• Une heureuse surprise. J'avoue que je m'attendais à un gros navet. Et bien pas du tout. Le scénario est très réussi et les actrices sont géniales. Juliette Binoche s'amuse autant que nous.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20    technique: 18/20    note finale: 18/20

    Telle mère, telle fille

    Inséparables, Avril et sa mère Mado ne peuvent pourtant pas être plus différentes. Avril, 30 ans, est mariée, salariée et organisée à l'inverse de sa mère, éternelle ado insouciante et délurée qui vit aux crochets de sa fille depuis son divorce. Mais quand les deux femmes se retrouvent enceintes en même temps et sous le même toit, le clash est inévitable. Parce que si Mado, en pleine crise de jeunisme, n'est pas prête à être grand-mère, Avril, quant à elle, a bien du mal à imaginer sa mère... mère !


    votre commentaire
  •  Unb très beau film sur les ravages de la guerre sur les combattants qui ont survécu et qui essaient tant bien que mal de reprendre leur vie. Les acteurs donnent une épaisseur incroyable à leur personnage. Très réussi.

    scénario: 18/20      technique: 18/20    acteurs: 18/20    note finale: 18/20

    Cessez le feu

    1923. Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu'il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence. Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d'Hélène, professeure de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée...

    Cesser le feu. Arrêter la combustion des âmes. Eteindre enfin les tourments qui n’en finissent pas de consumer ceux qui sont revenus de l’enfer des tranchées. Cessez-le-feu : une injonction, un appel au secours qui résonnerait comme un retour à la vie, à la normalité, à la beauté du monde. Cessez-le-feu nous plonge dans cet instant de l’après, quand les bombes ont cessé de pleuvoir, quand on a enterré les morts ou gravé sur les monuments le noms des disparus, quand les plus chanceux ont retrouvé leur maison, leur famille et qu’il faut tourner la page de cette maudite guerre. Premier film du scénariste Emmanuel Courcol (qui a écrit entre autres Welcome pour Philippe Lioret), c’est un voyage au cœur du monde des survivants, quand il faut encore se battre contre les démons et le souvenir de la boue des tranchées.


    Brillant plaidoyer pour la paix, car on imagine bien que l’horreur de la guerre est la même, à des kilomètres ou des siècles de distances, c’est un film à la fois déroutant et touchant qui raconte ce douloureux retour à la vie à travers le portrait de Georges et de son frère Marcel. Construit avec une grande intelligence, avec ce qu’il faut de retours en arrière pour nourrir les personnages, et porté par deux formidables comédiens dont le trop rare Grégory Gadebois, tout en force tendre et mots retenus, Cessez-le-feu nous touche et nous poursuit discrètement… comme les lignes bouleversants de ces lettres de poilus anonymes.
    Ils étaient trois frères partis au combat, tous les trois très vite plongés dans l’enfer des tranchées. Le cadet n’est jamais rentré, est-il mort ? disparu ? ou fou errant sans mémoire ? Marcel, lui, est revenu vivre chez sa mère, mais la parole l’a quitté et il passe ses journées perdu dans monde dont on se doute bien qu’il est peuplé de fantômes et de baïonnettes. Seule la visite d’une jeune femme, Hélène, venue lui enseigner le langage des signes, égaie un peu ses journées.
    Le troisième enfin, Georges, est revenu vivant lui aussi mais il est très vite reparti, sur des terres lointaines et sauvages, en Afrique, comme si la barbarie des combats lui avait soudain imposé un besoin vital et urgent de sentir d’autres visages, d'autres couleurs, d’autres parfums d’humanité.

    Mais un jour, Georges rentre chez lui… La vie a repris son cours, les poilus ne sont plus les héros de la patrie mais des rescapés, meurtris, traumatisés, voire complètement détruits, qui peinent à retrouver leur place au sein des familles, des villages, de la société. Et puis il y a le commerce d’après-guerre, les monuments aux morts, les champs à perte de vue qu’il faut déminer, les cadavres qu’il faut déterrer et identifier… un vrai chantier de Titan.
    Georges veut repartir… sa place n’est plus ici. Mais il y a Marcel, le robuste et doux Marcel qui a peut-être trouvé l’amour sous les traits d’une jeune veuve, et puis il y a la mère… et enfin il y a Hélène. Mais rien ni personne ne peut comprendre la solitude oppressante de ceux qui vivent avec les fantômes de leurs compagnons d’infortune, les gamins partis la fleur au fusil et jamais revenus. Personne ne peut entendre le bruit effrayant des balles qui sifflent et résonnent pour toujours sous les crânes… pourtant, un jour il faut bien que cesse le feu, d’une manière ou d’une autre.


    votre commentaire
  •  Un jeune médecin portugais, soldat pendant la guerre coloniale en Angola entre 1971 et 1973, envoie à sa femme des lettres d’amour poétiques, sensuelles et passionnées. Ce jeune homme, en train de devenir écrivain, c’est António Lobo Antunes dont 280 lettres ont été publiées en 2005. Elles sont l’inspiration du film qui en propose une lecture intime et leur donne vie. Magnifique!

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Lettres de la guerre

    Un jeune médecin portugais, soldat pendant la guerre coloniale en Angola entre 1971 et 1973, envoie à sa femme des lettres d’amour poétiques, sensuelles et passionnées. Ce jeune homme, en train de devenir écrivain, c’est António Lobo Antunes dont 280 lettres ont été publiées en 2005. Elles sont l’inspiration du film qui en propose une lecture intime et leur donne vie.

    « Les lettres de ce livre furent écrites par un homme de vingt-huit ans, dans le cadre intime de sa relation avec sa femme, isolé de tout et de tous durant deux ans de guerre coloniale en Angola, sans qu'il pense qu'elles seraient publiées un jour. Nous n'allons pas décrire ces lettres : chacun les lira à sa manière, assurément différente de la nôtre. Mais quelle qu'en soit l'approche, littéraire, biographique, document de guerre ou histoire d'amour, nous savons qu'elles sont extraordinaires sous tous ces aspects. » (Extrait de la préface écrite par Maria José et Joana Lobo Antunes,filles de l'écrivain)


    Lettres de la guerre est donc une très belle adaptation des écrits autobiographiques d'António Lobo Antunes. S'il est bien évidemment question de guerre dans ce film, il est surtout question d'amour. António Lobo Antunes fut médecin durant la guerre d'Angola au début des années 70 – il était également apprenti écrivain. Ivo Ferreira raconte son expérience de soldat mais aussi son apprentissage d'auteur, et même d'auteur amoureux puisque l'histoire est racontée par les missives enflammées qu'il adresse à sa compagne au Portugal. L'image de Lettres de la guerre est absolument superbe : c'est le regard posé par un étranger sur une beauté exotique décrite dans les lettres de l'auteur comme « excessive ». Ivo Ferreira se sert habilement de cette mise à distance hallucinée (la beauté exaltée de la nature et des hommes érotisés) qui déréalise tan- dis que les lignes lues permettent d'entrer dans la tête et le cœur de l'auteur. Avec autant de lyrisme, mais plus d'intimité que dans ces plans plus grands que la vie : les orages de nuit qui dessinent une silhouette humaine ou ces grands cieux interminables.

    Ferreira donne beaucoup à voir, surtout ce qu'il y a de beau – mais donne à imaginer aussi. La photographie est en noir et blanc et il reste à imaginer le vert omniprésent décrit par la voix-off. Le réalisateur n'élude pourtant pas la dureté du quotidien : entre quelques nouvelles du Benfica (l'un des clubs de football de Lisbonne), on observe les hommes comme des insectes se battant pour leur survie, ou perdant la tête – l'un s'enfuit nu dans la nature, l'autre cherche son briquet comme si sa vie en dépendait. Ce film-poème célèbre la beauté avec panache, mais parvient également à incarner le changement intérieur d'un homme confronté à l'horreur.


    votre commentaire
  •  Un super film. L'actrice qui joue le rôle principal est appelée à une grande carrière.

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    The young lady

    1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

    Il y a comme une chronologie secrète autour de The young lady, une macération du temps qui déboucherait à aujourd’hui et à ce film. De fait, tout commencerait vers 1600 quand Shakespeare écrivit Macbeth, et de ce drame sombre comme un puits en enfer, on retiendra surtout le personnage de Lady Macbeth, femme fatale et reine manipulatrice. Plus tard en 1847, Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë exaltera, au milieu de la lande écossaise, l’amour fou de Catherine Earnshaw pour Heathcliff. Plus tard encore, en 1857, Madame Bovary de Gustave Flaubert fera de son Emma une femme malheureuse enfermée dans les conventions (et qui en mourra). Enfin en 1865, Lady Macbeth du district de Mtsensk de Nikolaï Leskov, dont The young lady est une libre adaptation, semble compiler naturellement ces trois-là et inspirera même un opéra en quatre actes de Dmitri Chostakovitch. On pourrait, pourquoi pas, continuer jusqu’en 1928 avec L’Amant de Lady Chatterley de D. H. Lawrence où une femme, Constance, redécouvre l’amour et le bonheur avec un garde-chasse, un homme extérieur à son milieu...

    The young lady paraît ainsi se nourrir, se gorger de ces femmes tragiquement amoureuses, de cette littérature romantique et noire pour façonner son héroïne, une héroïne nouvelle, inédite : Katherine (comme chez Brontë, tiens donc). Dans le fond et dans sa forme, le film reprend plusieurs points, quelques particularités de chaque roman pour en faire, là aussi, une sorte de mélange, un al- liage parfait : l’amour interdit, la manipulation, le meurtre, le désespoir, la mort, la différence de classe, et la lande tout autour... Nous voyons donc une jeune femme asservie par un patriarcat brutal s’enfoncer de plus en plus dans les ténèbres, non plus par amour et par passion (même si ça pourrait être le cas au début), mais presque par vengeance de ce qu’elle a subit : mariée de force, cloîtrée dans le manoir familial, délaissée par monsieur et réduite au rôle d’épouse obéissante.

    Ses actes sont comme une rébellion nécessaire pour s’affirmer, tenter d’exister face à un mari et un beau-père détestables, rébellion qui deviendra plus radicale, jusqu’à l’impensable. À la fois victime et bourreau, Katherine incarne cette forme d’innocence réduite en morceaux par une société toujours plus oppressive, apte à engendrer ses propres monstres – dont elle sera l’un des spécimens les plus brillants. William Oldroyd (metteur en scène) et Alice Birch (scénariste), tous deux venus du théâtre londonien, se sont habilement emparés du roman de Leskov en décidant de le transposer dans l’Angleterre victorienne. Au cœur d’une nature farouche et d’intérieurs stricts, étouffants malgré leur dépouillement, Oldroyd en magnifie la noirceur, le fiel et la modernité avec une douceur étonnante, sans excès, mais toujours avec piquant. Il révèle également l’étonnante Florence Pugh dont l’intensité et la présence habitent à merveille ce rôle de jeune femme sur le point de s’affranchir de tout, quitte à embrasser le Mal.


    votre commentaire
  •  La révélation de ce film c'est Ary Abittan qui donne toute la mesure de ce talent dans ce rôle de Rom squateur. C'est très amusant et on rit beaucoup. ce film se moque aussi du cynisme des politiques. Un film d'actualité!

    A bras ouverts

    Figure de la scène littéraire et médiatique française, Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors que Fougerole fait la promotion dans un débat télévisé de son nouveau roman « A bras ouverts », invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d'appliquer ce qu'il préconise dans son ouvrage. Coincé et piqué au vif, Fougerole prend au mot son adversaire et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Mais dès le soir-même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison de Marnes-la-coquette… Les convictions des Fougerole vont être mises à rude épreuve !


    votre commentaire
  •  Une merveille! Bien sûr, on peut regretter quelques facilités de mise en  scène (la mourrante quis e souvient n'est pas à la hauteur du reste du film. C'est tellement vu) mais les acteurs sont au sommet de leur art. J'espère que Marina Vacth aura un prix.

    scénario: 18/20      technique: 18/20    acteurs: 18/20     note finale: 17/20

    La confession

    Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes... Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

    « S'il me manque l'amour, je ne suis rien », dit Léon Morin du haut de sa chaire… et le film parle de l'appel à la transcendance certes, mais aussi de cette force invisible qui attire deux êtres l'un vers l'autre. Une force d'autant plus puissante qu'ici les interdits liés à un idéal fort obligent chacun à résister à une attraction qui se trouve ainsi portée à un niveau d'incandescence qui les marquera à jamais.
    Dans ce petit village de la province française sous occupation allemande, les hommes sont prisonniers ou ont pris le maquis et les femmes se retrouvent entre elles et continuent à vivre, remplaçant les hommes partout où ils s'activaient : les commerces, les bureaux, les champs… Dans le microcosme de la poste, se retrouvent chaque jour une brochette de filles sous la houlette d'une chef sévère mais sympa. Il y a de la chaleur dans leurs relations formidablement humaines, mélange d'affect, de jalousie, de solidarité : les unes flirtent avec l'occupant, apportent des gourmandises au bureau, les autres soutiennent les résistants, retiennent certaines lettres méchantes… Collées les unes aux autres, elles percutent les moindres états d'âme à demi mot, n'ignorent rien des positions de chacune. Parmi elles Barny fait figure d'idéaliste intransigeante. Fille superbe au regard intense, profondément accrochée à un idéal communiste pur jus, elle vit seule avec sa fille, espérant le retour de son homme.


    Quand un nouveau prêtre déboule dans le village, toutes ces femmes privées de leur époux, leur amant, sont en émoi. C'est qu'il est beau, Léon Morin, et d'autant plus troublant que son rôle le rend inaccessible. Il est habité par une foi sincère mais aussi par un profond humanisme qui l'ouvre aux autres. Sa religion n'est ni étriquée ni sectaire, il écoute et comprend, trouvant toujours le petit trait d'humour, le mot qui fait mouche. D'une solide culture, il donne à toutes ces dames des lectures qui les font cogiter et dont elles parlent constamment au boulot.
    De quoi agacer Barny qui est la seule à se déclarer athée, qui ne comprend pas cet engouement, irritée par ce prêtre qui ne se démonte jamais et trouve toujours la faille, la phrase juste énoncée d'une voix chaude. Celui qui croyait en Dieu, celle qui n'y croyait pas… Barny va provoquer la rencontre, ou plutôt la confrontation : tous deux sont habités par cette forme de lumière qui caractérise ceux qui se projettent dans une transcendance. Elle est intelligente, passionnée et belle, elle va chercher à comprendre, il va lui donner les arguments de son engagement et sa vision de la vie et des êtres. L'échange est profond, troublant : s'interdisant la fusion des corps, c'est celle des esprits qui ne cesse de croître, laissant dans les cœurs une empreinte indélébile et magnifiée.

    On se souvient que Léon Morin prêtre a d'abord été un roman superbe qui a reçu le prix Goncourt en 1952, on se souvient du film de Melville avec Belmondo et Emmanuelle Riva qui vient de disparaître, il y a eu d'autres adaptations… Nicolas Boukhrief en fait une interprétation libre, personnelle et moderne qui rentre fortement en résonance avec l'air du temps et questionne la nature humaine, le désir et le manque, le besoin d'idéal, les frémissements de l'âme, la perspective du néant… le tout dans un contexte exceptionnel de guerre qui bouscule les lignes, force les êtres et les révèle, intensifie leur vie en les confrontant à la mort, à ce désir qui leur donne raison d'exister.
    Romain Duris semble l'incarnation même de Léon Morin et sa relation avec Marine Vacth (découverte dans Jeune et jolie d'Ozon) est riche et intense… mais autour de ces deux premiers rôles magnifiques, il y a toute la bande de la poste (Anne le Ny en tête) qui contribue à enrichir constamment le film de récits croisés, de caractères forts, d'échanges passionnants et subtils, et puis il y a l'humour, celui de Léon Morin qui permet la distance : « Parce que la spiritualité rend joyeux. La vraie croyance, l'humanisme, rend heureux. Regardez les moines bouddhistes !… C'est le doute qui rend sombre » dit Nicolas Boukhrief.


    votre commentaire
  •  Un super film porté par deux actrices formidables. Plein de tendresse et d'humanité. A voir;

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 18/20

    Sage femme

    Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée.

    C'est un film ample et magique qui orchestre la rencontre à l'écran de deux fabuleuses actrices. Frot et Deneuve, les deux grandes Catherine, dont les carrières semblaient ne jamais vouloir se croiser. Leur duo dans Sage femme irradie d'une complicité contagieuse, à la fois subtile et intense. Émouvantes sans pathos, comiques sans surjouer, on se délecte de les voir glisser, telles des funambules virtuoses, sur un fil ténu qui oscille au dessus du grotesque ou du drame, sans jamais sombrer dans l'un ni dans l'autre. Quant à Olivier Gourmet, en camionneur solide, sorte d'ange gardien païen, humble et perspicace, il est tout simplement divin !
    Avoir réuni tout ce petit monde à l'écran, savoir lui donner vie, n'est pas le moindre talent de Martin Provost (le réalisateur de Séraphine). L'intrigue est là, prenante. Elle brode en filigrane un pamphlet percutant pour une société plus juste où la finance ne prendrait pas le pas sur l'humain. C'est d'une beauté simple et saisissante comme tous ces petits riens de l'existence qu'on oublie trop souvent d'admirer et qui s'accumulent pêle-mêle devant nos sens engourdis.


    Les reflets sur l'asphalte mouillée après la pluie, les murmures de la nature, la sensualité d'une main qui s'avance, timide, la patience des graines, le premier frisson d'un nourrisson : son premier cri, sa première larme, son premier sourire. De tout cela, sans bêtifier, Claire (Catherine Frot), sage-femme de son état, ne se lasse pas. Pourtant, il y aurait de quoi ! Oh ! combien de vagins, combien de fontanelles elle aura vu passer entre ses mains expertes en trente ans de carrière ! Des bébés de toutes les couleurs, des pour lesquels tout paraît d'emblée facile, d'autres dont la première bouffée d'air semble moins insouciante, plus amère. Des mères parfois battantes, radieuses, parfois effrayées… Même rituels toujours renouvelés… Pourtant aucune lassitude dans les gestes précis de Claire et de ses consœurs, leurs expressions sont plus éloquentes qu'un long discours. Malgré les gémissements, la sueur et le sang, chaque nouvelle mise au monde reste aussi grisante et précieuse que la toute première fois.
    Et c'est vidée de toute énergie, après ses heures de garde, que notre sage-femme s'en retourne vers sa cage d'immeuble en banlieue pour s'endormir, alors qu'au loin, Paris s'éveille. Une vie de célibataire réduite à peu de choses à côté d'un métier si prenant. Cultiver son jardin (un petit lopin ouvrier), regarder les salades et son grand fils (étudiant en médecine) pousser… Et surtout respirer, pédaler au grand air, se ressourcer pour pouvoir encore donner le meilleur aux prochaines parturientes qui ne manqueront pas de venir frapper à la porte du service public.
    C'est un coup de téléphone qui va venir briser l'apparente quiétude de Claire, une voix surgie de son adolescence, et qui la propulse des décennies en arrière. Cette voix au bout du fil, celle de Béatrice (Catherine Deneuve), l'ancienne amante de son père défunt, est comme une claque qui résonne, synonyme d'un impossible pardon… Claire raccroche aussi sec. Mais Béatrice insiste…

    L'espace d'un premier rendez-vous, voilà deux antithèses réunies : l'une, telle la fourmi, sérieuse, méticuleuse, responsable ; l'autre, telle la cigale, hâbleuse, joueuse, rêveuse. L'une s'oubliant pour les autres, l'autre ne vivant que pour attirer leurs regards, surtout celui des hommes… Entre l'une et l'autre, des choix de vie irréconciliables. Entrevue tendue et explosive entre deux aimants à la polarité opposée.
    Claire, pour oublier l'interlude, se réfugie derechef dans ses plantations, essayant de retrouver le calme… Mais un malheur n'arrivant jamais seul, voilà que le fils d'un vieux voisin malade vient troubler sa solitude… Elle prend des airs renfrognés pour dissuader l'intrus (Olivier Gourmet)…
    Car Claire est bien décidée à ne laisser ni le passé ni le monde extérieur pénétrer dans son intimité. Ce cocon intérieur dans lequel elle se protège, depuis des années, mais où elle oublie peut-être un peu de vivre, il va bien falloir qu'elle en brise un peu la carapace…


    votre commentaire
  • Un très beau film sur l'univers impitoyable des grandes entreprises et surtout sur les manipulations dont font l'objet les salariés. Céline Sallette est formidable!!

    scénario: 17/20       acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 17/20

    Corporate

    Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ?

    Elle est grande, élancée, élégante avec ses costards, ses talons, ses jolis chemisiers blancs dont elle n'arrête pas de changer, asséchant ses aisselles pour être toujours impeccable, chassant cette horrible odeur humaine qui pourrait altérer l'image qu'elle se donne de dure performante. Émilie est prête à tout pour grimper les échelons des responsabilités dans une entreprise qu'elle a dans la peau, ambitieuse et sans faille. Elle a un regard magnifique, qu'elle a réussi à dompter, ne laissant rien paraître de ses émotions, battante, terrible, glacée. C'est que, parmi les rouages qui activent cette grosse boite anonyme semblable à plein d'autres, où les dirigeants ne communiquent avec leurs cadres que par Skype, elle occupe un rôle prééminent d'encadrement du personnel, sous la houlette d'un DRH charmeur (Lambert Wilson) qui lui confie les missions délicates, flatte son côté « killeuse » de choc, lui jurant qu'elle est la meilleure, lui demandant toujours davantage.


    Surtout pas de licenciement ! C'est la consigne : ici, on pousse celle ou celui dont on veut se débarrasser au découragement, on lui impose des mutations impossibles à accepter, des objectifs impossibles à atteindre, des consignes contradictoires. Connaître les points faibles, le détail de la vie privée qui permet de manœuvrer jusqu'à ce que la personne harcelée jette l'éponge et parte d'elle-même… Dans des espaces déshumanisés de bureaux vitrés et d'open spaces clean résolument modernes, les salariés sont sur la défensive : être le meilleur, être au top, guetter l'intention cachée, deviner d'où vient le vent… Même les relations qui se tissent autour des espaces de pause ne parviennent pas à dissimuler l'angoisse chronique qui pousse chacun à surveiller l'autre de peur qu'il grignote votre place.
    Le DRH à la voix chaude pilote l'équipe d'encadrement, met la pression, laisse le sale boulot aux autres… et quand se profile une enquête suite au suicide d'un employé poussé à bout, Émilie réalise vite qu'elle risque de passer du rôle de première de la classe à celui de fusible, et que la direction et ses représentants n'auront aucun état d'âme à lui faire porter la responsabilité du problème pour éviter que l'entreprise ne soit éclaboussée, sans qu'aucun des salariés ne viennent à son aide tant elle s'est isolée… Dès lors, il n'y aura pas d'autre solution pour elle : si elle veut sauver sa peau, il va falloir qu'elle y mette les moyens, quitte à jouer sa « carrière », quitte à se montrer plus cynique que les cyniques qui l'ont mise dans cette impasse.

    C'est mené comme un polar, une histoire pleine de suspense qui n'est pas sans faire penser à la série de suicides qui avait frappé France Télécom. « J'avais été particulièrement choqué par le cynisme du PDG d'alors, déclarant qu'il fallait mettre un terme à cette “mode de suicides”… comme si c'étaient ceux qui souffrent qui étaient responsables » dit Nicolas Silhol. La personnalité de l'inspectrice du travail qui mène son enquête, mélange de dureté et d'empathie, colle bien avec son rôle et si elle est inflexible quant à l'application de la règle, elle est pour Émilie la perspective d'un autre choix possible, l'occasion de casser l'armure comme on dit. Si la ligne d'horizon d'Émilie est son intérêt personnel avant tout, sa rage d'être lâchée par ses supérieurs va lui donner l'énergie de renverser la vapeur avec la même détermination qu'elle mettait à accomplir son rôle de tueuse… Rien n'est si simple ici, et c'est bien pour cela que le film passionne : suspense pour suspense, la fiction est d'autant plus prenante qu'elle est solidement ancrée dans la réalité.


    votre commentaire
  • Je l'ai enfin vu!! Pas mal, une comédie pas très intello avec laquelle on rit bien. Du Philippe Lachau quoi!

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20     note finale: 16/20

     

    alibi.com

    Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d'alibi. Avec Augustin son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène imparables pour couvrir leurs clients. Mais la rencontre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va compliquer la vie de Greg, qui commence par lui cacher la vraie nature de son activité. Lors de la présentation aux parents, Greg comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de leurs clients...


    votre commentaire
  • Un super film avec des acteurs au sommet de leur art. Un jeu pervers très réussi.

    scénario: 17/20        acteurs: 18/20       technique: 16/20    note finale: 17/20

    Elle

    Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d'une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d'une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s'installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

    Isabelle Huppert n'a pas remporté le Prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes 2016. Il n'y a qu'une explication possible à cette absence au palmarès, c'est qu'elle était hors concours ! Elle livre dans Elle une performance proprement hallucinante, qui est une sorte d'apothéose de tout ce qu'elle a pu jouer au cinéma dans le registre de la femme forte et borderline à la fois. On pense à son rôle dans La Pianiste bien sûr, mais la palette ici est plus large, la précision, la complexité, la virtuosité plus impressionnantes encore. Rien que pour voir Huppert à l'œuvre, il faut absolument voir le film de Verhoeven.
    Huppert est Michèle, dirigeante – regina imperatrix – d'une société de création de jeux vidéo qui a tout réussi, même son divorce… Belle maison de meulière dans la chic banlieue ouest de Paris, fils bordélique mais aimant, meilleure amie qui est aussi son associée, ex-mari largué mais resté complice. Rien ne semble pouvoir obscurcir sa vie de femme épanouie et indépendante. Jusqu'au jour où, brisant le calme paisible de sa demeure, surgit un agresseur masqué, et la brutalité du viol est d'autant plus terrifiante qu'elle surprend totalement : et pour cause, c'est la scène d'ouverture !


    Une fois le choc passé, le plus troublant est peut-être la réaction de Michèle : au lieu d'appeler médecins, policiers… elle va prendre un bain, panser ses plaies, prétendre auprès de son fils et de ses amis une chute de vélo, et continuer de vaquer à ses occupations personnelles et professionnelles habituelles. Elle va juste se contenter de demander à faire changer ses serrures… Et puis, sentant au fond d'elle même que son agresseur masqué ne lui est peut-être pas inconnu, elle va mener l'enquête, chasser le prédateur… Est ce l'un des brillants et inquiétants créateurs de jeux pour adolescents, un peu trop accros à l'adrénaline et aux plaisirs violents ? Ou quelqu'un d'encore plus proche ?
    Elle est un thriller psychologique haletant, volontiers malaisant comme disent encore nos cousins québecois, que n'aurait pas renié le grand Alfred. Un thriller qui plonge aux tréfonds des recoins les plus sombres de l'âme humaine : autant celle de l'agresseur présumé, dont le spectateur doute jusqu'au bout de l'identité, que de sa victime, dont la psychologie est parfois tout aussi inquiétante. Et le film pose la question intime de la réaction à une agression aussi terrible qu'un viol, quand on est en l'occurrence une femme indépendante qui a toujours géré sa vie sentimentale, sexuelle et professionnelle d'une main de fer, en l'occurrence encore quand on a vécu une enfance marquée par le tragique et la violence.

    On ne s'étonnera pas que Paul Verhoeven – que certains journalistes facétieux ont affublé du sobriquet de « hollandais violent » – se soit intéressé à cette intrigue plus que troublante imaginée par Philippe Djian dans son roman Oh. Verhoeven, qui a débuté dans les années 70 aux Pays Bas avec des films qui plongeaient dans les rapports ambigus entre le sexe, le plaisir et la violence (il faut découvrir d'urgence le génial Turkisch delices avec Rutger Hauer), s'est ensuite illustré avec des films hollywoodiens qui ont toujours combiné le spectacle, le divertissement et une vision extrêmement dérangeante de l'humanité et des systèmes sociaux dont elle s'est dotée (La Chair et le sang, Robocop, Total Recall, Starship Troopers…).
    Aujourd'hui, à bientôt 80 ans, Paul Verhoeven n'abandonne rien de ses thématiques inconfortables ni de ses obsessions périlleuses. Il a par contre acquis une maîtrise de son art du récit et de la mise en scène qui en favorisent une expression sans doute plus forte, en tout cas plus subtile.


    votre commentaire
  •  Lucien Jean-Baptiste est un grand réalisateur. Je l'ai déjà dit. Encore un film tout en nuances et en délicatesse. le scénario est très réussi, les acteurs se donnent à fond et c'est bien filmé. A la fois comédie sentimentale, film d'aventure, chronique sociale et voyage initiatique, cette «ascension» qui part du camp de base en béton du 9-3 pour s'achever à la cime enneigée de l'Everest, fait gravir au spectateur une montagne de sensations. D'après une histoire vraie. les images de montagne sont magnifiques.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20     technique: 17/20   note finale: 17/20

    Il a déjà tes yeux : Affiche

    Paul est marié à Sali. Tout irait pour le mieux s’ils arrivaient à avoir un enfant. Jusqu'au jour où Sali reçoit l'appel qu'ils attendent depuis si longtemps : leur dossier d'adoption est approuvé. Il est adorable, il a 6 mois, il s'appelle Benjamin. Il est blond aux yeux bleus et il est blanc. Eux… sont noirs !

    On ne peut que se dire en voyant ce film que ce serait un vrai bonheur de se régaler un soir au coin du feu d'un goûteux colombo de poulet en compagnie de son sympathique auteur, tant l'actualité nous gave aujourd'hui de sales types qui mettent si résolument le cap sur le pire des mondes possibles que c'en est de plus en plus déprimant. Alors bonne nouvelle, chers spectateurs, en voici un enfin de « good guy », qui, dans cet « enfer moderne » comme disait l'autre, parvient avec sa tête d'honnête homme et un film qui lui ressemble à nous rassurer et à nous faire rire intelligemment d'une humanité en danger constant de sortie de route.
    Sa recette ? Car il en faut une, comme dans tout bon colombo : un scénario simple et drôle comme un conte de Noël à l'Estaque, mâtiné d'une indécrottable dose d'optimisme et de bienveillance, façon Maurice Chevalier qui chantait au milieu du siècle dernier « Dans la vie faut pas s'en faire… ces petites misères sont bien passagères… » et de fait, il y a dans Il a déjà tes yeux comme la tranquille affirmation que, dans un monde perçu aujourd'hui comme parfaitement désespérant, poussent déjà les germes du meilleur, malgré les apparences, alors que beaucoup ne jurent que par le pire. C'est le sens que l'on peut donner à l'inénarrable odyssée de Paul et Sali, un gentil couple, heureux et amoureux à qui il va en arriver une bien bonne…


    Dans une vie qu'ils embrassent à plein bras, il ne leur manque qu'un enfant et c'est désormais possible, après des mois d'attente, après que leur dossier d'adoption a enfin été validé. Ils vont devenir parents ! Et parents de Benjamin, c'est le top du top : Benjamin est un adorable bébé blond à la peau claire et aux yeux bleus… sauf que Pierre et Sali sont tout ce qu'il y a de noirs ! D'abord surpris, le couple craque devant la bouille de Benjamin qu'ils accueillent avec joie. Mais Sali sait que la présentation du bébé à ses parents va être un poil compliquée. De plus, cette adoption ne fait pas l'unanimité dans la sphère bureaucratique concernée où certains parlent « d'expérience » : un gros mot chez les fonctionnaires zélés qui doivent contrôler la bonne prise en charge du bambin et qui se méfient de cette adoption inhabituelle…
    L'acteur-réalisateur Lucien Jean-Baptiste préfère une comédie bien menée aux longs discours plombants pour exterminer les préjugés, à croire que la bonne fée Coline Serreau s'est penchée sur le couffin de Benjamin. A un éventail de situations qui trimballent leur lot de blocages et de préjugés, traités avec habileté et finesse, s'ajoute ici une bonne louche de répliques irrésistibles qui font mouche, servies par des acteurs qui fonctionnent en symbiose. Aucune ironie méchante, aucune acrimonie, encore moins de vulgarité.
    Ici, la vérité sort, comme toujours, de la bouche des jeunots : on n'oubliera pas la formidable discussion de la sœur de Sali avec son père qui refuse de reconnaître le bébé parce que ce n'est pas dans « l'ordre des choses » (« tu as quitté ton pays pour venir travailler dans un pays étranger… Était-ce dans l'ordre des choses ? » réplique-t-elle entre autres) et même si la fin relève du feu d'artifice désopilant, cette comédie sociale fait un bien fou.

    Aux côtés de la splendide Aïssa Maïga, Zabou Breitman se régale à jouer les fausses méchantes, puis les vraies gentilles, pendant que Vincent Elbaz, copain rêveur et gaffeur impénitent, réalise une ébouriffante composition. Quand à Benjamin… on l'adopterait !


    votre commentaire
  •  Un super film, plein de tendresse et d'espoir. Le scénario est formidable, les acteurs sont géniaux et c'est très bien filmé.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20     technique: 17/20   note finale: 17/20

    L'Ascension : Affiche

    « Pour toi, je pourrais gravir l’Everest !» Samy aurait mieux fait de se taire ce jour-là... D’autant que Nadia ne croit pas beaucoup à ses belles paroles. Et pourtant… Par amour pour elle, Samy quitte sa cité HLM et part gravir les mythiques 8848 mètres qui font de l’Everest le Toit du monde. Un départ qui fait vibrer ses copains, puis tout le 9-3 et c’est bientôt la France entière qui suit avec émotion les exploits de ce jeune mec ordinaire mais amoureux. A la clé, un message d’espoir : à chacun d’inventer son avenir, puisque tout est possible.

    L’Ascension est une comédie sentimentale et d’aventure comme on en passe peu, avec un ressort comique certes balisé : l’histoire d’un mec qui se trouve a priori en décalage avec le milieu où il est parachuté, un peu à l’instar de La Vache, joyeuse comédie agricole que j'avais adorée. Depuis Les Lettres persanes de Montesquieu, ça marche toujours. Et alors ? Et si les adolescents de votre entourage se pressent d’aller voir le film, c’est aussi peut être parce que c’est très chouette. Parce que L’Ascension est avant tout une formidable ode humaniste au « yes we can » version neuf trois, ou comment ceux qui sont nés du mauvais côté du périph peuvent réaliser coûte que coûte, et malgré les handicaps énormes, leurs rêves. Et c’est aussi un bel hommage à la dignité des habitants des quartiers populaires si souvent stigmatisés et dont il est montré ici l’indéfectible énergie et solidarité.

    Samy est un petit gars de la Courneuve, des 4000, une des cités les plus pointées du doigts par les rois de l’audimat à sensation. Un jeune gars éperdument amoureux depuis le lycée de Nadia, une très très jolie employée du supermarché voisin. Sauf que Nadia, fille intelligente et déterminée, n’est pas du genre à se laisser embobiner par le premier beau gosse venu : dans le coin, si les grands causeurs petits faiseurs sont légion, les gars qui assurent sont aussi faciles à trouver que le Saint Graal, un trèfle à quatre feuilles ou un CDI payé plus d’une fois et demie le SMIC. Alors un soir, Samy, un peu désespéré, balance la phrase ultime, celle qu’on regrette d’avoir dit trente secondes plus tard : « Pour toi je gravirai l’Everest ! ». Et c’est là que Samy prouve qu’il n’est pas un garçon ordinaire : loin d’avoir parlé en l’air, il va mener à bien son projet à coups de grosses tchatches et de courage incroyable. Bien qu’aussi formé pour l’alpinisme que moi pour la vie monacale, il va s’inventer quelques ascensions de sommets dont il n’a jamais vu le moindre rocher, et va convaincre une radio locale surmotivée de suivre son périple jour par jour pour financer le voyage vers le Toit du Monde… Et le voilà parti au paradis (ou l’enfer) des trekkers surentraînés. Heureusement, une fois sur place, le guide pas dupe va avoir de la bienveillance, et Samy va croiser le chemin d’un super sherpa affublé de tshirts de Johnny Hallyday…
    Tout cela serait drôle et anecdotique si ça n’était pas librement inspirée d’une histoire vraie. Samy, dans la vraie vie c’est Nadir Dendoune, un journaliste autodidacte génialement frappadingue, 100% originaire du 93, qui avait déjà entrepris le tour de l’Australie à vélo, et qui depuis a, entre autres, fait de manière totalement indépendante une incursion très risquée en Irak, qui lui a valu un petit enlèvement à l’issue heureusement favorable, et a réalisé sans aucun soutien institutionnel deux documentaires sur la Palestine. Bref un vrai Tintin. Tout ce que vous verrez dans le film est donc vrai, à l’histoire romantique près (Nadir est juste parti rejoindre un ami au Népal après son départ d’un journal francilien bien connu) et ça ne fait que renforcer l’intérêt du film.

    On retiendra, au-delà des gags désopilants qui émaillent le film toutes les cinq minutes, le rendu très touchant de la solidarité des alpinistes et des sherpas, qui fait écho à celle des gens des quartiers, familles, amis ou tout simplement simples habitants fiers de l’exploit de Samy. Et c’est cela qui nous emporte au final et nous redonne patate et espoir. Car c’est peut-être bien de ces endroits souvent pointés du doigt par les médias dominants comme des zones de non droit, des territoires perdus… bla bla bla… que se cache l’espoir de notre nation.


    votre commentaire
  • Pablo Lorrain est partout et semble aimer les biopics. Un film original sur les jours qui ont suivi l'assassinat de Kenndy. Natalie Portman est formidable et devrait recevoir plusieurs prix pour son jeu délicat et ettout en nuances d'une femme qui ne sait plus où elle en est. On peut cependant regretter que cela soit un peu brouillon.

    scénario: 16/20     technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale:16/20

    Jackie : Affiche

     

    22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

    Un mois à peine après le formidable Neruda , un nouveau film de Pablo Larrain, un nouveau regard décalé et passionnant sur un personnage célèbre, une figure cette fois tellement médiatique qu'elle pourrait détourner du film le spectateur légitimement méfiant : il aurait tort, il se priverait d'un grand moment de cinéma brillant et suprêmement intelligent. Jackie nous fait vivre l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas, et les quelques jours qui suivront, du point de vue de la rescapée abasourdie, de la veuve immédiatement transformée en icône planétaire.

    Un dispositif narratif particulièrement ingénieux permet d'appréhender la personnalité complexe de cette femme sous différents aspects et à différents moments. Deux scènes, dont on voit des extraits tout au long du film, sont à cet égard particulièrement éclairantes. D'abord, une émission de télé reconstituée qui montre, en noir et blanc, une Jackie à ses tout débuts de première dame, hésitante et touchante, proposer aux téléspectateurs une visite de la Maison Blanche et annoncer les travaux de restauration qu'elle souhaite mettre en œuvre. Ensuite, le rendez-vous qu'elle donne à un journaliste du magazine Life, quelques jours après l'assassinat de JF Kennedy. Elle en dira beaucoup lors de cet entretien, mais en laissera publier peu car son objectif est de commencer à bâtir la légende de son mari. Pour cela, elle doit rester maîtresse du jeu en donnant sa version des événements.


    Entre ces deux moments, on comprend que la petite débutante a beaucoup appris des règles de la communication moderne et de l'utilisation des médias. Les presque trois années passées à la Maison Blanche avaient en effet aguerri cette femme cultivée, qui parlait couramment l'anglais, le français, l'espagnol et l'italien. Il lui faudra néanmoins une force considérable pour organiser à sa façon, construction de la légende oblige, les funérailles de son mari, contre l'avis du conseiller du nouveau président Lyndon Johnson.
    Natalie Portman, filmée de très près, présente dans toutes les scènes, est Jackie Kennedy. Inutile d'en dire davantage sur cette exceptionnelle performance. Les acteurs autour d'elle sont parfaits, de Peter Sarsgaard (Robert Kennedy) à Greta Gerwig, avec une mention spéciale pour John Hurt que l'on découvre en prêtre catholique dans une scène qui nous permet, au-delà des apparences exigées par la fonction de première dame, d'aller au plus profond de la personnalité de Jackie et de constater toute la lucidité qu'elle conserve sur son mariage, sur la personnalité de son mari et ce que signifiait d'entrer dans le clan Kennedy.

    Un soin extraordinaire a été apporté à la reconstitution, décors, voitures, vêtements… Ce qui ne nous étonne pas d'un film tourné aux USA avec des moyens importants. Ce qui surprend davantage, c'est la qualité de la musique qui, au lieu de peser comme souvent, accompagne et souligne intelligemment.
    On ne doute pas qu'un bon réalisateur américain aurait pu faire de cette histoire un bon film. Mais on ne doute pas non plus que nous n'aurions pas échappé à de pénibles couplets patriotiques. Ce n'est pas faire injure au pur talent de Pablo Larrain de prétendre qu'un Chilien, ne se faisant aucune illusion sur la politique américaine, était particulièrement bien placé pour que Jackie soit, non pas un film de plus sur un moment de l'histoire des États Unis, mais tout simplement un grand film.


    votre commentaire
  •  Excellent! Le scénario est un merveille, c'est très bien joué, plein d'humour et de poésie. Le cinéma chilien est toujours intéressant.

    scénario: 18/20   acteurs: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20   note finale: 18/20

    Néruda

    1948, la Guerre Froide s’est propagée jusqu’au Chili. Au Congrès, le sénateur Pablo Neruda critique ouvertement le gouvernement. Le président Videla demande alors sa destitution et confie au redoutable inspecteur Óscar Peluchonneau le soin de procéder à l’arrestation du poète.

    Neruda et son épouse, la peintre Delia del Carril, échouent à quitter le pays et sont alors dans l’obligation de se cacher. Il joue avec l’inspecteur, laisse volontairement des indices pour rendre cette traque encore plus dangereuse et plus intime. Dans ce jeu du chat et de la souris, Neruda voit l’occasion de se réinventer et de devenir à la fois un symbole pour la liberté et une légende littéraire

    Neruda est à la hauteur de Neruda. Neruda le film est à la (dé)mesure de Neruda le poète, le militant, l’homme politique, figure emblématique d’un Chili pensant, créant, résistant. Soyons clair : ceux qui espèrent un biopic classique retraçant la vie et la carrière du grand écrivain, compagnon de Garcia Lorca et de Picasso au moment de la Guerre d’Espagne, Prix Nobel de littérature en 1971, mort dans des circonstances suspectes peu de temps après le coup d’état de Pinochet… ceux-là resteront sur leur faim. Mais tous ceux qui sont sensibles à l’imagination, à l’invention, au romanesque, à la poésie – tous qualificatifs évidemment adaptés à l’œuvre de Pablo Neruda – seront autant que nous enthousiasmés par ce film magistral du très remarquable Pablo Larrain qui s’est imposé, en quelques films essentiels et radicaux, comme un observateur incisif de l’histoire troublée de son pays (Tony Manero sur l’ambiance de plomb à l’époque du régime de Pinochet sous protection américaine, Santiago 73 , autour du coup d’Etat, No, sur la fin surprise du régime Pinochet, El Club, sur les sordides reliquats aujourd’hui du régime dictatorial).

    Loin donc de toute tentative ampoulée de biographie plus ou moins exhaustive, le film s’attache à un épisode bien précis de la vie de Neruda quand, au lendemain de l’élection en 1946 du président Gabriel Gonzalez Videla, il devient, après l’avoir soutenu en tant que sénateur communiste, l’un de ses plus farouches opposants, suite au ralliement du dirigeant au camp américain dans la Guerre Froide naissante. Neruda, malgré un important soutien populaire et un parti communiste au sommet de sa puissance, va devoir fuir puisque le PC est bientôt interdit par le gouvernement et ses militants pourchassés.
    L’anti-biopic de Larrain bouscule l’icône Neruda, décrivant, sans jamais oublier le génie littéraire ni la figure politique de premier plan, son égoïsme, sa mégalomanie, son goût du luxe et des fêtes dispendieuses contrastant avec la défense affichée de la classe ouvrière ainsi que le goût pour les prostituées malgré l’amour d’une épouse qui aura tout sacrifié pour lui. Le réalisateur et son scénariste ont de manière jubilatoire transformé cet épisode historique en un récit policier et d’aventures aux quatre coins du Chili. On suit un Neruda (Luis Gnecco) qui, avant de partir à l’étranger, fuit ses poursuivants à travers tout le pays, des maisons bourgeoises de Santiago jusqu’aux frimas de la Patagonie et aux bordels de Valparaiso en passant par les hauteurs enneigées des Andes. À ses trousses, un personnage de roman noir, l’inspecteur Peluchonneau (Gael Garcia Bernal), policier obsessionnel, habité par la légende d’un ancêtre qui aurait créé la police chilienne, tout aussi fasciné par sa proie que déterminé à la capturer. Un personnage résolument romanesque dont la voix off accompagne le récit (le texte écrit par le scénariste Guillermo Calderon est magnifique) et qui devient, en une mise en abyme vertigineuse, une sorte de création littéraire de Neruda lui-même.

    Au fil d’un récit trépidant, porté par une mise en scène virtuose et des images d’une beauté souvent renversante, secoué par un humour irrévérencieux, habité par deux acteurs géniaux, Neruda est certes iconoclaste envers le héros national mais il est aussi et surtout un magnifique hommage à son génie poétique – la poésie est omniprésente tout au long du film, irriguant le texte en voix off déjà cité, transcendant des dialogues, des situations, des rebondissements d’une invention éblouissante. Et à travers l’histoire picaresque de la fuite de Neruda traqué par le policier Peluchonneau, Larrain préfigure la triste suite de l’histoire chilienne à laquelle il a consacré jusqu’ici son œuvre, le sinistre Augusto Pinochet apparaissant brièvement en jeune officier au regard bleu glacial, garde-chiourme en chef d’un camp d’internement.


    votre commentaire
  •  Un film très réussi sur les débuts de l'aventure MacDonalds. Il est si bien fait qu'en sortant, j'ai failli aller manger chez eux malgré toutes les réserves que j'aie sur leur système.

    scénario: 16/20        acteurs: 16/20       technique: 16/20    note finale: 16/20

    Le fondateur

    Dans les années 50, Ray Kroc rencontre les frères McDonald qui tiennent un restaurant de burgers en Californie. Bluffé par leur concept, Ray leur propose de franchiser la marque et va s'en emparer pour bâtir l'empire que l'on connaît aujourd'hui.


    votre commentaire
  • Une très bonne comédie avec des acteurs qui donnent tout.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20     technique: 16/20    note finale: 16/20

    Mes trésors

    Carole est une informaticienne introvertie qui vit encore chez sa mère.
    Caroline est une pickpocket rebelle qui écume les grands hôtels de la côte d'Azur.
    Les deux jeunes femmes ne se connaissent pas et n'ont rien en commun. Rien, sinon leur père, envolé avant leur naissance et qu'elles n'ont jamais vu.
    Jusqu'au jour où… Patrick ressurgit !

    Ce voleur international recherché par toutes les polices a frôlé la mort, et décide de rattraper le temps perdu en réunissant ses deux filles autour d'un but commun : le casse d'un Stradivarius à 15 millions d'euros…
    Entre les bourdes, l’amateurisme et les chamailleries de ses deux filles, Patrick comprend vite que ce braquage ne va pas être une promenade de santé…


    votre commentaire
  •  Très bon dessin animé. On se laisse prendre par cette histoire de jeune fille qui n'en fait qu'à sa tête et qui veut sauver son peuple.

    scénario: 17/20   technique: 16/20   note finale: 17/20

    Vaiana, la légende du bout du monde

    Il y a 3 000 ans, les plus grands marins du monde voyagèrent dans le vaste océan Pacifique, à la découverte des innombrables îles de l'Océanie. Mais pendant le millénaire qui suivit, ils cessèrent de voyager. Et personne ne sait pourquoi...
    Vaiana, la légende du bout du monde raconte l'aventure d'une jeune fille téméraire qui se lance dans un voyage audacieux pour accomplir la quête inachevée de ses ancêtres et sauver son peuple. Au cours de sa traversée du vaste océan, Vaiana va rencontrer Maui, un demi-dieu. Ensemble, ils vont accomplir un voyage épique riche d'action, de rencontres et d'épreuves... En accomplissant la quête inaboutie de ses ancêtres, Vaiana va découvrir la seule chose qu'elle a toujours cherchée : elle-même.


    votre commentaire
  •  Un excellent film tunisien qui dépeint bien les problèmes de la jeunesse tunisienne, confronté à un désir d'émancipation et des  traditions très rigoureuses.

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 18/20

    Hedi, un vent de liberté

    Kairouan en Tunisie, peu après le printemps arabe.
    Hedi est un jeune homme sage et réservé. Passionné de dessin, il travaille sans enthousiasme comme commercial.
    Bien que son pays soit en pleine mutation, il reste soumis aux conventions sociales et laisse sa famille prendre les décisions à sa place. Alors que sa mère prépare activement son mariage, son patron l’envoie à Mahdia à la recherche de nouveaux clients.
    Hedi y rencontre Rim, animatrice dans un hôtel local, femme indépendante dont la liberté le séduit.
    Pour la première fois, il est tenté de prendre sa vie en main.

    Un adorable garçon en vérité, ce Hedi, un prénom béni des dieux qui signifie d'ailleurs en arabe « calme » ou « serein ». Tout un programme à ne promettre en apparence que du bonheur. Sauf que nous sommes à Kairouan en Tunisie, au lendemain du printemps arabe. Les violences, les manifestations… pas trop le genre d'un bonhomme qui profite de l'honnête aisance que lui confère sa position de cadre moyen chez Peugeot. Côté famille, ce fils à sa maman fait la fierté d'une génitrice toute à la stricte observance de la tradition. Un bidule étrange, cette tradition : une machine à générer des angoisses et des conflits qui, vue de ce côté à nous de la Méditerranée, épouse en pire les effets d'une terrible bombe asphyxiante. C'est une chose qui saute en effet moins aux yeux de tout un chacun, mais les hommes dans ce petit pays, aussi bien que dans les pays arabes en général, sont eux aussi soumis au régime d'un matriarcat très contraignant qui, non content d'encadrer strictement le comportement des femmes programmées depuis la naissance pour atteindre les objectifs de base que sont le mariage et la fondation d'une famille, ne manque pas d'entraver dans le même élan, mais plus subtilement, la liberté des hommes qui se voient embarqués dans la triste comédie des mariages arrangés pour le meilleur et souvent pour le pire.

    C'est ce que nous raconte Hedi le film, en s'attachant à Hedi le personnage qui, avec sa bonne tête de gendre idéal, se retrouve promis par une de ces mères qui font la loi des ménages à une gentille fille du quartier, par ailleurs mignonne comme un cœur, qu'il se voit autorisé depuis trois ans à rencontrer dans sa voiture un quart d'heure par semaine sous la vigilante surveillance d'une armada de chaperons du quartier, planqués derrière leurs rideaux.
    Mais à quelque chose crise économique est bonne. Notre Hedi, si gentil et si obéissant, jusqu'alors confiné qu'il était dans son bureau, va se voir propulsé dans le vaste monde tunisien par sa direction pour tenter d'arracher sur le terrain des ventes de bagnoles en chute vertigineuse. C'est alors l'occasion pour nous de découvrir qu'au-delà de la tradition qui empoisonne de manière folklorique la vie de nos malheureux semblables tunisiens, se dessine silencieusement un terrible Armageddon économique qui pourrait bien un jour, emporter la jeune démocratie tunisienne dans les ténèbres.

    En effet, c'est à un véritable crève-cœur que nous conduit chaque étape du chemin de croix prospectif de notre représentant de commerce à travers le défilé d'immenses hôtels de luxe désespérément vides pour cause de danger terroriste, lesquels sont prêts à accueillir pour une bouchée de pain notre ami Hedi. C'est pourtant lors d'une ces tristes escales que notre homme va rencontrer Rym, gentille animatrice dans une chaîne d'hôtels franco tunisienne, femme indépendante dont la liberté le séduit. Alors que sa mère omniprésente prépare activement son mariage, Hedi, pour la première fois, sera alors tenté de prendre sa vie en main, pour rejoindre Rym à Montpellier. Y parviendra-t-il, malgré le poids immense de sa culpabilité ? Mais ceci, comme dirait Kipling, est une autre histoire.


    votre commentaire
  •  une comédie très réussie avec beaucoup d'humour dans les dialogues. Bien filmé, bien joué, on passe un excellent moment.

    scénario:16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Père fils thérapie

    Ils sont père et fils. Ils ne se supportent pas. Leurs entourages leur ont lancé un ultimatum : participer à un stage de réconciliation « Aventures Père Fils » dans les gorges du Verdon où ils devront tenter un ultime rapprochement. Entre mauvaise foi et coups bas, pas évident qu’ils arrivent à se réconcilier.


    votre commentaire
  •  Une très jolie comédie sur quatre femmes et l'amour. j'ai beaucoup aimé. Jenifer est non seulement une grande chanteuse mais également une excellente actrice!!

    scénario: 17/20   acteurs: 18/20   technique: 18/20    note finale: 17/20

    Faut pas lui dire

    Laura, Eve, Anouch et Yaël sont quatre cousines, très différentes et très attachantes, qui ont un point commun : elles mentent, mais toujours par amour ! Quand les trois premières découvrent quelques semaines avant le mariage de leur petite cousine que son fiancé parfait la trompe, elles votent à l’unisson « Faut pas lui dire » !

     


    votre commentaire
  • Mais comment fait-il? Comment fait Clint Eastwood pour nous réjouir à chacun de ses films? Quoiqu'il filme, quelque soit le sujet traité, il réussit à nous intéresser. Le scénario, les acteurs et la technique sont formidables. et pourtant le sujet de base ne l'était pas a priori...

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20       technique: 17/20      note finale: 17/20

    Sully

    L’histoire vraie du pilote d’US Airways qui sauva ses passagers en amerrissant sur l’Hudson en 2009. 
    Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au "miracle sur l'Hudson" accompli par le commandant "Sully" Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l'opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l'histoire de l'aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.

    Clint Eastwood est une énigme. Logiquement, considérant ses déclarations largement relayées par les médias au moment des élections américaines, son soutien régulièrement ré-affirmé au candidat puis au sinistre Président Trump, sa propension à militer pour la défense d'un pur patriotisme va-t-en guerre qui ferait passer le défunt Charlton Heston pour un apôtre de la non-violence façon Ghandi, nous devrions avoir au minimum quelques réticences sinon des difficultés à rentrer dans ses films – sensés, d'une façon ou d'une autre, illustrer un certaine vision du monde. Et, on ne va pas se mentir, ces dernières années, ça a parfois été le cas. Autant dire qu'on n'attendait pas grand chose de ce Sully qui, sur le papier, portait en germe, justement, tous les ingrédients de la fable édifiante propre à célébrer l'Amérique éternelle, l'Américain béni de(s) dieu(x), l'héroïsme individuel, tout ça… et patatras ! En plus d'avoir réalisé un film vertigineux et captivant, un magnifique huis-clos désabusé déguisé en film-catastrophe, on voit Eastwood détricoter consciencieusement le mythe à mesure que la machine médiatique le construit. Revenir au simple, au concret, au palpable.


    Qui se souvient du « miracle de l’Hudson » ? De ce côté de l’Atlantique, pas grand monde. Pourtant aux États-Unis en 2009, quand un A320 de l’US Airways réussit un amerrissage en catastrophe sur le fleuve Hudson, l’exploit des pilotes prend rapidement une dimension psychologique inattendue sur un peuple encore traumatisé par les attentats du 11 Septembre et se remettant à peine du choc de la crise financière de 2008.
    Qui se souvient de Chesley Sullenberger dit Sully, le commandant de bord de l’avion qui, en trois minutes et une poignée de secondes, a décidé de la vie de cent cinquante quatre personnes en prenant la décision de se poser sur le fleuve plutôt que de faire demi-tour pour atterrir sur les pistes de l'aéroport de La Guardia tout proche ? Sully immédiatement porté aux nues et élevé au rang de héros de la nation par l'opinion publique et les médias ? Pas grand monde. Ce que l’on sait encore moins, c’est que les autorités aéronautiques – et surtout les assurances des compagnies aériennes, peu enclines à payer – ont auditionné à charge les deux pilotes, remettant en cause leurs décisions et menaçant ainsi leur carrière et leur réputation. Ce que l'on reproche à Sully, c'est de ne pas avoir suivi la procédure et d'avoir perdu un avion. D'après les conclusions des simulateurs de vols, il aurait dû se poser sur une des nombreuses pistes des aéroports voisins et ainsi ne pas mettre en danger la vie de ses passagers ni celle des habitants de Manhattan. Mais les simulateurs calculent a posteriori, et ne sont pas dans l'obligation de faire des choix dans l'urgence… Et ce qui entre en jeu dans ce récit, c'est aussi les rapports de plus en plus déshumanisés qui régissent la vie de nombre d'entreprises. C'est la place faite aux machines, aux ordinateurs au détriment de celle de l'humain.

    C’est cette histoire sans le moindre suspense mais avec un tension dramatique qui vous scotche littéralement à votre fauteuil pendant une petite heure et demie qui passe comme dans un rêve, que ce satané Clint Eastwood se propose de nous raconter. Avec une habileté consommée, il mêle les codes du film catastrophe (où rarement l'angoisse des passagers au moment de l'accident aura été montrée avec autant de pudeur et d'efficacité) et le portrait intime d'un homme ordinaire, devenu héros d'une Amérique en mal de figure positive. Qui mieux que Tom Hanks pour incarner cet homme intègre et droit ? Il confère à ce personnage en proie aux doutes la fragilité aussi bien que la force de caractère qui siéent à un pilote de ligne en fin de carrière. Sully, le film, a une classe imparable et une générosité qui mettent à bas – et c'est tant mieux – l'image qu'on se faisait cet été d'un Clint Eastwood de plus en plus réac en vieillissant. Chic !


    votre commentaire
  •  Un joli dessin animé mais pas à partir de trois comme indiqué dans les pubs. Les petits sont trop sensibles pour ce dessin animé. A partir de 7 ans. Pas avant.

    scénario: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Ballerina

    Félicie est une jeune orpheline bretonne qui n’a qu’une passion : la danse. Avec son meilleur ami Victor qui aimerait devenir un grand inventeur, ils mettent au point un plan rocambolesque pour s’échapper de l’orphelinat, direction Paris, ville lumière et sa Tour Eiffel en construction ! Félicie devra se battre comme jamais, se dépasser et apprendre de ses erreurs pour réaliser son rêve le plus fou : devenir danseuse étoile à l’Opéra de Paris…


    votre commentaire
  •  Un très beau film avec des décors époustouflants. Les acteurs sont bien mais on ne comprend pas un mot de ce que dit Brad Pitt quand il parle français... Fin imprévue

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20     technique: 16/20    note finale: 16/20

    Alliés

    Casablanca 1942.  Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée. Ils se marient et entament une nouvelle vie à Londres. Quelques mois plus tard, Max est informé par les services secrets britanniques que Marianne pourrait être une espionne allemande. Il a 72 heures pour découvrir la vérité sur celle qu’il aime.


    votre commentaire
  •  Un très beau film sur l'amour "paternel". un film plein de rebondissement à la fin imprévue.

    scénario: 16/20   acteurs: 16/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    Demain tout commence

    Samuel vit sa vie sans attaches ni responsabilités, au bord de la mer sous le soleil du sud de la France, près des gens qu’il aime et avec qui il travaille sans trop se fatiguer. Jusqu’à ce qu’une de ses anciennes conquêtes lui laisse sur les bras un bébé de quelques mois, Gloria : sa fille ! Incapable de s’occuper d’un bébé et bien décidé à rendre l’enfant à sa mère, Samuel se précipite à Londres pour tenter de la retrouver, sans succès. 8 ans plus tard, alors que Samuel et Gloria ont fait leur vie à Londres et sont devenus inséparables, la mère de Gloria revient dans leur vie pour récupérer sa fille…


    votre commentaire
  • Un très beau film sur la façon dont les islamistes embrigadent les jeunes filles un peu paumées. très réussi.

    scénario: 17/20         acteurs: 17/20    technique: 17/20    note finale: 17/20

    Le ciel attendra

    Sonia, 17 ans, a failli commettre l'irréparable pour "garantir" à sa famille une place au paradis. Mélanie, 16 ans, vit avec sa mère, aime l'école et ses copines, joue du violoncelle et veut changer le monde. Elle tombe amoureuse d'un "prince" sur internet. Elles pourraient s'appeler Anaïs, Manon, Leila ou Clara, et comme elles, croiser un jour la route de l'embrigadement… Pourraient-elles en revenir?


    votre commentaire
  •  Tim Burton est un génie!!! Il nous le montre une fois de plus. Tout est réussi dans ce flm: la réalisation, les décors, les costumes etc... Les acteurs sont géniaux. Burton réussi une fois de plus à nous faire croire aux histoires les plus improbables. Eva Green est merveilleuse!

    scénario: 17/20     acteurs: 18/20    technique: 18/20    note finale: 18/20

    Miss Peregrine et les enfants particuliers

    À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs …  et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis.


    votre commentaire
  • Un troisième opus très réussi: on rit beaucoup. Les dialogues sont plein d'humour. C'est également un film contre la chirurgie esthétique: quand on voit les ravages sur le visage de cette pauvre Renée Zellweger...

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20    technique: 16/20   note finale: 17/20

    Bridget Jones baby

    Après avoir rompu avec Mark Darcy, Bridget se retrouve de nouveau célibataire, 40 ans passés, plus concentrée sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse. Pour une fois, tout est sous contrôle ! Jusqu’à ce que Bridget fasse la rencontre de Jack… Puis retrouve Darcy… Puis découvre qu’elle est enceinte… Mais de qui ???


    votre commentaire
  • Un beau film sur Bergolio avant qu'il ne devienne le pape François. on peut cependant regretter le côté brouillon du début du film. Bien joué, bien filmé.

    scénario: 16/20   acteurs: 17/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le pape françois

    Qui se cache derrière le Pape François ?
    Ana, jeune journaliste espagnole, est envoyée au Vatican pour couvrir le conclave de 2005. Elle fait alors la connaissance du Cardinal Jorge Mario Bergoglio, évêque de Buenos Aires, méconnu du grand public et outsider de l’élection. Se liant d’amitié, elle apprend à mieux connaitre la vie d’un homme humble et atypique qui a voué sa vie aux luttes contre la dictature, la pauvreté, la drogue, l’esclavagisme moderne. Elle découvre petit à petit le parcours incroyable, depuis son enfance jusqu’à son élection de 2013, de celui qu’on appelle désormais le Pape François.


    votre commentaire
  • Un biopic du commandant Cousteau très réussi. Les acteurs sont formidables. Le scénario est très réussi. On nous montre bien les ombres et les lumières du Commandant.

    scénario: 17/20     acteurs: 18/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    L'Odyssée

    1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.


    votre commentaire
  •  Un très beau film sur l'univers carcéral servi par des acteurs formidables. Sophie Marceau a un très beau rôle et est parfaite dans ce rôle de taularde qui se pose beaucoup de questions.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20    note finale: 17/20

    La taularde

    Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ?


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique