• Dans les forêts de Sibérie

     Mais où a été tourné ce film? Les paysages sont d'une beauté à couper le souffle. L'histoire de cet homme qui quitte tout pour aller vivre en Sibérie est portée par un Raphael Personnaz au sommet de son art. Une année hors du temps. par contre, pour les fans de Sylvain Tesson, rien à voir avec le livre.

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Dans les forêts de Sibérie

    Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal.
    Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années.
    Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

    Certes il y a un réalisateur aux commandes, mais à lire le dossier presse, on comprend bien l'intensité de la réflexion collective et du partage qui ont présidé à la fabrication du film. Cela en fait le fruit d'une belle aventure humaine, une passionnante collaboration à tous les niveaux. L'écrivain, les scénaristes, le cinéaste, le directeur de la photographie, les acteurs, le compositeur… fédérés et solidaires afin de raconter et partager quelque chose à la fois de très universel et de très intime, presque indicible…
    Pour ne rien vous cacher, au tout début du film, on se demande un peu où on est tombé. Rien ne permet au spectateur de se raccrocher à des éléments familiers. On s'embarque en terre inconnue en même temps que le protagoniste, Teddy, parti très loin pour fuir le brouhaha parisien, les sollicitations de son monde, goûter une nouvelle forme de liberté. Nous voilà ensemble coupés de nos repères et on ne sait pas où l'aventure va nous mener. Le périple débute dans une modeste bicoque, où nous sommes simplement accueillis par une femme russe dont le chant ruisselle du lait de la tendresse humaine. On s'immerge dans l'ambiance, les gestes, les sons des autochtones : les mots que l'on ne comprend pas, dont on devine la signification. Ça, c'est ce qu'on vit un peu dès qu'on est touriste quelque part. Mais peut-être le tourisme est-il le meilleur moyen trouvé par l'homme pour ne pas voyager et se fuir lui-même, fuir sa réalité ? Teddy, lui, fait le chemin inverse. Il part vers le dépouillement, l'isolement, la solitude et son voyage commence quand il se retrouve minuscule face à l'infini de la neige. Un voyage qu'on va vivre par procuration, sans geler nos petites fesses, mais en se laissant transporter… 


    Nous voici un peu perdus au fin fond de la forêt sibérienne, époustouflés par la beauté des paysages, par des silences ou par une musique qui vous vrille les sens et le cœur (Ibrahim Maalouf, faut-il le répéter ?). Uniquement reliés au monde (en tout cas au monde organisé, socialisé) par un lac gelé… à condition que les glaces ne décident pas de fondre. Teddy est enfin seul dans la petite cabane de bois qu'il a achetée. Seul avec lui-même, ses pensées, ses joies enfantines… loin du brouhaha parisien… Seul ? Pas si sûr… Il y a une ou des présences qu'il ressent ou qu'il devine, même s'il ne sait pas décrypter les traces, les murmures, les frôlements de la nature. Végétal ? Animal ? Humain ? Les récits que lui ont fait ceux qui l'ont accueilli deviennent plus présents : il y a longtemps un meurtrier serait venu se réfugier ici pour fuir le châtiment des hommes…
    Mort, vivant ? Nul ne le sait. Puis ce sont des pièges posés pour se nourrir qu'il découvre par hasard… Bientôt il n'y aura plus de doute… Ce sera une magnifique rencontre entre deux solitaires, entre deux solitudes. Dense, intense, magnifiquement filmée. Et on n'aura plus de doute sur le chemin parcouru, ni sur le bonheur d'avoir cheminé à leurs côtés.


  • Commentaires

    1
    sho770
    Mardi 19 Juillet 2016 à 22:54

    Bonsoir, je voulais vous remercier pour les commentaires de films que vous écrivez - moi je n´ai ni le temps ni la possibilité d´aller au cinéma, alors je me base sur ce site pour connaitre les nouveautés, en sachant qu´elles seront accompagnées d´un commentaire critique bref, fin et bien pensé - parfois drole aussi. Quand le commentaire est très positif, je sauvegarde l´image dans mon ordi sous films à voir 2016, et un jour je trouverai le temps de voir ce film. Pas au cinéma, mais sans doute en dvd.

    Ce film ci, je l´ai marqué comme étant à voir, me basant sur vos commentaires. Merci.

    Récemment j´ai regardé en ligne deux films avec Dany Boon et Daniel Auteuil: La doublure (2006) avec Gad Elmaleh, petit role pour Dany Boon, Daniel Auteuil parfait en mari trompeur et menteur, avec Richard Berry magnifique comme avocat et bras droit. Et Karl Lagerfeld dans son propre role de créateur pour Chanel. Suivi du film Mon meilleur ami (2006), un doublé Boon/Auteuil magnifique, presque un huis clos, avec JP Foucault dans son propre role à la fin, trop bien.

    2
    Mercredi 3 Août 2016 à 08:42

    Ho merci pour ce gentil commentaire.

    En ce moment, je n'ai plus trop le temps d'aller au cinéma

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :