• Tout d'abord, merci au réalisateur de ne pas nous montrer les muscles mous de  Tom Cruise, cela ne nous avait pas été épargné dans les précédents opus. Entre courses-poursuites, trahisons diverses et bagarres, aucune originalité. A part cela, la série est égale à elle-même. regardable et l'avantage, c'est que c'est reposant pour le cerveau! Le scénario manque singulièrement d'originalité.

    scénario: 12/20   technique: 12/20   acteurs: 12/20   note finale: 12/20

    Mission impossible: fallout

    Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous… 
    Dans MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT, Ethan Hunt accompagné de son équipe de l’IMF – Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.


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  • les chansons intemporelles d'ABBA ne parviennent pas à masquer l'indigence du scénario. Un petit film d'été qui rafraîchit mais pas plus. Malgré l’arrivée de Cher au casting, la suite de « Mamma Mia », qui se prive quasiment de Meryl Streep, ne se révèle guère novatrice. Mais il reste l’incroyable énergie des mélodies imparables d’Abba.

    scénario: 12/20      technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 14/20

    Mama mia,

    Sur l’île paradisiaque de Kalokairi, Sophie, qui rencontre divers soucis dans l’ouverture de son hôtel, va trouver du réconfort auprès des amies de sa mère Donna qui vont lui conseiller de prendre exemple sur le parcours de cette dernière.


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  •  Encore un film de "jeunes" mais il est bien plus réussi que "les affamés" qui était tout simplement ridicule. Les jeunes sont en coloc et évidemment, il y a des problèmes. Certaines répliques font mouche  et certaines situations sont amusantes. On a connu pire comme film.

    scénario: 14/20    acteurs: 14/20     technique: 16/20   note finale: 14/20

    Tamara Vol.2

    Tamara est séparée de Diego depuis deux ans. Elle quitte enfin le nid pour vivre l'aventure étuidante à Paris avec sa copine Sam. En galère d'appartement, elles acceptent une coloc avec Wagner. Problème : Diego fait partie du lot, et il n'est plus célibataire ! Pour Tamara, qui rêve d'oublier sa petite vie de province, ça commence mal... Et tout se complique lorsqu'elle flashe sur James, le mec parfait : étudiant-photographe-mannequin-DJ canon, star des réseaux sociaux ! Pour l'approcher, elle va devoir devenir populaire et jouer dans la cour des grandes... Tout ça sous le regard de Diego... Entre la fac, l'ex, le futur-ex et des parents toujours sur son dos, il va falloir faire les bons choix !


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  • On reconnaît un film d'art et d'essais à sa technique approximative: on se demande pourquoi certains s'obstinent à faire des images dégueulasses et à faire aller la caméra dans tous les sens. Celui-ci ne déroge pas à la règle.  Il est pourtant intéressant. Le scénario est surprenant. Fait avec trois bouts de ficelles, le réalisateur nous amène dans son univers plein de fantaisies. Le symbole le plus éclatant à ce jour de cette nouvelle bohème du cinéma français dissimulant sous les scintillements de la fantaisie, du pop et du burlesque la gueule de bois d’une génération tout entière. Avec ce huis clos tourné en douze jours, Ilan Klipper démontre que les vrais cinéastes peuvent frapper fort grâce à leur seul imaginaire.

    scénario: 16/20      technique: 12/20       acteurs: 17/20   note finale: 14/20

    Le ciel étoilé au dessus de ma tête

    Bruno a publié un fougueux premier roman en 1996. La presse titrait : « Il y a un avant et un après Le ciel étoilé au-dessus de ma tête ». Vingt ans plus tard, Bruno a 50 ans. Il est célibataire, il n’a pas d’enfants, et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent...

    Comme il serait agréable de voir un ciel étoilé trôner éternellement au-dessus de sa tête, pour changer des avions, des nuages de pollution et des câblages électriques ! D'avoir la chance de faire un pas de côté infime pour se rapprocher de la Grande Ourse, et paf, faire cuire ses coquillettes dans cette grande casserole céleste, obtenir une cuisson al dente à des années lumières… Puis faire une sieste digestive, en étalant son corps sur la Voie lactée… Bref, comme il serait agréable de pouvoir fantasmer la réalité sans paraître fou ! Et d'avoir la possibilité parfois de vivre seul avec ses névroses, comme Bruno, loin du regard des autres. Car s'il y a bien quelque chose que Bruno ne fait pas, c'est des concessions. Il préfère vivre à son rythme, choisit la liberté au conditionnement. Métro, boulot, dodo ? Non merci. Une femme, des gosses ? Bof… Les déclarations d'impôts en ligne ? Argffs… (attention à la date limite qui est au 22 mai 2018 pour la zone 1).


    Ce qu'il lui faut Bruno, et d'urgence même, c'est de l'inspiration. Lui qui, vingt ans plus tôt, a fait sensation avec son premier roman, planche toujours sur le deuxième. Entièrement rédigé du point de vue d'une tique qui guette patiemment sur une branche le passage d'une proie et qui philosophe… Comment ne pas y voir une métaphore de sa propre condition ? Lui aussi attend son heure, le déclic qui inverserait un quotidien statique : se lever chaque jour à 14 heures et vivoter en peignoir, avoir pour seuls interlocuteurs son perroquet et sa colocataire, une Femen activiste (la craquante Alma Jodorowsky, petite-fille du célèbre Alejandro Jodorowsky !) dont le mode de vie est à rebours du sien… Rien de très alarmant non plus : combien de gens comme Bruno disparaissent un peu du monde, en attendant qu'un chef d'œuvre sorte du placard ? C'est le lot de bien des artistes à la limite de la marginalisation, incroyablement talentueux et invisibles, qui n'ont pas réussi à se greffer à un milieu, ni à percer…
    Mais ses proches s'inquiètent et débarquent un jour sans crier gare : la mère, le père, l'ex-femme, le pote perdu de vue… Et Sophie, une parfaite inconnue au regard passe-murailles. Une jolie frimousse aux airs de belette, dont Bruno tomberait volontiers amoureux… Sauf que Sophie est une psy chargée par la famille d'envoyer le reclus à l'asile ! Bref : c'est mal barré. Quoiqu'elle semble réaliser que Bruno, au physique ambivalent, un peu bizarre, a ce brin de séduction qui vous fait vivre des instants magiques… Et si la puissance créatrice de Bruno remportait la partie ?

    Tout cela donne un film qui ne rentre dans aucune case sur un homme à qui il en manque probablement une. À la fois comédie sur les névroses et fragment d'un discours amoureux, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête est une curiosité hors-norme, fébrile, qui se fiche des qu'en-dira-t-on, pour notre plus grand bien. C'est ainsi qu'Ilan Klipper, qui s'était fait connaître par des documentaires traitant de lieux dont la charge institutionnelle brise tout ce qui sort de l'ordinaire (Sainte-Anne, Commissariat), signe ici un premier film de fiction où c'est le sens commun qui est broyé. On termine avec lui, qui nous explique le titre qu'il a choisi : « Ce sont les dernières phrases de La Critique de la raison pratique de Kant, que je trouve très belles : “Deux choses remplissent le cœur de crainte et d'admiration, le ciel étoilé au-dessus de moi, et la loi morale en moi.” »


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  • Une histoire très embrouillée... D je n'ai pas tout compris. Dommage. Mais assez intéressante. les acteurs sont formidables.

    scénario: 14/20     acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 14/20

    Red Sparrow

    Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents.
    Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.


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  •  Pas mal, mais je m'attendais à mieux. Le scénario est un peu léger et l'histoire tourne un peu à vide mais Isabelle Huppert est merveilleuse, comme toujours.

    scénario: 14/20        technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 13/20

    Madame Hyde

    Une timide professeure de physique dans un lycée de banlieue est méprisée par ses élèves. Un jour, elle est foudroyée pendant une expérience dans son laboratoire et sent en elle une énergie nouvelle, mystérieuse et dangereuse...

    Après le déjà azimuté Tip Top, voici Madame Hyde, nouveau film de Serge Bozon, le grand inventeur de révoltes logiques. Ce qu’il présente lui-même comme un « film sur l'éducation » reprend ses grandes lignes au célèbre Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson, en racontant l’histoire de Madame Géquil (Isabelle Huppert), une très maladroite professeure de physique, enseignant dans un lycée de banlieue. La mauvaise prof y affronte un mauvais élève, l’insolent Malik (Adda Senani), qui marche avec l’aide d’un déambulateur.
    Le film raconte leur rencontre, le cheminement de leur changement mutuel, le périple d’un apprentissage en commun. Cela passe par un événement qui semble pourtant purement extérieur, objectif : une nuit, Madame Géquil prend la foudre dans son laboratoire, et la voici muée en Madame Hyde, « femme de feu » qui hante les cités la nuit sur les traces de Malik, et trouve pour son enseignement diurne une énergie soudaine et profitable. Or, contrairement au Docteur Jerry et Mister Love de et avec Jerry Lewis (1963), qui adaptait déjà le conte de Stevenson en milieu scolaire, ce n’est pas la transformation qui intéresse Bozon, mais la transmission. Là où Lewis était prof de chimie, Huppert est prof de physique, qui ne croit qu’aux « lois de la nature », accessibles par la réflexion et non par l’expérience.
    Le trajet moral des deux personnages forme un chiasme : le handicapé physique, assoiffé d’expérience, fait le pur chemin vers la logique, quand la handicapée morale, férue de raisonnement, fait le trajet inverse vers l’expérience physique. Au point de croisement entre les deux corps, un coup de foudre, des étincelles, un incendie qui redistribue et interchange la matière. La transmission ne laisse pas les corps indemnes, mais fait passer sans retour ses éléments de l’un à l’autre, et de l’autre à l’un : c’est la pédagogie bozonienne, son naturalisme géométrique, où chacun devra vivre le drame physique de l’autre pour le comprendre. « Un bon prof ne doit pas être aimé, il doit être compris ! », dit Géquil, et cela vaut sans doute pour les bons films. Ils se laissent pourtant aimer, comme malgré eux, quand le film va plus vite que la pensée et que l’incompréhension libère sa charge érotique de 100 000 volts.


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  • Pas mal mais le réalisateur aurait du aller au bout et être encore plus extrême. Bon en même temps, c'est un film autrichien et l'humour en Autriche... Dommage que l’humour et l’émotion ne soient pas au rendez-vous de cette comédie dramatique originale à la mise en scène soignée.On reste sur sa faim. Dommage.

    scénario: 14/20      technique: 16/20    acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    La tête à l'envers

    Un célèbre critique musical est brutalement renvoyé de son journal. Le coup porté à son égo est tel qu’il perd tout sens de la mesure, cache la vérité à sa femme, et décide de se venger de son ancien employeur, d’une façon aussi abracadabrante qu’inefficace…

    Il y a des jours où l’on ferait mieux de rester au lit. Sans voir personne pour ne pas avoir à parler. Sans parler à personne pour ne pas avoir à écouter les sempiternelles conversations inutiles. Sans bouger pour ne pas avoir à ressentir la vacuité des agitations du morne quotidien. Juste écouter de la musique, les yeux fermés, en goûter chaque note et s’élever au dessus du commun des mortels, touchant du bout des doigts les orteils de dieu, le paradis, les anges et tous les saints. Ce matin-là, c’est clair, Georg aurait dû rester au lit en écoutant Hayden.
    Mais son boulot, il l’aime et le chérit, même s’il doit bien reconnaître que le temps a lui aussi fait son œuvre sur son prestige d’antan : la critique musicale n’a plus la place qu’elle avait jadis dans la presse quotidienne et ses papiers, bien que toujours concoctés avec tendresse et/ou vitriol (de plus en plus souvent au vitriol), n’ont plus la même force de frappe. Mais qu’importe : la musique (classique) sera toujours grandiose, surtout en orchestre symphonique, quand elle se livre dans les salles de concert feutrées où Georg a ses entrées et où il aime plus que tout trouver refuge.

    Or donc, ce matin là il aurait dû rester au lit car le ciel va lui tomber sur la tête. Le ciel en l’occurrence a la tronche de cake du rédacteur en chef du journal qui lui annonce, benoîtement assis derrière son grand bureau que l’on imagine conçu par un célèbre designer, que l’on doit se séparer de lui. Tu comprends, avec ton ancienneté… Tu comprends, avec tous ces jeunes gens talentueux qui arrivent sur le marché du travail et que l’on peut payer trois fois moins que toi… Tu comprends que l’on doit, à contre-cœur, te virer…
    Et comment croyez-vous que Georg prend la chose ? Oui : mal, très mal, forcément mal. Mais à sa façon : entre silence méprisant et résignation mature. En bon taiseux qu’il est, touché net dans sa fierté de cinquantenaire qui n’avait jusqu’alors rien à prouver au monde ni à personne, il va faire comme si de rien n’était et ne surtout rien dire à sa femme. Ah sa femme… Comment vous dire… difficile de cerner la personnalité complexe de cette nana un peu distante qui exerce la fonction de coach et vient de décider, à quarante-cinq ans, qu’il serait temps de faire un môme, si possible avec Georg et si possible par les voies naturelles mises à leur disposition ; mais vu leur grand âge (rien de méchant, c’est juste un constat lucide), autant dire que l’affaire n’est pas faite.
    Georg va donc se retrouver avec la tête à l’envers, façon shaker ou cocotte minute, un peu comme si dans son cerveau Pierre Henry avait croisé la route de Marilyn Manson (pas le genre de musique qu’il apprécie !). En rage contre la terre entière et plus spécifiquement contre cette andouille de directeur, il décide alors d’emprunter le chemin le plus absurde, le plus immature et le plus périlleux qui soit, chemin qui le mènera quelque part entre le silence ouaté d’une forêt enneigée et le brouhaha des manèges à sensation d’une fête foraine.

    Dire que c’est une franche comédie serait mentir. Mais dire que c’est un drame le serait tout autant. À mi chemin entre les deux, à l’image de ce personnage attachant et énervant qui navigue entre le fou rire de l’auto-dérision et les larmes du type qui envisage de se tirer une balle, c’est un drôle de film qui raconte une drôle d’époque où les individus sont interchangeables au gré du marché et où la pression sociale exerce son diktat, que ce soit pour affirmer les tendances musicales du moment, décider de l’âge auquel on devient has been, ou celui à partir duquel il est prudent de ne pas procréer.


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  •  Je n'ai rien compris. L'histoire est bizarre et alambiquée. Je mets "bien" mais un scénario moins obscure aurait été apprécié.

    scénario: 10/20       acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 12/20

    L'apparition

    Jacques, grand reporter pour un quotidien français reçoit un jour un mystérieux coup de téléphone du Vatican. Dans une petite ville du sud-est de la France une jeune fille de 18 ans a affirmé avoir eu une apparition de la Vierge Marie. La rumeur s’est vite répandue et le phénomène a pris une telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent désormais se recueillir sur le lieu des apparitions présumées. Jacques qui n’a rien à voir avec ce monde-là accepte de faire partie d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces événements.

    Jacques (Vincent Lindon) est grand reporter pour un journal du Sud-Ouest. Il a vécu des situations terribles sur des territoires en guerre qui l'ont laissé meurtri. Alors qu'il se replie sur lui même, se barricade dans une solitude douloureuse, il reçoit un mystérieux coup de téléphone du Vatican : il doit venir sans délai à Rome où un prélat qui apprécie son travail souhaite lui confier une mission particulière qu'il n'est pas question de divulguer avant qu'une rencontre ait lieu.
    Dans une petite ville du Sud-Est, une jeune fille au visage d'ange prétend avoir vu la Vierge et la curie romaine s'inquiète de l'ampleur que prend le phénomène. Il y a de quoi surprendre Jacques qui s'étonne d'avoir été choisi, lui l'agnostique, le mécréant, pour faire partie du petit groupe de travail qui rassemble théologiens, psychiatre, historiens mandatés pour conduire une très sérieuse enquête canonique qui doit déterminer si l'affaire a des fondements sérieux.

    La plongée de Jacques dans cet univers dont il ne soupçonnait pas l'existence commence par les archives secrètes du Vatican où s'empilent, soigneusement répertoriés, toutes les enquêtes sur toutes sortes de faits que la raison a du mal à admettre. On lui sort les documents de ceux qui ont fait l'objet d'une reconnaissance officielle : Fatima, Lourdes, d'autres encore (Notre Dame du Laus, lieu bien connu de pèlerinage, est à deux pas de l'endroit où se tourne le film…)
    Quand il arrive sur les lieux de la prétendue apparition, Jacques est reçu avec réticence, l'annonce d'une enquête irrite, inquiète l'entourage de celle que beaucoup considèrent déjà comme une sainte. Son statut d'incroyant ajoute à la méfiance générale, d'autant que Jacques manifeste son intention de mener sérieusement sa mission à terme, fouillant méthodiquement dans le passé des uns, des autres et particulièrement dans celui de l'élue : Anna dont l'étonnant regard accroche le sien.
    Elle n'est pas banale, cette fille qui a grandi de famille d'accueil en foyer et qui est désormais l'objet d'une notoriété et d'un culte qui la dépassent, sous la vigilance constante du prêtre qui a pris dès le début ses paroles au sérieux, à deux doigts de se rebeller contre sa hiérarchie. S'agit-il d'une supercherie, la jeune fille est-elle manipulée ? Qu'y a-t-il a dans la tête de ce prêtre qui lui sert de garde rapprochée, orchestre cérémonies et rencontres, assure l'intendance, canalise la foule, l'interpelle de ses sermons : est-il sincère, est-il particulièrement tordu ? Anna est-elle aussi limpide qu'elle le paraît, quel crédit accorder à son histoire ?

    Le film n'a rien d'anecdotique et Xavier Giannoli creuse profond dans les questionnements qui se posent à cet homme pétri de rationalisme et qui se trouve confronté tout soudain à une rencontre perturbant ses incertitudes. Jacques n'a pas d'a-priori : la présence fascinante de cette belle fille fragile et déterminée, la foi qui habite ceux qu'il rencontre, les coïncidences troublante qui interviennent dans sa propre vie…
    Il lui apparaît vite que sa présence sur cette affaire ne doit rien au hasard. Quelle explication donner à des choses qui dépassent l'entendement, comment interpréter l'inexplicable ? Faut-il croire au surnaturel ? Le film ouvre mille questions et ne prend pas parti. Les faits sont ce qu'ils sont, croit celui qui peut croire… Xavier Giannoli, qui ne laisse rien au hasard et construit des films solidement documentés, a un talent certain pour explorer la nature humaine dans sa complexité la plus intime, sans a priori, sans jugement de valeur, avec cette curiosité et cette empathie pour ses personnages qui nous avaient fait aimer ses films précédents (Marguerite, A l'origine, Quand j'étais chanteur…) L'être humain est un grand mystère… Vincent Lindon et Galatea Bellugi en laissent entrevoir la superbe profondeur.


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  •  Mélanie Thierry est grandiose et mérite un prix d'interprétation. le gros problème de ce film, c'est la technique: on se demande où veut en venir le réalisateur avec ces images à moitié floue ou aux plans bizarres. Il y avait certainement une intention mais je ne devine pas laquelle. L'histoire est remarquable. Quelle dommage que techniquement ce soit aussi faible. Une mauvaise technique, c'est pour moi comme écrire un livre en faisant des fautes d'orthographe: inacceptable!

    scénario: 16/20     acteurs: 18/20   technique: 10/20   note finale: 15/20

    la douleur

    Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

    Le premier plan saisit par sa beauté épurée. Un profil. Un grain de peau. Une énigme. Sans effet supeflu, on est immédiatement happé. Nous voilà en immersion totale avec Marguerite et ses méandres. C’est passionnant. Emmanuel Finkiel s'est emparé de La Douleur et nous offre un récit et un personnage extraordinairement vivants, complexes, ancrés dans leur époque. Il met Marguerite en lumière sans angélisme, ne cachant ni sa fascination ni ses agacements face à cette femme qu’il nous livre sans fard, avant qu’elle soit devenue un monument de la littérature. Inutile d’avoir lu Duras pour être transporté. On peut même être complètement hermétique à son œuvre et se laisser emporter : on a au moins un exemple parmi nous…


    1944 à Paris. Nous sommes dans cette période charnière de l’Histoire de France où on ne sait pas vers quoi elle va basculer. Dans le Paris occupé par les Allemands, chacun avance précautionneusement, tel un funambule, avec la peur au ventre. Malgré les rires et les flonflons des luxueux troquets où les collabos s’affichent avec les nazis, on sent que tous tentent de noyer la frousse qui les gagne dans le fond de leur verre, de leur panse, dans une voracité débridée alors que la majeure partie du pays est affamée. Ambiance trouble qui voit se côtoyer ceux qui ont fait de l’ennemi leur ami, ceux qui ont tout bonnement obéi et ceux qui résistent clandestinement. Avant d’être arrêté par la Gestapo, Robert Antelme, le mari de Marguerite, faisait comme elle partie des résistants. Désormais elle l’attend. Une attente qui est comme un gouffre de douleur, chaque jour plus profond. Ce n’est pas une attente inactive : Marguerite continue de participer au groupe de résistance sous couvert de son travail au Comité d’Organisation du Livre, créé par le régime de Vichy. Elle se lamente sur sa solitude, mais la main de son collègue Dionys (troublant Benjamin Biolay) qui se pose sur son cou laisse entrevoir avec pudeur une vérité plus composite.
    Il y a quelque chose d'insaisissable dans cette femme, Duras, qui nous fait partager son intimité. Dans sa manière de réécrire en permanence son récit tout en affirmant ne pas l’avoir retouché mais en laissant sciemment traîner des indices qui prouvent l’inverse. Toutes ces contradictions qui la traversent la rendent terriblement humaine, nous ramènent aux nôtres. Marguerite ne sait pas faire dans la mesure. Tantôt tourbillon, vibrante, séductrice, menteuse… Tantôt calme plat, froide, distante, trop lucide. Et Mélanie Thierry (qui l’interprète) excelle dans ce yoyo perpétuel des sentiments : splendide, agaçante, touchante, capable de faire tourner la tête à n’importe qui. Alors, quand Marguerite croise Rabier, l’agent qui a arrêté son mari, elle use de ses artifices pour qu’il consente à l’aider. Mais, tout subjugué par l’écrivaine, tout passionné de littérature soit-il, Rabier n’en reste pas moins un homme dangereux. S’engage entre eux une sorte de jeu sournois. Rabier multiplie les rendez-vous improbables, Marguerite les redoute et les espère. Tous deux duels et ambigus dans cet affrontement cruel et excitant qui les pousse l’un vers l’autre. On frémit pour Marguerite que l’on découvre fragile sous ses certitudes affichées. On s’étonne d’être touché par ce salaud de Rabier – Benoît Magimel est grandiose dans le rôle, aussi émouvant que dégueulasse et quelques répliques qui n’étaient pas chez Duras rajoutent en subtilité. Sans être une victime, il est aussi un homme bafoué par les classes sociales supérieures.

    Mais le plus criant devient le silence de l’état face à toutes ces femmes qui attendent, l’extrême violence du pouvoir, de tous les pouvoirs. Marguerite, de personnage central, devient un petit point flouté, un fragment perdu dans cette humanité vacillante qui évite d’affronter son reflet dans le miroir. Un film magnifique, contemporain, accessible : clin d’œil aux enseignants de français ou d’histoire que nous encourageons à nous solliciter pour des séances scolaires à volonté.


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  • J'adore Jessica Chastain qui est non seulement d'une beauté à couper le souffle, mais également une excellente actrice.  Le film est réussi mais le montage est bizarre et fait perdre beaucoup de charme au film. Un montage plus classique aurait fait de ce film une merveille. Comme aveuglé par sa matière, le réalisateur semble oublier en route la distance de sécurité. Il en résulte un film foisonnant, passionné, mais qui finit malheureusement par pâtir de ses intentions.

    scénario: 14/20       technique: 16/20      acteurs: 16/20      note finale: 14/20

    le grand jeu

    La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle : la mise d’entrée sera de 250 000 $ ! Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux


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  •  Je m'attendais tellement au navet de l'année que ce fut une heureuse surprise. pas mal. Bon, entendons-nous bien, ce n'est pas la comédie de l'année mais ça se laisse regarder. l'actrice blonde est prometteuse. je regrette que l'image soit d'une aussi mauvais qualité. Une comédie tout entière construite sur une situation dont elle tire sur le fil, comme sur un filon : ça fonctionne gentiment, et comme tout est passablement attendu, on n’en attend pas plus.

    scénario: 13/20       technique: 14/20   acteurs: 16/20   note finale: 12/20

    s

    Ami-ami

    Quoi de mieux pour ne plus jamais souffrir en amour que de tourner le dos à la vie de couple et de s’installer en coloc’ avec son meilleur ami ? C’est en tout cas ce qu’a décidé Vincent, ravagé par sa dernière rupture ! À un détail près : son meilleur ami est une meilleure amie, Néféli, jeune avocate déjantée. À peine installés, les deux potes se jurent de ne plus jamais tomber amoureux, de vivre d’amitié et d’histoires sans lendemain. Mais après quelques semaines de cohabitation complice et festive, Vincent rencontre Julie…


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  •  Bof, déception. C'est trop long et ennuyeux. Le mieux est dans la bande annonce. L'histoire du taureau andalou qui ne voulait pas combattre adapte la critique du machisme au monde contemporain sans lésiner sur les bons sentiments. Quelques séquences spectaculaires viennent relever l'assaisonnement. Dessin animé sans intérêt qui ne s'adresse qu'à un public de moins de 10 ans. Il n'offre pas de double lecture pour les adultes et les gags sont franchement lourds. Un film pour enfants convenu mais ennuyeux et , sauvé par quelques scènes amusantes.

    scénario: 12/20   technique: 16/20   note finale: 12/20

    Ferdinand

    Ferdinand est un taureau au grand cœur. Victime de son imposante apparence, il se retrouve malencontreusement capturé et arraché à son village d’origine. Bien déterminé à retrouver sa famille et ses racines, il se lance alors dans une incroyable aventure à travers l’Espagne, accompagné de la plus déjantée des équipes !


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  •  Alors, comment dire, ce n'est pas aussi réussi que le premier malgré quelques gags bien amusants. Firmine Richard est sublime et géniale, comme toujours, et je regrette que le cinéma ne l'emploie pas plus. Tourner deux films par ans, c'est un peu trop à mon avis. À défaut d’idées, c’est la paresse et la lourdeur qui prédominent. L’immense Firmine Richard est réduite à jouer les faire-valoir. On a connu le réalisateur Lucien Jean-Baptiste plus inspiré. Mais là, il rate franchement le virage de la suite. Lucien Jean-Baptiste ne retrouve pas l’efficacité et le ton chaleureux du premier opus. Il s’éparpille sans grâce dans une surenchère de gags qui tombent tous à plat. Dommage !

    scénario: 14/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 15/20

    La deuxième étoile

    Jean-Gabriel a décidé d’emmener toute sa petite famille passer les fêtes à la montagne pour Noël. Et cette fois, tout devrait bien se passer. C’est sans compter sur sa mère qui débarque des Antilles, ses enfants qui n’ont pas envie de partir, Jojo qui lui confie son Hummer et sa femme qui lui annonce qu’elle doit s’occuper de son père qu’elle n’a pas revu depuis qu’elle a fait le choix d’épouser Jean-Gabriel. Mais pour Jean-Gabriel, la famille c’est sacré et Noël aussi !


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  •  Un téléfilm mais quand on y pense, on se dit que ce film est meilleur que notre première impression. Catherine Deneuve est sublime mais le scénario est tout de même un peu léger.

    scénario: 14/20       technique: 16/20   acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    Tout nous sépare

    Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.


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  • Un thriller haletant plein de surprises.

    scénario: 17/20        acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Mon garçon

    Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l’étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d’une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter.


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  • Bof,  Sofia Coppola nous a habitué à mieux même si le film est intéressant. Bien joué et bien filmé. Les acteurs sont remarquables.

    scénario: 16/20       technique: 16/20        acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Les proies

    En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

    Les spectateurs qui ont eu la chance de voir Les Proies réalisé en 1971 par Don Siegel avec Clint Eastwood en vedette se diront peut-être qu'il n'est pas utile d'aller voir cette version 2017 signée Sofia Coppola. S'ils ont le film bien en tête ils auront sans doute raison puisqu'il s'agit d'un remake avoué de l'original (lui-même adaptation d'un roman culte aux États-Unis) et que l'intrigue est à quelques détails près identique. Mais ces cinéphiles avisés ou suffisamment âgés ou les deux sont tellement peu nombreux qu'il reste tous les autres qui pourront trouver un plaisir certain à ce thriller trouble dans lequel la guerre et le désir sexuel se croisent pour le meilleur et le pire…


    Nous sommes à la fin de la Guerre de Sécession, en territoire confédéré, dans l'atmosphère chaude et humide des contrées subtropicales des États du Sud. Les combats font encore rage, comme on peut l'entendre au bruit lointain des canons. Une petite fille en balade découvre dans la forêt un soldat nordiste blessé. Au lieu de le dénoncer aux militaires de son camp, elle préfère le traîner jusqu'au pensionnat où elle réside. Malgré leurs réticences, malgré la haine spontanée qu'inspire cet ennemi appartenant à l'armée qui est en train de vaincre leurs proches et de détruire les fermes esclavagistes environnantes, la directrice, son assistante et les autres jeunes pensionnaires décident de soigner et protéger l'homme avant de prendre tout autre décision. Mais la compassion et la charité chrétienne de ces jeunes filles, jeunes femmes et femme mûre, trop longtemps vouées à la non mixité la plus stricte, vont céder rapidement le terrain à la curiosité féminine, curiosité passant sans tarder aux jeux du désir et de l'amour. Des jeux de plus en plus dangereux dès lors que le soldat blessé va évidemment vouloir jouer de son charisme indiscutable pour susciter le trouble et la concurrence amoureuse dans le gynécée en émoi, dans le but de semer le chaos et de s'échapper…

    Sofia Coppola utilise remarquablement la fluidité de sa mise en scène (récompensée au Festival de Cannes) pour faire glisser le film du marivaudage plaisant, voire amusant, entre le soldat et ses adorables geôlières au thriller angoissant quand, suite à une erreur fatale de l'homme, la situation dérape soudain. Les paysages, les décors, les lumières, le cadre étouffant (cette maison dans la chaleur moite de l'été sudiste qui semble isolée du reste du monde en guerre) exacerbent les désirs des protagonistes et font fermenter le drame en devenir. La mise en scène joue aussi du contraste entre les intérieurs feutrés, les robes soignées des femmes et le sang et la sueur de l'homme blessé. Sofia Coppola, dans la droite ligne de son premier bijou Virgin suicides, décrit de manière fascinante ce groupe de femmes de plus en plus inquiétant, avec au cœur du dispositif trois actrices remarquables : Nicole Kidman splendide de fermeté et de détermination impitoyable, Kirsten Dunst parfaite en femme romantique et Elle Fanning géniale en perverse mutine. Quant à Colin Farrel, le prédateur finalement devenu proie, il incarne à merveille toutes les facettes ambivalentes du soldat, tour à tour charmeur et prévenant, mais aussi manipulateur et violent.


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  • Un film intéressant parce qu'il nous interroge sur cette volonté du tout public qui devient presqu'une obligation. On aurait cependant aimé un scénario un peu plus étoffé. Vive la vie privée!! Un thriller d'anticipation efficace sur les dangers de l'omnipotence des réseaux sociaux, porté par une belle distribution. Efficace malgré tout, "The Circle" n’entraînera malheureusement pas la prise de conscience que son réalisateur pouvait espérer. Oui, la vie privée est menacée par Internet les réseaux sociaux. Mais en évoquant plus les avantages que les inconvénients et en misant sur une fin décevante, le film se perd, étouffé par ses bonnes intentions.

    scénario: 12/20     acteurs: 16/20      technique: 16/20  note finale: 12/20

    The circle

     

    Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c'est une opportunité en or ! Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l'avenir de ses amis, de ses proches et de l'humanité tout entière…


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  • Un très bel hommage aux pompiers. A part ça, on peut douter de la postérité de ce qui n'est rien d'autre qu'un téléfilm sans importance. On peut dire que ce film rassemble tous les poncifs  et clichés relatifs aux pompiers. Mais c'est bien, filmé et bien joué même si le scénario aurait pu être un peu moins attendu.

    scénario: 12/20        acteurs: 16/20      technique: 16/20   note finale: 16/20

    Les hommes du feu

    Philippe, 45 ans, dirige une caserne dans le Sud de la France. L’été est chaud. Les feux partent de partout, criminels ou pas. Arrive Bénédicte, adjudant-chef, même grade que Xavier, un quadra aguerri : tension sur le terrain, tensions aussi au sein de la brigade... Plongée dans la vie de ces grands héros : courageux face au feu, mais aussi en 1ère ligne de notre quotidien.


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  •  Un thriller réussi avec plein de rebondissements mais à quoi bon? Un film inutile, qui ne sert à rien

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Conspiracy

    Ex-interrogatrice de la CIA, Alice Racine est rappelée par son ancien directeur, Bob Hunter, pour déjouer une attaque imminente sur Londres. Face à un adversaire brutal et tentaculaire, Alice reçoit l’aide providentielle de son ancien mentor, Eric Lasch et d’un membre des forces spéciales, Jack Alcott. Mais elle réalise rapidement que l’agence a été infiltrée. Trahie et manipulée, elle va devoir inventer de nouvelles règles pour faire face à cette conspiration.


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  • Pas mal même si on peut regretter que ce soit beaucoup trop manichéen. Cette pauvre Pauline est une idiote. Dommage. On aurait aimé un peu plus de subtilité.

    scénario: 12/20          acteurs: 14/20      technique: 16/20   note finale: 13/20

    Chez nous

    Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l'aiment et comptent sur elle.
    Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

    Pauline, infirmière à domicile exerçant dans une petite ville du Nord, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père, ancien métallurgiste et toujours communiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines élections municipales… Alors que le film est attaqué par des gens qui se sentent visés mais qui ne l'ont pas vu – ils font partie de cette engence redoutable : les critiques de bande-annonces ; la palme de la crapulerie de réseau social va à Gilbert Collard, qui traite les producteurs d'« émules de Gœbbels ». Il faudrait instituer un retrait du permis de twitter comme on le pratique avec le permis de conduire –, laissons la parole à Lucas Belvaux, qui situe parfaitement le propos et les enjeux de son film :


    « Ça se passe ici, en France, chez nous, chaque jour. Un discours se banalise. Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues. C’est un discours qui change selon ceux à qui il s’adresse, qui s’adapte à l’époque, qui caresse dans le sens de tous les poils. Un discours qui retourne les mots, les idées, les idéaux. Qui les dévoie. Un discours qui dresse les gens les uns contre les autres. Et des gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. De la solitude au ressentiment, du ressentiment à la peur, de la peur à la haine, puis à la révolution. Nationale. On le dit, on en parle, on le montre et pourtant rien n’y fait. Sentiment de déjà-vu. D’impuissance, aussi. De sidération. Impression d’avoir tout essayé. Que chaque mot, chaque tentative de s’opposer se retourne contre celui qui la tente. Que chaque parole, qu’elle soit politique, morale, culturelle, est déconsidérée, illégitime, définitivement.
    « Alors, peut-être la fiction est-elle la seule réponse audible, car, comme le discours populiste, elle s’adresse aux sentiments, à l’inconscient. Et aux tripes. Comme les démagogues, elle raconte des histoires. Mais, contrairement à eux, qui essaient de faire passer des fantasmes pour la réalité, qu’ils simplifient à l’extrême, la fiction, elle, essaie de comprendre, de rendre compte de la complexité du monde, de celle de l’humanité, de son époque. Et elle seule, sans doute, peut faire ressentir à chacun ses tremblements les plus intimes.
    « Si dans un documentaire, chacun apparaît en tant qu’individu singulier, unique, parlant en son nom, le personnage de fiction, lui, est d’abord perçu par le spectateur comme une construction, une proposition dans laquelle il pourra se reconnaître, ou reconnaître un autre, plus ou moins proche. Une image sur laquelle il pourra (se) projeter, réfléchir, mais aussi s’identifier…
    « Chez nous est un film engagé, oui. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyse et de réflexion. J’ai essayé d’éviter “l’entre-soi”, de parler à tous et à chacun. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir… Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. » (Lucas Belvaux)


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  • Si vous résistez aux deux premières heures qui sont très ennuyeuses, vous apprécierez certainement la fin. C'est long, long, long et sans grand intérêt. Une historiette pas très utile qui décevra tous les cinéphiles.

    scénario: 12/20     acteurs: 12/20  technique: 16/20   note finale: 12/20

    La la land

    Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 
    De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
    Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
    Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

    Du haut de 30 ans, Damien Chazelle ne  confirme pas que la réussite de son premier film, le brillant et très remarqué Whiplash, était tout sauf le fruit du hasard. Il a du talent mais il ne le montre pas dans ce film. Il récidive donc avec un projet plus ambitieux, une aventure qui porte un cran plus haut le degré d’exigence et malheureusement le jeune réalisateur n'a vraisemblablement pas été à la hauteur de ses ambitions : il n'arrive ni à croquer à pleines dent dans le mythe, ni à faire trembler ses producteurs dont on imagine qu’ils ont aligné quelques zéros pour être à la hauteur du rêve. Au final : La la land, un titre simple comme les premiers mots d’une chanson fredonnée, un titre qui dit tout sans besoin de traduction et qui laisse deviner avec malice les milles et une couleurs d'un feu d’artifice en cinémascope et en technicolor.
    La la land, c’est la comédie musicale sans saveur et sans odeur. Le film a eu la chance de trouver son public et c'est très bien. Mais cela reste un film long, ennuyeux et sans imagination.

    C’est l’histoire de Mia et de Sebastian… Elle est serveuse dans un café niché au creux d’imposants décors d’un grand studio hollywoodien et court obstinément les castings dans l’attente du grand rôle. Il est pianiste de jazz, fan de Thelonius Monk mais pour l'heure il est surtout fauché et doit cachetonner en attendant d’accomplir son rêve : reprendre une mythique boîte de jazz à son compte et y jouer toute la musique qu’il aime. Entre eux, l'indifférence voire le mépris d'abord… avant les étincelles !
    Embrassant sans imagination tous les clichés, jonglant avec les références les plus prestigieuses – de Chantons sous la pluie à La Fureur de vivre en passant par Un américain à Paris, West Side Story ou les mélos flamboyants à la Douglas Sirk, sans oublier quelques clins d'œil admiratifs autant qu'affectueux à Jacques Demy – La la land ne parvient pourtant pas à tout réinventer. Les codes, dont il se moque avec tendresse, les chansons, traditionnelles mais souvent détournées avec humour, les décors, pas toujours réussis dans leur écrin de carton pâte mais et qui font toujours font toc, et les deux protagonistes, clichés sur pattes (la jeune serveuse qui veut percer à Hollywood, le musicien idéaliste et un peu dédaigneux qui se veut l’héritier des plus grands) mais terriblement humains. Même le récit, dont la trame est classique, ne parvient à nous surprendre grâce à une construction singulière (la toute dernière partie du film est cependant une belle trouvaille).

    Il s’agit plus d’un hommage raté que d’une véritable révolution cinématographique, La la land n'est pas la bouffée de bonheur, colorée, enjouée, rythmée, que l'on nous promettait...


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  •  Déception. Voici une comédie bien poussive avec un premier rôle faminin très décevant. Sur un scénario non dépourvu de vertus comiques, Dany Boon s’en tient un peu paresseusement à l’exploitation de situations attendues, et son idée de laisser le premier plan à une Alice Pol qui en fait des tonnes n’est pas faite pour arranger les choses. Une comédie plus raide que dingue.

    scénario: 12/20          acteurs: 12/20      technique: 16/20   note finale: 13/20

    RAID Dingue : Affiche

    Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d'un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d'elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues.
    Assignée à des missions aussi dangereuses que des voitures mal garées ou des vols à l'étalage, elle s'entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d'élite du RAID.
    Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l'agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d'arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.
    Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu"ils parviennent à travailler en binôme sans s'entretuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres.


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  • Un film égyptien, touffu, improbable et bordélique. Mais assez intéressant.

    scénario: 14/20       technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 14/20

    Le ruisseau, le pré vert et le doux ruisseau

    Yehia est chef cuisinier. Avec son fils Refaat, passionné de recettes et de saveurs, et son cadet Galal, coureur de jupons, ils préparent des banquets pour des cérémonies de fête. 
    Lors d’un mariage paysan orchestré par Yehia et ses fils, au cours duquel se dévoileront des amours secrètes, un homme d'affaires de la région et sa riche épouse proposent de racheter leur commerce. ‎Devant le refus de Yehia, la proposition tourne à la menace...

    « L’air du temps est sinistre. Je vois autour de moi une agressivité, une violence terribles, dans la vie comme au cinéma. Je comprends qu’il faille secouer les gens, les pousser à se réveiller et à agir. Mais alors qu’on subit cette avalanche de mauvaises nouvelles permanentes, de gens qui nous répètent que les temps sont durs, comme si on ne le savait pas, j’ai pensé que c’était le moment de faire un film pour dire ce que j’aime dans la vie. En l’occurrence, des choses de base, celles-là mêmes qui ont poussé les Égyptiens à sortir dans la rue en Janvier 2011 : le pain, la dignité et la liberté. Le film part de cet élan-là, comme quand, en pleine épidémie de peste, circulaient les histoires du Décameron. Il y a des moments où les gens doivent se raconter des histoires pour se souvenir de la vie, et résister à la mort. » Yousry Nasrallah

    Le précédent film de Yousry Nasrallah, Après la bataille (2012), était une fiction presque improvisée dans l'Égypte au lendemain de la chute de Moubarak, avec histoire d'amour sur fond de manifestations sanglantes.
    Le cinéaste change de ton avec ce nouvel opus au titre sybillin, qui évoque les trois éléments définissant le paradis dans la poésie arabe. Paradis perdu, puisque le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans la sinistrose. Du coup, Nasrallah a eu envie de ressusciter l'opulence des fêtes populaires d'avant la crise économique : on entre dans les préparatifs d'un grand mariage derrière une famille de cuisiniers qui s'affairent entre les tables dressées en plein air et les abris où ils sont installés.
    Plus de la moitié du film n'est qu'un tourbillon de personnages sur fond de couleurs éclatantes, clin d'œil évident aux productions de Bollywood. Femmes en tenues extravagantes, hommes en habit, serveurs circulant dans une effervescence constante. Dire que l'on suit parfaitement le méli-mélo des intrigues amoureuses (entre les fils du cuisinier, une cousine, une nièce et un ex grand amour) serait exagéré… mais qu'importe ! Ce qui compte, c'est la célébration de la vie, que Nasrallah a voulue « renoirienne », voire paillarde (avec danses sensuelles, couplets coquins chantés, qui plus est, par des femmes).
    Vers la fin, la gravité pointe, un crime est commis. En témoin engagé depuis toujours, Nasrallah tient à évoquer la violence de l'Égypte actuelle, dénoncer les crimes commis par un magouilleur corrompu, valet du pouvoir…
    Un film touffu, épuisant par moments, mais un hymne courageux et généreux au plaisir, à la liberté et au droit à la dignité.


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  • Si comme moi, vous vous attendez à voir un film sur Saint François d'Assise, ce film n'est pas pour vous. C'est un film un peu bizarre, qui tourne à vide et au scénario incertain. C'est magnifiquement filmé, les images sont sublimes mais on aurait aimé un peu plus de profondeur.

    scénario: 12/20     technique: 18/20    acteurs: 16/20   note finale: 14/20

    L'ami, François d'Assise et ses frères

    À l’aube du XIIIème siècle en Italie, la vie simple et fraternelle de François d’Assise auprès des plus démunis fascine et dérange la puissante Église. Entouré de ses frères, porté par une foi intense, il lutte pour faire reconnaître sa vision d’un monde de paix et d’égalité.

    Une première approche superficielle du film pourrait déclencher des réactions décontenancées, voire déçues : où est le François que nous connaissons ? Car il ne faut pas venir voir L’Ami, François d’Assise et ses frères dans l’idée d’y trouver une nouvelle Vie du Poverello.
    Nous découvrons d’abord une Fraternité partageant étroitement la vie des plus démunis. Une Fraternité qui puise dans la prière son unité et son amour du Christ pauvre. Au cœur de cette Fraternité, François est comme brûlé par le feu de l’Évangile. Vivre l’Évangile, la mettre en pratique de manière radicale au milieu des plus petits, des parias de notre société, voilà sa vie et sa Règle. François qui se fait saltimbanque, héraut de l’Évangile, au risque de rencontrer incompréhension et hostilité.

    Mais le cœur de l’intrigue est ailleurs. Le film choisit de mettre en lumière la relation entre deux hommes : François et Élie. Élie de Cortone, un de ses premiers disciples, est profondément attaché à François. Il veut l’aider à « réussir » son utopie fraternelle ; mais pour cela, il pense qu'il faut un minimum d’organisation afin de gagner en « efficacité », afin d'institutionnaliser ce style de vie. Elie veut le bien de François, même contre son propre gré. Il veut assurer le succès de l’ordre et du coup ne pas refuser, a priori, le rapport avec les hiérarchies ecclésiastiques, les compromis, les arrangements. Alors que François ne pense pas à l'après, Elie est habité par l'idée que les Franciscains doivent durer dans le temps.

    Pourquoi cette ambition à première vue généreuse se heurte-t-elle au refus de François et à l’incompréhension des frères ? Qu’est-ce qu’Elie n’a donc pas compris de l’idéal évangélique de François ? De ces visions opposées naît un affrontement qui impliquera aussi leurs camarades. Le film laisse au spectateur le choix de sa propre position, en suggérant l’intemporalité d’un tel dilemme, par ailleurs plus que jamais d’actualité.

    (Frère Nicolas Morin, ordre des Franciscains – Chiara Frugoni, historienne)


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  • J'adore le cinéma israélien mais là, il faut reconnaître que c'est un peu lent. très moyen. On s'ennuie un peu, comme les protagonistes...

    scénario: 12/20        acteurs: 14/20         technique: 16/20    note finale: 13/20

    Une semaine et un jour

    À la fin du Shiv’ah - les 7 jours de deuil dans la tradition juive - l’existence doit reprendre son cours. Tandis que Vicky, sa femme, se réfugie dans les obligations du quotidien, Eyal, lui, décide de lâcher prise… Avec un ami de son fils défunt, il partage un moment de liberté salvateur et poétique, pour mieux renouer avec les vivants...

    Peut-on rire de tout ? « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire […] peut parfois exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, répondait péremptoirement au siècle dernier le camarade Pierre Desproges, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort ». Et le même d'enfoncer rageusement le clou : « au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? ». C'est tout l'enjeu de ce formidable (premier !) film israélien, sacrément gonflé mais sans ostentation, qui s'efforce de prendre à bras-le-corps le pire du pire qui se puisse concevoir pour un parent : la perte de son enfant. Comment vivre, comment concevoir d'exister après la tragédie ? Et, dans le cas qui nous préoccupe, comment raconter l'impossible renaissance sans s'engluer dans le pathos ?

    Une semaine. Un tunnel d'une semaine de deuil, dans la tradition juive le shiv'ah, au terme duquel, leur grand fils de 25 ans mis en terre, la source des larmes sensément tarie, la vie de Vicky et Eyal doit reprendre ses droits, son cours, tout ce fatras de lieux communs qui définissent les gestes du quotidien. Se nourrir, dormir, travailler, faire son jogging, penser à faire stériliser les chatons errants, prendre rendez-vous pour un détartrage… et au milieu de ça, penser encore à ces à-côtés de la mort, les formalités du cimetière, celles de l'unité de soins palliatifs, les relations sociales, condoléances, remerciements, re-condoléances… Tout un tas d'obligations routinières auxquelles Vicky se donne à corps perdu, tandis que son mari, dévasté, se laisse couler à pic, envoie balader la terre entière, et cherche dans des accès de hargne, de colère et de violence à expulser les sanglots invisibles de sa douleur sèche. Rempli d'une agressivité primale, Eyal suit à l'instinct ses premiers mouvements, comme la quête compulsive, à l'unité de soins intensifs, de la couverture de son garçon – cette bête couverture piquée multicolore, égarée, qui devient un objectif nécessaire, vital, auquel il se raccroche rageusement. L'unité de soins intensifs où la dernière chambre de son fils est déjà occupée par un autre malade en phase terminale – qui lui rend, héritage dérisoire, le dernier sachet de cannabis thérapeutique non utilisé, abandonné dans un tiroir.

    Le film nous emmène avec une feinte légèreté dans les chemins creux du drame. Là où l'humour côtoie effectivement le désespoir. Il ne fait pas hurler de rire, non, mais on ne peut tout du long se départir d'un sourire franc, généreux, bienveillant pour les êtres qui se débattent dans l'innommable. Parce qu'on dira ce qu'on voudra, la mort, ce n'est pas raisonnable. Il est donc urgent de réagir comme elle et de déraisonner. Ce huitième jour « après » le deuil, tandis que Vicky s'efforce de ne pas s'effondrer en reprenant le cours normal d'une vie qui ne le sera plus, Eyal va donc le passer entre sa maison, son jardin, l'hôpital et le cimetière, à tenter de fumer pour la première fois cette herbe thérapeutique, manger des sushis, faire son deuil par procuration, avec l'aide plus ou moins consentante du fils de ses voisins détestés – mais qui sait, lui, rouler des joints et improviser des solos phénoménaux d'Air guitar. Il va aussi s'empailler avec des chauffeurs de taxis irascibles, s'essayer à la « Air chirurgie oncologique », avec une incroyable fillette échappée de la chambre où sa mère met ses dernières forces à lutter contre la maladie. Et petit à petit, d'outrances vachardes en échappées borderline, de dérapages désespérés en rêveries poétiques, à bout de souffle et de tristesse, finir de se perdre pour reprendre doucement pied dans le monde des vivants.


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  • Isabelle Huppert est comme d'habitude parfaite. mais le scénario n'est pas à la hauteur de son talent. La vie de bobos pariseine. Au début du film, elle a tout et à la fin, elle a tout perdu.Un film nostagique avec une jolie petite musique.

    scénario: 12/20     acteurs: 16/20  techniaue: 16/20   note finale: 14/20

    L'Avenir : Affiche

    Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Passionnée par son travail, elle aime par-dessus tout transmettre son goût de la pensée. Mariée, deux enfants, elle partage sa vie entre sa famille, ses anciens élèves et sa mère, très possessive. Un jour, son mari lui annonce qu’il part vivre avec une autre femme. Confrontée à une liberté nouvelle, elle va réinventer sa vie.

    Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Son mari est aussi professeur de philosophie et lui aussi aime les livres et l’assurance tranquille de cette vie bourgeoise et confortable, sans frasque ni ostentation. Les enfants ont grandi et ne sont plus à la maison, le plaisir et l’envie d’enseigner semblent toujours constants en dépit des années. Quant à l’amour, il est là, à sa manière, avec les us et coutumes d'une union qui dure depuis vingt cinq ans. Un amour sincère mais un peu éteint, posé sur une étagère, comme un gros bouquin dont on sait la présence rassurante mais qu'on oublie trop souvent d'ouvrir…
    La vie de Nathalie est rythmée par ses cours qu’elle donne à des jeunes gens tout feu tout flamme qui l’écoutent ou qui ne l’écoutent pas, préférant sécher pour aller manifester, se rassembler, revendiquer. Nathalie aussi, dans sa jeunesse, militait, mais c’était hier, le passé, une autre époque. Aujourd’hui elle veut simplement assurer ses cours tranquillement, suivre le fil de sa vie rangée avec ses livres, ses élèves et sa mère un peu folle qui se suicide trois fois par semaine.

    C’est aussi cela, le propre du temps qui passe, de la roue qui tourne : hier encore, on berçait sa couvée et aujourd’hui, il faut materner ses vieux parents. Et les vieille mamans angoissées, c’est parfois très pénible… Celle de Nathalie, dans son genre, est un spécimen fort intéressant.
    Nathalie glisse sur ces lendemains avec la force tranquille d’une femme fière de son parcours, des ses réussites familiales et professionnelle ; forte aussi d’une vie intellectuelle riche et intense, habitée par les auteurs, les philosophes, les penseurs qui accompagnent chacun de ses pas, chacune de ses pensées vagabondes ou muries.
    Les retrouvailles avec Mathieu, un ancien élève brillant qu’elle a mis sur la voie de la philosophie et dont elle suit le travail, vont coïncider avec cet instant précis de la vie de Nathalie où les événements vont se bousculer pour la malmener. Elle devrait s’effondrer, elle pourrait imploser, ou rester à terre en attendant le coup de grâce final… Mais sous ses allures frêles, s'appuyant sur la somme de ces instants d’avant qui forment son passé, elle va tenter de se fabriquer un avenir car, oui, l’avenir existe même quand on a depuis longtemps passé l’âge d’oser le questionner.

    On connaît, pour les avoir appréciées dans ses précédents films, la délicatesse et l’intelligence d’écriture de Mia Hansen Love, brillante réalisatrice qui s’attache ici à un portrait fort et subtil d’une femme qui arrive comme on le dit banalement à un tournant de sa vie. Elle réussit le pari de ne jamais plomber son propos et glisse une belle tendresse dans le regard qu’elle porte sur cette génération qui n’est pas la sienne. A contrario, la manière dont elle parle de la jeunesse, de ses rêves, de ses utopies ne se fait jamais en opposition. Au fond, chacun n’est que la face passée ou à venir de la même pièce et tout n’est que mouvement.
    C’est un beau film sur le temps qui passe et la sagesse dont il faut faire preuve pour accepter le cycle de la vie qui œuvre pour chaque humain. C’est aussi un film qui dit qu’avec la pensée et l’affection des autres, on est plus fort pour y arriver.


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  • Un très beau film sur la danse même si on peut regretter certaines longueurs. La révélation, c'est la fille de Vanessa qui a une véritable grâce. Elle est divine et excellente dans ce film.

    scénario: 16/20      acteurs: 17/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    La danseuse

    Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

    La fascination… C'est le premier mot qui vient en tête quand on pénètre dans cet univers. Stéphanie Di Gisuto, pour son tout premier film, réussit (de main de maîtresse) à faire renaitre l'envoûtement que faisait naître Loïe Fuller lors de ses représentations dans les années 1900. Les critiques de l'époque s'extasiaient à l'unisson : « Du divin qui se matérialise », « C'est une clarté qui marche, qui vit, qui palpite, et la chose véritablement émouvante, c'est que de toutes ces flammes froides […] jaillit entre deux volutes de lumière une tête de femme, au sourire énigmatique… » L'histoire de Loïe, ce n'est pas celle d'une femme à la beauté innée, facile, c'est celle d'une besogneuse qui devra se battre pour exister, faire reconnaître son talent.


    Ça démarre dans l'Illinois, USA. Loïe, jeunette, ressemble plus à une espèce de Calamity Jane qu'à une ballerine, plus habituée à manier un fusil qu'à faire des pointes (d'ailleurs elle n'en fera jamais). Passant ses premières années entourée de péquenauds à grande gueule, on se demandera longtemps comment il est possible qu'elle soit tombée amoureuse des arts au point de vouloir dépasser sa timidité pour monter sur scène. Alors qu'elle y joue le rôle d'une femme sous hypnose, vêtue d'une longue chemise blanche, elle se met à improviser de grands mouvements. Le public s'écrie : « Un papillon ! Une orchidée ! » Cela devient une joyeuse pagaille, sans doute au grand dam du metteur en scène. À compter de ce jour-là, Loïe, obsessionnelle, consacrera sa vie à enrichir son idée de chorégraphie.
    D'instinct elle s'invente un geste et va traverser le monde grâce à lui. D'abord en sculptant son corps inlassablement, en lui imposant des exercices répétitifs, excessifs. Ensuite en améliorant toujours ses accessoires, ses artifices. Le fruit de son succès, elle le réinvestit sans compter dans l'amélioration de ses spectacles. Elle redessine constamment son costume, le rendant plus complexe et vaporeux. Confectionné d'abord dans quelques mètres de simple coton il est fabriqué par la suite dans 350 mètres de soie la plus fine. Un véritable exploit pour lequel Loïe se lance dans de complexes formules mathématiques. Elle s'entoure des meilleurs techniciens de l'époque, invente une nouvelle manière d'éclairer la scène. Elle devient plus qu'une chorégraphe, une experte dans tous les domaines qu'elle aborde : physique, chimie… devenant même copine avec Thomas Edison et d'autres inventeurs de l'époque, allant jusqu'à faire breveter ses idées. Elle bouscule tous les préconçus, les habitudes. Sous ses doigts, dans son cerveau naissent, sans qu'elle le sache, les prémices de la danse contemporaine, on aurait même envie de dire du spectacle multimédia.
    C'est un vrai tourbillon précurseur qui ne se contente pas de ses acquis et remet perpétuellement tout en question. D'abord seule en scène, elle sélectionne une troupe. C'est ainsi qu'elle auditionne une jeune danseuse presque inconnue nommée Isadora Duncan et qu'elle tombe sous le charme de cette antithèse d'elle-même. Pour Isidora tout est naturellement simple. Elle a la beauté bienheureuse, la désinvolture, les facilités de celles qui n'ont pas besoin d'un costume ni de lumières pour être remarquées, admirées, désirées… Une vraie révélation d'une fulgurance dévastatrice, sulfureuse, qui précipitera la chute de Loïe Fuller…

    Quelle destinée à peine croyable que celle qui conduisit cette fille de ferme du Midwest à New-York puis à Paris ! Mais malgré les acclamations, Loïe resta toujours dans sa tête cette bouseuse terne en mal de reconnaissance, obligée de se cacher sous des mètres de soie luminescente pour avoir l'illusion de briller. Désormais Isadora et Loïe reposent en paix à quelques mètres l'une de l'autre, dans le cimetière du Père Lachaise. La tombe de l'une recouverte de fleurs, celle de l'autre tombée dans l'oubli...


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  •  Ce film avait tout pour être réussi: de grands acteurs, du budget et une réalisatrice confirmée. Malgré tout cela, la sauce ne prend pas. L'image, les décors, les costumes sont magnifiques et c'est très bien filmé mais on s'ennuie ferme. C'est dommage. Les acteurs font ce qu'ils peuvent mais quand le scénario n'est pas dynamique, c'est difficile.

    scénario: 14/20    technique: 19/20    acteurs: 15/20   note finale: 15/20

    Cézanne et moi

    Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil... Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

    C’est l’histoire d’une amitié. Une amitié au moins aussi longue qu’une vie et au moins aussi intense qu’une histoire d’amour. Une amitié forte et tumultueuse, houleuse, passionnée et sans concession. Une amitié qui n’aurait rien d’extraordinaire si les deux êtres qu’elle liait ainsi à la vie à la mort n’étaient pas eux même deux êtres exceptionnels, j’ai nommé Paul Cézanne et Emile Zola.
    Rien ne semble effrayer Danièle Thompson, scénariste de talent et réalisatrice à succès qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de s’attaquer à bras le corps à deux monstres sacrés du patrimoine culturel national. Le projet est d’envergure et la machinerie, colossale, puisque l’ambition du film est bien d’embrasser l’amitié des deux hommes sur près de quarante années, dans une France en pleine effervescence artistique et politique… Mêler l’intimité d’une relation complexe à un questionnement sur l’art et l’artiste, comment il rencontre son époque, ou pas, comment il se hisse aux sommets de la reconnaissance, ou pas, comment il doute, comment il crée…
    Alors bien entendu, on a connu plus sobre et plus intimiste dans les portraits au cinéma de grands artistes : Pialat quand il fait son inoubliable Van Gogh ou même Michel Bouquet quand il incarne Renoir au crépuscule de sa vie… Danièle Thompson est dans une autre démarche, plus flamboyante et son histoire est à l’image de cette amitié incandescente entre deux fougues inépuisables que rien ne semble freiner… alors oui bien sûr, parfois, on a un peu le tournis, ça s’enflamme et ça jaillit de tous côtés, ça explose souvent, ça va et vient entre les époques, les œuvres, les succès, les déceptions. Mais à chaque fois que le film semble s’alourdir, l’écriture reprend le flambeau du récit. Les dialogues sont ciselés avec une rare intelligence, le rythme est parfait, le ton juste et le verbe reprend toujours ses droits, portés par deux comédiens habités par l’aura de ces grands hommes.

    Il faut dire qu’elle est intense, cette histoire d’amitié, elle ne connaît pas la tiédeur. Cézanne et Zola se rencontrent à Aix, ils ont treize ans et partagent les mêmes rêves, les mêmes utopies… tous deux montent à Paris, fréquentent les même quartiers : Montmartre, les Batignolles, tous deux crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, tous deux ont soif de reconnaissance et de gloire aussi… Mais alors que Zola va connaître rapidement le succès et devenir très vite « un auteur » reconnu et respecté, son ami Paul, impétueux, colérique, intransigeant avec son art et avec lui-même, ne parvient pas à percer et s’enferme peu à peu dans la posture de l’artiste incompris et maudit, bohème, éternellement fauché, irrémédiablement tourmenté. Danièle Thompson film cette douloureuse marche à contre-courant des deux hommes, l’un filant tranquillement vers la gloire avec tout le confort, la sécurité et les concessions que cela suppose, l’autre fuyant tout compromis, toute modération dans son rapport aux autres pour servir un art dont il sent pourtant qu’il est plus fort ou plus grand que lui, un art qui, comme le succès, lui échappe.
    Au cœur du film, comme un point d’ancrage, il y a un roman de Zola, L’œuvre qui scellera définitivement la brouille entre les deux hommes. Une œuvre qui interroge précisément la place de l’artiste et de la création, mais pose au-delà le lien douloureux et complexe entre la fiction et le vécu. Pour la peinture, l’époque est passionnante : on y croise Monsieur Manet et les premiers peintres impressionnistes (que Zola, jeune critique d’Art défendra), on y croise aussi (bon d’accord, de loin) les tumultes politiques…

    Au-delà d’un film sur l’œuvre (magistrale) de Zola ou sur la peinture (tout aussi majeure) de Cézanne, Cézanne et moi est finalement le récit intimiste et libre (quoique parfaitement documenté) de l’amitié entre Paul et Emile mise à l’épreuve du feu de la célébrité et de celui, peut-être plus dangereux encore, de l’orgueil.

     


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  •  Une petite comédie sans prétention mais qui n'apporte pas grand chose. Virginie Effira est parfaite mais le scénario n'est pas génial. C'est bien filmé.

    scénario: 14/20     acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 15/20

    Victoria

    Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. 
    Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu'elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

    Tous ceux qui aiment les grands classiques de la comédie hollywoodienne, Cukor (Indiscrétions), Hawks (L'Impossible Monsieur Bébé) ou plus récemment Blake Edwards (d'ailleurs on ne nous fera pas croire que le prénom Victoria a été choisi au hasard) – autrement dit tous ceux qui aiment le cinéma – vont être enchantés, emballés par ce film français qui se hisse au niveau des grandes réussites du genre. Ce n'est pas si souvent qu'on peut avancer cette comparaison sans exagérer, on ne va donc pas se priver d'exprimer ici notre enthousiasme, d'autant plus que Victoria ne se contente pas d'être une mécanique comique imparable, il dit aussi plein de choses acérées sur notre monde tel qu'il va. Pas de doute, après le très intéressant mais un peu foutraque et un brin fatiguant La Bataille de Solférino, Justine Triet monte de deux crans, passe à la vitesse supérieure et nous livre un deuxième film remarquablement écrit, construit, maîtrisé de bout en bout.

    Victoria Spick (drôle de patronyme) mène, comme disaient les anciens, une vie de bâton de chaise. Autrement dit son existence est pour le moins cahotique, pour ne pas dire bordélique. Avocate pour les causes qu'elle peut trouver, elle a une vie sentimentale foireuse qui vogue au bon gré de tinder (pour les déconnectés, cette application permet aux célibataires et assimilés en manque affectif et/ou sexuel de trouver dans une zone géocalisée d'éventuels partenaires souffrant des mêmes carences) et s'occupe plutôt très mal de ses enfants qu'elle confie trop souvent à des babysitters surexploités… Il paraît que c'est ce qu'on appelle une vraie femme moderne. Et comme si ça ne suffisait pas, elle va faire deux choix qui ont toutes les chances de s'avérer mauvais, voire cata : accepter de défendre, contrairement à l'éthique professionnelle, son meilleur ami, accusé par la femme qu'il vient d'épouser de l'avoir poignardée en plein mariage (cérémonie à laquelle Victoria a assisté) ; et prendre comme baby sitter et colocataire un ancien client dealer, charmant par ailleurs (excellent Vincent Lacoste, qui joue dans le film un rôle dévolu aux femmes dans les classiques hollywoodiens évoqués plus haut ; Virginie Efira, elle, endosse carrément le rôle de Cary Grant !). Dans le même temps son ex, écrivain raté mais entêté, s'est mis à tenir un blog où il raconte tous les travers de son ancienne compagne, y compris des secrets concernant des clients parfois facilement énervables… Tout cela va avoir des conséquences en cascade, conséquences professionnelles, conséquences sentimentales, conséquences fâcheuses, conséquences rocambolesques surtout, qui ne feront peut-être pas le bonheur de notre personnage mais qui font en tout cas le nôtre !

    On ne racontera pas toutes les séquences hilarantes – souvent des scènes de procès – qui ponctuent le film et en font un festival de drôlerie. On citera quand même celle où Victoria dissèque, avec le plus grand sérieux, l'analyse comportementale d'un chien, ou bien celle où elle présente comme pièce à conviction un selfie pris par un chimpanzé… Et encore cette impayable plaidoirie, au lendemain d'une soiré dépressive et médicamentée, qui voit Victoria dérouler son argumentaire comme un 45 tours passé en 33… Stop !
    Mais on ne peut pas ne pas insister sur la performance époustouflante de Virginie Efira, qui s'impose définitivement comme une magnifique interprète de comédie (la dernière actrice à nous avoir fait une telle impression, c'était Sandrine Kiberlain dans le Neuf mois ferme de Dupontel, le rôle lui a valu un César, le rendez-vous est pris). Virginie Efira aussi épatante quand elle est volubile et cynique que lorsqu'elle est amoureuse et fragile, craquant sous le vernis. Une grande comédienne pour une formidable comédie !


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  •  Une comédie sympa mais qui ne fera pas date. Pas super réussi. Mais on rit.

    scénario: 14/20      technique: 16/20      acteurs: 16/20   note finale: 15/20

    Radin

    François Gautier est radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…


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