• Une heureuse surprise. Une comédie réussi où on ne s'ennuie pas une seconde. Cette vieille opposition du clown blanc et de l'Auguste reste très efficace, surtout quand les acteurs semblent bien s'y amuser eux-mêmes... une comédie intergénérationnelle qui offre son lot de joutes verbales, de chamailleries et de situations cocasses. Quatre-vingt-dix minutes après avoir craint (et prévu) le pire, on se lève heureux après avoir passé un très bon moment au cours duquel humour et bons sentiments ne sombrent jamais dans le pathos attendu. Les acteurs sont top.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20     technique: 17/20    note finale: 17/20

    Pappi sitter

    Franck et Karine sont obligés de confier leur fille Camille, censée réviser son bac, à son grand-père André, gendarme retraité et psychorigide à souhait. La situation se gâte quand l’autre grand-père, Teddy, ancien gérant de boites de nuit peu fréquentables, débarque à l’improviste ! La cohabitation entre les papis s’avère plus que compliquée et Camille va profiter de leurs querelles pour vivre sa vie comme elle l'a décidé...


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  • Ce film est une totale réussite!!!  Le scénario est génial, les dialogues sont plein d'humour, les acteurs sont au top de leur forme etc... je vous le recommande vivement.

    scénario: 18/20     technique: 18/20    acteurs: 18/20     note finale: 18/20

     

    La bonne épouse

    Tenir son foyer et se plier au devoir conjugal sans moufter : c’est ce qu’enseigne avec ardeur Paulette Van Der Beck dans son école ménagère. Ses certitudes vacillent quand elle se retrouve veuve et ruinée. Est-ce le retour de son premier amour ou le vent de liberté de mai 68 ? Et si la bonne épouse devenait une femme libre ?

    Féministe, Martin Provost ? De film en aiguille, il défend en tout cas la cause féminine avec panache et simplicité, sans forfanterie ni emphase : Le Ventre de Juliette, Séraphine, Où va la nuit, Violette, Sage femme… il aura offert aux plus grandes actrices françaises des rôles magnifiques, de très beaux personnages à incarner. Il a l’art de magnifier les parcours singuliers et exaltants des héroïnes de l’ombre, des égéries inconnues, résistantes par besoin viscéral, vital. La Bonne épouse, film plus choral (dans tous les sens du terme, comme vous l'entendrez in fine) est de la même trempe ! Il ne laisse aucune de ses protagonistes à la traîne, même les plus secondaires. C’est un véritable régal de voir l’excellente Juliette Binoche se prêter au jeu de s’appeler « Paulette » et de s’élancer sans retenue sur les chemins de cette comédie loufoque mijotée aux petits oignons, à une époque où il était mal vu que la femme portât culotte, autrement dit pantalon.

    Nous sommes donc en des temps que les post soixante-huitards ne peuvent pas connaitre. Ceux, pas si reculés, où l’on pensait que les femmes « impures » avaient le pouvoir, quelques jours par mois, de faire tourner le lait des vaches et la mayonnaise… C’était le temps des culs bénis, des grenouilles de bénitier, des trousseaux de mariage qui permettaient de détrousser d’innocentes jeunettes et de les garder à sa solde, ad vitam aeternam. La femme était faite pour l’homme, comme le cheval pour le cow-boy dans les westerns en noir et blanc et les caries pour les enfants qui ne se brossaient pas les dents. L’ordre était bien établi, mais… quand même, pour s'assurer qu’il continue de l’être et que les femelles humaines ne prennent pas un mauvais tournant, on avait inventé, dès 1873, l’enseignement ménager. Et comme dirait l'autre, c'était du lourd !
    Nous voici rendues au sein de la prestigieuse École Ménagère Van Der Beck qui, sous la houlette de Paulette/Juliette, se consacre à enseigner à des générations de donzelles comment devenir la perle des ménagères, proprette mais coquette, toujours prête à se soumettre aux désirs de son futur mari. Ici, dans cette maison de maître perdue en pleine campagne, éloignée des rumeurs de la ville, on en viendrait presque à oublier que le sexe faible a obtenu le droit de voter. On se donne deux ans d’immersion totale pour transformer les plus récalcitrantes pensionnaires en parangons d’abnégation. Pour seconder dans sa noble mission notre directrice Paulette, à la mise en plis et au tailleur impeccables, il faut rien de moins que deux assistantes de choc : une belle sœur (l’extraordinaire et lunaire Yolande Moreau) et une bonne sœur (Noémie Lvovsky, impayable en religieuse de combat). Voilà un trio aussi génial qu’infernal, constitué de maîtresses femmes, mais néanmoins asservies. Car le tableau ne serait pas complet sans évoquer le patriarche du pensionnat, Monsieur Van Der Beck lui-même. Quel est son rôle là dedans ? À part mater en cachette les formes rebondies des jeunes filles en fleur, il ne sert pas à grand chose et il ne servira définitivement plus à rien quand une fausse-route lui coupera pour de bon le caquet. Notre sainte trinité de professeures éplorées, corsetées de principes, se retrouvent tétanisées à l’idée de se retrouver seules à la barre. Mais ce qui leur semblait être la mer à boire va vite s’avérer être un tremplin vers l’émancipation et la liberté !

    Et quand même, finissons par un petit clin d’œil aux hommes. Tant François Berléand, en vieux vicelard mou du genou, qu’Édouard Baer, qui incarne le plus craquant des notaires, contribuent à rendre le scénario encore plus croustillant. En 1971 toutes les écoles ménagères avaient disparu. Tout fout le camp !


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  •  Un très beau film même si le titre est extrêmement trompeur. C'est l'histoire d'un recteur qui essaie de résister.

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Lettre à Franco

    Espagne, été 1936. Le célèbre écrivain Miguel de Unamuno décide de soutenir publiquement la rébellion militaire avec la conviction qu'elle va rétablir l’ordre. Pendant ce temps, fort de ses succès militaires, le général Francisco Franco prend les rênes de l’insurrection. Alors que les incarcérations d’opposants se multiplient, Miguel de Unamuno se rend compte que l’ascension de Franco au pouvoir est devenue inéluctable.

    Avec Lettre à Franco, Alejandro A Ici à Salamanque, Miguel de Unamuno, vénérable doyen de la faculté, grand homme sage à la barbe blanche, est à l’image de sa ville : pendu aux lèvres de l’Histoire. Cet écrivain célèbre pour ses prises de position pleines de contradictions mais courageuses, parfois même si périlleuses qu’elles l’ont déjà contraint à s’exiler, voit d'un fort bon œil la reprise en main du pays par un gouvernement militaire. Depuis le temps qu’il proclame qu’il faut remettre de l’ordre ! Les citoyens autour ont beau trembler, les camions ont beau déverser des flots de soldats dans les rues, la rumeur de l’assassinat de Federico Garcia Lorca a beau se répandre… Unamuno est tellement sûr de son fait qu’il refuse de changer d’un iota ses habitudes. Quand sonne l’heure du sempiternel café, inconscience ou courage (l’une est parfois proche de l’autre), le voilà qui attrape sa canne (il a alors 72 ans), coiffe son éternel chapeau et entame son rituel circuit quotidien. Première étape de ce catholique convaincu ? Débaucher le pasteur protestant de son office… Seconde étape : débusquer cet indécrottable communiste de Salvador Vila. Voilà trois hommes aux idéaux diamétralement opposés réunis, prêts à se livrer de passionnantes joutes verbales, à refaire le monde en s’engueulant copieusement au café du coin… Mais très rapidement, au fur et à mesure que le ton monte, que les coups de feux se rapprochent, que les corps disparaissent, il va devenir de plus en plus difficile pour Miguel de Unamumo de maintenir ses positions. Il lui faudra bientôt redéfinir son camp… D’autant plus vite quand Franco, fraîchement débarqué dans la cité, va le convoquer…

    menábar revient vers ses racines ou plutôt vers les racines du mal. La petite enfance du réalisateur, fils d’une mère espagnole et d’un père chilien contraints de se jeter dans les griffes de la dictature franquiste en fuyant celle de Pinochet en 1973, aura été marquée par l’empreinte du totalitarisme. On comprend d’autant mieux ses légitimes inquiétudes quand il déclare : « L’expression « Alors que dure la guerre » (qui est le titre original du film) signifie deux choses. D'une part, elle fait partie d'un document signé par les Nationalistes au début de la guerre et qui a joué un rôle clé dans la prise du pouvoir de Franco, et a permis son installation durable. C’est aussi une phrase que je trouve très actuelle et qui s’adresse plutôt aux spectateurs : l’état de guerre est permanent. Aujourd’hui, on assiste à une résurgence des mouvements fascistes, notamment en Europe. Dans ce sens, le film parle autant du présent que du passé. »
    Le récit débute le 19 juillet 1936, le jour où l’état de guerre est officiellement décrété dans toute l’Espagne suite au soulèvement fomenté par une clique de généraux dont fait partie Francisco Franco. Mais la guerre idéologique a débuté bien en amont. La Sanjurjada (tentative de coup d'État du général Sanjurjo en août 1932), dont Franco s’était prudemment tenu éloigné, a posé les jalons de ce qui déchirera le pays pendant de longues décennies.
    Non seulement Lettre à Franco a le mérite de rendre palpable la tension de cette période charnière, incertaine et agitée qu’est la montée du franquisme, très habilement et en évitant les écueils du manichéisme, mais il donne à voir le caudillo avant qu’il ne réécrive et instrumentalise sa propre légende. Difficile de comprendre ce que recèle le cerveau de cet être insondable, faussement calme, réservé. Capable de bravoure lors de ses campagnes au Maroc, puis de la plus grande lâcheté quand il s’agissait de faire assassiner des innocents… Un gars d’apparence banale dont certains ne se méfiaient pas tandis que d’autres, plus perspicaces, le redoutaient.

     

     

     


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  •  Un très beau film même si on peut regretter que la fin ne soit pas à la hauteur: on ne sait pas ce que devient l'héroïne. Les actrices sont formidables. Présenté au Festival de Cannes, ce beau film de femmes épouse le dilemme intenable que doivent affronter les filles-mères, toujours bannies dans le Maroc d’aujourd’hui. Ce film nous montre également le triste sort des femmes au Maroc.

    scénario: 17/20      acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 17/20

    Adam

    Dans la Médina de Casablanca, Abla, veuve et mère d'une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte frappe à sa porte, Abla est loin d'imaginer que sa vie changera à jamais. Une rencontre fortuite du destin, deux femmes en fuite, et un chemin vers l'essentiel.

    Il est des souvenirs aussi lumineux que douloureux, qui laissent à tout jamais des traces impérissables. C’est un de ceux-là qui a conduit Maryam Touzani à réaliser cette première fiction. Avec dignité, humblement, il lui confère sa puissance discrète. Une part d’âme plane entre les images, impalpable, mais ô combien présente. Elle rend le récit, finement tissé de menus détails émouvants, infiniment universel. On aimerait pouvoir se lover parmi ses personnages, les étreindre physiquement, touchés par une forme de grâce qui émane de chaque plan. On en ressort affamés d’humanité et de gourmandises, tant la cuisine devient une protagoniste essentielle du récit, celle par laquelle les sentiments osent s’exprimer quand les mots viennent à manquer.

    Dans les rues surpeuplées de Casablanca, Samia n’est qu’une silhouette anonyme parmi les anonymes. Pourtant son ventre rond la condamne à la désapprobation populaire avant même qu’elle n’ouvre la bouche. Une jeune fille engrossée jusqu’aux yeux, qui erre à la recherche d’un boulot, c’est du plus mauvais genre. L’absence d’un mari protecteur à ses côtés la condamne au mieux à l’indifférence générale, au pire aux quolibets et au rejet. Nul n’a pitié de son teint pâle et fatigué. Elle a beau se montrer vaillante, déterminée à accomplir n’importe quelle tâche, personne ne la dépanne, surtout pas les femmes, comme si sa disgrâce risquait d’éclabousser ses bienfaitrices.
    Quand elle frappe exténuée à la porte d’Abla, d’une vingtaine d’années son aînée, cette dernière ne se montre pas plus tendre. Elle l’est d’autant moins que son quotidien de mère célibataire l’a rendue dure et rêche. La loi de la survie est rude et ne laisse pas de place à la sensiblerie, ni aux bons sentiments. Il n’y a pas de solidarité qui tienne quand tendre la main équivaut à risquer de se noyer en même temps que le naufragé à sauver. Abla est une femme lasse. Même le regard plein de compassion de sa fillette de huit ans, Warda, qui semble supplier de ne pas laisser l’inconnue à la rue, ne la fera pas ployer. Elle la rabroue aussi sec, lui intimant l’ordre de filer au lit et de se concentrer sur son avenir, autrement dit sur ses devoirs.

    Pourtant cette nuit-là, Abla se tourne et se retourne sur sa couche, incapable de trouver le sommeil. N’y tenant plus, elle entrouvre ses volets. Quand elle aperçoit Samia réfugiée sous un porche juste en face de chez elle, son sang ne fait qu’un tour. Son premier réflexe est d’aller lui aboyer dessus, comme si cela la préservait de sa sensibilité. Mais dans le fond, on se doute qu’elle ne résistera pas bien longtemps…
    Lubna Azabal, dans le rôle d’Abla, et la moins confirmée Nisrin Erradi dans le rôle de Samia excellent à nous entraîner dans l’univers feutré et complexe de ces deux très belles figures de femmes. Dès les premiers instants, c’est un duo d’actrices formidable qui se forme à l’écran, on devrait même dire un trio tant la gamine qui interprète Warda est craquante, avec son sourire plein d’empathie et de bienveillance. Elle fait contrepoint au monde des adultes, tellement pétri de convenances qu’il en oublie sa simple humanité. Ensemble ces trois-là vont progressivement sortir des partitions imposées par une société patriarcale écrasante et commencer à improviser leurs propres notes discrètes, à leur mesure. Samia, à force de patience, d’observation, de courage, va imposer sa présence dans la maisonnée. Elle réveillera la flamme étouffée par les cendres, dépoussièrera les vieilles recettes oubliées de la petite échoppe d’Abla, introduira une sensualité charnelle dans ses pâtisseries que tout le quartier désormais s’arrachera. Elle obligera même son hôtesse à réécouter les musiques qui lui vrillent le cœur, à regarder à nouveau autour d’elle, à oser s’octroyer quelques instants de bonheur…


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  • Une très belle comédie avec des acteurs au top. C'est bien filmé, l'image est magnifique et le scénario très réussi. Bref, une totale réussite.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20  technique: 17/20     note finale: 17/20

    Jojo rabbit

    Jojo est un petit allemand solitaire. Sa vision du monde est mise à l’épreuve quand il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec la seule aide de son ami aussi grotesque qu'imaginaire, Adolf Hitler, Jojo va devoir faire face à son nationalisme aveugle.

    Johannes Betzler, alias Jojo, est un enfant timide. Parmi ses camarades de classe, on ne le distingue guère : fluet, il fait pâle figure en comparaison de ses aînés, partis combattre au loin. Alors à l’image de beaucoup d'enfants de son âge, comme lui peu gâtés par la nature, compensant l'absence d'un père appelé sous les drapeaux, Jojo s'invente un ami imaginaire, un ami toujours de bon conseil, plein de sollicitude et d'entrain ; pour trouver un modèle, il n'aura pas à chercher bien loin, puisqu'il s'inspire de son idole, le meilleur ami de tous les petits Allemands blonds aux yeux bleus : Adolf Hitler ! Oui, ça surprend au début, même quand on resitue l'action dans le contexte de l'Allemagne nazie à la fin de la guerre, quand les Alliés commencent à la cerner de toutes parts et que Jojo, élevé dans l'adoration du dictateur depuis son adhésion aux jeunesses hitlériennes, ne rêve que de faire son devoir d'Aryen, à savoir combattre les soldats ennemis, se sacrifier pour la Patrie… et si possible dénoncer des Juifs. C'est là que ça va très vite se compliquer pour Jojo, lorsque, par un concours de circonstances, il va se confronter à ces « démons », et découvrir en autrui (et en lui-même) une humanité qu'il ne soupçonnait pas.


    Dire de ce film qu'il danse sur une corde raide est sans aucun doute l'euphémisme de l’année. Narrer sans recul les aventures d'un antisémite fanatique à seules fins d'en rire relèverait de la gageure impossible si le film en restait là. Heureusement Taïka Waititi, réalisateur néo-zélandais né d'un père Maori et d'une mère Juive Ashkénaze, s'émancipe très vite de son postulat de départ, pour nous proposer une réflexion acerbe sur la manipulation, la perversité du monde des adultes, et l'impératif moral de l'ouverture à l'autre.
    Toute l'intelligence du parti pris par Waititi tient dans le regard posé sur cette histoire tragi-comique : celle d'une société viciée vue à travers les yeux d'un petit garçon de dix ans ; du coup l'apparition d'un Hitler burlesque et badin fait sens, en ce qu'il est davantage la vision fantasmatique d'un père de substitution que le reflet fidèle du dictateur. Au fur et à mesure que les yeux de Jojo se décillent, le rôle du mentor va s'amenuiser, laissant la place au vrai sujet du film, donc : la manipulation. Celle, massivement destructrice d'adultes lâches et corrompus capables de mentir à des gosses avant de les envoyer au casse-pipe, et celle, plus insidieuse, plus intime, d'un petit garçon terrifié à l'idée de tout perdre et qui reproduit à son tour les mensonges de la propagande à des fins égoïstes.

    Passant du rire aux larmes avec un sens des ruptures de ton qui en laisseront plus d'un pantois, Jojo Rabbit ose et réussit haut la main l'impensable : une comédie iconoclaste sur le totalitarisme, qui jamais ne glisse dans la débauche lyrique d'un Tarantino ou la clownerie aseptisée d'un Benigni. L'air de rien, Jojo Rabbit célèbre la liberté de penser, d'aimer et d'exister en dehors de tout système : un bras d'honneur à toutes les entreprises de lavage de cerveau, d'où qu'elles viennent. Et si un film qui commence par une version teutonne d'un tube des Beatles et finit sur un pas de danse esquissé après l'apocalypse ne vous convainc pas qu'il est un hymne à la vie, à l'amour et à la jeunesse, alors rien n'y fera !


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  • Sensible et puissant, ce film éclaire le vieil antagonisme des Tutsi et des Hutu, qui a tant fait couler de sang.

    scénario: 17/20        technique: 17/20       acteurs: 17/20      note finale: 17/20

    Notre dame du Nil

    Rwanda, 1973. Dans le prestigieux institut catholique "Notre-Dame du Nil", perché sur une colline, des jeunes filles rwandaises étudient pour devenir l’élite du pays. En passe d’obtenir leur diplôme, elles partagent le même dortoir, les mêmes rêves, les mêmes problématiques d’adolescentes. Mais aux quatre coins du pays comme au sein de l’école grondent des antagonismes profonds, qui changeront à jamais le destin de ces jeunes filles et de tout le pays.

    Rarement l’histoire est écrite du point de vue des minorités. C’est en partie le propos de l’œuvre autant écrite que filmée d’Atiq Rahimi. Par ses livres, ses documentaires, ses longs métrages (Terre et cendres et Syngue Sabour, pierre de patience, adaptés tous deux de ses propres romans), il nous immerge dans le camp des laissés pour compte et de leur petite histoire, celle qui permet de mieux analyser et comprendre la grande.
    Notre-Dame du Nil, c’est un joli pensionnat de briques roses niché dans un écrin de sérénité, qui semble surplomber les futilités du monde. Dans ce paysage où la beauté des montagnes rivalise avec celle des nuages, les jeunes filles que l’on dresse à devenir l’élite du pays se montrent sages et studieuses sous la houlette des religieuses. Parfois les rires éclaboussent les dortoirs entre deux batailles de polochons qui font voler les plumes blanches et se perler de sueur les peaux noires. Il y a de la sensualité dans l’air. Dans ce Rwanda de l’an 1973, la jovialité est tout aussi perceptible que la luxuriance de la nature.


    L’avenir s’annonce prometteur, on rêve de mariages princiers, entre « gens de couleur » convertis au catholicisme. Car si les élèves sont noires, l’enseignement est résolument blanc. Quand une étudiante s’enhardit à poser la question sur le contenu très partiel et partial des cours, la réponse fuse, péremptoire : « L’Afrique c’est pour la géographie. L’Histoire c’est pour l’Europe. ». Pas de place pour le dialogue. Chacun à sa place et le Dieu des colons reconnaitra les siens. Oubliés des manuels scolaires les 25 rois rwandais, les 3000 ans d’existence d’une civilisation, son lien avec l’Égypte antique. Oublié ce que signifiait être Tutsi ou Hutu avant l’endoctrinement colonial allemand puis belge : non pas des ethnies différentes mais tout simplement des distinctions socioprofessionnelles. De hutu (agriculteur) on pouvait devenir tutsi (propriétaire de troupeaux) ou twa (ouvrier, artisan)… rien n’était figé. Tous avaient la même culture, la même religion, la même langue, le kinyarwanda. Dans cette dernière il existait même une expression consacrée : « kwihutura », qui signifie à la fois devenir tutsi et prospérer, tant il était fréquent de passer d’une classe à l’autre au fil des unions, de l’enrichissement personnel.
    Mais qu’importe, dans cet établissement modèle, où l’on va de messes en processions, en passant par de menues tâches ménagères qui feront de chacune une épouse modèle, tout cela semble bien lointain. Les fades uniformes gomment les formes des nymphettes et simultanément leurs différences. Même les prénoms (Virginia, Gloriosa, Immaculée, Veronica, Modesta, Frida…) n’évoquent plus une quelconque appartenance au continent africain. Seul Monsieur de Fontenaille, un vieux colon illuminé et décadent, semble vouloir réveiller le passé avec ses théories fumeuses qui participeront, conjointement à la politique des quotas, à mettre le feu aux poudres de la pourtant si tranquille communauté retirée. En attendant, nos donzelles vaquent à leurs rêves et à leurs occupations, s’épanouissant en toute innocence, cultivant leurs amitiés, l’art de la taquinerie, celui des cachotteries. Sans parler des escapades nocturnes où certaines vont traficoter le nez d’une statue virginale, danser sous la pluie, ou bien quémander secours auprès d’une vieille sorcière aux airs fous qui vit isolée dans la forêt…

    Mais des quatre coins du territoire montent en puissance des antagonismes profonds qui vont gangréner le corps social et s’introduire au sein de Notre-Dame du Nil, bouleversant à jamais le destin de ces jeunes filles et de tout le pays.


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    Le dernier film de Bo Widerberg, réédité aujourd’hui, fait la chronique d’un amour entre un adolescent et sa professeure dans la Suède de 1943. S’y dessine en creux toute une société en perte de repères et de valeur. Le bel épilogue d’un grand cinéaste. Une prof pédophile qui sort avec son élève. Et tout cela se termine mal puisqu'elle se venge... triste Mais beau film.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20   technique: 17/20  note finale: 17/20

    La beauté des choses

    1943. Alors que ses camarades sont très occupés à parler de sexualité, un trouble s'installe entre Stig, jeune lycéen et son professeur Viola. Stig est attiré par cette femme belle et mature, Viola aime chez Stig sa jeunesse et son innocence. Ils deviennent vite amants. Mais Stig rencontre fortuitement Frank, le mari de Viola, représentant de commerce, alcoolique et fantasque. Une étrange relation d’amitié va naître entre eux.

    Il est incroyable que ce très inspirant, ce très exaltant La Beauté des choses, Ours d’argent au Festival de Berlin en 1996, ait mis tant de temps pour venir jusqu’à nous. Réalisé par Bo Widerberg (« l'autre » cinéaste suédois, dit-on parfois en référence évidemment à Bergman) tout juste deux ans avant sa mort d'un cancer, La Beauté des choses nous arrive dans toute sa splendeur, épargné par l'usure des ans. Un film d'une force de conviction et d'expression peu commune, qu'il ne faut surtout pas se refuser, surtout en ces temps bousculés par un retour de l’ordre moral. Un film qui nous rappelle qu’il n’est rien de meilleur que la liberté de pensée, la liberté d’expression et le goût de l’interdit. Qui n’est pas tombé un peu amoureux ou amoureuse d’un(e) de ses professeurs, ne serait-ce qu’une fois dans sa scolarité ? Qui n’a rêvé de voler un baiser à un de ces êtres inaccessibles perchés sur leur chaire, au lieu de se contenter de ne boire que leurs paroles ?


    L’affaire nous plonge en 1943, s’ancrant ainsi en filigrane dans les souvenirs d’adolescence du cinéaste, ce qui confère à la reconstitution une incontestable authenticité et nous fait bien ressentir l'ambiance malsaine de l'époque, de cette Suède prisonnière de sa « neutralité ». Les adolescentes en ces temps-là étaient scolarisées loin des adolescents, ce qui permettait à ces derniers de laisser libre cours à leurs stupides fanfaronnades, sans qu’aucune ne les remette à leur place. Dans son lycée, Stig (brillamment interprété par le propre fils du réalisateur) reste en retrait de tous ceux qui se vantent peu ou prou de leurs soi-disant exploits sexuels, avec ce vocabulaire lourd et grossier typique des bandes de garçons. Quand le damoiseau rentre le soir, sa jolie voisine pleine de tâches de rousseurs craquantes le guette dans un recoin de l'escalier, dans l’espoir qu'un jour il pose un regard sur elle, ce qui n’arrive jamais. Elle met trop aisément cela sur le compte de l’inexpérience, de la timidité. Si elle savait ! Si tous savaient les fascinants fantasmes qui le hantent jusque dans son lit ! Notre jeune blondinet, tellement séduisant avec son regard d’acier intense, sa peau diaphane, ses lèvres à croquer, n’a d’yeux que pour Viola qui lui enseigne l’anglais. Celle-ci, d’une bonne vingtaine d’années son aînée, remarquant le manège, adopte l’attitude d’une adulte bienveillante qui maîtrise la situation. D'abord amusée, puis de plus en plus troublée. D’œillade profonde en œillade gourmande, les heures de classe deviennent de délicieux supplices. Le temps suspend son vol… Un ange passe… puis un autre… Les doigts par inadvertance se frôlent, se glissent et se lovent dans les replis d’un dictionnaire, faute de pouvoir tendre vers ceux d’un décolleté. Puis viendra le moment fatidique, une trop grande promiscuité dans un escalier… Il sera fait fi de la morale, des bonnes mœurs et des convenances.
    À compter de cet instant, Stig viendra prendre des leçons un peu particulières chez l’enseignante, sans pour autant jamais progresser en anglais. L’un et l’autre assoiffés de douceur, de caresses, d’espoir. Le désir attisé par le risque, la crainte que leur liaison soit percée à jour, jouant avec le feu avec la même candeur libertine. Tout serait simple et doux, tant les parents de Stig lui laissent la bride sur le cou, ouverts et confiants, s’il n’y avait Frank, le mari de Viola. Jamais très loin bien que voyageur de commerce, souvent ivre, il finira fatalement par tomber sur Stig, pas encore parti, pas encore rhabillé… Malaise… Mais l’embarras cédera vite la place à un maelstrom de sentiments contradictoires. Notre jeune amoureux sera bouleversé par cet homme bricoleur et inventeur raté, exubérant, philosophe, amateur de musique classique autant que d'alcool, joyeusement désespéré. Magnifique personnage qui fait définitivement décoller le film, le hisse à des hauteurs insoupçonnées, à mille lieues de la bluette ou du vaudeville…

    La belle histoire sensuelle s’évanouit au fur et à mesure que les relations entre les personnages deviennent troubles, complexes, insaisissables. Elle se transforme en prise de conscience morale, politique et avec cet œuvre magistrale, Bo Widerberg, réalisateur autodidacte issu d’une classe modeste, confirme avec éclat qu’il était bien devenu le héraut de la rébellion cinématographique qu’il rêvait d'être. Une découverte majeure, un des plus beaux derniers films de l'histoire du cinéma, jusqu'à rivaliser avec le sublime Gens de Dublin de John Huston, c'est dire !


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  •  Un très bon film sur le harcèlement sexuel. Les actrices sont formidables. le seul bémol: Nicole Kidman: elle s'est tellement fait tirer qu'on ne la reconnaît pas. Ce film met en avant toutes ces femmes qui se font harceler mais qui ne veulent hélas rien dire. Un encouragement pour toutes ces femmes à dénoncer ces pratiques honteuses.

    scénario: 17/20     technique: 17/20   actrices: 17/20    note finale: 17/20

    Scandale

    Inspiré de faits réels, SCANDALE nous plonge dans les coulisses d’une chaîne de télévision aussi puissante que controversée. Des premières étincelles à l’explosion médiatique, découvrez comment des femmes journalistes ont réussi à briser la loi du silence pour dénoncer l’inacceptable.

    En France, l’affaire n’a pas tellement marqué les consciences. Pourtant la chute pour harcèlement sexuel, à l’été 2016, de Roger Ailes, l’emblématique fondateur de la chaîne d’informations conservatrice Fox News, constitue un préambule à l’affaire Weinstein et annonce l’émergence du mouvement #MeToo. Scandale retrace le combat des journalistes et des animatrices stars de la chaîne pour dénoncer les agissements du bras droit de Rupert Murdoch… Nicole Kidman et Charlize Theron incarnent deux présentatrices vedettes de Fox News, respectivement Gretchen Carlson et Megyn Kelly. Placardisée, puis licenciée sans justification, Carlson qui a dû résister aux pressions et aux avances de Roger Ailes (John Lithgow) décide de l’attaquer pour harcèlement et cherche d’autres compagnes d’infortune au sein du groupe…


    Bien que concernée, Kelly, prise dans la tourmente de la présidentielle de 2016 et sous le feu de tweets rageurs de Donald Trump (la journaliste avait notamment rappelé au milliardaire ses commentaires désobligeants envers les femmes lors du fameux débat tenu en 2015 entre les candidats républicains aspirant à la présidence des États-Unis), est réticente à témoigner. Le troisième personnage féminin incarné par Margot Robbie est un personnage fictionnel, composite, inspiré par différentes reporters et productrices de programmes. Sa Kayla Pospisil est naïve, complètement fan de la ligne éditoriale de Fox News et espère gravir les échelons au plus vite, mais les coulisses de son organisation où règne une masculinité toxique élevée au rang de culture d’entreprise ne vont pas tarder à nourrir son désenchantement…
    La télévision étant essentiellement un « médium visuel », comme se plaisait à le dire le patron, qui n’hésitait pas à faire défiler devant lui celles qui rêvaient d’y faire carrière, dans une espèce de rituel où, avec la complicité d’une assistante, il se retrouvait seul avec elles derrière sa porte close. À ce chapitre, le malaise atteint son paroxysme quand la jeune Pospisil , par ailleurs chrétienne évangélique ambitieuse, doit mettre de côté toutes ses valeurs pour combler le regard malsain de celui qu’on surnommait aussi « Jabba the Hutt ». Quand, lors de la scène la plus malaisante du film, ce dernier demande à la nouvelle recrue de relever un peu sa jupe, encore un peu et encore un peu plus, la nature du sentiment horrible qui peut alors envahir une personne harcelée est illustrée de façon éloquente.

    Jay Roach s’emploie aussi à décrire comment le réseau s’y est pris pour « vendre » son idéologie en poussant la notion d’information spectacle – et le sexisme – encore plus loin. Roger Ailes exigeait d’ailleurs que les animatrices soient assises derrière des bureaux en plexiglas. Dans une émission de débat, on s’assure qu’une participante soit assise de côté au bout de la table, de sorte que les jambes soient bien mises en valeur…
    Ceux qui ont suivi l’affaire il y a trois ans, ou qui connaissent déjà un peu l’univers de Fox News Channel, n’apprendront rien de vraiment neuf, mais apprécieront la qualité de la reconstitution. Porté par ses trois excellentes actrices, Scandale a aussi le mérite de montrer comment faire changer la honte de camp.

     


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  •  Catherine Deneuve est majestueuse et le film est une grande réussite. Et ce que l’on voit à l’écran nous amuse follement : Deneuve, cigarette, lunettes noires et manteau léopard (un des motifs iconiques du vestiaire de l’actrice depuis des lustres), chignon blond impeccable et élégance française, s'amuse avec jubilation à jouer la divine diva.

    scénario: 17/20     acteurs: 18/20        technique: 18/20     note finale: 18/20

    La vérité

    Fabienne, icône du cinéma, est la mère de Lumir, scénariste à New York. La publication des mémoires de cette grande actrice incite Lumir et sa famille à revenir dans la maison de son enfance. Mais les retrouvailles vont vite tourner à la confrontation : vérités cachées, rancunes inavouées, amours impossibles se révèlent sous le regard médusé des hommes. Fabienne est en plein tournage d’un film de science-fiction où elle incarne la fille âgée d’une mère éternellement jeune. Réalité et fiction se confondent obligeant mère et fille à se retrouver...

    On l'avait quitté auréolé d'une palme d'or pour un film magnifique et on ne peut plus japonais, on le retrouve comme par enchantement au cœur d'un automne parisien : Irokazu Kore-Eda est décidément un cinéaste plein de surprises qui signe ici un film à la fois grinçant et drôle sur la famille – son thème de prédilection – mais aussi un hommage sincère et touchant au cinéma et aux actrices. Très écrit, avec une partition au millimètre que les deux comédiennes principales interprètent avec un brio rare, c'est un film qui n'est pas sans rappeler le cinéma d'Arnaud Desplechin, avec cet humour un peu vache teinté d'auto-dérision. Mais ce qui fait mouche, c'est l'utilisation de l'image de Catherine Deneuve et le jeu en miroir dans lequel Kore-Heda la place tout au long du film : en l'admirant dans ce rôle d'une célèbre comédienne française qui a tourné avec les plus grands et vit dans un hôtel particulier parisien qu'elle traverse la cigarette aux lèvres, on finit par se demander où est le vrai, où est le faux, où commence le personnage, où s'arrête la réalité de l'interprète… Bien sûr, pas de réponse, juste le plaisir vif d'une œuvre centrée sur les comédiennes et comédiens que l'on ne quitte pas d'une semelle… à part quelques plans dans un jardin au seuil de l'automne qui vit ses derniers rayons de soleil avant l'arrivée de l'hiver… comme une métaphore peut-être du rapprochement de deux astres, la mère et la fille, autour d'une vérité commune qui réussirait enfin à les réchauffer…


    Alors qu'elle vit sans doute les derniers éclats de sa gloire, Fabienne vient de terminer son autobiographie qui a tout pour être un succès public et médiatique à la hauteur de sa renommée : elle y a mis tout le panache, tout l'égocentrisme nécessaires et surtout cette manière bien personnelle de réécrire à sa sauce l'histoire de sa vie. Pourquoi diable se contenter de la vérité quand elle peut se broder sur mesure son rôle ultime, le plus beau : elle même, LA comédienne.
    De son côté, quand elle arrive à Paris avec son mari américain et leur fille, Lumir n'est pas franchement détendue. Elle a fait le voyage pour fêter la sortie du bouquin de sa mère, mais si elle a précisément décidé de vivre à des milliers de kilomètres de Paris et de son petit milieu artistique, elle qui est pourtant du sérail puisque scénariste, c'est bien parce que les rapports avec ce monstre sacré n'ont jamais été des plus sereins. Qu'à cela ne tienne, Lumir va faire des efforts, nourrissant l'espoir secret de recueillir enfin quelques miettes d'un amour maternel jusque là resté avare. L'âge, l'écriture, l'introspection auront peut-être eu raison de ce cœur de pierre. Vaines espérances. Fabienne est fidèle à sa réputation : une femme au caractère bien trempé qui vit son métier comme une passion dévorante à côté de laquelle rien n'existe. Elle préfère mille fois avoir été une grande comédienne qu'une bonne mère ou une bonne compagne, et elle a passé l'âge des regrets… à moins qu'elle ne l'ait pas encore atteint.

    Pourtant, son numéro bien rodé de diva autocentrée commence à connaître de furieux cafouillages. D'abord c'est son assistant particulier qui démissionne du jour au lendemain (peut-être a-t-il très moyennement apprécié de ne pas lire une ligne sur lui dans l'autobiographie), ensuite, elle voit bien qu'elle n'est plus tout à fait le centre de gravité de son prochain film, qui laisse la part belle à une jeune comédienne montante… que tout le monde présente comme la réincarnation d'une ancienne rivale, tragiquement disparue il y a plus de trente ans… C'est peut-être dans ces failles que Lumir va trouver sa place… quitte à réveiller vérités et mensonges anciens…


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  • Un film très réussi sur les accros des réseaux sociaux.

    scénario: 18/20       technique: 17/20     acteurs: 18/20    note finale: 17/20

    Dans un monde où la technologie numérique a envahi nos vies, certains d’entre nous finissent par craquer.
    Addict ou technophobe, en famille ou à l’école, au travail ou dans les relations amoureuses, Selfie raconte les destins comiques et sauvages d’Homo Numericus au bord de la crise de nerfs… 

     

    Comédie française à sketches, écrite et réalisée à plusieurs mains, Selfie nous plonge dans l’ère du numérique avec ses déviances, ses abus et ses limites. Construite en cinq récits, la trame du film fait évoluer différents personnages qui seront amenés à se rencontrer au fil de l’histoire. Tour à tour, nous découvrons une famille dont le quotidien est pollué par le nombre de vues sur YouTube, une professeure de français qui découvre l’usage de Twitter et devient la reine du troll, un jeune qui fantasme sur l’une de ses collègues et met tout en œuvre pour obtenir – sur une appli de rencontres – la note qui lui permettra de l’aborder, un homme soumis aux suggestions d’achats que lui propose un algorithme, un trentenaire qui court après le réseau par souci de transparence et d’honnêteté...

    Un tel synopsis pourrait donner le vertige... Pourtant, toute la finesse et l’inventivité du film résident dans la maîtrise d’une structure narrative et d’une mise en scène complexes et fluides à la fois. Sur un ton léger teinté de gravité, Selfie aborde avec justesse et cynisme des thématiques actuelles ancrées dans notre réalité, détournées par le biais d’un humour tantôt noir, tantôt burlesque. Sans jamais aller trop loin – contrairement aux protagonistes qui sombrent parfois dans un délire alimenté par les lois de notre monde ultra-connecté – le film propose un format original, parfaitement assumé et totalement décomplexé. Selfie réussit avec brio le pari d’une comédie satirique, tendre et grinçante sur notre univers 2.0 !


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    Les traducteurs

    Isolés dans une luxueuse demeure sans aucun contact possible avec l'extérieur, neuf traducteurs sont rassemblés pour traduire le dernier tome d'un des plus grands succès de la littérature mondiale. Mais lorsque les dix premières pages du roman sont publiées sur internet et qu'un pirate menace de dévoiler la suite si on ne lui verse pas une rançon colossale, une question devient obsédante : d'où vient la fuite ?


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  •  Un joli film agréable à regarder.

    scénario: 17/20      acteurs: 16/20     technique: 16/20  note finale: 16/20

    Les vétos

    Au cœur du Morvan, Nico, dernier véto du coin, se démène pour sauver ses patients, sa clinique, et sa famille. Quand Michel, son associé et mentor, lui annonce son départ à la retraite, Nico sait que le plus dur est à venir. « T’en fais pas, j’ai trouvé la relève. » Sauf que… La relève c’est Alexandra, diplômée depuis 24 heures, brillante, misanthrope, et pas du tout d’accord pour revenir s’enterrer dans le village de son enfance. Nico parviendra-t-il à la faire rester ?


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  • Une comédie très réussie. On rit beaucoup, les dialogues sont plein d'humour et les acteurs sont excellents.

    scénario: 17/20        acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 17/20

    Rendez-vous chez les Malawas

    Pour la spéciale Noël de son émission phare Rencontre au bout du bout du monde, Léo Poli emmène non pas un, mais quatre invités exceptionnels. Est-ce vraiment une bonne idée? Nos stars partent à la rencontre des Malawas, une des tribus les plus isolées du monde. Une comédie sur la nature… humaine.


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  • Un très beau film plein d'humour. Portrait loufoque d'une artiste et mère de famille en plein burn-out, Notre dame ordonne un ballet drôle et déconcertant avec une bande d'acteurs formidables, sans jamais tomber dans la vignette ou les gags faciles, convoquant dans un même tourbillon les codes de la comédie romantique et les références au cinéma de Jacques Demy.

    scénario: 18/20     technique: 18/20   acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    Maud Crayon, est née dans les Vosges mais vit à Paris.
    Elle est architecte, mère de deux enfants, et remporte sur un énorme malentendu le grand concours lancé par la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre-Dame…
    Entre cette nouvelle responsabilité, un amour de jeunesse qui resurgit subitement et le père de ses enfants qu’elle n’arrive pas à quitter complètement, Maud Crayon va vivre une tempête.
    Une tempête, qu’elle devra affronter pour s’affirmer et se libérer.

    Sacrée donzelle que Donzelli ! De film en film, elle brosse une œuvre atypique, à la tonalité joviale et faussement naïve. Que les sujets soient intimes ou graves, elle les distord avec une légèreté pleine de fraîcheur. Il y a quelque chose de profondément combattif et lumineux dans ce cinéma-là qui refuse de sombrer dans la morosité ou dans le drame, même dans les cas les plus extrêmes, comme dans le magnifique La Guerre est déclarée. Depuis son tout premier La Reine des pommes – disponible en Vidéo en Poche –, la cinéaste-comédienne nous entraîne dans son univers burlesque et mutin qui laisse la part belle à l’autodérision.
    Cela ne vous a jamais frappé ? Il y a des noms que l’ont croirait prédestinés : l’opticien qui s’appelle Delœil, la gynécologue Robinet, le sacristain Lévèque. La première femme pilote de chasse se nomme Caroline Aigle, quant à Charles Pathé, avant de devenir producteur de films, il fut charcutier… Alors quel métier croyez-vous que l’on puisse exercer dans la vie quand on s’appelle Maud Crayon si ce n’est architecte ?

    Maud (interprétée, évidemment, par la réalisatrice elle-même), fait partie de ces bonnes petites soldates, toujours prêtes, qui courent en tous sens. Existence schizo-frénétique, semblable à celles de tant de femmes écartelées par le désir de bien faire à tous les niveaux : professionnel, amoureux, maternel… Dans sa besace, un patron bidon, deux adolescents critiques, leur paternel, son ex, immature chronique (Thomas Scimeca parfait, avec ses airs de Gaston Lagaffe dégingandé et lymphatique)… Martial est par ailleurs le prototype incarné du vrai pot de colle qui déboule sans crier gare, à la moindre embûche affective. Maud essaie bien de protester, lui rappelant qu’ils sont séparés, mais elle ne résiste pas longtemps à ses airs de cocker battu. Notre croqueuse de croquis ne sait pas dire « non », c’est sans doute son pire problème.
    C'est là que, par une pirouette du hasard qu’on taira ici, un événement tombé du ciel, comme par enchantement, va venir bouleverser le cours des choses. Voilà Maud Crayon, jusque-là tâcheron dans un cabinet d’architecture impersonnel, soudain en charge d’un des plus prestigieux projets de la Ville de Paris : l’aménagement du parvis de la prestigieuse cathédrale Notre Dame. C’est le contrat de sa vie, décroché sans même avoir concouru, au nez et à la barbe de tous les architectes – que des mecs ! – ayant pignon sur rue. Cette victoire, loin de simplifier les choses, va tout au contraire les compliquer. Maud va devoir composer derechef avec tout son petit monde, d’autant que son employeur aux dents longues devient jaloux comme un pou, et que Martial s’incruste comme jamais car il vient de se faire larguer. Sans compter que le destin remet dans les pattes de notre maîtresse d’œuvre débordée un ex-amour de jeunesse bien embarrassant.
    C’en est trop ! Maud panique, prête à se mélanger les crayons, elle se sent défaillir… Heureusement, il y a Didier, une perle d’homme (forcément interprété par Bouli Lanners), ami inconditionnel (et peut-être secrètement amoureux ?), collègue attentionné, qui veille au grain et va l’aider à surnager… Mais rien ne sera de tout repos.

    Sans donner de réponses toutes faites, tout en douceur aérienne, Notre Dame questionne sur la place de l’art, de l’architecture à notre époque moderne, il évoque les sempiternelles polémiques qui sporadiquement réapparaissent, souvent disproportionnées. Une dernière précision de taille, le film a été écrit et tourné bien avant l’incendie que l'on sait : les images de la cathédrale intacte le prouvent… et sont étonnamment émouvantes.


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  • Une comédie très réussi. Le scénario et le dialogues sont particulièrement amusants. A l'aise en doc bougon, Michel Blanc porte cette comédie drôle bien secondé par l'humoriste Hakim Jemili.Tristan Seguela est un réalisateur rès prométeur.

    scénario: 18/20         acteurs: 18/20           technique: 18/20   note finale: 18/20

    Docteur?

    C'est le soir de Noël. Les parisiens les plus chanceux se préparent à déballer leurs cadeaux en famille. D'autres regardent la télévision seuls chez eux. D'autres encore, comme Serge, travaillent. Serge est le seul SOS-Médecin de garde ce soir-là. Ses collègues se sont tous défilés. De toute façon il n'a plus son mot à dire car il a pris trop de libertés avec l'exercice de la médecine, et la radiation lui pend au nez. Les visites s'enchaînent et Serge essaye de suivre le rythme, de mauvaise grâce, quand tombe l'adresse de sa prochaine consultation. C'est celle de Rose, une relation de famille, qui l'appelle à l'aide. Il arrive sur les lieux en même temps qu'un livreur Uber Eats, Malek, lui aussi de service ce soir-là...


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  •  Les acteurs sont au top! Un très beau film sur les secteurs et sur la manière dont les gens se font recruter et croient n'importe quoi! Le problème de la pédophilie est délicatement soulevé. Une analyse minutieuse, sans jugement ni manichéisme, de la stratégie d’emprise sur les cerveaux, les cœurs et les corps qu’exerce toute secte, par une réalisatrice qui en fut elle-même victime dans son enfance. Dans le rôle de la mère de famille catho psychologiquement fragile qui livre ses enfants en pâture en toute inconscience, Camille Cottin endosse un contre-emploi saisissant et mériterait un césar pour son interprétation toute en nuance. Sarah Suco montre parfaitement les rouages de ce sectarisme à la violence induite, qui annihile tout esprit de critique et toute conscience.La petite actrice est formidable et mérite également un césar. 

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Les éblouis

    Camille, 12 ans, passionnée de cirque, est l’aînée d’une famille nombreuse. Un jour, ses parents intègrent une communauté religieuse basée sur le partage et la solidarité dans laquelle ils s’investissent pleinement. La jeune fille doit accepter un mode de vie qui remet en question ses envies et ses propres tourments. Peu à peu, l’embrigadement devient sectaire. Camille va devoir se battre pour affirmer sa liberté et sauver ses frères et sœurs.

    La famille Lourmel a tout de la famille provinciale ordinaire. Une famille nombreuse, 4 enfants, assez traditionnelle et catholique. La fille aînée, Camille, 12 ans, se passionne pour ses cours de cirque où son professeur tente de faire sortir l’âme de clown qu’elle pourrait avoir en elle. Certes la maman, Christine, semble un peu dépressive et ostensiblement sévère, rechignant par exemple à ce que Camille prolonge les cours pour aller dormir chez des copines. Quant au père, Frédéric, il semble un chouia effacé ou résigné face aux exigences parfois injustifiées de son épouse. Et puis il y a la paroisse, mais rien d’extraordinaire à raconter sur elle, une paroisse menée par un curé charismatique et débonnaire que les fidèles appellent étrangement et affectueusement le berger, une paroisse dont les Lourmel suivent activement les activités, entre solidarité avec les personnes âgées ou les nécessiteux et repas dominicaux partagés. Le père, enseignant pas forcément épanoui dans son métier, et la mère, désœuvrée et neurasthénique, semblent trouver dans ces activités pastorales une certaine plénitude.
    Puis, insensiblement, le poids de la communauté religieuse va se faire plus prégnant : le berger incite les parents à retirer Camille de son cours de cirque, sous prétexte qu’il lui enseignerait l’ironie et le culte excessif du corps ; puis il leur demande de venir vivre aux côtés d’autres frères et sœurs dans une grande maison communautaire adossée au presbytère. Progressivement se mettent en place tous les mécanismes de l’engrenage sectaire : éloignement des proches hostiles au choix religieux par le biais de procédés diffamatoires ; répétitivité des rituels parfois absurdes, exorcismes ou autres, notamment quand les fidèles bêlent de concert pour appeler la venue du « berger »…

    La très chouette actrice Sarah Suco, découverte notamment dans les films de Louis-Julien Petit (Discount et Les Invisibles) passe ici derrière la caméra et elle n’a pas fait ce grand saut par hasard. Son film est d’ailleurs dédié à ses jeunes frères et sœurs car elle a dû vivre avec eux durant dix ans dans une communauté semblable et en a tiré l’authenticité de son récit. À aucun moment le film ne tombe dans la caricature, et le film décrit bien ces petits riens qui font basculer de la normalité à l’étrangeté voire pire. Les personnages des parents, remarquablement campés par Camille Cottin et Eric Caravaca, tout en ambivalence, évoquent les sentiments troubles, entre adhésion aveugle à la logique sectaire et amour sincère de leurs enfants. Face à eux, Jean-Pierre Darroussin est formidable en prêtre tour à tour bienveillant et franchement inquiétant.
    Mais ce qui emporte l’adhésion, c’est la vision en permanence à regard d’enfant et par extension le regard autobiographique de la réalisatrice. On est d’autant plus impressionné que tout ce qui est décrit ne se passe pas au cœur d’une cellule djihadiste ou d’une section de raéliens en voyage cosmique, mais bien dans une communauté catholique, tout à fait autorisée, comme il en existe des centaines en France (il suffit de chercher sur internet le réseau de la communauté des béatitudes), alors qu’on estime qu’il y aurait chaque année dans notre pays entre 50 000 et 60 000 enfants victimes de dérives sectaires. Le film est non seulement palpitant mais aussi salutaire.


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  • La BOF est à tomber par terre. Les acteurs sont formidables. Le point faible: le chinois qui joue le "prince charmant": on n'y croit pas une seconde. Mais le reste est très bien. Le film est plein de rebondissements.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20    note finale: 17/20

    Last Christmas

    Kate traîne derrière elle une série de mauvaises décisions et erre dans Londres au son des grelots accrochés à ses bottes de lutin, seul emploi qu’elle ait réussi à décrocher dans une boutique de Noël. C’est pourquoi elle n’en croit pas ses yeux quand elle rencontre Tom qui semble voir en elle bien plus que ce qu’elle laisse paraître. Alors que la ville se pare de ses plus beaux atours pour les fêtes de fin d’année, rien ne semblait les prédisposer à nouer une relation. Mais parfois, il suffit de laisser opérer la magie de Noël, d’ouvrir son cœur et d’y croire…


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  •  Un très beau film malgré une fin décevante. Les acteurs sont au top de leur forme.

    scénario: 16/20       acteurs: 17/20   technique: 16/20  note finale: 16/20

    Toute ressemblance

    Depuis son arrivée fracassante à la tête du 20 Heures, Cédric Saint Guérande, dit « CSG » est LE présentateur préféré des français. Ses audiences insolentes attisent les jalousies même au sein de La Grande Chaîne dont il est la star incontestée. Sa soif de pouvoir est sans limites, ce qui déplait au nouveau président de la chaîne. La guerre est déclarée entre les deux hommes pour le plus grand plaisir de CSG. Jeux de pouvoir, réseautage, manipulations et coups bas : la lutte sera sans merci, et l’issue forcément spectaculaire. Bienvenue dans les jeux du cirque médiatique !


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  •  Une excellente comédie avec des acteurs au sommet de leur art. On rit beaucoup.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20     note finale: 17/20

    Joyeuse retraite!

    L’heure de la retraite est enfin arrivée pour Philippe et Marilou ! Ils s’apprêtent à réaliser leur rêve : partir vivre sous le soleil du Portugal. Au revoir le travail, au revoir la famille, au revoir les emmerdes ! Ils pensaient enfin être tranquilles… mais leur famille a d’autres projets pour eux !


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  •  Un très beau film sur la crise grecque et la façon honteuse dont l'Europe a traité la Grèce.

    scénario: 18/20      technique: 18/20    acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    Adults in the room

    Après 7 années de crise le pays est au bord du gouffre. Des élections, un souffle nouveau et deux hommes qui vont incarner l’espoir de sauver leur pays de l’emprise qu’il subit. Nommé par Alexis, Yanis va mener un combat sans merci dans les coulisses occultes et entre les portes closes du pouvoir européen. Là où l’arbitraire de l’austérité imposée prime sur l’humanité et la compassion. Là où vont se mettre en place des moyens de pression pour diviser les deux hommes. Là où se joue la destinée de leur peuple. Une tragédie grecque des temps modernes.

    « Va où il est impossible d'aller » : la devise de Costa-Gavras (dont il fit le titre de ses mémoires), pourrait être une supplique à son pays natal, la Grèce. Yanis Varoufakis (superbement incarné par Christos Loulis), le héros de l’histoire qui va suivre, aurait également pu la faire sienne. Et c’est ce qui, dans la vie en vrai, au-delà de la nationalité, a sans doute contribué à rassembler les deux hommes : le refus de ployer sous les injonctions des courants hégémonistes. S’il est sans doute inutile de vous présenter le grand cinéaste dont a hérité la France en 1952, c’est quand même une belle occasion de saluer les bienfaits de l’immigration ! Construit à la façon d’un thriller à suspense, son nouveau film nous tient en haleine deux heures durant, sur un sujet qu’on n’aurait jamais soupçonné être si palpitant…

    Ce soir-là, tous retiennent leur souffle… Une foule dense, telle qu’on ne les imagine plus en France lors de nos mascarades quinquennales, attend le résultat des élections. C’est que le petit peuple grec est exsangue. Il a beau suer sang et eau, rien ne semble pouvoir étancher la soif vampirique de l'ennemi de tous les petits peuples : « La Finance ». Les prêts consentis au pays, à des conditions assassines, par les leaders européens, ressemblent à ces bougies d’anniversaire, dites « magiques » mais ô combien agaçantes, qui se rallument de plus belle dès qu’on cesse de souffler dessus. Une dette indélébile, auto-alimentée par des taux d’intérêt honteux. La Grèce doit payer le prix de trente années de gestion irresponsable exercée par les gouvernements successifs, plusieurs centaines de milliards de dollars de déficit, qui reposent désormais sur les pauvres épaules des citoyens lambda, qui n’avaient surtout pas demandé tous ces investissements hasardeux.
    Malgré le marasme profond qui envahit le pays, une improbable lueur d’espoir s’est levée, portée par Syriza, le parti de la coalition de gauche. Dans la modeste salle de campagne, en ce mois de janvier 2015, tous se tiennent aux aguets… puis… bondissent de joie ! C’est la victoire ! Très vite Yanis Varoufakis, sans jamais avoir adhéré au parti, sera pourtant nommé Ministre de l’Économie du nouveau gouvernement conduit par Alexis Tsipras. Pas de meilleur choix que ce brillant économiste, doué d’un sens de la répartie redoutable, pour renégocier les conditions de la dette qui asphyxie la république hellénique. À compter de cet instant va se jouer un duel passionnant dans les coulisses des instances de l’Europe, entre David/Yanis, qui a la ténacité d’un Sisyphe, et une armée de Goliath surpuissants qui considèrent que « le système de protection social n’est qu’un rêve communiste ». Mais surtout il lui faudra convaincre la « Troïka » (créée en 2010 et constituée de fonctionnaires de la Commission Européenne, de la BCE, du FMI…) de bien vouloir renégocier les conditions de la dette. Persuadé que le bon sens et une juste cause peuvent l’emporter, Varoufakis entame une course de fond à armes inégales, décidé à ne pas céder face à l’Eurogroupe. Après tout, ne représente-t-il pas un peuple qui a « deux millénaires d’expérience en matière de patience, puisqu'inventeur du stoïcisme. » ?

    Adults in the room, dense et passionnant, fait référence au livre de Yanis Varoufakis Conversation entre adultes tout aussi bien qu’à une judicieuse question qu’il est légitime de se poser en observant le microcosme de tous ces décisionnaires européens qui ont parfois des comportements dignes de cours de récréation : « Y’a-t-il des adultes dans la pièce ? ». Si le constat global du film est consternant, il est extrêmement jouissif de voir les politicards aux dents longues (dont nos Français), se faire égratigner au passage. Mais on devra malgré tout se plier une fois de plus à l’évidence : tous ces oligarques ont désormais le monopole du cynisme… qui fut lui aussi inventé par les Grecs. Nous ne saurions que conseiller à ces derniers de réclamer des droits d’auteurs à l’Europe : cela ferait plus qu’effacer leur dette, ils deviendraient multimilliardaires !


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  •  Un très beau film tirée d'une histoire vraie. Les acteurs sont formidables et c'est très bien filmé.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20    technique: 17/20  note finale: 17/20

    Un monde plus grand

    Partie en Mongolie chez des éleveurs de rennes pour enregistrer des chants traditionnels, Corine pensait pouvoir surmonter la mort de Paul, son grand amour. Mais sa rencontre avec la chamane Oyun bouleverse son voyage, elle lui annonce qu’elle a reçu un don rare et doit être formée aux traditions chamaniques. De retour en France, elle ne peut refuser ce qui s’impose désormais à elle : elle doit repartir pour commencer son initiation… et découvrir un monde plus grand. 

     Emprunt d'une profonde spiritualité, sans pourtant jamais céder à une vision simpliste ou idéalisée, c'est un film qui se raconte comme un voyage et se vit comme une expérience humaine d'une grande sincérité. Fruit d'un long et minutieux travail de repérages en territoire mongol et d'une étroite collaboration avec Corine Sombrun, l'auteure de Mon initiation chez les chamanes, qui a participé à toute l'écriture du film, Un monde plus grand est, au-delà d'une belle histoire avec sa dose de romanesque et de tension, un très bel hommage à la culture des peuples premiers et en particulier les Tsaatans, bergers nomades vivant aux frontières de la Sibérie. Que l'on soit un cartésien pur jus ou sensible aux mondes et aux forces invisibles, cette histoire touche et interpelle de manière universelle car elle interroge les peurs et les limites auxquelles chacun peut être confronté quand il faut faire face à des événements qui échappent à notre compréhension.

    Quand elle a perdu son grand amour, le monde de Corine s'est effondré comme un château de cartes. Toutes les perspectives ont été effacées, comme rayées définitivement de sa géographie intime, celle sur laquelle elle avait pourtant tracé milles et unes trajectoires lumineuses et colorées. Son chagrin, sa douleur ont envahi l'espace et chaque geste du quotidien lui demande un effort surhumain. Elle est ingénieure du son, on lui propose un voyage à l'autre bout du monde, en Mongolie, pour recueillir des chants traditionnels et des sons de toutes sortes en vue d'un reportage. Une fuite, peut-être… Un moyen de se retrouver seule avec sa peine, sans doute…
    Mais il n'y a pas de hasard. Au cours d'une cérémonie, Corine est plongée dans une expérience de transe qui la propulse dans un monde inconnu, celui des esprits invisibles que seuls les chamanes ont le privilège de pouvoir côtoyer. Oyun, celle de la tribu, lui annonce qu'elle a reçu un don rare et précieux dont elle ne peut se défaire et qu'elle ne peut surtout pas ignorer : elle doit entamer un long processus d'apprentissage et s'initier aux rituels chamaniques afin de le maitriser et d'en faire bon usage. D'abord totalement réfractaire à cette idée qu'elle juge tout droit sortie de superstitions et de croyances ridicules, Corine va devoir faire face à la réalité, d'autant que son corps tout entier semble avoir trouvé une résonance particulière à certains sons, comme une nouvelle sensibilité qui l'aurait connectée à quelque chose de plus grand qu'elle.
    Sur les terres majestueuses des plaines de Mongolie, là où les hommes vivent en harmonie avec la nature et convoquent tout naturellement, et pour chaque geste de leur quotidien, la communauté des esprits, commence alors un autre voyage… Qui peut après tout jurer que les disparus ne peuvent chercher à communiquer avec les vivants ? Qui peut affirmer avec certitude que les rivières, les forêts et les troupeaux ne sont pas habités par une force invisible ? Qui peut prouver que la science a exploré tous les recoins du cerveau humain et qu'il n'existe plus, dans les interstices de son paysage, des terres sauvages et inexplorées ?

    Pour la petite histoire scientifique, Corine Sombrun est à l'origine de la création du Trance Science Research Institute, un réseau international de chercheurs investis dans les études neuro-scientifiques de la transe, visant à démontrer qu’elle n’est pas un don réservé aux seuls chamanes, mais bien un potentiel de tout cerveau humain, à la fois instrument d’exploration d’une réalité sous-jacente et outil de développement cognitif.


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  • Le film, qui s'inspire d'une histoire vraie bouleversante, n'est jamais donneur de leçon. Il est porté par un Gérard Depardieu et une Isabelle Nanty d'une infinie tendresse. Et c''est bien filmé.

    scénario: 18/20                     acteurs: 18/20               technique: 18/20   note finale: 18/20

    Fahim

    Forcé de fuir son Bangladesh natal, le jeune Fahim et son père quittent le reste de la famille pour Paris. Dès leur arrivée, ils entament un véritable parcours du combattant pour obtenir l’asile politique, avec la menace d’être expulsés à tout moment. Grâce à son don pour les échecs, Fahim rencontre Sylvain, l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France. Entre méfiance et attirance, ils vont apprendre à se connaître et se lier d’amitié. Alors que le Championnat de France commence, la menace d’expulsion se fait pressante et Fahim n’a plus qu’une seule chance pour s’en sortir : être Champion de France.


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  •  je ne sais pas où ils ont trouvé ces acteurs mais ils sont géniaux. le film est très réussi et plein d'humour.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20     technique: 17/20   note finale: 17/20

    La vérité si je mens, les débuts

    Au début des années 80, Patrick, fils à papa désinvolte, va, après son premier échec amoureux, se transformer en talentueux entrepreneur. Dov, dont la mère attend de brillantes études, quitte le lycée pour travailler dans le Sentier tout en séduisant la femme de son patron. Yvan prend de l’assurance au fil des épreuves professionnelles. Et Serge ne cesse d’inventer des bobards pour séduire la plus belle fille du lycée et embrouiller ses parents sur son bac.


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  • Un très beau film sur les années de plomb en Algérie, qui rappelle, une fois de plus et si'l en était besoin que l'islamisme est un fascisme. Hymne à l’émancipation des femmes, dans un contexte qui tente de les museler, le film de Mounia Meddour est un chef-d’œuvre. Brillamment mis en scène et enchaînant les séquences fortes, le film est à la fois bouleversant et indispensable, servi par deux révélations, les jeunes Lyna Khoudri et Shirine Boutella, impressionnantes en papicha insoumises.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20       technique: 18/20   note finale: 18/20

    Papicha

    Alger, années 90. Nedjma, 18 ans, étudiante habitant la cité universitaire, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux " papichas ", jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide de se battre pour sa liberté en organisant un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits.

    « Papicha », c’est le petit nom charmant que l’on donne aux jeunes algéroises drôles, jolies, libérées. C’est aussi désormais un film sur le courage, celui d’un pays, d’un peuple, d’une jeunesse qui ne demande qu’à exulter, qui refuse de céder aux injonctions de la peur, à celles de bras armés tout puissants. Il est donc question dans Papicha de résistance vivifiante, de pulsions joyeuses, d’insoumission. Le film nous immerge dans la décennie noire des années 90 : tandis que les étudiants du pays aspirent à la même liberté que leurs cousins occidentaux, par le jeu des forces politiques en présence, une vague d’intégrisme va monter, implacable, génératrice de violence, d’interdits, de terreur. Le GIA (Groupe Islamiste Armé) et l’AIS (Armée Islamique du Salut), dont les premières cibles sont les journalistes, terrorisent la population civile, tout en se faisant la guerre entre eux, ainsi qu’à la démocratie. On dénombrera au final plus de 150 000 morts, des dizaines de milliers d’exilés, un million de personnes déplacées. L’action du film prend sa source dans ce contexte tendu, celui que connut bien la jeune réalisatrice encore étudiante, et dont elle choisit de faire une fiction assoiffée de joie, d’espérance, de révolte.


    Tout démarre par une belle nuit suave, qui donne envie aux corps d’exulter. Gros plan sur deux donzelles sur la banquette arrière d’un taxi clandestin qui brinquebale dans les rues d’Alger. Dans cette cabine d’essayage de fortune, elles se maquillent, se tortillent comme des libellules en train d’abandonner leurs chrysalides. Elles n’ont que peu de temps pour quitter leurs tenues sages et se transformer en reines de la nuit. Alors que le vieux chauffeur qui bougonne, réprobateur, a du mal à garder les yeux dans sa poche, Nedjma, qui a la langue bien pendue, le renvoie à son volant : « Papy, la route c’est devant, pas derrière ! » Un sens de la répartie que semblent cultiver en permanence les filles entre elles, à coups de « battle de mots » comme elles les appellent, qui démarrent dans les endroits les plus saugrenus. Des moments pêchus et drôles, un peu outranciers, comme un arsenal d’armes fragiles qu’elles entretiennent en riant, maigre rempart contre les débordement sexistes, les insidieux harcèlements quotidiens qu’elles subissent en faisant mine de s’en moquer. Difficile de trouver des espaces de liberté sereine ici. On devine que la majorité de celles et ceux qui se retrouvent pour faire la fête, même si c'est sans doute plus simple pour les garçons que pour les filles, ont dû, tout comme Nedjma et son inséparable copine Wassila, faire le mur, s’échapper en catimini. Une clandestinité propice à toutes les arnaques, à tous les chantages vicelards (on assistera à un florilège de bêtise de la part de ces messieurs).
    En attendant, Nedjma poursuit, vaille que vaille, son rêve de devenir styliste, elle en a le talent. Elle va y entrainer toute sa bande de copines, sa famille et même quelques professeures. D’abord inconsciemment, la mode, qui dévoile et embellit les corps, va devenir une forme de contestation. Au noir des hidjabs que les islamistes veulent imposer à la gent féminine, Nedjma opposera la blancheur du haïk, cette étoffe qui fut, au-delà de sa fonction vestimentaire traditionnelle, le symbole de la résistance nationale algérienne contre la politique coloniale française.

    Papicha, c’est le portrait d’une féminitude solidaire et complexe, bien au-delà des clichés. Des plus gamines au plus âgées, des plus modernes aux plus conformistes, nulle n’est dupe ou naïve. Chez elles, l’insouciance, qu’elle soit feinte ou cultivée, apparait dès lors comme une forme de résilience indispensable, une façon non seulement de survivre, mais surtout de ne jamais abdiquer joie et douceur de vivre.


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  •  Si "Le Dindon" ne révolutionne pas le genre, il n'en reste pas moins une comédie légère et acide plus que plaisante et servie, qui plus est, par d'excellents comédiens. Une manière de nous rappeler que la comédie française a encore beaucoup de choses en réserve et qu'il suffit parfois d'aller piocher dans les classiques pour la revigorer. Jalil Lespert a transposé son intrigue dans les années 60 (...) Pour le reste, il est toujours bien question de fidélité, de constats d’adultère, de trahisons feutrées (on est chez les bourgeois), de gros quiproquos et de jeux de dupes qui vont se régler à grand renfort de portes qui claquent et de répliques bien senties, dans une intrigue resserrée au maximum. Un jeu de cache-cache sentimental à la Feydeau, dont Jalil Lespert adapte ici la pièce, dans une comédie qui s’efforce de porter au cinéma la mécanique théâtrale. Mais si vous n'aimez pas les couples avec amants, n'y allez pas! Du Feydeau quoi... et presque du théâtre filmé.

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20  technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le dindon

    Monsieur de Pontagnac a eu un coup de foudre pour une jolie jeune femme. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que celle-ci n’est autre que Victoire, la femme d’un de ses amis, Vatelin. Et si le notaire le prend plutôt bien, Victoire, elle n’est pas si simple à manipuler. Surtout, la mésaventure a lancé dans leur société un sujet – et un petit jeu étonnant autour de la fidélité des uns et des autres. Alors quand entrent dans l’arène Rediop, soupirant de Victoire, et Suzy, ancienne flamme de Vatelin, le jeu se corse encore.


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  •  Un film royal, au casting princier, qui vient couronner les efforts du nec plus ultra de l’audiovisuel britannique. Je n'ai pas vu la série mais j'ai adoré ces querelles entre domestiques sont truculentes. Les acteurs sont vraiment laids.

    scénario: 17/20        technique: 17/20     acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Les Crawley et leur personnel intrépide se préparent à vivre l'événement le plus important de leur vie : une visite du roi et de la reine d'Angleterre. Cette venue ne tardera pas à déclencher scandales, intrigues amoureuses et manigances qui pèseront sur l'avenir même de Downton.

    Images magnifiques aux couleurs d'automne, costumes chiadés… on retrouve tous les personnages qui faisaient le charme imparable des six saisons de la série. Il n'est néanmoins pas besoin de les avoir vues pour savourer le film, mais dame ! 52 épisodes de 50 minutes, ça crée des liens et vous rend familière une bande de personnages qui s'étaient immiscés dans nos vies en nous racontant l'évolution d'une famille d'aristocrates « so british » et de leurs domestiques dans le petit château familial niché dans le cœur verdoyant du Yorshire au début du siècle dernier. Ça commençait le jour du naufrage du Titanic qui décimait les héritiers mâles de la famille Crawley…

    Le film débute plus de dix ans après, là où s'arrêtait le dernier épisode. En passant au grand écran, les personnages semblent dans un premier temps presque un peu intimidés, comme si le poids de l'attente des plus de 120 millions de spectateurs cumulés à travers 200 pays leur flanquait un peu la trouille. Il y a de gros moyens, les décors ont plus d'ampleur… succès planétaire oblige : l'intimité du petit écran manque un peu, mais peu à peu le ballet habituel des intrigues reprend le dessus et on renoue avec l'ambiance des cuisines en sous-sol, les désirs de pouvoir, les petits coups fourrés, les sentiments qui fleurissent là où on ne les attendait pas… Tous se connaissent depuis si longtemps que les relations ont perdu en acidité avec l'habitude, on est plus pointilleux sur les économies, le train de vie n'est plus tout à fait ce qu'il était… Même la Comtesse douairière (Maggie Smith), du haut de ses 85 ans, est devenue moins coupante avec le temps…


    Mais voilà qu'une nouvelle arrive qui fracasse les habitudes et fait reprendre du service à ceux qui étaient sur la touche, on rameute de tous côtés : leurs majestés de la couronne d'Angleterre se lancent dans un périple à travers leurs provinces et ont décidé d'honorer de leur visite leurs fidèles sujets qui représentent si bien cette vieille noblesse tellement liée à l'histoire de la « Perfide Albion »… on imagine le branle-bas que l'annonce provoque et chacun se pose la question cruciale qui va avec son rang : quel plat va-ton leur mijoter se demande-t-on à l'office, quelle robe vais-je mettre au bal, soupire-t-on dans les étages… Mais le sentiment de fierté que la visite provoque chez les domestiques, qui se sentent depuis toujours un peu de la famille, est vite gâté par l'arrivée du staff royal, qui prend la main, majordome insupportablement suffisant en tête, les chassant de leur cuisine avec arrogance. On se doute que Carlson, Elsie, John Bates, Ana Bates, Phyllis, Beryl, Daisy et tous les autres travailleurs de l'ombre ne vont pas se laisser humilier de si mauvaise façon…

    En passant au cinéma, Downton Abbey a pris la douceur colorée d'un bonbon anglais, le poivre de la contestation sociale pique moins, le souffle de l'histoire semble un peu distant, mais le charme opère tout de même et on se laisse porter par le tourbillon des personnages, la beauté du décor, et on sort du ciné avec l'envie de se refaire quelques petits épisodes au coin du feu, à la maison…


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  •  À la candeur des jeunes gens se superpose le pessimisme amusé du réalisateur, qui sourd dans cette sorte de mécanique implacable qu'est la vie, où ce qui advient de plus surprenant n'est jamais totalement fortuit. Très réussi et New York est divinement filmé.

    scénario: 16/20        acteurs: 17/20     technique: 17/20   note finale: 16/20 

    Un jour de pluie à New York

    Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York. Mais leur projet tourne court, aussi vite que la pluie succède au beau temps… Bientôt séparés, chacun des deux tourtereaux enchaîne les rencontres fortuites et les situations insolites.

    Les comédiens se renouvellent, les générations passent, mais l'aura de New York filmée par Woody Allen est toujours intacte, et l'écriture du maestro est toujours aussi fine et précise, et profonde sans en avoir l'air. Ici, elle est une fois encore travaillée à la virgule et au bon mot près, ciselée par la diction impeccable et parfaitement rythmée de tous ses comédiens, incarnant d'une manière évidente l'essence même du cinéma de Woody Allen. Mais comme jamais peut-être dans ses films précédents, il y a dans Un jour de pluie à New York un phénomène assez troublant qui se manifeste dès les premières images, c'est le sentiment que le personnage de Woody Allen, que nous avons vu tant de fois à l'écran et dont on connait si bien l'air binoclard un peu ahuri et le phrasé mitraillette si caractéristique, semble habiter tel un spectre chacun des personnages de l'intrigue…


    De l'étudiant intello et joueur de poker à la jeune et naïve journaliste en herbe en passant par le réalisateur en plein crise existentielle, le scénariste cocu ou le grand frère qui se demande s'il ne doit pas annuler son mariage car il ne supporte plus le rire strident de sa fiancée : il est partout. A part peut-être dans le personnage (sublime) de la mère, mais chacun sait qu'une mère, dans un film de Woody Allen, se suffit à elle-même. Alors quoi ? Délire mégalo ? Omniprésence du vieil artiste au crépuscule de sa carrière ou plus simplement magie du cinéma ? Qu'importe, on est bien, là, à New-York sous la pluie avec tous ceux-là, les jeunes et ceux qui le sont moins, et on se réjouit pleinement de ce délicieux divertissement.
    Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont bien nés, ils sont étudiants dans une université prestigieuse et gentiment amoureux. Journaliste pour la gazette de la fac, Ashleigh, passionnée de cinéma, vient de décrocher une interview du célèbre réalisateur Rolland Pollard à New-York. L'occasion rêvée pour Gatsby de l'embarquer pour un week end romantique dans sa ville natale. Mais ce qui s'annonçait comme une escapade bien balisée va se muer en folle partie de cache-cache. Alors que la délicieuse Ashleigh se retrouve happée dans le petite monde très fermé – et passablement ridicule – du cinéma d'auteur new-yorkais, Gatsby retrouve par hasard, dans le désordre de l'apparition à l'écran : un ancien pote de collège qui l'embauche pour un rôle muet dans le court-métrage qu'il est train de tourner, la sœur d'une ex-amoureuse, sa mère à qui il avait pourtant annoncé son absence pour cause d'examen au traditionnel gala de charité qu'elle organise tous les ans, une call-girl bien sous tous rapports…

    Tout ce beau monde en prendra gentiment pour son grade, sous les assauts de la verve grinçante mais souvent tendre du cinéaste : les artistes tourmentés et leur nombril, les filles jolies mais un peu nunuches, la grande bourgeoisie et ses soirées de charité, les jeunes hommes prétentieux. Seule la délicieuse Ashleigh tirera paradoxalement son épingle de ce jeu de dupes : sous ses airs de blonde écervelée se cache une vraie sincérité, pure, pas encore abîmée par les rumeurs, la vanité, l'arrogance… de quoi méditer.


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  • Un thriller très réussi plein de surprises et de rebondissements. Divertissant et parfois, ça fait du bien de mettre ses neurones au repos

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20     technique: 16/20     note finale: 16/20

    La chute du président

    Victime d’un coup monté, Mike Banning, agent des services secrets, est accusé d’être le cerveau d’une tentative d’assassinat envers le président américain, Allan Trumbull. Poursuivi par le FBI, il va devoir combattre pour survivre et trouver l’identité de celui qui menace la vie du président…


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  • Olivier Gourmet, est comme toujours au sommet de sa forme!! Un très beau film qui fait réfléchir sur la vie, le travail, la famille. Une belle avant-première.

    scénario: 16/20        technique: 16/20         acteurs: 17/20       note finale: 17/20

     

    Ceux qui travaillent

     

    Comment se peut-il qu'un jeune réalisateur puisse du premier coup pondre une telle œuvre, qui laisse pantois tant sa pertinence nous claque à la gueule ? Pauvres de nous… quel monstre broyeur d'humanité avons nous donc construit sans que personne ne s'insurge ? Sans que personne au sommet des tribunes du pouvoir ne se lève pour hurler d'arrêter tout ! Antoine Russbach réussit dans son premier long métrage à dire avec une force saisissante l'essentiel de ce qui nous tourmente et questionne la société toute entière : que sommes nous devenus pour nous faire les complices de ce qui nous écrase et menace en nous ce qu'il reste d'humanité ? Comment se peut-il qu'ayant désormais à disposition autant de moyens de voir, de savoir, de comprendre, nous soyons devenus à ce point aveugles et sourds à ce qui se joue dans les coulisses de la consommation de masse, d'un commerce mondialisé ? Serions nous devenus indifférents et impuissants à force d'individualisme ?


    Frank est cadre supérieur dans une grande compagnie de fret maritime. Chef d'orchestre d'un ballet de cargos énormes qui trimballent d'un continent à l'autre toutes sortes de denrées plus ou moins rapidement périssables. Il définit les routes des navires qui ne sont pour lui qu'une abstraction concrétisée par des chiffres et des petits points qui se baladent sur un écran d'ordinateur… tandis que les individus disparaissent dans les statistiques, petites choses anonymes perdues dans un océan invisible et lointain dont on ne saurait percevoir, depuis ce bureau ultra-moderne, ni l'odeur des embruns, ni le ressac d'une humanité en souffrance.
    Il est bosseur Frank, il a le sens des responsabilité, une famille, trois beaux enfants élevés au cordeau, qu'il n'a guère le temps de voir, mais qui ne manquent de rien et surtout pas du dernier smartphone que les copains lorgnent avec envie. Il assume son rôle de père, de mari avec la même conscience que le reste… sans se demander jamais si cette vie-là le rend vraiment heureux.
    Ce jour-là justement, il doit quitter à la hâte son bureau pour récupérer sa fille à la demande de l'école : un bobo, un mal au ventre, une envie de câlins ?.. Au moment même où un capitaine de cargo le sollicite dans une situation de crise : un clandestin se trouve à bord, malade, peut-être contagieux, l'équipage est inquiet… Accroché à son portable, Frank hésite : quelle ordre donner ? Faire demi tour et ramener le malade au premier port qui le prendra en charge, au risque de perdre la cargaison ? Aller au bout, braver la peur des marins, risquer le contrôle, une amende, voire pire ?
    Frank tranchera sous la pression et son choix, terrible, lui coûtera son poste… Trahi par un système à qui il pense avoir tout donné et qui, hypocritement, le lâche, alors même qu'il s'inscrivait parfaitement dans sa logique, en cohérence avec les objectifs fixés, caution parfaite d'un système où il avait sa part, ni pire ni meilleur que n'importe quel autre. Et voilà que cette décision, prise en toute conscience, renvoie les autres à la mécanique infernale qu'ils ont construite et dont ils refusent de payer le prix : Frank sera le fusible qui saute.

    C'est d'une maitrise confondante et Olivier Gourmet porte le personnage avec une intensité qui ne laisse rien passer : créature d'un système qu'il contribue à nourrir, il est le seul à regarder les choses en face, peu fier de ce qu'il a fait, mais persuadé qu'il n'y avait pas d'autre choix possible. Ce faisant il renvoie la question à ceux qui regardent le film : qui sommes nous pour juger, qui peut condamner… car ce type-là est un humain, avec sa part d'ombre et sa part de lumière et ses tourments résonnent en nous. Où finit la responsabilité de la société qu'on a tous contribué à créer, où commence la nôtre ? Suffit-il de jouer dans les marges pour être exempt de cette co-responsabilité ? Que sommes nous prêts à accepter pour ne rien perdre de notre confort ?
    Ce n'est pas un film bavard, c'est un film dont l'intensité tient autant dans les mots que dans les silences, les gestes, les regards, les frémissements du visage. Et Gourmet excelle à porter à fleur de corps les frémissements inquiets de l'âme…


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  • Très réussi. Klapisch dresse un portrait drôle, émouvant et percutant de l'ultra-moderne solitude urbaine et du célibat connecté à l'ère des réseaux sociaux en racontant non pas une histoire d'amour, mais une préhistoire d'amour - toutes les galères par lesquelles on passe avant de tomber amoureux. On se promène un peu le vague à l’âme, mais avec le sourire aussi, dans cette variation contemporaine et éloignée de "The Shop Around the Corner" de Lubitsch, et après un prologue un brin long à la détente, on se laisse cueillir par l’humanité de tous les personnages de cette histoire, dont le centre névralgique est une épicerie de quartier, qui ressemble à un rêve ou une utopie réaliste. Celle que semble soumettre à nos yeux Cédric Klapisch, comme on fredonnerait tout bas un chant d’espérance.On peut toutefois regretter que l'image soit dégueulasse.

    scénario: 18/20      acteurs: 17/20       technique: 15/20    note finale: 17/20

    deux moi

    Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?

    Tous les métros, tous les tramways, tous les bus de toutes les grandes villes nous offrent ce drôle de spectacle : des hommes, des femmes, de tout âge, de toutes classes sociales, se tiennent la tête baissée, le regard comme aspiré par l'écran de leur téléphone portable intelligent (!?). Chacun cherche son moi dans cet étrange miroir, reflet de nos existences en quête de sens, de contacts, de like, dans une volonté de remplissage frénétique (des amis, des applis, des tutos, des photos…) qui masque à peine l'angoisse du vide, du silence, du rien. Il le dit bien, Cédric Klapisch, dans ses notes d'intentions : on ne peut plus faire aujourd'hui un film sur le sentiment amoureux, sur la naissance d'une histoire sans tenir compte de ces flux numériques qui ont envahi nos vies et notre manière d'être à l'autre et au monde. Pourtant, dans ce monde ultra connecté, la solitude est toujours aussi criante et les injonctions à adopter la positive attitude n'ont pas vidé les cabinets des psy… Mais plutôt que de nous filer le bourdon, et il y aurait de quoi, voilà un film qui se nourrit des petits miracles du vivre ensemble, ces petits riens du tout (Riens du tout, c'est le titre du premier long métrage de Klapisch) qui, mis bout à bout, forment la chaîne qui permet de ne pas complètement se laisser piéger dans les mailles du grand filet. Il a ce talent-là, Klapisch, cette bienveillance, cet amour des êtres qui donnent à son cinéma une force un peu naïve distillant l'optimiste, même dans les cas les plus désespérés.


    Ils le sont un peu, désespérés, ses deux héros. Oh certes, ce n'est pas le désespoir criant et tonitruant qui vous pousserait à faire le saut de l'ange du 5e étage, c'est un mal plus sourd, presque discret, qui fait son nid doucement. Au fil des mois, dans ce grand Paris où tout va vite, ça s'incruste, ça empêche de dormir (lui), ça engourdit (elle) ; ça vous flanque une peur panique quand il faut sortir de sa zone de confort (elle), ça vous fait vous évanouir dans le métro (lui) ; ça vous fait recueillir un chat (lui), ça vous fait vous inscrire sur des sites de rencontres pour coucher un soir et plus si affinités (elle). Et puis un jour, ça vous fait vous allonger sur le divan d'une psychanalyste (elle) ou consulter un psychologue du service public (lui). Mélanie et Rémy, trentenaires solitaires, mènent ces vies parallèles l'une à côté de l'autre, sans se voir, chacun dans sa bulle, avec ses trouilles et ses œillères.
    La riche idée de Klapsich, qui renoue avec le charme de Chacun cherche son chat, c'est d'avoir implanté ces deux-là dans un quartier de Paris aux allures de village, dont le cœur battant est une épicerie. Nul besoin ici de chercher sur internet le top 5 des meilleurs marques d'olives sans noyau, ni de télécharger la recette de l'houmous sur le 569e site de cuisine répertorié par votre moteur de recherche, pas besoin non plus d'activer la géolocalisation pour savoir où se trouve le cours de danse le plus proche : le patron (formidable Simon Abkarian) fait tout cela bien mieux qu'un smartphone, et en plus, il est drôle.

    Au final, tous ces personnages : le pharmacien, l'épicier, les psy, la collègue de travail pétillante… forment autour de ces deux solitudes l'écrin de tendresse dont ce monde manque furieusement… Cédric Klapisch nous invite à éteindre nos satanés écrans et à descendre voir ce qui se passe dans la rue, chez le petit commerçant du coin. Naïf ? Sans doute, et alors ?


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