• Pas mal même si on peut regretter que ce soit beaucoup trop manichéen. Cette pauvre Pauline est une idiote. Dommage. On aurait aimé un peu plus de subtilité.

    scénario: 12/20          acteurs: 14/20      technique: 16/20   note finale: 13/20

    Chez nous

    Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l'aiment et comptent sur elle.
    Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

    Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces ; la palme de la crapulerie de réseau social va à Gilbert Collard, qui traite les producteurs d'« émules de Gœbbels ». Il faudrait instituer un retrait du permis de twitter comme on le pratique avec le permis de conduire –, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film :


    « Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues. C’est un discours qui change selon ceux à qui il s’adresse, qui s’adapte à l’époque, qui caresse dans le sens de tous les poils. Un discours qui retourne les mots, les idées, les idéaux. Qui les dévoie. Un discours qui dresse les gens les uns contre les autres. Et des gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. De la solitude au ressentiment, du ressentiment à la peur, de la peur à la haine, puis à la révolution. Nationale. On le dit, on en parle, on le montre et pourtant rien n’y fait. Sentiment de déjà-vu. D’impuissance, aussi. De sidération. Impression d’avoir tout essayé. Que chaque mot, chaque tentative de s’opposer se retourne contre celui qui la tente. Que chaque parole, qu’elle soit politique, morale, culturelle, est déconsidérée, illégitime, définitivement.
    « Alors, peut-être la fiction est-elle la seule réponse audible, car, comme le discours populiste, elle s’adresse aux sentiments, à l’inconscient. Et aux tripes. Comme les démagogues, elle raconte des histoires. Mais, contrairement à eux, qui essaient de faire passer des fantasmes pour la réalité, qu’ils simplifient à l’extrême, la fiction, elle, essaie de comprendre, de rendre compte de la complexité du monde, de celle de l’humanité, de son époque. Et elle seule, sans doute, peut faire ressentir à chacun ses tremblements les plus intimes.
    « Si dans un documentaire, chacun apparaît en tant qu’individu singulier, unique, parlant en son nom, le personnage de fiction, lui, est d’abord perçu par le spectateur comme une construction, une proposition dans laquelle il pourra se reconnaître, ou reconnaître un autre, plus ou moins proche. Une image sur laquelle il pourra (se) projeter, réfléchir, mais aussi s’identifier…
    « Chez nous est un film engagé, oui. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyse et de réflexion. J’ai essayé d’éviter “l’entre-soi”, de parler à tous et à chacun. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir… Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. » (Lucas Belvaux)


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  • Beaucoup trop long, un dessin animé qui n'en finit pas. Pas pour les plus petits. Histoire sans surprise.

    scénario: 12/20    technique: 16/20    note finale: 13/20

    La Schtroumpfette, le Schtroumpf costaud, le Schtroumpf à lunettes et le Schtroumpf maladroit ont filé en douce pour suivre une carte vers un mystérieux village. Mais le chemin qui y mène regorge d'embuches, de créatures magiques et de souterrains labyrinthiques. Il leur faudra par ailleurs redoubler de prudence puisque Gargamel n'est pas loin et compte bien les arrêter.


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  • Si vous résistez aux deux premières heures qui sont très ennuyeuses, vous apprécierez certainement la fin. C'est long, long, long et sans grand intérêt. Une historiette pas très utile qui décevra tous les cinéphiles.

    scénario: 12/20     acteurs: 12/20  technique: 16/20   note finale: 12/20

    La la land

    Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 
    De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
    Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
    Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

    Du haut de 30 ans, Damien Chazelle ne  confirme pas que la réussite de son premier film, le brillant et très remarqué Whiplash, était tout sauf le fruit du hasard. Il a du talent mais il ne le montre pas dans ce film. Il récidive donc avec un projet plus ambitieux, une aventure qui porte un cran plus haut le degré d’exigence et malheureusement le jeune réalisateur n'a vraisemblablement pas été à la hauteur de ses ambitions : il n'arrive ni à croquer à pleines dent dans le mythe, ni à faire trembler ses producteurs dont on imagine qu’ils ont aligné quelques zéros pour être à la hauteur du rêve. Au final : La la land, un titre simple comme les premiers mots d’une chanson fredonnée, un titre qui dit tout sans besoin de traduction et qui laisse deviner avec malice les milles et une couleurs d'un feu d’artifice en cinémascope et en technicolor.
    La la land, c’est la comédie musicale sans saveur et sans odeur. Le film a eu la chance de trouver son public et c'est très bien. Mais cela reste un film long, ennuyeux et sans imagination.

    C’est l’histoire de Mia et de Sebastian… Elle est serveuse dans un café niché au creux d’imposants décors d’un grand studio hollywoodien et court obstinément les castings dans l’attente du grand rôle. Il est pianiste de jazz, fan de Thelonius Monk mais pour l'heure il est surtout fauché et doit cachetonner en attendant d’accomplir son rêve : reprendre une mythique boîte de jazz à son compte et y jouer toute la musique qu’il aime. Entre eux, l'indifférence voire le mépris d'abord… avant les étincelles !
    Embrassant sans imagination tous les clichés, jonglant avec les références les plus prestigieuses – de Chantons sous la pluie à La Fureur de vivre en passant par Un américain à Paris, West Side Story ou les mélos flamboyants à la Douglas Sirk, sans oublier quelques clins d'œil admiratifs autant qu'affectueux à Jacques Demy – La la land ne parvient pourtant pas à tout réinventer. Les codes, dont il se moque avec tendresse, les chansons, traditionnelles mais souvent détournées avec humour, les décors, pas toujours réussis dans leur écrin de carton pâte mais et qui font toujours font toc, et les deux protagonistes, clichés sur pattes (la jeune serveuse qui veut percer à Hollywood, le musicien idéaliste et un peu dédaigneux qui se veut l’héritier des plus grands) mais terriblement humains. Même le récit, dont la trame est classique, ne parvient à nous surprendre grâce à une construction singulière (la toute dernière partie du film est cependant une belle trouvaille).

    Il s’agit plus d’un hommage raté que d’une véritable révolution cinématographique, La la land n'est pas la bouffée de bonheur, colorée, enjouée, rythmée, que l'on nous promettait...


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  •  Déception. Voici une comédie bien poussive avec un premier rôle faminin très décevant. Sur un scénario non dépourvu de vertus comiques, Dany Boon s’en tient un peu paresseusement à l’exploitation de situations attendues, et son idée de laisser le premier plan à une Alice Pol qui en fait des tonnes n’est pas faite pour arranger les choses. Une comédie plus raide que dingue.

    scénario: 12/20          acteurs: 12/20      technique: 16/20   note finale: 13/20

    RAID Dingue : Affiche

    Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d'un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d'elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues.
    Assignée à des missions aussi dangereuses que des voitures mal garées ou des vols à l'étalage, elle s'entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d'élite du RAID.
    Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l'agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d'arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.
    Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu"ils parviennent à travailler en binôme sans s'entretuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres.


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  • Un film égyptien, touffu, improbable et bordélique. Mais assez intéressant.

    scénario: 14/20       technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 14/20

    Le ruisseau, le pré vert et le doux ruisseau

    Yehia est chef cuisinier. Avec son fils Refaat, passionné de recettes et de saveurs, et son cadet Galal, coureur de jupons, ils préparent des banquets pour des cérémonies de fête. 
    Lors d’un mariage paysan orchestré par Yehia et ses fils, au cours duquel se dévoileront des amours secrètes, un homme d'affaires de la région et sa riche épouse proposent de racheter leur commerce. ‎Devant le refus de Yehia, la proposition tourne à la menace...

    « L’air du temps est sinistre. Je vois autour de moi une agressivité, une violence terribles, dans la vie comme au cinéma. Je comprends qu’il faille secouer les gens, les pousser à se réveiller et à agir. Mais alors qu’on subit cette avalanche de mauvaises nouvelles permanentes, de gens qui nous répètent que les temps sont durs, comme si on ne le savait pas, j’ai pensé que c’était le moment de faire un film pour dire ce que j’aime dans la vie. En l’occurrence, des choses de base, celles-là mêmes qui ont poussé les Égyptiens à sortir dans la rue en Janvier 2011 : le pain, la dignité et la liberté. Le film part de cet élan-là, comme quand, en pleine épidémie de peste, circulaient les histoires du Décameron. Il y a des moments où les gens doivent se raconter des histoires pour se souvenir de la vie, et résister à la mort. » Yousry Nasrallah

    Le précédent film de Yousry Nasrallah, Après la bataille (2012), était une fiction presque improvisée dans l'Égypte au lendemain de la chute de Moubarak, avec histoire d'amour sur fond de manifestations sanglantes.
    Le cinéaste change de ton avec ce nouvel opus au titre sybillin, qui évoque les trois éléments définissant le paradis dans la poésie arabe. Paradis perdu, puisque le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans la sinistrose. Du coup, Nasrallah a eu envie de ressusciter l'opulence des fêtes populaires d'avant la crise économique : on entre dans les préparatifs d'un grand mariage derrière une famille de cuisiniers qui s'affairent entre les tables dressées en plein air et les abris où ils sont installés.
    Plus de la moitié du film n'est qu'un tourbillon de personnages sur fond de couleurs éclatantes, clin d'œil évident aux productions de Bollywood. Femmes en tenues extravagantes, hommes en habit, serveurs circulant dans une effervescence constante. Dire que l'on suit parfaitement le méli-mélo des intrigues amoureuses (entre les fils du cuisinier, une cousine, une nièce et un ex grand amour) serait exagéré… mais qu'importe ! Ce qui compte, c'est la célébration de la vie, que Nasrallah a voulue « renoirienne », voire paillarde (avec danses sensuelles, couplets coquins chantés, qui plus est, par des femmes).
    Vers la fin, la gravité pointe, un crime est commis. En témoin engagé depuis toujours, Nasrallah tient à évoquer la violence de l'Égypte actuelle, dénoncer les crimes commis par un magouilleur corrompu, valet du pouvoir…
    Un film touffu, épuisant par moments, mais un hymne courageux et généreux au plaisir, à la liberté et au droit à la dignité.


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  • Si comme moi, vous vous attendez à voir un film sur Saint François d'Assise, ce film n'est pas pour vous. C'est un film un peu bizarre, qui tourne à vide et au scénario incertain. C'est magnifiquement filmé, les images sont sublimes mais on aurait aimé un peu plus de profondeur.

    scénario: 12/20     technique: 18/20    acteurs: 16/20   note finale: 14/20

    L'ami, François d'Assise et ses frères

    À l’aube du XIIIème siècle en Italie, la vie simple et fraternelle de François d’Assise auprès des plus démunis fascine et dérange la puissante Église. Entouré de ses frères, porté par une foi intense, il lutte pour faire reconnaître sa vision d’un monde de paix et d’égalité.

    Une première approche superficielle du film pourrait déclencher des réactions décontenancées, voire déçues : où est le François que nous connaissons ? Car il ne faut pas venir voir L’Ami, François d’Assise et ses frères dans l’idée d’y trouver une nouvelle Vie du Poverello.
    Nous découvrons d’abord une Fraternité partageant étroitement la vie des plus démunis. Une Fraternité qui puise dans la prière son unité et son amour du Christ pauvre. Au cœur de cette Fraternité, François est comme brûlé par le feu de l’Évangile. Vivre l’Évangile, la mettre en pratique de manière radicale au milieu des plus petits, des parias de notre société, voilà sa vie et sa Règle. François qui se fait saltimbanque, héraut de l’Évangile, au risque de rencontrer incompréhension et hostilité.

    Mais le cœur de l’intrigue est ailleurs. Le film choisit de mettre en lumière la relation entre deux hommes : François et Élie. Élie de Cortone, un de ses premiers disciples, est profondément attaché à François. Il veut l’aider à « réussir » son utopie fraternelle ; mais pour cela, il pense qu'il faut un minimum d’organisation afin de gagner en « efficacité », afin d'institutionnaliser ce style de vie. Elie veut le bien de François, même contre son propre gré. Il veut assurer le succès de l’ordre et du coup ne pas refuser, a priori, le rapport avec les hiérarchies ecclésiastiques, les compromis, les arrangements. Alors que François ne pense pas à l'après, Elie est habité par l'idée que les Franciscains doivent durer dans le temps.

    Pourquoi cette ambition à première vue généreuse se heurte-t-elle au refus de François et à l’incompréhension des frères ? Qu’est-ce qu’Elie n’a donc pas compris de l’idéal évangélique de François ? De ces visions opposées naît un affrontement qui impliquera aussi leurs camarades. Le film laisse au spectateur le choix de sa propre position, en suggérant l’intemporalité d’un tel dilemme, par ailleurs plus que jamais d’actualité.

    (Frère Nicolas Morin, ordre des Franciscains – Chiara Frugoni, historienne)


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  • J'adore le cinéma israélien mais là, il faut reconnaître que c'est un peu lent. très moyen. On s'ennuie un peu, comme les protagonistes...

    scénario: 12/20        acteurs: 14/20         technique: 16/20    note finale: 13/20

    Une semaine et un jour

    À la fin du Shiv’ah - les 7 jours de deuil dans la tradition juive - l’existence doit reprendre son cours. Tandis que Vicky, sa femme, se réfugie dans les obligations du quotidien, Eyal, lui, décide de lâcher prise… Avec un ami de son fils défunt, il partage un moment de liberté salvateur et poétique, pour mieux renouer avec les vivants...

    Peut-on rire de tout ? « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire […] peut parfois exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, répondait péremptoirement au siècle dernier le camarade Pierre Desproges, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort ». Et le même d'enfoncer rageusement le clou : « au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? ». C'est tout l'enjeu de ce formidable (premier !) film israélien, sacrément gonflé mais sans ostentation, qui s'efforce de prendre à bras-le-corps le pire du pire qui se puisse concevoir pour un parent : la perte de son enfant. Comment vivre, comment concevoir d'exister après la tragédie ? Et, dans le cas qui nous préoccupe, comment raconter l'impossible renaissance sans s'engluer dans le pathos ?

    Une semaine. Un tunnel d'une semaine de deuil, dans la tradition juive le shiv'ah, au terme duquel, leur grand fils de 25 ans mis en terre, la source des larmes sensément tarie, la vie de Vicky et Eyal doit reprendre ses droits, son cours, tout ce fatras de lieux communs qui définissent les gestes du quotidien. Se nourrir, dormir, travailler, faire son jogging, penser à faire stériliser les chatons errants, prendre rendez-vous pour un détartrage… et au milieu de ça, penser encore à ces à-côtés de la mort, les formalités du cimetière, celles de l'unité de soins palliatifs, les relations sociales, condoléances, remerciements, re-condoléances… Tout un tas d'obligations routinières auxquelles Vicky se donne à corps perdu, tandis que son mari, dévasté, se laisse couler à pic, envoie balader la terre entière, et cherche dans des accès de hargne, de colère et de violence à expulser les sanglots invisibles de sa douleur sèche. Rempli d'une agressivité primale, Eyal suit à l'instinct ses premiers mouvements, comme la quête compulsive, à l'unité de soins intensifs, de la couverture de son garçon – cette bête couverture piquée multicolore, égarée, qui devient un objectif nécessaire, vital, auquel il se raccroche rageusement. L'unité de soins intensifs où la dernière chambre de son fils est déjà occupée par un autre malade en phase terminale – qui lui rend, héritage dérisoire, le dernier sachet de cannabis thérapeutique non utilisé, abandonné dans un tiroir.

    Le film nous emmène avec une feinte légèreté dans les chemins creux du drame. Là où l'humour côtoie effectivement le désespoir. Il ne fait pas hurler de rire, non, mais on ne peut tout du long se départir d'un sourire franc, généreux, bienveillant pour les êtres qui se débattent dans l'innommable. Parce qu'on dira ce qu'on voudra, la mort, ce n'est pas raisonnable. Il est donc urgent de réagir comme elle et de déraisonner. Ce huitième jour « après » le deuil, tandis que Vicky s'efforce de ne pas s'effondrer en reprenant le cours normal d'une vie qui ne le sera plus, Eyal va donc le passer entre sa maison, son jardin, l'hôpital et le cimetière, à tenter de fumer pour la première fois cette herbe thérapeutique, manger des sushis, faire son deuil par procuration, avec l'aide plus ou moins consentante du fils de ses voisins détestés – mais qui sait, lui, rouler des joints et improviser des solos phénoménaux d'Air guitar. Il va aussi s'empailler avec des chauffeurs de taxis irascibles, s'essayer à la « Air chirurgie oncologique », avec une incroyable fillette échappée de la chambre où sa mère met ses dernières forces à lutter contre la maladie. Et petit à petit, d'outrances vachardes en échappées borderline, de dérapages désespérés en rêveries poétiques, à bout de souffle et de tristesse, finir de se perdre pour reprendre doucement pied dans le monde des vivants.


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  • Isabelle Huppert est comme d'habitude parfaite. mais le scénario n'est pas à la hauteur de son talent. La vie de bobos pariseine. Au début du film, elle a tout et à la fin, elle a tout perdu.Un film nostagique avec une jolie petite musique.

    scénario: 12/20     acteurs: 16/20  techniaue: 16/20   note finale: 14/20

    L'Avenir : Affiche

    Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Passionnée par son travail, elle aime par-dessus tout transmettre son goût de la pensée. Mariée, deux enfants, elle partage sa vie entre sa famille, ses anciens élèves et sa mère, très possessive. Un jour, son mari lui annonce qu’il part vivre avec une autre femme. Confrontée à une liberté nouvelle, elle va réinventer sa vie.

    Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Son mari est aussi professeur de philosophie et lui aussi aime les livres et l’assurance tranquille de cette vie bourgeoise et confortable, sans frasque ni ostentation. Les enfants ont grandi et ne sont plus à la maison, le plaisir et l’envie d’enseigner semblent toujours constants en dépit des années. Quant à l’amour, il est là, à sa manière, avec les us et coutumes d'une union qui dure depuis vingt cinq ans. Un amour sincère mais un peu éteint, posé sur une étagère, comme un gros bouquin dont on sait la présence rassurante mais qu'on oublie trop souvent d'ouvrir…
    La vie de Nathalie est rythmée par ses cours qu’elle donne à des jeunes gens tout feu tout flamme qui l’écoutent ou qui ne l’écoutent pas, préférant sécher pour aller manifester, se rassembler, revendiquer. Nathalie aussi, dans sa jeunesse, militait, mais c’était hier, le passé, une autre époque. Aujourd’hui elle veut simplement assurer ses cours tranquillement, suivre le fil de sa vie rangée avec ses livres, ses élèves et sa mère un peu folle qui se suicide trois fois par semaine.

    C’est aussi cela, le propre du temps qui passe, de la roue qui tourne : hier encore, on berçait sa couvée et aujourd’hui, il faut materner ses vieux parents. Et les vieille mamans angoissées, c’est parfois très pénible… Celle de Nathalie, dans son genre, est un spécimen fort intéressant.
    Nathalie glisse sur ces lendemains avec la force tranquille d’une femme fière de son parcours, des ses réussites familiales et professionnelle ; forte aussi d’une vie intellectuelle riche et intense, habitée par les auteurs, les philosophes, les penseurs qui accompagnent chacun de ses pas, chacune de ses pensées vagabondes ou muries.
    Les retrouvailles avec Mathieu, un ancien élève brillant qu’elle a mis sur la voie de la philosophie et dont elle suit le travail, vont coïncider avec cet instant précis de la vie de Nathalie où les événements vont se bousculer pour la malmener. Elle devrait s’effondrer, elle pourrait imploser, ou rester à terre en attendant le coup de grâce final… Mais sous ses allures frêles, s'appuyant sur la somme de ces instants d’avant qui forment son passé, elle va tenter de se fabriquer un avenir car, oui, l’avenir existe même quand on a depuis longtemps passé l’âge d’oser le questionner.

    On connaît, pour les avoir appréciées dans ses précédents films, la délicatesse et l’intelligence d’écriture de Mia Hansen Love, brillante réalisatrice qui s’attache ici à un portrait fort et subtil d’une femme qui arrive comme on le dit banalement à un tournant de sa vie. Elle réussit le pari de ne jamais plomber son propos et glisse une belle tendresse dans le regard qu’elle porte sur cette génération qui n’est pas la sienne. A contrario, la manière dont elle parle de la jeunesse, de ses rêves, de ses utopies ne se fait jamais en opposition. Au fond, chacun n’est que la face passée ou à venir de la même pièce et tout n’est que mouvement.
    C’est un beau film sur le temps qui passe et la sagesse dont il faut faire preuve pour accepter le cycle de la vie qui œuvre pour chaque humain. C’est aussi un film qui dit qu’avec la pensée et l’affection des autres, on est plus fort pour y arriver.


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  • Un très beau film sur la danse même si on peut regretter certaines longueurs. La révélation, c'est la fille de Vanessa qui a une véritable grâce. Elle est divine et excellente dans ce film.

    scénario: 16/20      acteurs: 17/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    La danseuse

    Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

    La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent.


    Ça démarre dans l'Illinois, USA. Loïe, jeunette, ressemble plus à une espèce de Calamity Jane qu'à une ballerine, plus habituée à manier un fusil qu'à faire des pointes (d'ailleurs elle n'en fera jamais). Passant ses premières années entourée de péquenauds à grande gueule, on se demandera longtemps comment il est possible qu'elle soit tombée amoureuse des arts au point de vouloir dépasser sa timidité pour monter sur scène. Alors qu'elle y joue le rôle d'une femme sous hypnose, vêtue d'une longue chemise blanche, elle se met à improviser de grands mouvements. Le public s'écrie : « Un papillon ! Une orchidée ! » Cela devient une joyeuse pagaille, sans doute au grand dam du metteur en scène. À compter de ce jour-là, Loïe, obsessionnelle, consacrera sa vie à enrichir son idée de chorégraphie.
    D'instinct elle s'invente un geste et va traverser le monde grâce à lui. D'abord en sculptant son corps inlassablement, en lui imposant des exercices répétitifs, excessifs. Ensuite en améliorant toujours ses accessoires, ses artifices. Le fruit de son succès, elle le réinvestit sans compter dans l'amélioration de ses spectacles. Elle redessine constamment son costume, le rendant plus complexe et vaporeux. Confectionné d'abord dans quelques mètres de simple coton il est fabriqué par la suite dans 350 mètres de soie la plus fine. Un véritable exploit pour lequel Loïe se lance dans de complexes formules mathématiques. Elle s'entoure des meilleurs techniciens de l'époque, invente une nouvelle manière d'éclairer la scène. Elle devient plus qu'une chorégraphe, une experte dans tous les domaines qu'elle aborde : physique, chimie… devenant même copine avec Thomas Edison et d'autres inventeurs de l'époque, allant jusqu'à faire breveter ses idées. Elle bouscule tous les préconçus, les habitudes. Sous ses doigts, dans son cerveau naissent, sans qu'elle le sache, les prémices de la danse contemporaine, on aurait même envie de dire du spectacle multimédia.
    C'est un vrai tourbillon précurseur qui ne se contente pas de ses acquis et remet perpétuellement tout en question. D'abord seule en scène, elle sélectionne une troupe. C'est ainsi qu'elle auditionne une jeune danseuse presque inconnue nommée Isadora Duncan et qu'elle tombe sous le charme de cette antithèse d'elle-même. Pour Isidora tout est naturellement simple. Elle a la beauté bienheureuse, la désinvolture, les facilités de celles qui n'ont pas besoin d'un costume ni de lumières pour être remarquées, admirées, désirées… Une vraie révélation d'une fulgurance dévastatrice, sulfureuse, qui précipitera la chute de Loïe Fuller…

    Quelle destinée à peine croyable que celle qui conduisit cette fille de ferme du Midwest à New-York puis à Paris ! Mais malgré les acclamations, Loïe resta toujours dans sa tête cette bouseuse terne en mal de reconnaissance, obligée de se cacher sous des mètres de soie luminescente pour avoir l'illusion de briller. Désormais Isadora et Loïe reposent en paix à quelques mètres l'une de l'autre, dans le cimetière du Père Lachaise. La tombe de l'une recouverte de fleurs, celle de l'autre tombée dans l'oubli...


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  •  Ce film avait tout pour être réussi: de grands acteurs, du budget et une réalisatrice confirmée. Malgré tout cela, la sauce ne prend pas. L'image, les décors, les costumes sont magnifiques et c'est très bien filmé mais on s'ennuie ferme. C'est dommage. Les acteurs font ce qu'ils peuvent mais quand le scénario n'est pas dynamique, c'est difficile.

    scénario: 14/20    technique: 19/20    acteurs: 15/20   note finale: 15/20

    Cézanne et moi

    Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil... Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

    C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola.
    Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée…
    Alors bien entendu, on a connu plus sobre et plus intimiste dans les portraits au cinéma de grands artistes : Pialat quand il fait son inoubliable Van Gogh ou même Michel Bouquet quand il incarne Renoir au crépuscule de sa vie… Danièle Thompson est dans une autre démarche, plus flamboyante et son histoire est à l’image de cette amitié incandescente entre deux fougues inépuisables que rien ne semble freiner… alors oui bien sûr, parfois, on a un peu le tournis, ça s’enflamme et ça jaillit de tous côtés, ça explose souvent, ça va et vient entre les époques, les œuvres, les succès, les déceptions. Mais à chaque fois que le film semble s’alourdir, l’écriture reprend le flambeau du récit. Les dialogues sont ciselés avec une rare intelligence, le rythme est parfait, le ton juste et le verbe reprend toujours ses droits, portés par deux comédiens habités par l’aura de ces grands hommes.

    Il faut dire qu’elle est intense, cette histoire d’amitié, elle ne connaît pas la tiédeur. Cézanne et Zola se rencontrent à Aix, ils ont treize ans et partagent les mêmes rêves, les mêmes utopies… tous deux montent à Paris, fréquentent les même quartiers : Montmartre, les Batignolles, tous deux crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, tous deux ont soif de reconnaissance et de gloire aussi… Mais alors que Zola va connaître rapidement le succès et devenir très vite « un auteur » reconnu et respecté, son ami Paul, impétueux, colérique, intransigeant avec son art et avec lui-même, ne parvient pas à percer et s’enferme peu à peu dans la posture de l’artiste incompris et maudit, bohème, éternellement fauché, irrémédiablement tourmenté. Danièle Thompson film cette douloureuse marche à contre-courant des deux hommes, l’un filant tranquillement vers la gloire avec tout le confort, la sécurité et les concessions que cela suppose, l’autre fuyant tout compromis, toute modération dans son rapport aux autres pour servir un art dont il sent pourtant qu’il est plus fort ou plus grand que lui, un art qui, comme le succès, lui échappe.
    Au cœur du film, comme un point d’ancrage, il y a un roman de Zola, L’œuvre qui scellera définitivement la brouille entre les deux hommes. Une œuvre qui interroge précisément la place de l’artiste et de la création, mais pose au-delà le lien douloureux et complexe entre la fiction et le vécu. Pour la peinture, l’époque est passionnante : on y croise Monsieur Manet et les premiers peintres impressionnistes (que Zola, jeune critique d’Art défendra), on y croise aussi (bon d’accord, de loin) les tumultes politiques…

    Au-delà d’un film sur l’œuvre (magistrale) de Zola ou sur la peinture (tout aussi majeure) de Cézanne, Cézanne et moi est finalement le récit intimiste et libre (quoique parfaitement documenté) de l’amitié entre Paul et Emile mise à l’épreuve du feu de la célébrité et de celui, peut-être plus dangereux encore, de l’orgueil.

     


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  •  Une petite comédie sans prétention mais qui n'apporte pas grand chose. Virginie Effira est parfaite mais le scénario n'est pas génial. C'est bien filmé.

    scénario: 14/20     acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 15/20

    Victoria

    Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. 
    Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu'elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

    Tous ceux qui aiment les grands classiques de la comédie hollywoodienne, Cukor (Indiscrétions), Hawks (L'Impossible Monsieur Bébé) ou plus récemment Blake Edwards (d'ailleurs on ne nous fera pas croire que le prénom Victoria a été choisi au hasard) – autrement dit tous ceux qui aiment le cinéma – vont être enchantés, emballés par ce film français qui se hisse au niveau des grandes réussites du genre. Ce n'est pas si souvent qu'on peut avancer cette comparaison sans exagérer, on ne va donc pas se priver d'exprimer ici notre enthousiasme, d'autant plus que Victoria ne se contente pas d'être une mécanique comique imparable, il dit aussi plein de choses acérées sur notre monde tel qu'il va. Pas de doute, après le très intéressant mais un peu foutraque et un brin fatiguant La Bataille de Solférino, Justine Triet monte de deux crans, passe à la vitesse supérieure et nous livre un deuxième film remarquablement écrit, construit, maîtrisé de bout en bout.

    Victoria Spick (drôle de patronyme) mène, comme disaient les anciens, une vie de bâton de chaise. Autrement dit son existence est pour le moins cahotique, pour ne pas dire bordélique. Avocate pour les causes qu'elle peut trouver, elle a une vie sentimentale foireuse qui vogue au bon gré de tinder (pour les déconnectés, cette application permet aux célibataires et assimilés en manque affectif et/ou sexuel de trouver dans une zone géocalisée d'éventuels partenaires souffrant des mêmes carences) et s'occupe plutôt très mal de ses enfants qu'elle confie trop souvent à des babysitters surexploités… Il paraît que c'est ce qu'on appelle une vraie femme moderne. Et comme si ça ne suffisait pas, elle va faire deux choix qui ont toutes les chances de s'avérer mauvais, voire cata : accepter de défendre, contrairement à l'éthique professionnelle, son meilleur ami, accusé par la femme qu'il vient d'épouser de l'avoir poignardée en plein mariage (cérémonie à laquelle Victoria a assisté) ; et prendre comme baby sitter et colocataire un ancien client dealer, charmant par ailleurs (excellent Vincent Lacoste, qui joue dans le film un rôle dévolu aux femmes dans les classiques hollywoodiens évoqués plus haut ; Virginie Efira, elle, endosse carrément le rôle de Cary Grant !). Dans le même temps son ex, écrivain raté mais entêté, s'est mis à tenir un blog où il raconte tous les travers de son ancienne compagne, y compris des secrets concernant des clients parfois facilement énervables… Tout cela va avoir des conséquences en cascade, conséquences professionnelles, conséquences sentimentales, conséquences fâcheuses, conséquences rocambolesques surtout, qui ne feront peut-être pas le bonheur de notre personnage mais qui font en tout cas le nôtre !

    On ne racontera pas toutes les séquences hilarantes – souvent des scènes de procès – qui ponctuent le film et en font un festival de drôlerie. On citera quand même celle où Victoria dissèque, avec le plus grand sérieux, l'analyse comportementale d'un chien, ou bien celle où elle présente comme pièce à conviction un selfie pris par un chimpanzé… Et encore cette impayable plaidoirie, au lendemain d'une soiré dépressive et médicamentée, qui voit Victoria dérouler son argumentaire comme un 45 tours passé en 33… Stop !
    Mais on ne peut pas ne pas insister sur la performance époustouflante de Virginie Efira, qui s'impose définitivement comme une magnifique interprète de comédie (la dernière actrice à nous avoir fait une telle impression, c'était Sandrine Kiberlain dans le Neuf mois ferme de Dupontel, le rôle lui a valu un César, le rendez-vous est pris). Virginie Efira aussi épatante quand elle est volubile et cynique que lorsqu'elle est amoureuse et fragile, craquant sous le vernis. Une grande comédienne pour une formidable comédie !


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  •  Une comédie sympa mais qui ne fera pas date. Pas super réussi. Mais on rit.

    scénario: 14/20      technique: 16/20      acteurs: 16/20   note finale: 15/20

    Radin

    François Gautier est radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…


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  • le scénario est bâclé! l'histoire pas terrible, et les acteurs peu convaincants. Les images de nature sont magnifiques mais vues et revues. Bref, pas terrible et peu d'imagination.

    scénario: 12/20   acteurs: 10/20  technique: 16/20   note finale: 12/20

    L’histoire époustouflante de l’amitié entre un garçon nommé Lukas, son aigle Abel et Danzer, le garde forestier. Lukas, un jeune garçon élevé par un père autoritaire, recueille un aiglon tombé du nid. Il nomme son nouveau compagnon Abel et s’en occupe en secret avec l’aide de Danzer. L’aigle et l’enfant s’apprivoisent et grandissent ensemble. Mais, lorsque vient le jour pour Abel de prendre son envol, Lukas parviendra-t-il, lui aussi, à prendre le sien ?


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  •  Grossier et vulgaire mais amusant. Dommage que ce soit aussi grossier. Le scénario est intéressant. Les acteurs sont bons. Manque de finesse.

    scénario: 13/20         acteurs: 16/20        technique: 16/20       note finale: 14/20

    Cinq amis d'enfance rêvent depuis toujours d'habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d'assumer sa part en se mettant à vendre de l'herbe. Mais n'est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu'il lui reste : ses amis !


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  •  Bof, c'est très moyen tant au niveau du scénario que de la mise en scène que du jeu des acteurs. Moyen

    scénario: 12/20       acteurs: 12/20    technique: 12/20   note finale: 12/20

    Rosalie Blum

    Vincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents... Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu'il est convaincu d'avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l'espoir d'en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…


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  • Mais à quoi sert ce film? Qu'apporte-t-il? Rien. Encore un film qui ne sert à rien. c'est moyen, pas franchement ennuyeux mais pas franchement intéressant non plus. Médiocre et inutile.

    scénario: 10/20         acteurs: 12/20       technique: 16/20      note finale: 10/20

    Paris-Willouby

    Les Guilby Lacourt forment une famille recomposée typique de notre époque. Entre père, belle-mère, petite sœur, frère, demi-sœur, ou encore demi-oncle, ils ont parfois du mal à s’y retrouver ! Un soir, ils apprennent la mort d'un grand-père avec qui ils ont coupé les ponts depuis une dizaine d'années. Fatalement voués à cohabiter le temps d'un long voyage pour se rendre à son enterrement, ils vont tous très vite devoir s'adapter au concept du "vivre ensemble" dans l'espace exigu de la voiture familiale. Pour le meilleur et pour le pire !


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  •  Un téléfilm d'après-midi mais pas un film. C'est ennuyeux, bavard et ça n'apporte rien. On voir New York. On s'ennuie autant que les actrices principales. le scénario est minimaliste.

    scénario: 12/20   technique: 15/20    acteurs: 15/20   note finale: 13/20

    Misstress America

    Étudiante en première année dans une université de New York, Tracy se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s'attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu'au jour où elle est accueillie par sa future demi-soeur Brooke, New-Yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait…

    Six mois à peine après l'excellent et très drôle While we were young, voici l'assez drôle et très moyen Mistress America. Deux films par an, c'est trop. il devrait plus travailler ses scénario.  La Mistress America du titre, c'est Brooke, interprétée par Greta Gerwig (qui impose ici un tempérament comique hors du commun), également co-scénariste du film. Mais pour entrer dans l'histoire, il faut passer par Tracy : c'est elle le personnage central, ce sont ses yeux et ses mots qui nous serviront de guide.

    La réservée, la presque timide Tracy (parfaite et attachante Lola Kirke) débute sa première année d'études littéraires dans une université de Manhattan… et on ne peut pas dire que ce soit la joie. Ses cours sont plutôt ennuyeux, sa camarade de chambre est plutôt revêche, ses condisciples sont plutôt banals… Bref son entrée dans la vie étudiante new-yorkaise, qu'elle rêvait enrichissante, surprenante, excitante… est plutôt décevante. Il y a bien Tony, qui partage son goût pour l'écriture – ils s'échangent et critiquent mutuellement leurs premières tentatives – mais il a un côté mollasson assez désespérant… et en plus il se fait mettre le grappin dessus par une Nicolette ultra-possessive et méga-jalouse. Pas grand chose à espérer donc sur le campus. Alors quand sa candidature au cercle littéraire qu'elle voulait intégrer est rejetée par les abominable snobinards du comité de rédaction, elle se persuade qu'il faut peut-être aller voir ailleurs si l'air est plus vivifiant et se résout à contacter – comme le lui demande sa mère, avec insistance, depuis son arrivée à New-York – la fameuse Brooke.
    Mais qui donc est cette Brooke ? C'est en fait sa future demi-sœur : son père va incessamment sous peu épouser la mère de Tracy, c'est censé créer des liens aussi immédiats que durables… Tracy n'y croit guère mais la première rencontre va être ébouriffante : Brooke est une sorte de tornade blonde, exubérante, enthousiaste, qui habite Times Square, « the place to be », dans un appartement bric-à-brac qu'elle a évidemment décoré elle-même – et qu'elle occupe de manière plus ou moins clandestine –, qui connaît tout un tas de gens formidables, qui déborde de projets tous plus épatants les uns que les autres, dont le plus immédiat est l'ouverture d'un resto-salon de coiffure-galerie d'art-centre communautaire, il faut juste qu'elle arrive à convaincre un partenaire financier et l'affaire est faite… Sans avoir le temps de dire ouf, Tracy est emportée dans le tourbillon de cette fille rigolote, spontanée, grande gueule et touche-à-tout, qui aurait tout pour être exaspérante si on ne sentait pas en elle une vraie générosité et une grande fragilité…

    La suite des événements montrera en effet que Brooke a peut-être plein de relations mais pas vraiment d'amis, plein de désirs mais peu de conclusions, plein d'idées mais qui n'aboutissent jamais ou alors qu'on lui pique. C'est ainsi, prétend-elle, que son ex-meilleure amie Mamie Claire s'est appropriée une de ses idées qui lui a apporté la fortune. Et en même temps Mamie Claire lui a fauché son boyfriend et ses chats ! Brooke décide donc d'aller affronter cette traîtresse pour la pousser à investir dans sa future affaire, car il faut vous dire qu'entre temps son bailleur de fonds s'est désisté… Et pour cette confrontation décisive, elle embarque sa demi-sœur putative, flanquée par un concours de circonstances de Tony et Nicolette… L'équipée sera particulièrement ennuyeuse !


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  • D'une réjouissante absurdité! Ce film se moque avec talent des communicants politiques. Mais hélas, le scénario est un peu faible et certaines situations vraiment trop loufoques et absurdes.

    scénario: 12/20        technique: 16/20     acteurs: 16/20  note finale: 14/20

    Gaz de France

     

    Dans la France des années 2020, Michel Battement, l'éminence grise du chef de l'état, doit d'urgence remonter la cote de popularité du président Bird afin d'empêcher la chute imminente du régime. Au fin fond des sous-sols surchargés de l’Élysée, il organise une consultation secrète, en compagnie des meilleurs cerveaux du pays.


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  • On passe de bons moments même s'il n'arrive pas à la cheville de "la cuisine au beurre" dont il est un vague remake. Bien joué même s'il manque un je ne sais quoi pour que ce soit vraiment réussi. Bien joué et bien filmé.

    scénario: 14/20     technique: 16/20   acteurs: 16/20   note finale: 15/20

    Pension complète

    François et Charlotte dirigent ensemble un hôtel-restaurant gastronomique au bord de la mer mais leur relation conjugale n’est pas au beau fixe : obsessionnel acharné, François veut sa première Étoile au Guide Michelin tandis que Charlotte, à l’aube de la quarantaine, ne rêve que d’un premier enfant. Cette situation, déjà compliquée, va littéralement exploser le jour où le premier mari de Charlotte, Alex, débarque dans leur vie alors que tout le monde le croyait mort dans le terrible tsunami de 200


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  • Le film peine à commencer, c'est bavard et il y a 30 minutes de trop. Mais c'est intéressant et ces histoires de finances sont incroyables. On s'ennuie tant c'est long. Dommage.

    scénario: 14/20    acteurs: 14/20   technique: 14/20   note finale: 14/20

    The Big Short : le Casse du siècle

    Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle ! Michael Burry, Mark Baum, Jared Vennett et Ben Rickert : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques … et tenter de rafler la mise !

    Dans le New York Times, Paul Krugman, Prix Nobel d’économie en 2008, écrit que The Big short « réussit génialement à rendre distrayantes les arnaques de Wall Street et à exploiter l’humour noir inhérent à la manière dont tout s’est écroulé ».
    Réalisateur-phare de la nouvelle comédie américaine aux côtés de son comparse et ami Will Ferrell, relativement méconnu en France, Adam McKay décale avec The Big short son angle de tir. Loin des délires absurdes et infantiles qu’il affectionne, le sujet est cette fois plutôt grave, puisqu’il s’agit de la crise des subprimes, étincelle inaugurale d’une crise économique mondiale. McKay, qui pas plus qu’un autre ne se refait, n’en signe pas moins un film drôle, mais d’un nouveau genre dans l’ordre du rire, qu’on pourrait nommer « comique pédagogique ». Le défi n’est pas mince : il s’agit à la fois de divertir en montrant une brochette de personnages passablement allumés, mus par des affects schizophréniques, et d’informer le spectateur en lui expliquant les mécanismes spéculatifs financiers relativement complexes qui nourrissent leur pathologie.


    Ce qu’il faut donc souligner – par comparaison avec d’autres œuvres remarquables qui se sont emparées du sujet, du documentaire Inside job, de Charles Ferguson, au Loup de Wall Street, de Martin Scorsese – c’est le côté retors du film. The Big short raconte en effet l’histoire d’une brochette de financiers qui, plus clairvoyants que les autres, ont décelé le caractère délictueux des prêts hypothécaires consentis aux particuliers par les banques, et vu venir l’énormité de la crise des subprimes qui allait s’ensuivre. Tout l’intérêt du film consiste à montrer comment ces personnages, qui ont raison contre leur milieu, vont se positionner à la fois professionnellement et moralement par rapport à ce qu’ils perçoivent comme une catastrophe annoncée.
    C’est très exactement en cette délicate articulation que le film gagne ses galons. Car si tous entrent en lutte contre la gigantesque manœuvre qui gangrène les milieux financiers, c’est essentiellement par les mêmes moyens et pour les mêmes fins : la spéculation financière, l’enrichissement personnel, le shoot d’adrénaline. Ces hommes-là ont beau être dans le vrai, ils n’en misent pas moins sur l’effondrement général, des spéculateurs comme de leurs victimes, pour mettre du beurre dans leurs épinards. Voilà en un mot la grandeur de The Big short, qui est de nous rappeler que la probité ne sort jamais gagnante d’un système où l’ultime valeur, le serait-elle au nom d’une certaine définition du bien public, est le profit.

    Loin d’être sentencieuse, cette petite leçon de choses néolibérales s’appuie sur une dramaturgie pleine de tension, filme le huis clos à la manière d’un documentaire… et tire grand profit d’acteurs à l’abattage frénétique. Christian Bale campe ainsi impérialement Michael Burry, ex-neurologue, génie des algorithmes, gestionnaire de fonds excentrico-autarcique, amateur de rock metal et massacreur de batterie, inventeur du mécanisme qui permettra à tous les personnages du film de rafler la mise au moment où Wall Street la perdra.
    Steve Carell, grande mèche teinte rabattue sur le front, incarne Mark Baum, sorte de Saint-Just perpétuellement indigné d’un milieu dont il fait pourtant partie intégrante, ce qui l’énerve encore plus. Ryan Gosling est Jared Vennett, un jeune loup de Wall Street froid comme la mort, qui a lui aussi senti le coup venir. Finn Wittrock et John Magaro interprètent quant à eux deux jeunes ambitieux gestionnaires de fonds qui vont s’adjoindre le concours d’un ex-trader devenu un intégriste de l’écologie (Brad Pitt) pour jouer dans la cour des grands. Autant de héros dont la victoire sera célébrée par un désastre, invitant à considérer The Big short comme une tragédie qui ne dit pas son nom.


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  •  Ceux qui s'attendent à un film historiques en seront pour leur frais. Pas mal mais ennuyeux. Bien filmé et les costumes et les décors sont magnifiques. le scénario est moyen. les acteurs jouent bien. mais vraiment avec tous ces moyens, je m'attendais à mieux.

    scénario: 14/20       acteurs: 14/20   technique: 18/20   note finale: 14/20

    Les anarchistes

    Paris 1899. Le brigadier Jean Albertini, pauvre et orphelin, est choisi pour infiltrer un groupe d’anarchistes. Pour lui, c’est l’occasion de monter en grade. Mais, obligé de composer sans relâche, Jean est de plus en plus divisé. D’un côté, il livre les rapports de police à Gaspard, son supérieur, de l’autre, il développe pour le groupe des sentiments de plus en plus profonds.


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  •  Un scénario léger comme une plume. Et quand le scénario est minimaliste... le film ne peut pas être génial. Ensuite, ils ont trouvé une blonde qui joue mal. Par contre, les dialogues sont parfois amusants. C'est bien filmé. Fabrice Lucchini a un tout petit rôle. Manu Payet est formidable! Bref, tout cela fait un film très très moyen.

    scénario: 7/20     acteurs: 12/20   technique: 16/20    note finale: 12/20

    un début prometteur

    Martin, désabusé pour avoir trop aimé et trop vécu, retourne chez son père, un horticulteur romantique en fin de course. Il y retrouve Gabriel, son jeune frère de 16 ans, exalté et idéaliste, qu’il va tenter de dégoûter de l’amour, sans relâche. Mais c’est sans compter Mathilde, jeune femme flamboyante et joueuse, qui va bousculer tous leurs repères...


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  •  Olivier Gourmet est un acteur fantastique qui peut tout jouer, absolument tout. Le problème, c'est que les bons acteurs sont rares et quand en face de lui, il y a une mauvaise actrice, comme c'est le cas dans ce film, ça ne passe pas. Le scénario est très bien, c'est bien filmé, les décors et les costumes sont magnifiques, mais le rôle féminin est très très mal distribué. Dommage!

    scénario: 18/20   acteurs: 14/20 (18/20 pour Olivier Gourmet)   technique: 18/20   note finale: 16/20

    L'odeur de la mandarine

    Eté 1918. La guerre fait rage pour quelques mois encore, mais pour Charles et Angèle, elle est déjà finie. Lui, officier de cavalerie y a laissé une jambe. Elle, son infirmière à domicile, vient de perdre au front son grand amour, le père de sa petite fille. Unis par le besoin de se reconstruire, ils nouent une complicité joyeuse qui les ramène à la vie. Sur l'insistance de Charles, Angèle accepte un mariage de raison. Il leur faudra entrer en guerre, contre eux-mêmes et contre l'autre avant d'accepter l'évidence de la passion qui les lie malgré eux…

    En cette période anniversaire de la première Guerre Mondiale, le cinéma nous offre une sorte de panorama de ces années sombres. Après le radical La Peur, après le beau film britannique Mémoires de jeunesse et avant le formidable film d’animation Adama, qui retrace le parcours d’un jeune garçon, de sa luxuriante vallée en Afrique au paysage désolé de Verdun, parti à la recherche de son frère enrôlé comme tirailleur sénégalais, – Gilles Legrand signe un film romanesque et sensuel autour de la rencontre de deux personnages abîmés par la guerre et qui tentent de se reconstruire.

    Eté 1918. La guerre fait rage pour quelques mois encore, mais pour Charles elle est déjà finie. Officier de cavalerie, il y a laissé une jambe et rumine dans son domaine sur sa nouvelle condition de riche estropié. C’est alors qu’arrive au château une jeune femme, Angèle, accompagnée de sa fille. Angèle est infirmière à domicile, elle vient de perdre au front son grand amour, le père de sa petite fille. La jeune femme soigne Charles avec doigté et bienveillance, évoque avec lui les douleurs fantômes du membre absent, lui apporte légèreté et bonne humeur.
    Très vite ils nouent une complicité joyeuse qui les ramène à la vie. Elle est une cavalière émérite, elle est spirituelle, elle joue au billard et fume le cigare. Autant de qualités qui subjuguent littéralement le capitaine de cavalerie… lequel ne tarde pas à lui demander sa main. Mais Angèle ne le voit pas de cet œil, elle est encore amoureuse du père de sa fille et elle se refuse à trahir ses sentiments. Il leur faudra entrer dans une autre guerre, intime celle-là, contre eux-mêmes et contre l’autre, avant d’accepter l’évidence de la passion qui les lie presque malgré eux…

    Le récit repose sur un jeu d’équilibre entre humanité et animalité. Et Olivier Gourmet incarne à merveille ces deux éléments. Il est tour à tour émouvant, fragile, autoritaire, bestial, délicat et éduqué, rustre et monstrueux. Face à lui Georgia Scalliet, qu’on découvre : c’est son premier film mais elle est sociétaire de la Comédie Française. La jeune femme déploie un jeu intense, qui désarçonne au départ et fascine au final. Elle incarne une jeune femme déjà libre pour l’époque : fille-mère, elle s’est émancipée par la force des choses et par le surgissement de la guerre. Une femme indépendante et instruite – elle nous fait penser à l’héroïne de La Leçon de piano de Jane Campion – tiraillée entre amour et désir. Les deux comédiens jouent cette partition pas si facile avec justesse et intensité, restituant toute la gamme complexe des émotions qui les traversent.

    Gilles Legrand met en scène avec talent cette histoire de désirs et de sexualité contrariée et dessine le portrait puissant de deux amputés, lui de sa jambe, elle de son grand amour, deux handicapés, luttant pied à pied pour se débarrasser de leurs fantômes, tâtonnant dans l’obscurité à la recherche de la lumière.


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  •  Pas mal, mais un peu trop onirique pour moi. Il manque un je ne sais quoi à ce film pour qu'il soit totalement réussi. Mais pâs mal. On a vu pire. Quelques scènes très amusantes.

    scénario: 14/20   acteurs: 16/20  technique: 16/20  note finale: 15/20

    Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.
    Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe…

    Au cœur des Alpes suisses, dans un grand hôtel réservé aux plus fortunés, où tout ne devrait être que luxe, calme et volupté, nous allons en fait côtoyer une belle bande d'agités : un jeune acteur en plein questionnement sur son prochain rôle, un couple qui semble ne jamais échanger le moindre mot, un ancien footballeur argentin en surpoids (eh oui, c'est lui), Miss Univers en personne, un guide de montagne probablement plus habitué au charme spartiate d'un refuge, une masseuse de l'hôtel qui se rêve danseuse, une jeune prostituée désabusée... Mais nous fréquenterons surtout, pour notre plus grand plaisir, un vieux réalisateur venu travailler à ce qui devrait être son film-testament – Harvey Keitel – et son meilleur ami, un chef d'orchestre à la retraite – Michael Caine. Ce dernier se verra proposer par un émissaire de la reine d'Angleterre de reprendre la baguette pour diriger un morceau particulier à la fête d'anniversaire du prince Philip. Il opposera un refus ferme et définitif à cette demande... Mais n'est-ce pas de toute façon le privilège de l'âge de pouvoir se détacher de certaines obligations et se permettre d'envoyer paître la reine d'Angleterre ? Cela dit, même à 80 ans, les choses ne sont pas si simples, surtout quand on a une grande fille qui est aussi son agent personnel et qui a des idées bien arrêtées sur ce qu'est la carrière d'un grand maître de la musique...
    La présence de ces personnages dans ce lieu de rencontre naturel qu'est l'hôtel va permettre de multiples échanges qui seront source de réflexion et même d'évolution pour certains. La vie, la mort, la création, la beauté, le sens des choix que l'on fait, le temps qui passe, l'amitié, la paternité, l'amour, la fidélité, ce qui nous obsède, ce dont on se souvient, ce que l'on préfère oublier... autant de thèmes évoqués ou sous-entendus lors de ces discussions plus profondes qu'elles n'en ont l'air sur le moment. Cela n'empêche d'ailleurs pas nos octogénaires d'aborder des questions plus terre à terre, comme de s'enquérir chaque jour du nombre de gouttes qu'ils auront réussi à pisser ! Et l'on peut faire confiance à Paolo Sorrentino pour déployer tout au long du film une finesse, une subtilité, une tendresse, une drôlerie qui font tout son prix. Ce nouveau film de l'Italien Sorrentino est tourné en anglais et l'immense Michael Caine prend en quelque sorte le relais de Toni Servillo, l'acteur fétiche du réalisateur, dans le rôle de l'homme d'âge mûr impassible, au regard affûté, qui occupe son temps à scruter les habitudes et les manies de ses semblables. Les autres acteurs sont tout autant à leur place dans l'univers de Sorrentino, Paul Dano, parfait, ou Harvey Keitel dont vous n'oublierez pas le face à face avec Jane Fonda.
    Plus encore que dans ses précédents films, La Grande Bellezza ou Il Divo, l'humour est ici très présent : il s'exprime essentiellement à travers des dialogues savoureux, mais aussi au détour de quelques épatantes trouvailles visuelles. Bref, un qualificatif résume bien la forte impression que nous fait ce film : brillant !


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  • Inutile de préciser que je regrette Jasan Statham. Le nouveau transporteur est vraiment sans saveur à côté de Jason. Mais le transporteur reste le transporteur avec ses courses de voiture, ses filles maigres et blondes et son histoire à dormir de debout. Ni pire, ni meilleur que les précédents.

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le transporteur Héritage

    Frank Martin, un ex-mercenaire des forces spéciales, est aujourd’hui spécialisé dans le transport de colis top secrets pour des clients pas toujours recommandables.
    Alors que son père lui rend visite dans le Sud de la France, Frank se retrouve entraîné dans un braquage par Anna, cliente mystérieuse et manipulatrice, et ses trois partenaires. Précipité au cœur d’une vendetta impitoyable menée par ces quatre femmes fatales, et tandis que l’ombre de la mafia russe plane sur la Riviera, Frank devra plus que jamais faire appel à ses talents de pilote et de séducteur.


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  • Un biopic ennuyeux. Il manque un je ne sais quoi pour que ce soit bien.

    scénario: 12/20    acteurs: 15/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Oriana Fallaci

    Oriana Fallaci raconte la vie à cent à l'heure de cette journaliste italienne hors norme, de la Dolce vita au 11 Septembre en passant par le Vietnam, la Grèce des colonels ou l'Iran de Khomeiny. Oriana Fallaci est impertinente, drôle et parfois brutale. Elle a révolutionné le journalisme, a sillonné la planète et surtout rencontré et bousculé tous ceux qui font l’Histoire.


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  • Comme d'habitude, un scénario aux rebondissements improbables. Tom Cruise est égal à lui-même. Ca va dans tous les sens, c'est plein d'énergie et c'est un peu bête. Les cascades sont si ridicules qu'on n'y croit pas une seconde. MDR

    scénario: 14/20       technique: 16/20   acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Mission impossible: Rogue Nation

    L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

     

     


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  • Pas mal mais moins réussi que le premier; Et on se demande pourquoi ils se moquent à ce point des allemands? Très bavard et scénario mal ficelé. Le jeu des acteurs est approximatif

    scénario: 14/20        acteurs: 14/20   technique: 14/20     note finale: 14/20

    Pitch Perfect 2

    Les Barden Bellas sont de retour pour faire vibrer le monde dans Pitch Perfect 2, suite de The Hit Girls qui racontait l’histoire d’une bande d’adorables jeunes filles un brin marginales qui n’avaient qu’un point commun : leurs voix inoubliables lorsqu’elles chantaient ensemble et ne formaient plus qu’un. Cela fait trois ans que les Bellas se sont imposées comme le premier groupe exclusivement féminin à remporter un titre national grâce à leurs voix, leur style et leur attitude reconnaissables entre toutes. Mais lorsqu’elles se retrouvent radiées suite à un scandale qui risque de compromettre leur dernière année à Barden, nos trois championnes à l’esprit combatif estiment que, cette fois, elles ont perdu la partie. Alors qu’il ne leur reste qu’une occasion de reconquérir leur titre, les Bellas doivent se battre pour avoir le droit de concourir au championnat du monde de chant a capella de Copenhague. Entre la pression de la compétition musicale et la peur de rater leur année de Terminale, les Bellas devront se serrer les coudes pour retrouver leur voix et remporter le championnat…


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  •  C'est peu de dire que ce n'est ps fin. Le scénario ne risque pas de vous faire mal à la tête... les dialogues non plus. C'est plus pathétique qu'autre chose. Mais les mecs sont beaux, quoique pas très futés, et dansent bien...

    scénario: 8/20      technique: 16/20     acteurs: 14/20   note finale: 12/20

    Magic Mike XXL

    Trois ans après que Mike ait renoncé à sa vie de strip-teaseur, les Kings of Tampa sont eux aussi prêts à jeter l'éponge. Mais ils veulent le faire à leur façon – en enflammant la piste de danse lors d'un ultime spectacle époustouflant à Myrtle Beach et en partageant l'affiche avec le légendaire Magic Mike. Alors qu'ils se préparent pour leur finale et qu'ils se rendent à Jacksonville et Savannah pour renouer avec d'anciennes connaissances et se faire de nouveaux amis, Mike et ses camarades s'initient à de nouvelles acrobaties et évoquent le passé de manière surprenante…


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  • D'une folie jubilatoire, ce film est parfois ennuyeux et on se serait bien passé de certaines scènes vraiment pornographiques. L'image est d'une beauté à couper le souffle.

    scénario: 14/20        technique: 19/20     acteurs: 15/20   note finale: 14/20

    Que viva Eisenstein

    En 1931, fraîchement éconduit par Hollywood et sommé de rentrer en URSS, le cinéaste Sergueï Eisenstein se rend à Guanajuato, au Mexique, pour y tourner son nouveau film, Que Viva Mexico ! Chaperonné par son guide Palomino Cañedo, il se brûle au contact d’Éros et de Thanatos. Son génie créatif s’en trouve exacerbé et son intimité fortement troublée. Confronté aux désirs et aux peurs inhérents à l’amour, au sexe et à la mort, Eisenstein vit à Guanajuato dix jours passionnés qui vont bouleverser le reste de sa vie.

    Ce film aussi historique que foldingo (l'association des deux est pour le moins surprenante et tient au talent érudit et malicieux de Greenaway) met en scène un des plus grands cinéastes de tous les temps, visionnaire, novateur, qui révolutionna le langage des images – dans le sillage d'une autre révolution – , un génie que d'autres géants comme Gance ou Griffith considéraient comme le maître absolu du montage. Sergueï Eisenstein, né à Riga, capitale de l'actuelle Lettonie, fut LE cinéaste de la Révolution Russe. En trois films réalisés entre 1924 et 1928 (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre), Eisenstein a non seulement traduit en images l'histoire officielle d'une révolution mais surtout fait preuve d'une extraordinaire modernité cinématographique en posant comme matrice du récit le montage des images plutôt qu'un schéma narratif classique inspiré de la littérature, faisant se succéder des plans emblématiques, comme l'inoubliable scène de l'escalier d'Odessa dans son Potemkine, une scène qui a marqué la mémoire collective mondiale.

    Le film de Peter Greenaway évoque un épisode très particulier de la vie d'Eisenstein : en 1931, le cinéaste internationalement adulé, après avoir parcouru durant deux ans l'Europe et les États-Unis et rencontré les plus grands intellectuels et artistes de gauche (Joyce, Brecht, Cocteau, Shaw, Dos Passos, Stein, Von Stroheim, Flaherty, Chaplin, Stravinski, Disney, Le Corbusier, Bunuel, Dietrich, Garbo…), débarque dans le Mexique révolutionnaire hérité de l'insurrection de Zapata, avec l'intention un peu floue d'y réaliser un film qui devrait s'intitulier Que viva Mexico !. Eisenstein est devenu une star fantasque et capricieuse, transportant avec lui une quantité extravagante de malles remplies de livres. Et à peine arrivé il se laisse emporter sans résistance par l'atmosphère captivante du Mexique, sa fascination pour la religiosité morbide, et surtout par l'attrait sensuel de son guide Palomino Canedo, qui va faire découvrir au cinéaste russe de nouveaux émois, l'homosexualité plus ou moins assumée d'Eisenstein étant un secret de polichinelle, ce qui déplut fort d'ailleurs au très peu gay friendly Joseph Staline.

    Au-delà de l'intérêt historique du film, c'est évidemment la mise en scène foisonnante de Peter Greenaway qui vaut le détour. Greenaway, expérimentateur insatiable et imprévisible, traduit ici en images fortes l'ambiance aussi chaude que morbide du Mexique, en même temps que les jeux érotiques – décrits sans trop de précautions – du cinéaste russe et de son guide. Par un jeu virtuose de superpositions, de divisions de l'écran, Greenaway mélange à plusieurs reprises le récit du voyage au Mexique aux images mêmes des films d'Eisenstein. C'est assez étourdissant…
    Eisenstein est incarné par Elmer Bäck, acteur finlandais inconnu dans nos contrées, qui impose sa puissante stature, son visage étrange de poupon surplombé d'une coiffure hirsute, ses crises d'enthousiasme et d'hystérie, transmettant toute son énergie à un film hors normes consacré à un personnage qui l'était tout autant.


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