• Un très beau film sur l'amour. Un amour puissant et chaud en pleine Guerre froide. Mais impossible aussi. C’est le nouveau voyage magnétique auquel invite Pawel Pawlikowski. C’est un éloge de l’épure. Une démonstration de la puissance émotive du minimalisme pour traduire la relation tempétueuse de deux amants. Les deux acteurs, Joanna Kulig et Tomasz Kot, illuminent cette œuvre fascinante.

    scénario: 18/20     technique: 18/20     acteurs: 18/20  note finale: 18/20

    Cold war

    Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible.

    Cold war, c’est l’histoire d’une impossible liberté dans un pays aimé mais progressivement gangrené par la montée du stalinisme. C’est aussi une véritable fresque amoureuse, et musicale (la musique est quasiment le troisième personnage principal du film), qui démarre à l’âge d’or du rock’n roll pour venir s’évanouir sur la grève des désillusions. Nous sommes dans les années 1950, la Pologne, en ruines, essaie de panser ses blessures et de se relever progressivement de la guerre. Zula est blonde, coquine, magnifique, et elle a un beau brin de voix. Quand Wiktor, qui dirige la meilleure école de musiques traditionnelles du pays, la recrute pour chanter dans les chœurs, il en tombe instantanément amoureux. Un amour qui ne se démentira pas durant les quinze années suivantes, mais qui restera éternellement impossible à vivre. Ils n’ont ni les mêmes ambitions, ni les mêmes codes, pas plus que la même origine socio-culturelle. Pourtant tout cela s’estompe dans leurs ébats, leur passion qui s’enflamme. Mais est-ce suffisant pour les river toute une vie l’un à l’autre ? Alors que Wiktor ne rêve que de fuir en cachette un pays qui lui interdit de jouer la musique qu’il aime (le jazz, symbole culturel de l’ennemi impérialiste américain), Zula, plus pragmatique, balance entre franchir ce pas périlleux ou rester douillettement rivée au pays, à ses racines, à ses véritables chances de réussir dans le système.


    Wiktor a pourtant tout prévu, tout organisé, tout payé pour que sa belle passe à l'Ouest avec lui. Ce jour-là, il l’attend à la gare, le cœur battant, guettant désespérément sa renversante silhouette. Ce jour-là, Zula lui pose un cuisant lapin, difficile à digérer, même s'il peut comprendre le joug de la peur qui règne sur leur pays devenu liberticide. Wiktor se retrouve donc exilé, esseulé, partant à la dérive d’une Europe suspicieuse qui subit les conséquences d’une guerre froide silencieuse mais bien réelle. On va le suivre, de Paris à Berlin en passant par quelques autres capitales, plongé dans une vie où seule compte la musique. De piano bar en salle de concert, joueur de jazz émérite, mais dans le fond si peu reconnu. Zula, de son côté, va poursuivre sa carrière au sein de la fameuse troupe Mazurek, donnant des foultitudes de concerts sous surveillance, dans son pays ou un peu partout en Europe, applaudie, célébrée mais jamais libre.
    Au fil de leurs pérégrinations, l’un et l’autre se guettent, se rencontrent, se séparent, avec toujours cette impossibilité de voir leurs errances et leurs cœurs enfin apaisés. Toute l’histoire se décline dans des noirs et blancs magistraux, des passages musicaux somptueux. Un régal pour les mélomanes et les esthètes. Un voyage à travers une époque, qui navigue d’ellipse en ellipse pour aboutir à un film envoûtant, d’une grande beauté formelle.

    Il n'est pas anecdotique de signaler que les prénoms des protagonistes sont ceux des propres parents du réalisateur et que l'épopée des Zula et Wiktor du film est proche de celle des Wiktor et Zula de la vraie vie. Et le groupe musical folklorique de la fiction est une référence à peine déguisée au chœur Mazowsze, une véritable institution en Pologne, dont les prestations étaient largement diffusées par la radio et la télévision d'état. « C’était la musique officielle du peuple. On ne pouvait pas y échapper. »


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  • Très réussi. Ce huis clos au dénouement inattendu, et dont les scènes cocasses rappellent "Le Prénom", est servi par un casting cinq étoiles. Inutile de le cacher, l’affaire tourne au jeu… de massacre sans jamais se cantonner au vaudeville. C’est, au contraire, absolument saisissant par une habileté à traiter, entre autres, de l’amour, de l’amitié, du corps, du sexe et de paternité.  Cette comédie noire où tout le monde a des cadavres dans le placard va vous donner une furieuse envie de résilier votre abonnement ! Les mystères de l'éclipse totale... Et la fin est surprenante... Je ne peux rien dire de plus.

    scénario:17/20     acteurs:17/20    technique: 17/20    note finale: 17/20

    Le jeu

     

    Le temps d’un diner, des couples d’amis décident de jouer à un « jeu » : chacun doit poser son téléphone portable au milieu de la table et chaque SMS, appel téléphonique, mail, message Facebook, etc. devra être partagé avec les autres. Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que ce « jeu » se transforme en cauchemar


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  •  Ce film est très réussi. Une passionnante et moderne radiographie des amours assassines au XVIIIème siècle. ’élégance des mots rivalise avec l’élégance des décors pour nous conter délicatement cette exquise histoire de vengeance sur fond de féminisme. Emmanuel Mouret est ici au sommet de son art, où, plus que jamais, la délicatesse des sentiments s'exprime par une symphonie de formes raffinées.Les acteurs aussi.

    scénario: 18/20   acteurs: 18/20  technique: 18/20   note finale: 18/20

    Mademoiselle de Jonquières

    Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère...

    Ils lui vont si bien, à Emmanuel Mouret, les mots de Diderot. Ils s’invitent avec une évidence déconcertante dans son univers et se glissent dans son cinéma comme s’ils avaient toujours été là, cachés dans les recoins de ses précédents films, attendant l’instant propice pour se révéler et nous sortir le grand jeu. La passion, la raison, les tourments du cœur, les têtes qu’il fait tourner, les folies qu’il provoque : la voilà la grande histoire, celle qui traverse sa filmographie et habite avec humour et fraîcheur chacun de ses personnages. Ils lui vont si bien, à Emmanuel Mouret, les mots de Diderot, et quel bonheur de voir l’intelligence avec laquelle ses comédiens les font leurs, comme une délicieuse déclaration d’amour à la majesté de la langue française, aux subtilités de sa syntaxe, à la beauté de ses sonorités.
    Mais enfin, aussi, quelle modernité ! Les mots du xviiie chantent à nos oreilles avec une incroyable justesse, révélant des personnages féminins au sommet de leur liberté, au premier rang desquels l’époustouflante Madame de la Pommeraye (Cécile de France comme on ne l’a jamais vue), féministe avant l’heure qui ne veut rien moins, par son projet de vengeance, que faire justice à toutes les femmes trahies et blessées.


    Mais avant d’être blessée au plus profond de son amour et de sa vanité, Madame de la Pommeraye est une jeune veuve retirée du monde et de ses futilités. Par choix, parce que ses réflexions sur la société des hommes l'a amenée à cette décision radicale. Seule dans sa grande demeure perdue au milieu d’un parc ciselé par un jardinier hors pair, elle profite de la compagnie du Marquis des Arcis, libre penseur, esprit vif autant qu’espiègle et bien connu pour ses nombreuses conquêtes amoureuse. On le dit séducteur effréné, il se dit cœur sincère, naturellement disposé à être séduit. Entre les deux, des heures et des heures de conversation, de ces joutes verbales de très haute voltige qui conjuguent avec délice le charme d’un bon mot, les raisonnements les plus pointus, d’espiègles et subtiles tournures qui sont comme des caresses glissées en douce sous la nappe en dentelle à l’heure du thé. Il lui fait la cour, avec une ardente patience, une douce obstination, elle résiste, longtemps, forte de ses résolutions, puis finit pas céder (comment en effet est-il possible de résister au charme et à la voix d’Edouard Baer ?). Après le temps de la raison, vient donc celui de la passion et puis les fleurs se fanent… C’est bien là l’éternel refrain, la triste destinée des fougueuses relations.
    Décidée à se venger de cette tristement banale extinction des feux, Madame de la Pommeraye va le faire avec un talent incendiaire, profitant de la mauvaise situation d’une autre veuve, Madame de Joncquières, et de la beauté irradiante et juvénile de sa fille...

    Ne craignez ni cynisme, ni machiavélisme, Diderot ne manie ni l’un ni l’autre. Il y aura certes un peu de cruauté, un soupçon de désinvolture, beaucoup de manipulations et une juste dose de mensonges… mais l’amour au final, restera toujours le moteur, bienveillant ou fourbe, de toutes ces intrigues. En tout cas, pas une seule fois vous n’allez vous ennuyer dans les dorures des salons ou les allées des parcs fleuris : vous serez emporté par ce tourbillon d’intelligence et de raffinement, stimulé par la grâce des dialogues, exalté par la démesure des sentiments et de leur expression. Les personnages féminins, portés par des comédiennes singulières, chacune avec son style, sa fougue ou sa discrétion, forment un quatuor renversant. Quant à Edouard Baer, son naturel est confondant et il parle la langue du xviiie siècle comme si c’était la sienne… mais d’ailleurs, c’est un peu la sienne.


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  • Un très beau film sur le monde impitoyable de la politique. Alexandra Lamy est fantastique.

    scénario: 16/20   technique: 16/20    acteurs: 17/20   note finale: 16/20

    Le poulain

    Arnaud Jaurès, 25 ans, novice en politique, intègre par un concours de circonstances l’équipe de campagne d’un candidat à l’élection présidentielle. Il devient l’assistant de Agnès Karadzic, directrice de la communication, une femme de pouvoir et d’expérience qui l’attire et le fascine.
    Sans l’épargner, elle l’initie aux tactiques de campagne, et à ses côtés il observe les coups de théâtre et les rivalités au sein de l’équipe, abandonnant peu à peu sa naïveté pour gravir les échelons, jusqu’à un poste très stratégique.


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  • Un très joli film sur les difficultés de la première année en médecine. La fin est un peu surprenante...  En apparence très simple, son scénario révèle un cinéma d’une immense empathie, grondant toutefois d’une colère sourde. Si la réussite de ce troisième long-métrage est solide et doit beaucoup au talent d’humaniste de son scénariste-réalisateur, elle provient aussi de l’évidente complicité de ses deux principaux comédiens. Vincent Lacoste, juste comme toujours, communique l'angoisse d’un jeune homme submergé par la terreur d’examens purement théoriques.

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20       technique: 16/20       note finale: 16/20

    Première année

    Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu'à la fête, les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain.


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  • Le premier opus était plus réussi. L'attrait de la nouveauté peut-être? Mais celui-ci  n'est pas sans intérêt et se regarde avec plaisir. Si cette suite, un peu trop caricaturale, n'est pas à la hauteur du premier opus, on se réjouit de retrouver toute la famille dix ans plus tard.  Cette suite très réussie tire vers la satire politique avec l'élection de 2017 pour référence. C'est un peu surchargé en péripéties, mais la comédie tire assez plaisamment le fil satirique du carriérisme politique. Il y a des situations cocasses et de bonnes trouvailles dans les dialogues. Et surtout, la comédie est enlevée par des acteurs réjouissants, Podalydès en tête, sans oublier les apparitions de Valérie Lemercier.

    scénario: 15/20   acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Neuilly sa mère, sa mère

    En 2008, Sami Benboudaoud découvrait l’enfer de Neuilly-sur-seine !
    Dix ans plus tard, alors que tout va pour le mieux pour Sami qui termine brillamment ses études de sciences politiques, plus rien ne va pour son cousin Charles de Chazelle. Depuis la défaite de son idole Sarkozy aux présidentielles, il a sombré dans une profonde dépression quand sa famille perd toute sa fortune et doit quitter Neuilly. Rejetés de tous, les Chazelle trouvent refuge chez Sami, cité Picasso, à Nanterre !
    Dès lors, pour Sami et les habitants de sa cité, la vie ne sera plus jamais un long fleuve tranquille.

    Parfois, histoire de reposer notre cerveau trop sollicité par des films d’auteur complexes, nous nous rendons dans des conventions de gros distributeurs plus destinées aux programmateurs d’usines à pop corn qu’à ceux de vos salles chéries et singulières. Et parfois, entre un film d’action et une comédie familiale aux gags éculés, paf ! Une pépite nous explose aux mirettes et réveille nos synapses endormis alors qu’on ne s’y attendait plus. Derrière une comédie populaire a priori calibrée pour le succès peut se cacher un film d’une intelligence et d’une causticité politiques rarement vues dans les films d’auteurs auxquels nous sommes habitués. Alors tentez de vous rappeler : il y a dix ans Neuilly sa mère ! narrait les malheurs du jeune Sami Bendouaoud, arraché à sa banlieue provinciale pour vivre avec sa tante Djamila à… Neuilly ! Neuilly et son taux de logement social quasi nul et son ancien maire devenu hyper-président de la République. Sami devait se coltiner son cousin Charles de Chazelle, bourré de préjugés racistes et sociaux, qui ne jurait que par Saint Nicolas et espérait lui même une carrière à son image…

    Dix ans ont passé, Nicolas a été délaissé par les Français et Charles a fait une dépression. Mais pire, son père (le toujours excellent Denis Podalydès) a été frappé par les déboires : son entreprise agroalimentaire est accusée de maltraitance animale grave, il est soupçonné d’avoir planqué des liasses dans un paradis fiscal et se retrouve poursuivi par une terrible juge rouge (incarnée par Charline Vanœnacker, belge humoriste pourfendeuse de pontifiants croutons sur France Inter). Toute la famille, horreur, est obligée de se réfugier chez le cousin à Nanterre : Sami donc, devenu brillant étudiant en sciences politiques alors que Charles, hirsute et déphasé, végète. Jusqu’au jour où l’ex-fan de Sarkozy a la révélation : il doit se lancer à la conquête politique de Nanterre ! Mais pour quel parti, vu l’horizon électoral bouché ? Comment plaire à toutes les communautés de Nanterre qui font la diversité de la ville ?

    À partir du récit drolatique de la renaissance de Charles de Chazelle et des déboires de sa famille, Neuilly sa mère, sa mère ! est une satire – digne de la comédie italienne des années 60 – du monde politique et de l’absurdité du jeu électoral dans une ville de banlieue. Tout y est passé à la mitraillette : la démagogie clientéliste vis à vis des communautés, le double discours de l’extrême droite, le mépris social des macronistes et leur novlangue débile, l’impasse totale des partis traditionnels. Le plus savoureux étant la galerie de personnages dont certains jouent des rôles proches de ce qu’ils sont : Arnaud Montebourg en prof frimeur de sciences politiques qui a monté une start-up de miel bio, Eric Dupont-Moretti en star du barreau avide d’honoraires, Julien Dray en socialiste en disgrâce, paumé dans sa petite section misérable de Nanterre… Tout est désopilant pour qui s’intéresse un minimum à la politique. Le film devrait d’ailleurs être prescrit d’office par les enseignants à tous les lycéens pour nourrir une discussion.

     


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  • Ce film est d'une beauté à couper le souffle. Les acteurs sont au service d'un scénario sans faiblesse. La réalisation d'un classicisme exacerbé est de toute beauté.

    scénario: 18/20     technique: 18/20   acteurs: 16/20  note finale: 17/20

    Mary Shelley

    En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation passionnée et scandaleuse avec le poète Percy Shelley et s’enfuit avec lui. Elle a 16 ans. Condamné par les bienpensants, leur amour tumultueux se nourrit de leurs idées progressistes. En 1816, le couple est invité à passer l’été à Genève, au bord du lac Léman, dans la demeure de Lord Byron. Lors d’une nuit d’orage, à la faveur d’un pari, Mary a l’idée du personnage de Frankenstein. Dans une société qui ne laissait aucune place aux femmes de lettres, Mary Shelley, 18 ans à peine, allait révolutionner la littérature et marquer la culture populaire à tout jamais.

    Il faut bien reconnaître que les films biographiques sur des artistes ne sont pas toujours des réussites exaltantes. Euphémisme. On préfère ne pas entamer la longue litanie des écrivains, peintres, musiciens, cinéastes, dont la vie et l’œuvre ont été rendues insipides par de mauvais cinéastes démonstratifs. Alors quand on a appris qu’on nous proposait un biopic sur Mary Shelley, la géniale auteure de Frankenstein (écrit à l’âge de 18 ans !), jeune prodige qui s’est imposé dans le monde littéraire du xixe siècle – où les femmes étaient condamnées à la poésie ampoulée ou à la littérature romanesque forcément courtoise –, on a été pris d’une certaine crainte. D’autant qu’un film certes oublié de beaucoup mais inoubliable pour certains, le Gothic du génie érotomane et cinglé Ken Russell, avait déjà raconté cette nuit d’orage et de débauche qui vit germer dans le jeune esprit de Mary la folie de Frankenstein. Et puis le nom de la réalisatrice Haifaa al-Mansour nous a mis la puce à l’oreille. Un nom pas franchement britannique puisque venu d’Arabie Saoudite, cette jeune femme n’étant autre que la brillante réalisatrice (la première dans son pays) du très chouette Wadjda, film qui racontait la lutte d’une adolescente saoudienne pour conquérir le droit de faire du vélo. Peu de rapport me direz vous entre l’univers de la réalisatrice et la culture historique et littéraire de l’Angleterre georgienne (du nom des rois Georges qui se sont succédés sur le trône)… C’est bien ce que s’est dit au départ Haifaa al-Mansour, sollicitée par des producteurs britanniques, mais finalement elle a su voir une communauté de destin entre les artistes saoudiennes contemporaines, obligées comme elle de se battre pour trouver leur place en tant que femmes, et une Mary Shelley, fille d’écrivains qui n’avaient jamais rencontré le succès, qui décida de s’imposer par ses écrits.


    Mais avec son regard de femme, Haifaa al-Mansour raconte aussi, au-delà de la genèse de Frankenstein, le douloureux éveil à l’amour de la jeune écrivaine. En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin, 16 ans, rencontre le fascinant poète Percy Shelley, apprenti chez son père écrivain devenu libraire. C’est le coup de foudre immédiat et contrairement à toute convenance, Mary s’enfuit avec le jeune homme dont elle découvre qu’il est toujours marié et père d’une jeune enfant. Mais qu’à cela ne tienne, même ce vilain secret révélé ne la décourage pas. C’est le scandale absolu, le désaveu total par son père pourtant aimant. Après la période d’euphorie d’une existence bohème mais confortable, c’est l’heure des désillusions, la misère après la vie dispendieuse. Puis Mary se rend compte que son prince charmant peut être un redoutable pervers narcissique, notamment aux côtés de son âme damnée Lord Byron chez qui ils se réfugient non loin de Genève, justement là où germa Frankestein.
    Le film, classique, extrêmement bien mené et mis en scène avec classe, ne serait pas aussi fort sans l’interprétation remarquable d’Elle Fanning – que les hasards de la programmation nous font découvrir au même moment sous les traits d’une extraterrestre délurée dans le jubilatoire How to talk to girls at parties. Au début du film, Mary a 16 ans, elle est confite d’innocence romantique funèbre, à la fin elle a une vingtaine d’années, elle est marquée par la gravité du destin et l’âpreté du combat mené pour s’imposer. Elle Fanning (19 ans au moment du tournage) décline merveilleusement toutes les facettes du personnage, du bonheur au drame. Mary Shelley confirme ainsi en beauté le talent multiforme d’une jeune actrice en même temps que le brio d’une réalisatrice capable d’investir des univers très différents.


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  • Un film bien meilleur que ce que laissait présager la bande annonce qui ne lui rend vraiment pas hommage. Un film plein de surprises et plus profond qu'il n'y paraît. Les acteurs sont formidables et le scénario est plein de poésie et de fantaisie. Voici un road trip aux allures de vendetta amoureuse et sociale. Trois vieilles canailles du cinéma français s'en donnent à coeur joie.

    scénario: 17/20        technique: 17/20      acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Les vieux fourneaux

    Pierrot, Mimile et Antoine, trois amis d’enfance de 70 balais, ont bien compris que vieillir était le seul moyen connu de ne pas mourir et ils sont bien déterminés à le faire avec style ! Leurs retrouvailles à l’occasion des obsèques de Lucette, la femme d’Antoine, sont de courte durée … Antoine tombe par hasard sur une lettre qui lui fait perdre la tête. Sans fournir aucune explication à ses amis, il part sur les chapeaux de roue depuis leur Tarn natal vers la Toscane. Pierrot, Mimile et Sophie, la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… 50 ans plus tard !

    Si c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, ce n’est assurément pas dans les vieux fourneaux qu’on fait toujours les meilleurs gâteaux. C’est pareil pour les hommes. Même avec une santé de fer, la rouille leur joue des tours, les horloges biologiques progressivement se mettent en berne. Avec le temps, Pierrot, Mimile et Antoine sont bel et bien devenus presbytes comme si être de véritables casse-couilles durant une vie entière ne leur avait pas suffi ! Persifler, se moquer, s’engueuler, se mettre minables… des signes qui ne trompent pas, ceux d’une longue amitié qui a pris trop de bouteille pour qu’on ait envie de la dater. En tout cas ils se sont connus en culotte courte sur les bancs de l’école d’un bled paumé où les ragots poussaient déjà plus dru que le chiendent. Puis, le temps aidant, ils se sont un peu perdus de vue… ça fait du bien parfois.


    Mais par un de ces mauvais jours tels que le destin sait les pondre, Lucette, la femme d’Antoine, passe l’arme à gauche. Mimile, pépère dans sa maison de retraite, n’a pas l’intention d’en bouger pour les funérailles. Les crémations, c’est pas sa tasse de thé, alors déjà qu’il ne coupera pas à la sienne, aller à celle des autres, c’est trop ! Des arguments que son couillon de poteau Pierrot (l’inénarrable Pierre Richard en grande forme) n’entend pas de cette oreille… C’est pas qu’il soit sourd, mais il est plus tenace qu’un roquet quand il a une idée en tête, il s’accroche à vos basques et ne lâche jamais. Mimile abdique donc, voyant bien qu’il n’aura pas le dessus… À croire que les luttes, le syndicalisme, ça entretient ! Pierrot vient donc le chercher à toute berzingue et l’engouffre dans sa tire hors d’âge. Là il n’y a plus qu’à rester accroché, en maugréant. Non seulement Pierrot est bigleux comme pas deux, mais il adore la vitesse ! Un vrai danger public ! Voilà nos deux papis en goguette qui roulent à tombeau ouvert pour aller assister à l’enterrement de Lucette. Heureusement, ceux qu’ils croisent ont de bons réflexes !
    La cérémonie bat son plein… Malgré le chagrin, c’est l’occasion de reformer la bande de jadis… On s’enfile des coups à boire, des charcutailles en s’asseyant un peu sur les conseils des médecins : ça fait du bien ! Chacun se sent reverdir. Décidément ils n’aiment pas vieillir, mais si c’est la seule façon de rester en vie… Ils évoquent les frasques du bon vieux temps, bien conscients que parfois il vaut mieux mettre le passé en veilleuse et laisser leur part d’ombre aux secrets : « l’amitié, c’est comme le pinard : si tu veux que ça se garde, il ne faut pas de lumière et garder à la bonne température »… Et puis on a « autre chose à foutre que de se souvenir ! » Pourtant on y vient quand même au passé. La proximité de leur village d’enfance, la ferme de Berthe à deux pas… Et quand on apprend que la quiche est faite avec les œufs de ses poules, alors là on boycotte et on engueule la cuisinière, enceinte jusqu’aux yeux, qui n’y comprend goutte ! Ils continueraient longtemps à déblatérer sur le compte des autres, explosant d’un rire un peu honteux dès qu’on évoque les mauvaises blagues faites à Berthe (qui avait peint ses vaches, déjà ?), mais une lettre va mettre le feu aux poudres et déclencher une cascade d’événements drôlatiques. Antoine s’enfuit pour aller commettre le pire, Mimile et Pierrot partent à ses trousses…

    Le film à partir de là prend des allures de road movie complètement barré et on se fend littéralement la poire !


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  • J'ai beaucoup aimé ce film sur une mère qui fait tout pour protéger son fils. Le scénario est plein de trouvailles. Audrey Lamy révèle une fois de plus toute l'étendue de son talent.

    scénario: 17/20       technique: 17/20   acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Ma reum

     

    Tout va pour le mieux dans la vie sans histoires de Fanny... jusqu'au jour où elle découvre que son fils chéri, Arthur, 9 ans, est le bouc émissaire de trois garçons de son école. Fanny ne laissera pas seul son fils face à ses petits bourreaux : elle va rendre à ces sales gosses la monnaie de leur pièce. Coups fourrés et pièges de cours de récré, désormais ce sera "oeil pour oeil et dent pour dent".


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  • Un très beau film tout en nuances mais il y a vraiment des scènes de sexe explicites et il devrait être interdit au moins de 12 ans. Intéressant. Un film magnifique et profond sur le prix de la liberté à travers une histoire d'amour poignante. "Désobéissance" traite, sans jamais tomber dans le pathos ni le voyeurisme, du deuil, de la dévotion à la religion, de la transgression et de l’homosexualité. Le trio d’acteurs explose par la puissance de son jeu et l’émotion gagne le spectateur, jusqu’à un épilogue libérateur.

    scénario: 16/20         acteurs: 16/20      technique: 16/20   note finale: 16/20

    Désobéissance

    Une jeune femme juive-orthodoxe, retourne chez elle après la mort de son père. Mais sa réapparition provoque quelques tensions au sein de la communauté lorsqu'elle avoue à sa meilleure amie les sentiments qu'elle éprouve à son égard...

    Tout comme Gloria et Une femme fantastique, les deux films précédents et de belle mémoire de Sebastián Lelio, Désobéissance reflète une humanité complexe, riche de ses contradictions, assoiffée de libre arbitre donc de transgression. Aucun personnage n’est laissé à l’abandon. L’œil de la caméra les débusque, attentive, au plus profond de leurs retranchements secrets. Il sait décrypter l’empathie sous un regard colérique, les plus infimes fêlures sous un sourire radieux, la fragilité qui fissure une chape d’assurance. Il dévide chaque histoire intime jusqu’à illustrer un propos universel, qui les dépasse toutes et nous touche en plein cœur.
    Ce jour-là, les derniers mots du rabbin Krushka résonnent au fond de la petite synagogue londonienne de façon surprenante. Loin des discours en usage dans cette communauté juive sévèrement orthodoxe, ils sont un appel au respect de la liberté de choix de chacun. Ils nous poursuivront tout au long du récit, pour prendre toute leur ampleur lors d’un épilogue qui les transformera en véritable testament, un appel à la vie.
    De l’autre côté de l'océan, à Manhattan, un coup de téléphone sonne le glas d’une possible réparation, d'une éventuelle paix intérieure dans la vie de Ronit. La photographe reconnue qu'elle est perd soudain toute son assurance. La voilà submergée par une étrange agitation intérieure. Sans qu’une parole soit prononcée, on perçoit sa peur du vide, une solitude trop grande pour être noyée dans un verre d’alcool ou dans les bras d’un amant de passage. On comprendra bientôt que le rabbin Krushka était son père et que les deux ne se sont pas séparés dans les meilleurs termes. Est-on un jour finalement libéré de sa famille, de ses racines, de tous ces mots d’amour qu’on a fait taire au profit de la colère ?

    Lorsqu’elle débarque sans prévenir dans la communauté endeuillée, Ronit n'est guère mieux reçue qu’une brebis porteuse de la gale. Seul Dovid l’accueille les bras ouverts, enfin presque, puisqu’il lui est interdit ne serait-ce que de frôler le corps d’une autre femme que la sienne. Si les gestes ne sont pas là, les regards échangés en disent long sur leur amitié passée. C'est le seul appui de la revenante face à l’hostilité ambiante : si tous restent polis, les langues se délient, venimeuses, malgré les inévitables formules de politesse. « Que ta vie soi longue ! » lui dit-on, alors que les esprits semblent vouloir la réduire au néant où elle avait sombré après tant d’années d’absence. D’ailleurs, ni le faire part de décès ni le testament du paternel ne la mentionnent, comme si elle n’existait plus ou, pire, comme si elle n’avait jamais existé. On mesure un peu plus à chaque instant à quel point Ronit, reniée par l’ensemble de son ancien entourage, a perdu son statut de fille légitime tandis que tous considèrent Dovid comme le fils spirituel du Rabbin Krushka, l’héritier de ses enseignements, leur futur rav…
    Alors que si peu osent regarder Ronit en face, il y en a une qui l’observe souriante, réservée, anxieuse sous sa perruque qui conserve méticuleusement cachés ses cheveux et ses pensées. Esti… Voilà le trio inséparable de jadis, Dovid, Ronit et Esti, à nouveau réuni dans la même pièce. Entre temps Esti est devenue la femme de Dovid. Les murs semblent les épier comme à l’affut des signes précurseurs d’une violente tempête.

    Si les liens qui unissent ces trois-là restent tout d’abord mystérieux, on découvrira que les deux filles sont celles par lesquelles le scandale est arrivé. Un scandale impossible à pardonner, malgré les années d’absence, malgré la docilité ostentatoire d’Esti, devenue un parangon de vertu, un exemple pour toute une société rigide et ultraconservatrice qui n’admet pas qu’on sorte de ses rangs. Mais entre Ronit et Esti, l'amour est toujours là, synonyme de désobéissance…


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  •  J'ai adoré. le scénario est très original et les dialogues sont bourrés d'humour à tous les degrés. les acteurs sont fantastiques. On rit de bon coeur. Cette comédie est très réussie.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    Christ(off)

    Le Père Marc souhaite récolter des fonds pour construire un hôpital pour enfants en Haïti. Avec son groupe de musique chrétienne, il organise une tournée dans toute la France. A 33 ans, Christophe vit encore chez sa mère. Chanteur raté mais guitariste de talent, il croise le chemin du Père Marc qui le recrute. Condition sine qua non : Chris doit se faire passer pour un membre du clergé ! Planqué sous une soutane, au sein de son groupe d’Apôtres un long chemin de croix commence alors pour Christ(Off)…


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  • Encore un excellent film qui sort cette semaine. J'ai adoré les précédents films de cette réalisatrice, et celui-là est à la hauteur des précédents. Un film étonnant, très réussi, porté par l’interprétation de Golshifteh Farahani (Mona) et surtout par celle de la comédienne israélienne Neta Riskin, remarquable de retenue dans le rôle de Naomi.On passe d'une surprise à l'autre et la fin est ...

    scénario: 18/20           acteurs: 18/20           technique: 18/20       note finale: 18/20

    Le dossier Mona Lina

    Mona, libanaise, est soupçonnée par le Hezbollah d’être une informatrice des services secrets israéliens. Craignant qu’elle soit démasquée, le Mossad l’exfiltre vers l’Allemagne et lui fait changer de visage. Pendant deux semaines, le temps de se remettre de son opération, ils la cachent dans un appartement à Hambourg. Naomi, agent du Mossad, est chargée de lui tenir compagnie et de la protéger. Mais le Hezbollah est à la poursuite de Mona et la planque ne s’avère pas aussi sûre que prévu...

    Du réalisateur Eran Riklis, on retient avant tout Les Citronniers, très beau film dans lequel Hiam Abbas excellait particulièrement. Mais on garde également en tête La Fiancée syrienne ou encore Mon fils… Le point commun qui relie toutes ces œuvres est le soin particulier que le réalisateur prend à dépeindre ses héroïnes, à se placer depuis leur point de vue, leur univers intime. Il leur donne ainsi un espace essentiel qui lui permet de brosser de beaux portraits de femmes, dans toute leur ampleur et leurs contradictions. Le Dossier Mona Lina est une plongée toute féminine dans les secrets dessous des services secrets israéliens, un thriller qui se déroule presque à huis-clos.

    Naomi (Neta Riskin) est un agent du Mossad qui, au tout début de l’histoire, n’aspire qu’à une chose : tourner la page sur ses années de bons et loyaux services. Rester pénarde dans son foyer, se permettre enfin une routine douillette qu’elle a depuis trop longtemps mise de côté. Regarder son ventre se tendre quand l’insémination artificielle dont elle rêve aura eu lieu (son mari, le père de l'enfant espéré, est mort en mission), devenir benoîtement une mère sans plus redouter d’être la cible d’un ennemi invisible. Mais ses supérieurs hiérarchiques voient la chose tout autrement… Une dernière petite mission pour la route ? Mais sera-ce vraiment la dernière ? De toutes façon, ils ne lui laissent guère le choix… Il y a des personnes et des organisations dans ce monde auxquelles on ne peut rien refuser. Voilà Naomi embarquée dans une affaire qu’on lui promet basique, rapide, sans embûche (on redoute d’emblée le piège). Il lui faut juste passer quelques jours en lieu sûr en Allemagne à jouer la dame de compagnie d’une Libanaise exfiltrée, soupçonnée d’avoir trahi le Hezbollah, avant qu’on ne relâche la transfuge dans la nature sous une nouvelle identité, méconnaissable (merci à la chirurgie esthétique !). Rien que du banal, presque des vacances ! Ses collègues sont tellement certains de leur fait que Naomi n’a droit qu’à de vagues consignes, sans la moindre arme pour se protéger.
    Lorsqu’elle arrive dans ladite planque, à Hambourg, elle y découvre une femme aux abois, désabusée, déprimée, aussi peu rassurée qu’une brebis qui aurait confié sa vie au grand méchant loup. Malgré ses bandages, elle est belle Mona (Golshifteh Farahani, alors forcément !), même si elle ne se reconnait pas dans les traits lisses de son nouveau visage. Une relation bancale se tisse progressivement entre la protégée et sa protectrice qui reste malgré tout une forme de geôlière. Chacune à la fois attirée mais défiante de l’autre, chacune habituée depuis trop longtemps à mener double jeu. Mais elles n’ont personne d’autre à qui se confier, sur qui se reposer, personne auprès de qui elles peuvent glaner les informations qui manquent pour comprendre à quelle sauce on essaie de les croquer. Car on se doute que les enjeux véritables dépassent leurs petites personnes, se situant bien au-delà de leur portée, dans des strates qu’elles n’imaginent pas. Les dés sont forcément pipés et elles n’en maîtrisent pas les retombées. La tension monte, les deux femmes ne sont que des pantins dérisoires entre les mains de ceux qui tirent les ficelles. L’ambiance se fait toujours plus inquiétante. On reste, comme elles, l’oreille aux aguets, à l’affût de la moindre anomalie.

    Chaque jour à la même heure, Naomi descend faire les courses, laissant Mona seule dans l’appartement. Chaque jour le vendeur du kiosque à journaux semble l’observer d'un drôle d’air. On ne sait si ceux qu’on croise sont de simples passants, des agents amis, ou de potentiels ennemis… Et pire que tout, on ne parvient pas à deviner si les instants de complicité entre les deux femmes sont feints ou bien réels, si l’une ne deviendra pas rapidement la proie de l’autre...


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  • Excellent!! C'est rare les films islandais  et celui-là est d'une grande qualité! Le scénario est original, les acteurs sont géniaux et les dialogues pas creux. On va de surprise en surprise.  Les paysages islandais d'une beauté à couper le souffle sont un personnage. J'ai adoré ce film vraiment politique.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Woman at war

    Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

    C'est le grand souffle d'air frais de notre été, un film épatant, vivifiant, impertinent qui nous transporte dans des paysages grandioses (bon sang que l'Islande est belle !), aux basques de personnages formidablement attachants, au fil d'un récit aussi malicieux que jubilatoire, qui nous entretient sans jamais se prendre au sérieux de la nécessité de la résistance subversive et du plaisir fou qu'on prend à la pratiquer. Effet euphorisant garanti !

    Halla est grande. Elle est cette belle cinquantenaire en pleine forme qui tend la corde de son arc pour s'attaquer aux lignes électriques, petite silhouette endiablée perdue au milieu de la toundra, dans un paysage de rêve battu par les vents. Traits concentrés, regard d’acier, sourire en coin, elle a la carrure d’une amazone (mais pas touche à ses seins !). Malgré son barda de campeuse contemporaine, elle a la grâce d’une déesse chasseresse, une Artemis des temps modernes. Pourtant rien de sa carapace guerrière ne parvient à camoufler son côté burlesque, généreux, amoureux de la vie. Son pendant masculin serait un hybride de Don Quichotte et du petit David défiant Goliath.
    Mais dans la vie d’Halla, point de géant, ni de moulins à l’horizon, son ennemi c’est la finance et dans son cas ce n’est pas une promesse électorale, d'ailleurs elle ne s’en vante pas : elle serait la dernière à le dire de manière aussi grandiloquente, alors qu’elle est la première à passer à l’action. Quand l’industrie de l’aluminium contamine son pays, souille sa nature virginale, Halla s’en va saborder les pylônes électriques qui alimentent ses usines. Peu importe que son combat soit celui du pot de terre contre le pot de métal. De petits en grands sabotages, la voilà devenue, pour l’opinion publique, l’insaisissable et énigmatique « Femme des montagnes ». Celle qui galope à travers les champs de lave, solitaire au geste sûr, pour échapper aux autorités qui déploient leurs forces armées surdimensionnés. Au grand dam du gouvernement islandais et de la multinationale qui cherche à s’implanter, elle représente le minuscule grain de sable agaçant qui grippe à lui seul le rouleau compresseur du progrès aveugle, qui le ridiculise. C’est tout aussi palpitant que réjouissant de la suivre dans ses cavales à travers monts et rivières d’opales, poursuivie par des hordes d’hommes armés jusqu’aux dents. On se pique au jeu, on frémit, on a peur et pourtant on se marre avec elle. Car jamais elle ne se départit de son humour ravageur.

    Et quand enfin sa mission est accomplie, on jubile de la voir enfin se fondre anonymement dans la masse, sereine après avoir échappé à ses poursuivants déchaînés. Qui penserait que cette chef de chorale si tranquille, cette yogi bienheureuse, est recherchée par toute la police de son pays ? Elle se reposerait d’ailleurs volontiers dans ses pénates, telle une célibataire endurcie caressant le secret désir de pouponner un enfant né d'une autre, goûtant les joies simples de l’existence, comme le font ses amis et sa sœur jumelle, auxquels elle cache sa double vie. Son seul « complice » est un chanteur de la chorale, haut fonctionnaire idéaliste mais de plus en plus inquiet de la tournure des événements, qui essaie de la dissuader de continuer. En vain, fort heureusement !

    Non seulement l’histoire est exaltante, mais le récit est brillant, émaillé de surprises, comme ces deux trios, l'un de musiciens de jazz, l'autre de chanteuses folkloriques, qui surgissent dans les moments et les lieux les plus incongrus, faisant écho aux états d’âme d’Halla, tels des Jiminy Cricket de sa conscience. Il y a ces personnages croisés au hasard de ses virées activistes : le cyclotouriste qui fait un coupable idéal à répétition pour une police qui ne fait pas dans le détail, le solide fermier barbu qui se déclare son « cousin présumé » et qui lui donnera un fier coup de main dans les situations les plus périlleuses… Il y a aussi ces moments de pure grâce où l’univers entier semble flotter avec notre héroïne dans la matrice accueillante d’une grotte aux eaux chaudes. Il y a, bien sûr, ces images sublimes, l’œil de la caméra qui voyage constamment dans les paysages de l’infiniment grand à l’infiniment petit, nous faisant prendre d’infimes morceaux de lichen pour d’exotiques plantes exubérantes.
    Cette fable révolutionnaire magique a tôt fait de devenir une ode aux héros ordinaires de toutes les époques et surtout de la nôtre. Mais peut-être les plus admirables dans l’histoire sont-ils les producteurs : « C’est vraiment très courageux pour une société d'assurance de soutenir un film sur le sabotage… », dit le réalisateur. Quand je vous dis qu’il est malicieux !

     


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  • Bien sûr, ce n'est pas un film pour réfléchir ou pour apprendre quelque chose, mais on rit de bon coeur même si le scénario aurait certainement mérité d'être plus travaillé. Le plus surprenant, c'est que ce film a été en partie financé par la Hongrie alors qu'il donne un bien piètre image du pays...

    scénario: 15/20                technique: 16/20       acteurs: 16/20            note finale: 16/20

    Budapest

    Vincent et Arnaud, deux amis qui s’ennuient dans leur travail, décident de tout plaquer pour créer « Crazy Trips » : une agence qui organise des enterrements de vie de garçon à Budapest. Sur place, ils sont guidés par Georgio, un expatrié français qui leur dévoile tous les secrets de la ville…
    Les activités insolites proposées par Crazy Trips (balade en tank, soirée déjantée, stripteaseuses, stand de tir…) attirent rapidement la clientèle. Mais la situation dégénère et les deux amis perdent vite le contrôle…


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  • Le meilleur de la série!!! Plein de surprises et de rebondissements; Très réussi.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20       technique: 18/20     note finale: 18/20

    Ocean's 8

    Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C'est le temps qu'il aura fallu à Debbie Ocean pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle sait désormais ce qu'il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son "associée" Lou Miller. Ensemble, elles engagent une petite bande d'expertes : Amita, la bijoutière, Constance, l'arnaqueuse, Tammy, la receleuse, Nine Ball, la hackeuse et Rose, la styliste de mode. Le butin convoité est une rivière de diamants d'une valeur de 150 millions de dollars. Le somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger qui devrait être l'objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l'événement de l'année. C'est donc un plan en béton armé. À condition que tout s'enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être inquiétées…


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  •  Voici un très beau film, plein de tendresse et de douceur, un premier film délicat, poétique et sensuel, sur l'amour et la résilience. Le réalisateur évite avec talent les scènes à faire, les clichés. Même la musique de piano de Dominique Charpentier est dans une tonalité parfaite. C'est doux, émouvant, bref, une jolie réussite.

    scénario: 17/20           acteurs: 17/20   technique: 17/20    note finale: 17/20

    The Cakemaker

    Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour affaires. Quand Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas se plonge dans la vie d'Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Il commence alors à travailler pour elle. 

    Craquant au dessus, mœlleux à l’intérieur, fondant dans la bouche… Ce premier film est un mets de choix, aux saveurs multiples. On en ressort à la fois nourri et affamé. Nourri par une histoire riche et subtile, transgressive… Affamé parce qu’après avoir vu défiler sous nos yeux tant de gâteaux somptueux (forêts noires, biscuits à la cannelle, brioches au chocolat…) on est prêt à foncer dans la meilleure pâtisserie qu’on connait, en suppliant les dieux qu’elle soit ouverte ! Effet pavlovien garanti, même si on préfère le salé !

    Oren est israélien et vit à Jérusalem, Thomas est allemand et vit à Berlin. Le premier est homme d'affaires dans le bâtiment, le second est artisan pâtissier. Pas vraiment de raison qu'ils se rencontrent… Sauf qu'Oren vient régulièrement dans la capitale allemande pour son boulot et qu'il est gourmand comme un chat : si bien que la modeste pâtisserie de Thomas devient vite un lieu de pèlerinage incontournable. Quand, un jour, dans un souffle troublé, il l’avoue au pâtissier en passant commande, c’est une toute autre relation qui se noue entre les deux hommes. Des regards appuyés s'échangent, les sourires timides de l’un répondent aux sourires ravageurs de l’autre… et les voilà engagés dans une histoire torride mais néanmoins tendre, sans lendemains mais toujours renouvelée au gré des déplacements d’Oren. Parfois ce dernier évoque sa vie en Israël, son fils, sa relation avec son épouse, à laquelle il n’oublie jamais de ramener une boîte des sablés qu’elle affectionne tant, sans se douter qu’ils sont fabriqués par l’amant de son mari… Thomas se contente de n’être qu’une parenthèse invisible dans la vie bien rangée de son compagnon intermittent.
    Mais un jour Oren devient injoignable. Thomas discrètement appelle, puis insiste, redoutant de se renseigner par des voies plus officielles au risque d’éveiller les soupçons. Il finira par apprendre l’accident… Ce qui devrait être la fin d’une histoire va en être le commencement véritable.
    Thomas n’est pas tout à fait le gars ordinaire qu'il paraît : au lieu de ressasser son chagrin, écoutant plus son intuition que sa raison, il débarque dans la ville sainte où vit la désormais veuve d’Oren. Dans les rues, il la guette, finit par découvrir qu’Anat, c’est son prénom, a ouvert un humble salon de thé. Il en pousse la porte. Commande une pâtisserie, sympathise… Quelques jours plus tard, il propose à Anat ses services… Comme balayeur, plongeur, garçon à tout faire… Un goy, « un non juif » ne peut aspirer à rien d’autre dans ce quartier religieux. Impossible d’échapper à la vigilance des contrôleurs qui attribuent l’indispensable label kasher. Mais de toute façon Anat ne sait rien de cet inconnu et n’a aucune idée de ses compétences gastronomiques. Entre deux coups de balai zélés, Thomas observe Anat, ses mains qui se plongent sensuellement dans la farine, ses coups de fatigue, cette tristesse soudaine qui submerge ses sourires fragiles. Elle l’émeut. Peut-être celui qui n’a pas la légitimité de pleurer sur le corps du disparu vit-il par procuration le deuil de la compagne officielle ? Peut-être cheminer à ses côtés est-il une manière de prolonger un temps sa relation avec l’homme qu’il a aimé plus qu’on ne l’aurait pensé. Toujours est-il que cet amour mutuel et indicible pour Thomas réunit progressivement et de façon secrète ces deux êtres un brin brisés qui avancent encore titubants sous le choc de la perte mais qui se renforcent mutuellement. Un duo d’âmes partant à la conquête d’un peu de réconfort et de tendresse, à moins que ce soit un trio, tant l’absent reste présent.

    Un film qui fera frissonner cinéphiles et gourmets de bonheur, une surprise simple, généreuse, comme le fut Le Festin de Babette il y a quelques années…


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  •  Un face-à-face magnifique entre Lambert Wilson et Diane Rouxel, une jeune comédienne à ne pas perdre de vue. Volontaire est le récit d’un épanouissement, que la mise en scène d’Hélène Fillières rend ardu et complexe : reflet parfait du monde d’aujourd’hui. Un film joliment et fermement féministe. La fin est inattendue. Des acteurs au sommet de leur art.

    scénario: 17/20     technique: 17/20    acteurs: 18/20     note finale: 17/20

    Volontaire

    Laure a 23 ans. Elle se cherche. C’est dans la Marine Nationale qu’elle va trouver un cadre, une structure, des repères. Solide et persévérante, elle va faire son apprentissage et découvrir sa voie.

    Rien ne prédisposait la jeune et jolie Laure à intégrer la Marine Nationale française. Ni son pedigree : fille d’une célèbre comédienne de théâtre que l’on imagine plutôt engagée à gauche et allergique à tout ce qui porte uniforme (Josiane Balasko, impeccable). Ni son gabarit : petite taille, gracile comme un moineau, des allures de fillette perdue. Rien autour d’elle ne semble non plus l’orienter vers ce choix : pas de fiancé engagé, pas de grand-père mort au combat, pas de fascination particulière pour l’ordre, la discipline, les armes. Mais chacun a ses raisons et Laura gardera les siennes, ne cherchant pas à se justifier, affirmant avec force son choix que rien ne semble pouvoir ébranler.
    La voici donc engagée sur une base militaire face à l’océan où son parcours brillant et ses diplômes de lettres et de langues lui ouvrent les portes des bureaux de la direction de l’école. Tout en réalisant son apprentissage, elle devient l’assistante du commandant Rivière, numéro deux de la base. Secrétaire, gratte-papier, elle est celle qui doit rédiger des mémos « nets et précis » en 3 ou 4 pages selon la demande, ni une ligne de plus, ni une de moins. Car le redouté commandant a tout du militaire psychorigide droit dans ses bottes, il n’aime ni les bavardages inutiles, ni les à peu près et surtout pas quand ça déborde. Assis l’un en face de l’autre, chacun derrière son bureau, séparés par une baie vitrée, on pourrait se croire dans un aquarium : là où deux espèces que tout sépare se toisent et s’observent, se tournent autour, chacun sur ses gardes, prêt à montrer les dents.

    Laure s’acclimate facilement à cet univers d’ordre, de discipline et de règles ultra codifiées et hiérarchisées, elle va très vite piger le fonctionnement de l’institution, son langage, ses abréviations, ses non-dits. Très vite aussi, elle éprouve une fascination pour le commandant Rivière… Quel homme se cache derrière l’uniforme impeccable ? Quelles tempêtes, quels sentiments sont enfouis sous son crâne impeccablement brossé ? Quelle est sa vie ? Qui est-il vraiment ?
    Rivière de son côté, surnommé « le Moine » tant son abnégation pour la Marine est totale, ne parvient pas à percer les motivations de la jeune fille et semble lui aussi comme aimanté par sa singulière détermination, ses airs de chat sauvage. Son regard bleu cache des nerfs d’acier et une efficacité redoutable… Laure a quelque chose d’une machine de guerre. Quand la jeune fille veut intégrer une formation spéciale réservées aux hommes, elle va devoir obtenir l’aval de Rivière. La première manche de la bataille commence alors…

    Zone de pouvoir, de rapports de forces, de discipline aveugle et de dévouement sans condition, l’univers militaire est un champ d’observation singulier pour un cinéaste qui choisit d’y placer ses personnages. Hélène Filières le filme sans fascination particulière, sans jugement politique ou moral non plus, laissant simplement évoluer les protagonistes, les filmant au plus près comme pour mieux capter leur souffle, puis donnant de larges plans aux décors comme pour mieux montrer la puissance du cadre dans lequel ils évoluent. Dans ce jeu complexe et ambivalent fait de séduction, de craintes et d’attirance trouble, les frontières des relations sont bien moins nettes, concises et définies que les règles de la Marine Nationale. Lambert Wilson est parfait dans ce rôle sur mesure et le représentants de la jeune garde, Diane Rouxel et Corentin Fila, sont eux aussi parfaits.


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  • J'ai beaucoup ri. Certes, il y a quelques imperfections mais c'est réussi et on passe un bon moment. Les actrices sont formidables. Satire du monde d'aujourd'hui où chaque nouvelle tendance chasse l'autre, cette comédie bon esprit sur le vivre ensemble rappelle que la famille -celle qu'on a et celle qu'on choisit- est la seule chose qui dure. Humour et situations cocasses sont au rendez-vous de "Demi-soeurs", une comédie légère brillamment interprétée par un trio à la fois pétillant et attachant. Une comédie girly rythmée sur le "vivre ensemble", qui démonte les clichés et où les punchlines bien envoyées fusent à la vitesse de l'éclair. C'est bien filmé.

    scénario: 16/20    technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    Demi soeurs

    Lauren, ravissante it-girl de 29 ans, tente de percer dans le milieu de la mode en écumant les soirées parisiennes. Olivia, 28 ans et un rien psychorigide, a deux obsessions : sauver la confiserie de ses parents, et se trouver le mari idéal. A 26 ans, Salma, jeune professeur d’histoire fougueuse, vit encore chez sa mère en banlieue. Leurs routes n’ont aucune raison de se croiser… Jusqu’au jour où, à la mort de leur père biologique qu’elles n’ont jamais connu, elles héritent ensemble d’un splendide appartement parisien. Pour ces trois sœurs qui n’ont rien en commun, la cohabitation va s’avérer pour le moins explosive…  


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  • Un très beau film qui montre des paysages magnifiques et un peuple attachant qui essaie de maintenir ses traditions.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20    technique: 18/20     note finale: 18/20

    Une année polaire

    Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes.

    Quel sublime voyage à peu de frais ! On en ressort ébloui, avec l’envie de foncer à l’autre bout du globe, emporté par le dépaysement total que nous offre le film. Franchement : allez-y les yeux fermés, ou plutôt grands ouverts ! Laissez-vous bercer par la luminosité ouatée du Groenland, glissez sur ses étendues immaculées en espérant l’apparition des aurores boréales, heureux de rencontrer au détour d’une dune enneigée ses ourses, ses phoques, ses gens…

    Samuel Collardey aime les oubliés des livres d’Histoire, les héros ordinaires, artisans discrets, tout comme lui, d’une humanité chaleureuse (souvenez-vous de son magnifique Tempête). Anders, son personnage principal, est de ceux-là. Même s’il ne le sait pas. De sa carrure de viking, de son regard insaisissable émanent tout à la fois une forme de douceur timide et une détermination inflexible. C’est un trentenaire solide comme un roc, sur lequel on sait pouvoir s’appuyer. C’est sans doute cela qui fait basculer la décision de la rectrice qui le reçoit en entretien. Laisser partir un instituteur inexpérimenté exercer sa première mission au Groenland, coupé pendant des mois de toute forme de confort moderne, de toute possibilité de revenir en arrière… lourde responsabilité. Mais comment résister au calme d’Anders qui persiste, tenace, allant jusqu’à choisir une école solitaire dans un hameau particulièrement reculé ? Sa supérieure lui accorde finalement le poste, en ne lésinant pas sur les mises en garde et les pieux conseils. Ne pas se mêler à la population (dévastée par l’alcoolisme), ne pas apprendre la langue de cette ancienne colonie danoise : un enseignant danois se doit de professer en danois, de ne jurer que par le danois et de n’apprendre rien d’autre à ses élèves que le danois, la langue des gens civilisés, la seule qui leur permettra de sortir de leur condition. Quelques adieux plus tard, ceux à ses copains impressionnés, ceux à son père agriculteur qui tire la gueule de voir partir son meilleur travailleur, voilà Anders embarqué vers ces inlandsis qui le font tant rêver.

    À son arrivée, l’accueil des villageois de Tiniteqilaaq est plus froid que la calotte polaire. Anders tente de rester confiant ; s’il s’attendait à être accueilli en bienfaiteur, il en est pour ses frais mais n’en laisse rien paraître. Le voilà confiné dans cette contrée hostile, là où d’autres plus aguerris que lui n’ont pas résisté une seule année. Les premières journées d’école s’avèrent horribles, les mômes avides de grand air ne tiennent pas en place face à ce trouble-fête qui leur parle une langue qu’ils ne comprennent pas. Tout grand et fort qu’il est, Anders n’en impressionne aucun et nul n’hésite à le faire tourner en bourrique. En particulier Asser, avec ses airs espiègles, qui le nargue en explosant de rire à la barbe de ce nouvel instit si maladroit. Quant aux filles à la langue bien pendue, elles ne sont pas en reste. Le seul qui accepte de communiquer en danois avec Anders est encore Julius, l’employé municipal, mais n’est-ce pas uniquement par devoir ? Autant dire qu’on ne donne pas cher de ce novice pataud qui met les pieds dans le plat, véhiculant les préjugés de sa patrie natale triomphante… Et pourtant il s’accroche, refusant de faire machine arrière, bien que la tentation soit grande… Et peu à peu, les langues se délient, les cœurs aussi…

    Cette Année polaire empreinte de puissance et de délicatesse est d’une beauté saisissante ! Sans parler des prises de vues, sublimes de bout en bout. Ne loupez pas le générique, de début comme de fin !


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  • On voit beaucoup de films sociaux qui dénoncent les mauvais traitements subis par les ouvriers. Ce film ne déroge pas à la règle. La mise en scène de Stéphane Brizé est fine, le spectateur est à la fois au coeur des manifs et des discussions. On est dans le cinéma vérité, glaçant, dérangeant. Juste tout simplement. Stéphane Brizé, s'éloignant du documentaire et défiant le simplisme idéologique toujours en embuscade, décuple la force d'une mise en scène qui certes ne s'embarrasse pas de doutes. Jusqu'à un épilogue choc qui, lui, n'a pas fini de faire parler.Vincent Lindon est grandiose tout en nuances et en justesse. 

    scénario: 17/20    technique: 16/20   acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    En guerre

    Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

    En guerre, le nouveau film de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon (il faut citer les deux ensemble tant leur travail en commun, leur complicité font partie intégrante du processus de fabrication et de la réussite de leurs films) s'inscrit dans la droite ligne de La Loi du marché, qui a marqué les esprits il y a trois ans. Dans La Loi du marché (Brizé a décidément le sens du titre qui frappe !), Vincent Lindon incarnait un prolo taiseux qui ne croyait pas ou plus à la lutte et se résignait à son injuste licenciement. Dans En guerre, son personnage de Laurent Amédéo est complètement à l'opposé : il parle, bien et fort, et il lutte de toutes ses forces. Il est le leader syndical de l'usine Perrin, une entreprise de pièces automobiles du Lot et Garonne que la maison mère située en Allemagne décide de fermer, non pas parce qu'elle est en difficulté mais simplement parce qu'elle ne rapporte pas suffisamment de dividendes aux yeux de ses actionnaires. Avec une rigueur exemplaire, en créant une tension dramatique captivante, Brizé va décortiquer toutes les étapes du combat incarné magnifiquement par Vincent Lindon et autour de lui des dizaines de comédiens non professionnels (pour la plupart des syndicalistes) : la mobilisation et la solidarité des ouvriers dans la grève et l'occupation avant que les premiers doutes s'installent, les tentatives de conciliation juridique et d'interpellation politique jusqu'aux plus haut sommets de l'Etat, puis les premières désillusions, les premières divisions avec ceux qui veulent se garantir avant tout des indemnités de départ élevées, puis le désespoir qui gagne, avec le risque de l'explosion d'une violence largement compréhensible. Tout sonne juste : les situations, les relations entre les protagonistes, les rapports de force… Grâce sans doute à la collaboration au scénario d'un trio qui en connait un rayon sur la question : Xavier Mathieu, Ralph Blindauer et Olivier Lemaire (ce dernier joue d'ailleurs un syndicaliste dans le film).


    Brizé filme avec autant de force la parole en action – celle formatée et implacable de la logique capitalistique face à celle digne, chargée de bon sens et de colère, des ouvriers – que les moments d'affrontement, filmés et sonorisés (musique remarquable de Bertrand Blessing) comme une montée inexorable de la tension mais aussi de la force de l'union. La démonstration est terrible : l'arsenal juridique favorise outrageusement le grand patronat qui peut licencier même si l'entreprise est bénéficiaire et qui, s'il est obligé de proposer une vente, peut refuser sans arguments un repreneur pourtant jugé crédible par les experts. Face à cette omnipotence, l'impuissance du politique est patente, même quand il se montre individuellement bienveillant, comme c'est le cas du conseiller social de l'Elysée qui ne peut rien faire face à la détermination cynique du dirigeant allemand du groupe.
    En parallèle le film dénonce clairement, en une démarche que n'aurait pas reniée Bourdieu, le traitement médiatique du conflit – le récit est scandé par plusieurs reportages télévisés –, notamment la manière dont est montrée la violence quand elle éclate : sous son seul aspect spectaculaire et « délinquant », au complet détriment de l'analyse des causes qui ont amené inéluctablement à ces conséquences. Un grand film bouleversant et profondément humain, un grand film politique, un grand film qui va nous marquer durablement.

    « Krzysztof Kieślowski disait qu’il avait arrêté le documentaire pour enfin accéder à des endroits où sa caméra de documentariste ne lui permettait pas d’accéder. Je l’exprimerais de la même manière. La fiction me donne la possibilité d’être là où il serait souvent impossible d’être avec le documentaire. Je pense à des réunions auxquelles il est quasiment impossible d’assister, notamment celles avec le conseiller social du Président de la République. Donc, après avoir recueilli une énorme documentation, je traite la matière qui m’intéresse, je creuse ce qui me semble important, j’élague ce qui me le semble moins pour mon récit, je structure et je construis de manière à mettre précisément en lumière ce sur quoi je veux insister. Il s’agit alors pour la fiction – dans ce type de récit – de passer une sorte d’accord avec le réel pour ne pas le travestir. Et cet accord, il faut le respecter de la première à la dernière minute, sans aucune concession. »


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  •  Bon, autant le dire: cela part d'une bonne idée mais c'est un peu fouillis! Sinon, c'est comme toujours dans les films de Marie-Castille, plein de tendresse et cela prête à réflexion sur les divers types de liens entre parents et enfants et cela quelques soient leurs âges respectifs. C'est bien filmé. Un beau film chorale où les destins se croisent et s'entrecroisent.

     acteurs: 16/20        technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    La fête des mères

    Elles sont Présidente de la République, nounou, boulangère, comédienne, prof, fleuriste, journaliste, sans emploi, pédiatre. Elles sont possessives, bienveillantes, maladroites, absentes, omniprésentes, débordées, culpabilisantes, indulgentes, aimantes, fragiles, en pleine possession de leurs moyens ou perdant la tête. Bien vivantes ou déjà un souvenir ... Fils ou fille, nous restons quoiqu'il arrive leur enfant avec l'envie qu'elles nous lâchent et la peur qu'elles nous quittent. Et puis nous devenons maman ... et ça va être notre fête !


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  • Une comédie très réussie même si on peut regretter quelques faiblesses au niveau du scénario. les acteurs sont formidables et les dialogues sont amusants. On passe un bon moment.

    scénario: 15/20       technique: 16/20     acteurs: 17/20   note finale: 16/20

    Abdel et la comtesse

    A la mort du Comte, la Comtesse de Montarbie d’Haust doit transmettre le titre de noblesse et le domaine à un homme de la famille, comme le veut la tradition aristocratique. Elle ne peut cependant se résoudre à transmettre le domaine à Gonzague, un neveu arrogant et cupide, plutôt qu’à sa fille.
    Quand Abdel, un jeune de cité débrouillard et astucieux, trouve refuge dans leur château, sa rencontre avec la Comtesse va faire des étincelles !
    Issus de deux mondes que tout oppose, ils pourraient bien s’aider mutuellement…


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  •  Voici une comédie très réussie. Le scénario est aux petits oignons et les acteurs font leur maximum. Les dialogues sont plein d'humour. Tous les petits travers des municipalités qui abusent de l'argent du contribuables sont bien décrits.... MDR

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20   technique:18/20    note finale: 18/20

     

    Les Municipaux, ces héros : Affiche

    Port Vendres est un port magnifique situé en Catalogne française... Magnifique et tellement français : un maire bling-bling et des employés municipaux toujours à fond !
    À fond dans les acquis sociaux, à fond contre les cadences infernales, à fond... dans la déconne... celle qui fait qu'on les aime... Et si de plus ils deviennent des héros alors il n'y a plus aucune raison de ne pas s'inscrire à ce voyage dans la vraie vie.


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  •  Un très beau film avec des actrices formidables. Le scénario est réussi. C'est bien filmé. Et c'est une bonne occasion de revoir Miou Miou  qui nous manque.

    scénario: 16/20         acteurs: 18/20      technique: 16/20    note finale: 16/20

    Larguées

    Rose et Alice sont deux sœurs très différentes. Rose est libre et rock n’roll. Alice est rangée et responsable. Elles ne sont d’accord sur rien, à part sur l’urgence de remonter le moral de Françoise, leur mère, fraîchement larguée par leur père pour une femme beaucoup plus jeune. La mission qu’elles se sont donnée est simple « sauver maman » et le cadre des opérations bien défini : un club de vacances sur l’Ile de la Réunion…


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  •  Un film réussit où on ne s'ennuie pas une seconde même si le scénario n'est pas "transcendant"...

    scénario: 15/20          technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    Tom Raider

    Lara Croft, 21 ans, n'a ni projet, ni ambition : fille d'un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l'empire de son père. Convaincue qu'il n'est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d'une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d'innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir "Tomb Raider"…


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  • Gaston sera toujours Gaston. Malgré quelques longueurs cette comédie est réussi. Et Gaston est très ressemblant.

    scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

     

    Gaston Lagaffe

    M’enfin ! Gaston débarque en stage au Peticoin.
    Avec ces inventions délirantes, il va changer le quotidien de ses collègues. 
    Chat, mouette, vache, et gaffophone seront au rendez-vous des aventures de notre bricoleur de génie qui ne pense qu’à faire le bien autour de lui mais qui a le don d’énerver Prunelle son patron. 
    Les gaffes à gogo de notre empêcheur de travailler en rond pourront-elles éviter que le redoutable Monsieur de Mesmaeker rachète le Peticoin ?


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  •  Un film hilarant. J'ai ri d'un bout à l'autre. L'univers de Staline est moqué et c'est réjouissant. Les acteurs sont formidables dans ces caricatures d'aparatchiks.

    scénario: 18/20   technique: 18/20    acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    La mort de Staline

    Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c'est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée - comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov - la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l'URSS est à portée de main. (Inspiré de faits réels...)

    Dur de passer du Jeune Karl Marx, sorti l'année dernière à La Mort de Staline. De l'aimable philosophie à l'abominable barbarie. Et comment s'y prendre avec un client qui affichait au compteur, au moment de son dernier souffle, la bagatelle de 5 millions d'exécutions, plus 5 millions d'individus envoyés, avec des fortunes diverses, au goulag, sans oublier les 9 millions de petits propriétaires paysans emportés par la famine suite aux réquisitions. Comment s'y prendre si ce n'est par la farce ? L'inimaginable en effet dans cette histoire est que cette Mort de Staline hilariously british, loin de toute désolation funèbre ou de toute compassion, relève plus du Dr Folamour de Kubrick, avec son cow-boy chevauchant sa bombe atomique, que de la tragédie funèbre.
    On se souvient au passage de cette blague qui courait au bon vieux temps dans les pays communistes à l'évocation de ces arrestations à l'heure du laitier : « Boum boum ! Tapait le poing sur la porte ! Ouvrez ! faisait la grosse voix à l'extérieur. Qui est-ce ? gémissait alors plaintivement la petite voix à l'intérieur. Gestapo !… criait la voix dehors. Ouf ! se rassurait alors la petite voix. » C'est sur ce mode, en effet, que nous est racontée la mort de Staline : un énorme malentendu avec une idéologie devenue caricature. « Ils nous vendront la corde pour les pendre » avait dit Lénine. Force est de constater que ses successeurs surent en faire entre eux-mêmes un aussi mauvais usage.


    Dès les premières images de cette mort annoncée, la messe est d'ailleurs dite. Nous sommes dans un de ces temples soviétiques dressés à la gloire de la culture, où se donnent des concerts de musique classique. La représentation vient de se terminer et déjà le public se disperse. A la régie, deux techniciens somnolent en attendant d'aller se coucher. Nous sommes le 3 mars 1953 et soudain le téléphone sonne : au bout du fil, une voix impérieuse annonce que le camarade Staline exige que lui soit livré dans les plus brefs délais l'enregistrement du concert. Panique à bord. Nos deux lascars, quasiment assoupis derrière leur console, n'ont pas enregistré la moindre note. L'ombre du goulag se profile… Il faut rattraper dans la rue les spectateurs, en retrouver d'autres pour remplir la salle : balayeurs, ouvriers de nuit sur le chemin de leur travail, ivrognes qui cuvent leur vodka dans le ruisseau… et trouver à l'arrache un chef d'orchestre qui croit mourir de peur quand les hommes de la milice frappent à sa porte.
    À la même heure, après avoir réuni au Kremlin le présidium pour évoquer une nouvelle affaire de complot – la routine, quoi –, Staline emprunte une des trois limousines devant le mener à sa datcha de Kontsevo près de Moscou, les deux autres étant des leurres occupés par des sosies, chaque voiture prenant chaque soir des chemins différents. Après un repas sur le pouce avec quatre de ses ministres encore en état de grâce, il monte se coucher dans une de ses sept chambres, toutes fermées par une porte blindée gardée par deux officiers du NKVD (les six autres aussi bien sûr). Pendant ce temps, le concert et son enregistrement ont repris dans l'angoisse générale alors que, derrière la porte blindée, va se jouer le destin de l'URSS…

    Alors, bravo et merci à Armando Iannucci, réalisateur écossais de son état, de nous offrir le régal de découvrir un Nikita Khrouchtchev sous les traits de Steve Buscemi et un Molotov sous ceux de l'ex Monty Python Michael Palin dans une production absurde, hilarante et terrifiante où tout ce petit monde soviétique épouse sans sourciller la langue de Shakespeare.


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  • J'ai trouvé ce film intéressant même s'il s'éloigne des évangiles. Et je ne parle pas des stupides quotas  qui ont obligé les auteurs à mettre des apôtres noirs! C'est le plus ridicule. L'actrice qui joue Marie-Madeleine est une merveille: son jeu tout en nuances est un ravissement. Les décors et les costumes sont magnifiques. Après deux heures pour évoquer toute la vie de Jésus, c'est beaucoup trop peu vous vous en doutez.

    scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20  note finale: 16/20

    Marie Madeleine

    Marie Madeleine est un portrait authentique et humaniste de l’un des personnages religieux les plus énigmatiques et incompris de l’histoire. Ce biopic biblique raconte l’histoire de Marie, une jeune femme en quête d’un nouveau chemin de vie. Soumise aux mœurs de l’époque, Marie défie les traditions de sa famille pour rejoindre un nouveau mouvement social mené par le charismatique Jésus de Nazareth. Elle trouve rapidement sa place au cœur d’un voyage qui va les conduire à Jérusalem.

     

     


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  • Une merveille! J'ai adoré! Tout est réussi: le scénario, la technique, le choix des acteurs, la photo etc... Cette adaptation offre à François Cluzet et Nicolas Duvauchelle un joli face-à-face.

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale:18/20

    Le collier rouge

    Dans une petite ville, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…


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  • J'aime beaucoup le cinéma israélien et ce film m'a beaucoup plu. Une belle leçon de vie. Premier long de Matan Yair, "Les Destinées d’Asher" rejoue brillamment l’éternel malaise de l'ado. Ce premier long métrage sensible et singulier fait de la transmission du savoir son beau souci.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Les destinées d'Asher

    Dès l’école primaire, puis au collège et au lycée, Asher, 17 ans, a toujours été un fauteur de troubles impulsif. Il a du mal à se concentrer en classe, est sujet à des accès de colère et de violence. Il est toutefois également doté d’un grand charme et se montre extrêmement débrouillard. Son père, très strict, le considère comme son successeur naturel qui reprendra l’affaire familiale d’échafaudages, mais Asher trouve un autre modèle masculin en la personne de son professeur de littérature, Rami, et noue avec ce dernier une relation très particulière. Déchiré entre ces deux mondes, Asher se cherche une autre vie et une nouvelle identité. Une tragédie soudaine le soumet à une ultime épreuve qui forgera sa maturité.


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