• Si quand le héro n'est pas avec Dieu, on va de surprises en surprises, quand il est avec Dieu, c'est un peu décevant. Les dialogues avec Dieu sont creux. Il y a un malaise quand on regarde ce film. on se demande s'il n'est pas produit par une secte ou quelque chose comme ça.

    scénario: 12/20     acteurs: 14/20   technique: 16/20   note finale: 13/20

    Interview avec Dieu

    Rentré d’un reportage en Afghanistan, Paul Asher a du mal à surmonter les séquelles de cette expérience. Son mariage est en perdition et sa foi est mise à l’épreuve, lorsqu’il se voit proposer une interview avec un homme qui prétend être Dieu. Si vous pouviez interroger Dieu, quelles questions lui poseriez-vous ?


    votre commentaire
  • Une comédie moyennement réussie. On rit parfois, mais peu. Le scénario est un peu faiblard. les acteurs sont formidables mais ils font ce qu'ils peuvent avec un scénario minimaliste. Le tout se laisse voir sans déplaisir une fois que la mécanique est enclenchée, entre film de prison, film de potes, film d’arnaque et comédie romantique.

    scénario: 13/20       technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 12/20

    Inséparables

    Mika, un petit escroc, a fait un rapide tour en prison, où il a fait la connaissance de « Poutine », un détenu cinglé et imprévisible. Sitôt sa peine purgée, il décide de repartir à zéro et de refaire sa vie. Alors qu’il s’apprête à épouser la fille d’un riche homme d’affaires, son passé le rattrape : Poutine débarque sans prévenir ! Mika va vite réaliser qu’on ne se débarrasse pas aisément d’un tel boulet...


    votre commentaire
  • Pas mal, bof. Un simple téléfilm aurait suffit pour cette petite histoire sans importance. Si la fin s’étiole en perdant le tandem qui portait le film, Je promets d’être sage promène un joli regard, tout décalé qu’il soit, sur les musées de province, la petite vie qu’ils recèlent et offre le réjouissant face-à-face de deux comédiens qu’on a toujours plaisir à retrouver. Une gentille comédie, originale moins par son scénario que par le cadre où évoluent les personnages, et par l’interprétation de Léa Drucker, qui s’en donne à coeur joie dans le registre caractériel.

    scénario: 13/20                acteurs: 16/20                    technique: 16/20    note finale: 14/20

    Je promets d'être sage

    Après des années de galère dans le théâtre, à bout de nerfs, Franck plaque tout !  Il aspire à une vie qui se tienne enfin et accepte un poste de gardien de musée loin de Paris, au calme. C’était sans compter sur Sibylle, une agent de surveillance caractérielle qui va lui mener la vie dure et tout faire pour le décourager. Ils vont pourtant être amenés à s’allier pour monter une petite escroquerie. Une chance peut-être de reprendre leurs vies en main… 


    votre commentaire
  •  Un beau film sur un sujet important. Mais tout cela reste superficiel et manque de profondeur. Le scénario aurait mérité d'être plus travaillé. Ce premier film imparfait mais émouvant met en lumière cette tradition méconnue du gavagePour parler des diktats de la beauté féminine, la réalisatrice choisit de raconter le gavage des futures épouses en Mauritanie (sur la base de témoignages). Par ricochet, cette tradition fait aussi réfléchir aux critères esthétiques de l'Occident et à la pression sociale qui semble toujours se focaliser sur le corps des femmes. L’actrice Verida Beitta Ahmed Deiche a elle-même vécu cette pratique, d’où sa performance très juste et sans misérabilisme. Un regard différent et sans jugement sur une tradition qui subsiste dans un monde modernisé.

    scénario: 14/20   acteurs: 14/20   technique: 14/20   note finale: 14/20

    Le mariage de vérida

    Verida est une jeune femme mauritanienne. Elle partage sa vie entre son travail d'esthéticienne dans un salon de beauté et les sorties avec ses amies. Un matin, sa mère lui annonce qu'elle lui a trouvé un mari. Commence alors la tradition du gavage, on lui demande de prendre du poids pour plaire à son futur mari. Alors que le mariage approche, Verida a de plus en plus de mal à supporter cette nourriture en abondance, le changement de son corps et l’idée de se marier avec un homme qu'elle n’a pas choisi.

    Même en faisant preuve d'optimisme, on ne peut pas dire que la situation des femmes s'améliore de par le monde ! On ne peut pas dire que leurs droits soient mieux établis et respectés. On ne peut pas dire que diminuent les violences qu'elles subissent. Ce film en apporte un nouveau témoignage, en mettant en lumière une pratique très peu connue, une pratique ubuesque et archaïque réservée une fois de plus aux femmes.
    Verida est une jeune Mauritanienne qui vit à Nouakchott, la capitale du pays. Elle exerce le métier d'esthéticienne, elle fait partie d'une bande de copines qui ont des rêves et espèrent les voir se réaliser (l'une veut étudier au Caire, l'autre rejoindre des proches en France…), des jeunes femmes connectées sur le reste du monde à travers les magazines, les réseaux sociaux, qui connaissent leurs premiers émois amoureux, qui ont leurs crises de rires, leurs déceptions… comme toutes les filles de leur âge. Mais voilà, la famille de Verida a décidé de la marier sans lui demander son avis sur le choix de l'élu. Et elle a décidé de suivre les coutumes ancestrales jusqu'au bout en lui faisant subir la tradition du gavage, afin de la faire grasse comme un loukoum pour mieux plaire à son futur époux, selon les critères de beauté locaux. C'est un peu l'inverse de ce qui peut se passer chez nous, où la sveltesse s'impose comme un impératif de séduction.
    Commence alors pour Verida un éprouvant marathon qui l'oblige à quotidiennement s'empiffrer : dès l'aube et à plusieurs reprises dans la journée, sa mère lui apporte des saladiers entiers de bouillie consistante et des plats de viandes bien grasses afin d'atteindre l'objectif souhaité…


    Très honnêtement, la lecture de l'argument du scénario pouvait laisser craindre un de ces films occidentaux observant avec un chouia de condescendance l'oppression des femmes par une société musulmane obscurantiste… Mais ce qui fait l'intelligence du film – signé d'une réalisatrice plusieurs fois primée pour ses documentaires – c'est justement de nous montrer, tout en ne sous-estimant pas l'horrible absurdité de cette affaire de gavage, toute la complexité des normes imposées aux femmes, y compris en nous renvoyant en miroir celles que notre propre culture véhicule. Car à côté de la prise de poids contrainte de Verida, il y a l'idéalisation de la blancheur occidentale que voudraient acquérir certaines de ses copines, au prix de traitements extrêmement dangereux, ou encore la volonté de défriser leurs cheveux, sans compter l'obsession de la ligne à l'opposé des critères mauritaniens.
    Une autre grande force du film réside dans la richesse des personnages. Verida n'est jamais présentée comme une victime, mais comme une jeune femme espiègle, battante, qui tente de composer avec les contraintes sociales, flirte avec l'homme en charge de sa prise de poids dans des scènes assez cocasses. Et à l'opposé, son entourage n'est pas montré comme un ramassis de bourreaux inhumains mais comme des parents, des proches incontestablement aimants mais enfermés dans une tradition immuable.

    Pour terminer, il faut dire que le film doit beaucoup à sa formidable interprète principale, Verida Beitta Ahmed Deiche, que la réalisatrice a rencontrée à Nouakchott quatre ans avant le tournage et dont elle a gagné peu à peu la confiance : le regard perçant et la gouaille jubilatoire de Verida resteront inoubliables. Pour la petite histoire, alors que le film était présenté en avant-première mondiale au Festival de Berlin, la jeune actrice a dû attendre la veille de la projection pour obtenir enfin le visa qui lui permettait de faire le voyage jusqu'en Allemagne ! Une épreuve de plus pour Verida

     


    votre commentaire
  •  Comme il fallait s'y attendre, ce film est un ovni. Il est plein d'humour même si le scénario est incertain. On a l'impression qu'un jour, ils ont décidé de faire un films mais qu'ils avaient oublié de faire un scénario. Cette rencontre improbable entre Houellebecq et Depardieu est cependant intéressante. Un pur film d'art et essais.

    scénario: 4/20    technique: 13/20    acteurs: 16/20   note finale: 12/20

    Thalasso

    Cinq années ont passé depuis L'Enlèvement de Michel Houellebecq. Michel et Gérard Depardieu se rencontrent en cure de Thalasso à Cabourg. Ils tentent ensemble de survivre au régime de santé que l’établissement entend leur imposer. Alors que Michel est toujours en contact avec ses anciens ravisseurs, des événements imprévus viennent perturber leur programme…


    votre commentaire
  •  Isabelle Huppert est comme toujours formidable. Ce petit film intimiste n'est pas sans intérêt même si on peut regretter que le scénario ne soit pas plus approfondi. Intéressant mais un peu ennuyeux.

    scénario: 12/20         technique: 16/20      acteurs: 16/20      note finale: 13/20

    Frankie

    Frankie, célèbre actrice française, se sait gravement malade. Elle décide de passer ses dernières vacances entourée de ses proches, à Sintra au Portugal.

    Le film aurait pu s'intituler « Dernier été à Sintra », un titre qui aurait laissé entrevoir la fin de quelque chose, ou de quelqu'un… Et qui aurait aussi donné toute sa place au cadre naturel, à ses paysages somptueux et portant à la mélancolie qui comptent pour beaucoup dans l'ambiance de ce Frankie, puisque c'est bien le titre du film, et il faut bien reconnaître que le personnage ainsi prénommé y tient une place essentielle…
    Elle fait une entrée de diva dans la première scène, lunettes fumées, talons vertigineux, au bord de la piscine d’une maison luxueuse. Isabelle Huppert fait-elle fructifier sa récompense hollywoodienne (le Golden Globe de la meilleure actrice), obtenue en 2016 pour Elle, de Paul Verhoeven, en s’offrant un écrin pour star dans le film d’un cinéaste américain (indépendant) en vue, Ira Sachs ? Fausse piste. Point de départ trompeur d’une trajectoire tragique et étonnamment humble. Cette première image de Frankie sera la dernière à émettre les signes d’un triomphe. Frankie est malade, en rechute fatale d'un cancer. Elle n’a plus que quelques mois à vivre et elle le sait. Elle a réuni sa famille (recomposée) et ses amis pour des vacances qui sont aussi, indiciblement, des adieux.


    C’est un grand et beau rôle de plus pour Isabelle Huppert, mais aussi un rôle qui tombe à pic pour celle que ses récents et spectaculaires faits d’armes ont un peu enfermée dans un emploi de « surfemme ». En lui offrant le rôle d’une actrice célèbre mais vaincue, Ira Sachs lui permet d’exprimer une humanité simple, sans aucun effet de manche. Témoin, cette scène où, égarée dans la campagne portugaise de Sintra, Frankie est reconnue par de vieilles dames du village, occupées à fêter un anniversaire : la vedette est invitée à s’attabler avec les autres, qui saluent sa victoire contre la maladie, relayée par la presse quelques années avant… Silencieuse, hagarde, mécaniquement égayée par la liesse alentour, Isabelle Huppert donne alors l’une des scènes les plus émouvantes de sa filmographie.
    Le cinéaste trouve aussi l’équilibre entre son univers, importé de New York, et ce premier tournage européen avec une troupe cosmopolite (Brendan Gleeson, Jérémie Renier, Marisa Tomei, le portugais Carloto Cotto…). Qui a vu Love is strange (2014) et Brookyn village (2016) retrouvera, dans Frankie tout son art du film choral, où aucun personnage secondaire ne le reste jusqu’au bout. Et où de subtiles transmissions s’opèrent entre les générations, mais aussi entre ceux qui renoncent déjà et ceux qui désirent encore. Fluide, presque chorégrahique, Frankie est, comme les précédents opus du réalisateur, un tableau de la dérive des sentiments, de la fuite du temps, de l’inéluctable en marche. Et cependant, ce n’est pas triste mais vivant : la vie comme elle va, et comme elle s’en va.


    votre commentaire
  • Un film plein de suspens! Un peu trop d'ailleurs. On passe d'une chose à une autre et c'est un peu déroutant. Mais le film reste intéressant même si on passe trop du coq à l'âne. Scénario classique, paysages grandioses, rythme soutenu, et le retour dans un film d’action d’un Jean Reno habitué de ce genre de rôle, et qui tient encore bien la distance.

    scénario: 14/20       technique: 16/20      acteurs: 16/20   note finale: 15/20

    Cold blood legacy- La mémoire du sang

    Le plus recherché des tueurs à gage goûte une retraite solitaire au bord d’un lac isolé dans le grand Nord-Américain. Une jeune femme grièvement blessée vient trouver refuge dans son chalet. Pour la sauver, il pourrait bien risquer sa propre vie…


    votre commentaire
  •  Autant le dire tout de suite, le scénario de ce film n'est pas transcendant et le jeu des acteurs est très moyen pour rester poli (sauf l'actrice qui joue la danseuse classique qui est une merveille mais les autres, au secours!). Mais il y a la danse et on passe malgré tout un bon moment. La fin est cependant réussie.

    scénario: 12/20      technique: 16/20     acteurs: 12/20    note finale: 12/20

    Let's dance

    Joseph, danseur passionné de hip-hop, refuse d’entrer dans l’entreprise de son père pour tenter sa chance à Paris. Avec sa copine Emma et son meilleur ami Karim, il intègre le crew parisien de Youri, un célèbre breaker, pour tenter de gagner un concours international de hip-hop. Mais le jour des sélections, rien ne se passe comme prévu : Joseph est trahi par Emma et Youri, le groupe explose. Recueilli par Rémi, un ancien danseur étoile devenu professeur, Joseph découvre le milieu de la danse classique et rencontre la brillante Chloé, en pleine préparation du concours d'entrée au New York City Ballet. À travers cette rencontre, orchestrant l’alliance inattendue entre le hip-hop et la danse classique, Joseph va apprendre à se sentir légitime en tant que danseur et leader, et ainsi devenir artiste.


    votre commentaire
  • La bande annonce ne présage rien du film. Un beau film sur la détresse des réfugiés mais je ne m'attendais pas du tout à ce genre de film. Assez réussi. 

    scénario: 14/20     technique: 16/20     acteurs: 16/20    note finale: 14/20

    Styx

    Rike, quarante ans, est médecin urgentiste. Pour ses vacances, elle a planifié un voyage en solitaire pour rejoindre l’île de l’Ascension depuis Gibraltar, une île au nord de Sainte-Hélène, où Darwin avait planté une forêt entière. Seule au milieu de l’Atlantique, après quelques jours de traversée, une tempête violente heurte son vaisseau. Le lendemain matin, l’océan change de visage et transforme son périple en un défi sans précédent…

    Il faudrait ne pas trop en dire… Ce que réussit à faire l’excellente bande annonce, qui rend parfaitement justice au film. Intrigante, tendue, sensuelle, inquiétante. Le titre, Styx, qui fait doublement référence à la mythologie grecque, nous met dans le bain, celui d’un Océan qui va se déchaîner pour nous procurer de grands frissons. Alors que la protagoniste pense se diriger vers une sorte de paradis terrestre, son destin la conduit aux portes d’un enfer enfanté par les hommes. Nulle force occulte, nul dieu taquin ici qui se jouerait des mortels, s’amuserait à les torturer, ils le font si bien tout seuls ! En attendant, au sommet des immeubles qui surplombent le port, errent de majestueux macaques de Barbarie, arrachés jadis à leurs terres natales. Ils semblent dominer librement le monde rétréci des humains. Tout nous indique que nous pénétrons dans une fable grinçante, jusqu’à l’épigraphe sur une terrasse qui incite à « célébrer les années glorieuses » (Celebrating glorious years), mais qui est tellement défraîchie qu’elle semble, tout au contraire, en sonner le glas. Pourtant le soleil est éclatant, les flots d’un bleu paisible, dans ce détroit de Gibraltar où le temps se serait arrêté.

    La scène suivante sera une course poursuite époustouflante, imprévisible, au cœur d’une nuit baignée par des lumières synthétiques, quelque part en Allemagne… Le ton est donné, atypique. Styx ne cessera de nous surprendre, avec ses images somptueuses, belles à couper le souffle, ses ruptures de rythme, ses ellipses énigmatiques, ses fulgurances soudaines qui nous fouettent tels de vivifiants embruns. Nous voilà pris dans les mailles d’une palpitante aventure, une Odyssée des temps modernes. Il n’y a qu’à s’abandonner au rythme des vagues comme le joli voilier que Rike, notre héroïne, est en train d’affréter. Nous sommes déjà en totale immersion avec elle, derrière sa nuque, rivés à ses gestes, à sa respiration. Que dire de Susanne Wolff qui l’incarne ? En fait, tous les adjectifs paraissent pâlichons, tant elle est bluffante en tous points. Nul besoin de grands mots pour nous faire partager ses moindres frissons, son énergie vitale contenue. Et il en faut pour oser partir en solitaire dans ce voyage au long cours, être prête à braver les vents violents, la nature indomptable, l’isolement. On en frémit plus que la jolie quarantenaire : la solitude ne fait pas peur à Rike, bien au contraire ! Elle la désire tel un havre réparateur. Il est sans doute de pires démons, dans son quotidien de médecin urgentiste, que tous les êtres qui grouillent dans les sombres abysses. Sillonner la mer grande et belle, sans un regard en arrière, oublier les maux de la terre ferme, partir loin de la souffrance de ses congénères qu’elle côtoie de trop près… Elle sourit au vent qui la caresse, à l’oiseau qui l’observe, intrigué. Elle s’enivre de sentir l’eau qui glisse sur sa peau, la sensualité du soleil qui la caresse… Silencieusement, tout son être exulte. Destination : l’île de l’Ascension ; Ses seuls compagnons : son compas, son planisphère, un livre sur Darwin qui jadis transforma l’îlot désertique en jardin d’Éden… À ses instants perdus elle se love entre ses pages, s’évade dans les illustrations d’époque, rêverie anachronique. Un répit de courte durée. Au loin le ciel se charge d’un noir d’encre. Rike s’arc-boute, tout aussi résistante que vulnérable, prête à affronter seule la terrible tempête qui va tout chambouler. Seule ? Pas tant que cela…

    Même au fin fond de l’Atlantique, l’humanité finit toujours par vous rattraper, irrémédiablement prisonnière d’une planète ronde. D’ailleurs, petit clin d’œil du scénario, malgré les cinq mille kilomètres qui séparent Gibraltar de l’île de l’Ascension, toutes deux sont des territoires Britanniques. Mal avisés sont donc les Européens qui osent jeter l’opprobre sur les migrants, alors que nous en fûmes nous-mêmes…


    votre commentaire
  • Bien que ce soit remarquablement filmé, ce film est d'un ennui mortel. les acteurs peinent à nous intéresser et eux-mêmes ont l'air de s'ennuyer terriblement. Le scénario est lent et peu intéressant. Les costumes, les décors et la photo sont magnifiques mais cela ne suffit pas.

    scénario: 10/20         acteurs: 12/20         technique: 18/20        note finale: 12/20

    Dernier amour

    Au XVIIIe siècle, Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, arrive à Londres après avoir dû s’exiler. Dans cette ville dont il ignore tout, il rencontre à plusieurs reprises une jeune courtisane, la Charpillon, qui l’attire au point d’en oublier les autres femmes. Casanova est prêt à tout pour arriver à ses fins mais La Charpillon se dérobe toujours sous les prétextes les plus divers. Elle lui lance un défi, elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire.

    A l'origine de ce projet singulier, il y a les mémoires de Giacomo Casanova, écrits dans la langue de Molière qui n'était pourtant pas la sienne et découverts par Benoît Jacquot alors qu'il a vingt ans à peine. Cette œuvre le marqua profondément, au point de devenir comme un compagnon secret de sa route artistique, jusqu'à devenir aujourd'hui (enfin ?) la source d'inspiration directe d'un film. Dans ce texte, Casanova évoque avec sincérité sa vie, ses rencontres, ses voyages (l'histoire a retenu le grand séducteur, mais il était avant tout un véritable aventurier) mais Jacquot a décidé de s'attacher à un épisode plus particulièrement marquant : sa rencontre avec une jeune femme, La Charpillon, qui restera son dernier et peut-être son seul et unique amour.

    Nous sommes dans les années 1760. Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, doit s'exiler à Londres. L'homme a atteint cet âge de maturité où plus rien ne semble l'effrayer et s’accommode volontiers de cette nouvelle escale dans une ville qu'il connaît peu et dont il ne parle pas la langue. Mais comme tout aventurier qui se respecte, il a dans chaque port quelques connaissances qui vont lui permettre de tenir son rang et le train de vie qui va avec : dîners mondains, bals plus ou moins clandestins et autres parties de jeux de hasard.
    Il rencontre ainsi, et à plusieurs reprises, une jeune fille mystérieuse dont il va s'éprendre et qu'il va vouloir conquérir. Mais cette courtisane, dont chacun sait ici qu'elle peut être à tout le monde, va se dérober à chacune de ses avances, distillant dans les jeux complexes de la séduction un venin troublant dont l'homme aux « cent quarante deux conquêtes » (c'est ce qu'il prétend dans ses mémoires) ne va pas sortir indemne. Elle lui lance un défi : elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire. Au nom de sa liberté, de l’idée qu’elle se fait d’elle-même, La Charpillon va décider que cet homme qui les possède toutes ne la possèdera pas, elle. À charge pour lui de comprendre alors que ce qu'elle veut, ce ne sont pas les caresses ni la passion charnelle, mais bien l'essence même de l'amour, un sentiment noble et pur, le seul finalement qui vaille d'être vécu, et que Casanova n'a peut-être jamais encore éprouvé.

    Casanova, c'est Vincent Lindon, qui s'est glissé dans le costume avec son charisme animal et porte merveilleusement la lassitude que l'on perçoit dans le visage, dans les yeux de cet éternel voyageur arrivé peut-être au seuil de sa dernière grande épopée. Il a le rugueux du baroudeur et les gestes délicats de l'homme habitué aux salons, aux sonates, aux pas de danse sur des parquets vernis. La Charpillon, c'est la délicieuse Stacy Martin, minois enjôleur qui cache très bien son jeu et dont la silhouette fragile révélera une maturité et une détermination de feu.
    Et parce qu'il est un réalisateur qui aime et qui sait magnifiquement filmer les femmes, Benoît Jacquot ajoute sa petite touche personnelle avec un personnage secondaire mais très important dans la construction de sa narration. Cette jeune et jolie femme qui déboule au tout début du film dans le salon sombre où un Casanova vieillissant écrit ce que l'on imagine être cette fameuse Histoire de ma vie et viendra recueillir son témoignage, c'est sans doute un alter ego féminin de Jacquot lui-même…


    votre commentaire
  • Après Le Fils de Saul, Oscar du meilleur film étranger en 2015, Laszlo Nemes revient avec un film énigmatique et somptueux, une manière de chef-d’œuvre. Mais le scénario est vraiment embrouillé et on n'y comprend pas grand chose. N'espérez pas y comprendre quelque chose.Et la technique n'est pas à la hauteur: il y a ,souvent des plans flous pas réussis. Mais les costumes et les décors sont somptueux.

    scénario: 10/20      technique: 12/20    acteurs: 16/20     note finale: 12/20

    Sunset

    1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. 
    Irisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat. 
    Son rêve de travailler dans le célèbre magasin de chapeaux, autrefois tenu par ses parents, est brutalement brisé par Oszkar Brill le nouveau propriétaire.
    Lorsqu’Írisz apprend qu'elle a un frère dont elle ne sait rien, elle cherche à clarifier les mystères de son passé.
    A la veille de la guerre, cette quête sur ses origines familiales va entraîner Irisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos.

    En 2015, Le Fils de Saul, premier film du jeune Laszlo Nemes, entraînait les spectateurs dans un voyage éprouvant et mémorable, suivant, à l’aide de longs plans-séquences, le parcours d’un prisonnier du camp de concentration d’Auschwitz, des dortoirs crasseux jusqu’aux tranchées servant de charniers. Accueil triomphal à Cannes, Grand Prix du jury conforté quelques mois plus tard par l'Oscar du Meilleur film étranger. De quoi permettre au cinéaste hongrois de se lancer sans difficulté dans un nouveau projet, mais aussi de lui coller une pression phénoménale sur les épaules, car ce second film était forcément attendu au tournant.
    Pour Sunset, il opte à peu près pour le même procédé, suivant le personnage principal dans une ville de Budapest labyrinthique, en 1913. Cette fois, il ne filme pas un univers de souffrance et de mort, mais un monde en pleine déliquescence, une société agonisante, brûlant ses derniers feux avant le chaos.

    La caméra ne quitte pratiquement pas Irisz Leiter (lumineuse et grave Juli Jakab), qui revient à Budapest après plusieurs années passées hors du pays. Enfant, elle avait été envoyée suivre une formation de modiste. Aujourd’hui adulte, elle souhaite se faire engager dans le magasin de chapeaux que ses parents avaient fondé, et qui a été repris, après leur mort tragique, par leur employé, Oszkar Brill. Mais celui-ci, non seulement refuse de l’engager, mais lui fait comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue dans cette ville.
    Le même soir, la jeune femme est rudoyée par un homme à la recherche d’un certain Kalman Leiter, qui pourrait être son frère. Intriguée, elle décide de rester à Budapest et de partir elle aussi à sa recherche. Elle découvre rapidement que Kalman est recherché pour le meurtre d’un notable, et considéré comme l’un des chefs de file des anarchistes. Pour le retrouver, elle va devoir s’aventurer dans les bas-fonds de la ville…

    Laszlo Nemes veut montrer toutes les facettes de cette ville tumultueuse, qui constitue, au début du xxe siècle, l’un des lieux les plus importants d’Europe. En 1913, l’Empire Austro-Hongrois est en effet à son apogée. Il règne sur une douzaine de pays, rassemblant différents peuples, différentes cultures et les partisans de tous les grands mouvements politiques, de l’extrême-droite à l’extrême gauche, qui vont marquer le vingtième siècle. Cette diversité se retrouve Budapest, mais reléguée dans la marge, sous le regard méprisant des notables locaux et l’indifférence de l’empereur, qui vit coupé du peuple dans son palais viennois.
    La mise en scène montre bien le clivage de cette ville, faisant cohabiter la grande bourgeoisie – la clientèle du magasin Leiter – et les groupuscules révolutionnaires, cachés dans les bas-fonds.

    Irisz est le trait d’union entre les deux mondes. Mais elle est aussi complètement étrangère à cette société, à cette ville qu’elle a quitté alors qu’elle n’avait que deux ans. Elle les découvre en même temps que le spectateur, qui voit à travers son regard. Elle est à la fois fascinée par cet environnement bouillonnant et perplexe face aux mystères qui entourent la ville. Partout règne une atmosphère de conspiration, de lourds secrets, plus Irisz s’approche de ce qu’elle pense être la vérité, plus le mystère s’épaissit. Et quand elle comprend finalement les conséquences de cette agitation politique, dans les tranchées entre la France et l’Allemagne, il est déjà trop tard.
    La mise en scène de Laszlo Nemes, remarquable, accompagne cette prise de conscience progressive, passant de mouvements de caméra élégants, réglés comme des valses viennoises, « nobles » d’un point de vue purement artistique, à des prises de vue plus brutes, plus brusques, évoquant autant le chaos social et politique que le trouble qui gagne peu à peu Irisz, à mesure qu’elle réalise la décadence de l’Empire et la perversité des notables du pays…


    votre commentaire
  • Un très beau film. On sort des Invisibles avec la banane parce qu’on s’est amusé sans jamais éprouver de mépris ou de méchanceté. Le rire y est franc, mais bienveillant.

    scénario: 16/20    acteurs: 18/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    les

    Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !


    votre commentaire
  • Il manque un je-ne-sais-quoi pour que ce soit totalement réussi. Et malheureusement, je ne parle pas turc et la lecture des sous-titres fait manquer une partie du film. Quelques scènes amusantes. Mais c'est  long, beaucoup trop long.

    scénario: 12/20   technique: 16/20   acteurs: 15/20   note finale: 15/20

    Qui a tué Lady Winsley?

    Lady Winsley, une romancière américaine, est assassinée sur une petite île turque. Le célèbre inspecteur Fergan arrive d’Istanbul pour mener l’enquête.
    Très vite, il doit faire face à des secrets bien gardés dans ce petit coin de pays où les tabous sont nombreux, les liens familiaux étroits, les traditions ancestrales et la diversité ethnique plus large que les esprits.

    Parmi les films de Hiner Saleem, on retiendra tout particulièrement le dernier en date, le savoureux My sweet pepper land (disponible en Vidéo en Poche !), qui était une sorte de western revisité. Cette fois le réalisateur vient taquiner le polar façon Agatha Christie. Avec la même verve, la même fougue, le même sens de la dérision. Autant de qualités indispensables quand on est né comme lui dans le Kurdistan irakien et qu’on a dû le fuir à l’âge de 17 ans. Les gags à répétition, les situations comiques qu’il glisse dans ses films ne l'empêchent pas de conserver et de partager un regard critique sur la société turque, ses dérapages vis-à-vis de la question kurde, de la place des femmes… Dans ce Qui a tué Lady Winsley ?, Hiner Saleem adopte comme souvent un décalage humoristique qui lui permet de dire les choses en douceur, laissant aux spectateurs le loisir de prendre l’intrigue au premier degré ou de creuser plus en amont les allusions à peine voilées et leurs implications.


    Quand une enquête piétine alors qu'elle ne devrait surtout pas piétiner, c’est le célèbre inspecteur Fergan que la police stambouliote mandate pour la reprendre en main. Les cas insolubles, les affaires sensibles, c’est forcément pour sa pomme. Alors, dès que les autorités apprennent l’homicide de la romancière américaine Lady Winsley sur la petite île où elle passait tranquillement l’hiver, devinez qui on envoie pour éviter tout incident diplomatique avec le puissant oncle Sam ?
    Voilà donc Fergan qui vogue vers Büyükada, scrutant l’horizon tel Corto Maltese partant pour une course lointaine… Quand il débarque dans un petit village insulaire qui semble être resté figé au siècle dernier, on le croirait parvenu au fin fond de la Turquie. Ceux qui connaissent l’endroit y verront un premier clin d’œil : Büyükada n’est qu’à une quinzaine de kilomètres d’Istanbul ! Gardez cela en tête pour savourer l’effet comique des tribulations de notre détective affublé d’un éternel trench-coat aussi beige que celui de Columbo. Bien sûr les autorités locales accueillent l’intrus en grande pompe, comme il se doit, mais il devient vite clair que tous languissent de s’en débarrasser au plus vite, quitte à accuser arbitrairement un innocent.

    Dans le fond, la seule personne que la présence de Fergan ravit est la jolie aubergiste qui n’espérait pas un tel client en morte saison. Mais le devoir happe Fergan et peu lui importe d’être mal aimé, pourvu qu’il coffre le meurtrier. Débute donc l’enquête à partir d'un seul et unique indice : une goutte de sang dans l’œil de la victime, certainement celui de l’assassin. Tout parait si simple avec les technologies modernes : quelques tests ADN et le tour sera joué ! Bien sûr cela va se révéler plus complexe que prévu, sinon ce ne serait pas marrant. Pour parvenir à ses fins, Fergan va soulever bien des lièvres et semer la zizanie dans la petite communauté dont s’élèveront bientôt moult protestations, à commencer par celles de la pauvre vétérinaire locale, soudain mise à toutes les sauces…


    votre commentaire
  • Tout d'abord, merci au réalisateur de ne pas nous montrer les muscles mous de  Tom Cruise, cela ne nous avait pas été épargné dans les précédents opus. Entre courses-poursuites, trahisons diverses et bagarres, aucune originalité. A part cela, la série est égale à elle-même. regardable et l'avantage, c'est que c'est reposant pour le cerveau! Le scénario manque singulièrement d'originalité.

    scénario: 12/20   technique: 12/20   acteurs: 12/20   note finale: 12/20

    Mission impossible: fallout

    Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous… 
    Dans MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT, Ethan Hunt accompagné de son équipe de l’IMF – Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.


    votre commentaire
  • les chansons intemporelles d'ABBA ne parviennent pas à masquer l'indigence du scénario. Un petit film d'été qui rafraîchit mais pas plus. Malgré l’arrivée de Cher au casting, la suite de « Mamma Mia », qui se prive quasiment de Meryl Streep, ne se révèle guère novatrice. Mais il reste l’incroyable énergie des mélodies imparables d’Abba.

    scénario: 12/20      technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 14/20

    Mama mia,

    Sur l’île paradisiaque de Kalokairi, Sophie, qui rencontre divers soucis dans l’ouverture de son hôtel, va trouver du réconfort auprès des amies de sa mère Donna qui vont lui conseiller de prendre exemple sur le parcours de cette dernière.


    votre commentaire
  •  Encore un film de "jeunes" mais il est bien plus réussi que "les affamés" qui était tout simplement ridicule. Les jeunes sont en coloc et évidemment, il y a des problèmes. Certaines répliques font mouche  et certaines situations sont amusantes. On a connu pire comme film.

    scénario: 14/20    acteurs: 14/20     technique: 16/20   note finale: 14/20

    Tamara Vol.2

    Tamara est séparée de Diego depuis deux ans. Elle quitte enfin le nid pour vivre l'aventure étuidante à Paris avec sa copine Sam. En galère d'appartement, elles acceptent une coloc avec Wagner. Problème : Diego fait partie du lot, et il n'est plus célibataire ! Pour Tamara, qui rêve d'oublier sa petite vie de province, ça commence mal... Et tout se complique lorsqu'elle flashe sur James, le mec parfait : étudiant-photographe-mannequin-DJ canon, star des réseaux sociaux ! Pour l'approcher, elle va devoir devenir populaire et jouer dans la cour des grandes... Tout ça sous le regard de Diego... Entre la fac, l'ex, le futur-ex et des parents toujours sur son dos, il va falloir faire les bons choix !


    votre commentaire
  • On reconnaît un film d'art et d'essais à sa technique approximative: on se demande pourquoi certains s'obstinent à faire des images dégueulasses et à faire aller la caméra dans tous les sens. Celui-ci ne déroge pas à la règle.  Il est pourtant intéressant. Le scénario est surprenant. Fait avec trois bouts de ficelles, le réalisateur nous amène dans son univers plein de fantaisies. Le symbole le plus éclatant à ce jour de cette nouvelle bohème du cinéma français dissimulant sous les scintillements de la fantaisie, du pop et du burlesque la gueule de bois d’une génération tout entière. Avec ce huis clos tourné en douze jours, Ilan Klipper démontre que les vrais cinéastes peuvent frapper fort grâce à leur seul imaginaire.

    scénario: 16/20      technique: 12/20       acteurs: 17/20   note finale: 14/20

    Le ciel étoilé au dessus de ma tête

    Bruno a publié un fougueux premier roman en 1996. La presse titrait : « Il y a un avant et un après Le ciel étoilé au-dessus de ma tête ». Vingt ans plus tard, Bruno a 50 ans. Il est célibataire, il n’a pas d’enfants, et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent...

    Comme il serait agréable de voir un ciel étoilé trôner éternellement au-dessus de sa tête, pour changer des avions, des nuages de pollution et des câblages électriques ! D'avoir la chance de faire un pas de côté infime pour se rapprocher de la Grande Ourse, et paf, faire cuire ses coquillettes dans cette grande casserole céleste, obtenir une cuisson al dente à des années lumières… Puis faire une sieste digestive, en étalant son corps sur la Voie lactée… Bref, comme il serait agréable de pouvoir fantasmer la réalité sans paraître fou ! Et d'avoir la possibilité parfois de vivre seul avec ses névroses, comme Bruno, loin du regard des autres. Car s'il y a bien quelque chose que Bruno ne fait pas, c'est des concessions. Il préfère vivre à son rythme, choisit la liberté au conditionnement. Métro, boulot, dodo ? Non merci. Une femme, des gosses ? Bof… Les déclarations d'impôts en ligne ? Argffs… (attention à la date limite qui est au 22 mai 2018 pour la zone 1).


    Ce qu'il lui faut Bruno, et d'urgence même, c'est de l'inspiration. Lui qui, vingt ans plus tôt, a fait sensation avec son premier roman, planche toujours sur le deuxième. Entièrement rédigé du point de vue d'une tique qui guette patiemment sur une branche le passage d'une proie et qui philosophe… Comment ne pas y voir une métaphore de sa propre condition ? Lui aussi attend son heure, le déclic qui inverserait un quotidien statique : se lever chaque jour à 14 heures et vivoter en peignoir, avoir pour seuls interlocuteurs son perroquet et sa colocataire, une Femen activiste (la craquante Alma Jodorowsky, petite-fille du célèbre Alejandro Jodorowsky !) dont le mode de vie est à rebours du sien… Rien de très alarmant non plus : combien de gens comme Bruno disparaissent un peu du monde, en attendant qu'un chef d'œuvre sorte du placard ? C'est le lot de bien des artistes à la limite de la marginalisation, incroyablement talentueux et invisibles, qui n'ont pas réussi à se greffer à un milieu, ni à percer…
    Mais ses proches s'inquiètent et débarquent un jour sans crier gare : la mère, le père, l'ex-femme, le pote perdu de vue… Et Sophie, une parfaite inconnue au regard passe-murailles. Une jolie frimousse aux airs de belette, dont Bruno tomberait volontiers amoureux… Sauf que Sophie est une psy chargée par la famille d'envoyer le reclus à l'asile ! Bref : c'est mal barré. Quoiqu'elle semble réaliser que Bruno, au physique ambivalent, un peu bizarre, a ce brin de séduction qui vous fait vivre des instants magiques… Et si la puissance créatrice de Bruno remportait la partie ?

    Tout cela donne un film qui ne rentre dans aucune case sur un homme à qui il en manque probablement une. À la fois comédie sur les névroses et fragment d'un discours amoureux, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête est une curiosité hors-norme, fébrile, qui se fiche des qu'en-dira-t-on, pour notre plus grand bien. C'est ainsi qu'Ilan Klipper, qui s'était fait connaître par des documentaires traitant de lieux dont la charge institutionnelle brise tout ce qui sort de l'ordinaire (Sainte-Anne, Commissariat), signe ici un premier film de fiction où c'est le sens commun qui est broyé. On termine avec lui, qui nous explique le titre qu'il a choisi : « Ce sont les dernières phrases de La Critique de la raison pratique de Kant, que je trouve très belles : “Deux choses remplissent le cœur de crainte et d'admiration, le ciel étoilé au-dessus de moi, et la loi morale en moi.” »


    votre commentaire
  • Une histoire très embrouillée... D je n'ai pas tout compris. Dommage. Mais assez intéressante. les acteurs sont formidables.

    scénario: 14/20     acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 14/20

    Red Sparrow

    Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents.
    Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.


    votre commentaire
  •  Pas mal, mais je m'attendais à mieux. Le scénario est un peu léger et l'histoire tourne un peu à vide mais Isabelle Huppert est merveilleuse, comme toujours.

    scénario: 14/20        technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 13/20

    Madame Hyde

    Une timide professeure de physique dans un lycée de banlieue est méprisée par ses élèves. Un jour, elle est foudroyée pendant une expérience dans son laboratoire et sent en elle une énergie nouvelle, mystérieuse et dangereuse...

    Après le déjà azimuté Tip Top, voici Madame Hyde, nouveau film de Serge Bozon, le grand inventeur de révoltes logiques. Ce qu’il présente lui-même comme un « film sur l'éducation » reprend ses grandes lignes au célèbre Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson, en racontant l’histoire de Madame Géquil (Isabelle Huppert), une très maladroite professeure de physique, enseignant dans un lycée de banlieue. La mauvaise prof y affronte un mauvais élève, l’insolent Malik (Adda Senani), qui marche avec l’aide d’un déambulateur.
    Le film raconte leur rencontre, le cheminement de leur changement mutuel, le périple d’un apprentissage en commun. Cela passe par un événement qui semble pourtant purement extérieur, objectif : une nuit, Madame Géquil prend la foudre dans son laboratoire, et la voici muée en Madame Hyde, « femme de feu » qui hante les cités la nuit sur les traces de Malik, et trouve pour son enseignement diurne une énergie soudaine et profitable. Or, contrairement au Docteur Jerry et Mister Love de et avec Jerry Lewis (1963), qui adaptait déjà le conte de Stevenson en milieu scolaire, ce n’est pas la transformation qui intéresse Bozon, mais la transmission. Là où Lewis était prof de chimie, Huppert est prof de physique, qui ne croit qu’aux « lois de la nature », accessibles par la réflexion et non par l’expérience.
    Le trajet moral des deux personnages forme un chiasme : le handicapé physique, assoiffé d’expérience, fait le pur chemin vers la logique, quand la handicapée morale, férue de raisonnement, fait le trajet inverse vers l’expérience physique. Au point de croisement entre les deux corps, un coup de foudre, des étincelles, un incendie qui redistribue et interchange la matière. La transmission ne laisse pas les corps indemnes, mais fait passer sans retour ses éléments de l’un à l’autre, et de l’autre à l’un : c’est la pédagogie bozonienne, son naturalisme géométrique, où chacun devra vivre le drame physique de l’autre pour le comprendre. « Un bon prof ne doit pas être aimé, il doit être compris ! », dit Géquil, et cela vaut sans doute pour les bons films. Ils se laissent pourtant aimer, comme malgré eux, quand le film va plus vite que la pensée et que l’incompréhension libère sa charge érotique de 100 000 volts.


    votre commentaire
  • Pas mal mais le réalisateur aurait du aller au bout et être encore plus extrême. Bon en même temps, c'est un film autrichien et l'humour en Autriche... Dommage que l’humour et l’émotion ne soient pas au rendez-vous de cette comédie dramatique originale à la mise en scène soignée.On reste sur sa faim. Dommage.

    scénario: 14/20      technique: 16/20    acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    La tête à l'envers

    Un célèbre critique musical est brutalement renvoyé de son journal. Le coup porté à son égo est tel qu’il perd tout sens de la mesure, cache la vérité à sa femme, et décide de se venger de son ancien employeur, d’une façon aussi abracadabrante qu’inefficace…

    Il y a des jours où l’on ferait mieux de rester au lit. Sans voir personne pour ne pas avoir à parler. Sans parler à personne pour ne pas avoir à écouter les sempiternelles conversations inutiles. Sans bouger pour ne pas avoir à ressentir la vacuité des agitations du morne quotidien. Juste écouter de la musique, les yeux fermés, en goûter chaque note et s’élever au dessus du commun des mortels, touchant du bout des doigts les orteils de dieu, le paradis, les anges et tous les saints. Ce matin-là, c’est clair, Georg aurait dû rester au lit en écoutant Hayden.
    Mais son boulot, il l’aime et le chérit, même s’il doit bien reconnaître que le temps a lui aussi fait son œuvre sur son prestige d’antan : la critique musicale n’a plus la place qu’elle avait jadis dans la presse quotidienne et ses papiers, bien que toujours concoctés avec tendresse et/ou vitriol (de plus en plus souvent au vitriol), n’ont plus la même force de frappe. Mais qu’importe : la musique (classique) sera toujours grandiose, surtout en orchestre symphonique, quand elle se livre dans les salles de concert feutrées où Georg a ses entrées et où il aime plus que tout trouver refuge.

    Or donc, ce matin là il aurait dû rester au lit car le ciel va lui tomber sur la tête. Le ciel en l’occurrence a la tronche de cake du rédacteur en chef du journal qui lui annonce, benoîtement assis derrière son grand bureau que l’on imagine conçu par un célèbre designer, que l’on doit se séparer de lui. Tu comprends, avec ton ancienneté… Tu comprends, avec tous ces jeunes gens talentueux qui arrivent sur le marché du travail et que l’on peut payer trois fois moins que toi… Tu comprends que l’on doit, à contre-cœur, te virer…
    Et comment croyez-vous que Georg prend la chose ? Oui : mal, très mal, forcément mal. Mais à sa façon : entre silence méprisant et résignation mature. En bon taiseux qu’il est, touché net dans sa fierté de cinquantenaire qui n’avait jusqu’alors rien à prouver au monde ni à personne, il va faire comme si de rien n’était et ne surtout rien dire à sa femme. Ah sa femme… Comment vous dire… difficile de cerner la personnalité complexe de cette nana un peu distante qui exerce la fonction de coach et vient de décider, à quarante-cinq ans, qu’il serait temps de faire un môme, si possible avec Georg et si possible par les voies naturelles mises à leur disposition ; mais vu leur grand âge (rien de méchant, c’est juste un constat lucide), autant dire que l’affaire n’est pas faite.
    Georg va donc se retrouver avec la tête à l’envers, façon shaker ou cocotte minute, un peu comme si dans son cerveau Pierre Henry avait croisé la route de Marilyn Manson (pas le genre de musique qu’il apprécie !). En rage contre la terre entière et plus spécifiquement contre cette andouille de directeur, il décide alors d’emprunter le chemin le plus absurde, le plus immature et le plus périlleux qui soit, chemin qui le mènera quelque part entre le silence ouaté d’une forêt enneigée et le brouhaha des manèges à sensation d’une fête foraine.

    Dire que c’est une franche comédie serait mentir. Mais dire que c’est un drame le serait tout autant. À mi chemin entre les deux, à l’image de ce personnage attachant et énervant qui navigue entre le fou rire de l’auto-dérision et les larmes du type qui envisage de se tirer une balle, c’est un drôle de film qui raconte une drôle d’époque où les individus sont interchangeables au gré du marché et où la pression sociale exerce son diktat, que ce soit pour affirmer les tendances musicales du moment, décider de l’âge auquel on devient has been, ou celui à partir duquel il est prudent de ne pas procréer.


    votre commentaire
  •  Je n'ai rien compris. L'histoire est bizarre et alambiquée. Je mets "bien" mais un scénario moins obscure aurait été apprécié.

    scénario: 10/20       acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 12/20

    L'apparition

    Jacques, grand reporter pour un quotidien français reçoit un jour un mystérieux coup de téléphone du Vatican. Dans une petite ville du sud-est de la France une jeune fille de 18 ans a affirmé avoir eu une apparition de la Vierge Marie. La rumeur s’est vite répandue et le phénomène a pris une telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent désormais se recueillir sur le lieu des apparitions présumées. Jacques qui n’a rien à voir avec ce monde-là accepte de faire partie d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces événements.

    Jacques (Vincent Lindon) est grand reporter pour un journal du Sud-Ouest. Il a vécu des situations terribles sur des territoires en guerre qui l'ont laissé meurtri. Alors qu'il se replie sur lui même, se barricade dans une solitude douloureuse, il reçoit un mystérieux coup de téléphone du Vatican : il doit venir sans délai à Rome où un prélat qui apprécie son travail souhaite lui confier une mission particulière qu'il n'est pas question de divulguer avant qu'une rencontre ait lieu.
    Dans une petite ville du Sud-Est, une jeune fille au visage d'ange prétend avoir vu la Vierge et la curie romaine s'inquiète de l'ampleur que prend le phénomène. Il y a de quoi surprendre Jacques qui s'étonne d'avoir été choisi, lui l'agnostique, le mécréant, pour faire partie du petit groupe de travail qui rassemble théologiens, psychiatre, historiens mandatés pour conduire une très sérieuse enquête canonique qui doit déterminer si l'affaire a des fondements sérieux.

    La plongée de Jacques dans cet univers dont il ne soupçonnait pas l'existence commence par les archives secrètes du Vatican où s'empilent, soigneusement répertoriés, toutes les enquêtes sur toutes sortes de faits que la raison a du mal à admettre. On lui sort les documents de ceux qui ont fait l'objet d'une reconnaissance officielle : Fatima, Lourdes, d'autres encore (Notre Dame du Laus, lieu bien connu de pèlerinage, est à deux pas de l'endroit où se tourne le film…)
    Quand il arrive sur les lieux de la prétendue apparition, Jacques est reçu avec réticence, l'annonce d'une enquête irrite, inquiète l'entourage de celle que beaucoup considèrent déjà comme une sainte. Son statut d'incroyant ajoute à la méfiance générale, d'autant que Jacques manifeste son intention de mener sérieusement sa mission à terme, fouillant méthodiquement dans le passé des uns, des autres et particulièrement dans celui de l'élue : Anna dont l'étonnant regard accroche le sien.
    Elle n'est pas banale, cette fille qui a grandi de famille d'accueil en foyer et qui est désormais l'objet d'une notoriété et d'un culte qui la dépassent, sous la vigilance constante du prêtre qui a pris dès le début ses paroles au sérieux, à deux doigts de se rebeller contre sa hiérarchie. S'agit-il d'une supercherie, la jeune fille est-elle manipulée ? Qu'y a-t-il a dans la tête de ce prêtre qui lui sert de garde rapprochée, orchestre cérémonies et rencontres, assure l'intendance, canalise la foule, l'interpelle de ses sermons : est-il sincère, est-il particulièrement tordu ? Anna est-elle aussi limpide qu'elle le paraît, quel crédit accorder à son histoire ?

    Le film n'a rien d'anecdotique et Xavier Giannoli creuse profond dans les questionnements qui se posent à cet homme pétri de rationalisme et qui se trouve confronté tout soudain à une rencontre perturbant ses incertitudes. Jacques n'a pas d'a-priori : la présence fascinante de cette belle fille fragile et déterminée, la foi qui habite ceux qu'il rencontre, les coïncidences troublante qui interviennent dans sa propre vie…
    Il lui apparaît vite que sa présence sur cette affaire ne doit rien au hasard. Quelle explication donner à des choses qui dépassent l'entendement, comment interpréter l'inexplicable ? Faut-il croire au surnaturel ? Le film ouvre mille questions et ne prend pas parti. Les faits sont ce qu'ils sont, croit celui qui peut croire… Xavier Giannoli, qui ne laisse rien au hasard et construit des films solidement documentés, a un talent certain pour explorer la nature humaine dans sa complexité la plus intime, sans a priori, sans jugement de valeur, avec cette curiosité et cette empathie pour ses personnages qui nous avaient fait aimer ses films précédents (Marguerite, A l'origine, Quand j'étais chanteur…) L'être humain est un grand mystère… Vincent Lindon et Galatea Bellugi en laissent entrevoir la superbe profondeur.


    votre commentaire
  •  Mélanie Thierry est grandiose et mérite un prix d'interprétation. le gros problème de ce film, c'est la technique: on se demande où veut en venir le réalisateur avec ces images à moitié floue ou aux plans bizarres. Il y avait certainement une intention mais je ne devine pas laquelle. L'histoire est remarquable. Quelle dommage que techniquement ce soit aussi faible. Une mauvaise technique, c'est pour moi comme écrire un livre en faisant des fautes d'orthographe: inacceptable!

    scénario: 16/20     acteurs: 18/20   technique: 10/20   note finale: 15/20

    la douleur

    Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

    Le premier plan saisit par sa beauté épurée. Un profil. Un grain de peau. Une énigme. Sans effet supeflu, on est immédiatement happé. Nous voilà en immersion totale avec Marguerite et ses méandres. C’est passionnant. Emmanuel Finkiel s'est emparé de La Douleur et nous offre un récit et un personnage extraordinairement vivants, complexes, ancrés dans leur époque. Il met Marguerite en lumière sans angélisme, ne cachant ni sa fascination ni ses agacements face à cette femme qu’il nous livre sans fard, avant qu’elle soit devenue un monument de la littérature. Inutile d’avoir lu Duras pour être transporté. On peut même être complètement hermétique à son œuvre et se laisser emporter : on a au moins un exemple parmi nous…


    1944 à Paris. Nous sommes dans cette période charnière de l’Histoire de France où on ne sait pas vers quoi elle va basculer. Dans le Paris occupé par les Allemands, chacun avance précautionneusement, tel un funambule, avec la peur au ventre. Malgré les rires et les flonflons des luxueux troquets où les collabos s’affichent avec les nazis, on sent que tous tentent de noyer la frousse qui les gagne dans le fond de leur verre, de leur panse, dans une voracité débridée alors que la majeure partie du pays est affamée. Ambiance trouble qui voit se côtoyer ceux qui ont fait de l’ennemi leur ami, ceux qui ont tout bonnement obéi et ceux qui résistent clandestinement. Avant d’être arrêté par la Gestapo, Robert Antelme, le mari de Marguerite, faisait comme elle partie des résistants. Désormais elle l’attend. Une attente qui est comme un gouffre de douleur, chaque jour plus profond. Ce n’est pas une attente inactive : Marguerite continue de participer au groupe de résistance sous couvert de son travail au Comité d’Organisation du Livre, créé par le régime de Vichy. Elle se lamente sur sa solitude, mais la main de son collègue Dionys (troublant Benjamin Biolay) qui se pose sur son cou laisse entrevoir avec pudeur une vérité plus composite.
    Il y a quelque chose d'insaisissable dans cette femme, Duras, qui nous fait partager son intimité. Dans sa manière de réécrire en permanence son récit tout en affirmant ne pas l’avoir retouché mais en laissant sciemment traîner des indices qui prouvent l’inverse. Toutes ces contradictions qui la traversent la rendent terriblement humaine, nous ramènent aux nôtres. Marguerite ne sait pas faire dans la mesure. Tantôt tourbillon, vibrante, séductrice, menteuse… Tantôt calme plat, froide, distante, trop lucide. Et Mélanie Thierry (qui l’interprète) excelle dans ce yoyo perpétuel des sentiments : splendide, agaçante, touchante, capable de faire tourner la tête à n’importe qui. Alors, quand Marguerite croise Rabier, l’agent qui a arrêté son mari, elle use de ses artifices pour qu’il consente à l’aider. Mais, tout subjugué par l’écrivaine, tout passionné de littérature soit-il, Rabier n’en reste pas moins un homme dangereux. S’engage entre eux une sorte de jeu sournois. Rabier multiplie les rendez-vous improbables, Marguerite les redoute et les espère. Tous deux duels et ambigus dans cet affrontement cruel et excitant qui les pousse l’un vers l’autre. On frémit pour Marguerite que l’on découvre fragile sous ses certitudes affichées. On s’étonne d’être touché par ce salaud de Rabier – Benoît Magimel est grandiose dans le rôle, aussi émouvant que dégueulasse et quelques répliques qui n’étaient pas chez Duras rajoutent en subtilité. Sans être une victime, il est aussi un homme bafoué par les classes sociales supérieures.

    Mais le plus criant devient le silence de l’état face à toutes ces femmes qui attendent, l’extrême violence du pouvoir, de tous les pouvoirs. Marguerite, de personnage central, devient un petit point flouté, un fragment perdu dans cette humanité vacillante qui évite d’affronter son reflet dans le miroir. Un film magnifique, contemporain, accessible : clin d’œil aux enseignants de français ou d’histoire que nous encourageons à nous solliciter pour des séances scolaires à volonté.


    votre commentaire
  • J'adore Jessica Chastain qui est non seulement d'une beauté à couper le souffle, mais également une excellente actrice.  Le film est réussi mais le montage est bizarre et fait perdre beaucoup de charme au film. Un montage plus classique aurait fait de ce film une merveille. Comme aveuglé par sa matière, le réalisateur semble oublier en route la distance de sécurité. Il en résulte un film foisonnant, passionné, mais qui finit malheureusement par pâtir de ses intentions.

    scénario: 14/20       technique: 16/20      acteurs: 16/20      note finale: 14/20

    le grand jeu

    La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle : la mise d’entrée sera de 250 000 $ ! Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux


    votre commentaire
  •  Je m'attendais tellement au navet de l'année que ce fut une heureuse surprise. pas mal. Bon, entendons-nous bien, ce n'est pas la comédie de l'année mais ça se laisse regarder. l'actrice blonde est prometteuse. je regrette que l'image soit d'une aussi mauvais qualité. Une comédie tout entière construite sur une situation dont elle tire sur le fil, comme sur un filon : ça fonctionne gentiment, et comme tout est passablement attendu, on n’en attend pas plus.

    scénario: 13/20       technique: 14/20   acteurs: 16/20   note finale: 12/20

    s

    Ami-ami

    Quoi de mieux pour ne plus jamais souffrir en amour que de tourner le dos à la vie de couple et de s’installer en coloc’ avec son meilleur ami ? C’est en tout cas ce qu’a décidé Vincent, ravagé par sa dernière rupture ! À un détail près : son meilleur ami est une meilleure amie, Néféli, jeune avocate déjantée. À peine installés, les deux potes se jurent de ne plus jamais tomber amoureux, de vivre d’amitié et d’histoires sans lendemain. Mais après quelques semaines de cohabitation complice et festive, Vincent rencontre Julie…


    votre commentaire
  •  Bof, déception. C'est trop long et ennuyeux. Le mieux est dans la bande annonce. L'histoire du taureau andalou qui ne voulait pas combattre adapte la critique du machisme au monde contemporain sans lésiner sur les bons sentiments. Quelques séquences spectaculaires viennent relever l'assaisonnement. Dessin animé sans intérêt qui ne s'adresse qu'à un public de moins de 10 ans. Il n'offre pas de double lecture pour les adultes et les gags sont franchement lourds. Un film pour enfants convenu mais ennuyeux et , sauvé par quelques scènes amusantes.

    scénario: 12/20   technique: 16/20   note finale: 12/20

    Ferdinand

    Ferdinand est un taureau au grand cœur. Victime de son imposante apparence, il se retrouve malencontreusement capturé et arraché à son village d’origine. Bien déterminé à retrouver sa famille et ses racines, il se lance alors dans une incroyable aventure à travers l’Espagne, accompagné de la plus déjantée des équipes !


    votre commentaire
  •  Alors, comment dire, ce n'est pas aussi réussi que le premier malgré quelques gags bien amusants. Firmine Richard est sublime et géniale, comme toujours, et je regrette que le cinéma ne l'emploie pas plus. Tourner deux films par ans, c'est un peu trop à mon avis. À défaut d’idées, c’est la paresse et la lourdeur qui prédominent. L’immense Firmine Richard est réduite à jouer les faire-valoir. On a connu le réalisateur Lucien Jean-Baptiste plus inspiré. Mais là, il rate franchement le virage de la suite. Lucien Jean-Baptiste ne retrouve pas l’efficacité et le ton chaleureux du premier opus. Il s’éparpille sans grâce dans une surenchère de gags qui tombent tous à plat. Dommage !

    scénario: 14/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 15/20

    La deuxième étoile

    Jean-Gabriel a décidé d’emmener toute sa petite famille passer les fêtes à la montagne pour Noël. Et cette fois, tout devrait bien se passer. C’est sans compter sur sa mère qui débarque des Antilles, ses enfants qui n’ont pas envie de partir, Jojo qui lui confie son Hummer et sa femme qui lui annonce qu’elle doit s’occuper de son père qu’elle n’a pas revu depuis qu’elle a fait le choix d’épouser Jean-Gabriel. Mais pour Jean-Gabriel, la famille c’est sacré et Noël aussi !


    votre commentaire
  •  Un téléfilm mais quand on y pense, on se dit que ce film est meilleur que notre première impression. Catherine Deneuve est sublime mais le scénario est tout de même un peu léger.

    scénario: 14/20       technique: 16/20   acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    Tout nous sépare

    Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.


    votre commentaire
  • Un thriller haletant plein de surprises.

    scénario: 17/20        acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Mon garçon

    Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l’étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d’une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter.


    votre commentaire
  • Bof,  Sofia Coppola nous a habitué à mieux même si le film est intéressant. Bien joué et bien filmé. Les acteurs sont remarquables.

    scénario: 16/20       technique: 16/20        acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Les proies

    En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

    Les spectateurs qui ont eu la chance de voir Les Proies réalisé en 1971 par Don Siegel avec Clint Eastwood en vedette se diront peut-être qu'il n'est pas utile d'aller voir cette version 2017 signée Sofia Coppola. S'ils ont le film bien en tête ils auront sans doute raison puisqu'il s'agit d'un remake avoué de l'original (lui-même adaptation d'un roman culte aux États-Unis) et que l'intrigue est à quelques détails près identique. Mais ces cinéphiles avisés ou suffisamment âgés ou les deux sont tellement peu nombreux qu'il reste tous les autres qui pourront trouver un plaisir certain à ce thriller trouble dans lequel la guerre et le désir sexuel se croisent pour le meilleur et le pire…


    Nous sommes à la fin de la Guerre de Sécession, en territoire confédéré, dans l'atmosphère chaude et humide des contrées subtropicales des États du Sud. Les combats font encore rage, comme on peut l'entendre au bruit lointain des canons. Une petite fille en balade découvre dans la forêt un soldat nordiste blessé. Au lieu de le dénoncer aux militaires de son camp, elle préfère le traîner jusqu'au pensionnat où elle réside. Malgré leurs réticences, malgré la haine spontanée qu'inspire cet ennemi appartenant à l'armée qui est en train de vaincre leurs proches et de détruire les fermes esclavagistes environnantes, la directrice, son assistante et les autres jeunes pensionnaires décident de soigner et protéger l'homme avant de prendre tout autre décision. Mais la compassion et la charité chrétienne de ces jeunes filles, jeunes femmes et femme mûre, trop longtemps vouées à la non mixité la plus stricte, vont céder rapidement le terrain à la curiosité féminine, curiosité passant sans tarder aux jeux du désir et de l'amour. Des jeux de plus en plus dangereux dès lors que le soldat blessé va évidemment vouloir jouer de son charisme indiscutable pour susciter le trouble et la concurrence amoureuse dans le gynécée en émoi, dans le but de semer le chaos et de s'échapper…

    Sofia Coppola utilise remarquablement la fluidité de sa mise en scène (récompensée au Festival de Cannes) pour faire glisser le film du marivaudage plaisant, voire amusant, entre le soldat et ses adorables geôlières au thriller angoissant quand, suite à une erreur fatale de l'homme, la situation dérape soudain. Les paysages, les décors, les lumières, le cadre étouffant (cette maison dans la chaleur moite de l'été sudiste qui semble isolée du reste du monde en guerre) exacerbent les désirs des protagonistes et font fermenter le drame en devenir. La mise en scène joue aussi du contraste entre les intérieurs feutrés, les robes soignées des femmes et le sang et la sueur de l'homme blessé. Sofia Coppola, dans la droite ligne de son premier bijou Virgin suicides, décrit de manière fascinante ce groupe de femmes de plus en plus inquiétant, avec au cœur du dispositif trois actrices remarquables : Nicole Kidman splendide de fermeté et de détermination impitoyable, Kirsten Dunst parfaite en femme romantique et Elle Fanning géniale en perverse mutine. Quant à Colin Farrel, le prédateur finalement devenu proie, il incarne à merveille toutes les facettes ambivalentes du soldat, tour à tour charmeur et prévenant, mais aussi manipulateur et violent.


    votre commentaire
  • Un film intéressant parce qu'il nous interroge sur cette volonté du tout public qui devient presqu'une obligation. On aurait cependant aimé un scénario un peu plus étoffé. Vive la vie privée!! Un thriller d'anticipation efficace sur les dangers de l'omnipotence des réseaux sociaux, porté par une belle distribution. Efficace malgré tout, "The Circle" n’entraînera malheureusement pas la prise de conscience que son réalisateur pouvait espérer. Oui, la vie privée est menacée par Internet les réseaux sociaux. Mais en évoquant plus les avantages que les inconvénients et en misant sur une fin décevante, le film se perd, étouffé par ses bonnes intentions.

    scénario: 12/20     acteurs: 16/20      technique: 16/20  note finale: 12/20

    The circle

     

    Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c'est une opportunité en or ! Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l'avenir de ses amis, de ses proches et de l'humanité tout entière…


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique