• Un très beau documentaire sur le monde marin.

    scénario: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Blue

    Blue, le nouveau film Disneynature, est une plongée au cœur de l’Océan pour découvrir, comprendre, aimer un monde encore mystérieux et surprenant. Un monde où la nature invente des couleurs, des formes et des sons merveilleux.
    L'Océan est unique, seuls les hommes le mettent au pluriel. Il est partout, recouvre  plus de 70% de la Terre et donne à notre maison sa couleur et son nom: la planète bleue.
    Dans cet environnement somptueux et fragile, les dauphins seront nos  guides pour partager cette grande histoire de l'Océan qui est celle de nos origines et notre avenir. Une histoire universelle qui résonne en chacun de nous.


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  • Ce documentaire est une merveille. Cela fait du bien de voir des  gens qui ne sont pas obsédés par l'argent, qui ne vendraient pas pères et mères pour s'enrichir, mais au contraire des personnes qui respectent la nature, les animaux et qui pensent à long termes. Certes, on peut regretter que tous les exemples donnés soient situés à l'étranger, puisque les initiatives françaises sont nombreuses. Mais ils feront certainement l'objet d'un documentaire ultérieur.

    scénario: 18/20        technique: 18/20   note finale: 18/20

    Nul homme n'est une île

    « chaque homme est un morceau du continent, une partie de l’ensemble. » Nul Homme n’est une île est un voyage en Europe, de la Méditerranée aux Alpes, où l’on découvre des hommes et des femmes qui travaillent à faire vivre localement l’esprit de la démocratie et à produire le paysage du bon gouvernement. Des agriculteurs de la coopérative le Galline Felici en Sicile aux architectes, artisans et élus des Alpes suisses et du Voralberg en Autriche, tous font de la politique à partir de leur travail et se pensent un destin commun. Le local serait-il le dernier territoire de l’utopie ?

    Subtile invitation au voyage à travers le temps, les paysages, notre humanité, ses savoirs et ses arts, qui commence par ce très beau titre tiré d’un poème anglais du xviie siècle. « Nul homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie… la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain… »

    C’est une Europe aux couleurs naturelles, originelles et pourprées, que nous dépeint ce film, à l’instar de cette sublime fresque du Moyen Âge par laquelle il débute et qui sera le fil conducteur subtil pour guider nos pas. La fresque du « Bon et du Mauvais Gouvernement » d’Ambrogio Lorenzetti, éminemment politique, qui orne la Salle des neuf à Sienne depuis 1338 et continue de transmettre ses enseignements sept siècles plus tard. Que peut bien nous dire cette œuvre vénérable qui puisse avoir une résonance aujourd’hui ? Elle nous dépeint les effets du bon gouvernement, le décrit tel qu’il doit-être : harmonieux, ne dissociant pas la gestion de la ville de celle de la campagne ; équitable, attentif à ne laisser personne sur le bas côté ; joyeux, animé par une démocratie éclairée, toujours en progression. Un peuple élisant des représentants qui ne seraient pas des oligarques, ne se comporteraient pas en maîtres mais resteraient, comme tous, au service de l’essentiel, du Bien Commun. Un idéal intemporel, ancré dans l’essence de la vie, qui semble soudain d’une actualité brûlante. À l’heure où l’humanité semble vouloir s’autodétruire, poursuivant les paillettes d’un confort illusoire, on serait tenté de baisser les bras… Et pourtant ! C’est dans un tourbillon intense et vivifiant que va nous entraîner le réalisateur, à la rencontre d’une poignée d’irrésistibles humains bien décidés à se faire une vie belle et bonne, à ne pas laisser en pâture ce monde à ceux qui le gouvernent sans partage et pour tout dire pas très bien !

    Contre vents et marées, ou plutôt contre déboisement et centres commerciaux, les voilà qui s’enracinent, ne cèdent pas, font la fête, car cette dernière véhicule le ferment des constructions communautaires. Ils sont d’Italie, de Suisse, d’Autriche… Ils sont de tous les horizons, ne se connaissent pas forcément et pourtant, d’un bout à l’autre du continent leurs mots se répondent, renforcent la solidarité, l’intelligence collective. Petit à petit on est galvanisé, porté par leurs expériences, l’envie de contribuer modestement à ce bel édifice, ne serait-ce qu’en consommant différemment, en ouvrant large nos bras, nos portes et surtout nos esprits. Car en définitive, c’est de cela dont il s’agit. Ce sont des paysans, des architectes, un menuisier, un élu et même un technocrate qui nous ouvrent la voie, sans donner de leçons. Animés par le bonheur de faire, de créer, d’inventer, de collaborer, de protéger la terre, les trésors qu’elle recèle. Ce sont des collectifs qui bâtissent, rendent un autre monde possible au quotidien. En Sicile c’est la coopérative des Galline Felici – Les Poules Heureuses – qui vaillamment bouscule les règles du jeu de la loi du marché. Dans le Vorarlberg c’est l’improbable « Bureau des questions du futurs » qui œuvre au changement. Quant au mouvement des « baukünstler », il développe une nouvelle culture du bâti… On découvre encore d’autres collectifs, tous bien ancrés dans notre époque moderne, développant des savoir-faire, acquérant une précieuse expertise. Des expériences qui prennent force d’exemples. Des choix humains tellement cohérents que les frontières entre privé et professionnel se dissolvent progressivement. Ces pionniers magnifiques nous disent tranquillement, joyeusement, que la solution sera collective ou ne sera pas : nous ne sommes définitivement pas des îles.


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  • Un documentaire très bien conçu et filmé. Il faut le voir: il montre le triste sort des réfugiés à travers le monde.Ai Weiwei est décidément un grand artiste.

    scénario: 18/20      technique: 18/20      note finale: 18/20

    Human flow

    Plus de 65 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s'agit du plus important flux migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Réalisé par l’artiste de renommée internationale Ai Weiwei, HUMAN FLOW aborde l'ampleur catastrophique de la crise des migrants et ses terribles répercussions humanitaires.

    Tourné sur une année dans 23 pays, le documentaire s'attache à plusieurs trajectoires d'hommes et de femmes en souffrance partout dans le monde – de l'Afghanistan au Bangladesh, de la France à la Grèce, de l'Allemagne à l'Irak, d'Israël à l'Italie, du Kenya au Mexique en passant par la Turquie. HUMAN FLOW recueille les témoignages des migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité. Ils nous parlent des camps de réfugiés surpeuplés, de leurs périples en mer à très haut risque, des frontières hérissées de barbelés, de leur sentiment de détresse et de désenchantement, mais aussi de leur courage, de leur résilience et de leur volonté d'intégration. Ils évoquent la vie qu'ils ont dû abandonner et l'incertitude absolue d'un avenir meilleur. 

    HUMAN FLOW arrive sur nos écrans au moment même où l'humanité a plus que jamais besoin de tolérance, de compassion et de confiance en l'autre. Il témoigne de la force spirituelle de l'homme et nous interroge sur l'une des questions essentielles à notre époque : la société mondialisée parviendra-t-elle à s'extraire de la peur, de l'isolement et du repli sur soi ? Saura-t-elle se tourner vers l'ouverture aux autres, la liberté et le respect des droits de l'homme.

    Human Flow est bien le titre qui s’impose face à ces images saisissantes d’une rivière humaine au débit incessant, coulée mouvante, vulnérable et anonyme d’enfants, de femmes et d’hommes qui s’écoule inlassablement vers un estuaire improbable dont le nom est espoir. À suivre ces images, capturées dans des paysages contrastés de pluie, de boue, de soleil ou de vent, on sent bien que cette gigantesque marée humaine a quelque chose d’historique. Ces dernières années ont vu plus de 65 millions de personnes contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s’agit du plus important flux migratoire depuis la seconde Guerre Mondiale.

    Tourné sur une année à travers 23 pays, le documentaire s’attache à suivre plusieurs trajectoires d’hommes et de femmes en souffrance. Ai Weiwei s’embarque dans un long voyage qui le conduit à Lesbos, l’île grecque devenue la principale porte d’entrée des migrants en Europe entre 2015 et 2016, ou encore dans l’immense camp de réfugiés de Dadaab au Kenya, en passant par les camps de Gaza, la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, les champs de bataille d’Irak, avant de se terminer entre Mexique et États-Unis, là où le président américain Donald Trump a promis d’ériger « un beau mur infranchissable ». Human Flow recueille les témoignages des migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité : ils parlent des camps surpeuplés, de leurs périples en mer à très haut risque, des frontières hérissées de barbelés, de leur sentiment de détresse et de désenchantement, mais aussi de leur courage, de leur résilience et de leur volonté d’intégration. Ils évoquent la vie qu’ils ont dû abandonner et l’incertitude absolue d’un avenir meilleur.

    Au-delà des peurs, celle d’un autre venu d’ailleurs pour bousculer notre confort et notre tranquillité, celle du terroriste caché dans la foule, ce flot anonyme devient sous la caméra bienveillante d’Ai Weiwei un visage lumineux, un sourire d’enfant, l’amour d’une mère ou les larmes d’un parent… C’est vous, c’est toi, c’est moi, c’est le visage de l’humanité


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  • Un magnifique documentaire sur une juge pleine d'humanité et de bon sens. Et en plus, c'est plein d'humour.

    scénario: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Ni juge, ni soumise

    Ni Juge ni soumise est le premier long-métrage StripTease, émission culte de la télévision belge. Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d'enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Ce n'est pas du cinéma, c'est pire.

    Après avoir défrayé la chronique et agité les petits écrans pendant 25 ans, voilà que la formule Strip-tease part à l’attaque des grands pour nous offrir un film décapant et hilarant ! S'il s’agissait d’un scénario écrit d’avance, servi sur un plateau par des acteurs, on pourrait rire à gorge déployée, confortablement, sans se poser trop de questions. Mais là, certes on se bidonne, mais souvent le rire se fait grinçant, jaune. On est rendu une fois de plus à ce point fascinant où la réalité détrône la fiction d’un coup sec. Le réalisateur Jean Libon, fondateur de Strip-tease en octante cinq, et son complice Yves Hinant ne dérogent pas aux règles du dogme érigées à l'époque : aucun écrit préalable, aucun commentaire, aucun effet additionnel, pas d’enfant à l’écran, les accords écrits de toutes les personnes filmées… Et le choix d'un personnage fort, qui capte immédiatement l'attention et qui, pour l'exercice du long métrage, tienne la route sur la durée : ce sera l’inénarrable juge Anne Gruwez, dont les aficionados de la série se souviendront peut-être puisqu'elle fut le sujet d'un des épisodes.

    Il faut bien le dire, la drôlesse ne cadre pas vraiment avec l’idée qu’on se fait d’un représentant de la loi, ni avec les images qu’on nous en sert traditionnellement. Dans les séries judiciaires, les magistrats arborent rarement des airs mutins, des boucles d’oreilles de baba cool et ne débarquent pas sur les scènes de crime munis d’une improbable ombrelle rose fuchsia ! Pourtant c’est tout Anne Gruwez ! Et on va la suivre à la trace. On devient progressivement l’ombre de son ombrelle, emboitant son pas aussi sûrement que le ferait un fidèle cabot. Au volant de sa bonne vieille deux chevaux entretenue avec amour, on découvre Bruxelles, ses secrets dessous et leur propreté douteuse. Les zones glauques, les bas fonds de l’âme humaine, la juge fanfaronne semble les avoir tous explorés, refusant une fois pour toutes de se laisser impressionner.
    Avec elle on navigue entre les constats des médecins légistes, le tribunal, les commissariats… et surtout, surtout… les audiences dans la presque intimité de son bureau ! Et c’est bien là que tout se joue et se surjoue ! Les entretiens avec les petites frappes, les drogués, les prostituées, les miséreux, les pervers, les pauvres gens… Plongée verticale dans un monde tout aussi drôle que miteux. Elle aborde chaque récit entre deux gourmandises, quelques gâteaux trop crémeux pour être honnêtes, des stocks de bonbons et de réparties impayables ! On ressent son empathie, ses étonnements, ses égarements. Et surtout on en rit. De ce rire qui protège, qui chasse les peurs, les larmes, l’horreur mais qui est aussi un rire qui fait mal et dont on a honte, parfois. On s’offusque autant avec Anne Gruwez que contre elle. On vacille constamment entre des sentiments opposés. Si ses attitudes, ses regards sont pleins de compassion, son franc parler décontenance. Le sordide de certaines situations, de certaines réactions fait froid dans le dos…

    On pourrait vite se sentir voyeur indiscret, irrespectueux de cette humanité peu glorieuse, parfois risible, dont le portrait est brossé. Rire impunément de ce pauvre monde, ce serait oublier qu’on en fait partie. Qu’est-ce qui nous rend si différents de ces sympathiques ou antipathiques malfrats ? Est-on si éloigné d’eux, du mal qui les ronge ? Qu’est-ce qui nous en sépare si ce n’est une barrière sociale illusoire, des chances mal réparties dès la naissance ? Autant dire qu’on ressort avec de la matière à penser de cette chronique extrêmement savoureuse et glaçante. Le miroir tendu réfléchit une image sans concession, loin de l’idyllique paraitre. Un effeuillage drolatique dont on ne sort pas indemne, qui gratte où ça fait mal.


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  • Un excellent documentaire sur la campagne de JL Mélenchon. La collusion des journalistes avec certains partis politiques et particulièrement bien montrée. Leur non-objectivité aussi. Un excellent documentaire bien loin des portraits démagogiques des journalistes du système.

    scénario: 18/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    L'insoumis

    Avec ses hauts, ses bas, sa tendresse, son humour, et sa virulence, Jean-Luc Mélenchon est un vrai personnage de film. Qu'il soit haï ou adulé, il ne laisse personne indifférent.  Sa campagne présidentielle de 2017 n'a ressemblé à aucune autre dans le paysage politique contemporain. C'est durant ces moments intenses de sa vie, et de celle de la France, que Gilles Perret l'a accompagné au plus près.  Une période propice à la découverte des côtés moins connus d'un homme indissociable de sa pensée politique.

    Après Les Jours heureux, après La Sociale, Gilles Perret consacre son nouveau documentaire à Jean-Luc Mélenchon. Avec ses hauts, ses bas, sa tendresse, son humour et sa virulence, Mélenchon est de fait un vrai personnage de cinéma. Qu’il soit haï ou adulé, il ne laisse pas grand monde indifférent. Sa campagne présidentielle de 2017 n’a ressemblé à aucune autre dans le paysage politique contemporain. C’est durant ces moments intenses de sa vie, et de celle de la France, que Gilles Perret l’a accompagné au plus près. Une période propice à la découverte des côtés moins connus d’un homme indissociable de sa pensée politique.

    « À l’origine de presque tous mes documentaires, il y a une rencontre marquante avec un personnage qui déclenche l’envie d’un film. Je ne connaissais pas personnellement Jean-Luc Mélenchon avant que je fasse son interview pour les besoins du film Les Jours heureux et qu’il vienne voir La Sociale. J’ai tout de suite été frappé par sa personnalité et le ton très direct qu’il a donné à nos discussions. C’est un affectif. Par ailleurs, j’ai toujours été un passionné de politique et avoir la possibilité de me glisser à l’intérieur d’une campagne électorale, c’était un rêve qui trouvait là l’occasion de se réaliser.
    « Je lui ai fait part de ma vision du tournage : être partout avec lui, ne pas rester à la porte comme les journalistes qui s’apprêtaient à le suivre. J’ai précisé que je travaillerai seul, au plus proche, pour être vraiment dans l’intimité de sa campagne. Pas facile pour lui d’accepter de se faire filmer de cette façon à un moment où tout est exacerbé et où les enjeux sont énormes. Il fallait une confiance réciproque et un respect mutuel.
    « Le propos de ce film est de montrer ce que j’ai vécu de l’intérieur avec le maximum de sincérité et sans artifice. J’ai volontairement choisi au montage de n’utiliser ni voix off, ni musique, afin de laisser vivre les images brutes. Le résultat, je pense, c’est que ceux qui aiment Jean-Luc Mélenchon vont le trouver formidable et ceux qui le détestent vont continuer à le détester. Par contre, je pense que tous vont découvrir des facettes du personnage qui ne sont pas celles que l’on voit habituellement dans les médias. »


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  • Un documentaire fascinant qui nous apprend par exemple qu'on peut accroître de 25 % le rendement des tomates en leur diffusant des sons appropriés. Un hymne au monde végétal, ponctué de témoignages d’experts ayant accompli des avancées conséquentes dans l’étude des forêts et des plantes. On peut cependant regretter qu'il n'apporte rien par rapport au livre.

    scénario: 18/20   technique: 15/20   note finale: 18/20

    L'intelligence des arbres

    Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s'occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller "La Vie Secrète des Arbres" (vendu à plus d'1 million d'exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l'Université du "British Columbia" au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.


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  •  C'est vraiment le documentaire qu'il faut voir en ce moment même s'il n'est ps aussi diffusé qu'il devrait l'être. L'auteur montre bien les méfaits effarants du sucre et la rapidité de ses effets néfastes. mais il est aussi positif puisqu'en arrêtant le sucre, on peut recouvrer la santé en quelques mois.

    scénario: 18/20        technique: 18/20      note finale: 18/20

    Sugarland

    Le sucre est partout ! Toute notre industrie agroalimentaire en est dépendante. Comment cet aliment a pu s’infiltrer, souvent à notre insu, au cœur de notre culture et de nos régimes ? Damon Gameau se lance dans une expérience unique : tester les effets d’une alimentation haute en sucre sur un corps en bonne santé, en consommant uniquement de la nourriture considérée comme saine et équilibrée. A travers ce voyage ludique et informatif, Damon souligne des questions problématiques sur l’industrie du sucre et s’attaque à son omniprésence sur les étagères de nos supermarchés ! SUGARLAND changera à tout jamais votre regard sur votre alimentation.

    40 cuillères à café de sucre par jour pendant deux mois. Voici le régime que s'est imposé Damon Gameau, acteur et réalisateur australien du film Sugarland qui sort sur les écrans le 24 janvier 2018.

    Un documentaire qui rappelle Super size me

    Une expérience un peu à la manière du documentaire Super size me (2004) où le réalisateur, Morgan Spurlock, avait pris pendant un mois tous ses repas exclusivement chez McDonald's. Ici, pas de junk ni de fast food. Mais Damon Gameau a choisi de débusquer une autre cible, celle des sucres cachés. Ceux que les professionnels de l'agroalimentaire ont très largement saupoudré sur les produits dits transformés. Pourquoi ? Pour en rehausser le goût à bas coût, le tout avec une étiquette ‘light', histoire de donner bonne conscience aux consommateurs. Entouré d'un nutritionniste, d'un médecin et d'un biologiste, le réalisateur a élaboré un menu qui prévoit d'ingérer non pas directement des morceaux de sucre ni de se gaver de sodas et de sucreries mais de ne consommer que ces aliments dits allégés.

    En pratique, 160 grammes de sucres par jour, essentiellement du saccharose et du sirop de glucose-fructose, des sucres particulièrement présents dans les céréales et boissons dites ‘light’, les muesli étiquetés ‘sains’, les smoothies et aussi les barres de céréales… qui, à elles seules, contiennent en général la ration journalière recommandée de sucres (soit de 20 à 30 g) ! Découvrez la bande-annonce du film dans la vidéo ci-dessous.

    Un bilan de santé qui tourne au drame

    Avant le film, l’Australien est en forme : 76 kilos, un tour de taille de 84 cm et un bilan biologique tout à fait normal. 60 jours et 2.400 cuillères à café plus tard, son bilan de santé tourne au drame : plus 8,5 kilos sur la balance, 10 cm supplémentaires de tour de taille, des analyses sanguines annonçant l’installation d’un diabète de type 2, un foie devenu gras, des troubles de l’humeur… Le tout heureusement réversible en quelques semaines avec le retour à une alimentation équilibrée. Tout au long du film, des séquences historiques rappellent comment le gras a été diabolisé dès les années 1970 et comment le sucre a été exonéré et évoquent les basses manoeuvres sucrières, calquées sur celles de l’industrie tabac, comme l’a démontré une étude scientifique publiée en 2016 et comme l’a révélé le New York Times.

    Pédagogique et en même temps très ludique, le film, au montage nerveux, aux couleurs saturées et aux effets spéciaux très réussis, s’achève sur un clip (ci-dessous) où l’acteur réalisateur métamorphosé en Mr Sugar, évolue dans les rayons d’un supermarché. Un bémol, les identités des scientifiques, incrustées dans les étiquettes des produits lors des interviews, sont souvent illisibles et non identifiables.

    Mais le message lui est parfaitement clair : ne vous laissez pas abuser ni engluer par les promesses des étiquettes et réduisez votre consommation en sucres.  Elle est en moyenne de 100 grammes par jour, soit 36 kilos par an dans nos pays industrialisés, quatre fois supérieure aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.


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  •  Une merveille! Ce documentaire sur les chats errants d'Istanbul. Stupéfiant documentaire sur les matous errants d'Istanbul, "Kedi : Des chats et des hommes" aborde avec bonheur le rapport étrange entre l'humain et le félin. La vie d'une dizaine de chats errants d'Istanbul et de celles et ceux qui les soignent : la recette simple et réjouissante d'un film lumineux. Les chats semblent être appréciés à Istanbul.

    scénario: 18/20       technique: 18/20    note finale: 18/20

    Kédi, des chats et des hommes

    Depuis des siècles, des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, mi sauvages, mi domestiqués – et apportent joie et raison d’être aux habitants. KEDI raconte l’histoire de sept d’entre eux.

    Voilà un film trépidant, plein de rebondissements, avec des cascades vertigineuses, réalisées sans aucun trucage ni effet numérique, des poursuites incroyables, des bagarres homériques, tout ça dans une merveilleuse ville millénaire dont les ruelles sont propices à toutes les aventures. Les plus tonitruants des films d'action hollywoodiens n'ont qu'à bien se tenir, car il y dans Kedi du suspense, de la tension, mais tout est toujours placé sous le signe de la tendresse et de la générosité humaine. Dans cette saga ottomane, les protagonistes ont des patronymes tout à fait singuliers : Sari l'arnaqueuse ; Aslan Parçasi le chasseur, Deniz le mondain, Duman le gentleman, Bengü la tombeuse, Psykopat... la psychopathe, Gamsiz le joueur... Au fait, on a oublié de vous le préciser, tous ces héros aux noms étranges pèsent au maximum 10 kilos, sont couverts de poils multicolores, et arborent des moustaches tout à fait dignes de celles de leurs homologues humains, même dans un pays où la moustache a toujours été un attribut masculin particulièrement en vogue. Car mettons enfin les choses au clair, même si la photo du film a vendu la mèche : Kedi est un film jubilatoire consacré aux chats d'Istanbul, pas ceux qui sont confortablement installés chez leur prétendu maître à ronronner sur un de ces tapis magnifiques qui ont fait la fierté de l'artisanat local, mais ceux qui arpentent la ville, de coursives en marchés aux poissons, chipant à leur fermeture quelques restes, de jardins publics en mosquées bienveillantes.

    En plus de nous de nous entraîner au gré des déambulations de chats facétieux, malins, affectueux, sociables ou au caractère bien trempé, rompus à toutes les astuces pour trouver les moyens de survie en milieu urbain, Kedi est aussi une belle manière de visiter en profondeur une ville fascinante aux quartiers extrêmement variés, dont la diversité des architectures imbriquées semble avoir été pensée pour leurs parcours. Ce qu'on découvre émerveillé – même si les Français ne sont pas en reste question amour des chats : pas moins de 13,5 millions de félidés recensés chez nous, 50% de nos compatriotes les assimilant à un membre de leur famille –, c'est l'incroyable générosité des habitants d'Istanbul envers les chats, qui font partie intégrante de la vie de la cité. On rencontre ainsi un poissonnier qui réserve toujours des parts pour les chatons environnants, ou ce mufti qui accueille avec bienveillance les chats qui se mêlent aux fidèles. Tels les singes qui cohabitent avec les hommes dans les temples asiatiques, ou les célèbres corbeaux de la Tour de Londres, les chats sont des Stambouliotes à part entière, et il ne viendrait quasiment à l'idée de personne de les chasser et encore moins de leur faire du mal.

    En ces temps où le froid du climat, doublé de celui des valeurs humaines qui se dégradent inexorablement, peut nous glacer les sangs, ce joli film doux comme un loukoum fera du bien aux spectateurs de tous âges, avec son doux mélange de charme animalier et de générosité humaine réconfortante.


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  • Un très beau documentaire sur Maria Callas. on voit que le réalisateur est tombé amoureux de son modèle. Voilà un film qui donne furieusement envie, une fois la projection achevée, d'aller rôder du côté de l'avenue Georges-Mandel, où la Callas s'est éteinte. Un travail d'orfèvre au service d'une artiste et d'une femme d'exception. Fruit d’un travail de recherche méticuleux et d’un montage particulièrement astucieux, Maria by Callas est davantage qu’un banal documentaire, mais bien une véritable immersion dans les mémoires d’une icône que l’on croyait, en son temps, inaccessible et qui était finalement bien seule. À ne pas rater.

    scénario: 18/20        technique: 18/20    note finale: 18/20

    Maria by Callas

    "Il y a deux personnes en moi, Maria et La Callas…" 
    Artiste en quête d'absolu devenue icône planétaire, femme amoureuse au destin hors du commun,  Maria by Callas est le récit d’une vie exceptionnelle à la première personne. Callas dévoile Maria, et révèle une personnalité aussi enflammée que vulnérable. Un moment d'intimité auprès d'une légende et toute l'émotion de cette voix unique au monde.

    Il aura suffi à Tom Volfe la découverte par hasard de quelques images et documents sur Maria Callas pour qu'il se passionne pour le personnage et y consacre donc plusieurs années. Il faut dire que Maria Callas est une des rares chanteuses lyriques dont le talent et le charisme furent capables de rallier à son art le plus grand nombre. Alors que les cantatrices étaient peu ou prou assimilées par le grand public à la Castafiore chère à Hergé, alors que l'opéra était presque exclusivement l'affaire des classes bourgeoises, Maria Callas en fit dans les années 50 et 60 un art populaire et médiatique, propulsant Verdi, Puccini, Rossini à la une des magazines, grâce à son incroyable technique vocale, grâce aussi à son véritable talent de comédienne qui lui permettait d'incarner pleinement ses personnages, de leur donner une âme.


    Le film de Tom Volfe a le double mérite de dérouler la vie de Maria Callas avec une grande richesse d'archives tout en laissant le temps et la place à de grandes plages d'interprétation des airs mythiques (restitués dans leur intégralité) qui ont fait triompher la chanteuse sur les scènes non moins mythiques de la Scala de Milan, de l'Opéra de Rome, du Metropolitan de New York, de la Fenice de Venise ou du Covent Garden de Londres : autant de moments intenses qui réjouiront les mélomanes avertis et épateront ceux qui découvrent l'artiste.

    Au-delà de l'aspect musical, le romanesque de la vie mouvementée de Maria Callas, à qui l'on a prêté une réputation de femme volcanique, est parfaitement restitué par les archives et par la lecture de quelques unes de ses nombreuses lettres par la voix envoûtante de Fanny Ardant. De ses débuts, entre son New York natal et la Grèce d'où étaient originaires ses parents et où elle fit très jeune ses premiers pas au conservatoire, jusqu'aux premiers succès sur les scènes européennes puis jusqu'aux soubresauts de sa vie sentimentale compliquée qui l'éloigna de sa carrière, on suit le cours captivant de sa vie avec ses moments cruels (l'hallali du public ou de la presse lorsqu'elle annule à Rome une représentation suite à une bronchite, sa solitude malgré la gloire…) et ses moments magiques (son unique rôle au cinéma pour le fascinant Médée de son ami Pasolini). Et se dessine ainsi, par de multiples entrées, le portrait d'une immense artiste soucieuse de tout donner à son public (comme pour son retour à New York où des jeunes gens dorment dans la rue pour s'arracher les dernières places) en même temps que celui d'une femme complexe et brisée qui finit par nous bouleverser.


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  • Eric Caravaca part à la recherche de sa soeur morte quand il était petit et dont il ne sait rien. C'est un secret de famille. et il nous amène avec lui dans cette quette impudique et qui m'a mis mal à l'aise. Cette recherche aurait du rester personnelle. Face au mystère de l’inconscient et au déni d’une mère, l’acteur fait en sorte que les fantômes se manifestent et qu’une enfant ait enfin le droit d’exister.Mais il n'aurait pas du en faire un film parce qu'on se sent vraiment voyeur. Par respect pour sa mère, tout cela aurait du rester privé.

    scénario: 2/20    technique: 15/20   note finale: 5/20

    Carré 35

    "Carré 35 est un lieu qui n’a jamais été nommé dans ma famille ; c’est là qu’est enterrée ma sœur aînée, morte à l’âge de trois ans. Cette sœur dont on ne m’a rien dit ou presque, et dont mes parents n’avaient curieusement gardé aucune photographie. C’est pour combler cette absence d’image que j’ai entrepris ce film. Croyant simplement dérouler le fil d’une vie oubliée, j’ai ouvert une porte dérobée sur un vécu que j’ignorais, sur cette mémoire inconsciente qui est en chacun de nous et qui fait ce que nous sommes."


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  •  Un très bel  exercice d'imagination, nourri par les lectures à défaut des souvenirs, dans lequel l'histoire de l'aïeul se mêle à celle de l'intelligentsia juive du début du XXe siècle. Une évocation puissante de ce temps dans lequel l'effondrement de l'Empire des Habsbourg et la montée en puissance du national-socialisme mit fin à la Vienne capitale culturelle de l'Europe.

    scénario: 16/20         technique: 16/20     note finale: 16/20

    Vienne avant la nuit

    Le documentariste Robert Bober ravive la mémoire de son arrière-grand-père parti de Pologne pour s'installer dans une Vienne moderne et cosmopolite, celle de Stefan Zweig, Joseph Roth, Arthur Schnitzler, à la veille de la montée en puissance du national-socialisme qui mettra fin à cette capitale culturelle.

    Au-delà de cette recherche d’identité et de ce double portrait mêlant l’histoire de son aïeul et celle de la brillante intelligentsia juive du début du XXe siècle, Robert Bober, aujourd’hui âgé de 82 ans, évoque l’effondrement de l’Empire des Habsbourg, la naissance et la montée en puissance d’une national-socialisme jusqu’à l’Anschluss qui mit fin à la Vienne capitale culturelle de l’Europe.

    Venu de Pologne et arrivé à Ellis Island le 8 juin 1904, Wolf Leib Fränkel, son arrière-grand-père fut refoulé en raison d’un trachome. Retraversant la vieille Europe, il décida de s’arrêter à Vienne, en Autriche, où il reprit sa profession de ferblantier.

    C’est là qu’il mourra. En 1929. Né deux ans après, je ne l’ai donc pas connu. Pourtant, l'auteur a  le sentiment que quelque chose de lui m’a été transmis. Il fut l’exact contemporain de Stefan Zweig, d’Arthur Schnitzler, de Joseph Roth, de Franz Werfel, de Sigmund Freud, ces auteurs qu’il lui a semblé en les lisant retrouver quelque chose de ce qui le relie à sa propre histoire et qui, comme son arrière-grand-père, allaient l’accompagner dans la recherche et l’affirmation de son identité.


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  • Une merveille! Quel courage a cette femme d'avoir pu pardonner à l'assassin de son fils! Bravo Madame!

    scénario: 19/20       technique: 19/20   note finale: 19/20

    Latifa, au coeur du combat

    L’histoire de Latifa Ibn Ziaten est celle d’une mère devenue activiste. Quand son fils Imad est assassiné par un terroriste, Mohamed Merah, son monde bascule. Pourtant elle refuse de perdre espoir, et parcourt les villes de France dans un seul but : défendre la jeunesse des quartiers et combattre la haine avec la tolérance et l’écoute. Elle transforme ainsi chaque jour son destin singulier en un combat universel.

    Les tragédies détruisent bien sûr des vies mais peuvent transformer des êtres, révéler en eux des capacités de résistance et de résilience insoupçonnées. Avant le 11 mars 2012, Latifa Ibn Ziaten était une petite dame cinquantenaire d'origine marocaine, très chouette et ordinaire. Elle avait certes fait preuve d'indépendance en fuyant le Maroc et un mariage arrangé pour l'amour d'Ahmed, un garçon rencontré sur la plage de M'Diq et devenu ouvrier à la SNCF, mais la suite de sa vie avait été celle de ces milliers de femmes courageuses et invisibles qui ont construit la France : mariage, cinq enfants, une vie professionnelle d'ouvrière entre marchés et cantines. Mais ce funeste 11 mars 2012, sa vie bascule : Imad, un de ses garçons qui faisait sa fierté, sous-officier dans l'armée française, est abattu par un homme en scooter sur un parking de Toulouse. La police croit d'abord à un règlement de comptes et Latifa est interrogée sur les supposées mauvaises fréquentations de son fils, voire sur ses possibles activités illicites. Ce n'est que quelques jours plus tard, avec l'effroyable tuerie de l'école juive Ozar Hatorah, que l'on comprendra qu'Imad a été la première victime de Mohamed Merah. Et assez vite, Latifa Ibn Ziaten, qui aurait pu légitimement s'enfermer dans sa douleur, va ressentir le besoin de faire de son drame un outil pour faire en sorte que plus jamais un jeune musulman issu des quartiers populaires ne devienne un monstre comme Mohamed Merah. Se disant sans doute qu'en tant que modeste mère musulmane de la banlieue rouennaise, elle avait probablement des chances de pouvoir parler au cœur et à la raison des jeunes fragilisés par la précarité, la stigmatisation et susceptibles d'être embrigadés par une idéologie islamiste radicale. Avec le soutien de collectifs divers et de simples citoyens, Latifa crée une association qui porte le nom de son fils pour aller porter sa parole dans les quartiers auprès des jeunes mais aussi faire entendre une voix juste et autorisée auprès des politiques et des décideurs de tout poil.

    Les deux réalisateurs ont suivi pas à pas Latifa au fil de son incroyable agenda, qui l'amène à voyager de ville en ville, en France et dans le monde. Le film montre à la fois des moments étonnants (quand par exemple elle accepte l'invitation de jeunes femmes expatriées en Chine qui veulent faire comprendre la situation des jeunes des quartiers à leurs riches amis et soutenir son action) et bouleversants (quand des jeunes relégués d'une école de la Seconde Chance s'effondrent malgré leur âge déjà avancé dans les bras de Latifa, rencontrant peut être pour la première fois quelqu'un qui peut entendre leur souffrance). On découvre ainsi un personnage formidablement attachant, capable spontanément d'une empathie communicative, mais aussi une combattante, oratrice hors pair face à l'adversité, que ce soit devant une jeune étudiante marocaine la trouvant trop angélique en regard des réalités politiques que face à des députés de la droite réactionnaire qui veulent l'attaquer sur son voile et sur l'islam. Et justement Latifa transmet aussi une autre vision de l'islam, qui démonte les préjugés et les raccourcis dangereux, et nous aide à penser une laïcité moins excluante, plus en phase avec la diversité religieuse et culturelle de la France qu'on aime.


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  • Une merveille!! Comme toujours quand des enfants sont filmés, c'est génial. La classe est très touchante etc es petits qui découvrent la vie sont attendrissants.

    scénario: 18/20          technique: 18/20   note finale: 18/20

    Le maître est l'enfant

    Alexandre Mourot, réalisateur et jeune père, regarde sa fille faire sa propre expérience du monde. S'interrogeant sur sa scolarisation prochaine, il décide d'aller tourner dans une classe d'enfants de 3 à 6 ans de la plus ancienne école Montessori de France. Dans une salle accueillante, avec des fleurs, des fruits, beaucoup de matériel, Alexandre rencontre des enfants libres de leurs mouvements et de leurs activités, qui travaillent seuls ou à plusieurs dans une ambiance étonnamment calme. Le maître est très discret. Chacun lit, fait du pain et des divisions, rit ou dort en classe. Pendant une année, le réalisateur filme la mise en œuvre de cette pédagogie de l’autonomie et de l’estime de soi que Maria Montessori voyait, en pleine fureur de la première moitié du XXe siècle, comme la promesse d’une société nouvelle de paix et de liberté.

    Quand le réalisateur Alexandre Mourot est devenu père, il a tout naturellement observé sa fille, sa façon d'être, de réagir au monde autour d'elle… Il s’est aperçu qu’en ne cherchant à la guider, à la contrôler en permanence, qu’en ne dirigeant pas ses actions et ses gestes, elle déployait une énergie folle et elle semblait trouver un vrai bonheur à apprendre par elle-même, à découvrir et à progresser… Ces premiers constats, qui ont donné lieu à de premières images, lui ont donné envie de poursuivre ses observations et l’ont amené à s’intéresser à la pédagogie Montessori. Il a alors recherché des écoles qui s’inscrivaient dans ces pratiques et choisi de poser sa caméra dans l’une d’entre-elles pour observer ce qui s’y passait…

    Le film nous propose de partager la vie quotidienne, les relations établies entre l'enseignant et les élèves, les exercices pratiqués et les progrès parfois fulgurants de certains enfants dans un cadre aménagé pour leur évolution autonome : une salle lumineuse, avec des fleurs, des fruits, beaucoup de matériel, une ambiance calme… Chacun travaille, seul ou à plusieurs, à l’activité qu’il a choisie.
    L’éducateur (le maître qui n’en porte pas le nom) se fait discret et s’avère être au service de ceux qui en ont besoin. Au sein de ce microcosme, chaque année, des nouveaux arrivent et s’adaptent rapidement, accompagnés naturellement par les plus âgés.
    Certains guident le réalisateur, mais la plupart du temps sa caméra essaie d’être suffisamment discrète pour éviter de briser la concentration… À travers ces images, il essaie de décrypter le travail pédagogique qui se met doucement en place et qui permet aux enfants de se construire sans compétition et en autonomie : un témoignage riche et profondément vivifiant !

    « Actuellement on assiste en France à un véritable engouement pour la méthode Montessori. De nombreuses écoles ouvrent leurs portes chaque année (et malheureusement certaines ferment aussi).
    « Mes rencontres avec des créateurs et directeurs d'école révèlent qu'à l'origine de leur projet, bien souvent, il y a un enfant, mais aussi une réticence à le conduire dans l'école traditionnelle, jugée peu respectueuse de sa personnalité, insuffisamment bienveillante ou trop peu efficace dans la transmission des savoirs. Le plus surprenant est de voir que le mouvement provient aussi des professeurs des écoles traditionnelles eux-mêmes.
    « Le Printemps de l'éducation, né en 2011, déjà très connu et fort actif, est une association représentative de cette volonté actuelle de faire changer l'école. Elle tente de fédérer les autres approches éducatives pour encourager les réformes et la liberté de choix pédagogique au sein de l'éducation nationale.
    Les différents centres de formation à la pédagogie Montessori, toujours pleins, accueillent de plus en plus d'enseignants. A lui seul, L'institut Supérieur Maria Montessori, organisme agréé par l'Association Montessori Internationale (AMI), forme une centaine d’éducateurs par an. Les livres sur Montessori sont sans cesse réédités. Cependant, il semblait n'exister aucun film présentant la pédagogie Montessori.
    « Ce contexte m'a semblé favorable à la réalisation et à la diffusion d'un film sur la pédagogie Montessori. Pour autant, ma motivation première à réaliser ce film n'est pas tant de démontrer la validité des thèses de la pédagogue que d'inviter à une découverte, une observation des grands principes et valeurs de la pédagogie. Ceci, à partir de ma propre observation : celle des enfants, d'une classe et des questionnements des éducateurs. »


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  •  La suite du premier. très bien fait.

    scénario: 16/20      technique: 16/20   note finale: 16/20

    Une suite qui dérange : le temps de l'action

    L’ex vice-président Al Gore poursuit infatigablement son combat en voyageant autour du monde pour former une armée de défenseurs du climat et exercer son influence sur la politique climatique internationale. Les caméras le suivent en coulisse, saisissent des moments publics et privés, drôles et émouvants : alors que les enjeux n’ont jamais été aussi importants, il défend l’idée que les périls du changement climatique peuvent être surmontés par l’ingéniosité et la passion des hommes.

    Le temps de l’action est venu pour Al Gore. Il l’annonce sans détour dans le nouveau documentaire écolo dont il est le pilier. Si en 2006, l’ex-vice président de Bill Clinton alertait sur les dangers du réchauffement climatique dans Une vérité qui dérange, il enfonce le clou ici en mettant en garde sur l’accélération de la crise et en accentuant aussi son propos sur les solutions qui existent et qui doivent désormais s’accompagner d’une action politique. 

    "D’après les réactions qui sont revenues à mes oreilles, le premier film a considérablement marqué un grand nombre de gens sur la planète", explique-t-il. "Je peux aussi vous dire que je voyage aux quatre coins du monde pour tenter d’informer les populations sur les solutions rentables pour sortir de la crise climatique. Et je continue à avoir des nouvelles de gens, presque tous les jours, qui me confient qu’Une vérité qui dérange a largement contribué à les convaincre de s’engager dans cette cause."

    ne suite qui dérange, lui, a pour but de déclencher une prise de conscience supérieure et "de pousser ainsi les électeurs à exiger de leurs leaders politiques des solutions rapides." Car, sans décision majeure au plus haut niveau, rien ne bougera suffisamment vite pour endiguer la crise malgré les efforts déjà fournis depuis dix ans. Aux Etats-Unis, les villes d’Atlanta et Georgetown ont par exemple décidé de fonctionner à 100% avec de l’énergie renouvelable, tout comme les entreprises Google et Apple. Des signes d’amélioration encourageants mais encore insuffisants pour le défenseur de notre planète qui entend pousser le curseur avec ce long-métrage.

    En effet, depuis, le Président climato-sceptique Donald Trump a confirmé vouloir se retirer des accords de Paris sur le climat signés en 2015.  Cette nouvelle donnée, et la réaction d’Al Gore qui suivit, ont été intégrées au film de Bonni Cohen et Jon Shenk. Lesquels tentent de rester optimistes malgré tout. "La bonne nouvelle c'est qu'il y a beaucoup d'espoir. La technologie existe pour créer suffisamment d'énergie propre pour l'économie mondiale et pour éviter une catastrophe climatique totale." Pour ne plus en douter et en savoir un peu plus sur ces solutions durables, rendez-vous en salles ! 


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  • Ce documentaire est une meveille. Très bien fait, on apprends plein de choses même si on est féru d'art. Peggy Guggenheim (1898-1979) était un personnage, au sens le plus romanesque du terme. Et ce documentaire la restitue dans toute sa complexité passionnante. On ressort de cette projection avec le sentiment d’un moment singulier partagé, entre savoir et émotion ; et, reconnaissons-le, la succession de tableaux est aussi un atout majeur de ce film passionnant qui, comme on s’en doute, éclaire une femme, failles comprises, sans pour autant dissiper totalement l’énigme que constitue toute existence.

    scénario: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Peggy Guggenheim, la collectionneuse

     

    Libre et avant-gardiste, Peggy Guggenheim a traversé les bouleversements du XXème siècle aux côtés d’artistes qu’elle a fait connaître mondialement. Elle a notamment révélé le talent de Jackson Pollock, Alexander Calder ou encore Max Ernst. Des entretiens inédits de Peggy Guggenheim elle-même ainsi que des témoignages d’artistes et de critiques d’arts mettent en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.

    Amatrice d’art enthousiaste, collectionneuse éclairée, mécène, Peggy Guggenheim (1898-1979) est étroitement mêlée à la création artistique du xxe siècle. Petite-fille de deux Juifs européens émigrés aux États-Unis au 19ème siècle – l’Allemand Seligman, couvreur enrichi dans la banque, et le Suisse Guggenheim, colporteur devenu propriétaire de mines de cuivre –, elle hérite d’une fortune colossale de 450 000 dollars à la mort de son père, disparu en avril 1912 dans le naufrage du Titanic.



    De 1920 à 1941, elle vit en Europe, notamment à Paris et dans sa luxueuse villa de Pramousquier, près du Lavandou. À Paris, elle rencontre Pablo Picasso, Salvador Dali, James Joyce, Ezra Pound, Gertrude Stein, Fernand Léger ou encore Vasily Kandinsky ! Esthète au goût sûr et au discernement remarquable, ses goûts et sa formation initiale ne la portaient cependant pas au-delà de l’impressionnisme, mais elle se tourna résolument vers l’art contemporain et ouvrit une galerie à Londres en 1938, où elle exposa notamment les œuvres du peintre surréaliste Yves Tanguy. Elle utilisa l’essentiel de sa fortune à constituer une collection d’œuvres d’art qui représente l’ensemble des courants avant-gardistes qui se sont succédés depuis le début du xxe siècle : cubisme, futurisme, constructivisme, dada, surréalisme, expressionnisme…
    En 1941, l'invasion de Paris par les Nazis la contraint à fuir l’Europe. De retour à New York, elle fonde en 1942 la galerie Art of the Century. Elle y accueille non seulement les artistes européens exilés, et plus particulièrement les surréalistes – elle est alors l’épouse de Max Ernst –, mais aussi de jeunes artistes américains comme Robert Motherwell, Mark Rothko, Adolf Gottlieb ou Jackson Pollock, chefs de file d’un expressionnisme abstrait.

    En 1948, elle revient en Europe et achète le Palazzo Venier dei Leoni à Venise pour y installer ses collections personnelles. Ce site est aujourd’hui l’un des grands musées d’art moderne de la cité des Doges. En mécène avisée, elle n’a jamais revendu les œuvres que son immense fortune lui avait permis d’acquérir, préférant les offrir à des institutions culturelles. La Fondation Peggy Guggenheim à Venise constitue incontestablement, pour celle que l’on surnommait affectueusement la « dernière Dogaresse », l’apothéose de son activité inlassable au service de l’art contemporain.

    Par ailleurs, femme libre, audacieuse voire volontiers provocatrice, Peggy Guggenheim a mené une vie sentimentale et sexuelle qui a souvent défrayé la chronique et qui a fait autant pour sa célébrité que sa passion pour l'art. Il semblerait bien que pour elle, ces deux pans de son existence étaient étroitement liés.
    À travers des entretiens inédits avec Peggy Guggenheim, à travers des témoignages d’artistes et de critiques d’art, le film de Lisa Immordino Vreeland met en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.


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  •  Ouai, bof. Des images mille fois vues et un commentaire pas original. On peut s'en passer.

    scénario: 10/20       technique: 16/20   note finale: 10/20

    Voyage of time: au fil de la vie

    Hymne à la nature et à l’univers, Voyage of Time s’interroge sur le rôle de l’homme dans le futur. Après ces temps infinis, quel est le sens de notre passage sur Terre ?

    Voyage of Time n’est pas un film. Ni même un documentaire. Il n’essaye même pas d’en prendre l’apparence. Non, Terrence Malick semble bien éloigné de tout procédé. Il livre une symphonie. De l’art.

    Mais de l’art, dans tout ce qu’il y a de plus intime ou emphatique. De beau comme de ridicule où le sublime touche au grotesque, et inversement. Une dualité de ton, un sentiment double qui ne laisse pas de marbre.

    Alors que ses précédents métrages alimentaient déjà cette vocation chez l’américain à partir dans le lyrisme naïf, Voyage of Time pousse le curseur encore plus loin, la narration n’existe plus, le récit est spectral et non plus littéral. Dans ce dernier, Malick nous montre sa vision de la naissance du monde, du cosmos jusqu’à l’infime vague, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Les belles images se suivent, ne ressemblent pas, paraissent parfois légères comme une plume, tout comme elles s’alourdissent de poésie embryonnaire sur la puissance matricielle de la nature mais toujours agrémentées d’une furtive mélancolie sur son devenir.

    On suit avec passion une fille qui découvre le monde moderne, tout comme on ricane avec un sourire ironique cette vision des premiers hommes par Terrence Malick. Les plans larges sur la nature, les plans numériques qui iconisent les planètes comme rarement, les cellules qui se chevauchent, les séquences sous-marines se succèdent et ne s’interrompent pas : c’est beau, c’est grand, ça invite au voyage introspectif et au mélange des couleurs.

    Chez Malick le montage parait toujours aussi personnel, touché par la ramification d’une mémoire qui déchante, une mosaïque en pleur et on ne se rend même pas compte de la beauté de ce que l’on voit. Mais au-delà de toute velléité cinématographique, de tout intérêt scientifique, de tout ce maelstrom aussi inerte qu’en mouvement entre le son et l’image, il y a un homme derrière le projet : Terrence Malick. Avec Voyage of Time, il continue de tracer le sillon de son questionnement. Malgré la candeur, la grandiloquence parfois pompeuse de ses insertions numérisées représentant des dinosaures ou autres bestiaires, l’américain semble empreint d’une peur : celle de ne pas trouver de réponses à ses questions.

    Celle d’un homme qui regarde les yeux au ciel, celle qui s’égare dans la nature et qui se pose toujours la même question : « Où es-tu ? ». Il parle mais ne reçoit pas de signe avant-coureur d’une seule parcelle de réponse. Alors il sillonne le monde. Et alors que les plans pourraient se suivre pour ne rien signifier, toute l’ampleur est là : la construction d’un monde, d’un regard qui scrute le moindre détail qui pourrait répondre à ses interrogations sur l’existence de quelque chose qui le dépasse.

    C’est ce qui fait que le cinéaste regarde hagard le suivi de l’humanité, de l’humain qui vit comme « un enfant abandonné ». Derrière le côté ésotérique de l’ensemble, Malick ne porte jamais le costume de prosélyte et ne tente même pas de convaincre. Il n’est pas là pour délivrer un message, autre que celui d’un amour qui nous transporte, de la métamorphose d’une déclaration d’amour à la vie. Le fil rouge de Voyage of Time n’est pas la chronologie du monde ni même les découvertes scientifiques. Il n’y a rien de tout cela.

    Terrence Malick n’est pas là pour donner un cours d’histoire ou de physique, c’est un homme, un empilement d’atomes qui fait voyager son esprit à travers les strates aussi temporelles que spatiales pour ne plus se sentir seul. Est-ce d’une profondeur sans égale ? Non, Terrence Malick radote un peu mais n’a jamais paru si vulnérable devant son cinéma, et ça en devient touchant tellement le geste parait si intime.


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    l'éveil de la permaculture

    La permaculture laisse entrevoir une lueur d’espoir avec ses solutions écologiquement soutenables, économiquement viables et socialement équitables. Accessible à tous, elle peut être mise en oeuvre partout… Aujourd’hui, des hommes et des femmes se rencontrent et expérimentent cette alternative crédible. La transition “permacole” est en marche !

    « Chacun d'entre nous fait partie de la solution, tout le monde peut-être acteur du changement. »
    Polluée, réchauffée, surpeuplée, malmenée, notre planète – et tout ce qu'il y a dessus – ne va pas fort. Et fibre écolo ou pas, ils sont de plus en plus nombreux à agir pour faire en sorte qu'elle se porte mieux. C'est ainsi que se développe de nouvelles manières de vivre, de faire, de consommer, de produire, de cultiver. Et on en arrive tout naturellement à la permaculture.
    La permaculture, c'est une agriculture qui tente de suivre au mieux les phénomènes naturels afin de maintenir et de respecter les équilibres entre les différentes composantes de l'écosystème Terre. L'humain est une de ces composantes. Hier marginale, elle intéresse aujourd'hui, par ses performances et ses bienfaits, de plus en plus de monde, et d'abord des agriculteurs qui se convertissent à sa pratique. Le CNRS y voit une possible alternative à l'agriculture intensive, grande consommatrice d'engrais chimiques et de pesticides. Plus globalement, la permaculture est pour ses initiateurs une solution concrète à l'effondrement des sociétés humaines.

    À travers de nombreux témoignages, de superbes images, des animations, ce film nous permet de découvrir la permaculture dans sa globalité, de comprendre ce que c'est, ce qu'elle propose. C'est un film plein d'enseignements et de dynamisme qui donne juste envie de passer à l'action. Le réalisateur est clair : la permaculture est plus qu'un modèle, elle nous permet de changer notre regard sur le monde et notre quotidien.


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  •  Un petit bijou!!

    Visages villages

    Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer.
    Agnès a choisi le cinéma.
    JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air.
    Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR.
    Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés.
    Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

    Deux drôles de personnages tout droits sortis d'une bande dessinée minimaliste viennent se balader nonchalamment sur le générique du film. Des accords de guitare épurés, proches des folk songs chers aux road-movies américains, rythment leurs pas de manière opiniâtre et guillerette comme pour les guider irrémédiablement l'un vers l'autre. On reconnaît immédiatement la silhouette particulière d'Agnès Varda, petite femme au talent et à l'humanité inversement proportionnels à la taille, qui paraît encore plus minuscule qu'à l'accoutumée aux côté de cette asperge de JR. On ressent immédiatement l'invitation à un voyage humble, léger, orchestré par le duo improbable et comique du plasticien trentenaire et de la cinéaste octogénaire. Si le pont entre les œuvres urbaines monumentales de l'un et les ouvrages fignolés tout en discrétion de l'autre ne saute pas aux yeux, un cousinage évident se révèle progressivement. On comprend vite que le chemin avec eux ne sera jamais pesant et qu'on n'aura jamais envie de les quitter, eux, leur univers espiègle et généreux : Agnès, ses sourires émouvants, et ce vaurien de JR qui n'arrête pas de l'asticoter. Comme si le plus grand respect qu'on pouvait témoigner aux « vieilles » était de rester insolent, de ne pas s'apitoyer sur les fragilités d'un corps désormais inadapté aux frasques d'un esprit pétillant, indomptable. Madame Varda, il y a plus de jeunesse, d'énergie et de rébellion sous votre frange bicolore que dans n'importe quelle boîte de nuit branchée !



    D'ailleurs ce n'est pas dans un night-club que se sont rencontrés AV et JR. Pas plus que lors d'un de ses vernissages, même si la cinéaste connaissait les collages XXL du photographe. Pas rencontrés non plus à un arrêt de bus… Illustrant chacune de ces situations de manière hilarante, Varda manie l'anaphore avec malice, amorce son récit par un jeu de devinettes. Dans une boulangerie ? Pas plus que sur une route… Quoi que ce soit moins certain, puisque c'est en la prenant ensemble que les deux co-réalisateurs de Visages Villages vont se découvrir l'un l'autre, sous notre regard complice.
    Voilà notre glaneuse et notre baroudeur, improbable équipage, embarqués dans une camionnette-photomaton à l'œil gourmand, prêts à croquer tous les passants. On ne se lasse pas de leurs échanges pleins d'humour, de candeur, de pragmatisme, dans lesquels ils se renvoient la balle tendrement, jouant avec les idées, les images, les mots. On prend plaisir à leurs haltes villageoises, à les voir musarder de Pirou Plage aux plages d'Agnès, tout en piquant une tête dans la nouvelle vague. Mais surtout on se régale de leur capacité d'émerveillement communicative, de leur curiosité insatiable pour les autres. Et le hasard (le meilleur assistant d'Agnès Varda, dit-elle !) nous fait rencontrer des gens qui semblent parfois d'un autre temps, d'un autre monde qui sont pourtant les nôtres. En quelques portraits, Agnès et JR donnent une voix aux « masses silencieuses », magnifiant ces anonymes, agrandissant leurs photos comme pour signifier leur importance, leur redonner la fierté d'être ce qu'ils sont.

    C'est un hymne aux simples mortels, aux ignorés du CAC 40, aux oubliées de la grande Histoire. À ceux qui œuvrent silencieusement, aux ouvriers, aux paysans, aux héros de l'ombre, aux ombres de leurs ombres, leurs invisibles compagnes : femmes de dockers, de mineurs, fermières, serveuses… C'est un incroyable carillonneur qui virevolte parmi ses cloches. C'est Jeannine si touchante qui se revoit petite fille en train de guetter le « pain d'alouette » que son père ramenait du coron. C'est Patricia l'éleveuse qui résiste à la mode d'écorner les chèvres pour les empêcher de se battre. C'est Jackie le facteur heureux des liens tissés au fil de ses tournées, ou encore cet ingénieur fier de se sentir utile en travaillant dans une usine classée à risques… Tant de visages restés obscurs ou devenus illustres qui seront engloutis un jour par le temps, le vent et les marées.
    Le mot de la fin, si on avait le choix, on ne le laisserait pas à Godard (affectueusement évoqué par AV), mais à Pony, artiste méconnu et haut en couleurs : « Je suis né à l'ombre d'une étoile. Ma mère la lune m'a donné sa fraîcheur. Mon père le soleil, sa chaleur. Et l'univers pour y habiter. Tu te rends compte ? C'est quand même une grande place, que j'ai dans la vie ! »


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  • Un très beau documentaire sur un moine birman bizarre qui prône la haine et la mort des musulmans de son pays. Intéressant et effrayant.

    scénario: 18/20          technique: 18/20    note finale: 18/20

    Le vénérable W

    En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l'islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent.

    « La haine est certainement le plus durable des plaisirs… » (Lord Byron)

    Dans sa robe couleur safran, ce moine à l'air poupon, humblement assis face à la caméra, provoque d'emblée un élan d'empathie. D'autant qu'une religion qui ne s'embarrasse ni de dieux ni de maîtres pourrait a priori sembler constituer un bon rempart contre tous les intégristes monothéistes prêts à en découdre pour prouver que le seul bon dieu est le leur. Et si le bouddhisme, qui prône un amour sans limite envers tous les êtres, était la solution aux désordres du monde, du moins de ceux du Myanmar (ou Birmanie) ? On se laisse bercer par les paroles apaisantes qu'Ashin Wirathu prononce, son calme charismatique… On écoute sans déplaisir le récit vite brossé de son enfance, son arrivée dans un premier monastère… On verrait presque en lui une victime, un opprimé, devenu un cador de la méditation grâce à neuf ans dans les geôles de la junte militaire. Presque un héros non violent façon Gandhi en quelque sorte… À l'écouter… Puis une petite phrase dérape… Quelques mots mis bout-à-bout qui véhiculent une idéologie si diamétralement opposée aux mantras bienveillants qu'on se pincerait presque en se demandant si on a bien entendu. D'ailleurs le discours repart de plus belle sur les bienfaits de la bonté, de la compassion… C'est alors que notre bon bonze revient à la charge en accusant les Musulmans de « s'entredévorer comme des poissons ».


    Ces dangereux adorateurs d'Allah seraient également devenus aussi véloces que des lapins dans l'art de se reproduire. C'est « la stratégie du sexe » : violer et engrosser autant de femmes que possible pour multiplier leur sale engeance. Une manière imparable de conquérir le monde ! Dans la bouche d'un individu lambda ce serait juste détestable, grotesque… Dans la bouche de ce religieux révéré, ça glace les sangs ! Plus nul doute ne plane : nous voilà plongés dans la fange du racisme ordinaire. L'ennemi à abattre est désormais clairement désigné par Wirathu : c'est la part musulmane du peuple birman (4%), dont la petite minorité des Rohingyas venus jadis du Bengladesh… Méthodiquement, systématiquement, l'inénarrable bien plus que vénérable W. jalonne ses sermons d'invectives venimeuses qui insidieusement s'infiltrent dans les veines d'une société encore convalescente après tant d'années de dictature. Ainsi attise-t-il les braises d'une colère larvée, qui ne demande qu'à s'embraser au moindre incident. Et c'est ce qui ne tardera pas à se produire, comme on le sait… D'autant que Wirathu a créé autour de lui une organisation qui vise à être aussi performante que « la CIA, le Mossad »… Viennent alors les questionnements sur ceux qui avancent à couvert derrière ces illuminés… La place des autorités dans tout cela, celle du prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, celle des contrées occidentales ? À qui profitent ces crimes ?

    C'est un film extrêmement dérangeant, faussement neutre. Barbet Schroeder nous dispense de discours moralisateurs qui enfonceraient des portes ouvertes. Grâce à un montage méthodique, sans effet superfétatoire, où sont savamment agencées les interviews actuelles, les images d'archives, les vidéos d'amateurs, il anéantit nos repères, nous amène à analyser. Inutile de se fier à nos premières impressions, à nos sentiments qui nous tromperont plus d'une fois au fur et à mesure que le récit avance. C'est une spirale vertigineuse qui nous engloutit, presque physiquement. Fascinés, paralysés comme autant de petites souris apeurées devant l'énorme serpent. On a beau essayer de décortiquer l'incompréhensible, peut-être ne le comprendra-t-on jamais. Après tout l'inhumanité est aussi une composante de l'humanité.
    Le Vénérable W. vient achever brillamment ce que Barbet Schroeder appelle sa « Trilogie du mal » : le premier volet était en 1974 Général Idi Amin Dada : Autoportrait, le deuxième L’Avocat de la terreur, sur Jacques Vergès, en 2007.


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  •  L’auteur des "Bienveillantes" consacre un documentaire vertigineux aux enfants-soldats d’Ouganda. Un très beau documentaire malgré certaines longueurs.

    scénario: 18/20     technique: 18/20     note finale: 16/20

    Wrong elements

    Ouganda 1989. Un jeune insurgé acholi guidé par des esprits, Joseph Kony, forme un nouveau mouvement rebelle contre le pouvoir central, la LRA, « l’Armée de Résistance du Seigneur ». Une armée qui se développe au fil des années par des enlèvements d’adolescents – plus de 60 000 en 25 ans – dont moins de la moitié sont ressortis vivants du « bush ». Geofrey, Nighty et Mike, un groupe d’amis, ainsi que Lapisa, font partie de ces adolescents, enlevés à l’âge de 12 ou 13 ans. Aujourd’hui ils tentent de se reconstruire, de retrouver une vie normale, et reviennent sur les lieux qui ont marqué leur enfance volée. À la fois victimes et bourreaux, témoins et acteurs d’exactions qui les dépassent, ils sont toujours les “Wrong Elements” que la société a du mal à accepter. Pendant ce temps, l’armée ougandaise traque, dans l’immense forêt centrafricaine, les derniers rebelles LRA dispersés. Mais Joseph Kony, lui, court toujours.

    Dans son roman Les Bienveillantes, Jonathan Littell interrogeait la responsabilité individuelle face au mal à travers le portrait d'un officier nazi. La question hante également le premier documentaire de l'écrivain-journaliste, mais avec une acuité plus terrible encore. Car les « bourreaux » de Wrong elements ont commis leurs exactions quand ils étaient adolescents…
    A partir de 1989, dans l'Ouganda ravagé par la guerre civile, le mouvement rebelle Lord's Resistance Army (l'Armée de la résistance du Seigneur ou LRA) a enlevé plus de 60 000 jeunes pour les transformer en soldats. Dès l'âge de treize ans, Geofrey et Mike ont ainsi reçu l'ordre de piller, de torturer, de tuer. Nighty, elle, a été esclave sexuelle pour les cadres de l'organisation. Après des années de cauchemar, ils ont réussi à fuir et à bénéficier de l'amnistie accordée aux « repentis ».

    Face à la caméra toujours à bonne distance, ils racontent leur tentative de retour à une vie normale : difficile de se réinsérer dans une société dont on a longtemps été l'ennemi, où les familles des morts réclament vengeance… Le réalisateur chronique les retrouvailles des trois amis sur les lieux mêmes de leur passé sanglant. Les herbes hautes ont effacé les traces du quartier général de la LRA, mais Geofrey, Mike et Nighty se souviennent de tout. Alternent les récits terribles et les blagues. Rejouent la guerre dont ils furent les acteurs autant que les victimes. Et redeviennent des enfants…
    Leurs rires, leur appétit de vivre contrastent avec la solitude de Lapisa, une autre « épouse de guerre », aujourd'hui aux portes de la folie. Et avec l'incompréhension de Dominic Ongwen, l'officier supérieur de la LRA dont Littell a pu filmer la reddition, en Janvier 2015. Lui aussi a rendu les armes dans l'espoir d'être amnistié. Mais l'ampleur de ses crimes l'interdit : il est réclamé par le Tribunal Pénal International. Pour Geofrey, le sort réservé à son ancien chef est injuste, car lui aussi a été recruté par la LRA sous la contrainte quand il était gamin…

    Jonathan Littell raconte cette page d'histoire complexe en journaliste, avec des cartons explicatifs pour préciser la chronologie, et quelques images d'archives saisissantes. Mais aussi, et surtout, en cinéaste aux partis pris esthétiques assumés. Les longs plans de la jungle luxuriante sont mis en scène comme des tableaux. La beauté des images, magnifiée par l'utilisation de la musique classique, n'est pas gratuite : elle offre une distance salutaire pour dépasser le simple récit des événements. Et pour prendre conscience de la dimension universelle de la tragédie des enfants-soldats.


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  •  Un documentaire intéressant mais que le montage est laborieux... Le réalisateur va dans tous les sens et on le sent vraiment dépassé par son sujet. Dommage. Intéressant mais 30 minutes de trop.

    scénario: 12/20   technique: 12/20   note finale: 12/20

    l'opéra

    Une saison dans les coulisses de L’Opéra de Paris. Passant de la danse à la musique, tour à tour ironique, léger et cruel, l’Opéra met en scène des passions humaines, et raconte des tranches de vie, au coeur d’une des plus prestigieuses institutions lyriques du monde.

    Scène d’ouverture splendide sur le toit de l’opéra Bastille. On surplombe Paris sous les pâles rayons du soleil qui s’éveille : océan d’immeubles et de monuments encore grisés par la nuit qui s’achève, ciel aux bleus hésitants, volutes de nuages teintés de blancs et de gris luminescents. Deux pompiers, rendus minuscules par ce décor grandiose, s’activent sur une musique magistrale, de toute beauté. L’instant d’après, plongée directe dans un bureau cossu où l’on va assister à un conseil d’administration digne d’un scénario d’opéra bouffe. Pris avec distanciation, les non dits, les manœuvres diplomatiques… deviennent autant de petits clins d’œils comiques et parfois cyniques qui donneront complexité et relief à la suite du récit.


    La tension dramaturgique qui s’ensuit n’a rien à envier à une tragédie grecque ! Mais où sont donc cachés ceux qui vivent d’amour et d’eau fraîche, de passion musicale dans cette honorable maison ? Où sont passés les cantatrices (chauves ou pas), les grands musiciens, les petits rats de l’opéra et leurs entrechats ? Ne vous inquiétez pas : eux aussi sont-là ! Ainsi qu’un Benjamin Millepied et mille autres petites voix… Seulement Jean-Stéphane Bron ne limite pas le champ de sa caméra à un cadre conventionnel. Son documentaire n’est pas le fruit d’un regard spécialisé dans les arts lyriques mais celui d’un curieux amusé, lucide et gourmand. Il croque sur le vif un tableau surprenant, inattendu et accessible même aux plus profanes d’entre nous. Il filme avec autant de bonheur et d’intensité les personnes qui effectuent les tâches ingrates (mais ô combien essentielles) que celles qui tiennent le haut du plateau. Il se faufile dans les coulisses, s’intéresse tout aussi bien à ceux qui tiennent une serpillière qu’à ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Et surtout il n’aborde pas la vieille dame tricentenaire religieusement, avec des pincettes. Loin de limiter son investigation au seul paraître, il survole vite fait ses fards et ses paillettes pour aller mieux farfouiller sous ses jupons (le petit fripon !). On ne s’extasie peut-être pas des heures sur la beauté d’une œuvre mais on n’en ressort pas moins nourris, touchés par la douleur d’une danseuse après sa prestation, réjouis par le bonheur communicatif d’un jeune baryton qui réussit son audition, oppressés par le trac des vedettes ou par la tension qui règne autour du plateau…

    Pom pom pom pom ! Voilà l’orchestre qui arrive au grand complet. Puis les chœurs de chanteurs qui vocalisent ou de syndicalistes qui revendiquent, tandis qu’au dehors, dans la rue, gronde la colère des intermittents. L’opéra de Paris c’est comme le condensé d’une planète mystérieuse, si lointaine et si proche de la nôtre, peuplée par le ballet incessant de petites mains humbles qui s’affairent sous le regard indifférent des puissants de notre monde. Ici la classe ouvrière côtoie de si près les classes dirigeantes, l’oligarchie, que ça donne le tournis quand on y songe. Ces techniciens, ces balayeurs, ces coiffeuses, ces costumières, ces régisseuses… virtuoses de l’ombre, peu reconnus, mais souvent tout aussi impliqués et passionnés que les artistes eux-mêmes. On les découvre attentifs, stressés, dévoués, émouvants, drôles, parcourus par des rires nerveux… Personnages hauts en couleurs, arrogants ou effacés, généreux ou mesquins, subtils ou caricaturaux… multiples. Ici le beau côtoie le laid, le grotesque flirte avec la délicatesse, la mesquinerie avec la générosité… Mais tous finissent par œuvrer à l’unisson dans un même élan pour atteindre la perfection à chaque levée du rideau.

    Si le film reste de bout en bout envoûtant, une de ses plus belles scènes le film est peut-être celle où la caméra saisit au vol le regard d’une femme de ménage noire dont les pas croisent ceux d’un groupe de très jeunes musiciens, tout aussi noirs qu’elle. Un regard complexe, magnifique qui dit tout : l’étonnement, la fierté, l’espoir que les temps changent enfin ! Au final le rideau se referme sur un très bel hymne à l’humanité, aux petits, aux obscurs, aux sans-grades dont on ressort envoûté.


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  • Un excellent documentaire sur un problème méconnu de la guerre d'Algérie. Bien filmé, très intéressant, je recommande.

    scénario: 17/20     technique: 17/20   note finale: 17/20

    Algérie si possible

    En rencontrant ses anciens compagnons de combat, le film suit le parcours d’Yves Mathieu, anticolonialiste en Afrique Noire puis avocat du FLN. À l’indépendance de l’Algérie, il rédige les Décrets de Mars sur les biens vacants et l’autogestion, promulgués en 1963 par Ahmed Ben Bella. La vie d’Yves Mathieu est rythmée par ses engagements dans une Algérie qu’on appelait alors « Le Phare du Tiers Monde ». La réalisatrice, qui est sa fille, revient sur les conditions de son décès en 1966.

    C'est un film passionnant, un document rare et précieux sur une période pas vraiment connue de notre histoire récente, saisie dans sa dimension personnelle, locale et néanmoins universelle. À travers le destin d'un homme engagé, ce sont les destins des peuples qui se dessinent, se confrontent, et interrogent notre propre actualité.
    Viviane Candas part ici à la recherche de ceux qui étaient les compagnons de son père, tué un matin de 1966 sur une route d'Algérie par un camion militaire, et réussit au fil de ce parcours personnel à nous questionner sur des sujets aussi forts que la pureté en politique, les difficultés à ancrer une belle idée révolutionnaire dans la durée alors que, l'individualisme des uns, la soif de pouvoir des autres, la bureaucratie et l'immaturité politique du plus grand nombre la menacent autant que les interférences des pays « partenaires ». Ici, le récit factuel ne se dissocie jamais de ce qu'il y a de plus fondamental : le sens des choses, le sens de l'engagement, la difficulté d'agir dans un contexte où s'exercent des forces contradictoires. Pour autant qu'il y ait un lien affectif profond, en suivant les fils de vie qui la relie à l'histoire de son père, jamais Viviane Candas ne cède à la facilité et tisse un portrait intense et superbe, à la hauteur d'un homme exceptionnel et modeste, porté par un idéal immense et dont les valeurs survivent malgré le temps et sa disparition précoce.

    Yves Mathieu est né en Algérie. Avocat, militant anticolonialiste, engagé très tôt dans les réseaux de la résistance française, il devient un des avocats du FLN et continue après l'indépendance à travailler avec acharnement pour donner autonomie et force à cette Algérie qui lui est chevillée à l'âme. Son épouse aussi est avocate et ils participent ensemble à l'alphabétisation des populations, au reboisement des zones brûlées au napalm par l'armée française, à la mise en place d'un système de santé… Il est un des acteurs du projet d'autogestion des domaines agricoles, rédigeant les décrets de Mars 1963 sur les biens vacants, il participe aux comités de gestion qui dessinent les contours de la démarche révolutionnaire qu'engage Ben Bella dès 1963… L'Algérie devient alors « le phare du tiers-monde », le point de convergence de tous ceux qui luttent un peu partout dans le monde pour construire des sociétés plus justes… Che Guevara y tiendra son dernier discours public (en français).
    Puis Houari Boumédiène, à la suite d'un coup d'état, prendra le pouvoir et Ben Bella sera mis en résidence surveillée… La lumière n'a jamais été faite sur les conditions de l'accident qui a coûté la vie à Yves Mathieu ce matin là. Il se savait surveillé et les réactions de certains proches du pouvoir d'alors laissent entendre qu'ils s'attendaient à une issue de ce genre.

    Viviane Candas, en sus d'être la fille d'Yves Mathieu, est comédienne, scénariste, romancière, réalisatrice (Suzanne, qu'on avait beaucoup aimé il y a déjà dix ans). Son film est riche de rencontres exceptionnelles, d'informations multiples. Au-delà du portrait d'un homme, elle dessine celui d'un pays à un moment précis, donne à méditer sur son évolution, sur le rôle que la France a pu y jouer… « Pour que la jeunesse élargisse le champ des possibles et n'aie pas peur de faire de grandes expériences, il faut que la mémoire des expériences précédentes lui soit transmise. Elle trouvera comment s'en servir. » Viviane Candas


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  • Un très beau documentaire sur Jerôme Bosch et son célèbre tableau "le jardin des délices" en particulier. Très réussi et passionnant.

    scénario: 16/20     technique: 16/20      note finale: 16/20

    Le mystère Jerôme Bosch

    500 ans après sa disparition, Jérôme Bosch, l’un des plus grands peintres flamands, continue à intriguer avec une œuvre aussi fascinante qu’énigmatique, aux interprétations multiples. À travers « Le Jardin des Délices », historiens de l’art, philosophes, psychanalystes en cherchent le sens et rendent un hommage vibrant à un artiste qui défie le temps.

    Savez-vous quel est le point commun entre Deep Purple, le groupe précurseur du heavy metal, et Michael Jackson, le King de la Pop ? La réponse, pour le moins étonnante, est : Jérôme Bosch et plus précisément son célébrissime Le Jardin des Délices. Fascinés par le peintre flamand, les uns et l'autre ont utilisé un détail de ce tableau mythique pour illustrer une de leurs pochettes, celle de l'album éponyme Deep Purple de 1969 et, pour le roi du moon walk, celle de son album Dangerous, en 1991…
    C'était une amusante petite anecdote pour montrer à quel point ce peintre et tout spécialement son Jardin des Délices, exposé depuis 1936 au Musée madrilène du Prado, ont marqué des générations d'artistes de tout poil, autres peintres comme Dali et plus largement les surréalistes, mais aussi artistes de BD, philosophes et évidemment historiens d'art. Le documentariste José Luis López-Linares, qui connait chacun des recoins du Prado, a eu tout le loisir de voir et revoir Le Jardin des Délices et de se laisser subjuguer par sa beauté vénéneuse et son vertigineux mystère. Il a ressenti l'impérieux besoin de confronter cette œuvre non seulement au regard des visiteurs – frappés parfois du célèbre syndrome de Stendhal –, mais à celui de prestigieux intervenants de tous horizons qui nous font partager leur passion pour Bosch et leur ressenti face à une œuvre dont l'interprétation prête encore, cinq siècles après sa création, à controverses.


    Car ce qui se dévoile au fil du film et des entretiens, c'est que Jérôme Bosch, né au milieu du xve siècle dans un honnête bourg du Brabant septentrional (l'actuel nord des Pays Bas, alors sous domination du duc de Bourgogne avant son annexion quelques années plus tard à l'Empire des Habsbourg) est lui-même un mystère. Ce qui surprend, c'est le contraste entre ce qu'on connaît du parcours de l'homme, très conservateur, fils d'une famille de peintres installés, membre honorable de la très pieuse confrérie Notre Dame (une assemblée de notables très catholiques, qui vouaient un culte à la Vierge) et sa folie picturale absolument singulière et même inacceptable pour son époque, au point qu'il fut boudé pendant quatre siècles avant d'être redécouvert entre autres par les surréalistes. Cette folie créatrice est peut être à son apogée dans ce Jardin des Délices tryptique probablement commandé par le prince de Nassau dont la cour était alors à Bruxelles. Un tryptique à vocation morale, avec sur le panneau gauche une évocation supposée de la Genèse et du Jardin d'Eden. Au centre une description hallucinante, à base d'innombrables micro saynètes, d'un eden voué aux excès et à la luxure. Et enfin à droite une description méticuleuse des affres de l'enfer. Face à ce tableau fourmillant de détails géniaux et grotesques – fruits géants que des personnages minuscules dévorent, animaux fantastiques symboles du péché pour la plupart, scènes orgiaques à peine déguisées, tortures que même le plus sadique des bourreaux chinois impériaux n'auraient pas imaginées – on a toujours cherché comprendre si Bosch était un moraliste rigoriste voulant montrer le pire pour inciter à la vertu, ou un génie provocateur se vouant à la description du vice avec gourmandise.

    Le film voyage au cœur d'une œuvre qui mériterait des heures de contemplation et permet de confronter les réflexions de grands noms de la littérature, de la philosophie, de l'histoire de l'art, des arts plastiques contemporains pour tenter de décrypter – peut-être en vain – un mystère qui se voulait dès le départ insoluble. Mais même si aucune réponse définitive n'est donnée, l'enquête est passionnante et excitante.


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  •  Un très beau documentaire sur la vie d'un orchestre. Très intéressant!

    scénario: 16/20     technique: 16/20    note finale: 16/20

    Royal orchestra

    Pour célébrer son 125e anniversaire, le prestigieux Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam part en tournée à travers le monde. Heddy Honigmann suit les virtuoses à Buenos Aires, Soweto et Saint-Pétersbourg. Elle nous fait partager leur quotidien loin de leurs familles et leur communion avec le public ; elle part également à la rencontre des auditeurs et spectateurs, réunis par la même passion pour la musique.

    Le tour du monde en cinquante concerts ! Ainsi s'appelait dans un premier temps cet incroyable documentaire, d'une simplicité vraie, qui nous a tous emballés au Festival de La Rochelle, avant d'être débaptisé. On aimait ce premier titre : Le tour du monde en cinquante concerts… Comme un petit clin d'œil à Jules Vernes qui disait bien la patte espiègle et subtile de la réalisatrice Heddy Honigmann. D'un travail de commande (passée par le prestigieux Royal Concertgebouw Orchestra d'Amsterdam pour célébrer ses 125 ans) elle a réussi à faire une véritable aventure de vie qui se déguste comme un roman ! Ce n'était pourtant pas gagné d'avance : comment filmer la tournée internationale de cet organisme presque tentaculaire (une tête qui dirige et de multiples bras : plus de cinquante musiciens) et en faire une œuvre vivante, cohérente, originale, qui tienne le spectateur en haleine ? Comment trouver des plans d'attaque originaux, ne pas sombrer dans le « déjà vu » ?

    Heddy Honigmann réussit tout cela avec brio et dirige sa caméra avec les gestes précis et limpides d'un véritable chef d'orchestre. Toujours à capter la petite chose, le menu détail qui en disent plus long que bien des discours et ménagent des moments de respirations joviaux ou tendres. Son plaisir indéniable derrière la caméra est immédiatement perceptible, communicatif et jamais elle ne se met en avant. Cinéaste discrète, marionnettiste de l'ombre, qui nous entraîne avec bonheur dans les coulisses, l'intimité des virtuoses et même celle de leurs plus modestes admirateurs. La musique devient plus qu'un simple loisir, elle est un art de vivre démocratique, presque une philosophie. Elle est aussi un langage à part qui relie entre eux les mélomanes venus de tous horizons. De Saint Pétersbourg à Buenos Aires en passant par Soweto… Heddy ne se contente pas de survoler les sujets et en peu de plans elle brosse un contexte politique, humain… passionnant.

    Première séquence : mais quel est ce petit point insignifiant sur cette grande scène, perdu au milieu de cet immense opéra vide qui semble l'engloutir ? Voilà le percussionniste de cette formation symphonique ! Et c'est fort malin de commencer par lui. Le bougre parle de son boulot avec tant d'humilité et de drôlerie que, d'un coup de baguette, il brise la glace et un mythe. La grande musique n'est pas une affaire d'élite, elle aussi accessible aux petites oreilles, celle des obscurs, des sans-grade. Elle est avant tout une merveilleuse aventure à la portée de tous. On finirait même par croire qu'un jour elle parviendra à briser les ridicules frontières érigées par la petitesse des hommes !


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  •  Un joli documentaire sur l'histoire de l'humanité. Les images sont splendides. On peut cependant regretter qu'elles aient été vues et revues 1000 fois.

    scénario: 16/20       technique: 18/20      note finale: 16/20

    Les saisons

    Après avoir parcouru le globe à tire d’ailes avec les oiseaux migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des baleines et des raies mantas, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud reviennent pour ce nouvel opus sur des terres plus familières. Ils nous convient à un formidable voyage à travers le temps pour redécouvrir ces territoires européens que nous partageons avec les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire jusqu’à nos jours.
    L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
    Les Saisons est une épopée sensible et inédite qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux.

    Après avoir parcouru le globe à tire-d’aile avec les oiseaux migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des baleines et des raies manta, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud reviennent pour ce nouveau film sur des terres plus familières. Ils nous convient à un voyage à travers le temps pour redécouvrir ces territoires européens que nous partageons avec les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire.
    L’hiver durait depuis 80000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.


    Un peu plus qu’un simple film documentaire animalier, Les saisons est une épopée sensible et pédagogique à travers les âges qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux. Le discours n’est pourtant pas assommant et si le film s’adresse à un public large (et donc aussi scolaire), il reste avant tout très visuel. Pas de grand exposé scientifique ni trop de blabla universitaire : la beauté des images se suffit à elle-même et les mots, dévoilés avec parcimonie, ne sont là que pour situer les grandes lignes du propos.
    La caméra suit au plus près les animaux petits et gros, lents et rapides, prédateurs ou simple habitants de cette planète bleue et verte que l’homme et sa technologie n’ont pas épargnée.
    Bébés renard et oisillons, majestueux cerfs, sangliers, oies sauvages, hibou, en solo ou en troupeau, sous le vent, les feuilles, la neige ou le soleil, le règne animal est filmé dans toute sa sublime diversité, dans sa sauvagerie autant que son authentique poésie.


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  • Une pure merveille! Ce documentaire sur la dernière année d'enseignement d'un instituteur de campagne est une véritable madeleine de Proust. Plein de tendresse, sensible et émouvant, ce film nous ramène sur les chemins de l'enfance et c'est un pur bonheur. merci à la réalisatrice, et à toute l'équipe.

    scénario: 20/20        technique: 20/20              note finale: 20/20

    Mon maître d'école

    A St Just-et-Vacquières, Jean-Michel Burel, maitre d’école d’une classe à plusieurs niveaux, commence sa dernière année scolaire avant la retraite. L’instituteur enseigne la tolérance et la sagesse au même titre que l’orthographe et les mathématiques. Il mène son programme avec détermination. Il s’évertue à soutenir les élèves pour leur donner confiance et les élever plus haut. À travers les yeux d’une ancienne élève, aujourd’hui réalisatrice, se dessine une école intemporelle où la rigueur se conjugue avec la bonne humeur, une école où la liberté commence avec le respect de celle des autres. Une école qui appartient à tous et au domaine universel de l’enfance.


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  •  Un documentaire très intéressant sur un ancien président africain qui fut un visionnaire et qui fut assassiné par son meilleur ami qui est d'ailleurs toujours au pouvoir!! A voir, pour l'histoire et pour l'homme qui voulait une Grande Afrique!

    scénario: 19/20         technique: 19/20     note finale: 19/20

    Capitaine Thomas Sankara

    Capitaine Thomas Sankara dévoile le destin unique du président du Burkina Faso, de son élection en 1983 à son assassinat en 1987. Révolutionnaire, féministe et écologiste, Thomas Sankara a transformé l’un des pays les plus pauvres du monde en défendant la voix des exclus jusqu’à la tribune de l’ONU pour réclamer l’annulation de la dette africaine. Ces archives étonnantes redonnent la parole à ce leader charismatique qui a marqué les consciences bien au-delà de l'Afrique.

    Le metteur en scène Christophe Cupelin explique d'où lui vient son intérêt pour le BurkinaFaso et le chef d'état atypique assassiné en 1987 Thomas Sankara : "Je me suis rendu une première fois au Burkina Faso en 1985. La découverte de la révolution Burkinabé fut un choc et une révélation pour le jeune homme de dix-neuf ans que j’étais. Pour tous ceux de ma génération, africains ou non, qui ont connu Thomas Sankara, il représentait alors non seulement l’espoir d’une société plus juste au Burkina Faso mais encore l’espoir d’un monde meilleur pour tous. Ce président innovant qui parlait avec verve et humour de problèmes sérieux, notamment à la radio nationale du Burkina, a laissé une trace indélébile dans ma mémoire."

    Thomas Sankara devient président de la Haute-Volta le 4 août 1983. Une année après, il marque définitivement l'histoire et l'identité de son pays en le rebaptisant Burkina Faso, littéralement la « terre des hommes intègres ». Bien au-delà des frontières de son pays, il a représenté un immense espoir pour une grande partie de la jeunesse africaine.
    Sa politique d'affranchissement du Burkina Faso, qui promeut notamment l'autosuffisance de la nation sur le plan alimentaire, l'amène à prendre radicalement position contre toute forme d'influence impérialiste ou néocoloniale, et lui fait adopter un discours sans ambages à l'égard des puissants de son époque. Sankara tente de réformer en profondeur la société civile, qu'il considère comme encore figée sur le modèle féodal, en luttant contre les inégalités entre hommes et femmes, l'analphabétisme, la corruption, les privilèges des fonctionnaires… Mais en dépit des succès apparents et de la popularité de sa révolution, Sankara est contesté en coulisses. Il est brusquement assassiné le 15 octobre 1987 lors d'un coup d'État que l'on dit organisé par Blaise Compaoré, l'homme qu'il considérait comme son frère, actuel président du Burkina Faso.
    À travers un montage d'archives rares méticuleusement rassemblées, le réalisateur Christophe Cupelin offre une vision complète de l'héritage intellectuel et politique de Sankara, et restitue fidèlement l'atypisme de ce chef d'Etat, percutant dans son action comme dans ses propos. Vingt-sept ans après sa disparition tragique et officiellement non élucidée, ce film donne enfin à voir et à entendre la parole de Thomas Sankara, l'un des plus importants leaders africains du xxe siècle.

    Thomas Sankara était un chef d’Etat atypique dont la renommée a littéralement traversé les frontières de son pays et du continent africain. L'homme politique anti-impérialiste était considéré comme le porteparole des laissés pour comptes :"C’était un révolutionnaire anti-conformiste, même vis-à-vis de son propre camp. Par sa probité, son intégrité et son charisme, il a été celui qui a « osé inventer l’avenir », selon sa propre formule. Il appartenait à la nouvelle génération apparue en Afrique dans les années 1980, de jeunes militaires révolutionnaires épris d’intégrité et de liberté. « Sans formation politique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance », disait-il, marquant ainsi sa différence. Ses déclarations ont fait trembler les pouvoirs et inquiété les chancelleries, au nord comme au sud. Et sa mort aux accents tragiques a contribué à faire de lui une figure mythique de l’histoire contemporaine africaine adulée par les jeunes Africains. Aujourd’hui, la majorité des Burkinabés gardent de Thomas Sankara l’image d’un homme intègre, qui a changé les mentalités de ses concitoyens et donné une dignité à son pays. Une image et un idéal qui résistent au temps, Thomas Sankara étant toujours perçu comme le « père » fondateur de la nation", note Christophe Cupelin.


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  •  Beau commentaire. Ennuyeux au commencement.

    scénario: 14/20        technique: 16/20          note finale: 16/20

    Allende mon grand-père

    Marcia souhaite rompre le silence entretenu autour du passé tragique de sa famille. 35 ans après le coup d'État qui a renversé son grand-père, Salvador Allende, premier président socialiste élu démocratiquement, elle estime qu'il est temps de retrouver les souvenirs familiaux, les images de leur vie quotidienne qui leur a été arrachée. Un passé intime qui lui est inconnu, enterré sous la transcendance politique d’Allende, l’exil et la douleur familiale. Après plusieurs décennies de non-dit, Marcia essaie de dresser un portrait honnête, sans grandiloquence, prenant en compte la complexité de pertes irréparables et le rôle de mémoire sur trois générations d'une famille blessée.

    C’est l’histoire d’une famille. On pourrait presque ajouter : « c’est l’histoire banale d’une famille qui ne l’est pas ». Une famille qui ressemble à tant d’autres : la famille Allende. Il y a dans toutes les familles des secrets bien enfouis sur lesquels le temps a posé inlassablement des strates de non dits. Il y a dans toutes les familles des figures charismatiques qui s’imposent plus que d’autres, laissant bien après leur disparition des traces indélébiles dans l'esprit des vivants. Il y a dans toutes les familles d’indicibles chagrins qui se transmettent en héritage.
    Le nœud tragique et terrible de la famille Allende s’enracine ce 11 Septembre 1973 de triste mémoire : Salvador Allende, premier président socialiste élu démocratiquement au Chili, est renversé par un coup d’état militaire. Il se suicide quelques heures après dans le palais de la Moneda, laissant le pays entrer dans les pages les plus noires et les plus terrifiantes de son histoire et une famille contrainte à l’exil. Le parcours politique de Salvador Allende a été raconté dans bien des films, notamment ceux de Patricio Guzman (La Bataille du Chili, Salvador Allende, Le Cas Pinochet) et pour beaucoup, celui que l’on appelait « Presidente Allende » reste associé à cette image célèbre : un homme derrière un pupitre, exalté, pris dans la sincérité de son engagement, le doigt levé face à la foule.

    Mais l’histoire que nous raconte Marcia n’est pas celle du Chili, ni celle du président Allende, c’est l’histoire de l’homme Allende, c’est celle de « Chicho », son grand-père. Près de quarante ans après le coup d’état militaire et après des années d’un silence familial pesant, Marcia estime qu’il est temps d’ouvrir l’album de famille. Faire parler les vivants tant qu’ils le sont, repêcher à la surface du temps présent les souvenirs douloureux autant que la beauté fugace des instants de bonheur pour tenter non pas de réécrire l’histoire, mais simplement de redonner une place à l’intime, enterré sous la transcendance politique d’Allende. Le projet est ambitieux, douloureux, difficile car si les enfants et petits enfants de Salvador Allende ne vivent plus en exil et peuvent librement se réunir autour de Hortensia Bussi, son épouse, magnifique et digne très vieille dame, les mots ont bien du mal à sortir.
    Mais avec délicatesse et respect pour les pudeurs et les souffrances de chacun, à force de persévérance et grâces aux milliers de photos qui ont gravé à tout jamais la vie privée de cet homme complexe et aimant, la parole va se partager. Les fantômes du passé vont enfin pouvoir s’inviter aux souvenirs et aux chagrins des vivants, allégeant le lourd fardeau d’une blessure familiale qui a tant de mal à se refermer.

    Sans pathos excessif, sans grandiloquence admirative, Allende mon grand-père bouleverse par la sincérité tendre de ses attentions qui, dépassant le champ du politique, redonnent au mythe Allende une dimension fragile, imparfaite et ô combien humaine.

     


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  • Un très beau documentaire même s'il n'apporte rien au débat puisque les solutions montrées ont été vues et revues 1000 foiq. Mais c'est intéressant tout de même. une piqure de rappel. bien filmé.

    scénario: 16/20        technique: 18/20    note finale: 16/20

    Demain

    Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…

    Qui n'a pas eu envie de changer le monde ? Au moins de le rendre meilleur ? Qui n'a pas rêvé d'un monde où chacun mangerait à sa faim, et sainement, aurait un toit, de qualité, pourrait circuler librement, où l'argent ne serait plus le roi, mais juste un moyen, où l'air ne serait plus pollué jusqu'à l'asphyxie, où les océans ne seraient plus pillés par la pêche industrielle ni envahis par le pétrole ou le plastique, où les champs, les arbres, les animaux ne seraient plus empoisonnés par les pesticides, infectés par la radioactivité invisible, inodore ? Un monde où l'intérêt commun serait compris de toutes et tous : la nécessité de nous inventer une nouvelle et belle vie, maintenant, pendant qu'il est encore temps, pour que demain ne soit pas le résultat inéluctable de nos errements…


    Loin de l'écologie triste et punitive, loin du discours sur le développement durable cher au greenwashing, vous allez voir un film formidable, vivant, enthousiasmant sur notre extraordinaire capacité à rebondir face à l'adversité, notre extraordinaire capacité à imaginer, notre extraordinaire capacité à faire. Mélanie Laurent et Cyril Dion sont allés rencontrer des gens passionnants à travers le monde, qui œuvrent au quotidien à ce changement indispensable : Inde, États-unis, Canada, Danemark, Allemagne, Islande, Scandinavie, Finlande, Grèce, France…
    Le film est composé de cinq chapitres : agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation. Construction intelligente et pédagogique, dans le meilleur sens du terme, qui nous montre bien que tout est lié, qu'il s'agit bien d'un problème politique, là aussi dans le sens noble du terme. Et il présente des actions, des alternatives concrètes qui sont mises en œuvre, avec succès, dans tous ces domaines. Mélanie Laurent : « Mises bout à bout, les initiatives comme la permaculture, les monnaies locales, les énergies renouvelables, dessinent un monde possible. Ce qui peut paraître démotivant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatives isolées, mais en même temps elles ne demandent qu’à être réunies ! Il y a déjà un monde qui tient la route, qui existe, où tout est possible. Des solutions sont déjà disponibles, dans tous les domaines, c’est forcément inspirant ! »

    Tout s'enchaîne judicieusement et vient renforcer la certitude qu'il faut d'urgence opérer une rupture symbolique, mais aussi pratique avec notre système actuel fondé sur le pétrole et les autres énergies fossiles, sur le nucléaire, sur le productivisme, sur le consumérisme, sur la financiarisation de l'économie, sur l'éducation normative et compétitive…
    Pas de doute, Cyril Dion, co-fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, et Mélanie Laurent, actrice et réalisatrice, tous deux activistes pour un monde meilleur, ont réussi leur coup : sur les thématiques qu'il aborde, Demain est un film-somme, essentiel, un outil d'information et d'action qui est aussi un spectacle passionnant et exaltant.

     


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  • Un très joli documentaire qui n'a hélas pas rencontré son public. c'est frais, c'est mignon, c'est léger. Du bon Disney...

    scénario: 18/20      technique: 18/20       note finale 18/20

    Au royaume des singes

    Les réalisateurs de Chimpanzés nous entraînent dans la jungle profonde d’Asie du Sud au cœur de la forêt humide primaire du Sri Lanka, où vivent les macaques à toque dont la hiérarchie sociale est des plus strictes. La vie peut s’avérer belle, la nourriture abondante et la sécurité assurée si tant est que l’on soit né au plus haut de l’échelle sociale. Mais pour Maya et son nouveau-né, la lutte est quotidienne. Il leur faudra beaucoup d’ingéniosité, de travail et un peu de chance pour espérer changer leur place dans le monde. Découvrez un royaume où rien n’est jamais acquis !


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