•  Ce film est magnifique et montre bien l'absurdité des religieux extrémistes, qui ne comprennent pas l'amour paternel parce que ce n'est pas l'habitude pour un homme seul d'élever son fils dans le milieu ultraorthodoxe.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20    technique: 16/20   note finale: 17/20

    Brooklin Yiddish

    Borough Park, quartier juif ultra-orthodoxe de Brooklyn.
    Menashé, modeste employé d'une épicerie, tente de joindre les deux bouts et se bat pour la garde de son jeune fils Ruben. En effet, ayant perdu sa femme, la tradition hassidique lui interdit de l'élever seul.
    Mais le Grand Rabbin lui accorde de passer une semaine avec son fils ; l’ultime occasion pour Menashé de prouver qu’il peut être père dans le respect des règles de sa communauté.

    Voilà un très joli film, extrêmement attachant, qui réussit à nous toucher profondément tout en s'intéressant à une communauté fermée sur elle-même, presque impénétrable. Une preuve de plus que certains sujets sont universels et qu'on peut s'adresser au monde entier à partir de territoires et de personnages absolument singuliers.
    Bienvenue à Borough Park, au sud de Brooklyn, New-York city. Le quartier est en grande partie le fief des Juifs ultra-orthodoxes qui y vivent en relative autarcie. Parmi tous ces hommes en habit noir et couvre-chefs traditionnels, la caméra s'attache à celui qui sera notre « héros » : Menashe, physique rondouillard et démarche pataude. Menashe est le modeste employé d'une supérette casher, un peu maladroit et inconstant, régulièrement tancé par son sinistre patron pour ses erreurs et ses retards, assez fréquents il faut bien le dire. Menashe est veuf depuis un an, il a un fils d'une dizaine d'années, l'adorable Ruben. Mais la tradition hassidique dit qu'un veuf, surtout quand il est pauvre, doit trouver une nouvelle épouse avant de récupérer la garde de son enfant, confié en attendant à des parents proches, en l'occurrence la sœur et le beau-frère. Mais Menashe n'a pas le cœur à chercher une nouvelle compagne, et les rendez-vous galants arrangés par les marieuses tournent au fiasco absolu. Il va donc négocier avec le rabbin de sa communauté une semaine à l'essai pour avoir seul la garde de son fils et prouver qu'il est un véritable Mensch, un homme un vrai en yiddish…


    Mais les choses ne vont évidemment pas se passer comme il l'espérait : dépassé par son travail et les heures supplémentaires qu'on lui impose, il a toutes les peines du monde à respecter le rythme d'un écolier de 10 ans, par ailleurs il croule sous les dettes, le dîner qu'il s'obstine à vouloir organiser en mémoire de sa femme n'est pas une franche réussite, et il a une fâcheuse tendance à abuser de la boisson à la moindre fête pour oublier ses soucis… Tant et si bien que son fils va être tenté de retourner chez ses oncle et tante, pourtant pas marrants !
    Le film de Joshua Weinstein frappe d'abord par son authenticité. Entièrement tourné en yiddish, il décrit avec une précision documentaire les us et coutumes de cette communauté méconnue, sans tomber dans les clichés, sans en occulter les travers : la manière notamment dont sont traitées les femmes, reléguées aux tâches ménagères, interdites par exemple de conduire, mais aussi – et Menashe en est la première victime – le poids exorbitant du groupe qui contrôle absolument tout de la vie privée et familiale, qui juge et condamne.

    Mais le film nous touche surtout grâce aux personnages de Menashe et de son fils. Et pour cause : Joshua Weinstein s'était vu interdire par la communauté hassidique de tourner un documentaire sur elle, avant de rencontrer Menashe Lustig, qui lui a raconté sa propre histoire de commis d'épicerie, veuf et en proie aux problèmes de garde de son fils. Weinstein a alors décidé de tourner cette fiction avec ces acteurs non professionnels rejouant des situations directement adaptées de leur propre vie.
    Profitant de la stature chaplinesque de Menashe, figure burlesque de l'éternel maladroit qui sait aussi émouvoir par sa douleur de veuf et de père empêché, Weinstein va largement au-delà de l'aspect documentaire et nous donne un très beau film sur le deuil et sur le lien père-fils.


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  • Très réussi. J'ai beaucoup ri. Une nouvelle fois réunie sous la direction de Tarek Boudali, la bande à Fifi signe une comédie efficace. On regrette un peu l'abus sur les clichés homo. Pour cette comédie à l’humour débridé qui aborde les clichés sur la communauté gay, Boudali a fignolé une mise en scène sans temps mort qui sait mettre en avant chacun des rôles du film. Bravo! Ils ont du bien s'amuser pendant le tournage...

    scénario: 16/20      technique: 16/20     acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Epouse moi mon pote

     

    Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

     


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  • Un très beau film avec des petits acteurs merveilleux, même si on commence à se lasser un peu du prof génial qui croit au talents de jeunes de collèges difficiles et qui  réussit à leur faire faire des exploits. On aurait aimé un Kad Merad plus enthousiaste, plus vivant. Un tel scénario aurait pu devenir franchement lourd. Mais le réalisateur parvient, grâce à sa mise en scène limpide et discrète, à convaincre que la musique adoucit les mœurs et peut éclairer les visages les plus butés. Bienveillant et humaniste, ce premier film sur un professeur de violon confronté à des élèves de quartiers défavorisés, fait vibrer les cordes sensibles.

    scénario: 16/20    technique: 16/20   acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    La mélodie

     

    A bientôt cinquante ans, Simon est un violoniste émérite et désabusé. Faute de mieux, il échoue dans un collège parisien pour enseigner le violon aux élèves de la classe de 6ème de Farid. Ses méthodes d’enseignement rigides rendent ses débuts laborieux et ne facilitent pas ses rapports avec des élèves difficiles. Arnold est fasciné par le violon, sa gestuelle et ses sons. Une révélation pour cet enfant à la timidité maladive. Peu à peu, au contact du talent brut d'Arnold et de l'énergie joyeuse du reste de la classe, Simon revit et renoue avec les joies de la musique. Aura-t-il assez d’énergie pour surmonter les obstacles et tenir sa promesse d’emmener les enfants jouer à la Philharmonie ?

    Il s’agit d’une histoire vraie. Ou presque. Pour son premier film, Rachid Hami s’est inspiré de Démos, un dispositif créé en 2010 qui permet à 3 000 enfants des quartiers défavorisés de pratiquer un instrument de musique. Dans La Mélodie, Kad Merad incarne avec une sobriété exemplaire un violoniste en peine de cachets qui accepte de venir enseigner à une dizaine de collégiens turbulents d’un établissement parisien.

    La tâche n’est pas simple : il faut en quelques mois les élever au rang de concertistes capables de jouer les airs exotiques de Shéhérazade, poème symphonique de Rimski-Korsakov, sur la scène de la Philharmonie de Paris. Aussi à l’aise avec ces gamins indisciplinés que ces derniers le sont avec leur instrument, le professeur pense impossible d’apprivoiser cet auditoire difficile. Mais la passion du violon que développe l’un de ces enfants le touche…

    Quelle merveilleuse surprise que ce film ! Le résumé comme la bande-annonce m’avaient fait craindre une œuvre dégoulinante de bons sentiments, mais ce n’est pas le cas. En tout cas, le film vaut bien davantage qu’une simple exaltation des bons sentiments et l’on aurait tort de le ranger trop rapidement au rayon des œuvres sympathiques ou aimables qui font du bien sans déranger personne. Il y a bien plus de subtilité que cela dans cette histoire de talents fort bien mise en scène et habitée par d’excellents acteurs (qu’ils soient confirmés ou amateurs). L’acteur vedette de ce film, c’est Kad Merad qui, sans doute après avoir produit un travail acharné, réussit parfaitement à se glisser dans la peau d’un professeur de violon. Envoyé pour prodiguer son enseignement à des élèves de 6ème d’un collège réputé difficile, il se trouve en effet aussitôt mis en présence d’enfants pour le moins turbulents. Accompagnés par un de leurs professeurs, joué par l’excellent Samir Guesmi, les violonistes en herbe semblent d’abord dépourvus de toute faculté pour la musique. Or le projet de l’établissement, ce n’est rien de moins que d’intégrer, en fin d’année scolaire, le groupe d’enfants à un orchestre qui devra jouer « Shéhérazade » de Rimski-Korsakov à la Philharmonie de Paris ! Le pari n’est-il pas perdu d’avance ? Pour relever une telle gageure, quoi qu’il en soit, il faut faire preuve de patience, d’audace et de perspicacité. Tout le film montre intelligemment par quels moyens il est possible de transformer des enfants apparemment dénués de talent (pour la musique, en tout cas) en de vrais passionnés capables de relever le défi qui leur est proposé. Il faudrait souligner bien des aspects du film, chacun d’eux constituant un des éléments éducatifs permettant d’atteindre l’objectif fixé. La chance du groupe d’enfants, ce sont les leaders : leur professeur pour commencer, mais aussi l’un d’eux, un des élèves, tellement séduit par l’exercice du violon qu’il entraîne les autres à sa suite. Le film montre aussi, toujours de manière judicieuse, quels sont les pièges à éviter et les tentations à repousser. L’une d’elles, que le professeur de violon ne tarde pas à envisager, consiste à éliminer les éléments les plus faibles pour ne garder que les plus doués : une éventualité que rejette catégoriquement le professeur joué par Samir Guesmi pour qui ce sont précisément les enfants les plus talentueux qui communiqueront leur enthousiasme et unifieront le groupe en l’entraînant vers le meilleur. Une autre tentation survient pour le professeur de violon : il ne s’agit de rien de moins que d’abandonner le travail d’enseignant en cours d’année pour se consacrer à une tournée de concerts avec un quatuor. C’est à ce moment-là qu’intervient quelque chose de décisif : le plaisir ! Où trouver le plaisir le plus grand : en se produisant avec des musiciens confirmés ou en transmettant l’amour de la musique à des enfants réputés difficiles au point de les conduire jusqu’à leur prestation à la Philharmonie ? On peut deviner la réponse. Enfin, il faut indiquer la place des parents dans cette histoire. Elle n’est pas négligeable, ils ont leur mot à dire et leur rôle à jouer. Ce film superbe et émouvant ne les a bien évidemment pas oubliés.
     

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  • Une très belle syrienne qui montre bien le quotidien de la guerre en Syrie. on peut regretter une fin un peu en queue de poisson.

    scénario: 16/20      acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    Une famille syrienne

    Dans la Syrie en guerre, d'innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir.

    À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé.

    Le père, le mari de Oum Yazan, on ne le verra jamais. La famille essaiera de le joindre durant toute la journée mais le réseau téléphonique est si perturbé que les rares communications qu'on arrive à établir sont très vite interrompues. Le mari de Halima, lui, on le voit au tout début du film. Il est venu annoncer une bonne nouvelle à sa femme : un journaliste français est disposé à les aider à partir se réfugier au Liban. Quand ? Le soir même. Sauf que, en quittant l’appartement, il est touché par les balles d’un sniper. Est-il toujours vivant ? Est-il mort ? Cette scène, Delhani l’a vue par la fenêtre, elle veut avertir Halima mais Oum Yasan l'en empêche : elle veut avant tout protéger sa famille et il ne faut pas affoler toute la maisonnée avec la révélation de ce drame. De toute façon personne ne peut rien faire, pas question de sortir au risque de s'exposer au feu du sniper… Le plus prudent est d'attendre…

    C'est donc de l'intérieur, au plus intime des membres de cette famille piégée, que nous allons ressentir les effets d'une guerre qui les dépasse. Le film réussit parfaitement à nous montrer ce que peut être l'instinct de survie chez des êtres dont on se sent de plus en plus proches. Philippe Van Leeuw alterne avec une grande maîtrise les scènes d'une vie quotidienne presque normale, une vie de tous les jours et de tous les endroits, et d'autres – une surtout, particulièrement saisissante, on ne vous en dit pas plus – tendues, oppressantes, qui bousculent et qui bouleversent. Il nous livre ainsi une puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, les familles de tous les pays déchirés par une guerre.


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  • Très réussi. J'ai beaucoup ri. Une comédie politiquement incorrecte jubilatoire. Les enfants sont craquants. En plus d'un récit cocasse, plein de surprises et de rebondissements, et d'une histoire d'amour atypique, ce film livre un discours intéressant sur la conformité de nos vies modernes.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20     technique: 17/20    note finale: 17/20 

    Daddy cool

    Adrien, 40 ans et totalement immature, se fait larguer par Maude, 35 ans, désireuse d’enfin fonder une famille. Pour tenter de reconquérir l’amour de sa vie, Adrien décide de monter dans le futur ex-appartement conjugal: une crèche à domicile… Le début, d'une improbable expérience éducative...


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  • Haute en couleurs, cette comédie chorale ne fait pas dans la finesse, mais offre un spectacle délirant. Une comédie très réussie! Cendrillon devient trash: un film plein de trouvailles réjouissantes. Pas du tout pour les enfants...

    scénario: 17/20            technique: 17/20            acteurs: 17/20            note finale: 17/20

    Les nouvelles aventures de Cendrillon

    C’est l’anniversaire de Julie mais elle semble être la seule à s’en souvenir… Jusqu’à ce que Marco, l’homme qu’elle aime secrètement, l’appelle et lui annonce qu’il va passer chez elle pour lui déposer son fils car la baby-sitter a eu un contretemps. Julie est effondrée, tout le monde la considère comme une boniche. Seule avec ce petit garçon, particulièrement odieux, Julie décide de lui raconter l’histoire de Cendrillon… enfin presque.


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  • Même si on peut regretter que le film s'éloigne du livre dont il s'inspire, c'est une totale réussite. Le Knock du film est assez différent du personnage détestable de la pièce qui est cruel, mégalomane et sans pitié. Ainsi, le personnage joué par Omar Sy veut la rédemption des autres personnages qui apparaissent dans la pièce comme des gens avares, sectaires ou idiots. Bien filmé, bien joué, bien réalisé, ce film est un hymne à la vie.

    scénario: 17/20    technique: 17/20    acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Knock

    Knock, un ex-filou repenti devenu médecin diplômé, arrive dans le petit village de Saint-Maurice pour appliquer une "méthode" destinée à faire sa fortune : il va convaincre la population que tout bien portant est un malade qui s'ignore. Et pour cela, trouver à chacun la maladie réelle ou imaginaire dont il souffre. Passé maitre dans l'art de la séduction et de la manipulation, Knock est sur le point de parvenir à ses fins. Mais il est rattrapé par deux choses qu'il n'avait pas prévues : les sentiments du coeur et un sombre individu issu de son passé venu le faire chanter.

    Knock est la quatrième adaptation de la pièce de Jules Romains "Knock ou le triomphe de la médecine" (1922) au cinéma après les films de René Hervil (en 1925) avec Fernand Fabre dans le rôle-titre, et ceux de Roger Goupillières (en 1933) et de Guy Lefranc (en 1951), tous deux avec le mythique Louis Jouvet dans la peau de Knock. Rappelons qu'un autre projet d'adaptation avait été lancé en juin 2009, avec Edouard Baer en Knock, et Raphaël Frydman à la réalisation.


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  • Génial!! On rit d'un bout à l'autre et tout le monde en prend pour son grade! A voir de toute urgence

    scénario: 19/20      acteurs: 19/20      technique: 16/20   note finale: 18/20 

    Coexister

    Sous la pression de sa patronne, un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d'un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…


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  •  Un film très intéressant même si on peut regretter qu'il manque ce je ne sais quoi que  pour qu'il soit totalement réussi.

    scénario: 16/20     technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Numéro une

    Emmanuelle Blachey est une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l'énergie, jusqu'au comité exécutif. Un jour, un réseau de femmes d'influence lui propose de l'aider à prendre la tête d'une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction. Mais dans des sphères encore largement dominées par les hommes, les obstacles d'ordre professionnel et intime se multiplient. La conquête s'annonçait exaltante, mais c'est d'une guerre qu'il s'agit.

    Ils ont beau être des milliards, les hommes sont fragiles quand leur destin tient dans le creux de mains invisibles ! Peut-être est-ce pour fuir cette réalité que certains ont besoin de se sentir puissants et partent à la conquête du pouvoir. Ils ne sont que quelques uns à parvenir au sommet, qui défendent jalousement leur pré carré. Nous voilà dans un de leurs fiefs, à Paris. Les hautes tours phalliques de La Défense fendent le ciel comme si elles voulaient posséder la lune. Derrière leurs murs de verre, les centre névralgiques d’imposantes entreprises cotées en bourse se gorgent de richesses sur le dos du pauvre monde. Leurs cadres supérieurs – qui peuvent rarement s’encadrer les uns les autres – s’affairent à des tâches nébuleuses. Un microcosme étranger au commun des mortels que nous sommes, mais qui pour autant ne va pas nous laisser insensible et va vite devenir captivant.


    Quel que soit l’échelon des décideurs, il reste toujours des marches à gravir, des rivaux à surveiller. La vie n’est pas un long fleuve tranquille pour ces hommes qui supervisent le monde. Mais, me direz-vous : et les femmes ? Mes pauvres, si vous saviez ! Les ovaires, dans une hiérarchie, c’est comme l’oxygène : ça se raréfie avec l’altitude ! À ces hauteurs-là, les oiselles que l’on croise ne sont bien souvent que des assistantes. La règle a ses exceptions, Emmanuelle Blachey (alias Devos, impeccable) en est une, seule gonzesse à siéger au comité exécutif d'un géant français de l’énergie. On imagine qu’il lui aura fallu faire preuve d’excellence – en l'occurrence la compétence ne suffit pas – pour être acceptée dans ce sérail masculin rarement pénétré par le sexe faible. Mais parvenir un tel niveau est une chose, encore faut-il savoir s’y maintenir. Le prix à payer dans cet univers impitoyable est de flirter constamment avec la perfection, de faire plus qu’il ne sera jamais demandé à aucun gonze, ce dont Emmanuelle semble se satisfaire avec un naturel désarmant. Tout dans cette quinquagénaire radieuse témoigne de sa fierté bien placée et du désir de ne jamais déchoir. Au dessus de la mêlée, elle s’attache à agir avec noblesse. Jamais elle ne prête le flanc aux attaques, ni ne se départit de son calme devant ses détracteurs que son sourire bienveillant et la pertinence de ses analyses achèvent de désarmer. Quant à son regard d’un gris translucide, il ne scille plus face aux mesquineries sexistes de ces messieurs qui tentent de l’égratigner. Tant et si bien que sa force tranquille fait figure de pilier sur lequel son supérieur peut se reposer, ce qui ne manque pas de susciter quelques nouvelles jalousies. Mais avec une bonne dose d’humour, tout est vite oublié, surtout la nuit tombée, quand Emmanuelle s’en retourne auprès de son compagnon et de sa fille.
    Toutefois l’histoire va vite se corser, toujours plus palpitante, lorsque les membres d’un étrange et influent réseau féministe, « Olympe », vont se rapprocher de notre héroïne, la pousser à briguer la tête d’Antea et devenir ainsi la première femme PDG d’un groupe du CAC40… Un poste férocement convoité pour lequel les clans rivaux ne s’interdiront aucun coup bas. La descente dans les dessous douteux et inavouables de la quête du pouvoir devient alors vertigineuse.

    Tonie Marshall filme de manière efficace et élégante tant ses personnages que leur environnement. Elle parvient à restituer tout aussi fidèlement l’ambiance d’une salle de conseil que celle d’une plate-forme éolienne au milieu de l’océan. Le récit est émaillé d’anecdotes véritables glanées auprès de cadres dirigeantes. Le propos très réaliste et renseigné vise juste, dresse un constat redoutable et troublant, qui suscitera de saines polémiques. Le récit tout en tension donne au film des allures de thriller capitaliste d’anticipation, parce qu’à l’heure où je vous cause, je gagnerais à parier qu’il n’y a toujours pas l’ombre d’un jupon à un tel niveau de décision. (Le CAC40 triche : 3 femmes y apparaissent sans être PDG, leur rôle a été castré du P exercé par un homme).


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  • Un très beau film chorale. Les acteurs sont formidables!

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Espèces menacées

    Trois destins familiaux entrelacés. Joséphine et Tomaz viennent de se marier dans l’allégresse. Mais bientôt, derrière le bonheur solaire des époux, les parents de Joséphine vont découvrir une réalité plus sombre. Mélanie, elle, annonce à ses parents qu’elle attend un bébé mais le père de l’enfant n’a pas du tout le profil du gendre idéal ! De son côté, Anthony, étudiant lunaire et malheureux en amour, va devoir prendre en charge sa mère, devenue soudainement incontrôlable.

    Ils s'aiment trop ou ne s'aiment pas assez, ou alors les deux à la fois, mais surtout ils n'arrivent pas à parler, et quand ils parlent ils ne s'entendent pas, ne s'écoutent pas. Ils s'aiment mal. Ils sont tous attachants, ils sont jeunes ou le sont moins, ils sont beaux ou ne se posent pas la question : jeune fille en fleur dont le mec part en vrille le soir de son mariage et qui en guise de nuit de noces reste accrochée au téléphone à parler à son père ; parents obnubilés par l'avenir de leur enfant ; mère exclusive qui ne laisse pas respirer un fils qui pourtant ne cesse de donner des preuves de son attachement ; père qui ne supporte pas l'idée que l'amoureux de sa fille soit plus âgé que lui…

    Ils ressemblent à des gens qu'on croise tous les jours, avec chacun leurs histoires bancales, les liens qu'ils nouent et dénouent, leurs douleurs et leurs joies dont le souffle variable les fait vaciller tout le temps. Des gens bien dans l'air du temps, bien trempés dans notre époque. Ils ont comme une incapacité à penser le monde et les autres autrement qu'à partir d'eux-mêmes, des bornes qu'ils se donnent, de leurs obsessions. Le bonheur est à portée de main et ils passent à côté sans le voir, sans le reconnaître faute d'écoute, de perspicacité, perdus dans une demande d'amour perpétuellement insatisfaite parce qu'elle ignore le réel tout simple, qui ne demande qu'à être vu avec un poil de bienveillance. Ils pataugent dans leur vie et se rendent malheureux à force de ne pas accepter l'autre pour ce qu'il est et non pour ce qu'ils voudraient qu'il soit.

    Le film excelle à capter le moment où les choses se grippent, où les tensions s'exacerbent, où la comédie vire au tragique. La solitude alors s'ajoute à la déception d'avoir perdu une affection irremplaçable après avoir, à force de surdité, de malentendus et de maladresses provoqué une situation de non retour. C'est drôle, c'est triste, c'est tendre, c'est touchant, c'est follement humain et ça rend un peu furieux car tout ces gens là auraient pu être bien ensemble, ils avaient tout pour ça dans un monde qui a la chance de ne pas avoir faim ou froid et finalement ils n'ont que le malheur qu'ils s'inventent. Tous sont condamnés à regarder le temps qui passe et il leur en reste assez pour regretter longtemps les trains qu'ils n'ont pas su prendre, les bonheurs qu'ils n'ont pas su retenir. Certains cependant tirent leur épingle du jeu et arrivent à faire bifurquer leur vie vers son côté lumineux : après le mal être et l'orage, il arrive aussi que l'espoir rebondisse. Parce que tous ont en réserve la possibilité de choisir la tolérance plutôt que l'incompréhension, l'acceptation plutôt que le rejet… C'est un film comme un bouquet de nouvelles, un film « mosaïque » où les situations se répondent, sans pour autant être liées, qui aboutit au bout du compte à la vision d'une société en mal de projets, en mal d'idéal, de repères qui donneraient un peu le goût et le sens de la relativité, une société qui tourne en rond sur elle-même.

    Les comédiens sont superbes, on affectionne particulièrement Grégory Gadebois et Alice Isaaz, sa fille, mais tous jouent leur partition avec densité et donnent furieusement envie de se précipiter sur le bouquin de Richard Bausch dont le film n'emprunte qu'une partie des nouvelles.


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  • Les nouvelles aventures de Cendrillon

     

    C’est l’anniversaire de Julie mais elle semble être la seule à s’en souvenir… Jusqu’à ce que Marco, l’homme qu’elle aime secrètement, l’appelle et lui annonce qu’il va passer chez elle pour lui déposer son fils car la baby-sitter a eu un contretemps. Julie est effondrée, tout le monde la considère comme une boniche. Seule avec ce petit garçon, particulièrement odieux, Julie décide de lui raconter l’histoire de Cendrillon… enfin presque.


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  • Ca commençait pourtant mal: caméra qui partait dans tous les sens, dialogues incertain etc... Et pourtant ce film est géniél, plein d'optimisme. Quand on donne leur chance aux élèves même les plus nuls, ils réussissent. Le petit acteur noir est très touchant et formidable.

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20    technique: 15/20  note finale: 18/20

    Les grands esprits

    François Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’évènements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre.

     Il s’appelle Foucault, François Foucault, et c’est la hantise des élèves. Le prototype du petit prof sec, propre sur lui, hautain, l’enseignant qu’on aime détester. François Foucault promène sa morgue d’agrégé désenchanté dans les classes d’Henri IV, Paris Ve, un lycée qui se targue d’être l’un des meilleurs de France, donc conséquemment l’un des des plus élitistes, des moins accessibles au commun des élèves. Avec un sadisme nonchalant, François Foucault rend les copies d’un contrôle, crucifiant les gamins tétanisés en énonçant à la cantonade leurs notes (forcément pathétiques) et accompagnant chacune d’un petit commentaire assassin. Il se sait détenteur d’un savoir, de la connaissance, fruits sans doute d’un intense labeur, mais qu’une ascendance, un milieu social et une bonne éducation bourgeoise ont rendu beaucoup plus aisément accessibles. Volontiers donneur de leçons, François Foucault ne dédaigne pas à l’occasion de mettre en valeur sa petite personne. Par exemple en pérorant sur l’Éducation nationale, répétant à qui veut l’entendre que l’essentiel des difficultés seront résolues le jour où on aura su imposer une vraie mixité sociale dans les établissements – et pas uniquement parmi les élèves, mais aussi, mais surtout dans les équipes enseignantes, trop systématiquement composées, dans les collèges et lycées « difficiles », de jeunes profs inexpérimentés, en début de carrière, envoyés au feu tandis que leurs homologues mieux nés et mieux diplômés pantouflent dans les établissements cotés des centre-villes. Bon, ce disant, il ne parle pas pour lui, évidement, mais des autres, d’une situation générale. Sauf que, le hasard faisant curieusement bien les choses, il est entendu par « le ministère ». Qui trouve l’idée excellente. Et voilà notre Hussard noir de la République version 2017, avec son cartable bien ciré, son élégant costume et ses belles certitudes, exfiltré malgré lui pour une année scolaire au collège Barbara de Stains. L’occasion de frotter ses belles théories à la réalité d’un établissement classé REP + (pour Réseaux d’Education Prioritaire renforcés), autrement dit : là où le sens de la mission de l’Éducation Nationale serait un peu plus immédiatement perceptible qu’ailleurs.

    Entre fiction documentée et comédie populaire, Les Grands esprits évite le piège de la caricature qui s’ouvrait grand sous ses pieds. Et ça marche, et même du feu de dieu ! Certainement parce qu’Olivier Ayache-Vidal apporte un soin méticuleux à décrire de l’intérieur la vie de ce collège en zone défavorisée. Sans les idéaliser, il rend justice aux élèves, aux équipes pédagogiques, qu’il a très longuement côtoyés en préparant son film (deux ans d’immersion), raconte de façon extrêmement documentée et sensible leur « vrai » quotidien, leurs réussites, leurs échecs, leurs lassitudes aussi. On suit d’abord avec curiosité, puis avec de plus en plus d’empathie et de bonheur la composition de Denis Podalydès, la transformation du petit tyranneau de lycée cossu en Daniel Pennac du 9-3. La façon dont il apprend, progressivement, à transmettre et faire aimer tout son beau savoir encyclopédique à des gamins pour lesquels il y a un réel enjeu à le recevoir, sa découverte in-situ de cette banlieue aussi violente qu’attachante, ne se veulent en rien exemplaires. Les Grands esprits n’est pas un pamphlet, ni une charge, ni un mode d’emploi. Il tend simplement un miroir très juste, assez peu complaisant mais globalement positif, à une institution souvent mal aimée, caricaturée et mise à mal par des politiques publiques qui, d’économies budgétaires en réformes structurelles, semblent s’être donné comme objectif de la vider de sa mission originelle. À l’heure où il est de bon ton de le dénigrer, de lui opposer des « alternatives » idylliques qui font leur lit sur un catastrophique manque de moyens, cette réhabilitation énergique et sans fards de l’enseignement public qui pourrait (enfin) réconcilier les enseignants, les élèves et leurs parents, a, en cette rentrée, quelque chose de tout à fait réjouissant.

     

     


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  •  Une excellente comédie avec un Jean-Pierre Bacri qui trouve enfin un rôle à sa mesure et qui excelle!! Bravo à toute l'équipe.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20      technique: 18/20  note finale: 18/20

    Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd'hui c'est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d'habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu'à l'aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête.

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  •  Un très beau film historique. Les acteurs sont formidables et c'est bien filmé.

     scénario: 16/20                      acteurs: 16/20          technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le jeune Karl Marx

    En Allemagne, une opposition intellectuelle fortement réprimée est en pleine ébullition. En France, les ouvriers du Faubourg Saint-Antoine, levain de toutes les révolutions, se sont remis en marche. En Angleterre aussi, le peuple est dans la rue, mais là il ne s’agit plus seulement de renverser les rois : à Manchester, la révolution est industrielle.

    1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la “Révolution industrielle”, cherchent à s'organiser devant un “capital” effréné qui dévore tout sur son passage.
    Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand.
    Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que “les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer". Entre parties d'échecs endiablées, nuits d'ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la “bible” des révoltes ouvrières en Europe : “Le manifeste du Parti Communiste”, publié en 1848, une œuvre révolutionnaire sans précédent.

    A 26 ans, Karl Marx entraîne sa femme, Jenny, sur les routes de l’exil. En 1844, à Paris, ils rencontrent le jeune Friedrich Engels, fils d’un propriétaire d’usines, qui a enquêté sur la naissance sordide du prolétariat anglais. Le dandy Engels apporte au jeune Karl Marx la pièce manquante du puzzle que constitue sa nouvelle image du monde. Ensemble, entre censure et descentes policières, entre émeutes et prises de pouvoir politiques, ils vont présider à la naissance du mouvement ouvrier jusque là largement artisanal. Ce sera la plus complète transformation théorique et politique du monde depuis la Renaissance. Opérée, contre toute attente, par deux jeunes fils de famille, brillants, insolents et drôles.

    De Marx, l’imagerie populaire a retenu l’impressionnant visage barbu d’un philosophe quinquagénaire a priori sentencieux, un visage associé depuis bientôt deux siècles par la propagande anti-marxiste aux régimes totalitaires russes, chinois ou nord-coréens, un raccourci aussi ridicule que celui qui associerait Jésus Christ aux crimes de l’Inquisition. Raoul Peck – qui, après I am not your negro, s’impose comme un des grands réalisateurs de l’année – a la très bonne idée d’aborder le cas Marx par l’angle que l’on connaît le moins, celui de sa jeunesse et de la construction d’une pensée qui changera le monde. Il le fait à travers un biopic qui, tout en se démarquant des codes hollywoodiens simplificateurs et appauvrissants, nous plonge dans un récit enlevé qui pourra passionner les non spécialistes du sujet.
    Le scénario, resserré dans le temps, suit Marx depuis sa rencontre en 1844 avec Friedrich Engels, son binôme indissociable, jusqu’en1848, juste après la rédaction du « Manifeste du Parti Communiste » qui ne sera pas étranger à l’émergence des nombreuses révolutions qui mettront à bas plusieurs régimes monarchiques.
    Ce qui est particulièrement excitant, c’est de voir la naissance d’une pensée en action par la friction de deux esprits : d’un côté Marx, le jeune philosophe hegelien en butte avec le maître et quelques uns de ces disciples, de l’autre Friedrich Engels, fils d’un gros industriel allemand installé en Angleterre, fondé de pouvoir de son père, qui profite de sa situation pour rédiger un mémoire exceptionnel sur la situation des ouvriers, majoritairement irlandais. La réflexion théorique se marie avec l’expérience sociologique de terrain et la synthèse permet ainsi de construire les concepts concrets et applicables que l’on connaît. Le film s’articule donc beaucoup autour des discussions passionnantes entre Marx, Engels mais aussi les deux femmes de leur vie, qui prendront une place importante dans leurs luttes, et d’autres théoriciens socialistes comme Proudhon, porteur d’une vision plus utopiste et libertaire mais aussi plus théorique.

    Le réalisme pointilleux de Raoul Peck, son souci du détail font merveille – en particulier la précision quasi-documentaire pour tout ce qui concerne la condition des ouvriers et de la jeunesse, y compris intellectuelle –, le film dégage une forte impression d’authenticité, accentuée par des acteurs allemands peu connus et tous formidables. Raoul Peck, qui a étudié pendant 5 ans l’économie à Berlin, inquiet de la faillite actuelle des idéologies et de la perte du sens de l’histoire, voulait par ce film remettre en évidence la modernité du discours marxiste. Pari totalement réussi.


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  • Une merveille! C'est bien joué, bien filmé, le scénario est excellent et on se demande ce qu'il va se passer jusqu'à la fin. Une totale réussite. Les décors, les paysages et les costumes sont magnifiques. C'est divinement filmé.

    scénario: 18/20        acteurs: 18/20      technique: 19/20      note finale: 18/20

    My cousin Rachel

    Angleterre, début du XIXème siècle. Philip, un jeune noble anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage secret avec la jeune et jolie veuve Rachel. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger par tous les moyens. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser.

    C’est à Daphné du Maurier que l’on doit bien sûr le troublant roman Rebecca, mais aussi L'Auberge de la Jamaïque et la nouvelle Les Oiseaux, tous trois adaptés et magnifiés au cinéma par Alfred Hitchcock. Du Maurier comme Hitchcock sont des maîtres de l'intrigue, de la manipulation, de la séduction dangereuse, des maîtres aussi dans l'utilisation du cadre, du décor, de la nature, influençant plus ou moins directement les passions et les comportements humains. My cousin Rachel s'inscrit tout à fait dans cette riche tradition…

    Première moitié du xixe siècle. La campagne anglaise baignée par les vents marins. Des falaises verdoyantes tombant à pic sur une mer capricieuse. Des bois d’où s’évade le parfum des fleurs de champs à l’heure du printemps, mais aussi le vent glacial de l’hiver qui s’engouffre sous les capes et glace les os. C’est ici qu’est né Philip, c’est ici qu’il a grandi, orphelin élevé par Ambroise, un cousin plus âgé qui l’aime comme un fils, c’est ici que sa vie toute entière est déjà écrite : la demeure familiale, l’exploitation et les terres dont il reprendra un jour les commandes.


    Mais le cousin est malade et les médecins lui conseillent de quitter l’Angleterre pour aller chercher les rayons réconfortants du soleil d’Italie. Il part donc, laissant le domaine à son filleul. Les premières nouvelles que Philip reçoit d'Ambroise sont bonnes : la santé va mieux, mais surtout il a fait la connaissance d'une lointaine cousine, Rachel, jeune veuve qui veille sur lui avec bienveillance… Très vite il est question d'amour, qui très vite se concrétise par un mariage… Mais Philip reçoit bientôt de bien étranges lettres : l'écriture devient hésitante, les mots semblent confus et le tracé heurté de l’encre sur le papier traduit un combat contre quelques sombres démons intérieurs. Quelque chose de grave est en train de se passer, Philip le sent, et il a rapidement la conviction que la mystérieuse Rachel n'y est pas étrangère. Philip est trop attaché à son cousin pour le laisser ainsi sombrer dans les rets d'une histoire qui pourrait l'engloutir et il décide de faire le voyage jusqu'en Italie, prêt à affronter cette femme forcément diabolique. 
    Mais bien entendu, ce n'est pas Philip qui maîtrise les règles du jeu et rien ne va se passer comme il l'avait prévu. Car Rachel est tout sauf une femme prévisible : c'est elle qui va venir en Angleterre ! Si la douceur anime chacun de ses traits fins, si la générosité semble s'afficher dans son regard de braise, quelque chose en elle demeure résolument impénétrable. Rachel n'est plus tout à fait une jeune femme, son histoire et son expérience semblent exercer une bien troublante fascination sur son entourage, y compris sur ce mystérieux Italien Rainaldi qui vient lui rendre visite, et y compris bien sûr sur l'impétueux Philip, bien incapable de rester de marbre…

    L'efficacité d'un récit tient parfois à peu de choses : une ambiance, un savant mélange d'ingrédients judicieusement choisis et dosés. Dans le registre du film à intrigues en costumes, My Cousin Rachel est une réussite. La peinture sociale d'une bourgeoisie un peu guindée, régie par les codes ancestraux et les convenances, est traversée par un souffle de sensualité interdite incarnée par la troublante et peut-être machiavélique Rachel. Rachel : une femme libre, attisant les désirs dans le sillage de sa singulière histoire. Depuis Freud, on le sait : ce que l'imaginaire est capable de concevoir, que ce soit pour la quête de l'extase ou la fabrication des peurs intimes, peut mener l'homme à sa perte autant qu'à sa jouissance. My cousin Rachel se situe quelque part sur ce chemin périlleux…


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  • Un film plein de tendresse servi par une Fanny Ardant remarquable!!!

    scénario: 17/20          acteurs: 17/20        technique: 17/20     note finale: 17/20

    Lola Pater

    A la mort de sa mère, Zino décide de retrouver son père, Farid. Mais, il y a 25 ans, Farid est devenu Lola…

    Parmi les petits plaisirs délectables que peuvent vous procurer les films, il y a celui de se plonger dans les secrets de famille des autres. Par exemple dans ceux de ce charmant brun trentenaire : Zino. Alors qu'il se recueille sur la tombe fraîchement creusée de sa mère dans le carré musulman d'un cimetière parisien, il est loin d'imaginer la vague déferlante qui va venir balayer le récit maternel. De son père absent elle lui disait peu. Elle en avait supprimé les traces, les photos. Il se serait volatilisé, aurait abandonné femme et enfant sans une explication ni un regard en arrière. Sujet délicat, rarement abordé, jamais creusé pour ne pas blesser l'épouse délaissée un quart de siècle plus tôt. Mais les histoires que gobe sans broncher un fiston aimant tiennent rarement le choc devant un notaire, catégorie bien renseignée et fouineuse s'il en est, dès qu'il s'agit de droits de succession. C'est ainsi que l'homme de loi va retrouver la trace du paternel prétendument disparu et se faire un devoir de communiquer son adresse.


    Bien sûr Zino a tôt fait d'enfourcher sa moto, délaissant quelques heures son boulot passionnant d'accordeur de piano ainsi que le chat Belmelok qui n'en fait qu'à sa tête. Le voilà parti vers le midi, à la recherche du géniteur prodigue. Le nom, Farid Chekib, inscrit sur la boite aux lettres d'un mas provençal jovial et chaleureux lui confirme qu'il est arrivé à destination. La maison est pleine de vie, de femmes, de musique. Il faut dire que Lola, la belle et grande brune qui semble régner sur le lieu, y donne des cours de danse orientale à des élèves plus pulpeuses les unes que les autres, s'appliquant à agiter voluptueusement leur ventre et leur popotin. On prend d'abord le visiteur pour un futur danseur, mais le visage de Lola, troublée, se décompose nettement quand Zino se présente et demande à voir Farid. S'il la prend pour la nouvelle épouse de son père (et comment pourrait-il en être autrement, puisqu'elle porte le même nom de famille ?), nul n'est dupe très longtemps. Même le notaire s'en doutera plus vite que lui : Lola n'est autre que son géniteur, un bien étrange pater ! Mais cette réalité-là, il faudra un moment à Zino pour l'apprivoiser. Déconstruire vingt cinq ans de non dits, ça prend fatalement un peu de temps. Dans l'immédiat, notre beau gosse, saoul d'incompréhension et de tristesse, rebrousse chemin aussi sec, évitant de creuser, de questionner ce qui pourtant claque comme une évidence… 
    Quand il revient au bercail, où décidément Belmelok le boude, le retour est d'autant plus rude entouré par le vide, l'absence, dans l'immeuble de son enfance… Jusqu'à ce que Lola, n'y tenant plus, fasse à son tour le voyage jusqu'à son fils. Une Lola gauche, fragilisée, assaillie par les doutes, les regrets… Autant de choses que Zino en deuil ne peut certainement pas entendre…

    Jamais Nadir Moknèche, réalisateur entre autres du très beau Viva Laldjérie, ne tombe dans les clichés sordides ou simplistes pour parler de la réalité de ces hommes et de ces femmes qui ont dû fuir leur pays, l'Algérie, pour ne pas terminer leur vie dans un asile tout simplement parce qu'ils étaient tombés dans un mauvais corps à la naissance, que la vie s'était plantée de genre.
    Nadir Moknèche a eu la grande idée de confier le rôle de Lola/Farid à la magnifique Fanny Ardant, qui sert le personnage à merveille par sa beauté anguleuse, par la puissance de son regard, par son autorité naturelle. Lola est tour-à-tour émouvante, maladroite, agaçante quand elle devient trop sûre d'elle. Mais sous ses extravagances volubiles on comprend qu'il y a un être d'une énergie, d'une force rares, qui continue à se battre pied à pied pour s'assumer et garder la tête haute.


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  •  Normalement, je n'aime pas les films de Guillaume Canet: c'est bobo, c'est ridicule et voir ces vieux de 40 ans qui se prennent pour des ados et qui font des blagues douteuses, bof. Et je ne parle pas de l'absence de scénario qui était tout de même sa caractéristique. Mais j'ai bien aimé ce film: tout d'abord, il y a un scénario et c'est tout de même important quand on fait un film... Ensuite, l'histoire est intéressante et amusante. L'acteur principal ne supporte pas de se voir vieillir et va voir un chirurgien esthétique... amusant et bien fait. Marion Cotillard avec l'accent québécois pour préparer un rôle, c'est à MDR.

    scénario: 16/20        technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Rock'n Roll

    Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux.. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.


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  • Là encore pas du tout mon genre de films mais dans certains pays, il est difficile de trouver des films différents. Là encore une belle surprise. On se laisse prendre par cette histoire improbable. Noomi Rapace est remarquable: elle interprète ses 7 rôles et elle nous impressionne.

    scénario: 16/20      technique: 16/20     acteurs: 17/20   note finale: 16/20

    Seven sisters

    2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…


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  • Pas du tout mon genre de film et pourtant, j'ai beaucoup aimé parce que c'est plein d'humour et que le scénario est réussi. Bien joué, bien filmé et des dialogues très intéressants. Comme quoi, il faut laisser sa chance au film.

    scénario: 17/20     acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Hitman et Bodyguard

    Un redoutable tueur à gages est contraint de témoigner contre son ancien employeur devant la Cour internationale de justice de La Haye. Interpol est alors chargée de l’escorter jusqu’aux Pays-Bas et engage le meilleur garde du corps du métier pour mener à bien cette mission. Mais c’était sans savoir que depuis des années, les deux hommes s’opposent : les voilà désormais obligés de s’associer pour tenter de survivre aux pires épreuves… De l’Angleterre à La Haye, ils vont vivre une aventure délirante, une succession infernale de tentatives de meurtre, de courses-poursuites pour échapper à un dictateur d’Europe de l’Est prêt à tout pour les éliminer.


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  • Une comédie à l’ancienne, qui cultive le côté nostalgie du bonheur qui est dans le pré, pour peu que Catherine Deneuve soit dans les parages : Gérard Depardieu, qui la retrouve pour la dixième fois, ne s’y trompe pas ! Un bonheur de retrouver ces deux monstres sacrés du cinéma que sont Deneuve et Depardieu. Au final, le film tient ses promesses : cela donne une jolie comédie pleine de charme, toute en légèreté et en tendresse, dans laquelle rayonne ce couple mythique mais également les seconds rôles qui gravitent autour (mention spéciale à Grégoire Ludig, Guillaume de Tonquédec et surtout Chantal Ladesou, hilarante). On passe un très bon moment avec ce feel-good movie !  Un film très réussi porté par des acteurs formidables.

    scénario: 16/20       acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Bonne pomme

    Gérard en marre d’être pris pour une bonne pomme par sa belle famille.  Il quitte tout et part reprendre un garage dans un village niché au fin  fond du Gâtinais… En face du garage, il y a une ravissante auberge, tenue par Barbara: une femme magnifique, déconcertante, mystérieuse, imprévisible.  Leur rencontre fera des étincelles…


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  • Haaaa, du cinéma comme je l'aime: bien filmé, bien joué, des décors et des costumes somptueux et on apprend quelque chose! Il faut dire que tout est réussi dans ce film. Au début du XXème siècle, Egon Schiele est l’un des artistes les plus provocateurs de Vienne. Ses peintures radicales scandalisent la société viennoise tandis que les artistes audacieux comme Gustav Klimt les considèrent exceptionnelles...Ce film nous plonge dans l’univers de Schiele, véritable objet de fascination, pour essayer de mieux comprendre sa peinture, à travers son rapport à la sexualité, à ses modèles, aux conventions et à la société. Sa trop courte carrière aura été foisonnante, probablement grâce à cette forme de radicalité qui lui a permis de s’adonner entièrement à l’art, sans aucune forme de concession.

    scénario: 18/20         acteurs: 18/20      technique: 18/20    note finale: 18/20

    Egon Schiele

    Au début du XXe siècle, Egon Schiele est l’un des artistes les plus provocateurs de Vienne. Ses peintures radicales scandalisent la société viennoise tandis que les artistes audacieux comme Gustav Klimt les considérent exceptionnelles. Egon Schiele, artiste prêt à dépasser sa propre douleur et à sacrifier l’Amour et la Vie pour son Art guidés depuis toujours par son amour des femmes. Mais cette ère touche à sa fin…

    En 1912, devant le juge bien décidé à le condamner pour ses dessins à caractère érotique – sans oublier des soupçons de détournement de mineurs – Egon Schiele proclame haut et fort : « Je suis un artiste ! » Durant sa courte vie, Egon Schiele, emporté par la grippe espagnole à 28 ans, s'est battu pour faire reconnaître son œuvre, en équilibre entre érotisme et mort, novatrice donc choquante. Son désir d’indépendance et de liberté, à fleur de peau, s’est heurté aux réflexes des collectionneurs, à l’armée, au conservatisme des classes dirigeantes viennoises, et à un passé dont l’empereur est l’unique symbole.
    Un peintre et dessinateur « maudit » – malgré un succès sur la fin de son existence – dont l’œuvre s’est nourrie du chaos des épreuves : la mort de son père, qui a brûlé l’héritage familial, son incarcération, ses amours déchirées, la séparation d’avec sa muse, son mariage « calculé ». Autant de moments qu’il s’est appliqué à traduire dans ses toiles, lui qui, avec son mentor Gustav Klimt – mais aussi Oskar Kokoschka et Koloman Moser pour ne citer qu’eux –, a cherché à imposer une modernité picturale dans la capitale autrichienne.


    Le réalisateur Dieter Berner, depuis toujours fasciné par le peintre rebelle, s’est lancé dans l’aventure d'un film sur Schiele après avoir découvert le roman d’Hilde Berger, qui a accepté d'être sa co-scénariste. Un livre qui place les femmes au cœur du travail de l’artiste, qu’il croque passionnément, d’un trait vif, urgent. Et il en a eu, des histoires d’amour sulfureuses, même si aucune n’a dépassé en intensité celle avec Wally Neuzil (jouée par Valerie Pachner), déjà modèle de Klimt, beauté ardente et moteur de ses choix.
    Parmi celles qui l’ont inspiré, ou porté, il y a aussi Gerti, sa sœur, premier de ses modèles et dernière à ses côtés au moment de sa mort ; la danseuse « exotique » Moa Mandu ; ou encore les deux filles Harms, Adele et Edith – cette dernière deviendra sa femme en 1915, et mourra, enceinte de six mois, trois jours avant lui.

    C’est suite à la lecture du roman biographique de Hilde Berger sur Egon Schiele que le réalisateur Dieter Berner s’est lancé dans l’écriture de ce film. Fasciné par le lien très fort qu’il a perçu entre ses modèles et ses toiles, il a voulu comprendre et rendre perceptible cette manière essentielle de vivre son art. Schiele possédait une collection de carnets à dessins, il en avait toujours un sur lui et semblait capter des moments de vie tout en nuances... Il avait beaucoup de modèles et entretenait avec elles des relations souvent torrides et passionnelles, mais le dessin et la peinture prenaient toujours toute la place... À l’instar de ses liens plus qu’ambigus avec Gerti, sa sœur et tout premier modèle, cette obsession dresse un portrait nuancé de l’artiste, profondément égoïste vis-à-vis de son entourage, prêt à sacrifier jusqu’à sa plus grande histoire d’amour pour échapper à la guerre et pouvoir continuer à peindre.

    Egon Schiele le film raconte de façon classique cette vie passionnelle faite de rencontres et de recherche d’affranchissement, malgré un destin bien pernicieux : en plus de toutes les autres épreuves, la Première Guerre mondiale vient en effet interrompre l'impulsion créatrice du peinte.
    Le jeune acteur Noah Saavedra incarne bien la vitalité de Schiele qui, finalement, dans sa riche production (300 tableaux et quelque 3000 dessins), est allé à la recherche de lui-même, ses nombreux autoportraits témoignant bien de cette quête intérieure constante. Rappelons que sa dernière œuvre, inachevée, « La Famille », le représente, chair à vif, avec sa femme et son enfant, alors même qu’il n’est pas encore père et ne le sera jamais. Une preuve supplémentaire, s’il en faut, qu’Egon Schiele peignait la vie, sa vie, comme elle venait, à la fois heureuse et torturée. Comme ses corps, livrés à la toile.

     

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  • Out

     Dés que j'ai vu que c'était un coproduction slovaquo-tchéco-hongroise, j'ai foncé. Malheureusement, l'acteur ne parle slovaque que pendant deux scènes au début du film, quand il se fait virer de son usine. Ensuite, il parle hongrois à la maison, puis ruse quand il va en Lituanie. C'est bien joué, le triste sort des slovaques expatriés. le pessimisme slave est aussi bien montré. j'ai bien aimé ce film délicat.

    scénario: 16/20           acteurs: 16:20          technique: 16/20        note finale: 16/20

    Out

    Ágoston, la cinquantaine, quitte sa famille pour s'aventurer à travers l’Europe de l’Est avec l’espoir de trouver un emploi et de réaliser son rêve : pêcher un gros poisson.

    Porté par le vent et le sel marin, il parvient en mer baltique. Son périple le plonge dans un océan d’événements et de rencontres inattendus : une femme solitaire, un Russe aux intentions hostiles et un étonnant lapin empaillé.

    Agoston, la cinquantaine, travaillait dans une usine en Slovaquie. Avait-il seulement fait autre chose avant ? Il s’est fait virer, salement, comme la plupart de ses collègues... Un discours pompeux du dirigeant pour faire passer la pilule, pour donner l’illusion que cette réalité n’a rien de violent et le voilà mis dehors : out ! Seul face à de longues journées vides, il est obligé d’imaginer une vie différente... Un leurre à poisson qui surgit d’un tiroir lui rappelle qu’il aimerait pêcher de gros morceaux. Ce souvenir sera le point de départ d’un voyage vers la mer Baltique, à travers l’Europe de l’Est, un voyage ponctué de rencontres, d’espoirs et de désillusions. Il n’est jamais trop tard et Agoston entend bien réaliser son rêve.

    Ici commence la mer et on ne sait où elle s'achève… Dans les rêves d'Agoston, peut-être ? Il ne serait pas difficile d'imaginer ce beau quinquagénaire grisonnant au regard clair dans la peau d'un marin aventurier. Mais il est des pays et des situations d'où on ne sort pas si facilement. Sa vie fut semblable à celle de tant d'autres : travail, famille, patrie… engloutissant ses jours, ne laissant nulle place à ses chimères. Le voilà donc, après des années de ce régime devenu mari normal, père normal, travailleur normal… prêt à devenir un futur retraité normal dans une Slovaquie redevenue normale (du moins indépendante et démocratique). Il en serait ainsi sans l'annonce brutale faite à l'usine par le patron à son personnel anéanti : « Malheureusement je dois renvoyer 40% d'entre vous. Ne paniquez pas. Pour prendre un nouveau départ vous devrez faire preuve de beaucoup d'énergie, de passion et de courage ! » Cynisme ou irréalisme de la part du dirigeant ?

    Agoston encaisse, tout autant abattu que ses collègues, du moins dans un premier temps. Est-ce l'intuition que son univers s'effondre en même temps que sa modeste carrière, ou la dernière phrase du discours qui va mettre le feu aux poudres ? Toujours est-il que notre homme, qui n'a plus rien à perdre, va prendre ces mots au pied de la lettre ! Et si cet incident de parcours devenait synonyme d'un nouvel envol ? Le voilà qui, bravache, décide de trouver du boulot où il y en a, loin de son foyer, en Lettonie, un pays où l'on peut, accessoirement, pêcher de gros poissons, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Pourquoi ne pas joindre enfin l'agréable à l'utile ? Lorsqu'il consulte sa femme (incrédule) et sa fille (qui mène sa propre vie) afin d'avoir leurs avis, la première se moque, la seconde s'en moque : ni l'une ni l'autre ne semble lever le petit doit pour le retenir. Le couple se quitte donc, en se jurant volontiers qu'ils vont se manquer, pariant sur les moyens modernes de communication pour entretenir les liens tissés par tant d'années de tendre cohabitation.

    Voilà notre anti-héros parti vers des courses lointaines et un peu folles qui le mènent d'abord sur un port industriel en Lettonie. On le perçoit si frêle, comme écrasé par la grandiloquence des paysages industriels, pris dans la nasse d'un monde qui tourne comme un rouleau compresseur. C'est bel et bien là que démarrent les pérégrinations de ce bon Agoston. Pas de Chat du Cheshire ni de Reine de Cœur dans ce périple, mais quelques uns des personnages qu'il croise, tels Zeb le lapin empaillé ou une impressionnante pin up sur-botoxée, valent bien ceux du Pays des Merveilles ! Quant à certains alcools fort, ils semblent parfois faire tout autant d'effet que des fioles magiques ! Autant dire que l'on ne s'ennuie jamais en sa bonne compagnie. Et ce compère sur lequel on n'aurait pas misé une sardine, gagne peu à peu en consistance, en considération… Comme si ce petit pas de côté impensable, salutaire, l'amenait progressivement à renaître à lui-même…
    C'est croustillant d'humour, de cocasserie et de désillusion. Le tableau brossé d'une Europe de l'Est en pleine déconfiture n'est certes pas glorieux, mais cela reste un magnifique voyage où chaque prise de vue, particulièrement léchée, dévide son pesant d'anecdotes qui ouvrent sur plusieurs niveaux de lecture.

    Le charme du film tient beaucoup à la personnalité d’Agoston, joliment interprété par Sándor Terhes : derrière un visage toujours rayonnant se cache un personnage simple et bienveillant, encaissant les coups durs, accueillant les moments de grâce et les belles rencontres. Chaque événement peut mener au meilleur ou au pire et le film réussit brillamment à nous faire basculer tantôt de la légèreté à l’effroi, tantôt du sérieux à l’absurde. Les espaces sont magnifiquement filmés : que ce soit l’industrialisation des chantiers navals ou les horizons marins, tous ces paysages semblent traversés par le regard ouvert et naïf d’Agoston. Cette douce candeur court tout au long du film et lui donne une tonalité généreuse et humaniste. Les situations ne sont jamais appuyées mais toujours étonnamment justes : ce voyage est un merveilleux parcours initiatique, très touchant et dont les rebondissements ne manqueront pas de vous surprendre. Une très belle découverte qui n’est pas sans rappeler un certain cinéma grolandais !

    Coup de maître pour un premier film dans lequel György Kristóf parvient à dépeindre avec brio, en quelques plans splendides, une humanité écrasée par les éléments, quand ce n'est pas tout bonnement par elle-même.


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  • Voici une comédie hilarante qui met en scènes des personnes âgées parties en colo avec de jeunes animateurs. Cette comédie estivale, emmenée par une belle distribution, ne fait pas dans la dentelle, mais prend un plaisir manifeste à bousculer les clichés sur le troisième âge. Détonnant. On se régale des facéties de cette brochette de « vieux » fantasques, obsédés par leur connexion wi-fi ou l’achat de préservatifs, qui fument des joints, boivent de la vodka, jurent comme des charretiers et se plaignent sans cesse. Des sales gosses, quoi.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Sales gosses

    Cet été, Alex se retrouve moniteur d'une "colo" très particulière. Car ici point d'enfants ni de têtes blondes... mais des retraités et des cheveux blancs. Ces charmants pensionnaires vont lui en faire voir de toutes les couleurs. Retraités déchaînés en colo, monos au bout du rouleau : il n’y pas d’âge pour être un sale gosse !


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  • Passé la faiblesse scénaristique, cette adaptation de la célèbre bande-dessinée Valérian offre un spectacle grandiose et rafraîchissant comme Besson sait si bien le faire. Chaque image est un régal pour les yeux. Réussi!

    scénario: 15/20     acteurs:16/20      technique: 19/20    note finale: 16/20

    Valérian et la cité des 1000 planètes

    Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.


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  •  Très réussi même si on aurait pu se passer de la vague histoire d'amour du film. Un beau film "historique" sur un épisode pas assez connu de l'indépendance indienne. On peut cependant regretter un trop grande liberté par rapport à la réalité historique.

    Un seul exemple : la révélation suprême du film est que la partition de l’Inde aurait été décidée à Londres et imposée au vice-roi, à l’insu de son plein gré, par le très malfaisant comploteur impérialiste Winston Churchill en personne. À l’appui de cette thèse renversante, « Lord Ismay » produit un document officiel ultrasecret daté du 19 mai 1945, dont on ne voit que la première page, et qui est censé dicter deux ans à l’avance tous les éléments de la partition entre l’Inde et le Pakistan – carte détaillée à l’appui –, dans le but de promouvoir les sordides intérêts pétroliers de la perfide Albion.

    Le seul problème est que le document original, intitulé Security of India and the Indian Ocean, est bien connu et ne contient aucune carte de partition - qu’il ne préconise d’ailleurs nullement : il se borne à constater qu’en cas d’indépendance de l’Inde dans un avenir indéterminé, il faudrait prévoir le maintien dans le pays de quelques réserves militaires britanniques pour la défense de la région, ou bien leur stationnement dans un État princier resté indépendant de l’Inde, comme le Balouchistan.

    Par ailleurs, ce plan n’émane nullement de Winston Churchill, mais des services de planification du War Cabinet, qui produisaient ex-officio des centaines de rapports similaires, afin de parer à toutes les éventualités auxquelles pourrait se trouver confronté le gouvernement de Sa Majesté dans l’après-guerre.

    Que vient donc faire Churchill dans cette histoire ? Rien du tout, car le Vieux Lion étant depuis vingt ans farouchement opposé à toute idée d’indépendance indienne, il ne se serait même pas posé la question d’une partition… Du reste, l’aurait-il fait dans un moment d’égarement que cela n’aurait eu aucune importance, car en août 1947, il avait déjà quitté le pouvoir depuis deux ans !

    Pour que le scénario du film fonctionne, il faudrait donc que tous les spectateurs aient oublié ce détail – ce qui est tout de même beaucoup demander… Le Premier ministre de Sa Majesté depuis l’été de 1945, c’est le major Attlee – dont le nom n’est pas même prononcé dans le film.

    Une bonne fiction mais pas un film historique.

    scénario: 16/20       technique: 17/20       acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    /Le dernier vice-roi des Indes

    Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille.
    Petit-fils de la reine d'Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten devra préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avérera bien plus ardue que prévu. Après d'âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n'aura d'autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d'un nouvel état, le Pakistan.
    Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
    La décision de Lord Mountbatten va provoquer l'un des plus grands déplacements de population de l'Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.

    L’entrée en matière est des plus classiques : un palais somptueux, des jets d’eau, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique un brin démonstrative. Nous sommes dans un film à costumes 100% qualité anglaise, tiré à à quatre épingles, sans faux plis : bienvenue en Inde, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre (nous sommes en 1947). Mais on se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine fortement imprégnée d’imagerie coloniale et que Gurindher Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a quinze ans le pétulant Joue-là comme Beckham, a bien l’intention de nous raconter autre chose qu’une bluette.

    Issu de la lignée royale, Louis « Dickie » Mountbatten est nommé Vice-roi des Indes par Georges VI avec un objectif bien particulier : il doit mettre ses talents de fin négociateur, de diplomate averti, de meneur charismatique au service d’une noble et belle cause, l’indépendance de l’Inde. L’ampleur de la tâche est à l’image du pays, colossale et complexe. Outre son immensité, l’Inde est un territoire traversé par des cultures et des religions très contrastées auxquelles viennent s’ajouter des traditions tribales ancestrales.
    Mais rien de tout cela ne semble affaiblir la volonté et l’optimisme de Mountbatten, qui aborde sa mission avec un flegme pragmatique tout britannique. Pour préparer les esprits et en amont des négociations, on commencera donc par changer les habitudes du Palais : recevoir des invités issus de toutes les traditions et faire entrer la cuisine indienne dans les menus officiels. Il pourra dans ces domaines compter sur le talent complice de son épouse Edwina, qui est tout sauf une potiche.
    Mais l’indépendance n’est pas seulement un mot puissant inscrit sur un bout de papier, il faut sur le terrain faire accepter le fait de rendre à un peuple sa liberté souveraine. La tâche s’avère alors bien plus ardue que prévu car chacun veut son territoire : les Hindous et les Musulmans, sans oublier les Sikhs, autant de communautés qui vivaient ensemble sous la domination anglaise mais que l’indépendance va violemment déchirer.
    L’épreuve de la réalité commence, et elle sera douloureuse. Pour Lord Mountbatten d’abord qui, après d’âpres négociations avec Nehru et Jinnah et sous le regard perplexe de Ghandi, définira les frontières des deux états : l’Union indienne, à majorité hindoue, et le Pakistan, à majorité musulmane. Mais surtout pour le pays tout entier, qui va connaître un vaste mouvement de population puisque près de 14 millions de personnes devront être déplacées !
    C’est cette histoire-là, assez méconnue par nous autres Français, que Gurinder Chadha nous raconte, cette histoire qui est aussi celle de ses aïeux. A travers le portrait de ce couple qui a su saisir le sens de l’histoire et en accepter ses bouleversements, elle évoque aussi la position ambivalente du Royaume Uni puisque le tracé de la carte en favorisait les intérêts géopolitique et économiques.

    Alors bien sûr, c’est du cinéma, et l’histoire n’a sans doute pas l’indulgence de la fiction vis-à-vis des époux Mountbatten, qui quittèrent fissa le pays, le laissant à feu et à sang, et la violence des massacres qui suivirent nous sera épargnée (1 million de morts en 3 mois)… On pardonnera aussi à la réalisatrice quelques écarts romanesques un peu fleur bleue… On dira qu’ils donnent au film une petit touche bollywood qu’on aime bien retrouver dans ce genre de production.


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  • Une comédie très amusante sur le couple. Je ne peux en dire plus sans dévoiler le sel de ce film, donc je me tais.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Mon poussin

    Vincent, 18 ans, se fait larguer par Elina. C’est son premier amour, c’est la fin du monde ! Ses parents décident donc de prendre les choses en main et vont tout tenter pour lui faire oublier cette fille : il devra les suivre dans une cure de désintoxication amoureuse dont ils vont imaginer le programme…


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  • Une comédie jubilatoire qui se moque des intégristes de tout poil! Très réussi.

    scénario: 17/20      technique: 17/20    acteurs: 17/20    note finale: 17/20

    Cherchez la femme

    Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d'un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…


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  •  Un très beau film sur les liens familiaux. Les acteurs sont supers, c'est bien filmé et cela donne envie d'aller à la campagne.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Ce qui nous lie

    Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges.

    Ce qui nous lie, c'est une histoire de terroir, de racines qu'on ne peut jamais complètement ignorer, jamais complètement oublier. Tout démarre par le retour de Jean, après dix ans de silence, de rupture. Rupture avec sa famille, avec l'entreprise familiale, mais surtout avec un père rigoureux, sévère, omnipotent, issu d'une longue lignée de viticulteurs à la dent dure. Pourtant, lorsque Jean apprend que ce dernier n'a plus que peu de temps à vivre, le voilà qui réapparait, sourire hésitant aux lèvres, baluchon sur le dos, au bout de la route qui serpente au milieu des vignes. On a beau faire, on a beau partir loin, vous rattrapent un jour, tel un boomerang, les saveurs aigre-douces de l'enfance, ses égratignures. C'est la générosité d'un plat qui vous remémore ceux de grand-mère. C'est un peu de sang dans la bouche qui vous rappelle quelques inénarrables chahuts entre frangins. Ce sont les couleurs de l'automne sur les feuilles de vigne qui vous parlent des vendanges passées, ou le fumet d'un vin qui vous replonge vers les chais des ancêtres…Tous ces petits riens insignifiants qui peaufinent une personnalité, forment un goût, donnent envie de le partager.


    Il y a sans doute un peu de tout cela qui monte à la gorge de Jean quand il pénètre dans la vaste cour qu'il quitta gringalet à la peau douce pour y revenir en solide barbu que chacun peine quelques instants à reconnaître. L'accueil va être mitigé, entre joie exubérante pour les uns, tristesse et colère pour les autres. Si sa sœur Juliette aussitôt lui ouvre les bras, son petit frère Jérémie se montre sévère, ne voulant rien oublier, ni pardonner… Eux deux n'ont eu d'autre choix que de rester, de ne pas lâcher le domaine, d'assumer seuls les responsabilités qui incombaient à leur aîné. Mais les choses dures enfin dites, au besoin sans ménagement, il est clair qu'un même amour ne les a pas lâchés et anime leur parcours… L'amour du terroir, du travail bien fait, du vin qui raconte à chaque gorgée la vie des hommes, leurs choix, leurs sensibilités. Et avant qu'ils ne le formulent eux-mêmes, on commence à percevoir ce qui les lie… Sans réussir toutefois à imaginer si ce sera suffisant pour raccommoder les déchirures, rattraper les moments manqués, ni ce que sera la chute… En attendant on n'a plus envie de les lâcher et on va boire leur histoire jusqu'à la dernière goutte, comme étonnés de s'être si vite attachés à ces inconnus. Enivrés par leurs ivresses, leurs liesses communicatives, leurs coups de blues, leurs coup de gueules. Avec eux on se prendra à guetter les saisons. On rêvera de vendanges ! De « Paulée » !

    C'est fou le chemin que l'on va parcourir avec cette fratrie indomptable dans sa Bourgogne natale ! Un véritable conte initiatique parsemé de mots magiques : Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet, Meursault… Comme quoi il n'est pas forcément besoin de partir loin pour beaucoup voyager : les plus belles visites sont celles que l'on fait dans le cœur des hommes et des femmes, de leurs passions, de leurs envies de transmettre. Et à travers cette belle aventure profondément humaine, on sent que Cédric Klapisch nous parle de la sienne, qu'il est en train de nous susurrer qu'il en va de la paysannerie, de la viticulture, de tous les métiers artisanaux comme il en va de tous les arts et du sien également… Il y a là un cousinage qu'il ne renie pas. Un plaisir de déguster sans rien recracher, pas comme les gens trop policés aux culs et lèvres pincées ! Son plaisir, celui de ses acteurs est palpable, communicatif…


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  •  Ha, du cinéma comme je l'aime: on passe un bon moment et on apprend quelque chose. Un très beau film sur des héros méconnus de la résistance de la guerre 39/45. Bon scénario, bon acteurs et bien filmé.

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20  technique: 17/20  note finale: 17/20

    Nos patriotes

    Après la défaite française de l'été 1940, Addi Ba, un jeune tirailleur sénégalais s'évade et se cache dans les Vosges. Aidé par certains villageois, il obtient des faux papiers qui lui permettent de vivre au grand jour. Repéré par ceux qui cherchent à agir contre l'occupant et qui ne se nomment pas encore "résistants", il participe à la fondation du premier "maquis" de la région.

    En 2006, Gabriel Le Bomin nous avait raconté l’histoire des traumatisés de la première guerre mondiale dans Les Fragments d’Antonin. Un travail de mémoire, sensible et nécessaire, malheureusement toujours d’actualité, il n’est qu’à voir le nombre de films produits depuis lors sur les dégâts post-traumatique dont souffrent les soldats revenant des différents théâtres de guerre, Irak, Afghanistan…
    Le Bomin revient avec ce deuxième film sur un épisode mal connu, voire même inconnu, des premières heures de la Résistance, qui ne s’appelait pas encore ainsi en 1940. Il réhabilite ce faisant la mémoire d’un tirailleur sénégalais devenu un des chefs du maquis vosgiens. Cet homme s’appelait Addi Bâ, il était arrivé en France avec un précepteur colonial et avait vécu en Indre et Loire pendant un an avant de s’engager dans l’armée en 1939 et d’être incorporé au douzième régiment des tirailleurs sénégalais.

    Le film débute à l’automne 1940, la défaite est passée par là, et une cohorte de prisonniers, tous tirailleurs sénégalais – rappelons quand même que ce terme générique désignait tous les soldats venus des colonies et pas seulement ceux venus du Sénégal – sont conduits dans des ruines aux milieu d’une forêt vosgienne. Un officier allemand explique ce qu’il sont venus faire là. Ils vont participer au tournage d’un film de propagande destiné à montrer l’efficacité de l’armée du Reich. Les caméras sont en place, les mitrailleuses sont installées, les soldats allemands sont prêts à faire feu. On ordonne alors aux prisonniers de s’élancer vers la forêt, avec leur fusils déchargés. Pendant l’hécatombe qui s’en suit, Addi Bâ et quelques uns de ses camarades réussissent à prendre la fuite. La plupart ne survivront pas. Addi Bâ, s’en sort et est bientôt recueilli par une institutrice et son fils qui le cachent dans le grenier de l’école communale.
    Pour la population locale, la vie se complique aussi. Les Allemands ont envahi le pays, les règles se durcissent, les habitants s’en accommodent ou pas. Pour Christine, l’institutrice, la passivité ne va pas de soi. Au contraire de son mari, ancien combattant de la Grande Guerre, aux poumons cramés par les gaz, qui l’enjoint à ne se mêler de rien, à faire profil bas, voire à se montrer serviable avec l’envahisseur. Petit à petit, les mécontents se regroupent, s’organisent, prennent le maquis. On ne les appellent pas encore des résistants, ils sont des précurseurs. Quand Addi Bâ les rejoint, sa formation militaire en fait naturellement un des meneurs et instructeurs, et ça ne plaît pas à grand monde : il faut dire que certains autochtones n’ont même jamais vu un Noir de leur vie, alors si en plus il faut lui obéir… Pourtant, par sa fougue et son engagement, il va gagner petit à petit l’estime de ses compagnons d’armes…


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  •  Un très beau film sur l'assassinat d'Heydrich, même si on peut regretter certaines scènes inutiles.

    scénario: 15/20      technique: 16/20      acteurs: 17/20    note finale: 16/20

    HHHH

    L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la Solution Finale.

    Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés aux côtés de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich.

    Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire.


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