•  Un très joli film sur la tolérance. Bien joué, bien filmé et plein d'espoir.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20      note finale: 16/20

    Good luck Algeria

    Sam et Stéphane, deux amis d’enfance fabriquent avec succès des skis haut de gamme jusqu’au jour où leur entreprise est menacée. Pour la sauver, ils se lancent dans un pari fou : qualifier Sam aux Jeux Olympiques pour l’Algérie, le pays de son père. Au-delà de l’exploit sportif, ce défi improbable va pousser Sam à renouer avec une partie de ses racines.

    Good luck Algeria est un de ces petits bonheurs qui ne courent pas les rues : une comédie épatante et rafraichissante qui fait énormément de bien par les temps qui courent. On y rit volontiers, on y réfléchit aussi. C'est aussi un pamphlet humoristique particulièrement bien venu, qui pourrait ouvrir les yeux de tous ceux qui oublient combien l'immigration a aussi contribué à construire notre beau pays. Allez : que chacun d'entre nous essaie d'attirer devant ce film réjouissant un de ces drôles d'oiseaux qui croient aux vertus des frontières et, avec une humilité et une gentillesse infinies, ce Good luck (bonne chance) leur donnera un angle de vue salutaire en même temps que la banane !

    C'est une histoire vraie. Celle d'un type ordinaire et de sa petite entreprise montagnarde, une de celles qui connaissent la crise. C'est pas faute de bosser, pas faute d'avoir des produits de qualité, pas faute d'avoir la passion de son métier. Sam et Stéphane, quand ils démarrent leur affaire, ont le feu aux tripes, ce sont de merveilleux artisans, leur boite est à taille humaine, chaque salarié s'y investit, se bat, a du plaisir à y travailler. Les skis qui sortent de leurs ateliers sont passés par de longues étapes de fabrication où rien n'est laissé au hasard, rien n'est bâclé. Plus que tout leurs créateurs ont la fierté de les avoir fabriqués, et celle de ne pas vouloir se parjurer en cédant aux modes de l'époque. Mais la concurrence mondialisée devenant de plus en plus féroce, les skis Duval dégringolent et perdent peu à peu des parts de marché. Il suffirait de sous-payer l'équipe, de licencier, de ne plus travailler avec des matériaux aussi nobles… ou de fusionner, de vendre leur renommée au diable (comme le suggère leur banque) pour remonter la pente. Mais à tout cela Sam (Sami Bouajila), le gérant, se refuse. Il essaie de faire bonne figure, de ne pas avouer à sa délicieuse et ironique compagne Bianca qu'ils sont en totale faillite. Bien sûr c'est illusoire et il faudrait qu'elle soit aveugle et stupide pour ne rien voir…


    Quand Bianca finit par découvrir l'ahurissant et ridicule trait de génie qui anime son mari, son tempérament italien explose ! Il veut se qualifier pour les épreuves de ski de fond des Jeux Olympiques d'hiver et défendre les couleurs du pays de son père : l'Algérie ! Rien que ça ! À son âge ! Représenter une nation qu'il ne connait même pas, dont il ne parle même pas la langue ! La réponse de Stéphane (son partenaire et ami d'enfance), qui s'est auto-désigné comme son coach sportif, fuse : « Pas besoin de parler algérien pour skier ! » Bianca pouffe d'incrédulité, de rage, de rire, mais peut-être aussi de tant d'autres choses qui ne s'avouent pas… Et comme elle, tout le monde se gausse de nos deux hurluberlus… Puis malgré tout, comme il n'y a pas grand-chose à perdre ni grand chose à espérer d'autre, tous finissent par se prendre au jeu de ce conte de fées, piégés dans la poudreuse de leurs rêves fous… Surtout Kader, le père de Sam…

    Et ce n'est que le début des (més)aventures de notre athlète sur le retour, de ses péripéties qui vont l'entraîner bien loin, au delà des frontières de la France et du ridicule : vers l'Algérie. Et alors qu'il était venu y quémander un hypothétique soutien d'une fantomatique fédération de glisse, il va découvrir le pays de ses origines et ressentir les traces qu'il a laissées en lui, le Français de seconde génération, l'enfant d'immigré qu'il restera à tout jamais

     


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  •  Un très beau film avec lequel on rit beaucoup. C'est drôle et le monde du foot est gentiment moqué. les acteurs sont excellents.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    La dream team

    Maxime Belloc est un grand joueur de football, le meilleur buteur du championnat.Dans un geste de colère il se brise la jambe...Son agent le contraint de se mettre au « vert » le temps de sa convalescence chez son père à qui il ne parle plus depuis 15 ans. Là-bas, à sa grande surprise, Maxime va redécouvrir le sens des valeurs… et de la famille !


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  • Un thriller fantastique, donc pas du tout mon genre. Et pourtant, ce film est totalement réussi!!! C'est bien joué, bien filmé et on garde le suspens jusqu'au bout!

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    Midnight special

    Fuyant d'abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d'une chasse à l'homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d'accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

    Du jeune maître texan Jeff Nichols, qui nous impressionne de film en film (Shotgun stories, Take shelter  et Mud), on attendait l'inattendu… et on n'est pas déçu.
    La première scène de Midnight Special nous plonge dans l'inconnu. Deux hommes armés semblent attendre, anxieux, dans une chambre de motel aux fenêtres recouvertes de carton. Sur le lit, caché sous un drap, un petit garçon lit à la lumière d'une lampe de poche, imperméable aux événements extérieurs, un casque anti-bruit sur les oreilles, les yeux étrangement recouverts de lunettes de piscine. La télévision diffuse en boucle l'information de la disparition d'un enfant appartenant à une communauté religieuse. Est-ce un kidnapping ? Ou l'enfant a-t- il été au contraire soustrait par ses proches à un destin funeste ? Soudain le trio sort précipitamment et démarre en trombe dans la nuit à bord d'une Ford Mustang (à moins que ce ne soit une Dodge Charger, pardonnez ma méconnaissance des voitures de légende du cinéma américain).


    Ce qui est passionnant dans le nouveau petit bijou de Jeff Nichols, ce sont ses multiples entrées. Ça commence comme un film de cavale, porté par la musique aérienne et lancinante de David Wingo, traversant les paysages magnifiques du Sud des États-Unis, du Texas à la Floride, sans qu'on connaisse au demeurant la destination ni la raison de cette fuite précipitée. Ce n'est que peu à peu que l'on en comprend les tenants et les aboutissants : une secte chrétienne, dirigée par un gourou qui scande des formules mathématiques, avait fait de l'enfant sa mascotte prophétique, un enfant qui cache un lourd secret et des pouvoirs surnaturels. Tout ça attirant les spécialistes des agences gouvernementales qui voudraient bien mettre la main sur ce gamin capable de déchiffrer les informations des satellites espions. La tension monte… et le film bascule sans esbroufe spectaculaire vers la science-fiction, en une sorte d'hommage virtuose aux grandes réussites des années 70/80 – on pense en particulier au Spielberg de Rencontres du troisième type –, à l'époque où le cinéma américain imaginait que « l'autre », la créature venue d'ailleurs, n'était pas forcément un envahisseur mais pouvait être animé d'intentions pacifiques et bienveillantes, bien plus que les terriens recroquevillés sur leur petite planète…

    Mais derrière le suspense paranoïaque et la SF, derrière l'action qui avance tambour battant, on retrouve les thèmes récurrents de Jeff Nichols, principalement la paternité, le lien indéfectible qui unit père et fils. Et son acteur fétiche Michael Shannon incarne formidablement ce père déterminé, prêt à tout pour permettre à son fils d'aller jusqu'au bout du destin qui est le sien… Ce personnage emblématique représente l'abnégation paternelle poussée à son paroxysme, celle qui vous pousse à croire à l'incroyable, à abdiquer votre rationalité, à vous affranchir de la loi pour contourner ou forcer tous les barrages, même si toutes les forces de l’État le plus puissant au monde sont à vos trousses. Michael Shannon est comme toujours impressionnant mais on appréciera aussi les personnages secondaires remarquablement dessinés et interprétés, tels Sam Shepard très flippant en gourou de secte ou Adam Driver, parfaitement ambivalent en enquêteur faussement dilettante.


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  •  Un beau film sur la médecine à la campagne. François Cluzet est excellent et le jeu approximatif de Marianne Denicourt est d'autant plus flagrant. Intéressant.

    scénario: 17/20     acteurs: 15/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    MÉDECIN DE CAMPAGNE

    Tous les habitants, dans ce coin de campagne, peuvent compter sur Jean-Pierre, le médecin qui les ausculte, les soigne et les rassure jour et nuit, 7 jours sur 7. Malade à son tour, Jean-Pierre voit débarquer Nathalie,  médecin depuis peu, venue de l’hôpital pour le seconder. Mais parviendra-t-elle à s’adapter à cette nouvelle vie et à remplacer celui qui se croyait… irremplaçable ?

    On a découvert Thomas Lilti, médecin passionné devenu cinéaste du même métal, avec Hippocrate, formidable portrait d'un jeune interne plongé dans le maelstrom d'un grand hôpital parisien en proie à la réduction des effectifs et à la surchauffe. Son nouveau film s'intéresse encore à la médecine – le titre ne laisse aucun doute sur la question – mais, bien loin des grands complexes hospitaliers parisiens, il nous parachute dans le Vexin, région encore largement rurale à cheval entre la Normandie et les confins de l’île de France. La vie quotidienne est sans doute ici plus sereine, son rythme est plus raisonnable, à la mesure de ces paysages paisibles, qui n'ont guère bougé depuis un siècle… Il n'empêche que pour Jean-Pierre Werner, seul médecin dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, la surchauffe est bien présente aussi. Du matin au crépuscule, il sillonne les départementales de la région, au devant des petits bobos et des grandes solitudes, tour à tour médecin généraliste, psychologue, assistant social, homme à tout faire, dans une campagne peuplée essentiellement de personnages âgées, pour qui il est parfois une des rares visites.

    Les consultations à domicile s'enchaînent – très belles scènes qui témoignent bien du regard chaleureux de Thomas Lilti, en même temps que de sa connaissance approfondie de son sujet – et quand il revient, quasi systématiquement en retard, à son cabinet, la salle d'attente est souvent pleine de patients… Pas de doute, la tâche est rude. Et les confrères ne se bousculent pas au portillon pour accepter de s'installer dans une région pas spécialement attractive et fort peu lucrative : travailler dix à douze heures par jour à ce prix là, c'est du sacerdoce !
    Mais pour l'instant, ce n'est pas la surcharge de travail qui préoccupe Jean-Pierre. C'est même tout le contraire : ce qui le mine, c'est qu'il risque d'être obligé d'arrêter. Le diagnostic de son confrère et ami qui, dans la première scène du film, lui fait passer un examen du cerveau est sans appel : il souffre d'une tumeur temporale, il va lui falloir suivre un traitement lourd, fatiguant, donc il n'a pas d'autre choix que de lever drastiquement le pied et de se trouver dare-dare un remplaçant…
    C'est comme ça que débarque Nathalie, qui a tout pour déplaire au vieil ours Jean-Pierre, habitué à travailler tout seul, à ne s'expliquer de rien à personne, et claffi de préjugés éventuellement machistes : Nathalie est incontestablement une femme, une citadine qui n'a aucune expérience de la campagne, incapable de distinguer un jars d'un canard, et qui en plus a suivi un parcours peu orthodoxe puisqu'ancienne infirmière ayant repris des études de médecine sur le tard… Ce qui nous vaudra quelques scènes de bizutage aussi répréhensibles que cocasses. Mais Nathalie a un sacré tempérament et une vraie compétence et elle va s'accrocher, jusqu'à gagner la confiance de son confrère mal embouché…

    Thomas Lilti livre un bel hommage, d'une évidente authenticité, à cette profession de médecin de campagne, somme toute méconnue et guère valorisée – pas étonnant qu'elle soit en voie de disparition –, en première ligne face à la crise générale de notre système de santé. Et il agrémente cette chronique bien sentie d'une fine trame romanesque où l'amour et la peur de la mort vont se croiser. Pour incarner ce couple a priori pas du tout fait pour s'entendre mais dont les solitudes vont évidemment se rapprocher, François Cluzet est excellent. On peut regretter que Marianne Denicourt ne soit pas à la hauteur...


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  • Le cinéma comme je l'aime: un bon scénario et on apprend quelque chose!!! C'est bien filmé, bien joué et intéressant. D'après ce film, Céline était vraiment un être répugnant...

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20    technique: 17/20    note finale: 17/20

    Louis-Ferdinant Céline

    1948. Accusé par la justice française d’avoir collaboré avec les Nazis, Louis-Ferdinand Céline s’est exilé au Danemark avec sa femme, Lucette. Milton Hindus, jeune écrivain juif américain, qui l’admire et le soutient avec ferveur, le rejoint au fin fond de la campagne danoise, avec l’intention de tirer de leur rencontre un livre de souvenirs. De la confrontation entre les deux hommes, personne ne sortira indemne…


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  •  Un très beau film sur le combat d'un père pour faire condamner le meurtrier de sa fille. Il donne une bien triste image de la justice qui n'assure pas du tout. Daniel Auteuil est génial! Il peut tout jouer.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    Au nom de ma fille

    Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka. Elle avait 14 ans et passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père le docteur Krombach. Rapidement, les circonstances de sa mort paraissent suspectes. L’attitude de Dieter Krombach ainsi qu’une autopsie troublante laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’unique obsession de sa vie…

    On peut reconnaître au réalisateur Vincent Garenq une vraie cohérence et une constance remarquable. Ces trois derniers films commencent de la même façon : l’arrestation au petit matin d’un homme qui s’avérera innocent. Vincent Garenq, homme de conviction qui croit dans la capacité du cinéma à influer sur le cours du monde, a redonné dans Présumé coupable son honneur et sa dignité à Alain Marécaux, l’huissier de justice injustement accusé et emprisonné dans la sinistre affaire dite d’Outreau. Dans L’Enquête, il reconstituait le combat pour la vérité du journaliste Denis Robert, qui avait dénoncé contre vents et marées judiciaires les manipulations financières occultes de Clearstream, chambre de compensation située au Luxembourg, en lien avec le milieu politico-économique français.

    Ici l’homme arrêté un petit matin de 2009 dans un hôtel de Mulhouse est André Bamberski, un septuagénaire toulousain, qui semble peu surpris de l’arrivée de la police et relativement serein. Pour comprendre toute l’affaire, le film nous ramène aux années 1970 au Maroc. A l’époque, André Bamberski est un expert comptable apprécié, marié à la très jolie Dany (c’est Marie-José Croze) et heureux père d’une petite fille, Kalinka.
    Dieter Krombach est le père d’une copine de Kalinka et rapidement les deux couples se lient d’amitié. Mais peu après, la femme d’André le quitte pour Dieter. Tout se noue en juillet 1982. Dieter a épousé en seconde noces Dany, et cet été-là, Kalinka et son frère sont partis en vacances chez leur mère et beau-père au bord du très beau lac de Constance. Et une nuit sinistre, sans explication plausible, Kalinka meurt subitement, alors que la veille, le Docteur Krombach a fait une piqûre à la jeune fille… pour l’aider à bronzer plus vite. Chez André Bamberski, l’immense douleur cède bientôt la place au doute et aux interrogations, d’autant que l’autopsie est étrangement bâclée et que les autorités allemandes vont continuer à faire preuve de négligences inquiétantes. Peu à peu le doute se transforme en certitude : Dieter Krombach est coupable. Et année après année, les preuves vont s’accumuler contre l’élégant médecin, qui se révèle un pervers sexuel amateur de très jeunes filles…

    Ponctué de rebondissements dignes d’un excellent thriller, le film suit l’incroyable combat d’André Bamberski pour que justice soit rendue à Kalinka et donc pour faire condamner Dieter Krombach. Un combat qu’il finira par gagner au bout de trente ans, après avoir été contraint de faire fi de toute légalité. Les incroyables péripéties tiennent en haleine, qui montrent que la raison d’État entre deux pays va à l’encontre de la justice. Mais c’est surtout l’évolution d’un homme ordinaire qui est décrite. Un homme que rien ne prédisposait à agir de la sorte et qui pourtant devient à la fois juriste, détective privé, homme de main pour tenter d’aller jusqu’au bout de la mission qu’il s’est assignée. Un homme qui aura d’une certaine manière sacrifié sa vie, son nouvel amour, pour ce seul objectif. Daniel Auteuil, immense acteur quand il joue dans des films qui l’intéressent vraiment, endosse le personnage à tous les âges et restitue avec une remarquable intensité le parcours de ce personnage que sa quête mena au bord de la folie… au nom de sa fille.


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  • Un comédie sympathique servie par de bons comédiens. Les films de Lucien Jean-Baptiste sont toujours réussis.

    scénario: 16/20     technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Dieumerci

     

    À sa sortie de prison, Dieumerci, 44 ans, décide de changer de vie et de suivre son rêve : devenir comédien. Pour y arriver, il s’inscrit à des cours de théâtre qu'il finance par des missions d'intérim. Mais il n'est pas au bout de ses peines. Son binôme Clément, 22 ans, lui est opposé en tout. Dieumerci va devoir composer avec ce petit "emmerdeur". Il l’accueille dans sa vie précaire faite d'une modeste chambre d'hôtel et de chantiers. Au fil des galères et des répétitions, nos deux héros vont apprendre à se connaître et s’épauler pour tenter d'atteindre l'inaccessible étoile.


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  • On passe un bon moment même si ce n'est pas un film dont on se souviendra. Rebel Wilson, est comme d'habitude, géniale!

    Les 4 filles sont attachantes. c'est bien filmé, bien joué et le scénario est intéressant.

    scénario: 16/20   acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Célibataire, mode d'emploi (How to be single)

    Il y a toutes sortes de manières de vivre en célibataire. Il y a ceux qui s'y prennent bien, ceux qui s'y prennent mal… Et puis, il y a Alice. Robin. Lucy. Meg. Tom. David... À New York, on ne compte plus les âmes en peine à la recherche du partenaire idéal, que ce soit pour une histoire d'amour, un plan drague… ou un mélange des deux ! Entre les flirts par SMS et les aventures d'une nuit, ces réfractaires au mariage ont tous un point commun : le besoin de redécouvrir le sens du mot célibataire dans un monde où l'amour est en constante mutation. Un vent de libertinage souffle de nouveau sur la ville qui ne dort jamais !


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  • Un très beau film. Bien filmé, bien joué même si on peut regretter que le scénario soit un peu léger. Par exemple, on ne sait pas pourquoi l'un des personnages a quitté Marseille 25 ans auparavant. Mais c'est réussi parce que c'est plein d'humour et que les personnages sont très sympathiques.

    scénario: 15/20       acteurs: 17/20      technique: 17/20   note finale: 16/20

    Marseille

    Devant l'insistance de son frère Joseph, qu'il n'a pas revu depuis 25 ans, Paolo se résout à abandonner quelques jours sa vie calme et harmonieuse au Canada, pour revenir à Marseille au chevet de son père accidenté. Il part donc, son fils sous le bras, bien décidé à ne pas s'attarder dans cette ville qu'il a fui, des années plus tôt, à la suite d'un drame. Il n'imagine pas que l'affection de sa famille retrouvée, sa rencontre amoureuse avec une jeune femme et la solidarité joyeuse et simple des Marseillais le réconcilieront avec cette ville qu'il n'aurait jamais voulu quitter... Marseille.


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  •  Guillaume Gallienne peut tout jouer!! Et là encore, il nous montre toute l'étendue de son talent. Idem pour Adèle qui est excellente après le navrant "les anarchistes". Ils font un film passionnant d'une histoire minuscule.

    scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Eperdument

    /Un homme, une femme. Un directeur de prison, sa détenue. Un amour impossible.


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  • Les actrices sont maggnifiques et le realisateur decrit bien la triste situation des femmes de l epoque qui n avaient aucune liberte et qui etaient sous la coupe de leurs maris;

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Carol

    Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d'un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.

    C'est le premier film de Todd Haynes depuis I'm not there (2007), son évocation ébouriffante de la personnalité multiple de Bod Dylan. Il a travaillé entretemps pour la télévision, signant entre autres une très belle Mildred Pierce en trois épisodes, avec une Kate Winslet étincelante. Mais rien pour le cinéma pendant plus de huit ans. Autant dire que nous attendions ce Carol avec impatience et nous sommes comblés : c'est d'une beauté, d'une délicatesse, d'une intelligence hors du commun.
    S’il fallait trouver une filiation à Carol dans la filmographie protéiforme de Todd Haynes, c’est du côté de Loin du paradis qu'il faudrait chercher : un sublime portrait de femme(s), une mise en scène ultra soignée, et les très guindées autant que glamour années cinquante comme écrin à une histoire d’amour contrariée. Mais Todd Haynes n’est pas du genre à se répéter donc ne vous attendez pas à un nouveau sublime mélo à la Douglas Sirk, Carol est d'une autre nature : plus réservé, plus distancié mais non moins passionnant, non moins émouvant si l'on sait percevoir le feu sous la glace.


    Carol est un femme en train de s’écrouler. Elle ne tient plus que par l'artifice de son statut d’épouse et de mère, elle n’est reliée au monde que par les innombrables fils invisibles que son rang, sa beauté, sa mondanité ont tissés. Carol est une femme qui sait qu’elle est en train de s’écrouler mais elle a conscience aussi que sa chute est indispensable à sa renaissance, dont elle ne doute pas. En attendant de pouvoir se sortir d’une procédure de divorce ô combien difficile (nous sommes en 1952, le mariage est d'airain), elle tente tant bien que mal de faire bonne figure, au prix d’efforts contraints et de sourires forcés.
    Therese est une femme en train d’éclore. Elle a encore un pied dans cette jeunesse insouciante et légère mais autour d’elle, entourage, société… tout la pousse à se couler sans réfléchir dans le moule que l’époque a choisi pour elle : se marier, être une gentille épouse et une maman modèle. Sans être rebelle ni forcément réfractaire à l’idée d’un fiancé, Therese a pourtant l’intime conviction que sa destinée ne peut pas déjà, si vite, être toute tracée et qu’il doit bien y avoir une possibilité de simplement suivre son instinct, ses désirs.
    Quand elle croise le regard un peu froid de cette femme à la silhouette parfaite, à l’allure distinguée et aux manières classieuses, Therese est subjuguée. Carol est un continent lointain et inaccessible, l'incarnation divinement séduisante d’un monde auquel elle n’appartient pas et auquel elle n’appartiendra sans doute jamais, elle la petite vendeuse de jouets derrière son comptoir.
    Lorsqu'elle croise le regard curieux de ce petit bout de nana frêle à l'allure encore juvénile, Carol est fascinée. Thérèse est une promesse de candeur et d'espoirs pas encore broyés sous le poids des convenances et des conventions, un appel au rêve pour elle qui depuis trop longtemps est prisonnière d’un mariage raté.
    Avancer en territoire inconnu. Oser s’aimer, peut-être. Partir. Fuir. Mais tenter de demeurer fidèles à leur propre vérité en dépit du tourbillon émotionnel et du climat pesant de ces années d’après-guerre où tout demeure figé mais où le vernis commence à se fissurer…

    Magistralement filmées, les deux comédiennes forment un duo troublant de sensualité et de douceur contenues, les mouvements des corps et les croisements de regards occupent tout le cadre… Un film somptueux.


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  •  Un très beau film qui plaira aux petits et aux grands! La petite Heidi a une bouille rigolotte.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Heidi

    Heidi, une jeune orpheline, part vivre chez son grand-père dans les montagnes des Alpes suisses. D'abord effrayée par ce vieil homme solitaire, elle apprend vite à l'aimer et découvre la beauté des alpages avec Peter, son nouvel ami. Mais la tante d'Heidi, estimant quil ne s'agit pas là d'une éducation convenable, place la fillette dans une riche famille de la ville. Heidi va-t-elle supporter cette vie, loin de la montagne et de son grand-père ?


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  •  Un film magnifique sur un épisode tragique de la seconde guerre mondiale. Un épisode qui s'est hélas reproduit en de nombreux endroits. Bien filmé t bien joué!

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20   technique: 19/20   note finale: 18/20

    Les innocentes

    Pologne, décembre 1945.Mathilde Beaulieu, une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise.D’abord réticente, Mathilde accepte de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde. Elle découvre que plusieurs d’entre elles, tombées enceintes dans des circonstances dramatiques, sont sur le point d’accoucher.Peu à peu, se nouent entre Mathilde, athée et rationaliste, et les religieuses, attachées aux règles de leur vocation, des relations complexes que le danger va aiguiser...C’est pourtant ensemble qu’elles retrouveront le chemin de la vie.

    Ce film est un moment de grâce. Et même davantage tant l'univers dans lequel il nous plonge nous confronte à quelque chose qui relève de cette émotion secrète et profonde que tout être humain éprouve un jour ou l'autre, particulièrement lorsqu'il est confronté à des situations d'exception : ce sentiment indicible que la vie est un grand mystère, tout comme la mort, cette découverte que, parfois, la question de la transcendance s'impose intensément à nous. Il nous a rarement été donné de voir exprimée au cinéma, avec une telle subtilité et une telle force, la complexité de la nature humaine et de ses aspirations les plus intimes, révélée ici par une histoire qui, pour être douloureuse, ne parvient pas à détruire la petite lumière d'espoir et de vie qui illumine une humanité déchirée, violentée, mais portée par un amour insubmersible qui la dépasse.
    C'est plus qu'un beau film, c'est une expérience à la fois humaine et quasi spirituelle qui parvient à nous faire oublier qu'on a déjà vu certains des acteurs incarner d'autres personnages dans d'autres films, tant ils semblent ici uniques, portés par la cohérence d'un groupe qui se fond dans la réalité d'un autre temps, d'un autre pays. Le film a été tourné en Pologne, la plupart du temps dans un couvent désaffecté, avec des actrices (particulièrement inspirées) et acteurs polonais et français, dans des conditions de découverte mutuelle qui renforcent encore l'impression d'authenticité. Si l'histoire de départ est bien réelle – celle de Madeleine Pauliac, jeune et jolie Française, provisoire médecin-chef de l'hôpital de Varsovie en 1945 –, elle sert ici de révélateur à des relations aussi universelles qu'intemporelles qui prennent une intensité particulière dans le huis-clos de ce couvent austère, magnifié par les images de Caroline Champetier. La part faite aux chants grégoriens, interprétés essentiellement par les comédiennes, contribue au sentiment de sérénité, de plénitude si particulières à l'ambiance monastique qui contraste ici avec la violence de la situation.

    1944 : la Pologne a été dévastée par l'occupation allemande. Tandis que les autochtones tentent de survivre, la Croix Rouge française s'est installée dans ce qu'il reste d'un hôpital pour soigner et rapatrier les Français qui se trouvent encore sur le territoire polonais. L'équipe médicale n'a pas pour mission de s'occuper des Polonais, et quand une jeune religieuse vient demander du secours, on l'éconduit dans un premier temps, mais Mathilde Beaulieu, interne de vingt-cinq ans, se laisse toucher par sa détresse et accepte de la suivre jusque dans son couvent, malgré l'interdiction qui lui est faite de s'éloigner du cadre de sa mission. Là, elle découvre une communauté de Bénédictines qui continuent à vivre leur vie de moniales, rythmée par les sept offices quotidiens, mais qui cachent dans la honte et le désarroi un secret terrible. Les soldats de l'armée rouge, suivant le reflux de l'armée allemande, ont pénétré dans le couvent à plusieurs reprises, brutalisé, violé les jeunes religieuses et certaines sont sur le point d'accoucher. La mère Abbesse est d'abord réticente à l'intervention de Mathilde, tant elle redoute que l'horreur de leur situation soit connue à l'extérieur du couvent. Mais peu à peu une relation se noue entre la médecin athée, engagée corps et âme au service des autres, et la trentaine de nonnes qu'elle va tenter d'aider autant que possible, s'immergeant dans leur quotidien, à l'écoute de leurs choix sans pour autant modifier ses orientations personnelles. Mettant sa propre vie en péril, elle préservera le plus longtemps possible leur secret, ne demandant que tardivement de l'aide au médecin qui lui est le plus proche et avec qui d'ailleurs elle a une de ces relations dont on imagine qu'elles sont inévitables dans ce genre de lieu et de situation, entre fraternité et désir, complicité et réconfort nécessaire…

    Les Innocentes est bien plus que le récit prenant d'un moment d'histoire peu connu, le film rayonne de cette lumière intérieure qui caractérise ceux qu'une conviction profonde élève au dessus des contingences les plus difficiles, jusqu'à atteindre une sorte d'intensité harmonique rare et positive.


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  • Génial!! On rit du début à la fin! Le scénario est super! les acteurs sont géniaux, c'est bien filmé et Marilou Berry et Sarah Succo sont très sympas; 

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20   technique: 18/20  note finale: 18/20

    Joséphine s'arrondit

    Depuis deux ans, Gilles (homme-parfait-non-fumeur-bon-cuisinier-qui aime-les-chats) et Joséphine (fille-attachiante-bordélique-mais-sympathique) s’aiment. Tout est parfait. Jusqu'à une nouvelle inattendue : ils seront bientôt trois. Ne pas devenir comme sa mère, garder son mec et devenir une adulte responsable, tout un tas d'épreuves que Joséphine va devoir affronter, avec Gilles... à leur manière.


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  • J'ai ri d'un bout à l'autre! C'est amusant, absurde, jubilatoire. Les acteurs sont fantastiques. le scénario est à la hauteur. C'est bien filmé.

    scénario: 19/20      acteurs: 19/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Les Tuche 2 - Le rêve américain

    À l’occasion de l’anniversaire de « coin-coin », le benjamin de la fratrie, la famille Tuche part le retrouver aux États-Unis : les choses ne vont pas se passer comme prévu, mais alors pas du tout.


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  • Un petit bijou. Le scénario est une merveille et les acteurs sont formidables. Dommage que techniquement ce soit plus qu'approximatif. Naomi Kawase a essayé dans chacun de ses films de nous parler de réconciliations, de rencontres, de résiliance. Dans ce film particulièrement tendre et émouvant, elle parvient à tresser le destin de trois personnages marginaux, de générations différentes qui vont se retrouver autour d'un projet commun. Pas de success story à l'américaine, mais une belle réflexion sur ce qui peut unir les êtres et sur le sens de la meilleure réussite qui soit, celle qui nous enrichit intérieurement.

    scénario: 18/20         acteurs: 18/20   technique: 12/20      note finale: 18/20

    Les délices de Tokyo

    Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « AN ».
    Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, le vendeur de dorayakis, de l’embaucher.
    Tokue a le secret d’une pâte exquise et la petite échoppe devient un endroit incontournable...

    Tokyo… Un quartier, excentré, banal et terne, s'il n'y avait… les cerisiers en fleurs ! Les voilà qui rivalisent d'exubérance, déployant de subtiles dentelles de pétales, saupoudrant d'un rose fragile le monde grisonnant des hommes. Ils donneraient presque des airs de village ancestral aux bâtisses bétonnées et sans charme. Mais le printemps peine à pénétrer dans certaines boutiques. Celle que tient Sentaro reste résolument insipide, à l'image de son gérant et de la pâte « an » des « dorayakis » qu'il cuisine… Vous ne connaissez pas les dorayakis ? Qu'importe, vous aurez tout le film pour les découvrir, vous pourlécher les babines et entendre votre ventre gargouiller… Mais ne croyez pas que vous avez affaire à un film culinaire : nous sommes dans l'univers de Naomi Kawase, avec sa douceur, sa subtilité habituelles, sa gourmandise de la vie. Ces dorayakis se révèlent être plus que de savoureuses pâtisseries, ils recèlent l'essence des choses, la saveur de l'enfance, l'attention aux autres, aux moindres petites choses. Ils sont une invitation à s'ancrer dans le présent, à aimer tout ce qui nous entoure, à jouir de la vie. Une ode au Carpe Diem…
    Mais revenons à Sentaro. Pour lui, les jours se suivent… Le réveil sonne l'heure de la clope qu'il fume, solitaire, sur une terrasse, avant de se mettre au boulot sans conviction. Des litres de pâte qu'il transforme en dizaines de petites crêpes pour les gosiers voraces d'une poignée de collégiennes qui les ingurgitent en se moquant de lui, de ses airs bougons. Seule Wakana semble prendre racine, une fois la nuée de ses copines passée. Elle n'a guère d'alternative puisque ses camarades filent vers des cours particuliers qu'elle n'a pas les moyens de s'offrir. Elle n'ose tout bonnement plus espérer accéder à l'université faute de l'argent nécessaire. C'est une drôle de complicité qui se tisse en silence entre le quadragénaire et la collégienne. La tristesse désabusée de ces deux égratignés de la vie n'a pas besoin de mots pour s'exprimer.
    Les jours pourraient dériver ainsi longtemps encore, lorsqu'une drôle de petite vieille, hésitante et bancale, passe sa frimousse dans l'embrasure de la petite échoppe. Le patron cherche un commis pour l'aider ? Elle dit être la femme de la situation ! Sentaro refuse, la voyant trop âgée, trop abimée, trop tordue de la tête aux mains… Poliment il tente de la dissuader en lui parlant du salaire minable… Mais, chose saugrenue, ne voilà-t-il pas que la grand-mère, loin de se décourager, négocie son salaire encore à la baisse ! Sentaro ne sait plus comment s'en dépêtrer… D'autant que tous les jours la dame semble revenir à la charge jusqu'à l'obliger à goûter la délicieuse pâte « an » qu'elle a réalisée : un comble pour celui qui déteste le sucré ! Voilà comment Tokue va finir par imposer sa présence réjouissante dans le quartier, bouleverser la routine de Sentaro, à coup de savoir faire, à coup de savoir être. Elle semble ré-enchanter le monde partout où elle vient piétiner, hésitante et gauche. Étonnante Tokue qui sait écouter aussi bien les murmures des feuilles qui frissonnent que ceux du cœur des hommes ou des haricots rouges qui patientent dans la casserole.

    Ceci n'est qu'un début, un prétexte ou presque, vous le découvrirez lorsque le film va basculer dans un tout autre registre évoquant un pan honteux de l'histoire nipponne… Et on comprendra que l'indéracinable capacité d'émerveillement de Tokue a cru dans la fange d'un terrible passé.


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  •  Un film très réussi. Le cinéma comme je l'aime: on apprend quelque chose et on passe un bon moment. Les acteurs sont excellents.

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Chocolat

    Du cirque au théâtre, de l'anonymat à la gloire, l'incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu'il forme avec Footit, va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l'argent facile, le jeu et les discriminations n'usent leur amitié et la carrière de Chocolat. Le film retrace l'histoire de cet artiste hors du commun.

    L’histoire a parfois la mémoire qui flanche et sait être douloureusement sélective quand il s’agit de préférer le glamour à de plus tragiques destinées… Par exemple c’est bien le nom de Joséphine Baker qui vient à l’esprit quand on cherche le nom du « premier artiste noir » à avoir fait carrière en France. Joséphine et ses seins nus, son délicieux accent, ses déhanchements ceinturés de bananes. L’histoire a longtemps oublié Rafael Padilla, aussi appelé « le clown Chocolat », qui fut, bien avant Joséphine Baker, le premier Noir à se produire dans les plus grands cabarets parisiens et qui créa un numéro de cirque qui allait lui survivre : celui du clown (blanc) autoritaire et de l’auguste (noir) souffre-douleur. Un duo qu’il forma avec succès pendant près de vingt ans avec Georges Footit, imposant ainsi le modèle inoxydable du couple comique antinomique et complémentaire…
    C'est son histoire à la fois magnifique et terrible que Roschdy Zem, inspiré par les travaux de l'historien Gérard Noiriel, a choisi de nous raconter. La destinée d'un homme né esclave qui accéda au statut de vedette, qui mena la grande vie à Paris avant de finir seul, malade et oublié de tous, inhumé dans la partie du cimetière de Bordeaux réservée aux indigents, carré M, rangée 7, tombe numéro 2…

    Tout commence dans la campagne française, dans un tout petit cirque familial. Un cirque et son dompteur, son géant, son nain, sa femme obèse ou à barbe et son nègre dompté. C’est ici que Rafael commence sa carrière, peau et cris de bête, regard effrayant… Un sauvage, dangereux et sans doute cannibale : c’est ainsi que l’homme noir est représenté et perçu par une foule excitée, curieuse et avide de sensations fortes. Et puis il y a le numéro de clown de Georges, un numéro un peu usé qui s’essouffle et ne fait plus rire grand monde.
    Georges, perfectionniste, passionné, bosseur maladif, sent qu'il doit impérativement se renouveler et c'est alors que lui vient l'idée de génie : détourner Rafael de son rôle de méchant sauvage et l’associer à son numéro de clown. Le grand homme noir maladroit, simple d’esprit, souffre-douleur et toujours servile et le petit bonhomme blanc malin, manipulateur et bien entendu toujours maître de la situation. Un rire discret, puis deux, puis trois, puis cent… l’alchimie fonctionne, la foule a besoin de distraction, de nouveauté et aussi de clichés rassurants : le duo « Footit et Chocolat » est né.

    Chocolat suit le duo sur près de vingt années. La gloire, l'argent mais aussi le difficile travail de la scène, la recherches permanente de trouvailles comiques dans un monde du show business où tout est déjà là : la publicité, la concurrence, le besoin vorace de nouveauté. La première partie du film, riche de numéros de scène parfaitement huilés où la magie du duo fonctionne à plein, est menée tambour battant, avec un sens parfait du rythme et de la comédie. La seconde partie est plus grave, plus complexe, plus politique aussi puisqu’elle marque le réveil de Chocolat à son statut d’homme noir soumis et inférieur, faire-valoir de la puissance blanche colonialiste et dominatrice. C’est le moment où la fusion et l’amitié des deux hommes se fissurent et où Chocolat veut s’affranchir de son maître blanc pour affirmer sa position d’artiste, d’artiste tout court. En cela, le film de Roschy Zem résonne, bien au-delà du pur divertissement, comme un formidable appel à la réflexion sur ces questions fondamentales et encore tabou dans la France d’aujourd’hui.
    Servi par un imparable duo Omar Sy / James Thierrée, soutenus par des seconds rôles écrits et interprétés amoureusement, Chocolat fait rire et fait réfléchir, exalte avec une générosité débordante une fraternité dont nous avons bien besoin.


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  •  Je ne voulais pas aller voir ce film. Pas mon genre. mais quand j'ai appris que Stallone était nominé pour l'Oscar, je me suis dit que peut-être... sans parler de la polémique concernant l'absence de nomination aux oscars du noir. La nomination de Stallone est justifiée et la non-nomination, aussi. Le rôle est beau mais l'acteur n'en fait pas grand-chose. Le film finit en queue de poisson.

    scénario: 16/20        technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Creed - L'Héritage de Rocky Balboa

    Adonis Johnson n'a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d'être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D'abord réticent, l'ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…


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  •  Superbe!!! Ce film est esthétiquement une merveille. Il est servi par deux grands acteurs. Eddie Redmayne nous avons séduit avec son époustouflante prestation de Stefan Hopkins! Là encore, il est sublime. Tout en douceur. Tout en nuances, un très joli film.

    scénario: 18/20      technique: 19/20     acteurs: 18/20    note finale: 18/20

    The Danish Girl

    The Danish Girl retrace la remarquable histoire d'amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l'artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.


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  • Pas mal. C'est bien joué mais l'image est dégueulasse. Le scénario est intéressant. Pas mal malgré quelques longueurs et trop de bavardages. Amusant de voir le sosie de Julien Lepers (Michael Keaton)

    scénario: 16/20       acteurs: 16/20       technique: 16/20   note finale: 16/20

    Spotlight

    Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.
    De Bas les masques (1952) de Richard Brooks aux Hommes du président (1976) d'Alan J. Pakula ou à Révélations (1999) de Michael Mann, le journaliste incarne depuis longtemps, dans le cinéma hollywoodien, une véritable sentinelle de la démocratie. Dénonçant sans relâche la criminalité, la corruption de la classe politique, le cynisme du « big business », les pires dérives de l'hystérie anticommuniste ou les erreurs judiciaires, il est une vigie qui pointe les dysfonctionnements de la société américaine, parfois au péril de sa vie.
    C'est dans cette solide tradition que s'inscrit ce remarquable Spotlight qui, comme souvent dans ce genre d'entreprise, s'inspire de faits réels. Ici, l'équipe de journalistes d'investigation du Boston Globe, surnommée « Spotlight » (littéralement « le projecteur »), enquête sur une affaire de crimes pédophiles perpétrés – et dissimulés – par l'Église catholique. Pour autant, il ne faut pas chercher la moindre héroïsation du reporter. Car ce qui intéresse McCarthy, c'est de montrer le journaliste, ce soutier de la démocratie, au travail.

    Non, son quotidien n'est pas ponctué de révélations spectaculaires et de satisfactions flattant l'ego. Bien au contraire, ses tâches sont le plus souvent répétitives et ingrates, son environnement est celui d'un bureau gris et exigu éclairé par des néons suspendus à un faux plafond, ses interlocuteurs le considèrent comme un gêneur et sa vie privée est vampirisée par son métier. D'ailleurs le réalisateur ne s'attache à ses personnages qu'à travers le prisme professionnel, sans s'attarder inutilement sur leur sphère personnelle qui aurait risqué de parasiter leur indéfectible trajectoire. D'où les plans éloquents de Sasha Pfeiffer (Rachel McAdams) interrogeant inlassablement les victimes et tentant d'approcher les bourreaux, ou encore ceux de Michael Rezendes (Mark Ruffalo) harcelant littéralement l'avocat des survivants et de Matty Carroll (Brian d'Arcy James) épluchant scrupuleusement les archives du journal.
    McCarthy excelle à camper cette petite ruche industrieuse que forme le groupe Spotlight – les visages anxieux minés par la fatigue croissante et les rebuffades récurrentes, les innombrables appels téléphoniques infructueux, les allées et venues entre le journal, le Palais de justice et le bureau des avocats – et à humer l'atmosphère solidaire qui règne à la rédaction. Outre sa pugnacité, c'est l'autre grand atout du groupe : la complémentarité de ses membres qui, tous, savent qu'ils ont une note à jouer dans la partition et qu'ils occupent une fonction essentielle, chacun à sa place.
    Peu à peu, le travail acharné des journalistes esquisse les contours des violences insondables subies par les jeunes victimes d'hier. À cet égard, la force de Spotlight, c'est le traitement du hors-champ. S'il ne fait preuve d'aucune fausse pudeur dans l'évocation des viols, le cinéaste évite soigneusement les flash-back insistants, le pathos racoleur. Entre les témoignages recueillis et la reconstitution des faits, le film donne pourtant à sentir l'envergure du traumatisme…

    Ce plaidoyer pour la fonction salvatrice de la presse écrite ne serait pas aussi puissant s'il n'était pas ancré dans un contexte géographique bien spécifique. Car dans le film, la responsabilité écrasante de l'Église se confond avec celle de Boston : Boston la patricienne, discrète et « provinciale », Boston qui exècre l'ostentation, et surtout Boston la catholique, où le crime s'épanouit pourtant… « La ville prospère quand ses grandes institutions travaillent main dans la main » déclare, sûr de son fait, le cardinal Law au rédacteur en chef du Globe lors d'un entretien privé. De fait c'est toute la ville qui semble complice des agissements criminels de ses prélats : ici, l'Église, impalpable et omniprésente, s'est insinuée dans le cœur et l'âme des fidèles, si bien qu'ils ont d'eux-mêmes intégré l'impérieuse obligation du silence… Dans ce film subtil qui ne tombe jamais dans l'écueil du manichéisme, tout le monde, ou presque, partage les mêmes origines et, partant, une responsabilité collective… Un film passionnant, de bout en bout !


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  • Je ne suis pas la cible parce que c'est plutôt un film pour ados, j'y suis allé un peu par hasard et pourtant j'ai beaucoup aimé. Ce film de science fiction sur une invasion d'extra-terrestres est très bien fit et on se laisse prendre par l'histoire. Les acteurs sont bien choisis et jouent bien. mais pourquoi la jolie Chloé Grace Moretz a-t-elle succombé à la chirurgie esthétique en se faisant gonfler les lèvres???

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Quatre vagues d’attaques, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu’elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir – si toutefois elle peut lui faire confiance…


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  •  Un film intéressant même s'il peine à démarrer. On se demande où le scénario veut en venir. les acteurs sont formidables. c'est bien filmé. Et la fin est ... somptueuse!

    scénario: 16/20           acteurs: 16/20          technique: 16/20       note finale: 16/20

    Encore heureux

    D’accord, Marie est un peu fatiguée de l’insouciance de son mari Sam, cadre sup au chômage depuis 2 ans. D’accord, elle est très tentée de se laisser séduire par ce bel inconnu qui lui fait la cour. D’accord, il y a aussi le concours de piano de sa fille... Si cet équilibre dingue et léger tient à peu près debout, un événement inattendu jette toute la famille sur un chemin encore plus fou.


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  •  Un très beau film sur l'ère Ben-Ali où la police était omniprésente et brimait le peuple en générale et la jeunesse en particulier. Le scénario est très réussi, c'est bien filmé et très bien joué; Bravo!!

    scénario: 18/20   acteurs: 18/20   technique: 16/20   note finale: 18/20

    A peine j'ouvre les yeux

    Tunis, été 2010, quelques mois avant la Révolution, Farah 18 ans passe son bac et sa famille l’imagine déjà médecin… mais elle ne voit pas les choses de la même manière.
    Elle chante au sein d¹un groupe de rock engagé. Elle vibre, s’enivre, découvre l’amour et sa ville de nuit contre la volonté d’Hayet, sa mère, qui connaît la Tunisie et ses interdits.
     
    Le cinéma est un outil formidable, un moyen incomparable de s'immerger dans des réalités éloignées des nôtres, de représenter des parties du monde qui nous seraient sinon invisibles, de raconter des histoires qui nous permettent de mieux appréhender des moments clés de l'Histoire. Sur les révolutions qui ont émergé dans de nombreux pays arabes au début de cette décennie, beaucoup de choses ont été dites et montrées. Nous avons vu les images documentaires des immenses manifestations et du renversement des pouvoirs en place, de la répression et des échecs. Nous avons en quelque sorte vécu, via nos écrans, les événements de ces Printemps Arabes, et nous suivons encore leurs conséquences sur les pays concernés.


    Mais nous fûmes sans doute nombreux à être surpris par ces mouvements, et à ne pas forcément comprendre, par méconnaissance de la situation de ces pays, les raisons de ces soulèvements. La jeune réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid a donc décidé de situer l'action de son premier film quelques mois à peine avant la révolution de Jasmin, avec la volonté de faire ressentir ce qu'était la vie des Tunisiens – et particulièrement de la jeunesse – sous l'ère Ben Ali : « J’ai voulu revenir sur la sensation d’étouffement, la peur continue qu’on ressentait alors. Il ne faut pas oublier ces émotions. Je parle plus particulièrement de l’atmosphère des derniers mois du régime. Alors que la corruption rongeait tout, les gens étaient agressifs, ils évoluaient dans l’incertitude. C’était un peu une fin de règne. Tout cela explique, au moins en partie, énormément de choses, notamment les raisons de l’explosion qui ont conduit à la révolution ».

    Tunis, été 2010. Farah est une jeune fille brillante qui vient de réussir son bac avec succès et que sa famille imagine déjà médecin. Mais Farah est aussi une fille à l'énergie débordante – et au caractère bien trempé – qui veut profiter de la vie et de sa jeunesse. Elle sort dans les bars, s'enivre, découvre l'amour dans les bras d'un des musiciens du groupe de rock dans lequel elle chante des textes engagés, qui parlent des problèmes de son pays, de sa frustration et de ses rêves qui sont aussi ceux de ses compatriotes. Libre et impulsive, Farah s'oppose à la volonté de sa mère Hayet, qui connaît les interdits de son pays et tente de la protéger en l'éloignant de son groupe. Car dans la Tunisie de Ben Ali, Farah est considérée comme une rebelle, les membres de son groupe sont d'ailleurs surveillés par la police. Mais le désir de liberté est trop fort pour être contenu. Et c'est peu à peu les rouages de la machine répressive qui vont se refermer sur la jeune fille, symbole d'une jeunesse fière et vivante qui veut rester debout, mais risque d'en payer le prix…

    À peine j'ouvre les yeux est donc le portrait d'une jeune fille trop libre pour un système autoritaire qui n'a plus d'autres solutions que la répression et la violence pour perpétuer son règne, étendard d'une jeunesse qui fera entendre sa voix quelques mois plus tard. Le film de Leyla Bouzid suit à un rythme effréné la tignasse bouclée et le visage poupin de son héroïne, plongeant à sa suite dans la vie nocturne tunisienne, ses rues, ses bars et ses boîtes de nuits. Il laisse une grande place à la puissance de la musique – rock inspiré des rythmes du mezoued, musique populaire tunisienne – et aux textes chantés par Farah. Et offre deux magnifiques personnages à deux sublimes actrices autour desquelles le récit se resserre peu à peu : la jeune Baya Medhaffar, dont c'est la première apparition, incarne Farah avec une énergie ébouriffante face à la célèbre chanteuse tunisienne Ghalia Benali, remarquable dans le rôle de sa mère Hayet.


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  • Un excellent thriller politique. On ne s'ennuie pas, il y a plein de rebondissements et les acteurs sont formidables.

    scénario: 16/20       acteurs: 16/20      technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le grand jeu

    Pierre Blum, un écrivain de quarante ans qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, rencontre, un soir, sur la terrasse d'un casino, un homme mystérieux, Joseph Paskin. Influent dans le monde politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans un passé qu'il aurait préféré oublier et mettra sa vie en danger. Au milieu de ce tumulte, Pierre tombe amoureux de Laura, une jeune militante d'extrême gauche; mais dans un monde où tout semble à double fond, à qui peut-on se fier ?


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  •  Je crois que c'est le premier film islandais que je vois. Pas mal, intéressant. Original.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Béliers

    Dans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers.

    C'est un magnifique film d'hiver (si toutefois ce mot a encore un sens, à l'heure où s'écrivent ces lignes, Dimanche 8 Novembre, le thermomètre affiche un déprimant 26° sous un ciel agaçant à force d'être bleu), un film de neige et de froid, de vent et de glace, une sorte de conte de Noël rude et gaillard, qui aurait oublié d'être niais, qui cacherait sa chaleur humaine sous les barbes rousses hirsutes et les gros pulls en laine sauvage. C'est beau, c'est singulier, c'est vivifiant ! Le film à voir d'urgence pour échapper à tout ce que cette « période des fêtes » peut avoir de convenu, de contraint, d'étouffant…
    Cette histoire aurait sans doute pu prendre racine au plus profond des Cévennes, ou bien sur les contreforts des Alpes ou des Pyrénées, dans un de ces coins de France de plus en plus rares où les hommes vivent dans des conditions parfois hostiles, au contact de la nature et des bêtes, aussi sauvages l'une que les autres. Des coins où les humains, souvent confrontés à la solitude, deviennent des taiseux, vivent des relations familiales compliquées, et, histoire d'être encore plus seuls, peuvent avoir la rancune tenace jusqu'à ne plus parler à leur voisin ou voisine des décennies durant…


    Mais ici nous sommes loin de la France, nous sommes dans une vallée isolée du centre de l'Islande, bien loin de la partie maritime et touristique du pays. Une vallée où les éleveurs vivent aux côtés de leurs moutons sur des landes magnifiques, battues par les vents, recouvertes d'un épais tapis de neige une grande partie de l'année. Dans ces contrées, l'élevage des moutons est une religion : on les bichonne comme les émirs leurs purs sangs, les mamies leurs chiens de genoux. A plus forte raison les béliers, dont force et virilité font l'objet de concours fort disputés.
    Parmi ces éleveurs, deux figures seront au centre du film. Gummi et Kiddi, tous deux sexagénaires, tous deux célibataires, qui vivent dans des fermes contigües, tout juste séparées par un portail. Ils se croisent forcément mais ne s'adressent pas même un regard. S'ils ont un besoin impératif de communiquer, ils confient leur message à un chien, qui fait l'aller et retour entre les deux maisons. Sacrés Gummi et Kiddi ! Ils sont fâchés. À mort. Depuis quarante ans. Pour une raison qu'on ne vous dévoilera pas mais qui ne peut évidemment pas justifier ces années de brouille intégrale entre voisins… qui par dessus le marché sont frères ! Des frères qui bien sûr élèvent tous deux des béliers et qui sont donc des concurrents acharnés quand vient le moment du fameux concours…
    Cette situation qui flirte avec l'absurde va prendre un tour plus dramatique quand la maladie de la tremblante va être repérée chez les bêtes de Kiddi, ce qui signifie l'abattage de tous les troupeaux de la vallée, principe de précaution oblige… Et rien que l'idée de perdre leurs animaux, pour des éleveurs qui leur ont consacré leur vie et leur amour… c'est le monde qui s'écroule…

    Ce formidable Béliers commence comme une comédie à l'humour très scandinave, autrement dit décalé, introverti, désarçonnant, qui nous rend immédiatement attachants ces étranges personnages qui vivent franchement hors du monde… et puis le film prend une autre dimension, plus lyrique, plus grave, et s'ouvre à une ample réflexion – jamais théorique, toujours physique et sensible – sur le rapport de l'homme à la nature, de l'humain à l'animal, sur le lien fraternel qui peut renaître dans l'adversité. La mise en scène exalte à merveille la beauté dantesque de ces paysages incroyables, qui rendent plus impressionnant encore le combat des hommes, particulièrement dans une scène finale stupéfiante d'émotion et de force.


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  • Un très beau film, doucement déjanté. Le scénario est réussi et l'histoire est intéressante. Bien joué, bien filmé.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

     

    Trois souvenirs de ma jeunesse

    Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS où une mission clandestine l’avait conduit à offrir sa propre identité à un jeune homme russe… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l’ami qui devait le trahir… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie. Doucement, « un cœur fanatique ».

    Après son escapade américaine, sur les traces d'un Indien des plaines – diversement appréciée d'ailleurs ; pour notre part, nous avions beaucoup aimé Jimmy P –, Arnaud Desplechin retrouve son territoire et sa tribu naturels, l'axe Roubaix – Paris et le petit monde de Paul Dédalus.
    Paul Dédalus – nom choisi en hommage à James Joyce – c'est l'alter ego fictionnel de Desplechin dans son imaginaire biographie filmée. À l'intention de ceux qui suivent l'œuvre du réalisateur, on précisera que Trois souvenirs de ma jeunesse se rapporte à la période précédant celle évoquée dans Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), réalisé en 1996. L'enfance et l'adolescence de Paul Dédalus, donc. Quant aux autres, qu'ils se rassurent : nul besoin de connaître les films précédents de Desplechin pour voir et apprécier celui-ci à sa juste valeur. Et sa valeur est grande, tant Desplechin paraît ici au sommet de son art de la narration et de la mise en scène, construisant son intrigue avec un sens de l'enchaînement et du contrepied qui vous tient en haleine et vous fait pétiller les méninges, et la filmant avec une élégance et un souffle qui transcendent le propos.

    Le film s'ouvre avec Paul Dédalus adulte : Mathieu Amalric bien sûr, le Jean-Pierre Léaud de Desplechin. Anthropologue réputé, il termine une mission au Tadjikistan et va rentrer en France. Un incident de passeport à l'aéroport va l'amener à revenir sur son passé. Il se souvient… Il se souvient de son enfance à Roubaix. Des crises de folie de sa mère. Du lien qui l'unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent, et dans une moindre mesure à sa sœur Delphine, faussement peste et vraiment généreuse. De sa grand-mère, libre et tolérante, jeune d'esprit à jamais, un phare dans la nuit. Des dialogues de sourds avec son père, qui se croyait fort et qui ne l'était pas, qui aimait trop sa femme pour aimer bien ses enfants…
    Il se souvient de ses seize ans. De son père, veuf inconsolable. De ce voyage en URSS avec le lycée, pendant lequel il fut amené avec son meilleur copain à se charger d'une mission clandestine auprès de dissidents en danger, et même à offrir son passeport, et donc sa propre identité, à un jeune homme qui parvint ensuite à s'exiler en Australie… Si bien qu'il existe depuis deux Dédalus et en certaines occasions, Paul se demande s'il est bien le bon…
    Il se souvient de ses dix-neuf ans, de ses frère et sœur qui avaient grandi eux aussi, mais en parallèle, si bien qu'il s'en sentait moins proche. De son cousin Bob, des soirées plus ou moins endiablées avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l'ami qui devait le trahir. De ses études à Paris, de sa rencontre avec le Docteur Béhanzin, femme exceptionnelle à jamais associée à sa vocation pour l'anthropologie.

    Et surtout, surtout il se souvient d'Esther, qui fut le cœur de sa vie, et dont on ne dira rien de plus car sa relation avec elle est aussi le cœur de ce film à la fois intimiste et romanesque, cérébral et charnel, distant et émouvant.


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  • Un beau film pour les petits et les grands.

    scénario: 16/20        technique: 16/20     acteurs 17/20     note finale: 16/20 

    Belle et Sébastien : l'aventure continue

    D'après l'oeuvre de Cécile Aubry : Septembre 1945. Au village, on a fêté la fin de la guerre. Sébastien a grandi, il a maintenant 10 ans. Belle et lui attendent impatiemment le retour d’Angelina... Mais Angelina ne revient pas. Elle a disparu  dans un accident d’avion au cœur des forêts transalpines. Tout le village a perdu espoir. Tout le village sauf César : le grand père de Sébastien connaît un homme, Pierre, qui pourrait les aider à retrouver Angelina. Mais avant de sauver la jeune femme, l’enfant et son chien vont devoir braver mille dangers, traverser mille épreuves et affronter un secret. Un secret qui va changer la vie de Belle et de Sébastien à tout jamais. L’aventure continue...

    Nous voilà de retour dans le petit village de Sébastien et de sa fidèle Belle. Niché tout là-haut, dans les Alpes, là où les sommets tutoient les nuages, le petit village de Saint-Martin fête la fin de la guerre. Nous sommes en septembre 1945 et cette rentrée des classes est joyeuse et animée, sauf pour Sébastien qui préfère faire l’école buissonnière et les 400 coups avec Belle. Pour lui une seule date compte vraiment et ce n’est pas celle du retour de son maître d’école, des cartables et des tables de multiplication, mais bien celle du retour de la belle Angelina. Mais Angelina ne revient pas. L’avion qui la ramenait a disparu dans un accident au cœur des forêts transalpines.
    Tout le village a perdu espoir. Tout le village sauf César, le grand-père de Sébastien. Le grincheux au grand cœur veut croire à l’impossible et il est prêt à tout tenter. Même demander de l’aide à « l’autre »… Celui-là pourtant, c’est rien de dire qu’il ne le porte pas dans son cœur, croix de bois, croix de fer, il avait même juré qu’il ne lui adresserait plus jamais la parole. Oui, mais voilà, Pierre est le seul dans la région à posséder un avion (trésor de guerre volé aux Allemands) et à être capable de survoler la zone de l’accident. Mais, avant de sauver la jeune femme, César, l’enfant et son chien vont devoir braver mille dangers, traverser mille épreuves et affronter un secret. Un secret qui va changer la vie de Belle et de Sébastien à tout jamais.

    Avec ce nouveau chapitre, les auteurs du premier film toujours fidèles à l’univers de Cécile Aubry, poursuivent l’exploration de l’enfance de Sébastien, l’amenant peu à peu aux portes de l’adolescence…
    Christian Duguay est québécois et passionné de grandes fresques à caractère humaines et de nature, le réalisateur de Jappeloup est un habitué de la montagne et des grands espaces. Il réalise ici un grand film d’aventure familial aux décors majestueux, une histoire qui va mener Belle et Sébastien vers de nouvelles rencontres. Après avoir trouvé le chemin de l’amitié dans le premier film, Sébastien doit cette fois renouer les liens de sa famille. Un défi qui propulse notre jeune héros dans le monde des adultes, et qui va l’obliger à se poser la question de ses origines. Aidé par Belle, Sébastien va devoir grandir…


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  •  Du grand Lelouch!! J'ai adoré cette histoire d'amour. Les acteurs sont formidables. Et même si on peut regretter quelques faiblesses de scénario, le film est réussi. Et l'Inde est magnifique.

    scénario: 14/20        technique: 16/20     acteurs 17/20     note finale: 16/20

    Un + Une

    Antoine ressemble aux héros des films dont il compose la musique. Il a du charme, du succès, et traverse la vie avec autant d’humour que de légèreté. Lorsqu’il part en Inde travailler sur une version très originale de Roméo et Juliette, il rencontre Anna, une femme qui ne lui ressemble en rien, mais qui l’attire plus que tout. Ensemble, ils vont vivre une incroyable aventure…

    Antoine, un célèbre compositeur de musiques de films, est à New Dehli pour travailler sur une version très originale de « Roméo et Juliette ». Invité à un dîner de l’ambassadeur de France (on ne sait pas s'il offre pour l'occasion une boîte de chocolats fourrés praliné), ce collectionneur de femmes, rangé des jupons depuis peu, sympathise avec Anna, la femme du diplomate. Le destin va les unir dans un pèlerinage sur les rives du Gange. Mais en Inde, il est bien difficile de faire la part du réel et du rêve…

    Les films de Claude Lelouch sont comme les vendanges, il y a des années avec, et des années sans. Allez savoir pourquoi Un + Une constitue le meilleur film du cinéaste depuis une éternité… Pourquoi celui-ci nous emballe plus que les autres ? Peut-être parce qu'à une heure où tant de jeunes cinéastes prennent des précautions consensuelles pour draguer le maximum de spectateurs (et Dieu sait si, dans notre cinéma franco-français, les mauvais exemples sont légion), Lelouch, lui, n'a peur de rien, assume tous les risques, va à fond et jusqu'au bout. Pleinement conscient de raviver à travers Dujardin et Zylberstein le couple Belmondo-Girardot qu'il avait dirigé dans Un homme qui me plaît (1969), il s'amuse à jouer à contre-temps de l'image et du caractère bien réel de ses acteurs – à ce point que, bluffant de naturel en bellâtre prétentieux grisé par ses succès tant amoureux que professionnels, Jean Dujardin parvient pour la première fois à nous convaincre qu'il peut être autre chose qu'une (talentueuse) caricature de Clarke Gable. Quant à Elsa Zylberstein, elle joue avec finesse et beaucoup de douceur de son image de beauté fragile. Jusqu'à Christophe Lambert, improbable diplomate plus lelouchien que nature, et Venantino Venantini, fantomatique Tonton flingué ; c'est un étonnant ballet entre la filmographie amoureuse du patron et ses préoccupation du présent qui nous est offert, transcendé par la quête mystique la plus simple et la plus naturelle du monde entre les bras de « Amma » Mata Amritanandamayi. Épatant.


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  • Un très joli film tout en nuances portés par des acteurs formidables.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 17/20   note finale: 16/20

    Marguerite et Julien

    Julien et Marguerite de Ravalet, fils et fille du seigneur de Tourlaville, s’aiment d’un amour tendre depuis leur enfance. Mais en grandissant, leur tendresse se mue en passion dévorante. Leur aventure scandalise la société qui les pourchasse. Incapables de résister à leurs sentiments, ils doivent fuir…

    Une fois de plus, certains critiques se font une joie de brûler aujourd'hui ce qu'hier ils portaient au pinacle. Ainsi donc Valérie Donzelli, dont La Guerre est déclarée fut il n'y a guère encensée par une presse unanimement enthousiaste, s'est muée en une cinéaste négligeable et surestimée, et son adaptation de l'histoire du couple maudit formé par Marguerite et Julien de Ravalet, décapités en place de Grève en 1603, serait, selon ces grincheux, trop pop, trop kitsch et tué par ses artifices. Eh bien oubliez toutes ces mauvaises ondes, négligez tous les écrits de ces plumitifs aigris car tout ce qu'ils ont détesté, c'est ce que nous avons adoré ! Oui Valérie Donzelli ose tous les artifices de mise en scène et nous on marche à fond…

    Mais revenons au commencement. Valérie Donzelli s'est inspirée d'un scénario écrit par le grand Jean Gruault (qui vient de disparaître) pour son complice François Truffaut… qui finalement ne réalisa jamais le film. Tout part de l'histoire bien réelle, à la fin du xvie siècle, de Marguerite et Julien de Ravalet, jeunes enfants du seigneur de Tourlaville, dans le Cotentin. Deux enfants dont l'attachement fusionnel devint rapidement suspect aux yeux de leurs parents, qui s'empressèrent de les séparer, mariant de force la jeune fille à un riche collecteur d'impôts de trente ans son aîné. Mais arriva ce qui devait arriver, le mariage n'était pas heureux et la jeune fille s'enfuit pour rejoindre secrètement son frère à Fougères puis Paris, où les incestueux tourtereaux furent arrêtés.


    De cette histoire aussi romanesque que dramatique, Valérie Donzelli a décidé de faire un conte, qui flirte parfois avec l'univers de Jacques Demy, tendance Peau d’Âne. Ça commence d'ailleurs par la lecture du récit par une bande de fillettes, pensionnaires dans un quelconque collège. Toutes ces demoiselles chuchotent à la tombée de la nuit l'histoire interdite de Marguerite et Julien, les deux enfants qui s'aimaient trop. On retrouve le frère et la sœur devenus jeunes adultes, incarnés par Anaïs Demoustier, parfaite d'innocence puis de sensualité passionnée, et Jérémie Elkaïm, complice de toujours de Valérie Donzelli, impeccable lui aussi en amoureux intraitable. Ce qui étonne tout de suite, ce qui perturbe un peu et amuse beaucoup, c'est le choix délibéré de l'anachronisme et de l'étrangeté. On pourrait penser que l'on est au xixe siècle au vu des costumes, s'éloignant ainsi de la période originelle du récit, mais en même temps les fugitifs seront poursuivis par des hélicoptères et des meutes de policiers équipés de torches électriques. On verra aussi apparaître des postes de radio… Ce choix aussi fantaisiste qu'audacieux rappelle que l'histoire de cet amour impossible est éternelle et universelle, comme celle de Tristan et Yseult…

    On sait gré à Valérie Donzelli de ne pas céder à la réflexion plombante sur l'inceste, qui est finalement pour elle un sujet secondaire : et puis après tout, Zeus culbutait bien sa sœur Héra, et Cléopâtre épousa même successivement deux de ses frères ! Pour renforcer la singularité joyeuse de son film, Donzelli utilise des artifices étonnants, notamment des images figées pendant que seule la lueur des bougies continue de trembler, et une bande son résolument contemporaine, notamment l'imparable Midnight summer dream, tube des années 80 des Stranglers, pour couvrir la fuite des amoureux. Marguerite & Julien devient ainsi un conte pop aérien, sensuel, tragique et parfaitement abouti.


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  • Un très joli films: les acteurs sont fantastiques, le scénario est réussi, c'est bien filmé et la photo est magnifique. A voir!

    scénario: 17/20      technique: 19/20     acteurs: 18/20   note finale: 17/20

    Taj Mahal

    Louise a dix-huit ans lorsque son père doit partir à Bombay pour son travail. En attendant d’emménager dans une maison, la famille est d’abord logée dans une suite du Taj Mahal Palace. Un soir, pendant que ses parents dînent en ville, Louise, restée seule dans sa chambre, entend des bruits étranges dans les couloirs de l’hôtel. Elle comprend au bout de quelques minutes qu’il s’agit d’une attaque terroriste. Unique lien avec l’extérieur, son téléphone lui permet de rester en contact avec son père qui tente désespérément de la rejoindre dans la ville plongée dans le chaos.

    L'hôtel Taj Mahal, c'est l'hôtel le plus luxueux de Bombay, une énorme pièce montée qui trône sur une ville cosmopolite, une des plus grandes places financières du monde, mais grouillante de pauvres qui espèrent grappiller quelques miettes de cette concentration de richesse, à proximité des grands hôtels et des cafés… Jamais Louise n'aurait dû se trouver là si la maison, prévue par l'entreprise de son père qui l'a muté là pour deux ans, avait été prête. Deux ou trois jours d'attente supplémentaires à l'hôtel, pas la mer à boire, même si le luxe excessif de la suite qui leur échoit n'est pas vraiment leur milieu naturel. Réception de bienvenue avec les autres cadres de la boîte… Louise a dix-huit ans, ne se sent pas vraiment à l'aise. Lorsqu'elle sort pour découvrir la ville, le harcèlement dont elle fait l'objet ne lui donne pas vraiment envie de traîner dehors. Quand ses parents proposent de sortir dîner en ville, elle préfère rester à l'hôtel et les laisser partir en amoureux. Elle se plonge dans la lecture d'un bouquin, mais très vite des bruits dans le hall de l'hôtel l'alertent : des gens qui courent, puis des détonations, des cris… La réception qu'elle appelle, affolée, lui répond de rester dans sa chambre et son père au téléphone lui conseille de tout éteindre et de se planquer dans la salle de bain… C'est que là où ils sont, ses parents apprennent vite que le Taj Mahal est attaqué par des hommes armés, de petits attroupements se forment autour des écrans télé pour suivre en direct l'agitation autour de l'hôtel, l'arrivée des forces de police.

    Le film ne donne pas d'indications particulières, on n'apprend rien des circonstances, on vit les choses de l'intérieur comme un touriste ordinaire, sans jamais quitter Louise… Le scénario fait référence à une série d'attaques terroristes qui ont eu lieu à Bombay en novembre 2008, dans une dizaine de lieux emblématiques de la ville. Bilan : près de 180 morts et 300 blessés. Une attaque considérée par beaucoup comme le « 11 septembre indien » et qui a eu des conséquences immédiates au niveau politique (démission du Ministre de l'Intérieur…). Propriété de la plus riche famille de l'Inde, le Taj Mahal a été créé par Samjeti Tata qui, au début du siècle dernier, a construit sa fortune sur l'exploitation du coton. Ce jour de novembre 2008, des personnalités de tous les pays étaient dans l'hôtel, notamment la chef du gouvernement de Madrid, plusieurs députés européens, des hommes d'affaires…
    Il faut savoir que de nombreuses entreprises du monde entier investissent en Inde, où la main-d'œuvre est bon marché (un tiers des dix-huit millions d'habitants de Bombay vivent dans des bidonvilles) et certains craignaient que de tels attentats, conduits par une poignée d'hommes déterminés jusqu'à la mort, dans un pays déjà bien marqué par le terrorisme, ne soit pas sans conséquence sur l'économie et le tourisme. Actuellement avec ses 7,5% de croissance annuelle, l'Inde est en train de passer devant la Chine et Christine Lagarde chante les louanges de sa belle santé économique.


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