et désuet, comme s'il évoquait une réalité certes sympathique mais sans grande conséquence, sans grand enjeu. Et pourtant ! Il faut se rappeler que ce nom de « suffragettes » désigne des femmes audacieuses et courageuses, des guerrières ordinaires qui se sont battues pour le droit de vote des femmes dans l'Angleterre du début du xxe siècle. Un combat qui mit encore quelques années à se répercuter en France et qui n’est pas encore venu à bout, un siècle plus tard, des résistances mâles les plus archaïques.
    La grande force de cet excellent film, outre sa dimension purement historique (et pédagogique : avis aux enseignants, c'est un support idéal pour travailler avec les élèves), c’est de nous plonger au cœur de ce combat, en s'attachant non pas à une figure charismatique, celle en l'occurrence d'Emmeline Pankhurst, célèbre féministe anglaise incarnée par Meryl Streep, mais à une activiste de l'ombre, une anonyme, une ouvrière.
    Là où l’on aurait pu craindre une éventuelle grandiloquence du propos, scènes de foules, grands discours et violons à l’appui, on saisit ainsi au vol la naissance hésitante mais sincère d’une conscience politique, avec tout ce que cela suppose de fragilité, de fougue, de fraîcheur mais aussi de blessures et de désillusions. Et Carey Mullighan campe à la perfection celle par laquelle cette histoire à la fois rude et exaltante nous est contée.


    Maud est ouvrière dans une blanchisserie industrielle. C’est dans ce quartier qu'elle est née, c'est dans cette entreprise que sa mère avant elle a trimé toute sa vie, dans cette entreprise qu’elle a rencontré son mari, dans cette entreprise sans doute qu’elle épuisera sa jeunesse, sa santé, sa beauté dans les vapeurs toxiques et sous les brûlures des fers. Maud est une bosseuse et elle accomplit son travail en silence, sans toutefois se soumettre complètement à l’autorité patriarcale d’un directeur dont on imagine bien qu’il a usé et abusé de son pouvoir, sur elle hier, sur d’autres plus fraîches et vulnérables aujourd’hui. Maud ne cherche rien de plus qu’à gagner son salaire, sans faire de vagues, et apporter sa contribution, même modeste, au quotidien du ménage.
    Autour d’elle, à l’usine, dans la ville, les revendications des femmes de tous âges et de toutes conditions résonnent comme un appel à la rébellion. Le combat pour le droit de vote des femmes, mené par la Women's Social and Political Union (WSPU), est à un tournant décisif. Les simples mots, les grands discours, le lobbying auprès des quelques rares hommes politiques un peu sensibles à la cause ne semblent par porter leurs fruits. L’heure est au changement de stratégie, les paroles ne suffisent plus, les femmes doivent passer à l’acte.

    Prise un peu par hasard dans le mouvement, Maud va découvrir plus qu'un combat légitime, une véritable communauté humaine et hétéroclite de femmes en lutte. Des femmes soumises rêvant de liberté, des femmes libres rêvant de justice pour toutes, des femmes modernes rêvant de progrès social. Maud va devenir militante, avec tout ce que ça suppose de violences psychologiques et physiques, d’humiliations, d’heures de prison et de solitude.
    Car la société n’est pas prête à changer et la police va tout faire pour que l’insurrection au féminin étouffe avant de se propager : il faut gaver de force celles qui font la grève de la faim, enfermer les plus combatives… Mais rien ne peut arrêter ces femmes qui ont décidé de se mettre en marche et de prendre leur futur en main.


    votre commentaire
  • Une pure merveille!! Une histoire très originale servie par des acteurs fantastiques! Pas d'effets spéciaux, pas de violence, pas de sexe et c'est une totale réussite!! Un petit bijou!

    scénario: 19/20   acteurs: 19/20    technique: 19/20   note finale: 19/20

    Le goût des merveilles

    Au cœur de la Drôme provençale, Louise élève seule ses deux enfants et tente de préserver l’exploitation familiale. Un soir, elle manque d’écraser un inconnu au comportement singulier. Cet homme se révèle vite différent de la plupart des gens. Et sa capacité d’émerveillement pourrait bien changer la vie de Louise et de sa famille.


    votre commentaire
  • Un film comme je les aime!! On apprend des choses, c'est un film qui reprend un fait historique. Les acteurs, sont fantastiques, le scénario est très réussi et c'est bien filmé! 

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 18/20

    Elser, un héros ordinaire

    Allemagne, 8 Novembre 1939. Adolf Hitler prononce une allocution devant les dirigeants du parti nazi dans la brasserie Bürgerbräu à Munich. Une bombe explose, mais Hitler ainsi que Joseph Goebbels, Heinrich Himmler, Martin Bormann et d’autres ont quitté les lieux quelques minutes plus tôt. L’attentat est un échec. Rattrapé à la frontière suisse alors qu’il tentait de s’enfuir, Georg Elser est arrêté puis transféré à Munich pour être interrogé. Pour les Nazis, il s’agit d’un complot et on le soupçonne d’être un pion entre les mains d’une puissance étrangère. Rien ne prédestinait Georg Elser, modeste menuisier, à commettre cet acte insensé ; mais son indignation face à la brutalité croissante du régime aura réveillé en lui un héros ordinaire…

    C'est un film formidable qui exalte l'esprit de résistance, qui nous captive avec un personnage et un épisode presque oubliés d'une période historique sur laquelle on croit pourtant tout savoir.
    A la fin des années 1930, alors que le régime nazi a déjà bien assis son pouvoir, Georg Elser est un modeste menuisier de la Souabe, la partie occidentale de la Bavière. Une région aussi rurale qu'industrielle, marquée à la fois par un fort catholicisme et une conscience ouvrière et syndicale très puissante. Et ce Georg Elser ordinaire, entré presque par hasard et surtout par amitié dans le Röter Kampferbund (l'unité combattante du parti communiste), ce garçon bien plus intéressé par le jazz et les filles – qui le lui rendent bien – que par la politique et le militantisme, a failli changer le cours de l'histoire, un certain 8 Novembre 1939. Seul, sans aucun appui, sans aucune « formation » aux techniques de l'action secrète ou de commando, et au bout de plusieurs mois de préparation minutieuse, l'homme discret va fabriquer une bombe, à partir de mécanismes d'horlogerie et d'explosifs volés dans la carrière la plus proche, et la placer, après des nuits de planque assidue, dans un des piliers de la Bürgerbraükeller, la brasserie munichoise où Hitler a prévu de prononcer un discours pour commémorer son coup d'état raté de 1923. On connait malheureusement la suite : Hitler, préoccupé par les préparatifs de la guerre, écourte son discours et part plus tôt que prévu vers Berlin avec sa garde rapprochée, si bien que l'attentat ne va tuer que quelques seconds couteaux. C'est le premier d'une longue série d'attentats ratés contre Hitler (pas moins de 7, on se dit qu'il n'y a vraiment pas de justice divine) et surtout le seul accompli par un civil, tous les autres le seront par des militaires du régime.

    Le cœur du film tourne autour du fascinant triangle que forme Elser, rapidement arrêté alors qu'il essayait de passer en Suisse, et ses interrogateurs et bourreaux, Heinrich Müller, chef de la Gestapo, et Arthur Nebe, chef de la police judiciaire. Les deux nazis ne peuvent pas croire que le jeune homme a agi seul et ils veulent lui faire avouer le nom de ses complices ou commanditaires. Agents étrangers ? Cellule communiste ? Mais malgré leurs efforts zélés, qui vont évidemment jusqu'au recours à la torture, il faut se rendre à l'évidence, même si le Fürher la refuse obstinément : Elser est un simple citoyen porté par la conviction profonde de devoir « agir ainsi pour éviter que plus de sang ne soit versé »…
    Le film est passionnant parce que, au-delà du huis-clos carcéral qui va durer de longues années au cours desquelles Elser affrontera les mêmes protagonistes, le film revient en flashback sur son parcours, sur tout ce qui l'a fait évoluer depuis le début des années 30. Années encore heureuses où le jeune Elser et ses amis profitent de la nature splendide (on est tout près du superbe lac de Constance), aiment librement tout en ne dédaignant pas la tradition catholique, font la fête au rythme de la musique traditionnelle bavaroise tout en découvrant le jazz. Un monde où jeunes communistes et nationaux socialistes s'asticotent sans que les deuxièmes ne tentent d'exterminer les premiers.

    Puis à peu à peu le nazisme s'installe et la progression de l'épidémie est magnifiquement décrite : le maire un peu crétin, dont on se moquait volontiers, se rallie aux idées simples du national socialisme, les chrétiens pratiquants sont ridiculisés par les adeptes du paganisme, les croix gammées recouvrent tout et l'asservissement de chacun est inéluctable alors que tout communiste ou supposé tel est arrêté et torturé. C'est tout cela que refuse Georg Elser, c'est pour combattre tout cela qu'il va accomplir son acte hors du commun. Un héros ordinaire auquel l'acteur Christian Friedel (découvert en instituteur dans Le Ruban blanc de Michael Haneke) donne une épaisseur, une énergie, un charme extraordinaires.


    votre commentaire
  • Une pure merveille! J'avais adoré le précédent film de Christian Carion "Joyeux Noël" et j'adore celui-là. C'est du cinéma comme je l'aime: techniquement parfait, des acteurs excellents, un scénario abouti et des images à couper le souffle. On apprend beaucoup de choses et le film permet de réfléchir. Du GRAND cinéma!!!

    scénario: 20/20      acteurs: 19/20    technique: 20/20     note finale: 20/20

    En mai, fais ce qu'il te plait

    Mai 1940. Pour fuir l'invasion allemande, les habitants d'un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux dans cet exode un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l'Angleterre...

     


    votre commentaire
  •  Ce film est une pure merveille à tous les niveaux!

    scénario: 20/20      acteurs: 20/20    technique: 20/20   note finale: 20/20

    Mémoire de jeunesse

    Printemps 1914. Jeune femme féministe à l’esprit frondeur, Vera Brittain est résolue à passer les examens d’admission à Oxford, malgré l’hostilité de ses parents particulièrement conservateurs. Décidée à devenir écrivain, elle est encouragée et soutenue par son frère et sa bande d’amis – et notamment par le brillant Roland Leighton dont elle s’éprend. Mais les rêves de Vera se brisent au moment où l’Angleterre entre en guerre et où tous les jeunes hommes s’engagent dans l’armée. Elle renonce alors à écrire pour devenir infirmière. Tandis que la jeune femme se rapproche de plus en plus du front, elle assiste avec désespoir à l’effondrement de son monde.

    C'est un film aussi beau et romanesque que bouleversant, une fresque historique et intime qui nous plonge au cœur de la tragédie que fut la première guerre mondiale tout en brossant le portrait passionnant d'une femme passionnante : Vera Brittain. Tout commence paradoxalement par une scène de liesse. Nous sommes en 1918 dans les rues de Londres et tout le monde fête l'armistice. Dans la foule, une belle jeune femme garde un visage grave, étrangère à l'allégresse générale. Son regard est celui d'une génération perdue, décimée, passée de l'innocence à la conscience de l'indicible. Cette femme, c'est Vera Brittain, qui deviendra quelques années plus tard une grande écrivaine et une militante anti-guerre acharnée…

    Puis le film nous ramène à l'été 1914, dans le bucolique Derbyshire, au bord d'un lac qui invite à la baignade. Vera est une jeune fille de la bonne société qui vit une existence heureuse et confortable auprès de parents aimants, même si on père fait preuve d'un autoritarisme et d'un conformisme pesants : leur sujet de conflit principal est la volonté irréductible de Vera d'intégrer Oxford. À l'époque, une telle ambition universitaire est hors de propos pour une fille (les premiers diplômes ne seront délivrés aux femmes que dans les années vingt). Mais soutenue par son frère cadet Edward, Vera ne va rien céder et va réussir à rejoindre les bancs de la prestigieuse université britannique. C'est durant ce même été 1914 qu'elle trouve l'amour en la personne avenante de Roland Leighton, un ami de son frère, féru de poésie, romantique exalté et moderne comme certains jeunes hommes savent l'être en cette période qui fait suite à plusieurs décennies victoriennes étouffantes.
    L'arrivée de la guerre va évidemment tout changer, tout bouleverser. Roland, Edward et leur ami Victor (profondément bien que discrètement amoureux de Vera) partent gonflés d'élan patriotique sur les terribles champs de bataille de la Somme, eux qui sont passés par les meilleurs et les plus nationalistes lycées militaires. Et Vera, transie d'angoisse pour les hommes de sa vie, va comprendre rapidement que pour l'heure, sa place n'est plus entre les bois séculaires de l'université d'Oxford mais auprès des combattants, à la mesure de ses moyens : elle s'engage donc en tant qu'infirmière volontaire d'abord dans un hôpital londonien puis à proximité du front, dans le terrifiant hôpital de campagne d'Etaples.
    La puissance évocatrice du film doit sans doute beaucoup aux récits de Vera Brittain dont il est directement inspiré. Mémoires de jeunesse montre cette guerre d'hommes à travers les yeux d'une femme qui y a participé et dont la vie a définitivement basculé. Sans surenchère ni complaisance, le film n'édulcore à aucun moment l'horreur des combats telle qu'elle apparaît aux équipes soigantes débordées : voir cette scène magnifique – dont on imagine qu'elle a contribué à forger le pacifisme viscéral de la future écrivaine – où Vera recueille les dernières paroles d'un officier allemand agonisant, qui dans son délire la prend pour sa femme sans qu'elle le détrompe, le laissant partir avec un ultime sourire ; ou cette autre dans laquelle l'uniforme ensanglanté d'un des protagonistes est rendu à ses parents pour les convaincre d'abandonner tout espoir même si le corps de leur fils n'a pas été retrouvé.

    Le film montre comment toute une génération enthousiaste et prometteuse a été brisée, fauchée en pleine jeunesse ou hantée à jamais par le souvenir de l'horreur, avec la farouche détermination du plus jamais ça. Et la tragédie est d'autant plus saisissante qu'on la voit dans les yeux limpides, le visage lumineux de Vera, incarnée par la merveilleuse actrice suédoise Alicia Vikander…


    votre commentaire
  • Tout simplement une merveille! Bien joué, bien réalisé et plein de suspens. J'ai adoré.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.


    votre commentaire
  • Moi j'ai adoré cet étrange film kazak! Les images sont d'une beauté à couper le souffle. Sans aucune parole, mais avec des images d'une beauté stupéfiante qui utilisent les grandes étendues du Kazakhstan, cette histoire pourrait être l'objet d'un marivaudage ou d'un drame amoureux. Le cinéaste a préféré nous faire approcher avec poésie le quotidien immuable de ces êtres qui semblent hors du monde. Afin que lorsque le monde les rattrapera le spectateur éprouve un choc puissant. Une oeuvre rare, puissante et ambitieuse. Ce film pourra cependant sembler déroutant pour certains spectateurs.

    scénario: 18/20   technique: 20/20   acteurs: 18/20   note finale: 19/20

    Le souffle

     

    Un homme et sa fille vivent paisiblement dans une ferme isolée des steppes kazakhes. Alors que deux garçons, un Moscovite et un Kazakh, se disputent le cœur de la jeune fille, une menace sourde se fait sentir...

    Les steppes kazakhes. Des paysages d'une beauté soufflante, aucun relief pour contrarier un horizon à perte de vue. Nous sommes plus précisément dans le Sémipalatinsk, au nord du Kazakhstan. Une terre sur laquelle les habitants ne sont pas gênés par leur voisins, chaque maison étant séparée de sa jumelle par plusieurs kilomètres. Ce n'est pas un hasard si les Russes ont choisi cette steppe pour y effectuer leur nombreux essais nucléaires, pendant pas moins de quarante ans, entre 1949 et 1989.
    C'est dans une de ces maisons des plus rudimentaires que vit une jeune adolescente, seule avec son père. Leur relation est belle, faite de menues attentions, de petits gestes du quotidien, comme lorsque le père branche le poste sur la batterie du camion pour amener la musique à sa fille. Tous eux ont l'ingéniosité de ceux qui ont peu et dont la vie semble réglée par la nécessité.

    Chaque jour le père part travailler avec son tacot, mais il laisse le volant à sa fille jusqu'à l'intersection de deux routes où il la dépose et continue vers un au-delà qui nous restera aussi inconnu qu'à elle. Alors, un jeune homme à cheval vient immanquablement la chercher pour la ramener jusqu'à la maison. Immanquablement, elle lui offre de l'eau avant de le voir repartir fièrement sur le destrier qu'il n'a pas quitté. Sans doute la façon kazakhe de faire la cour, car à quatorze ans notre jeune fille est en âge d'être mariée. Un élément va venir troubler cette vie réglée comme une horloge suisse : en 1949, des Russes arrivent par avion… Et l'un d'eux, un jeune homme fantasque, va venir lui aussi chercher l'eau si précieuse chez notre belle kazakhe. Quelque chose passe immédiatement entre eux par le seul regard.
    Car nous ne l'avons pas encore dévoilé, le film est muet, sans aucun dialogue, juste les images et les sons, et cela ne pose aucun problème au spectateur que nous sommes. Au contraire. Les choses ne semblent pas avoir besoin de mots pour être désignées. Chaque jour les mêmes gestes, les mêmes besoins qu'il n'est pas nécessaire de nommer. Quant aux sentiments, ils trouvent naturellement leur propre mode d'expression, leur propre chemin. Le triangle amoureux, une histoire aussi vieille que l'humanité. Qu'ajouter de plus ?

    Alexander Klotz n'a jamais imaginé son film autrement que muet. Et on peut se le permettre quand on est un grand faiseur d'images comme lui. Certains plans sont d'une beauté à couper le souffle, mais ce n'est pas ce souffle, ni même le souffle de l'amour, qui inspire le titre, mais un souffle plus néfaste… Mais je ne vous en dis pas davantage, vous découvrirez cela en venant tenter cette expérience de cinéma audacieuse.


    votre commentaire
  •  Une pure merveille! Un film historique comme je les aime: on apprend plein de trucs! Le scénario est génial, les acteurs sont formidables!

    scénario: 20/20      acteurs: 20/20     technique: 20/20    note finale: 20/20

    Le Labyrinthe du silence

    Allemagne 1958 : un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités dans cette Allemagne d’après-guerre. Déterminé, il fera tout pour que les allemands ne fuient pas leur passé.

    Nous sommes en 1958 à Francfort, la toute jeune République Fédérale d'Allemagne tente de se reconstruire, de panser les blessures de sa société meurtrie par la barbarie nazie. Un peintre en balade lâche soudain chevalet et pinceaux en reconnaissant, derrière les grilles d'une école, un homme qui a été un de ses tortionnaires dans le camp d'extermination d'Auschwitz et qui est devenu depuis professeur, sans être inquiété semble-t-il.
    Relayé par un journaliste tenace, Thomas Gnielka, le témoignage du peintre juif va changer la vie d'un tout jeune procureur, Johann Radmann, jusque là préposé aux délits routiers. Intègre et obstiné, le jeune magistrat va découvrir non seulement la réticence de ses collègues à prendre en compte la demande de justice d'une victime du régime nazi – la raison d'État prône la réconciliation nationale, pas la recherche des anciens tortionnaires – mais aussi la totale ignorance de beaucoup de ses compatriotes, y compris au sein du Palais de Justice : la majorité des gens qu'il questionne ne connaît même pas l'existence d'Auschwitz ! Heureusement Radmann aura le soutien du procureur général Fritz Bauer, lui même Juif exilé en Scandinavie durant la guerre alors qu'il était jeune parquetier.

    Le Labyrinthe du silence évoque l'histoire tout à fait réelle du procès historique mais méconnu de quelques uns des SS d'Auschwitz (malheureusement seulement 22 des 6000 qui ont servi dans le camp de concentration !) qui s'est tenu de 1963 à 1965. Un procès historique parce que, contrairement à celui de Nüremberg en 1945-1946, engagé par les Alliés contre les dignitaires du régime vaincu, celui-ci fut mené par la jeune justice allemande et s'attaquait bien à la machine concentrationnaire et d'extermination et non uniquement aux crimes de guerre strico sensu. Il visait ainsi tous les niveaux du système, depuis le simple kapo zélé jusqu'aux responsables du camp. Le film rend remarquablement la complexité de cette entreprise dantesque. Les procureurs ont dû affronter tous les blocages possibles à tous les échelons d'une administration comptant encore dans ses rangs nombre d'anciens nazis : documents introuvables, volonté affichée de la police de ne pas collaborer, dans un contexte politique où le chancelier Adenauer lui-même faisait tout pour freiner le nécessaire devoir de reconnaissance de la culpabilité d'une grande partie du peuple allemand.
    Mais il fallut aussi recueillir les témoignages de victimes souvent réticentes après qu'on les ait ignorées plus d'une décennie, sans compter que beaucoup de ces témoins avaient quitté l'Allemagne… La complexité était aussi psychologique pour bien des protagonistes, car une grande majorité parmi ceux qui avaient plus de quarante ans étaient d'anciens membres du Parti nazi, y compris dans l'entourage des procureurs, comme le montre une très belle scène dans laquelle le jeune Radmann est confronté au passé de sa propre famille… Le film montre au passage le rôle ambigu des sauveurs américains, qui s'accommodent de la présence aux affaires des anciens nazis pour assurer la gestion du pays, la priorité étant désormais pour eux la lutte contre l'influence soviétique. Rôle ambigu aussi des Israéliens, qui établissent une priorité discutable dans la capture des anciens responsables nazis, Eichmann leur paraissant par exemple plus important que le terrible docteur Mengele – qui leur échappera d'ailleurs et mourra accidentellement au Brésil après avoir vécu tranquille pendant vingt ans.

    Utilisant intelligemment le personnage du jeune procureur idéaliste découvrant à la fois la complexité de son métier et l'histoire cachée de son pays, ponctué de moments particulièrement forts et émouvants, Le Labyrinthe du silence se suit tout autant comme un thriller judiciaire que comme un plaidoyer nécessaire contre l'oubli.


    1 commentaire
  •  Une pure merveille que j'ai vue in-extremis!!! Un très joli film japonais, d'une douceur et d'une tendresse incroyables! Les acteurs sont formidables, le scénario est totalement réussi.

    scénario: 19/20     acteurs: 19/20    technique: 19/20   note finale: 19/20

    La Maison au toit rouge

    Japon, 1936. Taki quitte sa campagne natale pour travailler comme bonne dans une petite maison bourgeoise en banlieue de Tokyo. C’est le paisible foyer de Tokiko, son mari Masaki et leur fils de 6 ans. Mais quand Ikatura, le nouveau collègue de Masaki, rentre dans leurs vies, Tokiko est irrésistiblement attirée par ce jeune homme délicat, et Taki devient le témoin de leur amour clandestin. Alors que la guerre éclate, elle devra prendre une terrible décision. Soixante ans plus tard, à la mort de Taki, son petit neveu Takeshi trouve dans ses affaires une enveloppe scellée qui contient une lettre. Il découvre alors la vérité sur ce secret si longtemps gardé.

    Taki aurait pu faire geisha, si elle avait été plus jolie. Du moins c'est ce qu'elle dit. À notre époque, elle serait partie sac au dos à la découverte de sa vie, sans entraves, goûtant tous les plaisirs interdits, goûtant aux garçons peut-être. Mais dans le Japon des années trente, une jeune fille d'extraction modeste n'a pas le choix de sa destinée. La voilà, quittant pour la première fois sa province natale perdue au milieu des rizières. Mi-angoissée, mi-excitée : l'idée de découvrir une autre vie dans une grande ville l'emporte sur sa tristesse de quitter sa famille. Docile, prisonnière des injonctions d'une société nippone à peine sortie de la féodalité, elle ne se plaint nullement de sa situation : devenir bonne dans une maison bourgeoise dans les environs de Tokyo est déjà une belle avancée sociale !

    Lorsqu'elle découvre la maison au toit rouge, dans laquelle elle va vivre et travailler, c'est un enchantement, même si c'est comme domestique qu'elle y entre. Elle s'occupe de ses maîtres avec vénération, surtout de sa maîtresse, Tokiko, à la beauté troublante. La servante dévouée boit ses paroles, ses gestes, sa sensualité, semblant délicieusement effleurée par des sentiments ambigus, inavouables. Chaque jour elle s'imprègne de la gaieté de cette gentille famille et la sert avec une fierté indéniable. Tout se déroule donc au mieux, jusqu'au jour où le chef de famille va inviter un de ses jeunes collègues de travail, excellent dessinateur, beau gosse à la chevelure rebelle, et là… il va se passer des choses… que je ne vous raconterai pas !
    Tout cela, on le découvre à travers les écrits pleins de fraîcheur de Taki désormais âgée et qui entretient avec un de ses neveux une relation tendre et singulière. Tel le sultan pendu aux lèvres de Shéhérazade, voilà le jeune homme curieux de la moindre ligne qu'écrit sa vieille tante. Régulièrement il vient cogner à sa porte pour demander sa dose d'histoires et de petits plats exquis. Taki se montre souvent rude et sèche, mais Takeshi (ledit neveu) finit toujours par lui pardonner. Certes, il doit le respect à son aînée, mais on devine qu'autre chose l'anime. Sans doute sait-il voir, au-delà du côté grincheux de son aïeule, une forme de tristesse qui le bouleverse. Entre eux, c'est une belle complicité qui dépasse les mots et les générations.

    Tant les flashbacks vers le passé heureux de la tantine que le présent bonheur de ces deux-là ont un charme fou, agréablement suranné. Peu à peu la nostalgie de cette maison au toit rouge nous transperce, d'autant qu'à travers son histoire on découvre l'empire nippon tel qu'on l'a rarement vu au cinéma. Le réalisateur Yoji Yamada (83 ans) est un vétéran du cinéma japonais et cette maisonnette pourrait bien ressembler à celle de sa jeunesse. Le Japon d'alors était celui de l'effort de guerre, des envolées révolutionnaires où l'on mettait en balance le Grand Bonheur Collectif contre les plaisirs « petit bourgeois ». Les jeunes avaient en bouche d'imposantes phrases toutes faites, mais rêvaient secrètement de choses honteusement futiles, peut-être d'amour tout simplement, sans oser le confesser aux copains. L'intrigue balance entre rêve et réalité, chronique historique et conte. Féerie assumée et accentuée par la musique envoûtante de Jœ Hisaishi, compositeur favori d'Hayao Miyasaki.

    Yoji Yamada nous offre un beau portrait de femme, ambivalente, à la fois forte et sensible. Irrésistiblement on cède au chant des sirènes du temps perdu, d'une ruralité désormais disparue et aux sourires d'une jeunesse enfouie sous les décombres d'un pays qui sera bientôt meurtri par les bombes.


    votre commentaire
  • Une pure merveille!! Avec trois bouts de ficelle, ce grand réalisateur iranien nous a concocté un petit bijou que je vous recommande. Comme quoi le génie n'a pas besoin de gros moyens financiers: il s'exprimer, c'est tout! Interdit de tourner en Iran, il se transforme en taxi et prend des passagers qui en disent long sur la société iranienne. c'est d 'autant plus courageux  qu'il a choisi de rester dans son pays alors qu'il pourrait vivre libre et tranquille à l'étranger. Pour une fois que je suis d'accord avec un prix décerné dans un festival...

    scénario: 20/20      acteurs: 20/20   technique: 20/20   note finale: 20/20

    Taxi Téhéran

    Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion...

    C'est un magnifique et allègre bras d'honneur aux barbus barbons barbants. Les BBB (c'est plus court comme ça), ce sont les mollahs du régime iranien et leurs fonctionnaires zélés qui ont tenté par tous les moyens de faire taire le réalisateur Jafar Panahi. En 2010, les autorités l'ont d'abord emprisonné puis, après l'avoir libéré, lui ont interdit toute sortie du territoire et surtout ont essayé de l'empêcher de tourner. Mais on ne peut pas interdire à un être humain de respirer et durant les cinq dernières années, Panahi a naturellement désobéi en tournant clandestinement trois films, montrés dans les plus grands festivals internationaux. Taxi Téhéran a donc été projeté au Festival de Berlin où il a reçu à l'unanimité du jury la récompense suprême, l'Ours d'or. Panahi bloqué à Téhéran, c'est sa toute jeune nièce qui est venue recevoir en son nom la statuette, une gamine formidable qui est une des protagonistes importantes du film. Un grand moment !

    L'histoire du cinéma l'a prouvé (des subtilités des films de Carlos Saura période franquiste au cinéma soviétique de l'époque Brejnev), la censure est moteur d'inventivité folle. Le temps d'un film, Jafar Panahi s'est mué en conducteur d'un des taxis jaunes de Téhéran, parcourant les rues animées de la capitale. Un conducteur qui ne connaît pas franchement les itinéraires et impose, soit disant involontairement, des détours impossibles à ses passagers. Et son taxi est bien particulier puisqu'il est équipé de caméras orientables qui enregistrent tout ce qui se passe dans l'habitacle et nous livrent, à travers la diversité des clients et de leurs conversations, un condensé des préoccupations et des paradoxes de la société iranienne. Comme souvent avec Panahi, on ne sait d'abord pas trop si on est dans la réalité ou la fiction… et puis on comprend vite que la deuxième prend indiscutablement le pas et c'est jubilatoire tant le film est inventif, drôle et irrévérencieux.
    La première séquence montre une discussion ubuesque autour de la justice, entre une institutrice et un homme ostensiblement macho, qui croit aux vertus d'exemplarité de la peine de mort, y compris pour les délits mineurs. La femme rappelle le triste record de l'Iran en terme d'exécutions capitales, avant de comprendre que l'homme est lui même voleur à la tire… Plus tard, Jafar le taximan chargera pour l’hôpital une femme et son mari accidenté, l'épouse se préoccupant surtout du testament improvisé du blessé, que notre chauffeur est sommé d'enregistrer sur son téléphone portable : l'épisode souligne en creux la précarité du sort des femmes. Il y aura aussi cette avocate porteuse d'un énorme bouquet de fleurs, une femme au sourire aussi magnifique que son courage, comme son échange avec Jafar nous le fera deviner…
    Mais Taxi Téhéran est aussi une merveilleuse et drôlatique déclaration d'amour au cinéma, à sa vitalité, à son pouvoir d'évocation et de transmission. Un vendeur à la sauvette de DVD reconnaît immédiatement Jafar Panahi, s'avérant connaître mieux le cinéma d'auteur mondial que bien des cinéphiles auto-déclarés… et nous montre à quel point la passion du cinéma ne saurait être étouffée par les ayatollahs. On savourera la géniale tractation entre le vendeur et Panahi autour des films de Woody Allen… On jubilera aussi à la séquence hilarante avec la nièce citée plus haut, quand la petite fille un peu peste énumère les conditions imposées pour la réalisation d'un d'un court métrage dans le cadre scolaire : respect bien entendu du voile et autres règles de bienséance religieuse mais aussi interdiction du « réalisme sordide » – oncle Jafar semble s'interroger mais on sent bien qu'intérieurement il se gondole…

    Ce formidable film de résistance nous irrigue de son irréductible énergie et nous amène à nous demander ce qui pourrait bien arrêter la soif du cinéma et de la vie qui habite Panahi. Une leçon de volonté et d'ingéniosité – leçon d'écriture et de mise en scène aussi, en passant – dont bien des cinéastes plus libres de leurs mouvements pourraient s'inspirer…


    votre commentaire
  • Un petit bijou que je vous recommande! Plein d'humour, de tendresse et de tolérance. Très bien fait, on ne voit pas le temps passer. Pour les petits et les grands.

    scénario: 19/20            "acteurs" 19/20    technique: 19/20    note finale: 19/20

    Pourquoi j'ai pas mangé mon père

    L’histoire trépidante d’Édouard, fils aîné du roi des simiens, qui, considéré à sa naissance comme trop malingre, est rejeté par sa tribu. Il grandit loin d’eux, auprès de son ami Ian, et, incroyablement ingénieux, il découvre le feu, la chasse, l’habitat moderne, l’amour et même… l’espoir. Généreux, il veut tout partager, révolutionne l’ordre établi, et mène son peuple avec éclat et humour vers la véritable humanité… celle où on ne mange pas son père.

    En choisissant ce titre, et en le détournant, Jamel Debbouze est quasiment assuré d’un succès pour le moins hexagonal, mais probablement international. Le film, tourné en motion capture, c’est à dire que tous les personnages sont interprétés par des comédiens revêtus de combinaisons truffées de capteurs permettant la modélisation et la restitution de leur performance, a tout pour rivaliser avec la plupart des standards hollywoodiens du genre, l’humour de Jamel en plus. Cette fable, volontairement optimiste, fait la part belle aux valeurs que sont l’inventivité, la gentillesse et la tolérance envers l’autre, le différent, celui que l’on ne connait pas et que l’on rejette par peur et par ignorance.

    Pourquoi j’ai pas mangé mon père nous raconte l’histoire trépidante d’Edouard, fils aîné du roi des Simiens, sortes de grands singes pré-humains. Malheureusement, ou heureusement pour lui, Edouard est né avec une malformation d’un bras et aussi une physionomie bien trop malingre pour être le digne héritier de son père qui lui préfèrera son jumeau, Vania, qui est lui tout à fait bien proportionné. Son roi de père ne s’arrêtera pas là, il ordonnera que l’on se débarrasse du rejeton. Mais l’avorton survivra et grandira loin des siens, auprès de son ami Ian. Puisqu’il n’est pas très costaud, il devient incroyablement ingénieux et curieux et invente sans cesse des nouveaux outils mais aussi des nouvelles formes grammaticales. Pourtant le jour où il se rapproche de son ancienne tribu, son frère et la sorcière qui est la gardienne des croyances, décident qu’il faut se débarrasser de ce singe un peu trop malin…

    Lointaine adaptation du roman Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis (1960), et première mise en scène du showman Debbouze, le film ravira les plus jeunes spectateurs et décevra peut-être un peu les grincheux qui espéraient retrouver la cocasserie du roman. Pourtant Jamel réussi son pari de produire en France un film d’animation grand public qui porte définitivement sa marque. On sent aussi chez lui l’envie qu’il a de partager et de ne jamais oublier d’où il vient. Il envoie ainsi au détour de répliques dont il a le secret, des déclarations d’amour, à sa femme bien sûr, elle interprète Lucy dans le film, et plus surprenant, à Louis De Funès, que deux personnages font revivre dans une évocation de La folie des grandeurs, mais surtout à ses anciens voisins des cités, à ses potes et à tout ceux qui pensent encore que la curiosité, la tolérance et le partage sauveront le monde de la barbarie.


    votre commentaire
  •  Mon Dieu, que ce film est amusant! On rit d'un bout à l'autre. C'est simple, il se moque de tout: de la religion, de la guerre, de la politique, des touristes etc... Et j'ai adoré! Je vous le recommande et si tous les films croates ont cette qualité, j'espère que nous en verrons souvent.

    scénario: 19/20      acteurs: 19/20      technique: 19/20   note finale: 19/20

    Bonté divine

    Le jeune prête Fabijan arrive dans une petite île croate pour reprendre les rênes de la paroisse. Préoccupé par le taux de natalité médiocre, il met en oeuvre un plan pour inverser la tendance : en complicité avec le vendeur du kiosque local, Petar, très religieux, il se met à percer tous les préservatifs vendus par ce dernier. A ce plan s'associe le pharmacien Marin, qui remplace les pilules contraceptives par des vitamines. 
    Très vite, mariages et naissances se multiplient, un phénomène qui amène vite sur l'île une foule de visiteurs étrangers qui n'arrivent pas à concevoir...


    votre commentaire
  • Ce film est une merveille à tous les niveaux! Le jeu délicat, précis et tout en nuances des trois acteurs principaux mérite des prix d'interprétation. Ce film nous montre que dans  la guerre, tout n'est ni tout blanc, ni tout noir mais que tout est tristement gris et qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Le scénario est une merveille et c'est divinement filmé. Les décors et les costumes ajoutent la touche finale à ce film magnifique  et très réussi. Bravo au chef opérateur.

    scénario: 19/20         acteurs: 20/20        technique:20/20    note finale: 20/20

    Suite française

     

    Été 1940. France. Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’oeil inquisiteur de sa belle-mère. L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier…

    Été 1940 - C’est l’exode des Parisiens. Les habitants du village de Bussy viennent d’apprendre qu’ils vont devoir loger chez eux tout un bataillon allemand. Lucile Angellier (Michelle Williams), dont le mari a été fait prisonnier, a déjà fui Paris et trouvé refuge chez son austère belle-mère, Madame Angellier (Kristin Scott Thomas). Les deux femmes sont contraintes de loger un jeune officier allemand, Bruno von Falk (Matthias Schœnaerts). Cette cohabitation forcée va servir de catalyseur et conduire Lucile à réfléchir sur son mariage malheureux. Elle tombe peu à peu amoureuse de Bruno tout en affrontant les évènements que subit son pays.

    Suite Française est du beau travail d’orchestre où chacun joue merveilleusement bien sa partition, des costumiers aux comédiens, du compositeur au chef opérateur, du scénariste à l’accessoiriste en passant bien entendu par le réalisateur Saul Dibb, qui rend justice aux écrits d’Irène Némirovsky et à la finesse avec laquelle elle aura raconté un pan de la guerre et particulièrement du point de vue des femmes.
    Suite Française surprend par l’ampleur du panorama qu’il offre du début de la guerre. Le film montre pourtant des choses que l’on a été habitué à voir à l’écran. Pourtant, on se retrouve bien vite captivé par ce récit œuvrant à la fois dans le drame et la romance, et qui a cet atout indéniable de ne jamais en faire ni trop ni pas assez, avec une incroyable justesse. Suite Française c’est aussi un casting impressionnant avec Michelle Williams qui confirme tout le bien que l’on pense d’elle ou Matthias Schoenaerts qui n’a de cesse d’impressionner de rôle en rôle, en passant par Kristin Scott Thomas impeccable en belle-mère rigide ou Lambert Wilson en maire couard dont la trajectoire sera l’une des plus belles et des plus fortes.
    Par les destins de ces personnages dessinant le microcosme qu’était un village français banal pendant la guerre, le cinéaste dresse un portrait complet montrant toutes les facettes de la guerre qu’il pénètre ou esquisse, sans jamais se noyer dans la vaste étendue de son sujet.

    Avec subtilité et élégance, que ce soit dans la beauté comme dans le tragique, Suite Française est une belle réussite qui brasse tout l’héritage d’un certain classicisme et qui impressionne par sa précision et son souci du détail, évoquant derrière sa passion romanesque contrainte, la question juive, l’exode, la peur, la résistance, les bombes, l’occupation en général et celles des domiciles (thématique délicate après le définitif Le Silence de la Mer de Melville), les relations qui se nouent et se dénouent, les lettres de dénonciations vis-à-vis des juifs mais également entre voisins (un sujet de honte trop rarement abordés)… Tout cela fait de Suite Française une surprise inattendue.


    votre commentaire
  •  Ce film est une merveille! Tout est surprenant, les acteurs sont merveilleux, le scénario est génial, c'est bien filmé et comme beaucoup de films qui viennent d'Israël, il pose le problème des relations israélo-palestiniennes de façon différente.

    scénario: 18/20      technique: 18/20       acteurs: 18/20      note finale: 18/20

    Mon fils

    Iyad a grandi dans une ville arabe en Israël. A 16 ans, il intègre un prestigieux internat juif à Jérusalem. Il est le premier et seul Arabe à y être admis. Il est progressivement accepté par ses camarades mais n’a qu’un véritable ami, Yonatan, un garçon atteint d’une maladie héréditaire. Iyad se rapproche de la famille de Yonatan, apportant du courage et de la force à sa mère Edna. Il devient vite le deuxième fils de la famille...

    Souvenez-vous des meilleurs films d'Eran Riklis, que vous avez tant aimés : Les Citronniers et avant lui La Fiancée syrienne… Cette manière de filmer : sensuelle, efficace, joviale. Mon fils est de la même veine et de la même qualité : il rend la complexité d'un pays, de deux pays, accessible, intelligible, sensible. Dans tous ses films qui traitent d'Israël et de la Palestine, Riklis prend le parti d'un humanisme volontariste, capable de briser toutes les frontières et qui fait foutrement du bien par les temps qui courent.
    Mon fils raconte l'histoire d'une double rencontre qui défie les préjugés, qui bouscule les appartenances identitaires. Une histoire bien ancrée dans l'histoire récente : on est entre 1982 (la guerre du Liban) et 1991 (la guerre du Golfe), et l'adolescence de Lyad va être marquée douloureusement par ces conflits, l'histoire collective s'imbriquant étroitement dans sa construction intime.

    Lyad est un jeune homme brillant, un matheux né, dont père et mère sont si fiers qu'ils sont prêts à tous les sacrifices pour qu'il puisse accéder à la meilleure éducation possible… et ce n'est pas dans leur petite ville arabe qu'il va la trouver… Lorsqu'un prestigieux internat juif de la grande Jérusalem l'accepte comme premier et seul étudiant arabe, c'est la liesse générale. C'est la promesse d'un avenir meilleur, loin de sa condition, de celle de sa famille, de celle de sa minorité, la possibilité d'être intégré différemment dans la société israélienne, de ne plus être ostracisé.
    Le départ est certes douloureux pour ce grand dadais affectueux mais le soutien des siens l'aide à franchir le cap. L'arrivée dans son nouveau lycée va être tout aussi difficile. Son hébreu approximatif, dont l'accent crie la provenance, lui attire quolibets et provocations. Et malgré son désir de réussir, pas grand chose ne semble le retenir-là, personne qui lui tende la main. Pourtant, peu à peu, il se fait une petite place, surtout grâce à Edna et à son fils Yonatan, lourdement handicapé. Ce qui ne devait être qu'un petit boulot d'appoint, un soutien scolaire, se transforme progressivement en grande histoire d'amitié fraternelle entre deux garçons brillants. Ces deux-là se comprennent à demi-mot, osent un humour grinçant, du genre « pas de bras, pas d'chocolat », que n'oserait nul autre. C'est que leur différence, leur mise au ban de la société les rapprochent. Comme si la condition d'un Arabe en Israël n'était pas très éloignée de celle d'un Juif en fauteuil roulant, tous deux contraints d'avancer vaillamment malgré leur handicap. Hauts les cœurs ! Edna est tellement heureuse de voir Yonatan rire à nouveau qu'elle accueille Lyad comme s'il était un deuxième fils.
    Et puis il y a la jolie Naomi, qui s'improvise professeur de diction pour aider son camarade. Naomi dont le regard doux et troublant enveloppe chaque jour un peu plus Lyad, qui ose avouer peu à peu ses sentiments, sans les montrer au reste du monde (qui ne comprendrait pas cette union sacrilège)…

    Ce film riche et complexe, qui résonne juste et fort, est le mariage réussi entre deux univers. Celui d'un réalisateur juif dont l'œuvre est depuis toujours traversée par les problématiques liées à l'intolérance entre les peuples et celui de l'écrivain arabe israélien Sayed Kashua, né comme Lyad dans un bastion arabe perdu au creux d'Israël… Adaptation (on pourrait presque dire fusion) à l'écran de deux de ses romans : Les Arabes dansent aussi (Belfond et 10/18) et La Deuxième personne (Editions de l'Olivier).


    votre commentaire
  •  Magnifique, ce film est une merveille à tous les niveaux! Encore un chef-d'oeuvre du génial Clint Eastwood. Le casting est réussi, le scénario, la technique etc... sont géniaux!

     

    scénario: 19/20     technique: 19/20   acteurs: 19/20    note finale: 19/20

    American Sniper

    Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.


    votre commentaire
  •  Une merveille!! Le scénario est génial, les acteurs sont grandioses, les décors sont magnifiques.

    scénario: 19/20     acteurs: 19/20     technique: 19/20   note finale: 19/20

    Loin des hommes

    1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au coeur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

    Ce beau film, qui nous ramène aux premiers grondements de la guerre d'Algérie, est « librement inspiré » de deux textes d'Albert Camus, en particulier de sa nouvelle L'Hôte. Et si de fait il n'en respecte pas de très près la lettre, Loin des hommes en est fidèle à l'esprit, nous paraît très camusien dans son approche humaniste du contexte et des situations, dans son respect empathique de chaque individu et de ses motivations, dans son refus de juger trop vite, dans son souci de la nuance qui pourrait passer pour de la mollesse politique ou pour un manque de conviction anti-colonialiste… mais ce serait injuste : la vision du film suffira à vous en convaincre.

    1954 dans les montagnes de Kabylie. Daru, ex-officier de l'armée française, est aujourd'hui instituteur et il fait la classe à une poignée d'enfants arabes, avec une attentive bienveillance. Daru est aussi isolé que son école posée au milieu de nulle part : il est considéré par les colons comme un étranger, parce qu'il a un accent un peu anguleux – on apprendra qu'il est d'origine andalouse – et surtout parce que, comme on l'a dit plus haut, ses élèves sont tous arabes ; et pour les autochtones il est un Français, même s'il parle leur langue, même s'il connaît et respecte leur culture, même s'il s'est complètement fondu dans le paysage… Daru a fait la guerre, il sait ce que ça signifie, il n'en veut plus. Il souhaite la concorde, il cultive l'apaisement. Et sa grande carcasse est suffisamment impressionnante – c'est Viggo Mortensen qui joue le rôle, inutile d'insister sur la carrure et le charisme qu'il peut donner à son personnage – pour inciter au calme, à l'échange, au dialogue plutôt qu'à l'affrontement…
    Un jour arrive un petit détachement de militaires français. Mauvais signe : pour qu'ils prennent la peine de venir jusqu'à lui, il faut qu'il s'agisse d'une sale affaire. Et la soldatesque lui assigne en effet une piètre mission, qu'il est supposé accepter en tant qu'ancien officier : escorter un paysan accusé de meurtre jusqu'à la ville la plus proche, où il doit être jugé et condamné, sans doute à mort. Daru dans un premier réflexe refuse catégoriquement. Pas question pour lui de se mêler de cette histoire, de se faire l'instrument d'une justice qui se montre d'autant plus aveugle et sourde que l'accusé est arabe. Mais notre instituteur qui se veut au-dessus de la mêlée va être obligé de s'impliquer lorsque des cousins de la victime du meurtre débarquent en force pour se venger du présumé coupable : pour le défendre, Daru doit reprendre les armes et il n'aura d'autre choix que de le mener en lieu sûr, loin d'ici, et donc de partir en direction de la ville où l'attend le jugement.

    Commence alors pour Daru et son « prisonnier », Mohamed, un lent périple sur les crêtes de l'Atlas, une longue marche pendant laquelle ces deux taiseux auront le temps d'apprendre à se parler, peu, à se connaître suffisamment pour comprendre qu'ils sont tous les deux des hommes sans certitudes, sans patrie qui vaille la peine de verser son sang et celui des autres, des hommes qui doutent : l'un, l'Arabe, parce qu'il n'a jamais eu d'autre choix, l'autre, le Français, parce que son expérience l'y a conduit… Comme ses deux anti-héros, le film n'est pas bavard. Comme eux il avance en marchant, si vous voyez ce que je veux dire. L'expérience est physique autant qu'intellectuelle et morale, elle est profondément marquée par les paysages minéraux de l'Atlas algérien (filmés au Maroc !).


    1 commentaire
  •  Le titre est nase mais c'est bien la seule chose qui ne soit pas réussie dans ce chef-d'oeuvre. Ce film est une pure merveille!! Un très beau film sur le génocide arménien, très touchant! J'espère que Tahar Rahim aura un prix d'interprétation parce qu'il est vraiment grandiose! Ha les vilains turcs...

    scénario: 20/20      technique:20/20      acteurs: 20/20    note finale: 20/20

    The cut

    Anatolie, 1915. Dans le tumulte de la Première Guerre mondiale, alors que l’armée turque s’attaque aux Arméniens, le jeune forgeron Nazaret Manoogian est séparé de sa femme et ses deux filles. Des années plus tard, rescapé du génocide, Nazaret apprend que ses filles sont toujours en vie. Porté par l’espoir de les retrouver, il se lance dans une quête éperdue, ponctuée de rencontres avec des anges et des démons, du désert de la Mésopotamie aux prairies sauvages du Dakota...

    Un peu partout en Occident nous célébrons cette année, et pour encore quatre ans, le centenaire de la Première Guerre Mondiale, conflit monstrueux qui, des côtes de la Manche aux confins de l'Empire ottoman, fit, au nom des intérêts impérialistes des différents blocs, quelques millions de morts, sans compter les mutilés, défigurés, gazés et autres malheureux incapables de reprendre le cours normal de leur vie. Il y a un autre centenaire qui risque de passer beaucoup plus inaperçu, c'est celui tout aussi tragique du génocide arménien, qui n'a pas été reconnu à ce jour par le gouvernement turc.
    Il est donc fort et symbolique que le cinéaste allemand d'origine turque Fatih Akin (Head on, De l'autre côté… pour ne citer que ses deux films les plus passionnants) se soit attaqué à ce sujet toujours brûlant et déchirant. Fatih Akin déclare que le sujet s'est imposé à lui justement parce que, dans la communauté turque, il semblait tabou et faisait l'objet d'un total déni. Le projet lui tenait tellement à cœur qu'il l'a porté pendant sept ans, pour arriver enfin à produire et réaliser ce film ample et lyrique qui nous mène des confins de la Turquie orientale à la frontière syrienne et jusqu'aux Grandes Plaines américaines. Fatih Akin a rallié à son entreprise le scénariste des premiers films de Martin Scorsese, l'américain d'origine irakienne Mardik Martin qui a repris du service pour l'occasion.

    On suit les pas de Nazareth Magoonian, forgeron d'une petite ville d'Anatolie qui, comme beaucoup de ses coreligionnaires, se trouve en 1915 séparé de sa famille lorsque l'armée turque s'attaque brutalement aux Arméniens. Nazareth va se trouver entraîné dans ce que l'on appellera plus tard la Grande Marche de la Mort, à travers le désert, vers des camps de déportation dont peu reviendront. Un parcours tragique qui le conduit a priori vers la mort, ou du moins le désespoir… Mais l'amour de ses filles et de sa femme, qu'il espère toujours vivantes, va faire vivre en lui l'espoir et lui donner la force incroyable d'affronter déserts et océans, du Moyen Orient libéré du joug ottoman jusqu'à Cuba où affluent les immigrés arméniens puis jusqu'aux plaines glaciales du Middle West où migrants de toute nationalité construisent le chemin de fer et bâtissent les villes minières.

    Dans une première partie terrible, Fatih Akin montre comment le mal absolu peut se propager au point de permettre d'annihiler tout un peuple, femmes et enfants compris. Dans un second temps, le film s'attache à l'odyssée de Nazareth, incarné avec conviction par un Tahar Rahim inattendu. Et la quête forcenée de ce survivant de la terreur force l'admiration et nous embarque dans un grand récit épique, qui nous fait traverser des paysages aussi divers qu'impressionnants.


    3 commentaires
  •  Encore une merveille! Et encore une erreur tactique de l'avoir sorti à Noël! Beaucoup d'émotion, un très bon acteur (que l'on avait découvert dans le film bosniaque Le cercle parfait) et une histoire méconnue à découvrir : celle des Juifs de Serbie qui furent déportés et exterminés avec l'aide des autorités serbes. Présenté au Festival de Toronto en 2012 et nommé aux Oscars 2013 pour l'oscar du meilleur film étranger.

    scénario: 18/20      technique:18/20        acteurs: 18/20      note finale:18/20

    La Partition inachevée

    Micha Brankov, un professeur de musique à la retraite est bouleversé de découvrir ses véritables origines : ses parents juifs l’avaient confié, à l’âge de deux  ans, à une famille, avant de disparaître dans un camp de la mort. Le vieux professeur retrace l’histoire de ses parents et veut faire  interpréter en leur hommage  ‘’la  partition inachevée’’ que son père avait composée.


    votre commentaire
  •  Une merveille! Dommage qu'il soit sorti à Noël! Les acteurs sont formidables, le scénario génial et la technique parfaite. Ce film est l'adaptation d'un roman jeunesse qui a connu un succès international, et qui se basait sur une histoire vraie, bien qu'incroyable. Bien que les effets soient parfois appuyés, ce film peut être une approche pour des enfants (à partir de 10 ans) de ce qu'a pu être la Shoah en Pologne. Mais il s'adresse bien sûr à tous les publics.

    scénario: 19/20           acteurs: 19/20      technique 19/20       note finale: 19/20

    Cours sans te retourner

    1942. Srulik, un jeune garçon juif polonais réussit à s’enfuir du Ghetto de Varsovie.
    Il se cache dans la forêt, puis trouve refuge chez Magda, une jeune femme catholique. Magda étant surveillée par les Allemands, il doit la quitter et va de ferme en ferme chercher du travail pour se nourrir.
    Pour survivre il doit oublier son nom et cacher qu’il est juif.


    votre commentaire
  •  Un magnifique film dans la lignée d'Indochine (d'ailleurs les deux films commencent de la même façon, avec les même scènes) !! Régis Wargnier semble fasciné par cette région! Ce que j'aime le plus avec ce réalisateur, au delà de scénario particulièrement soigné, c'est la qualité de la technique: PARFAITE! L"image est d'une beauté à couper le souffle! Les acteurs sont grandioses. Raphaël Personnaz est grandiose dans le rôle du chercheur pris dans la tourmente de l'histoire. J'espère qu'il aura un prix d'interprétation. Bref, j'ai adoré ce film qui est réussi à tous les niveaux.

    scénario: 19/20       technique: 20/20     acteurs: 19/20   note finale: 19/20

    Le Temps des aveux

    Cambodge, 1971.
    Alors qu’il travaille à la restauration des temples d’Angkor, François Bizot, ethnologue français, est capturé par les Khmers rouges. Détenu dans un camp perdu dans la jungle, Bizot est accusé d’être un espion de la CIA. Sa seule chance de salut, convaincre Douch, le jeune chef du camp, de son innocence. Tandis que le français découvre la réalité de l'embrigadement des Khmers rouges, se construit entre le prisonnier et son geôlier un lien indéfinissable…


    votre commentaire
  • Ce film sur Lech Walesa est une merveille!!! mi film mi documentaire, ce film est porté par des acteurs grandioses!

    scénario: 19/20          technique: 19/20      acteurs: 19/20     note finale:19/20

    L'Homme du peuple

    Lech Walesa est un travailleur ordinaire, un électricien qui doit composer avec une vie de famille, et sa femme Danuta. Alors que les manifestations ouvrières sont durement réprimées par le régime communiste, il est porté par ses camarades à la table des négociations. Son franc-parler et son charisme le conduisent vite à endosser un rôle national.  Il ne se doute pas encore que sa vie va basculer, en même temps que la grande Histoire.


    votre commentaire
  • Ce film est une pure merveille et je regrette qu'il n'ait pas trouvé son public. La réalisatrice nous raconte la vie d'une jeune fille qui vie dans une cité pourrie et qui essaie de s'en sortir par les études. Les acteurs sont formidables de justesse: Pour Aure Atika et Marc Lavoine, on le sait mais les enfants sont également formidables. les dialogues sont plein d'humour et de tendresse. Un très beau film sur la tolérance. A VOIR!!

    scénario: 18/20           acteurs: 20/20      technique: 18/20   note finale: 19/20

    Papa was not a rolling stone

    Dans les années 80, Stéphanie grandit à La Courneuve auprès d’une mère absente et d’un beau-père brutal. Très vite, elle décide de se sortir de son quotidien morose. Grâce à l’amour de sa grand-mère, à ses lectures, sa passion pour la danse et pour Jean-Jacques Goldman, elle se débat dans cette cité colorée où l’amitié est primordiale. Un jour, elle le sait, Stéphanie quittera la cité pour mener la vie dont elle a toujours rêvé. Le film raconte l'histoire de cet envol.
    Un film inspiré du livre autobiographique de la réalisatrice


    votre commentaire
  •  Une pure merveille: de la qualité d'Amélie Poulain! Tout est réussi: le casting, les décors, la technique.  Le scénario est génial plein de tendresse et d'humour! Les dialogues sont amusants et on rit énormément. Tous les acteurs sont grandioses mais il faut féliciter particulièrement Lou et sa maman! Les décors sont sublimes et la mise en scène est une totale réussite. La réalisation est géniale. Et techniquement c'est parfait! Bref, j'ai adooooré

    scénario: 20/20            technique: 20/20        acteurs: 20/2     note finale: 20/20  

     Lou! Journal intime

    Lou est une jeune fille créative et rêveuse d’une douzaine d’années. Elle vit seule avec sa mère, Emma, qui a mis de côté sa vie de femme ces dernières années pour se consacrer à l’épanouissement de sa fille. Leur cocon confortable cache malgré tout quelques failles : Emma stagne et glisse doucement vers la mélancolie alors que Lou est obnubilée par Tristan son petit voisin, délaissant sa bande de copains... Leur bulle éclate alors qu’Emma entame une renaissance amoureuse et qu’un premier baiser fait rentrer Lou dans les années enivrantes de l’adolescence.

    Le site officiel :  http://www.ilovelou.Fr


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique