•  Voici une comédie très réussie. Le scénario est aux petits oignons et les acteurs font leur maximum. Les dialogues sont plein d'humour. Tous les petits travers des municipalités qui abusent de l'argent du contribuables sont bien décrits.... MDR

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20   technique:18/20    note finale: 18/20

     

    Les Municipaux, ces héros : Affiche

    Port Vendres est un port magnifique situé en Catalogne française... Magnifique et tellement français : un maire bling-bling et des employés municipaux toujours à fond !
    À fond dans les acquis sociaux, à fond contre les cadences infernales, à fond... dans la déconne... celle qui fait qu'on les aime... Et si de plus ils deviennent des héros alors il n'y a plus aucune raison de ne pas s'inscrire à ce voyage dans la vraie vie.


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  •  Un très beau film avec des actrices formidables. Le scénario est réussi. C'est bien filmé. Et c'est une bonne occasion de revoir Miou Miou  qui nous manque.

    scénario: 16/20         acteurs: 18/20      technique: 16/20    note finale: 16/20

    Larguées

    Rose et Alice sont deux sœurs très différentes. Rose est libre et rock n’roll. Alice est rangée et responsable. Elles ne sont d’accord sur rien, à part sur l’urgence de remonter le moral de Françoise, leur mère, fraîchement larguée par leur père pour une femme beaucoup plus jeune. La mission qu’elles se sont donnée est simple « sauver maman » et le cadre des opérations bien défini : un club de vacances sur l’Ile de la Réunion…


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  •  Un film réussit où on ne s'ennuie pas une seconde même si le scénario n'est pas "transcendant"...

    scénario: 15/20          technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    Tom Raider

    Lara Croft, 21 ans, n'a ni projet, ni ambition : fille d'un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l'empire de son père. Convaincue qu'il n'est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d'une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d'innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir "Tomb Raider"…


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  • Gaston sera toujours Gaston. Malgré quelques longueurs cette comédie est réussi. Et Gaston est très ressemblant.

    scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

     

    Gaston Lagaffe

    M’enfin ! Gaston débarque en stage au Peticoin.
    Avec ces inventions délirantes, il va changer le quotidien de ses collègues. 
    Chat, mouette, vache, et gaffophone seront au rendez-vous des aventures de notre bricoleur de génie qui ne pense qu’à faire le bien autour de lui mais qui a le don d’énerver Prunelle son patron. 
    Les gaffes à gogo de notre empêcheur de travailler en rond pourront-elles éviter que le redoutable Monsieur de Mesmaeker rachète le Peticoin ?


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  •  Un film hilarant. J'ai ri d'un bout à l'autre. L'univers de Staline est moqué et c'est réjouissant. Les acteurs sont formidables dans ces caricatures d'aparatchiks.

    scénario: 18/20   technique: 18/20    acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    La mort de Staline

    Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c'est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée - comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov - la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l'URSS est à portée de main. (Inspiré de faits réels...)

    Dur de passer du Jeune Karl Marx, sorti l'année dernière à La Mort de Staline. De l'aimable philosophie à l'abominable barbarie. Et comment s'y prendre avec un client qui affichait au compteur, au moment de son dernier souffle, la bagatelle de 5 millions d'exécutions, plus 5 millions d'individus envoyés, avec des fortunes diverses, au goulag, sans oublier les 9 millions de petits propriétaires paysans emportés par la famine suite aux réquisitions. Comment s'y prendre si ce n'est par la farce ? L'inimaginable en effet dans cette histoire est que cette Mort de Staline hilariously british, loin de toute désolation funèbre ou de toute compassion, relève plus du Dr Folamour de Kubrick, avec son cow-boy chevauchant sa bombe atomique, que de la tragédie funèbre.
    On se souvient au passage de cette blague qui courait au bon vieux temps dans les pays communistes à l'évocation de ces arrestations à l'heure du laitier : « Boum boum ! Tapait le poing sur la porte ! Ouvrez ! faisait la grosse voix à l'extérieur. Qui est-ce ? gémissait alors plaintivement la petite voix à l'intérieur. Gestapo !… criait la voix dehors. Ouf ! se rassurait alors la petite voix. » C'est sur ce mode, en effet, que nous est racontée la mort de Staline : un énorme malentendu avec une idéologie devenue caricature. « Ils nous vendront la corde pour les pendre » avait dit Lénine. Force est de constater que ses successeurs surent en faire entre eux-mêmes un aussi mauvais usage.


    Dès les premières images de cette mort annoncée, la messe est d'ailleurs dite. Nous sommes dans un de ces temples soviétiques dressés à la gloire de la culture, où se donnent des concerts de musique classique. La représentation vient de se terminer et déjà le public se disperse. A la régie, deux techniciens somnolent en attendant d'aller se coucher. Nous sommes le 3 mars 1953 et soudain le téléphone sonne : au bout du fil, une voix impérieuse annonce que le camarade Staline exige que lui soit livré dans les plus brefs délais l'enregistrement du concert. Panique à bord. Nos deux lascars, quasiment assoupis derrière leur console, n'ont pas enregistré la moindre note. L'ombre du goulag se profile… Il faut rattraper dans la rue les spectateurs, en retrouver d'autres pour remplir la salle : balayeurs, ouvriers de nuit sur le chemin de leur travail, ivrognes qui cuvent leur vodka dans le ruisseau… et trouver à l'arrache un chef d'orchestre qui croit mourir de peur quand les hommes de la milice frappent à sa porte.
    À la même heure, après avoir réuni au Kremlin le présidium pour évoquer une nouvelle affaire de complot – la routine, quoi –, Staline emprunte une des trois limousines devant le mener à sa datcha de Kontsevo près de Moscou, les deux autres étant des leurres occupés par des sosies, chaque voiture prenant chaque soir des chemins différents. Après un repas sur le pouce avec quatre de ses ministres encore en état de grâce, il monte se coucher dans une de ses sept chambres, toutes fermées par une porte blindée gardée par deux officiers du NKVD (les six autres aussi bien sûr). Pendant ce temps, le concert et son enregistrement ont repris dans l'angoisse générale alors que, derrière la porte blindée, va se jouer le destin de l'URSS…

    Alors, bravo et merci à Armando Iannucci, réalisateur écossais de son état, de nous offrir le régal de découvrir un Nikita Khrouchtchev sous les traits de Steve Buscemi et un Molotov sous ceux de l'ex Monty Python Michael Palin dans une production absurde, hilarante et terrifiante où tout ce petit monde soviétique épouse sans sourciller la langue de Shakespeare.


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  • J'ai trouvé ce film intéressant même s'il s'éloigne des évangiles. Et je ne parle pas des stupides quotas  qui ont obligé les auteurs à mettre des apôtres noirs! C'est le plus ridicule. L'actrice qui joue Marie-Madeleine est une merveille: son jeu tout en nuances est un ravissement. Les décors et les costumes sont magnifiques. Après deux heures pour évoquer toute la vie de Jésus, c'est beaucoup trop peu vous vous en doutez.

    scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20  note finale: 16/20

    Marie Madeleine

    Marie Madeleine est un portrait authentique et humaniste de l’un des personnages religieux les plus énigmatiques et incompris de l’histoire. Ce biopic biblique raconte l’histoire de Marie, une jeune femme en quête d’un nouveau chemin de vie. Soumise aux mœurs de l’époque, Marie défie les traditions de sa famille pour rejoindre un nouveau mouvement social mené par le charismatique Jésus de Nazareth. Elle trouve rapidement sa place au cœur d’un voyage qui va les conduire à Jérusalem.

     

     


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  • Une merveille! J'ai adoré! Tout est réussi: le scénario, la technique, le choix des acteurs, la photo etc... Cette adaptation offre à François Cluzet et Nicolas Duvauchelle un joli face-à-face.

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale:18/20

    Le collier rouge

    Dans une petite ville, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…


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  • J'aime beaucoup le cinéma israélien et ce film m'a beaucoup plu. Une belle leçon de vie. Premier long de Matan Yair, "Les Destinées d’Asher" rejoue brillamment l’éternel malaise de l'ado. Ce premier long métrage sensible et singulier fait de la transmission du savoir son beau souci.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Les destinées d'Asher

    Dès l’école primaire, puis au collège et au lycée, Asher, 17 ans, a toujours été un fauteur de troubles impulsif. Il a du mal à se concentrer en classe, est sujet à des accès de colère et de violence. Il est toutefois également doté d’un grand charme et se montre extrêmement débrouillard. Son père, très strict, le considère comme son successeur naturel qui reprendra l’affaire familiale d’échafaudages, mais Asher trouve un autre modèle masculin en la personne de son professeur de littérature, Rami, et noue avec ce dernier une relation très particulière. Déchiré entre ces deux mondes, Asher se cherche une autre vie et une nouvelle identité. Une tragédie soudaine le soumet à une ultime épreuve qui forgera sa maturité.


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  •  Un très beau film social. Très bien fait. le réalisateur a beaucoup de talent. C'est bien filmé, bien joué et on ne s'ennuie pas une seconde.

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Vent du Nord

    Nord de la France. L'usine d'Hervé est délocalisée. Il est le seul ouvrier à s'y résigner car il poursuit un autre destin : devenir pêcheur et transmettre cette passion à son fils. Banlieue de Tunis. L'usine est relocalisée. Foued, au chômage, pense y trouver le moyen de soigner sa mère, et surtout de séduire la fille qu'il aime. Les trajectoires de Hervé et Foued se ressemblent et se répondent.

    Rien de nouveau sous les embruns du Nord. Quand les délocalisations pleuvent sur l’avenir des hommes, leur horizon semble soudain tout bouché malgré la mer qui s’étend à perte de vue. Hervé Lepoutre, en grand dadais hébété, ne se rebelle même pas quand il apprend qu’il est viré et que l’usine qui l’embauche dans cette petite ville côtière en banlieue de Boulogne-sur-Mer va fermer. Et lui qui attendait paisiblement sa retraite pour aller pêcher !

    À quelques milliers de kilomètres de là, dans une autre petite ville côtière, en banlieue de Tunis, la même usine est relocalisée, prometteuse d’une nouvelle prospérité. Pour le jeune chômeur Foued, c'est pain béni. Le voilà qui retrouve un emploi, adoptant les mêmes gestes mécaniques que ceux qui ont fait le quotidien d’Hervé durant des dizaines d’années, sur les mêmes machines. Mais même dans ce pays de rêve truffé d'hôtels pour touristes fauchés, l’avenir n’est pas moins bouché. La classe ouvrière est bien sûr la grosse dinde de la farce, perpétuellement perdante face à des actionnaires lâchement anonymes. On connaît la chanson. Nul n’est dupe désormais, aucune reconnaissance à attendre, aucune fierté à retirer, aucun épanouissement à espérer d’un travail mécanique, purement alimentaire. Peu importe ce que l’on produit ici, l’emporte-pièce qui découpe le cuir entaille chaque jour un peu plus l’espoir d’une vie qui aurait du sens.
    Retour au bord de la Manche. Pour Hervé, tout n’a plus l’air si sombre car il est porté par le rêve d’une mer grande et belle. Sans le dire à personne, même pas à sa grande gueule de compagne Véronique, il caresse l’espoir secret de devenir marin. Il a tôt fait d’investir sa prime (en cachette, le gros vilain !) dans un petit bateau, et décide de passer ses journées à sillonner les vagues, d’aller respirer ce parfum de liberté qui semble à portée de ses pognes.
    Véro sent bien qu’il y a anguille sous roche, mais elle est loin d’imaginer tout ce qu’il tait. Quand elle essaie de lui tirer les vers du nez, son benêt de mari prend des airs ahuris. « Les médias exagèrent ! » s’écrie-t-il. La fermeture prochaine de l’usine ? Les licenciements annoncés ? La grogne qui monte ? La grève qui menace ? Rien de tout ça en vue, ma capitaine ! Véro ne sait pas qu’il ne fait déjà plus partie de ce combat-là. Hervé s’embourbe progressivement dans une position de moins en moins tenable, de moins en moins crédible. Jusqu’à ce que la vérité jaillisse, incompressible, grand moment de panique à bord, engueulades tragi-comiques, mais quand on s’aime vraiment, cela n’a qu’un temps. Une fois la tempête passée, voilà l’épouse fidèle qui se pique au jeu, tâchant de refourguer les bars, les loups et autres poissons peu réglementaires aux voisines du quartier…
    Pendant ce temps, de l’autre côté de la Méditerranée, Foued perd peu à peu ses illusions. Il se met à rêver lui aussi de prendre le large, attiré comme tant d’autres miséreux par un Eldorado, un pays où les droits des hommes seraient respectés, où le travail coulerait à flot, un pays de rêve qu’on appellerait la France…

    Vous l’aurez compris, c’est un chassé croisé non dénué d’ironie, entre deux continents, deux histoires parallèles qui témoignent avec dérision de l’état d’une classe ouvrière abandonnée par les dirigeants. Le couple Lepoutre (épatants Philippe Rebbot et Corinne Masiero) est jubilatoire. La plus belle trouvaille du film est peut-être sa manière de nous faire passer d’un continent à l’autre par voies légales, illégales, navigables ou pas… Un vrai road-movie à niveau de container au cœur de la mondialisation, d’un capitalisme débridé qui marche sur la tête !


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  • J'ai adoré cette histoire improbable, qui grâce à des acteurs formidables est devenue une histoire tout à fait crédible. On en vient à trouver tout cela tout à fait normal. Bravo à la réalisatrice qui est pleine de talent. J'avais déjà adoré Agathe Bonitzer dans "une bouteille à la mer".  De cette uchronie a priori angoissante, Sophie Fillières tire une comédie pleine de charme, où humour et nostalgie se mêlent avec entrain.

    La belle et la belle

    Margaux, 20 ans, fait la connaissance de Margaux, 45 ans : tout les unit, il s'avère qu'elles ne forment qu'une seule et même personne, à deux âges différents de leur vie…

    C’est un enchantement, que dis-je un enchantement, c’est un tour de magie, un ravissement, un conte, une fable, une promenade aussi ludique que charmante quelque part au Royaume des belles et des… belles. Sophie Fillières a un vrai talent pour nous embarquer dans des histoires a priori assez banales d’où va surgir, tel le lapin blanc du chapeau noir, une excentricité, un grain de folie, un truc complètement barré que ses héroïnes vont affronter avec ce détonnant mélange de douce naïveté et de sérieux, source de situations souvent extrêmement comiques.
    Elle embrasse ici tout de go un thème fantastique et nous embarque sans équipement ni précautions particulières dans une sorte de monde parallèle où tout devient possible parce que tout prend cœur et corps à travers des personnages pour lesquels elle déploie une précieuse et infinie tendresse. Il faut dire qu’elle a choisi pour les interpréter des filles formidables qu’elle connaît bien : Sandrine Kiberlain, dont on ne doute plus une seule seconde de l’incroyable potentiel comique et qui interpréta son premier rôle dans son premier court-métrage Des filles et des chiens, et Agathe Bonitzer, qu’elle a déjà dirigée dans Un chat un chat et qui n’est autre que sa fille.

    Point de bête, donc, dans cette histoire-ci, mais bien deux belles pour le prix d’une, ou plutôt une belle pour le prix de deux… je m’explique. Au cours d’une soirée, Margaux, 20 ans, fait la connaissance improbable de Margaux, 45 ans. Margaux 20 est pétillante, belle comme un cœur qui reste à prendre et profite de sa jeunesse, de son insouciance et de la vie, tout en cultivant une douce mélancolie qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle était déjà revenue de bien des questionnements existentiels de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit en plein dedans, l’air de rien. Margaux 45 est pétillante, belle comme un astre qui reste à prendre et trimballe sa nonchalance, sa vitalité et son manteau rouge tout en cultivant une douce folie juvénile qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle n’était pas encore revenue de bien des questionnement existentielles de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit encore en plein dedans, l’air de rien.
    Face au miroir où la blonde et la rousse se croisent, déployant sans le savoir les mêmes gestes et même intonations de voix, il faut bien se rendre à l’évidence : ces deux-là ne sont qu’une seule et même personne, rapprochées par 25 ans qui ne font plus qu’une microseconde. Acquis ce présupposé qui n’a besoin ni d’explications rationnelle ou paranormale, ni de précisions, ni même de preuves – manquerait plus que ça ! –, nous allons suivre les deux Margaux sur le chemin de leur vie, entre un passé composé de futurs antérieurs et de presque parfait pour ce qui est du choix des chemins à suivre et des amoureux à conquérir.

    Et comme dans tout conte qui se respecte, aussi improbable soit-il, il y aura un prince, altier, beau gosse, charmeur et délicat qui pourra sans aucun problème conquérir le cœur de Margaux 25 autant que (re)découvrir celui de Margaux 45… la réciproque étant également vraie ! C’est frais, très drôle, délicat comme un poème de Prévert dont Sophie Filière emprunte, sans le savoir (?), le phrasé simple et touchant, s’exprimant avec fougue comme le flot d’une rivière qui coulerait, comme par enchantement, dans un délicieux contre-courant…


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  • Ce film est très embrouillé et on s'interroge sur l'utilité de certaines scènes. On peut regretter que le montage soir si ardu. Mais c'est bien filmé et bien joué. La situation politique du Maroc avec les révoltes de 2015 est très bien montrée.

    scénario: 16/20    technique: 16/20 (montage: 12/20)    acteurs: 16/20   note finale: 15/20

    Razzia

    A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

    Récapitulons : que savons-nous vraiment du Maroc aujourd'hui ? D'accord, il a obtenu son indépendance en 1956… Et puis 150 000 tonnes de dattes y sont consommées tous les ans, personne n'ira dire le contraire… Il y a les cornes de gazelle, le Zaalouk et la Pastilla aussi… Sans oublier les dunes de Merzouga et les cascades d'Ouzoud… Et la ville de Casablanca à laquelle on pense forcément parfois, parce que c'est le titre du classique de Michael Curtiz, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman… « Mais tout ça, c'est de la surface, une vague culture gé, ça ne nourrit pas son homme ». Aïe, nous avons affaire à un cas typique de curiosité et vous en demandez encore… Un seul remède : aller voir le nouveau film de Nabil Ayouch, foisonnant d'histoires et de paysages. Vous en sortirez avec la sensation d'avoir exploré ce pays sublime, dans ses dimensions aussi bien sociales que politiques et culturelles. Attention quand même à ne pas vous fouler une cheville sur l'Atlas… Razzia suit cinq destinées qui se croisent sans se rencontrer vraiment, mais toutes reflètent la même soif de liberté, déchirées qu'elles sont entre le passé et le présent, par la perte de repères et les troubles identitaires.


    Tout commence dans les années 80 avec Abdallah, un instituteur aux yeux gorgés d'étoiles qui s'illuminent quand il regarde un oiseau ou lit des poèmes. Il enseigne dans une petite école berbère perdue dans les montagnes, guidant pas à pas ses élèves sur la voie de l'émerveillement doublé d'une raison sensible et tolérante… Jusqu'au jour où on lui interdit de continuer l'enseignement en berbère, parce que la seule langue désormais officielle est l'arabe classique. Quelques décennies plus tard nous voilà en 2015 à Casa, ville moderne et lumineuse, au moment où les manifestations des islamistes battent leur plein, en réaction à la réforme du code de l'héritage (qui instaure l'égalité homme-femme dans les successions). On y rencontre Salima, révolutionnaire de l'intime qui s'oppose quotidiennement aux diktats de son mari, hostile à ce qu'elle fume, travaille, attire les regards, attise les convoitises… Hakim, jeune des milieux populaires qui aimerait être chanteur comme Freddie Mercury, son idole, inspirateur de son look fantasque et vilipendé dans les rues… Monsieur Joe, le Juif épicurien qui sédimente malgré lui des conflits enfouis… Et Inès, adolescente comme prisonnière dans son ghetto de riches, où l'impudeur régnante se passerait bien de moralité et d'humanisme. Au beau milieu de ce foisonnement culturel et social, chacun a des rêves d'ailleurs et vit dans une société qui, elle, n'est pas du tout ailleurs. Cela crée chez eux des paradoxes insensés, un refus de ployer, de laisser l'obscurantisme hisser son drapeau noir, car ce serait admettre qu'on puisse accabler ad vitam les femmes, la culture berbère, les gays, les atypiques et ceux qui ne manquent pas d'humour…

    Razzia est un film sans concessions qui n'arrangera pas la situation de Nabil Ayouch au Maroc, quand on se souvient du tollé que Much loved, son précédent film, y avait soulevé en 2015 : interdiction de diffusion, harcèlement de la part d'extrémistes islamistes, agression physique de l'actrice principale qui avait dû se réfugier en France… Razzia est donc un film nécessaire, qui emporte et captive, et qui ne doit pas nous faire oublier que la situation européenne n'est pas loin d'être à nouveau en proie à « la longue nuit » que Stefan Zweig dénonçait dans sa lettre d'adieu avant de mettre fin à ses jours, et que Nabil Ayouch, en filigrane, dénonce à son tour. Avec lucidité, force et bienveillance, Razzia remet les choses à leur place et nous rappelle ainsi l'essentiel : nous sommes capables du pire, mais surtout du meilleur. Et c'est ici que ces cinq destinées rencontreront la vôtre.


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  • Un très joli film sur l'adolescence. Tout y est réussi: la petite actrice qui joue l'héroïne est vraiment formidable!

    scénario: 16/20          acteurs: 16/20         technique: 16/20          note finale: 16/20

    Lady bird

    Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi. 

    Actrice, danseuse, scénariste, Greta Gerwig dévoile progressivement ses multiples talents et réalise un formidable premier film qui va casser la baraque. Les critiques américaines sont enthousiastes, les récompenses pleuvent, les premiers spectateurs outre-Atlantique sont emballés, le bouche à oreille est en marche… On vous attend !
    Quand votre mère vous gonfle, ressasse toujours les mêmes rengaines, quoi faire d’autre que de sauter de la voiture en marche pour ne plus l’entendre ? C’est en tout cas ce que fait Christine ! Un brin radicale, la drôlesse (Saoirse Ronan, sincère, espiègle, bouleversante) et pourtant si touchante. À 17 ans, elle a l’âge de toutes les rêveries, de toutes les angoisses aussi. La peur de n’être rien, de ne rien devenir. Elle a aussi l’âge d’enquiquiner son monde, de vouloir le fuir, d’en avoir honte. Surtout ne pas se laisser emprisonner dans ses comportements petit-bourgeois, dans ses murs étroits, ceux de Sacramento que Christine rêve de quitter tout comme une bête à bon Dieu abandonne derrière elle sa chrysalide. Lady Bird (ladybird = coccinelle en anglais), c’est d’ailleurs le surnom qu’elle se donne, faisant table rase du passé et de son nom de baptême pour se sentir prête à s’envoler loin de son enfance corsetée par la religion.


    Alors que sa daronne la verrait bien continuer ses études dans la lénifiante filière catholique qu'elle lui a imposée, Lady Bird, elle, rêve de grande ville, de grande université foisonnante, faisant fi des menaces qui planent, les ailes du récent 11 septembre notamment, qui viennent d’engloutir leur part du rêve américain : nous sommes en 2002. Les angoisses de cette société désemparée qui tentent de la clouer au sol, l’adolescente en fleur ne veut pas les entendre, se raccrochant sans faillir à cette belle insouciance qu’on lui demande d’abdiquer. Cheveux rouges, langue bien pendue, faute de savoir briller dans l’univers trop propret de son bahut, elle est bien partie pour faire tourner en bourrique les bonnes sœurs, les curés, les saintes nitouches qui ont la beauté facile de celles qui ont été langées dans la soie. Avec sa grande amie Julie, elles ne ratent jamais une occasion de se goinfrer d’hosties comme d’autres boulotent des chips, tout en se racontant leurs caresses intimes. Cette année charnière du baccalauréat, traversée de questions existentielles qui filent les chocottes, est aussi celle de l’expérimentation. Se marrer, mater les garçons, rêver de baisers et de grands soirs décoiffants : ce sont des petits riens qui peuplent une vie, la rendent plus acceptable, la remplissent d’un bonheur qu’on ne sait pas toujours reconnaître.
    Petit à petit, on réalise que les choses que Lady Bird affirme détester sont peut-être celles auxquelles elle tient le plus et qu’elle a peur de perdre. À commencer par la relation avec sa flippante maman Marion. Il est clair que ces deux-là s'aiment d'un amour presque fusionnel, sinon elles ne s'engueuleraient pas autant ! Tandis que mère et fille s’affrontent inlassablement pour se réconcilier la minute suivante, Larry, qui porte la double casquette de père et époux, observe leurs scènes avec le regard bienveillant d’un sage un peu usé face à ces tensions qui le dépassent. Il est à l’image de cette société en perte de repères, laminée par le chômage et un brin dépressive, même si elle ne veut pas le montrer. Larry est ce confident à l’humour apaisant, cet allié secret dont Lady Bird a tant besoin pour s’évader… 

    C'est un film d’une bien belle intensité dans sa capacité à retranscrire, sans pathos, la complexité des rapports familiaux et le passage à l’âge adulte. Rien n’est lourdement appuyé dans la construction du récit. La réalisatrice, à l’instar de son héroïne, fait ces pas de côté malicieux qui surprennent, rendent le moindre instant unique, essentiel. Elle donne de l’étoffe à chaque personnage, le rend attachant, crédible avec toute la panoplie de ses contradictions. Tout est légèreté, composition enjouée, duveteuse, qui volète sur le temps qui passe. À peine a-t-on pensé qu’on traversait un moment charnière qu’il a déjà filé. L’étape est franchie sans qu’on ait vu le gué qu’on imaginait infranchissable.


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  • Un très beau film sur la tragédie des paysans et l'inhumanité des diverses administrations.

    scénario: 17/20       acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Petit paysan

    Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

    Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable !
    C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataires…


    Tout pourrait continuer paisiblement sauf que l'irruption d'une mystérieuse maladie en provenance de Belgique, qui touche et décime des troupeaux entiers de bovidés, ne va pas tarder à venir faire tache. Et voilà que notre petit paysan se retrouve un soir au chevet de sa vache Topaze dont les symptômes ne font aucun doute : elle est atteinte de la « fièvre hémorragique ». Que faire ? Accepter l’abattage de son cheptel, principe de précaution oblige ? Perdre ainsi toutes ses vaches, à qui il a consacré tant de vie et d'amour ? Fermer les yeux sur l'effondrement de son propre monde ? Pierre ne peut s'y résoudre. Déterminé à prendre le taureau par les cornes, il se met en quête de toutes sortes d'atermoiements, espérant que le temps jouera en sa faveur et que la pandémie s'évanouira sans meugler gare… Sa sœur Pascale, véto consciencieuse (jouée par la craquante autant qu'impeccable Sara Giraudeau), se retrouve embarquée malgré elle dans cet engrenage infernal. Ainsi parti pour être un film semi-documentaire sur la condition agricole, Petit paysan bascule très vite dans le thriller psychologique, cadencé par la paranoïa de Pierre et ses magouilles tellement alambiquées qu'elles en deviennent presque hilarantes… Pour mieux dissimuler son manège et gagner toujours plus de temps, Pierre se force à renouer avec sa vie sociale, accepte de partir à la chasse et de faire du bowling avec ses amis, invite même la boulangère au restau et peaufine ses cheveux au gel pour l'occasion… Jusqu'où la situation ira-t-elle ? De mal en pis, osons le dire…

    Pour vous dire le soin apporté à la préparation du film, Swann Arlaud a effectué un stage auprès d'un agriculteur pour préparer son rôle, lequel agriculteur a dit n'avoir jamais eu affaire à un aussi bon apprenti et ne voulait plus le laisser partir… C'est dire à quel point il est époustouflant dans son rôle d'éleveur habité par son métier. Ajoutez à cela le fait que le réalisateur Hubert Charuel, plus que prometteur, est lui-même fils d'agriculteurs (ses parents et son grand-père jouent d'ailleurs dans le film) et vous voilà en présence d'un Petit paysan qui, en plus d'être une pépite de mise en scène, maîtrise parfaitement son sujet. À voir d'urgence


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  •  Une comédie très réussie. j"ai ri d'un bout à l'autre: le scénario est une merveille! Les acteurs sont formidables. C'est bien filmé et on ne cesse de rire. Il y a longtemps que je n'avais pas vu une comédie aussi réussie.

    scénario: 18/20    technique: 18/20      acteurs: 18/20    note finale: 18/20

    La Ch'tite famille

    Valentin D. et Constance Brandt, un couple d’architectes designers en vogue préparent le vernissage de leur rétrospective au Palais de Tokyo. Mais ce que personne ne sait, c’est que pour s’intégrer au monde du design et du luxe parisien, Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch'tis. Alors, quand sa mère, son frère et sa belle-sœur débarquent par surprise au Palais de Tokyo, le jour du vernissage, la rencontre des deux mondes est fracassante. D’autant plus que Valentin, suite à un accident, va perdre la mémoire et se retrouver 20 ans en arrière, plus ch’ti que jamais !


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  • On pensait la recette à jamais perdue, et voilà que Laurent Tirard invite à un piquant marivaudage en costumes napoléoniens, qui évoque les grandes heures du cinéma français de Philippe de Broca ou de Jean-Paul Rappeneau. On pense à Ridicule, à la Folie des grandeurs, mais aussi à bien d’autres succès où le ressort comique tenait à un tandem de personnages, l’un pataud et attendrissant, l’autre brillant et exaspéré, et l’on se réjouit, vraiment, que celui-ci soit mixte pour l’une des premières fois. Quel bonheur que ce film si bien écrit, si bien joué et tellement amusant ! L'irrésistible numéro de duettistes que nous offrent Mélanie Laurent et Jean Dujardin est étincelant. On se régale vraiment de ce cabotinage réjouissant entre Mélanie Laurent et Jean Dujardin, dans cette comédie aussi joyeuse qu'alerte. Les costumes et les décors sont sublimes et c'est merveilleusement filmé. Tout pour plaire quoi!

    scénario: 18/20        acteurs: 18/20       technique: 19/20        note finale: 18/20

    Le retour du héros

    Elisabeth est droite, sérieuse et honnête. Le capitaine Neuville est lâche, fourbe et sans scrupules. Elle le déteste. Il la méprise. Mais en faisant de lui un héros d'opérette, elle est devenue, malgré elle, responsable d'une imposture qui va très vite la dépasser… 


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  • Autant vous le dire tout de suite, je les adore. Ils me font rire rien qu'en apparaissant. Et j'ai une fois de plus beaucoup ri. Ils arrivent encore à nous surprendre. Cathy Tuche fait tout pour que tout le monde se sente bien autours d'elle. Un César pour Isabelle Nanty!!! Elle ne l'aura pas parce que les comédies ne sont jamais récompensées mais Isabelle Nanty donne une telle épaisseur et telle une humanité à son personnage  qu'elle mériterait vraiment un prix d'interprétation. Tous les acteurs sont formidables. Le scénario est plein de trouvailles et de surprises. les décors et les costumes sont superbes et rien n'est laissé au hasard. BRAVO!

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Les Tuche 3

    Jeff Tuche, se réjouit de l’arrivée du TGV dans son cher village. Malheureusement, le train à grande vitesse ne fait que passer, sans s’arrêter à Bouzolles. Déçu, il tente de joindre le président de la République pour que son village ne reste pas isolé du reste du territoire. Sans réponse de l’Élysée, Jeff ne voit plus qu’une seule solution pour se faire entendre : se présenter à l’élection présidentielle... Profitant de circonstances politiques imprévisibles, Jeff Tuche et toute sa famille vont s’installer à l’Élysée pour une mission à haut risque : gouverner la France.


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  •  Un très joli film hongrois qui mériteraient d'être plus largement diffusé. Le scénario est impeccable, les acteurs jouent magnifiquement et techniquement, c'est parfait. Le noir et blanc ajoute un côté dramatique au film. Ce film suggère la manière honteuse dont ont été l'objet les juifs en Hongrie. Et ailleurs dans les pays de l'Est d'ailleurs.

    scénario: 18/20        technique: 18/20     acteurs: 18/20    note finale: 18/20

    La juste route

    En août 1945, au cœur de la Hongrie, un village s’apprête à célébrer le mariage du fils du notaire tandis que deux juifs orthodoxes arrivent, chargés de lourdes caisses. Un bruit circule qu’ils sont les héritiers de déportés et que d’autres, plus nombreux peuvent revenir réclamer leurs biens. Leur arrivée questionne la responsabilité de certains et bouleverse le destin des jeunes mariés.

     Un paisible village hongrois, au lendemain du bombardement de Nagasaki. Un mariage se prépare, l’ambiance est à la fête. Voilà qu’une nouvelle inquiète la communauté : deux anciens villageois, rescapés des camps et de confession juive, sont à l’approche… La Juste Route est un film curieux. Une forme de western hongrois, d’austère facture, tourné en noir et blanc, respectueux de la règle des trois unités. Il obéit à un suspense étonnant, où le destin s’incarne en deux figures sombres et silencieuses, presque fantomatiques, qui arpentent cette juste route à une allure que n’aurait pas reniée le conducteur de tracteur sexagénaire d’Une histoire vraie, de David Lynch. Devant cette menace, le village s’affole. Sont-ils venus chercher réparation ? Quelqu’un les aurait-il dénoncés ? Spoliés ? Et que transportent-ils dans leurs mystérieuses caisses ? Un trésor, assurément, puisqu’ils sont juifs… Le climat de paranoïa qui s’instaure alors semble justifier cette sentence signée Faulkner : « Le passé ne meurt jamais, il n’est jamais passé. » Autre élément notable, ce film réaffirme les ravages de la cupidité en temps de guerre. Bien en deçà de l’ineffable folie engendrée lors de la Seconde Guerre mondiale, la convoitise ordinaire, l’appétence pour l’accumulation pécuniaire, participe déjà d’une terrifiante monstruosité.


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  • Un film très réussi sur Wintson Churchill. Un biopic historique magistralement porté par Gary Oldman, qui incarne à merveille le premier ministre anglais. Gary Oldman livre une performance extraordinaire. Le réalisateur britannique Joe Wright glorifie les discours de Churchill, lyriques et persuasifs, prononcées lors de son arrivée au pouvoir, en mai 1940, quelques mois après le début de la Seconde Guerre mondiale.

    scénario: 17/20       technique: 17/20        acteurs: 18/20      note finale: 17/20

    les heures sombres

    Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, et dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque.
    Alors que plane la menace d’une invasion du Royaume- Uni par Hitler et que 200 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même son roi, George VI, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer la lourde tâche qui lui incombe. Churchill doit prendre une décision fatidique : négocier un traité de paix avec l’Allemagne nazie et épargner à ce terrible prix le peuple britannique ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout.
    Avec le soutien de Clémentine, celle qu’il a épousée 31 ans auparavant, il se tourne vers le peuple britannique pour trouver la force de tenir et de se battre pour défendre les idéaux de son pays, sa liberté et son indépendance. Avec le pouvoir des mots comme ultime recours, et avec l’aide de son infatigable secrétaire, Winston Churchill doit composer et prononcer les discours qui rallieront son pays. Traversant, comme l’Europe entière, ses heures les plus sombres, il est en marche pour changer à jamais le cours de l’Histoire.

    On reste confondu de bonheur devant une histoire qui aurait pu être mise en scène par Frank Capra lui-même, dont on se souvient du merveilleux La Vie est belle. Et pourtant, classer au rayon des contes de fées ce récit qui se déroula sur deux ou trois semaines en Mai 1940 pourrait passer pour une très mauvaise blague, tant elles furent marquées par le bruit et la fureur, mais aussi par la personnalité d'un homme qui tenait plus, selon la légende, d'un bouledogue que d'un aimable gentleman. D'ailleurs Lady Litton, une bonne copine libérale et féministe avec qui, hier encore, je prenais le thé au château de Downtown Abbey, m'avouait que lorsqu'elle avait rencontré Winston pour la première fois, elle avait vu d'emblée tous ses défauts, avant de passer le reste de sa vie à admirer ses qualités et son humour.


    Vous l'avez deviné, chères spectatrices, ce Winston dont cause notre lady est ce Churchill qui encombra nos livres d'histoire au delà du raisonnable mais qui, dans ces heures sombres, se contente d'un petit tour à l'écran et puis s'en va, à l'issue de quelques jours qui suivirent sa nomination comme premier ministre en Mai 1940. Un petit tour, mais quel petit tour ! Qui le vit alors prendre en main, seul contre tous, un pouvoir dont personne ne voulait plus, après l'impayable parcours politique d'un Chamberlain partisan obstiné d'une politique d'apaisement avec Hitler qui l'avait conduit à signer les désastreux accords de Munich. On se souvient, bien sûr, de l'intervention quasi prophétique de notre homme Winston qui, à l'époque, lança en plein parlement britannique sa fameuse apostrophe : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Et la guerre, ce fut pour sa pomme, à lui tout seul, Winston, alors que tous en Europe se carapataient face à Hitler à coup d'armistices foireux.
    Alors, me direz vous chères spectatrices, que furent ces vingt jours en Mai qui décidèrent de l'avenir de la démocratie en Europe ? Une chose, par delà les années, reste frappante. Lâché par tous ses alliés du continent, lâché par les élites anglaises fortunées qui l'entouraient, notre ami Winston ne put s'appuyer à l'époque que sur un sondage d'opinion (déjà) du New Chronicle News montrant que les seuls partisans d'une lutte à mort contre le nazisme et Hitler étaient les membres de groupes de revenus inférieurs et les jeunes de 21 à 30 ans… mais aussi sa femme, pétillante autant qu'aimante conseillère qui partageait son sens de l'humour.

    Comment notre homme Winston réussit-il à sauver l'armée britannique coincée à Dunkerque, comment le parlement finit-il par capituler devant la furia churchillienne ? La réponse est sans doute dans cette phrase : « On ne négocie pas avec un tigre quand on a la tête dans sa gueule » et sans doute aussi dans cette curieuse anecdote rapportée par De Gaulle dans ses Mémoires de Guerre et qui scella entre deux stations de métro londonien le destin d'un Hitler jusque là victorieux. Tout cela est montré dans ce film passionnant et exaltant, remarquablement écrit et mené, et interprété au-delà de tous les qualificatifs par un Gary Oldman époustouflant.


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  • Une excellente comédie aux dialogues particulièrement réussis. On rit beaucoup. Les seconds rôles sont tous des guests de choix. Bravo Michèle Laroque, nous attendons votre prochain film avec impatience.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20   technique: 16/20   note finale: 17/20

    Brillantissime

    Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante ado. Mais le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères plutôt que de passer la soirée avec elle. Le choc ! Angela n’a plus d’autre choix que celui de se reconstruire... et ce n’est pas simple avec une mère tyrannique, une meilleure amie hystérique et un psy aux méthodes expérimentales.


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  • Un film d'une beauté classique qui prend son temps pour dresser de magnifiques portraits féminins. Bien sûr, c'est un peu lent, comme la vie. Sur fond de ruralité, Xavier Beauvois signe un film tout de raffinement et de sobriété pour rendre hommage au courage des femmes prises dans la tourmente de la Première Guerre mondiale. "Les Gardiennes" fait du beau son souci formel, dans une esthétique picturale inspirée à la fois par le clair-obscur de Georges de La Tour et la peinture paysanne de Jean-François Millet. En voilà un beau récit de guerre, puisque de la guerre, rien n'est montré..., ou alors, ce qui n'en a quasiment jamais été montré. La Grande Guerre vue de l'arrière, côté femmes, dans un film qui rend à celles-ci tout ce qui leur revient. Devant son objectif, Nathalie Baye revient à l’essence de sa vocation et fait oublier qu’elle parut dans le misérable Alibi.com. "Les Gardiennes" s’avère l’un des plus beaux films de cette fin d’année et de cette année tout court. Moi en tout cas, j'ai beaucoup aimé.

    scénario: 18/20      technique: 19/20   acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    les gardiennes

    1915. A la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en permission. Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l'assistance publique pour les seconder. Francine croit avoir enfin trouvé une famille...

    Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine.
    Les Gardiennes nous transporte donc en 1915 et nous plonge dans le quotidien de la Ferme charentaise du Paridier, tenue par Hortense (Nathalie Baye) et sa fille Solange (Laura Smet)… Le quotidien est rythmé par le labeur harassant dans les champs, par les tâches pénibles qui autrefois incombaient aux hommes et par la terrible attente des nouvelles du front. Les femmes redoutent plus que tout les visites du maire, qui annoncent souvent le pire, et ne peuvent s'empêcher d'espérer les trop rares et trop courtes permissions qui leur ramènent pour quelques heures les deux fils de la famille, Georges et Constant, ou le mari de Solange, le taciturne Clovis.
    Pour répondre aux exigences de la ferme, Hortense va accepter de prendre avec elle la jeune Francine, une orpheline de l'Assistance Publique qui se fait rapidement une place dans la famille par sa ténacité au travail et qui va se rapprocher peu à peu de Georges. Mais l'arrivée en 1917, via Saint-Nazaire et La Rochelle, des premiers soldats américains, fringants et souvent à l'aise financièrement, va peut être changer le destin de la Ferme du Paridier et de ses femmes…

    De la même manière qu'il s'était intéressé à la communauté des moines de Thibérine dans le splendide Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois s'attache ici à la communauté de ces femmes soudées par la nécessité de survivre, loin des champs de bataille qui leur confisquent leurs hommes. Comme toujours Beauvois a su choisir des actrices magnifiques, emmenées par Nathalie Baye (qu'il avait déjà dirigée dans Le Petit lieutenant, avec un César à la clé) et Laura Smet, qui incarnent à la perfection ces deux femmes ambivalentes, pas faciles, pas forcément sympathiques mais d'une force, d'une détermination incroyables. Et bien sûr, à travers le destin des femmes se démenant comme elles peuvent à l'arrière, le film évoque la cruauté du sort réservé à tous les hommes broyés par cette absurde tragédie que fut la « grande Guerre », traumatisme majeur du vingtième siècle.


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  • Du pur Guédidian avec une petite nouvelle: Anaïs Demoutier! Pour son vingtième film, Guédiguian rassemble sa troupe, ses thèmes et filme, en hiver, dans une calanque idéale, une histoire de rêve d’hier, solidaire et généreux, qui, avec le monde défait et des réfugiés échoués, se réinvente aujourd’hui.ce cinéma qui nous interroge sur le monde d'aujourd'hui fait du bien au milieu de tous ces films sans intérêt. Un film lumineux servi par des comédiens magnifiques.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20     technique: 17/20    note finale: 17/20

    La villa

    Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…

    Ça fait bien longtemps qu'on suit avec attention et tendresse les films de Robert Guédiguian, ses interrogations d'homme de gauche, son attachement à ses origines arméniennes, ses histoires le plus souvent ancrées dans une ville et un milieu qu'il connaît par cœur et qu'il aime sans faillir, la chaleur et la fraternité de cette classe populaire marseillaise qu'il filme au fil du temps. Et son nouveau film nous a tout particulièrement touchés, et passionnés. Parce que La Villa est lumineux et parce qu'il aborde des thèmes universels : le temps qui passe, les choix de vie que l'on regrette ou pas, le respect ou le renoncement à ses idéaux, les illusions perdues, l'importance des liens familiaux ou amicaux, la capacité à entamer sur le tard une nouvelle vie en fonction des événements qui peuvent faire dévier des parcours tout tracés. Parce que Guédiguian réunit une fois de plus les acteurs complices qui constituent depuis des années – presque depuis toujours – sa famille de cœur et d'esprit, qu'on voit vieillir de film en film – en même temps que Guédiguian derrière la caméra – et qui incarnent ici en eux-mêmes les thématiques du récit : Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Jacques Boudet…

    Le point de départ est simple et beau. Une fratrie se retrouve au cœur d'une magique calanque à quelques encablures de Marseille, à l'occasion de la grave maladie du père. Armand (Meylan) n'a jamais bougé : il est resté gérer avec son père le petit resto du port, cuisine généreuse et pas chère ; Joseph (Darroussin) est monté à Paris, y devenant une sorte de sommité intellectuelle et vaguement médiatique, aujourd'hui passée de mode, poussée gentiment vers la sortie… Il est venu avec sa jeune (trop jeune ?) compagne Bérangère (Anaïs Demoustier) ; Angèle enfin (Ascaride) est une comédienne de théâtre reconnue dont on apprend qu'elle a fui la famille après un drame que je ne vous dévoilerai pas… Juste à côté de la villa familiale et du restaurant vit un couple de voisins, Suzanne et Martin (formidables Jacques Boudet et Geneviève Mnich), qui ont participé à la construction de la fameuse villa du titre et qu'on sent aujourd'hui fatigués, usés par le monde tel qu'il va, à deux doigts d'être obligés de quitter leur logement et leur calanque de toujours pour cause d'augmentation exponentielle des loyers.

    Dans ce paysage splendide de théâtre marin, surplombé par un viaduc ferré irréel, qui donne au récit l'aspect d'une tragédie antique, vont s'exprimer les rancœurs et les reproches rentrés depuis des décennies, mais aussi à l'inverse se reconstruire des liens distendus par les années, l'éloignement et les parcours si différents. En même temps que se feront des choix décisifs alors que la disparition du père se profile. Que deviendra, à l'heure du TGV et de l'avion pour tous, dans un site désormais convoité par le tourisme pour classes supérieures, ce petit restaurant populaire, bastion de résistance face à la spéculation immobilière, lieu de convivialité populaire où s'exprime la mémoire ouvrière marseillaise ? Les enfants reprendront-ils à leur compte les valeurs avec lesquelles ils ont grandi, ces valeurs chères au cœur de leur père… et de Robert Guédiguian ? Mais peut-être l'arrivée, à bord d'un bateau échoué sur les côtes toutes proches, de jeunes migrants pourchassés par les militaires qui patrouillent sans cesse va-t-elle rappeler chacun à ce qu'il a de plus profond en lui. Peut-être l'avenir, pour ces êtres qu'on a appris à connaître et apprécier, et sur lesquels la vie a passé trop vite en laissant ses blessures, viendra-t-il de cette jeunesse d'ailleurs que certains par ignorance et peur d'eux mêmes s'emploient à rejeter.


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  • Un très beau film malgré les problèmes de raccord moustache d'Hercule... pas mal, les acteurs sont bien. Et comme dans tous les films de Kenneth Bragah, l'image est d'une beauté à couper le souffle. A la fois derrière et devant la caméra, Kenneth Branagh signe un film d'une grande élégance, à l'esthétique très léchée et somptueusement mis en scène. Cette adaptation du célèbre roman d’Agatha Christie  vaut le détour.

    scénario: 16/20           acteurs: 16/20       technique: 18/20   note finale: 16/20

    Le crime de l'Orient-Express

    Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.


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  •  J'avais des craintes avant d'aller voir ce film parce que je n'aime pas l'actrice, qui pour moi est très mauvaise et en fait trop. Ce fut pourtant une heureuse surprise même si on peut regretter quelques maladresses ou disons un manque de surprises...

    scénario: 15/20   acteurs: 15/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le brio

    Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.

     C'est un type imbuvable qui pérore ce jour-là devant un amphi bourré à craquer, quand Neila Salah déboule, un poil en retard, pour la première heure de la première journée de sa première année dans la fac de droit d'Assas, bien connue pour ne pas être un repère de gauchistes. Depuis sa tribune, l'orateur ne la loupe pas et ironise à bon compte, apostrophant l'insolente qui ose perturber son cours pour cause de train de banlieue et métro pas raccord. Elle arrive de Créteil, elle n'a pas la langue dans sa poche et se prend en pleine figure les railleries d'un prof certes brillant, mais dont la réputation de provocateur cynique et raciste n'est plus à faire : son nom, ses vêtements… tout y passe et le gros lard s'en donne à cœur joie parmi les huées de quelques étudiants qui ne supportent plus son attitude cynique et méchante. Le professeur Pierre Mazard est un aigri, solitaire, qui frôle la fin de carrière en ruminant que la littérature n'est plus ce qu'elle était…

    Il n'en est pas à son premier dérapage verbal, ce qui lui vaut d'être au bord de se faire éjecter de son poste. Convoqué par ses pairs pour s'expliquer, menacé de sanctions… Vient néanmoins à son secours son supérieur hiérarchique qui apprécie visiblement sa vaste culture : pour montrer qu'il n'est pas l'affreux jojo que tout le monde pense, que Mazard prenne donc sous son aile cette brunette de banlieue et la prépare au concours d'éloquence annuel. L'effet serait garanti si, cette année, une beurette remportait cette prestigieuse compétitions entre universités, faisant ainsi d'une pierre deux coups : éviter la sanction disciplinaire pour Mazard et redorer le blason de la fac d'Assas qui trimballe depuis toujours une piètre image.
    Voilà donc que se rejoue sous nos yeux, transposé à notre époque et en plein quartier latin, un nouveau My fair lady sans Audrey Hepburn mais avec une Camelia Giordana qui se débat tout pareil entre la syntaxe et l'imparfait du subjonctif sous la houlette d'un phallocrate bien lourd qui vaut bien ses prédécesseurs dans son approche méprisante du petit peuple, particulièrement des femmes.
    Et que croyez vous qu'il arriva ? Noël approche, ses chants de paix, ses scintillantes étoiles et ses rêves œcuméniques : Neila va s'illustrer dans ce concours d'éloquence qui permet au passage de vous rappeler qu'un autre film existe sur le sujet, documentaire celui-là, qu'il s'appelle A voix haute et qu'il vaut le détour.

    Ce n'est pas de la dentelle, ce n'est pas la patte minutieuse de l'orfèvre qui travaille le détail… Le trait est large, les caractères drus… mais le rythme est enlevé, les duettistes ont du tempérament, les réparties sont saignantes, souvent drôles et parfois presque tendres, alors Le Brio emporte le morceau. « Intelligente, drôle et grave à la fois, cette comédie est une réponse tonique aux préjugés comme au politiquement correct. Le réalisateur est un môme de Créteil. Il ne se la raconte pas. » C'est Le Canard enchaîné qui l'écrit.

     


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  • Bien mieux réussi que le premier. L’histoire du cinéma enseigne que les suites de films qui surpassent leurs aînés peuvent quasiment se compter sur les doigts d’une main. "Paddington 2" fait partie de cette catégorie. Plein d'humour et de tendresse. plein de bons sentiments aussi. Les enfants adorent. Les grands aussi. Beaucoup d'humour, une chasse au trésor, des rebondissements, de la tendresse et de l'émotion, servis entre deux tartines de marmelade : une vraie gourmandise so british ! Un régal.

    scénario: 17/20    technique: 17/20    acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Paddington 2

    Paddington coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d’adoption, dans un quartier paisible de Londres, où il est apprécié de tous. Alors qu’il recherche un cadeau exceptionnel pour les cent ans de sa tante adorée, il repère un magnifique livre animé, très ancien, chez un antiquaire. Pas de temps à perdre : il enchaîne les petits boulots pour pouvoir l’acheter ! Mais lorsque le précieux ouvrage est volé, Paddington est accusé à tort et incarcéré. Convaincus de son innocence, les Brown se lancent dans une enquête pour retrouver le coupable…


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  • Génial!! J'ai adoré! Les dialogues sont particulièrement réussis et amusant. on rit d'un bout à l'autre du film même si les moments émouvants ne sont pas absents.  Nawell Madani est une actrice formidable. Plus qu'une comédie, C'est tout pour moi est aussi un film piquant qui n'hésite pas à égratigner l'univers sexiste du stand-up et en particulier celle d'une célèbre scène ouverte accueillant de jeunes talents (le Jamel Comedy Club, jamais cité explicitement). Une très sympathique comédie aux dialogues percutants, menée tambour battant par la charismatique humoriste, aussi convaincante devant que derrière la caméra. Drôle, intelligent et touchant

    scénario: 18/20        acteurs: 18/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    C'est tout pour moi

    epuis toute petite, Lila veut devenir danseuse, n’en déplaise à son père.
    Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve…
    Mais de galères en désillusions, elle découvre la réalité d’un monde qui n’est pas prêt à lui ouvrir ses portes.
    A force d’y croire, Lila se lance dans une carrière d’humoriste.
    Elle n’a plus qu’une idée en tête : voir son nom en haut de l’affiche, et surtout retrouver la fierté de son père.


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  • Aussi réussi que le premier! On passe un excellent moment. Restez bien jusqu'à la fin du générique.

    scénario: 17/20         acteurs: 17/20     technique: 17/20   note finale: 17/20

    stars 80, la suite

    Quatre ans maintenant que la tournée Stars 80 remplit les salles.
    Alors que les chanteurs partent pour une semaine de ski bien méritée, leurs producteurs Vincent et Antoine découvrent qu’ils ont été victimes d’une escroquerie et risquent de tout perdre.
    Seule solution pour couvrir leurs dettes : organiser LE concert du siècle en seulement 15 jours !


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  • Une histoire bizarre et très prenante. Adapté du best-seller de Delphine de Vigan, ce thriller psychologique vénéneux brouille les pistes entre réalité et fiction, dans un face-à-face choc entre Emmanuelle Seigner et Eva Green.Mêlant thriller psychologique et réflexion sur le processus créatif, Roman Polanski signe un admirable film d’ambiance maîtrisé, fidèle à son univers suggestif et équivoque. On peut cependant regretter que les actrices ne soient pas plus convaincantes.

    scénario: 17/20    acteurs: 15/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    D'après une histoire vraie

    Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller.
    Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l'accusant d'avoir livré sa famille en pâture au public.
    La romancière est en panne, tétanisée à l'idée de devoir se remettre à écrire.
    Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s'attache à Elle, se confie, s'abandonne.
    Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?


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  •  Un très beau film sur une femme qui lâche la rampe et surtout qui est au bord de la crise de nerf. Tous les seconds rôles sont intéressants et justes. Karin Viard est remarquable dans ce film qu'elle porte à bout de bras.

    scénario: 16/20   acteurs: 16/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    Jalouse

    Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d'action s'étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage... Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

    Nathalie a l'air sûre d'elle, épanouie, superbe de vitalité : Karin Viard en personne, plus lumineuse et drôle que jamais. Mais au fond, tout au fond, elle ne supporte plus grand chose et elle-même en tout premier lieu : à bien y penser, sa vie lui semble bien moins reluisante que l'image qu'elle en donne, elle doutant d'elle-même comme si son moi profond se lézardait de toutes parts… Son mari l'a plaquée et elle ne supporte pas sa nouvelle petite amie à qui il offre les voyages qu'il ne lui a pas offerts à elle (mais qu'est-ce qu'elle a de plus que moi ?). Au boulot, prof adorée par ses élèves et par ses collègues, elle prend très mal les initiatives d'une nouvelle venue un rien coquette qui a la jolie tête d'Anaïs Demoustier… Quant à sa fille, sa très jolie fille qui danse comme une déesse, elle ne peut pas s'empêcher de souligner le petit défaut qui la déstabilise, persiflant, comme pour sa meilleure amie à tout propos, s'accrochant au moindre détail pour décocher des perfidies qui l'isolent de plus en plus.


    Elle a pourtant tout pour plaire, tout pour être aimée, mais elle ne loupe pas une occasion de gâcher les élans de tendresse, d'amitié, d'amour… de tous ceux qui l'entourent. La perspective de passer la cinquantaine de plus en plus confrontée à la solitude alors que sa fille est sur le point de s'envoler, se voir sur le déclin alors que la vie est en pleine éclosion autour d'elle… tout ça la déstabilise et par réaction Nathalie s'en prend à la terre entière et à ses proches avec une belle constance, picolant plus que de raison, refusant toute ouverture, ne supportant pas le bonheur des autres « qui lui saute au visage » comme elle dit à son généraliste, mais rejetant tout autant celui qui lui est offert. « Nathalie est une intellectuelle qui évolue dans un monde qu'elle ne comprend pas et qui ne la comprend pas. Elle se sent dépassée… » dit Karin Viard. « La jalousie est une émotion complexe, tellement souterraine, qui renvoie à notre fragilité. C'est peut-être lié à l'enfance. »

    Ce pourrait être tragique, mais le film est drôle parce que Karin Viard a un abattage hors pair, qu'elle joue de toutes les nuances du personnage, du plus fin au plus caricatural, et le film est plus complexe et nourri que certains seraient tentés de le dire… Certaines situations sont extrêmes, mais elle les récupère haut la main, basculant de l'émotion au rire dans la même scène. Certes c'est une comédie, mais sous le trait parfois excessif, le film est un beau portrait de femme douloureuse aux prises avec des pulsions, une inquiétude profonde qui touche la plupart des femmes comme des hommes à un degré plus ou moins fort, de façon plus ou moins durable, à un moment de leur vie. Superbe séquence dans un cimetière où Nathalie se retrouve à causer avec la tombe de sa mère : moment d'apaisement où drôlerie et désarroi se mêlent à la tendresse. Il s'agit ici de s'aimer d'abord pour que vienne l'amour des autres et Nathalie marche doucement vers l'acceptation de soi. Non, Jalouse n'est pas un drame et Nathalie signifie « nouvelle naissance »…


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  •  Ce film est magnifique et montre bien l'absurdité des religieux extrémistes, qui ne comprennent pas l'amour paternel parce que ce n'est pas l'habitude pour un homme seul d'élever son fils dans le milieu ultraorthodoxe.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20    technique: 16/20   note finale: 17/20

    Brooklin Yiddish

    Borough Park, quartier juif ultra-orthodoxe de Brooklyn.
    Menashé, modeste employé d'une épicerie, tente de joindre les deux bouts et se bat pour la garde de son jeune fils Ruben. En effet, ayant perdu sa femme, la tradition hassidique lui interdit de l'élever seul.
    Mais le Grand Rabbin lui accorde de passer une semaine avec son fils ; l’ultime occasion pour Menashé de prouver qu’il peut être père dans le respect des règles de sa communauté.

    Voilà un très joli film, extrêmement attachant, qui réussit à nous toucher profondément tout en s'intéressant à une communauté fermée sur elle-même, presque impénétrable. Une preuve de plus que certains sujets sont universels et qu'on peut s'adresser au monde entier à partir de territoires et de personnages absolument singuliers.
    Bienvenue à Borough Park, au sud de Brooklyn, New-York city. Le quartier est en grande partie le fief des Juifs ultra-orthodoxes qui y vivent en relative autarcie. Parmi tous ces hommes en habit noir et couvre-chefs traditionnels, la caméra s'attache à celui qui sera notre « héros » : Menashe, physique rondouillard et démarche pataude. Menashe est le modeste employé d'une supérette casher, un peu maladroit et inconstant, régulièrement tancé par son sinistre patron pour ses erreurs et ses retards, assez fréquents il faut bien le dire. Menashe est veuf depuis un an, il a un fils d'une dizaine d'années, l'adorable Ruben. Mais la tradition hassidique dit qu'un veuf, surtout quand il est pauvre, doit trouver une nouvelle épouse avant de récupérer la garde de son enfant, confié en attendant à des parents proches, en l'occurrence la sœur et le beau-frère. Mais Menashe n'a pas le cœur à chercher une nouvelle compagne, et les rendez-vous galants arrangés par les marieuses tournent au fiasco absolu. Il va donc négocier avec le rabbin de sa communauté une semaine à l'essai pour avoir seul la garde de son fils et prouver qu'il est un véritable Mensch, un homme un vrai en yiddish…


    Mais les choses ne vont évidemment pas se passer comme il l'espérait : dépassé par son travail et les heures supplémentaires qu'on lui impose, il a toutes les peines du monde à respecter le rythme d'un écolier de 10 ans, par ailleurs il croule sous les dettes, le dîner qu'il s'obstine à vouloir organiser en mémoire de sa femme n'est pas une franche réussite, et il a une fâcheuse tendance à abuser de la boisson à la moindre fête pour oublier ses soucis… Tant et si bien que son fils va être tenté de retourner chez ses oncle et tante, pourtant pas marrants !
    Le film de Joshua Weinstein frappe d'abord par son authenticité. Entièrement tourné en yiddish, il décrit avec une précision documentaire les us et coutumes de cette communauté méconnue, sans tomber dans les clichés, sans en occulter les travers : la manière notamment dont sont traitées les femmes, reléguées aux tâches ménagères, interdites par exemple de conduire, mais aussi – et Menashe en est la première victime – le poids exorbitant du groupe qui contrôle absolument tout de la vie privée et familiale, qui juge et condamne.

    Mais le film nous touche surtout grâce aux personnages de Menashe et de son fils. Et pour cause : Joshua Weinstein s'était vu interdire par la communauté hassidique de tourner un documentaire sur elle, avant de rencontrer Menashe Lustig, qui lui a raconté sa propre histoire de commis d'épicerie, veuf et en proie aux problèmes de garde de son fils. Weinstein a alors décidé de tourner cette fiction avec ces acteurs non professionnels rejouant des situations directement adaptées de leur propre vie.
    Profitant de la stature chaplinesque de Menashe, figure burlesque de l'éternel maladroit qui sait aussi émouvoir par sa douleur de veuf et de père empêché, Weinstein va largement au-delà de l'aspect documentaire et nous donne un très beau film sur le deuil et sur le lien père-fils.


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  • Très réussi. J'ai beaucoup ri. Une nouvelle fois réunie sous la direction de Tarek Boudali, la bande à Fifi signe une comédie efficace. On regrette un peu l'abus sur les clichés homo. Pour cette comédie à l’humour débridé qui aborde les clichés sur la communauté gay, Boudali a fignolé une mise en scène sans temps mort qui sait mettre en avant chacun des rôles du film. Bravo! Ils ont du bien s'amuser pendant le tournage...

    scénario: 16/20      technique: 16/20     acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Epouse moi mon pote

     

    Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

     


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