• Les dialogues sont très réussis. un très beau film plein d'humour et de tendresse. les acteurs sont grandioses.

    scénario: 18/20   technique: 17/20     acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Premier de la classe

     

    Abou, 14 ans, fait la fierté de son père. Contrairement à ses 3 frères, il est « 1er de sa classe ». Enfin, c’est ce qu’il fait croire. En vérité, Abou est surtout le roi du mensonge et du bulletin truqué! 
    Quand arrive la première réunion parents-profs, il va monter le plus gros mytho de sa vie : recruter des faux profs parmi ses connaissances du quartier pour faire face à son vrai père, pendant que ses vrais profs rencontreront son faux père. Ca devrait être facile…en théorie!


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  • Je n'aime pas les films qui se terminent en queue de poisson. Mais celui-là nous tient en haleine jusqu'au bout. Malheureusement, la fin n'est pas à la hauteur du reste du film.

    scénario: 16/20       technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    The operative

    À la fin des années 2000, alors que le monde craint que l'Iran ne se dote de l'arme atomique, Rachel, ex-agente du Mossad infiltrée à Téhéran, disparaît sans laisser de trace. Thomas, son référent de mission, doit la retrouver entre Orient et Occident, car Rachel doit revenir à tout prix sous le contrôle de l’organisation… ou être éliminée.


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  •  Un vaudeville très réussi. les acteurs sont formidables et on rit beaucoup. Je ne sais pas si le film est tiré d'une pièce de théâtre, mais si ce n'est pas la cas, il ferait une belle pièce de théâtre!!

    scénario: 17/20        acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Beaux-parents

    Coline et André sont en parfaite harmonie avec leur fille, Garance, et leur gendre Harold. Mais Garance se sépare d’Harold et ordonne à ses parents de ne plus jamais le revoir. Les beaux-parents ne peuvent s’y résoudre : elle l’a largué, mais pas eux ! Ils devront mener une double vie pour continuer à voir leur gendre adoré, en cachette de leur fille, qui ne va pas les lâcher...


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  • Un très jolie comédie estivale. Réussie. On rit beaucoup.

    scénario: 17/20   technique: 17/20   acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Ibiza

    Philippe et Carole, tous deux divorcés, viennent de se rencontrer.
    Très amoureux, Philippe est prêt à tout pour se mettre les deux ados de Carole dans la poche. Il propose un deal au fils aîné : s'il a son bac, c'est lui qui choisit leur lieu de vacances.
    Et ce sera Ibiza !
    Mais pour Philippe, plutôt habitué à de paisibles vacances dans la Baie de Somme, c'est un véritable choc.


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  •  Même si ce film rappelle furieusement Nikita, il est très réussi. Certes les recettes de Besson sont toujours les mêmes mais cela fonctionne encore et toujours.

    scénario: 18/20         acteurs: 18/20         technique: 18/20  note finale: 18/20

    Anna

    Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment ANNA et qui est “échec et mat”.


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  •  Une très jolie comédie, pleine d'humour et de tendresse.

    scénario: 17/20   technique: 17/20    acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Made in China

    François, jeune trentenaire d’origine asiatique, n’a pas remis les pieds dans sa famille depuis 10 ans après une violente dispute avec son père Meng. Depuis, il essaie toujours d’éviter les questions sur ses origines, jusqu’à mentir en faisant croire qu’il a été adopté.

    Mais lorsqu’il apprend qu’il va être père, il réalise qu’il va devoir renouer avec son passé et ses origines. Poussé par sa compagne Sophie, il se décide à reprendre contact avec les siens et retourne dans son XIIIème arrondissement natal pour leur annoncer la bonne nouvelle, accompagné de son meilleur ami Bruno. François est accueilli à bras ouverts par sa famille, à l’exception de son père et de son jeune frère.

    Le retour dans sa communauté ne va pas être si simple…


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  • Un très jolie film sur les difficultés d'une jeune femme avec beaucoup de de diplômes. C'est un film réjouissant dans lequel les acteurs se donnent au maximum. Une fable réjouissante qui, raconte, à coups de répliques absolument malicieuses, la difficulté pour une jeune-femme canadienne à exister. Un coup de force pour un premier long-métrage. Car cette comédie féministe est souvent désopilante. Le mérite en revient à l’éreintante Anne-Elisabeth Bossé, qui ose tout dans ce rôle d’une Bridget Jones intello ou d’une Frustrée moderne de Bretécher.

    scénario: 16/20    technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    La femme de mon frère

    Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l’épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d’Eloïse, la gynécologue de Sophia…

    Avec un peu de chance, vous allez comme moi être à la fois irrésistiblement séduit et exaspéré par Sophia, l'héroïne hors normes – et présente dans tous les plans ou presque – de cette délicieuse comédie de mœurs urbaine et très canadienne, qui n'est pourtant pas sans rappeler la verve des films de Justine Triet (Victoria et Sibyl avec Virginie Efira). Cette pétillante trentenaire québécoise, universitaire au visage aquilin et à la logorrhée inextinguible, est ce qu'on pourrait appeler une « attachiante », tant on ne sait jamais si on a envie de lui mettre des baffes ou de sourire de l'incorrigible et permanente verve acide avec laquelle elle aborde tout ce qu'elle approche.

    Sophia, sur-diplômée, probablement trop intelligente et lucide pour un monde qui n'en demande pas tant, est juste une géniale inadaptée sociale, à une époque où la pensée est devenue une activité finalement handicapante à bien des égards. Dans une scène hilarante, on assiste au pugilat des membres de son jury universitaire qui règlent leurs comptes au dessus de sa tête alors qu'elle tente de soumettre sa thèse dont le thème (les continuateurs de Gramsci, philosophe marxiste italien incontournable mais oublié de l'immense majorité de la population) a peu de chances de l'aider à s'intégrer à notre monde ultralibéral. Dans l'attente d'une hypothétique chaire d'université qu'elle se fera chiper par la fille de son directeur de thèse, Sophia vivote d'un petit job dans une galerie, qu'elle accomplit avec la plus mauvaise volonté, et squatte chez son frère Karim, un garçon séduisant et sociable, son total opposé mais dont elle est inséparable, jusqu'à ce que, dixit Karim, « elle trouve un sens à sa vie ».La vie sentimentale de la fratrie n'est par ailleurs pas franchement marquée par la stabilité, jusqu'au jour où Karim tombe sous le charme de la gynécologue venant d'avorter sa sœur (comme le dit Sophia : « quel homme a le culot de draguer le médecin qui a avorté sa sœur ? »). Un bouleversement qui va obliger Sophia à se prendre en main.

    On se laisse embarquer par l'ironie et le cynisme intarissable de Sophia, qui fournit l'occasion de dialogues hilarants et d'un regard finalement tendre et amusé sur les déboires de la jolie trentenaire, notamment dans une formidable scène de famille qui tourne au cauchemar, avec des parents bien plus barrés et atypiques que ne sont les enfants, ou encore dans celle où Sophia va rencontrer contre toute attente, elle qui est persuadée qu'il faut surtout ne pas enfanter dans ce monde insupportable, UN sage femme, un de ces rares hommes qui a choisi de vouer sa vie à la maternité.

    On comprend assez vite que le cynisme et le nihilisme de Sophia sont des armures, qui la protègent d'une hypersensibilité à la vie, et le film s'avère un splendide regard sur la famille et l'amour fraternel. Le récit est mené tambour battant, emballé par le jeu irrésistible de l'hilarante autant que touchante Anne-Elisabeth Bossé, découverte chez Xavier Dolan, tout comme Mona Chokri d'ailleurs, comédienne qui signe ici un premier film bourré d'envie et d'énergie.


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  •  Pas mal même si c'est un peu ennuyeux par moment. Un film coup de poing contre la guerre, à travers le portrait sensible et solaire de trois frères, qui luttent contre leurs démons. "Un havre de paix" est une sacrée expérience. Un peu méta, sensible, humaine, intense, mélancolique, belle et parfois drôle, elle risque d'en laisser plus d'un épuisé par tant de sincérité. Si la forme est perfectible, le fond, lui, est très solide. Un film fort et doux en même temps, qui nous sort ses tripes à chaque image. La révélation d'un nouveau cinéaste qu'on a hâte de voir grandir. Ce film nous démontre une fois de plus, s'il en était encore besoin, que la guerre c'est bête et que les horreurs qui y sont commises affectent durablement ceux qui les commettent et ceux qui y assistent.

    scénario: 16/20       technique: 15/20       acteurs: 16/20  note finale: 16/20

    Un havre de paix

    Trois frères se retrouvent pour enterrer leur père dans le kibboutz de leur enfance. Avishaï, le plus jeune, doit partir deux jours plus tard à la frontière libanaise où un nouveau conflit vient d’éclater. Il sollicite les conseils de ses frères qui ont tous deux été soldats. Itaï souhaite endurcir le jeune homme tandis que Yoav n’a qu’une idée en tête : l’empêcher de partir. Dans ce kibboutz hors du temps, le testament du père va réveiller les blessures secrètes et les souvenirs d’enfance...


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  • Encore un premier film réussi!! Judith Chemla donne beaucoup de charme et de substance à son personnage, et plus largement au film tout entier. Elle y sème à la fois les rires, l'inquiétude, les moments poignants, le tout bien dosé par la réalisatrice, Elise Otzenberger qui aborde le sujet grave de la Shoah avec une légèreté et une drôlerie qui ne déplairaient pas à Woody Allen.

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20  technique: 16/20    note finale: 16/20

    Lune de miel

    Anna et Adam, jeune couple de parisiens aux origines juives polonaises, partent pour la première fois de leur vie en Pologne. Ils ont été invités à la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la destruction de la communauté du village de naissance du grand-père d’Adam.
    Si Adam n'est pas très emballé par ce voyage, Anna est surexcitée à l'idée de découvrir la terre qui est aussi celle de sa grand-mère. Enfin… d’après le peu qu’elle en connaît.
    Les voilà partis à la recherche de leurs origines dans un voyage plein de surprises, durant lequel ils ne trouveront pas exactement ce qu’ils sont venus chercher…

    Drôle d’oiseau que la mémoire familiale. Parfois volatile ou carrément entêtante, nostalgique ou douloureuse, elle est un peu comme une ancienne rengaine dont on connaîtrait par cœur la musique, sans toujours se souvenir des paroles. Dans la mémoire d’Ana, il y a un village inconnu, quelque part en Pologne, et puis surtout une grand-mère qu’elle chérissait. Si toutes les grands-mères du monde adorent raconter à leurs petits-enfants les souvenirs d’enfance sucrés, les jeux des temps anciens et tout ce qui faisait la vie d’alors, celle d’Ana a gardé le silence. Comme de nombreux rescapés de la Shoah, elle a préféré garder pour elle la souffrance, couvrant d’un voile invisible ce pan entier de l’histoire familiale. Dans toutes les familles juives de toutes les contrées du globe, qu’elles soient religieuses ou indécrottablement athées, qu’elles aient été touchées ou non par la déportation, il y a cette histoire commune, inévitable. Maintenant qu’elle est mère à son tour, Ana ressent plus que jamais le besoin de connaître son histoire, le pays de ses aïeux et le roman de sa famille.

    Et justement, quelle aubaine ! Elle et son mari Adam sont invités à se rendre en Pologne dans le village dont il est originaire afin de participer à la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la destruction de la communauté. Bon d’accord, en terme d’évènement glamour, de virée romantique en amoureux, c’est pas tout à fait ça, et Adam aurait sincèrement préférer quitter Paris pour une escapade à New-York mais voilà, c’est toujours ça de pris sur les sorties en poussette, la purée bio maison et la virée sous la pluie à l’aire de jeu du coin. Quand les grands-parents (Brigitte Rouän, plus fantasque et drôle que jamais, et André Wilms, pierrot lunaire et généreux) débarquent pour garder le petiot, Ana est en mode surchauffe, une sorte de caricature de la maman juive : hystérique, exaltée, insupportable de maniaquerie. C’est qu’elle mise énoooormémement sur ce voyage, elle prend les choses très, très, très au sérieux et d’ailleurs, à peine posé le pied sur le sol polonais, c’est fou, elle se sent complètement polonaise, un truc de dingue !
    Adam, ça va rapidement le gonfler, cette histoire. Il aimerait pouvoir profiter pleinement de sa femme, manger de la charcuterie, flâner dans les rues sans forcément toutes les deux minutes sentir comme une grande chape de plomb au-dessus de sa tête, bing, le poids de l’histoire qui pèse un peu plus lourd que l’herbe à vodka au fond de la bouteille. Forcément rien ne va aller comme cela devrait. Forcément Ana va être déçue. Forcément le grand souffle de l’histoire familiale ne va pas vraiment la traverser avec fulgurance. Et forcément sa mère va débouler au beau milieu de cette improbable lune de miel.

    Pas fastoche de rire au milieu d’un tel sujet et sur les terres où fut exterminée une grande partie de la communauté juive polonaise. C’est pourtant bien ce que réussit avec talent Elise Otzenberger avec ce premier film largement inspiré de sa propre expérience. Naviguant entre deux tonalités, entre le burlesque des situations et la gravité de certaines scènes très émouvantes où l’ampleur de la tragédie reprend avec pudeur son droit sur les sourires, Lune de miel est porté à bout de bras par une Judith Chemla en très grande forme. L’énergie désespérée et souvent ridicule de son personnage est parfois un peu too much et envahissante, mais largement modérée par Adam et le duo de choc des parents, très bien sentis. L’humour très second degré du film (Ana est quand même souvent assez pathétique dans sa recherche absolue de judéité) évite toute forme de pathos déplacé et raconte, mine de rien, la puissance de la transmission, pour le pire mais aussi le meilleur.


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  • Une comédie réussie aux dialogues amusants. On aurait aimé que le scénario soit plus abouti mais on pass eun bon moment. 

    scénario: 15/20          acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 16/20

    Séduis moi si tu peux

    Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre... que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ?


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  • "Adieu à la nuit" est un film qui traite de la réaction des familles qui s'aperçoivent qu'un de leur membre s'est radicalisé. Catherine Deneuve joue parfaitement une grand-mère qui s'aperçoit que son petit-fils s'est radicalisé et veut partir en Syrie. Elle fera tout pour l'en dissuader.  La réussite du dernier Téchiné tient à sa capacité à être à la fois simple et trouble, direct et oblique.  Catherine Deneuve est sublime.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 18/20

    L'adieu à la nuit

    Muriel est folle de joie de voir Alex, son petit-fils, qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada.  Intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, doit réagir très vite…

    André Téchiné, avec la complicité de sa jeune co-scénariste Léa Mysius, s'empare d'un sujet d'actualité brûlant, l'engagement de jeunes Français pour le Jihad, tout en restant fidèle à ses thèmes de prédilection : la fougue et le désir d'absolu de la jeunesse, la force de l'amour, les liens familiaux. Et pour ancrer son histoire, celle d'un engagement morbide en même temps que d'un impossible dialogue entre deux êtres qui s'aiment, il choisit une fois encore la lumière du Sud-Ouest et retrouve l'une de ses comédienne fétiches, Catherine Deneuve : on sent bien la complicité qui les unit, grâce à une caméra qui sait capter les non-dits, le trouble et la douleur sourde de son personnage. Face à Deneuve, Kacey Mottet-Klein, que l'on voit vieillir et s'épanouir à l'écran au fil des films et qui porte cette fougue romanesque et animale qui habitait déjà les jeunes héros des Roseaux sauvages. Entre ces deux-là qui incarnent deux générations, deux talents, deux tempéraments, c'est une confrontation à la fois terrible et bouleversante.


    Muriel est folle de joie à l'idée de retrouver son petit fils Alex qu'elle ne voit que rarement ; il vient passer quelques jours dans le haras, sous le soleil naissant de ce printemps 2015, avant de partir vivre au Canada. Alex est amoureux de Lila, une jeune femme pétillante et dévouée que Muriel connaît depuis qu'elle est gamine et qui fait quelques extras chez elle pour arrondir ses fins de mois. Les retrouvailles sont un peu tendues, on sent bien que les reproches ne sont pas très loin, on devine en sourdine le poids d'un événement passé qui doit être la cause de cette crispation. Attentionnée, Muriel fait tout pour que les choses se passent bien entre eux, et se persuade que le Canada, ce n'est pas si loin. Mais la destination de son petit-fils n'est pas le Canada… Alex a trouvé sa voie autant qu'un sens à sa vie. Il va partir, avec Lila, avec d'autres jeunes, pour une zone de guerre dont on ne revient pas.
    Le film ne raconte pas le processus d'engagement et le récit commence alors que le choix des deux jeunes personnages est solidement ancré en eux. Le retour en arrière, le doute ne semblent plus possibles et c'est sans doute la grande intelligence de Téchiné que de préférer prendre un axe transversal, celui de la relation entre Alex et Muriel, pour aborder cette question brûlante. Même s'il est plus facile, a priori, de s'identifier à Muriel, le regard porté sur Alex et Lila ne tombe jamais dans la caricature ou le jugement et même si le processus de déshumanisation dans lequel ils s'engagent est terrifiant, la complexité morale et psychologique est bien présente.
    Il faut enfin parler du titre, L'Adieu à la nuit, énigmatique et ambivalent… Il peut tour à tour évoquer pour ces jeunes l'appel d'une « lumière divine » qui a touché leur cœur et leur âme, eût-elle la couleur d'une flamme destructrice. Ou bien le retour à la vie, au jour, à l'amour, porté peut-être dans le film par le personnage de Fouad, ancien jihadiste repenti en qui Muriel va trouver un précieux allié.

    « Pour ces adolescents attirés par le jihad, il y a un “désir furieux de sacrifice”. Je trouvais ça certes brûlant, mais aussi susceptible de ne pas intéresser que moi, mais tout le monde. C’est un sujet clivant et ouvert à la fois. Et ce film ne représente que mon regard sur ce sujet, c’est une proposition de fiction. Quand des adolescents prennent ce nouveau visage “monstrueux”, cherchent un nouvel enracinement, c’est comme une conversion maléfique dans un pays inconnu. Cinématographiquement, cela m’amenait vers une dimension de fantastique intérieur. » André Téchiné


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  • Magnifique; Encore un film où tout est réussi: le scénario, les dialogues, etc... Le combat de cette femme qui se fait harceler par son gros porc de patron est universel. Un film social sensible, qui dénonce avec une justesse magnifique le harcèlement sexuel au travail. Ce drame oppressant sur le harcèlement sexuel au travail [...] nous fait sentir à chaque minute le souffle prédateur sur la nuque de l'héroïne. Si Working Woman est un film engagé, inspiré d’événements vécus, le film dépasse les partis pris du «sujet de société» pour s’immerger dans une expérience trouble et périlleuse avec une finesse d’analyse remarquablement servie par le talent des comédiens.Et c'est très bien filmé.

    scénario: 18/20        technique: 18/20       acteurs: 18/20        note finale: 18/20

    Working woman

    Orna travaille dur afin de subvenir aux besoins de sa famille. Brillante, elle est rapidement promue par son patron, un grand chef d'entreprise. Les sollicitations de ce dernier deviennent de plus en plus intrusives et déplacées. Orna prend sur elle et garde le silence pour ne pas inquiéter son mari. Jusqu’au jour où elle ne peut plus supporter la situation. Elle décide alors de changer les choses pour sa famille, pour elle et pour sa dignité.

    L’Israélienne Michal Aviad réalise un film d’une sécheresse et d’une modestie bienvenues qui montre, au quotidien, comment la vie d’une jeune femme peut être affectée par un comportement de prédation sexuelle montant sournoisement en puissance sous les dehors d’une demande d’efficience et de complicité professionnelles.

    Interprété par l'excellente Liron Ben-Shlush, le personnage d’Orna trouve, au début du film, un travail inespéré comme assistante dans une agence immobilière spécialisée dans les produits de luxe. Une aubaine, alors que son mari, Ofer, qui se lance dans la restauration à son propre compte, peine à trouver ses marques et que la famille tire le diable par la queue.
    Face à Orna parade Benny (Menashe Noy), le patron de la société immobilière qui vient de l’embaucher. Père de famille, mais homme de pouvoir et séducteur incoercible, le quinquagénaire utilise une gamme de comportements assez subtile pour parvenir à ses fins. Autoritaire et serviable. Amical et prédateur. Il ne recule que pour mieux revenir à la charge. Et fait feu de tout bois. Promotion rapide, prolongement des journées de travail, voyages à l’étranger, tête-à-tête de plus en plus fréquents, coup de main donné au mari dans sa carrière naissante… Autant d’éléments qui œuvrent à un rapprochement insidieux entre le patron et son employée.
    Bientôt nommée directrice des ventes pour la clientèle française, Orna résiste en silence. Le mutisme stoïque dans lequel elle s’emmure, tour à tour flattée et choquée, va l’empêcher de prévoir et de désamorcer la montée en puissance du désir de son patron, qui le conduira à transgresser toutes les règles.

    Centré sur le duo patron-employée, le film laisse en jachère, par la force des choses, les autres personnages, comme le mari ou la mère d’Orna, qui ignorent de quoi il retourne. Working Woman établit une liaison subtile entre le libéralisme prédateur qui vend à l’encan le littoral du pays à de riches étrangers et l’outrage à la libre disposition de leur corps dont sont victimes les femmes.


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  •  On passe un bon moment même si le film n'est pas parfait. Ce gigolo sur le retour est bien sympathique et bien joué. Ça ne fait ni dans la dentelle fine ni dans le haut de gamme scénaristique, mais c'est efficace.

    scénario: 16/20   technique: 16/20   technique: 16/20  note finale: 16/20

    Just a gigolo

    Comment vivre heureux et riche sans travailler ? Être Gigolo.
    Mais après 25 ans de vie commune avec Denise, Alex le « gigolo » se fait congédier sans préavis et se retrouve à la rue. Forcé de s’installer chez sa sœur et son neveu de 10 ans, il n’a alors qu’une obsession : retrouver au plus vite une riche héritière.


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  •  Un film magnifique! Les acteurs sont formidables. Au-delà de la peinture historique et de la réalité des faits, qu’elle tord à sa convenance, Josie Rourke tire surtout un portrait plus universel et intemporel de la condition des femmes. La pureté singulière du visage de Saoirse Ronan incarne bien la beauté sauvage de l'Ecosse, et contraste avec la violence de son destin.

    scénario: 18/20  acteurs: 18/20    technique: 18/20  note finale: 18/20

    Marie Stuart, reine d'Ecosse

    Le destin tumultueux de la charismatique Marie Stuart. Épouse du Roi de France à 16 ans, elle se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Iʳᵉ s’étend aussi bien sur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes reines ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et, entre peur et fascination réciproques, se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnant sur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance. Mais Marie menace la souveraineté d’Elisabeth. Leurs deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire.

    Production somptueuse, impressionnantes vues aériennes de sites naturels d’Écosse, magnifiques costumes… Marie Stuart, reine d'Écosse est un film d’époque qui charme d'abord par la splendeur de ses images, le faste de la reconstitution historique. Mais le retour au xvie siècle proposé par la réalisatrice Josie Rourke est également très intéressant sur le fond.
    Le récit débute en 1561, alors que Marie Stuart (Saoirse Ronan), reine d’Écosse, rentre d’exil après douze ans en France – où elle a épousé en 1558 le roi François II, mort prématurément deux ans plus tard. S’ensuit une bataille épique, non pas sur les champs de bataille, mais au sein même de la cour. La monarque, qui n’a pas vingt ans, ne fait pas l’unanimité.


    Il faut dire que l’Écosse est tiraillée entre catholiques et protestants, que son indépendance est en jeu et que sa destinée dépend de cette reine revenue veuve et sans descendants. En Angleterre, la montée récente au trône d’une autre jeune reine, Élisabeth Ire (Margot Robbie), est l'occasion d'une rare rivalité toute féminine au sommet. À travers les deux jeunes femmes culmine le choc entre deux dynasties, les Stuart et les Tudor.
    Teinté de géopolitique et de féminisme, le film brille de ses couleurs actuelles : il arrive en salles au moment où le Brexit déchire la Grande-Bretagne. Il y a 450 ans, l’Angleterre protestante cherchait à prendre le contrôle de l’île. Marie Stuart, un temps reine de France en tant qu’épouse de François II, est la dernière figure de l’Écosse catholique et continentale.
    Le cinéma n’a jamais été chiche de films sur cette époque – Elizabeth (1998), avec Cate Blanchett, demeure sans doute le titre le plus connu. Le premier long métrage de fiction de Josie Rourke, femme de théâtre, donne lieu à un fascinant duel à distance entre deux femmes de pouvoir qui se distinguent jusque dans leur manière d’affronter la cohorte d’hommes censés les conseiller.
    Le récit est mené subtilement et rend bien compte de la complexité de la situation : entre les Stuart et les Tudor, c’est presque blanc bonnet, bonnet blanc. La réalisation s’appuie sur un habile montage qui intercale scènes dans les Highlands et à la cour de Londres. Conçu comme un suspense, le film aboutit à un face-à-face entre les deux protagonistes et la mise en scène de cette rencontre est un délice, tant elle se déroule comme un lent dévoilement à travers un labyrinthe de toiles blanches. Saoirse Ronan et Margot Robbie incarnent leurs rôles avec un bel aplomb et une intensité saisissante.

    Le portrait de cette Marie d’Écosse, femme de tête prête à rompre avec les coutumes, a quelque chose de neuf, de profondément original malgré les figures imposées du film historique : le traitement adopté ici, qui se méfie de la romance et ne recule pas devant l'expression de la violence, évite de colorer de rose le pouvoir au féminin.
    Peut-être les connaisseurs reprocheront-ils au film de se ranger trop ouvertement du côté de Marie Stuart : sans en faire la belle héroïne sans peur et sans reproche, le récit la montre comme la grande victime d’une machination. Le film s’ouvre et se conclut d’ailleurs par sa décapitation. Avec un dernier geste vestimentaire plein d’audace : l’apparition d’une éclatante robe rouge.


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  • Moins féroce que le premier volet, cette suite s'épuise un peu sur la durée. Malgré tout, on a plaisir à retrouver le couple Dussollier-Azéma.Le scénario est réussi et on rit souvent. La fin est inattendue...

    scénario: 16/20   acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 16/20

    Tanguy, le retour

    16 ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur "tout-petit" dans cet état, Paul et Édith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…


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  •  Une pure réussite! Le scénario est une pure merveille et les dialogues sont plein d'humour. Sous ses airs de gaudriole en terrain miné, "Tel Aviv on Fire" est avant tout un grand film humaniste qui tente de nous reconnecter avec l'autre et avec nous-mêmes. Et le pire, c'est que ça fonctionne. A ne pas manquer. Le réalisateur de "Téléphone arabe" a trouvé l’équilibre parfait entre suspense et humour noir.

    scénario: 17/20         technique: 17/20     acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Tel Aviv on fire

    Salam, 30 ans, vit à Jérusalem. Il est Palestinien et stagiaire sur le tournage de la série arabe à succès Tel Aviv on Fire ! Tous les matins, il traverse le même check-point pour aller travailler à Ramallah.  Un jour, Salam se fait arrêter par un officier israélien Assi, fan de la série, et pour s’en sortir, il prétend en être le scénariste. Pris à son propre piège, Salam va se voir imposer par Assi un nouveau scénario. Evidemment, rien ne se passera comme prévu.

    Si vous ne ratez jamais l'épisode quotidien de votre soap opéra préféré, ce film est évidemment fait pour vous. Si au contraire vous détestez le genre, ne passez pas pour autant à côté de Tel Aviv on fire, comédie alerte qui, en brodant un scénario malin autour d'un improbable feuilleton télévisé, nous livre une vision on ne peut plus pertinente des relations intenables entre Israéliens et Palestiniens.

    Nous voici donc en Israël où le célèbre soap opéra arabe Tel Aviv on fire est suivi assidûment dans toutes les chaumières. Ne nous leurrons pas, la plupart des spectateurs sont des spectatrices, pendues à cette intrigue plus que rocambolesque qui narre les aventures d'une espionne palestinienne, amoureuse transie d'un général israélien pendant la Guerre des Six jours, en 1967.
    Salam, charmant Palestinien de trente ans quelque peu tête en l'air voire complètement à l'ouest, vit à Jérusalem et travaille comme stagiaire sur le feuilleton produit à Ramallah par son oncle. Pour rejoindre les studios de télévision, il doit chaque jour passer par un check-point israélien pas franchement commode. Un soir, rentrant chez lui avec le scénario du dernier épisode sous le bras, il se fait arrêter par Assi, le commandant du poste, grand fan de la série. Pour tenter de se dépêtrer au plus vite de ce contrôle inopiné, Salam joue la carte de la célébrité, affirmant qu'il est le scénariste principal (alors qu'il n'est que simple conseiller sur les scènes en hébreu) et qu'il doit vite rentrer chez lui peaufiner le script. Mais Assi, dont la femme est encore plus accro que lui à Tel Aviv on fire, ne compte pas en rester là : il saisit le manuscrit, décide de le lui rendre le lendemain matin rempli d'annotations et d'idées de son cru pour transformer la série de l'intérieur et en faire basculer l'intrigue du bon côté, juif plutôt qu'arabe, et soyons honnête, un peu aussi pour faire plaisir à sa femme. Et là vous vous dites : catastrophe…

    De retour sur le tournage, surprise ! Les idées sont considérées comme géniales et Salam se voit confier, à l'essai, le titre de scénariste en chef de la série ! Ainsi va se créer entre nos deux drôles de compères une relation des plus étonnantes. Ils réécrivent le scénario de chaque épisode au check-point, Assi imposant au passage quelques lubies personnelles : mettre une photo de lui en arrière-plan pour que sa femme puisse le voir dans un des épisodes…
    Jusqu'à ce jour funeste où la chaîne de télé annonce la fin prochaine de Tel Aviv on fire… Coincé entre le colonel de Tsahal, les soutiens arabes et les désirs des producteurs, Salam va donc devoir puiser au fond de son génie créateur et abattre son coup de maître final…

    Sameh Zoabi n'a pas choisi la facilité en abordant le conflit israélo-palestinien sur un mode comique et pourtant ça fonctionne, grâce à un scénario réglé comme une horloge. La mise en scène joue habilement des codes du soap opéra comme du film à suspense, dessine parfaitement ses personnages et nous laisse pantois quant à la façon dont Salam va se tirer de toute cette affaire. En fait la grande intelligence du film est de ramener le conflit à une échelle humaine.
    Tel Aviv on fire, le feuilleton, joue le rôle d'une caricature, jusqu'au moment où il renvoie tous les personnages à une vérité qu'ils ne voulaient pas forcément voir. Quant à Tel Aviv on fire, le film, il nous rend attachants des êtres incapables de s'entendre mais qui se réunissent et vibrent à l'unisson devant un programme télé niaiseux… Quand dérisoire rime avec espoir…


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  • Encore un film très réussi. Le duo Camille Cottin/Fabrice Luchini, dont la complicité et la spontanéité se marient à point avec le décor apaisant tout de pierres et de couleurs bretonnes, fait le sel de cette comédie qui, si elle rend hommage aux amoureux des livres et célèbre le pouvoir des mots, reste avant tout un divertissement intelligent.

    scénario: 17/20         technique: 17/20         acteurs: 17/20        note finale: 17/20

    Le mystère Henri Pick

    Dans une étrange bibliothèque au cœur de la Bretagne, une jeune éditrice découvre un manuscrit extraordinaire qu'elle décide aussitôt de publier. Le roman devient un best-seller. Mais son auteur, Henri Pick, un pizzaïolo breton décédé deux ans plus tôt, n'aurait selon sa veuve jamais écrit autre chose que ses listes de courses. Persuadé qu'il s'agit d'une imposture, un célèbre critique littéraire décide de mener l'enquête, avec l'aide inattendue de la fille de l'énigmatique Henri Pick.

    Quand vous êtes un jeune auteur, que vous avez passé des années à peaufiner votre manuscrit et que, alléluia, il est publié par un gros ou petit éditeur, pensez-vous que les choses soient terminées ? Non. Il faut passer l'épreuve de la critique, et plus particulièrement affronter les jugements péremptoires de Jean-Michel Rouche, chroniqueur télé à succès qui taille des costards ou encense les nouveaux romans publiés. Autant dire que si vous espérez un succès de librairie, il vaut mieux que Jean-Mi ait aimé votre bouquin.

    Pendant qu'à Paris il prépare sa prochaine émission – et qu'accessoirement il comprend que sa femme est en train de le quitter –, dans un petit village de Bretagne, une jeune éditrice au sourire enfantin mais aux dents un peu pointues tombe sur une bien étrange bibliothèque, dite « des manuscrits non publiés ». Elle y découvre ce qui lui paraît être une pépite, Les Dernières heures d'une histoire d'amour, qui mêle l'agonie d'une passion amoureuse et celle de Pouchkine, le grand poète et dramaturge russe. Elle pressent qu'elle tient là un gros succès et en effet, bingo ! Dès sa publication, le livre fait un carton. On salue unanimement l'intelligence, le brio de l'écriture autant que la prouesse littéraire de mêler deux tragiques destinées dans un style qui est celui des plus grands… Il y a en outre un mystère autour de l'auteur de ce chef d'œuvre impromptu : le roman est signé Henri Pick, décédé deux ans auparavant et connu uniquement comme le propriétaire de la pizzeria du petit village à la fameuse bibliothèque. Énigme supplémentaire : selon sa femme, Henri, un homme discret et on ne peut plus simple, n'a jamais lu un livre ni écrit une ligne de sa vie, pas même le menu sur l'ardoise de son restaurant…


    Bref, c'est typiquement le genre de buzz dont le petit milieu est friand et l'affaire commence à faire naître les plus folles rumeurs sur le cas Henri Picq : l'histoire de la littérature regorge d'exemples où de grands auteurs se sont cachés derrière un pseudo et il y a bien des maîtres du genre qui ont vécu d'autres vies que la leur pour écrire en secret…
    Pour Jean-Michel Rouche, sceptique par principe, l'histoire ne tient pas la route et il est persuadé que le prétendu mystère n'est qu'une vaste imposture pour faire vendre. Il décide alors de partir en Bretagne pour mener l'enquête et lever le voile sur cette mystification, plus ou moins secondé par Joséphine, la fille de l’énigmatique Henri Pick.

    Alors la voilà l'équation, simple et efficace comme un best seller qu'on lit d'une traite : Luchini + Foenkinos, ça donne une comédie façon enquête littéraire furieusement efficace et pétillante.


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  • Ce film est génial!!! On rit d'un bout à l'autre. Les actrices sont géniales. Le scénario est top. Une BO impeccable et des vues flatteuses de Boulogne-sur-Mer et du Portel achèvent de nous rendre furieusement sympathique cette comédie drôle et délurée, crue et culottée.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20    technique: 18/20    note finale: 18/20

    Rebelles

    Sans boulot ni diplôme, Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais, revient s'installer chez sa mère à Boulogne-sur-Mer après 15 ans sur la Côte d'Azur. Embauchée à la conserverie locale, elle repousse vigoureusement les avances de son chef et le tue accidentellement. Deux autres filles ont été témoins de la scène. Alors qu'elles s'apprêtent à appeler les secours, les trois ouvrières découvrent un sac plein de billets dans le casier du mort. Une fortune qu'elles décident de se partager. C'est là que leurs ennuis commencent...

    Si vous n’aimez que les choses délicates, les œuvres raffinées, le bon goût, les bons mots… Si vous avez frémi au phrasé exquis et subtil de Cécile de France dans Mademoiselle de Joncquières et si la soie, le velours, le satin apportent à votre quotidien toute la douceur et la délicatesse dont vous avez besoin pour vous épanouir… et bien, n’achetez pas de place pour venir voir Rebelles. Vous risqueriez d’être furieusement en colère contre moi (dans le meilleur des cas), voire de subir un choc cinématographique aigu, et chacun sait qu’un CCA peut être au moins aussi grave qu’un anaphylactique. Car de dentelles, de rubans fleuris, d’alexandrins, dans ce film, il n’y en a point. Alors quoi ? On a retourné notre veste en tweed à Utopia ? On aime le gros rouge qui tache quand vous aviez toujours cru que nous ne jurions que par les vins bio naturels sans sulfites ni phosphates, élevés en cuve centenaire au clair de (pleine) lune ? Non, pas du tout.
    On a beau aimer le cinéma haut perché, défendre les Auteurs et les œuvres complexes, nous avons toujours été assez friands (peut-être pas la majorité de nos troupes, mais quand même) de ce cinéma irrévérencieux et mal poli qui flirte parfois avec le mauvais goût mais parvient à nous rendre sympathiques les pires sans foi ni loi, parce qu’ils sont toujours du côté des oubliés, des petites gens, des besogneux, et que leurs aventures, même répréhensibles, ont toujours le goût de la revanche sur les injustices de la vie, ses dominations, qu’elles soient sociales ou de genre.

    Nous sommes avec Rebelles bien plus dans un esprit Groland, ou celui des premiers films d’Albert Dupontel que du côté de Ken Loach et ça décoiffe sévère, à grands coups de truelle. C’est assez jubilatoire, souvent très drôle, et c’est enlevé par un trio féminin pétaradant qui vaut à lui seul le détour et fonctionne à plein régime, façon feu d’artifice. Alors oui, bien sûr, ça tache un peu, et non, ce n’est pas la grande classe, mais si vous acceptez de mettre votre bon goût légendaire (vous venez chez nous quand même et ça, c’est un signe qui ne trompe pas) de côté, l’effet poilade est garanti.
    Quand elle débarque du Sud de la France, sa valise en carton au bout de ses ongles impeccablement manucurés, en faisant la tronche parce qu’obligée de retourner vivre chez maman dans ses Hauts de France natals, Sandra ne se doute pas encore qu’elle va bientôt devenir riche, très riche. Elle ne connaît pas non plus celles qui deviendront ses deux complices à la vie, à la mort : Nadine, flegmatique ouvrière qui entretient un mari paresseux mais qui cache sous son tablier le costume d’une Bonnie Parker, et Marilyn, mère célibataire punk et survoltée, prête à dézinguer la terre entière pour une bonne cuite. Il sera question de boîtes de conserves, en très grande quantité, de la bande des Belges avec lesquels il vaut mieux ne pas trop faire les marioles, et d’un sac bourré de biftons, « le début des emmerdes », comme dirait Nadine, clown blanc de la bande, la plus ancrée dans le réel, la plus lucide.

    Allan Mauduit filme la conserverie de poisson, les docks de Boulogne-sur-Mer ou le camping en hiver comme s’il s’agissait d’un décor de western, sans méchanceté gratuite, avec un sens du comique de situation explosif, et il nous rend ses trois héroïnes, quoiqu’immorales, cogneuses, hargneuses… très attachantes car symboles d’un Girl Power décoiffant. Plus jamais vous ne regarderez une boîte de thon du même œil, ni une porte de vestiaire… on en recause.


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  • Un film surprenant qui va de surprises en surprises. C'est très réussi. les acteurs sont au service d'un scénairo particulièrement intéressant. Le nouveau film de Safy Nebbou est aussi joueur qu’aigu. Ce portrait de femme borderline lui permet d’explorer finement les dérives de notre époque schizophrène, constamment tiraillée entre son goût pressant pour la transparence et ses petits arrangements avec la vérité. A travers ce portrait de femme complexe auquel Juliette Binoche se donne toute entière, Safy Nebbou livre un numéro cinématographique de haute voltige.

    scénario: 18/20      acteurs: 17/20       technique: 17/20     note finale: 17/20

    Celle que vous croyez

    Pour épier son amant Ludo, Claire Millaud, 50 ans, crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, est immédiatement séduit. Claire, prisonnière de son avatar, tombe éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent.

    Elles en ont fait, du chemin, les nanas, depuis les soutifs brûlés… Conquérir des postes de pouvoir, refuser la domination masculine, choisir d’avoir (ou pas) des enfants, les faire seules et tenter d’être avec talent sur tous les fronts : au boulot, au lit, à la sortie de l’école, devant les fourneaux, et dans les dîners mondains. Elles se sont libérées, sans doute, et c’est tant mieux. Pourtant une autre forme d’aliénation s’est insidieusement glissée dans les cerveaux, sournoise, pernicieuse, d’autant plus difficile à combattre qu’elle est le fruit d’une injonction intime, nourrie par l’air du temps, distillée par les revues, la mode, sur un ton souvent enjôleur comme si tout cela n’était pas si grave. Il faut être désirable, en forme et garder les siennes bien fermes, être comme si le temps n’avait pas de prise, ni les grossesses, ni la fatigue, ni les coups durs de l’existence.

    Claire tente de composer avec tout ça et ne s’en sort finalement pas si mal. Larguée par l’homme de sa vie, elle vit seule depuis maintenant suffisamment longtemps pour supporter la déception d’avoir été trahie et jongle entre son boulot de maître de conférence, sa vie de mère et une relation exclusivement sensuelle avec un homme bien plus jeune qu’elle. Elle a beau se dire intérieurement qu’elle pourrait être sa mère, qu’elle n’a plus forcément tous les atouts pour garder contre son corps de femme de cinquante ans ce beau gosse musclé et plein de fougue, elle fait comme si le temps pouvait suspendre son vol, ne gardant que le meilleur sans les remords.
    Mais jeunesse se lasse… et Claire se retrouve sur la touche, non pas bannie, mais simplement écartée, comme un beau joujou auquel l’enfant aurait fini de s’intéresser, parce que la vitrine propose bien d’autres choses plus alléchantes.
    Comme Claire vit avec son temps et qu’elle n’est pas la dernière des cruches pour surfer dans ce vaste monde parallèle que sont les réseaux sociaux, elle va s’inventer un double pour espionner son amant négligent par l’intermédiaire de son meilleur pote, photographe de son état.
    Elle va devenir Clara, jeune, forcément très jolie et pas conne.
    Devenir autre est d’une facilité déconcertante et la proie va mordre à l’hameçon… tellement bien qu’une relation virtuelle entre les deux (presque) jeunes gens va s’installer. Prise à son propre jeu, Claire va jouir de ce nouveau statut, grisée par le mirage d’être redevenue jeune, désirable, attirante, fusse au prix du mensonge, de la manipulation et des faux semblants.
    Tout cela va mal se terminer, bien sûr, car on ne peut pas être celle que vous croyez sans se perdre dans les jeux de miroirs, sans troubler les eaux de sa propre identité pour finalement se noyer dans un océan virtuel qui cache sous ses allures de carte postale idyllique les méandres d’un gouffre digne du triangle des Bermudes.

    De forme initialement assez classique, le film n’est pas tout à fait non plus celui que l’on croit, plus malin, plus retors et plus complexe qui n’y paraît de prime abord. Banal portrait d’une femme mûre comme on dit pudiquement (sauf que bon, quand même, c’est Juliette Binoche et elle est canon), le récit se mue doucement en thriller au cœur duquel le spectateur lui-même va être aspiré, sans trop savoir finalement de quelle réalité il est ici question. Celle de Claire maître de conférence qui veut être aimée pour ce qu’elle est ? Celle de Claire racontant son histoire machiavélique dans le bureau d’une psychiatre (Nicole Garcia, impec) ou celle de Claire qui écrit son histoire pour exorciser ses démons ?


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  • On rit d'un bout à l'autre. Les acteurs sont formidable e les dialogues plein d'humour. Une comédie sociale portée par deux acteurs au top. Mohamed Hamidi se joue des clichés et signe un film énergique - prix du public au Festival de l'Alpe d'Huez - qui fait du bien, avec un Gilles Lellouche attachant en PDG stressé.

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20     technique: 17/20   note finale: 17/20

    Jusqu'ici tout va bien

    Fred Bartel est le charismatique patron d’une agence de communication parisienne branchée, Happy Few. Après un contrôle fiscal houleux, il est contraint par l’administration de délocaliser du jour au lendemain son entreprise à La Courneuve. Fred et son équipe y font la rencontre de Samy, un jeune de banlieue qui va vite se proposer pour leur apprendre les règles et usages à adopter dans ce nouvel environnement. Pour l’équipe d’Happy Few comme pour les habitants, ce choc des cultures sera le début d’une grande histoire où tout le monde devra essayer de cohabiter et mettre fin aux idées préconçues.


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  • Une totale réussite. Adam McKay réalise un tour de force : nous instruire avec intelligence et humour sur la success story la plus dramatique que l’Amérique ait connue ces dernières années. "Vice" est de ce point de vue la démonstration implacable d’un système inepte et fallacieux, qui prêterait plus à en pleurer qu’à en rire. Heureusement, Adam McKay opte pour la farce, dans un film jubilatoire, instructif et irrésistible. Le machiavélisme de la politique est particulièrement bien décrit.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    Vice

    Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l'homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd'hui…

    Dick Cheney : il y a des chances que ce nom ne vous dise pas grand chose, notamment aux plus jeunes d’entre vous… Et pourtant durant quelques années, de 2001 à 2006, Richard Bruce Cheney fut probablement l’homme le plus puissant de la planète. 2001, c’est évidemment le 11 septembre, cet attentat qui a sidéré l’Amérique non seulement par le nombre impressionnant de ses victimes (près de 3000 morts) mais aussi par la symbolique de son mode opératoire (plusieurs avions étaient capables de frapper simultanément le pouvoir économique et militaire du pays le plus puissant du monde). Le 11 septembre 2001, le nouveau président inexpérimenté, G.W Bush, n’est que depuis quelques mois au pouvoir. Et c’est le méconnu Dick Cheney, vice président qui a su négocier un poste aux super compétences renforcées, qui va, dans l’ombre et en lieu et place du président complètement dans les choux, assurer la riposte jusqu’au déraisonnable, avec dans un premier temps la guerre en Afghanistan, puis en 2003 la trop fameuse affaire des armes de destruction massive irakiennes qui mènera à l’invasion du pays, puis au chaos qui s’en suivra, aboutissant à la montée de Daesh.

    Vice, qui porte bien son titre à la double signification, est donc le biopic trépidant et au vitriol de celui qui fut un maître du monde insoupçonné du grand public. Le film suit le parcours de Dick Cheney depuis ses débuts laborieux d’étudiant fêtard et alcoolique, viré de la prestigieuse université de Yale au milieu des années 60, mis au pied du mur par son épouse à la volonté de fer qui menace de le quitter s’il ne se reprend pas en main, puis tout au long de son ascension dans l’échelle politique qu’il grimpe étape par étape grâce à une soumission parfaite aux hommes de pouvoir qu’il croise sur son chemin, notamment Donald Rumsfeld, futur secrétaire à la Défense durant la guerre en Irak. Mais c’est forcément sur la période Bush junior que le film s’attarde le plus longuement : l’acmé de la carrière de Cheney, la période durant laquelle lui, Rumsfeld et Wolfowitz, trois âmes damnées tenantes d’un conservatisme très marqué et d’un bellicisme délirant, vont instaurer le mensonge d’état comme arme de manipulation massive, contribuant par leurs faux renseignements à construire la crédibilité de Daesh par la suite. Mais c’est aussi, remarquablement analysée, la période de l’affaiblissement des droits fondamentaux, autant pour les citoyens américains que pour ceux qui vivent à l’extérieur en temps de guerre sous le joug américain, et aussi celle de la privatisation de la guerre puis de l’exploitation des terrains conquis déjà entamée sous Georges Bush père sous l’égide de Cheney, alors secrétaire d’Etat à la Défense. Cheney qui deviendra par la suite, au terme de sa carrière politique, PDG d’un des principaux conglomérats de l’industrie pétrolifère : Halliburton.

    Si tout cela peut paraître bien sinistre, il faut souligner qu’Adam McKay réussit à faire de toute cette histoire une géniale comédie acide, aux multiples rebondissements, dans laquelle tous les protagonistes de cette sinistre farce sont tous plus pathétiques et dangereux les uns que les autres. Et pour les incarner, des acteurs au sommet : Christian Bale, méconnaissable (on pense forcément à la prestation de Gary Oldman dans le rôle de Churchill, l’an dernier), donne une interprétation du rondouillard Cheney qui lui a valu un Golden Globe mérité, mais aussi Steve Carell dans la peau de l’insupportable Donald Rumsfeld, sans oublier la formidable Amy Adams dans le rôle de l’épouse discrète mais omniprésente, intraitable femme de pouvoir par procuration.


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  •  Un joli film typiquement français. Une totale réussite. Avec la coscénariste Cécile Vargaftig, Judith Davis offre un état des lieux de la France d’aujourd’hui, où l’obligation de rentabilité fait souffrir la population. Le talent de Judith Davis, actrice, scénariste et réalisatrice, éclate dans cette comédie, pleine d’un charme impétueux, sur la perte des idéaux.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20   technique: 17/20  note finale: 17/20

    Tout ce qu'il me reste de la révolution

    Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise.
    Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.
    Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…

    « C’est une fille bien campée sur ses deux jambes… Jolie fleur du mois de mai ou fruit sauvage… Qui nous donne envie de vivre, qui donne envie de la suivre… jusqu’au bout ! » Qui se souvient encore des refrains de ces lendemains prometteurs qui chantaient au soleil ? Georges Moustaki, sans la nommer, nous parlait alors de la révolution permanente.
    Cinquante ans plus tard, c’est à ces idéologies, leurs mythes, à un monticule de trahisons et de déceptions que s’attaque de façon complètement hilarante et pertinente le premier film en tant que réalisatrice de l’actrice Judith Davis. Comme quoi le rire n’a jamais empêché la réflexion, ni la tendresse, bien au contraire ! Et comme par hasard, c’est Agat Films, société dont fait partie Robert Guédiguian, qui a produit ce joli remède à la mélancolie ! L’occasion de leur rendre hommage et de leur dire combien une fois de plus ils ne se sont pas trompés. Tout ce qu’il me reste de la révolution est un film formidable, gorgé d’une intelligence et d'une énergie qui mettent du baume au cœur et donnent la niaque d’avancer !

    Mais commençons par le commencement… Angèle, silhouette rousse d’éternelle révoltée, est de celles qui n’abdiquent jamais. Son dessin favori est sans doute ce doigt d’honneur qu’elle placarde sur les distributeurs de billets, les publicités débiles ou sexistes. Ça ne change pas la face du monde, mais qu’est-ce que ça fait du bien, cette modeste contestation du quotidien ! Sa colère légitime l’aide à se tenir droite dans les pire moments, elle en fait son carburant. En même temps, côté cœur c’est la Bérézina. Avoir grandi dans l’ombre écrasante de la génération 68 ne laisse pas grand place à la construction individuelle. Scander « L’intime est dérisoire face à l’action publique et citoyenne ! » laisse peu d’espace aux discours amoureux.
    Alors que sa grande sœur, plus cynique, en a soupé des engagements militants de ses parents, Angèle baigne inlassablement dans les idéaux d’alors, qu’elle a fait siens. Pas de concessions à la société de consommation, au capitalisme, aux dominants ! Sus à l’ennemi, plus grand il est, plus glorieux sera le combat ! Chaque jour elle se prend une nouvelle portière dans la figure, une nouvelle désillusion, un revers de manche, chaque jour elle trébuche maladroitement. Qu’importe, elle a la fougue de ceux qui se sentent investis par de justes causes ! Chaque matin elle se redresse et se redressera toujours, bien décidée à lutter contre la misère, l’exploitation, à œuvrer pour un monde meilleur ! Comme Simon, son père, qui ne s’est jamais avoué vaincu, ni pute, ni soumis. Il faut la voir arborant fièrement sa Chapka soviétique en plein Paris, affublée comme un arbre de Noël alors qu’elle débarque chez lui, puisque ses bons patrons urbanistes de gauche viennent de la virer. Pourtant elle y croyait ! Elle se sentait pousser des ailes pour transformer l’espace public, remettre l’humain au cœur de la ville. Des mots, encore des mots, toujours des mots… Face à une société qui se désagrège, que reste-t-il de tout cela, dites-le moi ?

    Mais le désarroi est vite digéré ! Ce qui triomphe, c’est la force vitale, la joie en tant qu’énergie réparatrice, libératrice. Et c’est cet héritage que nous lègue Tout ce qui me reste de la révolution : malgré le constat cinglant qu’il dresse de notre époque, ce qu’on retiendra c’est son refus joyeux du No Future !


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  • Un film plein d'humour et de tendresse! Une totale réussite, tant au niveau des acteurs, que du scénario et des dialogues. Et en plus, c'est bien filmé! Felix Moati est un grand réalisateur.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20     technique: 18/20     note finale: 18/20

    Deux fils

    Joseph et ses deux fils, Joachim et Ivan, formaient une famille très soudée. Mais Ivan, le plus jeune, collégien hors norme en pleine crise mystique, est en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer. Car son grand frère Joachim ressasse inlassablement sa dernière rupture amoureuse, au prix de mettre en péril ses études de psychiatrie. Et son père a décidé de troquer sa carrière réussie de médecin pour celle d’écrivain raté. Pourtant, ces trois hommes ne cessent de veiller les uns sur les autres et de rechercher, non sans une certaine maladresse, de l’amour…

    Il y a quelque chose de Woody Allen dans le film de Félix Moati. Est-ce la musique, délicieusement jazzy ? Ou bien cette manière particulière de filmer la ville comme on filme une amoureuse ? À moins que ce ne soit cette tonalité vive et langoureuse qui swingue entre tragique et nonchalance, comme si le pire était toujours à craindre mais que la tendresse pouvait éclore à la moindre des occasions. Avec ses maladresses touchantes et ses hésitations mélancoliques, c’est un premier film délicat et étonnamment mature, qui aurait pu facilement se noyer dans la verve charismatique et envahissante de ses deux comédiens principaux (Poelvoorde et Lacoste) mais qui réussit pourtant un subtil dosage où chaque personnage tient sa place, sans bousculer ni faire de l’ombre aux autres. Lacoste est impeccable (quelle série pour lui ! Plaire, aimer et courir vite, Première année, Amanda, Deux fils…), Poelvoorde a rarement été aussi touchant et discret et le jeune Mathieu Capella est génial de naturel et d’audace.


    Il a beau être un brillant psychiatre, Joseph ne fait pourtant pas l'économie d'une très grosse crise existentielle. De celle qui vous retourne le cerveau en moins de temps qu’il n’en faut pour décider de tout plaquer, le cabinet, les patients, la renommée, et oser enfin vivre son vieux rêve : devenir écrivain. Quant au talent, c’est une autre affaire.
    Il a beau être très charmant et étudiant prometteur, Joachim, son fils aîné, n’en est pas pour autant épargné par un chagrin d’amour balèze comme un 4 tonnes qui l’a figé tout net dans un état de procrastination chronique qui l’empêche de commencer ou de terminer quoi que ce soit, et surtout sa thèse, au grand désespoir de son directeur de recherche, affligé par un si beau gâchis.
    Et entre les deux il y a Ivan, 13 ans, latiniste convaincu de la force d’un « rosa rosae rosam », collégien hors norme qui est très très en colère face au spectacle désolant de cet effondrement en bonne et dûe forme des deux modèles qui avaient jusqu’à présent guidé sa jeune vie.
    Ils sont père et fils, mais pourraient tout aussi bien être les trois âges de la vie d’un seul homme. L’adolescent fougueux et passionné, le cœur encore pur et l’âme incandescente, porté par le sens de l'absolu et une quête mystique. Le jeune homme désinvolte en pleine incertitude identitaire qui ne sait pas encore de quelle écorce sera construite sa vie et qui, déjà, sombre dans la nostalgie. Et l’homme mûr qui assiste passivement au départ de ceux qu’il aime (la toute première scène du film raconte avec force et pudeur tout le chagrin d’un deuil) et s’interroge sur ses erreurs passées et le temps qu’il lui reste (ou pas) pour enfin s’accomplir.

    Ils sont un père et ses deux fils, mais à l'occasion les rôles s’inversent, parce que les enfants ont quelquefois bien plus de sagesse et de lucidité que les grandes personnes, et que les grands ont eux aussi peur du noir ou besoin d’être tenus par la main.
    Et les femmes dans tout ça ? Elle brillent de mille feux, tout en étant souvent les grandes absentes. C’est Suzanne, le grand amour de Joachim qu’il ne peut oublier. C’est la mère qui est partie il y a si longtemps et dont l’ombre plane comme un fantôme. C’est la jeune prof de Latin (délicieuse Anaïs Demoustier), libre et sensuelle, fragile et diablement indépendante.
    Au fil des grands espoirs perdus et des petites victoires sur l’existence, à coups de gueule, à coups de blues, dans les étreintes maladroites et les silences complices, ces trois-là tentent de dire « je t’aime » et ça nous parle.


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  • Encore plus réussi que le premier!!! C'est rare! Ce second opus est encore meilleur que le premier sorti en 2014. Le scénario cosigné Philippe de Chauveron et Guy Laurent est particulièrement bien écrit. Les répliques fusent. Les rebondissements sont multiples. Christian Clavier et Chantal Lauby portent cette nouvelle comédie qui bouscule les conventions et file à toute vitesse. On rit beaucoup, sans arrière-pensées. Et Dieu que c’est bon !

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu?

    Le retour des familles Verneuil et Koffi au grand complet !
    Claude et Marie Verneuil font face à une nouvelle crise.
    Leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l’étranger.
    Incapables d’imaginer leur famille loin d’eux, Claude et Marie sont prêts à tout pour les retenir.
    De leur côté, les Koffi débarquent en France pour le mariage de leur fille. Eux non plus ne sont pas au bout de leurs surprises… 


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  • Amanda Kernell ne se contente pas de nous faire don d’une réflexion bouleversante sur un colonialisme méconnu. Elle en profite pour clamer son admiration pour ceux qui ont l’incroyable capacité de couper tout contact avec leur culture et leur histoire. Tout un pan -méconnu, peu glorieux et non enseigné - de l'histoire de la Suède nous est dévoilé dans ce premier long métrage courageux et généreux. Ce très beau film, souvent très démonstratif, est aussi un très beau et délicat récit d’émancipation d’une jeune fille qui choisit de renier sa famille, sa culture et son identité pour conquérir son autonomie de femme et tenter de s’intégrer par l’éducation à la société suédoise.

    scénario: 18/20    technique: 18/20    acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    Sami, une jeunesse en Laponie

    Elle, 14 ans, est jeune fille d’origine Sâmi. Elève en internat, exposée au racisme des années 30 et à l’humiliation des évaluations ethniques, elle commence à rêver d’une autre vie. Pour s’émanciper et affirmer ce qu’elle souhaite devenir, elle n’a d’autres choix que rompre tous les liens avec sa famille et sa culture.

    L'intérêt premier de ce beau film est de nous faire découvrir les Samis, communément appelés les Lapons mais c'est un terme qu'eux-mêmes refusent car c'est il est pour le moins péjoratif, puisque c'est un mot suédois qu'on peut traduire par « porteurs de haillons » ! Les Samis sont un peuple d'éleveurs de rennes et de pêcheurs qui occupe le Nord des trois pays scandinaves : Suède, Norvège et Finlande. Un peuple qui a su conquérir des formes d'autonomie et préserver un minimum de ses traditions ancestrales au prix de luttes et parfois de renoncements.

    C'est à un voyage dans le temps, à travers le destin d'une jeune fille devenue femme puis vieille dame, que nous convie la jeune réalisatrice danoise Amanda Kernell. La première séquence du film est contemporaine : une femme âgée, Christina, est conduite bon gré mal gré par son fils tout au nord de la Suède, à un enterrement où elle est attendue, alors qu'elle n'a pas vu les autres membres de sa famille depuis des décennies. On comprend qu'elle rechigne à rejoindre la cérémonie où tout le monde a revêtu, contrairement à elle, les habits traditionnels samis. Elle ne peut pas reprendre la route le soir même mais elle refuse de dormir dans la famille, préférant l'hôtel local, rempli de touristes venus du Sud du pays et qui pestent contre le voisinage bruyant des éleveurs de rennes…
    Un flash-back nous projette alors 70 ans auparavant. Christina s'appelle en fait Elle Marja, elle est une adolescente sami qui vit en campement avec ses parents et sa petite sœur Njenna mais se rend tous les jours à l'école suédoise, où elle apprend la langue nationale. Contrairement à sa cadette, elle brille en classe et, poussée par son institutrice, elle veut s'affranchir de sa culture d'origine pour réussir. Mais le racisme est omniprésent, par les moqueries des voisins suédois ou quand une délégation venue d'Uppsala vient effectuer un examen médical et anthropométrique des jeunes filles, en faisant fi de leur pudeur. Mais qu'à cela ne tienne, Elle Marja veut changer de vie, trouver l'amour, partir loin, même si elle doit tout quitter, renier ses origines et passer pour une bonne petite Suédoise.

    Porté par une jeune actrice remarquable, dont l'énergie pourrait rappeler la jeune Emilie Dequenne dans le Rosetta des Frères Dardenne, Sami, une jeunesse en Laponie pose magnifiquement tous les choix complexes et les épreuves auxquels ont dû faire face les Samis et par extension de nombreux peuples autochtones ; il montre bien le renoncement, l'acculturation au profit des dominants et évidemment le racisme qui n'a pas forcément le visage de la haine mais plutôt celui de l'exotisme condescendant, comme dans cette scène où des jeunes bourgeois d'Uppsala demandent à Elle Mjara de chanter un joik, le chant sami traditionnel. Mais la beauté du joik et de la culture sami est bien plus forte que le complexe de supériorité des Suédois ! Et le film s'avère un superbe hommage à ce peuple méconnu.


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  •  Un très beau film sur la méchanceté humaine. Ce portrait d’une femme courageuse pourrait se dérouler n’importe où, à n’importe quelle époque, mais il possède le charme suranné d’une tragi-comédie British en costumes, qui fleure bon le vieux papier et l’amour des vrais livres. The Bookshop vaut pour son ambiance de bord de mer du Nord de l’Angleterre, à la fois froide, émouvante et corrosive, comme la société qu’il décrit, celle de l’après-guerre, traumatisée, entre tradition bien ancrée et volonté de changement frémissante, coincée dans un statu quo morne où la manipulation l’emporte sur la confrontation.Très réussi!

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20      technique: 17/20    note finale: 17/20

    The bookshop

    En 1959 à Hardborough, une bourgade du nord de l’Angleterre, Florence Green, décide de racheter The Old House, une bâtisse désaffectée pour y ouvrir sa librairie. Lorsqu’elle se met à vendre le sulfureux roman de Nabokov, Lolita, la communauté sort de sa torpeur et manifeste une férocité insoupçonnée.


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  •  Encore un film magnifique où la musique est omniprésente. Jules Benchetrit, fils de Marie Trintignant, se montre impressionnant par sa capacité à donner une crédibilité totale à son personnage rétif au destin qui ne lui veut que du bien et triomphe dans son art de l’illusion.Bravo!

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20     technique: 18/20    note finale: 18/20

    Au bout des doigts

    La musique est le secret de Mathieu Malinski, un sujet dont il n’ose pas parler dans sa banlieue où il traîne avec ses potes. Alors qu’un des petits cambriolages qu’il fait avec ces derniers le mène aux portes de la prison, Pierre Geitner, directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique l’en sort en échange d’heures d’intérêt général. Mais Pierre a une toute autre idée en tête… Il a décelé en Mathieu un futur très grand pianiste qu’il inscrit au concours national de piano. Mathieu entre dans un nouveau monde dont il ignore les codes, suit les cours de l’intransigeante « Comtesse » et rencontre Anna dont il tombe amoureux. Pour réussir ce concours pour lequel tous jouent leur destin, Mathieu, Pierre et la Comtesse devront apprendre à dépasser leurs préjugés…


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  • Un polar historique qui ne manque pas d'action, dans un Paris napoléonien très bien reconstitué. Passionné d’Histoire, le réalisateur dévoile une reconstitution précise du Paris napoléonien , ainsi que des costumes d’une grande beauté. Il aborde également l’aspect social de cette époque post-Révolution, confrontant les basfonds aux décors fastueux de l’Empire. Vincent Cassel domine le film, mais il a laissé de la place pour d’autres comédiens. Son face-à-face avec Fabrice Luchini dans la peau du politicien Fouché est un régal.

    scénario: 16/20       technique: 19/20   acteurs: 18/20   note finale: 17/20

    L'empereur de Paris

    Sous le règne de Napoléon, François Vidocq, le seul homme à s'être échappé des plus grands bagnes du pays, est une légende des bas-fonds parisiens. Laissé pour mort après sa dernière évasion spectaculaire, l'ex-bagnard essaye de se faire oublier sous les traits d'un simple commerçant. Son passé le rattrape pourtant, et, après avoir été accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis, il propose un marché au chef de la sûreté : il rejoint la police pour combattre la pègre, en échange de sa liberté. Malgré des résultats exceptionnels, il provoque l'hostilité de ses confrères policiers et la fureur de la pègre qui a mis sa tête à prix...

    Pour tout vous dire, on craignait un peu le pire de cette évocation d’un personnage mythique, François Vidocq, par Jean-François Richet dont on dira en usant d’un doux euphémisme qu’il fut inconstant dans sa filmographie. Richet, c’est un premier film génial, État des lieux, autour d’un personnage d’ouvrier déclassé en colère, un authentique film marxiste qu’on pourrait montrer aujourd’hui comme un manifeste aux gilets jaunes. Et puis Richet s’est beaucoup laissé aller pour céder à des réflexes hollywoodiens, à des facilités pour des œuvres largement moins stimulantes.
    Mais voilà, quand on a eu du génie un jour, même si c’était il y a 20 ans, on peut le retrouver et puis le bougre avait quand même fait un chouette diptyque sur Mesrine avec Vincent Cassel. Et il revient avec un putain (pardon, c’est le cri du cœur) de grand film historique populaire sur un incroyable personnage que longtemps j’ai cru de fiction alors qu’il était bien réel. Vidocq, bagnard sous l’Empire, roi de l’évasion qui devint par des circonstances hautement improbables super-flic puis chef de la Sûreté. Un homme né sous Louis XVI, puis soldat dans les armées révolutionnaires (il participa aux batailles de Valmy et Jemappes en 1792), qui traversa par la suite successivement le Directoire, le Consulat, l’Empire, la Restauration de Louis XVIII et celle de Charles X, la Monarchie de Juillet de Louis Philippe, la révolution de 1848 avant de mourir sous le Second Empire !

    Mais le film va s’attacher au début de la carrière de Vidocq. Il s’ouvre par un plan passablement étonnant qui fera sursauter les cœurs sensibles : nous sommes au large de Toulon, sur un de ces vaisseaux-bagnes. À fond de cale s’entassent, dans la crasse et la souffrance, des centaines de malheureux, qui subissent la loi tyrannique de Maillard, bagnard corrompu et vicieux, ancien bourreau de la Terreur (Denis Lavant est parfait dans le rôle). Vidocq est prisonnier à bord mais pas pour longtemps…
    La clandestinité de quelques années qui s’en suit va s’interrompre quand il est repéré à Paris, accusé du meurtre d’un commerçant qu’il n’a pas commis. Pour rester libre, il va proposer un étrange marché aux policiers de la sûreté : lutter avec eux contre les tenants de la pègre, qu’il connait parfaitement alors que la police peine à les identifier et à les intercepter. Vidocq dispose pour ce travail d’enquêteur d’incontestables atouts : un sens de l’observation exceptionnel, qui lui permet de reconnaître les malfrats même grimés et même quand il ne les a vus qu’une fois, et une connaissance sans égal des réseaux. Contre toute attente, le pouvoir napoléonien, un peu aux abois face à la montée des délits dans Paris, va accepter. Inutile de vous dire que Vidocq va se faire autant d’ennemis du côté de la maison poulaga, qui ne voit pas d’un bon œil leur ancien ennemi les rejoindre, que du côté des malfrats.

    Le film, haut en couleurs et bien mené, vaut autant pour sa reconstitution historique saisissante, extrêmement documentée – qui nous fait vivre le Paris chaotique et populaire du début du 19ème siècle, avant le grand ménage haussmannien –, que pour sa galerie de personnages jubilatoires servis par des comédiens excellents : Cassel et sa gueule cassée, idéal pour incarner l’ambivalence de Vidocq, James Thierrée, parfait pour jouer Le Duc, un ancien aristocrate sabreur rallié à Napoléon, la troublante Olga Kurylenko incarnant une marquise ancienne reine des prostituées, génialement manipulatrice, Patrick Chesnais formidable en fonctionnaire de la police falot ou encore Luchini, génial en Fouché (que l’on nomma le mitrailleur de Lyon pour avoir fait exécuter pendant la Révolution des insurgés lyonnais anti-jacobins), Ministre de la police froid et machiavélique… A travers le cinéma, Richet a su recréer le charme infini des grands romans populaires policiers ou historiques du xixe siècle, ceux d’Eugène Sue, Alexandre Dumas, Gustave Leroux ou Gustave Le Rouge. Et on l’en remercie.


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  •  Maya de Mia Hansen-Løve, brosse le portrait tout en délicatesse d'un reporter de guerre qui se reconstruit grâce à l'amour... L'acteur principal est formidable, tout en nuance.

    scénario: 16/20    technique: 18/20   acteurs: 18/20   note finale: 17/20

    Maya

    Décembre 2012, après quatre mois de captivité en Syrie, deux journalistes français sont libérés, dont Gabriel, trentenaire.
    Après une journée passée entre interrogatoires et examens, Gabriel peut revoir ses proches : son père, son ex-petite amie, Naomi. Sa mère, elle, vit en Inde, où Gabriel a grandi. Mais elle a coupé les ponts.
    Quelques semaines plus tard, voulant rompre avec sa vie d’avant, Gabriel décide de partir à Goa. Il s’installe dans la maison de son enfance et fait la connaissance de Maya, une jeune indienne.

    « Aucun monde n’est plus réel qu’un autre ». En partant tourner en Inde, Mia Hansen-Løve ne fait pas mystère de ses intentions de sonder le voile des illusions. Culpabilité, sentiment de vide, poids du passé, découverte de nouveaux territoires, beauté intemporelle du monde, sentiments purs et manœuvres de l’ombre, guerre et amour : le long métrage parcourt souterrainement une multitude de thèmes sous l’enveloppe d’une intrigue tissée autour du fil de la reconstruction psychologique d’un reporter de guerre occidental traumatisé et de sa rencontre à Goa avec une jeune femme indienne. L’occasion d’un voyage au long cours, romanesque et magnifiquement mis en scène, à travers lequel la réalisatrice fait s’incarner les conflits intérieurs en un personnage de témoin accro à la violence de son métier et tentant de se ressourcer et de renaître.

    « Je m’épanouis dans l’action, pas dans la parole ; ni psychanalyse, ni bouquin. Ma thérapie ne passe pas par ça. » Rapatrié à Paris après quatre mois de captivité en Syrie, Gabriel est meurtri. Simulacres d’exécution, sévices, déplacements forcés, cris des autres détenus, sentiment de culpabilité d’avoir laissé un collègue derrière lui : à part avec Fred, autre journaliste libéré en même temps que lui, il n’arrive à échanger avec personne, se sentant vide et faisant le vide autour de lui. Il décide alors de partir en Inde, un pays dont on découvrira plus tard qu’il y a vécu les sept premières années de sa vie et où sa mère est restée, pilotant une ONG à Mumbai.
    Mais c’est à Goa que Gabriel s’installe, dans un bungalow en bord de mer tout en retapant une petite maison à la campagne, sillonnant en solitaire et en scooter les environs, hantant les bars pour des aventures sans lendemain. Une latence, ponctuée de rappels à son passé douloureux, qui va prendre une nouvelle direction lorsqu’il rencontre Maya, la fille adolescente (de passage à Goa, au milieu d’études entre Londres et Sidney) de son parrain Monty, propriétaire d’un hôtel de luxe niché dans une nature paradisiaque. Au fil du temps qui passe entrecoupé par les périples de Gabriel à la découverte de l’Inde, une attirance se développe tandis que commencent à planer d’étranges menaces…
    C'est une belle histoire d’amour dont Mia Hansen-Løve sait à merveille saisir toutes les étapes en donnant le temps de s’installer aux nuances de son vaste récit, Maya est un film visuellement très riche et esthétiquement très accompli, la cinéaste ayant de toute évidence une connaissance approfondie des splendeurs de l’Inde.


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  • Le film raconte comment Clara, une fillette à la recherche de la clé qui ouvrira la boîte laissée par sa mère avant de mourir, traverse des royaumes enchanteurs ou effrayants. Il vaut surtout par ses images spectaculaires, qui mêlent avec virtuosité images de synthèse et décors réels. Cette adaptation très libre pèche par un scénario simpliste, mais dégaine un concentré de féerie et de magie de Noël qui devrait ravir les plus jeunes.

    scénario: 14/20     acteurs: 16/20     technique: 18/20   note finale: 16/20

    Casse-noisette et les royaumes

    Tout ce que souhaite Clara, c’est une clé. Une clé unique en son genre, celle qui ouvrira la boîte contenant l’inestimable cadeau que sa mère lui a laissé avant de mourir.
    À la fête de fin d’année organisée par son parrain, Drosselmeyer, Clara découvre un fil d’or qui la conduit jusqu’à cette précieuse clé … mais celle-ci disparaît aussitôt dans un monde étrange et mystérieux. C’est dans ce monde parallèle que Clara va faire la connaissance d’un soldat nommé Phillip, d’une armée de souris, et des souverains de trois Royaumes : celui des Flocons de neige, celui des Fleurs et celui des Délices.
    Pour retrouver cette clé et restaurer l’harmonie du monde, Clara et Phillip vont devoir affronter la tyrannique Mère Gingembre qui vit dans le quatrième Royaume, le plus sinistre d’entre tous…

    Casse-Noisette est LE ballet des fêtes de fin d’année, celui qui est joué sur les scènes les plus prestigieuses et dont la magie opère sur les petits et grands spectateurs, qu’ils soient amateurs de danse ou pas. Il y dans ce conte toute la féérie de Noël très premier degré qui sied si bien à l’ambiance naïve de cette période de l’année où le monde de l’enfance règne en maître. Étonnant même que Disney ne se soit pas emparé plus tôt de cette légende, mais mieux vaut tard que jamais et voilà donc la version fantastique du conte à grand renfort d’effets spéciaux, de costumes flamboyants et de personnages hauts en couleurs. Casse-Noisette et les quatre royaumes s’inspire à la fois du conte original écrit par Hoffmann en 1816, « Casse-Noisette et le Roi des souris », et du ballet de Tchaïkovski composé en 1892, lui-même inspiré de la version d’Alexandre Dumas, « Histoire d’un casse-noisette ».

    La regrettée mère de Clara lui a laissé en souvenir une boîte secrète sans toutefois lui remettre la clé permettant de l’ouvrir. La veille de Noël, lors de la fête organisée par son parrain Drosselmeyer, Clara découvre un fil d’or qui la conduit jusqu’à cette précieuse clé… mais celle-ci disparaît aussitôt dans un monde étrange et mystérieux. C’est dans ce monde parallèle que Clara va faire la connaissance d’un soldat nommé Phillip, d’une armée de souris, et des souverains de trois Royaumes : celui des Flocons de neige, celui des Fleurs et celui des Délices. Pour retrouver cette clé et restaurer l’harmonie du monde, Clara et Phillip vont devoir affronter la tyrannique Mère Gingembre qui vit dans le quatrième Royaume, le plus sinistre d’entre tous…

    On pense bien sûr à l’adaptation d’Alice au pays des Merveilles par Tim Burton, pour la multitude de personnages, le rythme frénétique, les couleurs chatoyantes, les décors totalement délirants et l’ambiance féérique de l’univers. Mais ici, pas de second degré ni de clin d’œil, toute la naïveté du récit se vit à hauteur d’enfant, avec tout le sérieux dont ils sont capables quand ils plongent la tête la première dans une histoire qui les captive. Et puis il y a la musique et la danse, magnifiquement interprété par des danseurs étoiles… alors ne boudons pas notre plaisir.


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