•  Un très joli film hongrois qui mériteraient d'être plus largement diffusé. Le scénario est impeccable, les acteurs jouent magnifiquement et techniquement, c'est parfait. Le noir et blanc ajoute un côté dramatique au film. Ce film suggère la manière honteuse dont ont été l'objet les juifs en Hongrie. Et ailleurs dans les pays de l'Est d'ailleurs.

    scénario: 18/20        technique: 18/20     acteurs: 18/20    note finale: 18/20

    La juste route

    En août 1945, au cœur de la Hongrie, un village s’apprête à célébrer le mariage du fils du notaire tandis que deux juifs orthodoxes arrivent, chargés de lourdes caisses. Un bruit circule qu’ils sont les héritiers de déportés et que d’autres, plus nombreux peuvent revenir réclamer leurs biens. Leur arrivée questionne la responsabilité de certains et bouleverse le destin des jeunes mariés.

     Un paisible village hongrois, au lendemain du bombardement de Nagasaki. Un mariage se prépare, l’ambiance est à la fête. Voilà qu’une nouvelle inquiète la communauté : deux anciens villageois, rescapés des camps et de confession juive, sont à l’approche… La Juste Route est un film curieux. Une forme de western hongrois, d’austère facture, tourné en noir et blanc, respectueux de la règle des trois unités. Il obéit à un suspense étonnant, où le destin s’incarne en deux figures sombres et silencieuses, presque fantomatiques, qui arpentent cette juste route à une allure que n’aurait pas reniée le conducteur de tracteur sexagénaire d’Une histoire vraie, de David Lynch. Devant cette menace, le village s’affole. Sont-ils venus chercher réparation ? Quelqu’un les aurait-il dénoncés ? Spoliés ? Et que transportent-ils dans leurs mystérieuses caisses ? Un trésor, assurément, puisqu’ils sont juifs… Le climat de paranoïa qui s’instaure alors semble justifier cette sentence signée Faulkner : « Le passé ne meurt jamais, il n’est jamais passé. » Autre élément notable, ce film réaffirme les ravages de la cupidité en temps de guerre. Bien en deçà de l’ineffable folie engendrée lors de la Seconde Guerre mondiale, la convoitise ordinaire, l’appétence pour l’accumulation pécuniaire, participe déjà d’une terrifiante monstruosité.


    votre commentaire
  • Un film très réussi sur Wintson Churchill. Un biopic historique magistralement porté par Gary Oldman, qui incarne à merveille le premier ministre anglais. Gary Oldman livre une performance extraordinaire. Le réalisateur britannique Joe Wright glorifie les discours de Churchill, lyriques et persuasifs, prononcées lors de son arrivée au pouvoir, en mai 1940, quelques mois après le début de la Seconde Guerre mondiale.

    scénario: 17/20       technique: 17/20        acteurs: 18/20      note finale: 17/20

    les heures sombres

    Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, et dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque.
    Alors que plane la menace d’une invasion du Royaume- Uni par Hitler et que 200 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même son roi, George VI, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer la lourde tâche qui lui incombe. Churchill doit prendre une décision fatidique : négocier un traité de paix avec l’Allemagne nazie et épargner à ce terrible prix le peuple britannique ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout.
    Avec le soutien de Clémentine, celle qu’il a épousée 31 ans auparavant, il se tourne vers le peuple britannique pour trouver la force de tenir et de se battre pour défendre les idéaux de son pays, sa liberté et son indépendance. Avec le pouvoir des mots comme ultime recours, et avec l’aide de son infatigable secrétaire, Winston Churchill doit composer et prononcer les discours qui rallieront son pays. Traversant, comme l’Europe entière, ses heures les plus sombres, il est en marche pour changer à jamais le cours de l’Histoire.

    On reste confondu de bonheur devant une histoire qui aurait pu être mise en scène par Frank Capra lui-même, dont on se souvient du merveilleux La Vie est belle. Et pourtant, classer au rayon des contes de fées ce récit qui se déroula sur deux ou trois semaines en Mai 1940 pourrait passer pour une très mauvaise blague, tant elles furent marquées par le bruit et la fureur, mais aussi par la personnalité d'un homme qui tenait plus, selon la légende, d'un bouledogue que d'un aimable gentleman. D'ailleurs Lady Litton, une bonne copine libérale et féministe avec qui, hier encore, je prenais le thé au château de Downtown Abbey, m'avouait que lorsqu'elle avait rencontré Winston pour la première fois, elle avait vu d'emblée tous ses défauts, avant de passer le reste de sa vie à admirer ses qualités et son humour.


    Vous l'avez deviné, chères spectatrices, ce Winston dont cause notre lady est ce Churchill qui encombra nos livres d'histoire au delà du raisonnable mais qui, dans ces heures sombres, se contente d'un petit tour à l'écran et puis s'en va, à l'issue de quelques jours qui suivirent sa nomination comme premier ministre en Mai 1940. Un petit tour, mais quel petit tour ! Qui le vit alors prendre en main, seul contre tous, un pouvoir dont personne ne voulait plus, après l'impayable parcours politique d'un Chamberlain partisan obstiné d'une politique d'apaisement avec Hitler qui l'avait conduit à signer les désastreux accords de Munich. On se souvient, bien sûr, de l'intervention quasi prophétique de notre homme Winston qui, à l'époque, lança en plein parlement britannique sa fameuse apostrophe : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Et la guerre, ce fut pour sa pomme, à lui tout seul, Winston, alors que tous en Europe se carapataient face à Hitler à coup d'armistices foireux.
    Alors, me direz vous chères spectatrices, que furent ces vingt jours en Mai qui décidèrent de l'avenir de la démocratie en Europe ? Une chose, par delà les années, reste frappante. Lâché par tous ses alliés du continent, lâché par les élites anglaises fortunées qui l'entouraient, notre ami Winston ne put s'appuyer à l'époque que sur un sondage d'opinion (déjà) du New Chronicle News montrant que les seuls partisans d'une lutte à mort contre le nazisme et Hitler étaient les membres de groupes de revenus inférieurs et les jeunes de 21 à 30 ans… mais aussi sa femme, pétillante autant qu'aimante conseillère qui partageait son sens de l'humour.

    Comment notre homme Winston réussit-il à sauver l'armée britannique coincée à Dunkerque, comment le parlement finit-il par capituler devant la furia churchillienne ? La réponse est sans doute dans cette phrase : « On ne négocie pas avec un tigre quand on a la tête dans sa gueule » et sans doute aussi dans cette curieuse anecdote rapportée par De Gaulle dans ses Mémoires de Guerre et qui scella entre deux stations de métro londonien le destin d'un Hitler jusque là victorieux. Tout cela est montré dans ce film passionnant et exaltant, remarquablement écrit et mené, et interprété au-delà de tous les qualificatifs par un Gary Oldman époustouflant.


    votre commentaire
  • Une excellente comédie aux dialogues particulièrement réussis. On rit beaucoup. Les seconds rôles sont tous des guests de choix. Bravo Michèle Laroque, nous attendons votre prochain film avec impatience.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20   technique: 16/20   note finale: 17/20

    Brillantissime

    Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante ado. Mais le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères plutôt que de passer la soirée avec elle. Le choc ! Angela n’a plus d’autre choix que celui de se reconstruire... et ce n’est pas simple avec une mère tyrannique, une meilleure amie hystérique et un psy aux méthodes expérimentales.


    votre commentaire
  • Un film d'une beauté classique qui prend son temps pour dresser de magnifiques portraits féminins. Bien sûr, c'est un peu lent, comme la vie. Sur fond de ruralité, Xavier Beauvois signe un film tout de raffinement et de sobriété pour rendre hommage au courage des femmes prises dans la tourmente de la Première Guerre mondiale. "Les Gardiennes" fait du beau son souci formel, dans une esthétique picturale inspirée à la fois par le clair-obscur de Georges de La Tour et la peinture paysanne de Jean-François Millet. En voilà un beau récit de guerre, puisque de la guerre, rien n'est montré..., ou alors, ce qui n'en a quasiment jamais été montré. La Grande Guerre vue de l'arrière, côté femmes, dans un film qui rend à celles-ci tout ce qui leur revient. Devant son objectif, Nathalie Baye revient à l’essence de sa vocation et fait oublier qu’elle parut dans le misérable Alibi.com. "Les Gardiennes" s’avère l’un des plus beaux films de cette fin d’année et de cette année tout court. Moi en tout cas, j'ai beaucoup aimé.

    scénario: 18/20      technique: 19/20   acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    les gardiennes

    1915. A la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en permission. Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l'assistance publique pour les seconder. Francine croit avoir enfin trouvé une famille...

    Ernest Pérochon – quasiment oublié de nos jours alors même qu'un autre de ses romans, « Nêne », a obtenu le Prix Goncourt en 1921 – était un instituteur des Deux Sèvres qui, comme des millions d'hommes, fut mobilisé pendant la première Guerre Mondiale. Sa chance fut finalement d'être victime d'une crise cardiaque après qu'un ami fut frappé par un obus à ses côtés, ce qui lui permit d'être retiré du front et de commencer à se consacrer à l'écriture. C'est en 1924 qu'il écrivit Les Gardiennes, un roman en hommage à celles dont on parlait peu à propos de la Grande Guerre, alors que fleurissaient les mémoires des combattants : les femmes, qui avaient tenu à bout de bras, souvent dans des conditions à peine imaginables, la France des champs et des usines pendant que les hommes mobilisés mourraient par milliers dans les tranchées de Picardie ou de Lorraine.
    Les Gardiennes nous transporte donc en 1915 et nous plonge dans le quotidien de la Ferme charentaise du Paridier, tenue par Hortense (Nathalie Baye) et sa fille Solange (Laura Smet)… Le quotidien est rythmé par le labeur harassant dans les champs, par les tâches pénibles qui autrefois incombaient aux hommes et par la terrible attente des nouvelles du front. Les femmes redoutent plus que tout les visites du maire, qui annoncent souvent le pire, et ne peuvent s'empêcher d'espérer les trop rares et trop courtes permissions qui leur ramènent pour quelques heures les deux fils de la famille, Georges et Constant, ou le mari de Solange, le taciturne Clovis.
    Pour répondre aux exigences de la ferme, Hortense va accepter de prendre avec elle la jeune Francine, une orpheline de l'Assistance Publique qui se fait rapidement une place dans la famille par sa ténacité au travail et qui va se rapprocher peu à peu de Georges. Mais l'arrivée en 1917, via Saint-Nazaire et La Rochelle, des premiers soldats américains, fringants et souvent à l'aise financièrement, va peut être changer le destin de la Ferme du Paridier et de ses femmes…

    De la même manière qu'il s'était intéressé à la communauté des moines de Thibérine dans le splendide Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois s'attache ici à la communauté de ces femmes soudées par la nécessité de survivre, loin des champs de bataille qui leur confisquent leurs hommes. Comme toujours Beauvois a su choisir des actrices magnifiques, emmenées par Nathalie Baye (qu'il avait déjà dirigée dans Le Petit lieutenant, avec un César à la clé) et Laura Smet, qui incarnent à la perfection ces deux femmes ambivalentes, pas faciles, pas forcément sympathiques mais d'une force, d'une détermination incroyables. Et bien sûr, à travers le destin des femmes se démenant comme elles peuvent à l'arrière, le film évoque la cruauté du sort réservé à tous les hommes broyés par cette absurde tragédie que fut la « grande Guerre », traumatisme majeur du vingtième siècle.


    votre commentaire
  • Du pur Guédidian avec une petite nouvelle: Anaïs Demoutier! Pour son vingtième film, Guédiguian rassemble sa troupe, ses thèmes et filme, en hiver, dans une calanque idéale, une histoire de rêve d’hier, solidaire et généreux, qui, avec le monde défait et des réfugiés échoués, se réinvente aujourd’hui.ce cinéma qui nous interroge sur le monde d'aujourd'hui fait du bien au milieu de tous ces films sans intérêt. Un film lumineux servi par des comédiens magnifiques.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20     technique: 17/20    note finale: 17/20

    La villa

    Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…

    Ça fait bien longtemps qu'on suit avec attention et tendresse les films de Robert Guédiguian, ses interrogations d'homme de gauche, son attachement à ses origines arméniennes, ses histoires le plus souvent ancrées dans une ville et un milieu qu'il connaît par cœur et qu'il aime sans faillir, la chaleur et la fraternité de cette classe populaire marseillaise qu'il filme au fil du temps. Et son nouveau film nous a tout particulièrement touchés, et passionnés. Parce que La Villa est lumineux et parce qu'il aborde des thèmes universels : le temps qui passe, les choix de vie que l'on regrette ou pas, le respect ou le renoncement à ses idéaux, les illusions perdues, l'importance des liens familiaux ou amicaux, la capacité à entamer sur le tard une nouvelle vie en fonction des événements qui peuvent faire dévier des parcours tout tracés. Parce que Guédiguian réunit une fois de plus les acteurs complices qui constituent depuis des années – presque depuis toujours – sa famille de cœur et d'esprit, qu'on voit vieillir de film en film – en même temps que Guédiguian derrière la caméra – et qui incarnent ici en eux-mêmes les thématiques du récit : Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Jacques Boudet…

    Le point de départ est simple et beau. Une fratrie se retrouve au cœur d'une magique calanque à quelques encablures de Marseille, à l'occasion de la grave maladie du père. Armand (Meylan) n'a jamais bougé : il est resté gérer avec son père le petit resto du port, cuisine généreuse et pas chère ; Joseph (Darroussin) est monté à Paris, y devenant une sorte de sommité intellectuelle et vaguement médiatique, aujourd'hui passée de mode, poussée gentiment vers la sortie… Il est venu avec sa jeune (trop jeune ?) compagne Bérangère (Anaïs Demoustier) ; Angèle enfin (Ascaride) est une comédienne de théâtre reconnue dont on apprend qu'elle a fui la famille après un drame que je ne vous dévoilerai pas… Juste à côté de la villa familiale et du restaurant vit un couple de voisins, Suzanne et Martin (formidables Jacques Boudet et Geneviève Mnich), qui ont participé à la construction de la fameuse villa du titre et qu'on sent aujourd'hui fatigués, usés par le monde tel qu'il va, à deux doigts d'être obligés de quitter leur logement et leur calanque de toujours pour cause d'augmentation exponentielle des loyers.

    Dans ce paysage splendide de théâtre marin, surplombé par un viaduc ferré irréel, qui donne au récit l'aspect d'une tragédie antique, vont s'exprimer les rancœurs et les reproches rentrés depuis des décennies, mais aussi à l'inverse se reconstruire des liens distendus par les années, l'éloignement et les parcours si différents. En même temps que se feront des choix décisifs alors que la disparition du père se profile. Que deviendra, à l'heure du TGV et de l'avion pour tous, dans un site désormais convoité par le tourisme pour classes supérieures, ce petit restaurant populaire, bastion de résistance face à la spéculation immobilière, lieu de convivialité populaire où s'exprime la mémoire ouvrière marseillaise ? Les enfants reprendront-ils à leur compte les valeurs avec lesquelles ils ont grandi, ces valeurs chères au cœur de leur père… et de Robert Guédiguian ? Mais peut-être l'arrivée, à bord d'un bateau échoué sur les côtes toutes proches, de jeunes migrants pourchassés par les militaires qui patrouillent sans cesse va-t-elle rappeler chacun à ce qu'il a de plus profond en lui. Peut-être l'avenir, pour ces êtres qu'on a appris à connaître et apprécier, et sur lesquels la vie a passé trop vite en laissant ses blessures, viendra-t-il de cette jeunesse d'ailleurs que certains par ignorance et peur d'eux mêmes s'emploient à rejeter.


    votre commentaire
  • Un très beau film malgré les problèmes de raccord moustache d'Hercule... pas mal, les acteurs sont bien. Et comme dans tous les films de Kenneth Bragah, l'image est d'une beauté à couper le souffle. A la fois derrière et devant la caméra, Kenneth Branagh signe un film d'une grande élégance, à l'esthétique très léchée et somptueusement mis en scène. Cette adaptation du célèbre roman d’Agatha Christie  vaut le détour.

    scénario: 16/20           acteurs: 16/20       technique: 18/20   note finale: 16/20

    Le crime de l'Orient-Express

    Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.


    votre commentaire
  •  J'avais des craintes avant d'aller voir ce film parce que je n'aime pas l'actrice, qui pour moi est très mauvaise et en fait trop. Ce fut pourtant une heureuse surprise même si on peut regretter quelques maladresses ou disons un manque de surprises...

    scénario: 15/20   acteurs: 15/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le brio

    Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.

     C'est un type imbuvable qui pérore ce jour-là devant un amphi bourré à craquer, quand Neila Salah déboule, un poil en retard, pour la première heure de la première journée de sa première année dans la fac de droit d'Assas, bien connue pour ne pas être un repère de gauchistes. Depuis sa tribune, l'orateur ne la loupe pas et ironise à bon compte, apostrophant l'insolente qui ose perturber son cours pour cause de train de banlieue et métro pas raccord. Elle arrive de Créteil, elle n'a pas la langue dans sa poche et se prend en pleine figure les railleries d'un prof certes brillant, mais dont la réputation de provocateur cynique et raciste n'est plus à faire : son nom, ses vêtements… tout y passe et le gros lard s'en donne à cœur joie parmi les huées de quelques étudiants qui ne supportent plus son attitude cynique et méchante. Le professeur Pierre Mazard est un aigri, solitaire, qui frôle la fin de carrière en ruminant que la littérature n'est plus ce qu'elle était…

    Il n'en est pas à son premier dérapage verbal, ce qui lui vaut d'être au bord de se faire éjecter de son poste. Convoqué par ses pairs pour s'expliquer, menacé de sanctions… Vient néanmoins à son secours son supérieur hiérarchique qui apprécie visiblement sa vaste culture : pour montrer qu'il n'est pas l'affreux jojo que tout le monde pense, que Mazard prenne donc sous son aile cette brunette de banlieue et la prépare au concours d'éloquence annuel. L'effet serait garanti si, cette année, une beurette remportait cette prestigieuse compétitions entre universités, faisant ainsi d'une pierre deux coups : éviter la sanction disciplinaire pour Mazard et redorer le blason de la fac d'Assas qui trimballe depuis toujours une piètre image.
    Voilà donc que se rejoue sous nos yeux, transposé à notre époque et en plein quartier latin, un nouveau My fair lady sans Audrey Hepburn mais avec une Camelia Giordana qui se débat tout pareil entre la syntaxe et l'imparfait du subjonctif sous la houlette d'un phallocrate bien lourd qui vaut bien ses prédécesseurs dans son approche méprisante du petit peuple, particulièrement des femmes.
    Et que croyez vous qu'il arriva ? Noël approche, ses chants de paix, ses scintillantes étoiles et ses rêves œcuméniques : Neila va s'illustrer dans ce concours d'éloquence qui permet au passage de vous rappeler qu'un autre film existe sur le sujet, documentaire celui-là, qu'il s'appelle A voix haute et qu'il vaut le détour.

    Ce n'est pas de la dentelle, ce n'est pas la patte minutieuse de l'orfèvre qui travaille le détail… Le trait est large, les caractères drus… mais le rythme est enlevé, les duettistes ont du tempérament, les réparties sont saignantes, souvent drôles et parfois presque tendres, alors Le Brio emporte le morceau. « Intelligente, drôle et grave à la fois, cette comédie est une réponse tonique aux préjugés comme au politiquement correct. Le réalisateur est un môme de Créteil. Il ne se la raconte pas. » C'est Le Canard enchaîné qui l'écrit.

     


    votre commentaire
  • Bien mieux réussi que le premier. L’histoire du cinéma enseigne que les suites de films qui surpassent leurs aînés peuvent quasiment se compter sur les doigts d’une main. "Paddington 2" fait partie de cette catégorie. Plein d'humour et de tendresse. plein de bons sentiments aussi. Les enfants adorent. Les grands aussi. Beaucoup d'humour, une chasse au trésor, des rebondissements, de la tendresse et de l'émotion, servis entre deux tartines de marmelade : une vraie gourmandise so british ! Un régal.

    scénario: 17/20    technique: 17/20    acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Paddington 2

    Paddington coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d’adoption, dans un quartier paisible de Londres, où il est apprécié de tous. Alors qu’il recherche un cadeau exceptionnel pour les cent ans de sa tante adorée, il repère un magnifique livre animé, très ancien, chez un antiquaire. Pas de temps à perdre : il enchaîne les petits boulots pour pouvoir l’acheter ! Mais lorsque le précieux ouvrage est volé, Paddington est accusé à tort et incarcéré. Convaincus de son innocence, les Brown se lancent dans une enquête pour retrouver le coupable…


    votre commentaire
  • Génial!! J'ai adoré! Les dialogues sont particulièrement réussis et amusant. on rit d'un bout à l'autre du film même si les moments émouvants ne sont pas absents.  Nawell Madani est une actrice formidable. Plus qu'une comédie, C'est tout pour moi est aussi un film piquant qui n'hésite pas à égratigner l'univers sexiste du stand-up et en particulier celle d'une célèbre scène ouverte accueillant de jeunes talents (le Jamel Comedy Club, jamais cité explicitement). Une très sympathique comédie aux dialogues percutants, menée tambour battant par la charismatique humoriste, aussi convaincante devant que derrière la caméra. Drôle, intelligent et touchant

    scénario: 18/20        acteurs: 18/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    C'est tout pour moi

    epuis toute petite, Lila veut devenir danseuse, n’en déplaise à son père.
    Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve…
    Mais de galères en désillusions, elle découvre la réalité d’un monde qui n’est pas prêt à lui ouvrir ses portes.
    A force d’y croire, Lila se lance dans une carrière d’humoriste.
    Elle n’a plus qu’une idée en tête : voir son nom en haut de l’affiche, et surtout retrouver la fierté de son père.


    votre commentaire
  • Aussi réussi que le premier! On passe un excellent moment. Restez bien jusqu'à la fin du générique.

    scénario: 17/20         acteurs: 17/20     technique: 17/20   note finale: 17/20

    stars 80, la suite

    Quatre ans maintenant que la tournée Stars 80 remplit les salles.
    Alors que les chanteurs partent pour une semaine de ski bien méritée, leurs producteurs Vincent et Antoine découvrent qu’ils ont été victimes d’une escroquerie et risquent de tout perdre.
    Seule solution pour couvrir leurs dettes : organiser LE concert du siècle en seulement 15 jours !


    votre commentaire
  • Une histoire bizarre et très prenante. Adapté du best-seller de Delphine de Vigan, ce thriller psychologique vénéneux brouille les pistes entre réalité et fiction, dans un face-à-face choc entre Emmanuelle Seigner et Eva Green.Mêlant thriller psychologique et réflexion sur le processus créatif, Roman Polanski signe un admirable film d’ambiance maîtrisé, fidèle à son univers suggestif et équivoque. On peut cependant regretter que les actrices ne soient pas plus convaincantes.

    scénario: 17/20    acteurs: 15/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    D'après une histoire vraie

    Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller.
    Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l'accusant d'avoir livré sa famille en pâture au public.
    La romancière est en panne, tétanisée à l'idée de devoir se remettre à écrire.
    Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s'attache à Elle, se confie, s'abandonne.
    Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?


    votre commentaire
  •  Un très beau film sur une femme qui lâche la rampe et surtout qui est au bord de la crise de nerf. Tous les seconds rôles sont intéressants et justes. Karin Viard est remarquable dans ce film qu'elle porte à bout de bras.

    scénario: 16/20   acteurs: 16/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    Jalouse

    Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d'action s'étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage... Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

    Nathalie a l'air sûre d'elle, épanouie, superbe de vitalité : Karin Viard en personne, plus lumineuse et drôle que jamais. Mais au fond, tout au fond, elle ne supporte plus grand chose et elle-même en tout premier lieu : à bien y penser, sa vie lui semble bien moins reluisante que l'image qu'elle en donne, elle doutant d'elle-même comme si son moi profond se lézardait de toutes parts… Son mari l'a plaquée et elle ne supporte pas sa nouvelle petite amie à qui il offre les voyages qu'il ne lui a pas offerts à elle (mais qu'est-ce qu'elle a de plus que moi ?). Au boulot, prof adorée par ses élèves et par ses collègues, elle prend très mal les initiatives d'une nouvelle venue un rien coquette qui a la jolie tête d'Anaïs Demoustier… Quant à sa fille, sa très jolie fille qui danse comme une déesse, elle ne peut pas s'empêcher de souligner le petit défaut qui la déstabilise, persiflant, comme pour sa meilleure amie à tout propos, s'accrochant au moindre détail pour décocher des perfidies qui l'isolent de plus en plus.


    Elle a pourtant tout pour plaire, tout pour être aimée, mais elle ne loupe pas une occasion de gâcher les élans de tendresse, d'amitié, d'amour… de tous ceux qui l'entourent. La perspective de passer la cinquantaine de plus en plus confrontée à la solitude alors que sa fille est sur le point de s'envoler, se voir sur le déclin alors que la vie est en pleine éclosion autour d'elle… tout ça la déstabilise et par réaction Nathalie s'en prend à la terre entière et à ses proches avec une belle constance, picolant plus que de raison, refusant toute ouverture, ne supportant pas le bonheur des autres « qui lui saute au visage » comme elle dit à son généraliste, mais rejetant tout autant celui qui lui est offert. « Nathalie est une intellectuelle qui évolue dans un monde qu'elle ne comprend pas et qui ne la comprend pas. Elle se sent dépassée… » dit Karin Viard. « La jalousie est une émotion complexe, tellement souterraine, qui renvoie à notre fragilité. C'est peut-être lié à l'enfance. »

    Ce pourrait être tragique, mais le film est drôle parce que Karin Viard a un abattage hors pair, qu'elle joue de toutes les nuances du personnage, du plus fin au plus caricatural, et le film est plus complexe et nourri que certains seraient tentés de le dire… Certaines situations sont extrêmes, mais elle les récupère haut la main, basculant de l'émotion au rire dans la même scène. Certes c'est une comédie, mais sous le trait parfois excessif, le film est un beau portrait de femme douloureuse aux prises avec des pulsions, une inquiétude profonde qui touche la plupart des femmes comme des hommes à un degré plus ou moins fort, de façon plus ou moins durable, à un moment de leur vie. Superbe séquence dans un cimetière où Nathalie se retrouve à causer avec la tombe de sa mère : moment d'apaisement où drôlerie et désarroi se mêlent à la tendresse. Il s'agit ici de s'aimer d'abord pour que vienne l'amour des autres et Nathalie marche doucement vers l'acceptation de soi. Non, Jalouse n'est pas un drame et Nathalie signifie « nouvelle naissance »…


    votre commentaire
  •  Ce film est magnifique et montre bien l'absurdité des religieux extrémistes, qui ne comprennent pas l'amour paternel parce que ce n'est pas l'habitude pour un homme seul d'élever son fils dans le milieu ultraorthodoxe.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20    technique: 16/20   note finale: 17/20

    Brooklin Yiddish

    Borough Park, quartier juif ultra-orthodoxe de Brooklyn.
    Menashé, modeste employé d'une épicerie, tente de joindre les deux bouts et se bat pour la garde de son jeune fils Ruben. En effet, ayant perdu sa femme, la tradition hassidique lui interdit de l'élever seul.
    Mais le Grand Rabbin lui accorde de passer une semaine avec son fils ; l’ultime occasion pour Menashé de prouver qu’il peut être père dans le respect des règles de sa communauté.

    Voilà un très joli film, extrêmement attachant, qui réussit à nous toucher profondément tout en s'intéressant à une communauté fermée sur elle-même, presque impénétrable. Une preuve de plus que certains sujets sont universels et qu'on peut s'adresser au monde entier à partir de territoires et de personnages absolument singuliers.
    Bienvenue à Borough Park, au sud de Brooklyn, New-York city. Le quartier est en grande partie le fief des Juifs ultra-orthodoxes qui y vivent en relative autarcie. Parmi tous ces hommes en habit noir et couvre-chefs traditionnels, la caméra s'attache à celui qui sera notre « héros » : Menashe, physique rondouillard et démarche pataude. Menashe est le modeste employé d'une supérette casher, un peu maladroit et inconstant, régulièrement tancé par son sinistre patron pour ses erreurs et ses retards, assez fréquents il faut bien le dire. Menashe est veuf depuis un an, il a un fils d'une dizaine d'années, l'adorable Ruben. Mais la tradition hassidique dit qu'un veuf, surtout quand il est pauvre, doit trouver une nouvelle épouse avant de récupérer la garde de son enfant, confié en attendant à des parents proches, en l'occurrence la sœur et le beau-frère. Mais Menashe n'a pas le cœur à chercher une nouvelle compagne, et les rendez-vous galants arrangés par les marieuses tournent au fiasco absolu. Il va donc négocier avec le rabbin de sa communauté une semaine à l'essai pour avoir seul la garde de son fils et prouver qu'il est un véritable Mensch, un homme un vrai en yiddish…


    Mais les choses ne vont évidemment pas se passer comme il l'espérait : dépassé par son travail et les heures supplémentaires qu'on lui impose, il a toutes les peines du monde à respecter le rythme d'un écolier de 10 ans, par ailleurs il croule sous les dettes, le dîner qu'il s'obstine à vouloir organiser en mémoire de sa femme n'est pas une franche réussite, et il a une fâcheuse tendance à abuser de la boisson à la moindre fête pour oublier ses soucis… Tant et si bien que son fils va être tenté de retourner chez ses oncle et tante, pourtant pas marrants !
    Le film de Joshua Weinstein frappe d'abord par son authenticité. Entièrement tourné en yiddish, il décrit avec une précision documentaire les us et coutumes de cette communauté méconnue, sans tomber dans les clichés, sans en occulter les travers : la manière notamment dont sont traitées les femmes, reléguées aux tâches ménagères, interdites par exemple de conduire, mais aussi – et Menashe en est la première victime – le poids exorbitant du groupe qui contrôle absolument tout de la vie privée et familiale, qui juge et condamne.

    Mais le film nous touche surtout grâce aux personnages de Menashe et de son fils. Et pour cause : Joshua Weinstein s'était vu interdire par la communauté hassidique de tourner un documentaire sur elle, avant de rencontrer Menashe Lustig, qui lui a raconté sa propre histoire de commis d'épicerie, veuf et en proie aux problèmes de garde de son fils. Weinstein a alors décidé de tourner cette fiction avec ces acteurs non professionnels rejouant des situations directement adaptées de leur propre vie.
    Profitant de la stature chaplinesque de Menashe, figure burlesque de l'éternel maladroit qui sait aussi émouvoir par sa douleur de veuf et de père empêché, Weinstein va largement au-delà de l'aspect documentaire et nous donne un très beau film sur le deuil et sur le lien père-fils.


    1 commentaire
  • Très réussi. J'ai beaucoup ri. Une nouvelle fois réunie sous la direction de Tarek Boudali, la bande à Fifi signe une comédie efficace. On regrette un peu l'abus sur les clichés homo. Pour cette comédie à l’humour débridé qui aborde les clichés sur la communauté gay, Boudali a fignolé une mise en scène sans temps mort qui sait mettre en avant chacun des rôles du film. Bravo! Ils ont du bien s'amuser pendant le tournage...

    scénario: 16/20      technique: 16/20     acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Epouse moi mon pote

     

    Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

     


    votre commentaire
  • Un très beau film avec des petits acteurs merveilleux, même si on commence à se lasser un peu du prof génial qui croit au talents de jeunes de collèges difficiles et qui  réussit à leur faire faire des exploits. On aurait aimé un Kad Merad plus enthousiaste, plus vivant. Un tel scénario aurait pu devenir franchement lourd. Mais le réalisateur parvient, grâce à sa mise en scène limpide et discrète, à convaincre que la musique adoucit les mœurs et peut éclairer les visages les plus butés. Bienveillant et humaniste, ce premier film sur un professeur de violon confronté à des élèves de quartiers défavorisés, fait vibrer les cordes sensibles.

    scénario: 16/20    technique: 16/20   acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    La mélodie

     

    A bientôt cinquante ans, Simon est un violoniste émérite et désabusé. Faute de mieux, il échoue dans un collège parisien pour enseigner le violon aux élèves de la classe de 6ème de Farid. Ses méthodes d’enseignement rigides rendent ses débuts laborieux et ne facilitent pas ses rapports avec des élèves difficiles. Arnold est fasciné par le violon, sa gestuelle et ses sons. Une révélation pour cet enfant à la timidité maladive. Peu à peu, au contact du talent brut d'Arnold et de l'énergie joyeuse du reste de la classe, Simon revit et renoue avec les joies de la musique. Aura-t-il assez d’énergie pour surmonter les obstacles et tenir sa promesse d’emmener les enfants jouer à la Philharmonie ?

    Il s’agit d’une histoire vraie. Ou presque. Pour son premier film, Rachid Hami s’est inspiré de Démos, un dispositif créé en 2010 qui permet à 3 000 enfants des quartiers défavorisés de pratiquer un instrument de musique. Dans La Mélodie, Kad Merad incarne avec une sobriété exemplaire un violoniste en peine de cachets qui accepte de venir enseigner à une dizaine de collégiens turbulents d’un établissement parisien.

    La tâche n’est pas simple : il faut en quelques mois les élever au rang de concertistes capables de jouer les airs exotiques de Shéhérazade, poème symphonique de Rimski-Korsakov, sur la scène de la Philharmonie de Paris. Aussi à l’aise avec ces gamins indisciplinés que ces derniers le sont avec leur instrument, le professeur pense impossible d’apprivoiser cet auditoire difficile. Mais la passion du violon que développe l’un de ces enfants le touche…

    Quelle merveilleuse surprise que ce film ! Le résumé comme la bande-annonce m’avaient fait craindre une œuvre dégoulinante de bons sentiments, mais ce n’est pas le cas. En tout cas, le film vaut bien davantage qu’une simple exaltation des bons sentiments et l’on aurait tort de le ranger trop rapidement au rayon des œuvres sympathiques ou aimables qui font du bien sans déranger personne. Il y a bien plus de subtilité que cela dans cette histoire de talents fort bien mise en scène et habitée par d’excellents acteurs (qu’ils soient confirmés ou amateurs). L’acteur vedette de ce film, c’est Kad Merad qui, sans doute après avoir produit un travail acharné, réussit parfaitement à se glisser dans la peau d’un professeur de violon. Envoyé pour prodiguer son enseignement à des élèves de 6ème d’un collège réputé difficile, il se trouve en effet aussitôt mis en présence d’enfants pour le moins turbulents. Accompagnés par un de leurs professeurs, joué par l’excellent Samir Guesmi, les violonistes en herbe semblent d’abord dépourvus de toute faculté pour la musique. Or le projet de l’établissement, ce n’est rien de moins que d’intégrer, en fin d’année scolaire, le groupe d’enfants à un orchestre qui devra jouer « Shéhérazade » de Rimski-Korsakov à la Philharmonie de Paris ! Le pari n’est-il pas perdu d’avance ? Pour relever une telle gageure, quoi qu’il en soit, il faut faire preuve de patience, d’audace et de perspicacité. Tout le film montre intelligemment par quels moyens il est possible de transformer des enfants apparemment dénués de talent (pour la musique, en tout cas) en de vrais passionnés capables de relever le défi qui leur est proposé. Il faudrait souligner bien des aspects du film, chacun d’eux constituant un des éléments éducatifs permettant d’atteindre l’objectif fixé. La chance du groupe d’enfants, ce sont les leaders : leur professeur pour commencer, mais aussi l’un d’eux, un des élèves, tellement séduit par l’exercice du violon qu’il entraîne les autres à sa suite. Le film montre aussi, toujours de manière judicieuse, quels sont les pièges à éviter et les tentations à repousser. L’une d’elles, que le professeur de violon ne tarde pas à envisager, consiste à éliminer les éléments les plus faibles pour ne garder que les plus doués : une éventualité que rejette catégoriquement le professeur joué par Samir Guesmi pour qui ce sont précisément les enfants les plus talentueux qui communiqueront leur enthousiasme et unifieront le groupe en l’entraînant vers le meilleur. Une autre tentation survient pour le professeur de violon : il ne s’agit de rien de moins que d’abandonner le travail d’enseignant en cours d’année pour se consacrer à une tournée de concerts avec un quatuor. C’est à ce moment-là qu’intervient quelque chose de décisif : le plaisir ! Où trouver le plaisir le plus grand : en se produisant avec des musiciens confirmés ou en transmettant l’amour de la musique à des enfants réputés difficiles au point de les conduire jusqu’à leur prestation à la Philharmonie ? On peut deviner la réponse. Enfin, il faut indiquer la place des parents dans cette histoire. Elle n’est pas négligeable, ils ont leur mot à dire et leur rôle à jouer. Ce film superbe et émouvant ne les a bien évidemment pas oubliés.
     

    votre commentaire
  • Une très belle syrienne qui montre bien le quotidien de la guerre en Syrie. on peut regretter une fin un peu en queue de poisson.

    scénario: 16/20      acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    Une famille syrienne

    Dans la Syrie en guerre, d'innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir.

    À travers une fenêtre, on a une échappée vers une petite place qui ressemble fort à un champ de ruines. On voit un groupe de personnes qui discutent, on entend le son caractéristique des hélicoptères qui survolent les environs. Un coup de feu, un sniper vient de tirer, le groupe qui discutait se disperse en catastrophe : le début du film présente une des rares scènes d'Une famille syrienne qui ne se déroule pas dans le huis-clos de l’appartement occupé par la famille qu'annonce le titre. Une famille plongée dans cette situation inextricable que connait la Syrie et dont le cinéma nous a finalement peu parlé jusqu’à présent. A la tête de cette famille syrienne, une femme d’origine palestinienne : Oum Yasan, la cinquantaine, énergique. Autour d’elle, ses deux filles Yara et Aliya, son fils Yazan, le petit dernier, son beau-père Abou Monzer, et son neveu Karim, visiblement très amoureux de Yara qui le lui rend bien. Sans oublier Delhani, la jeune domestique, et Halima, la voisine du dessus que la famille a recueillie avec son bébé parce que son logement a été gravement endommagé.

    Le père, le mari de Oum Yazan, on ne le verra jamais. La famille essaiera de le joindre durant toute la journée mais le réseau téléphonique est si perturbé que les rares communications qu'on arrive à établir sont très vite interrompues. Le mari de Halima, lui, on le voit au tout début du film. Il est venu annoncer une bonne nouvelle à sa femme : un journaliste français est disposé à les aider à partir se réfugier au Liban. Quand ? Le soir même. Sauf que, en quittant l’appartement, il est touché par les balles d’un sniper. Est-il toujours vivant ? Est-il mort ? Cette scène, Delhani l’a vue par la fenêtre, elle veut avertir Halima mais Oum Yasan l'en empêche : elle veut avant tout protéger sa famille et il ne faut pas affoler toute la maisonnée avec la révélation de ce drame. De toute façon personne ne peut rien faire, pas question de sortir au risque de s'exposer au feu du sniper… Le plus prudent est d'attendre…

    C'est donc de l'intérieur, au plus intime des membres de cette famille piégée, que nous allons ressentir les effets d'une guerre qui les dépasse. Le film réussit parfaitement à nous montrer ce que peut être l'instinct de survie chez des êtres dont on se sent de plus en plus proches. Philippe Van Leeuw alterne avec une grande maîtrise les scènes d'une vie quotidienne presque normale, une vie de tous les jours et de tous les endroits, et d'autres – une surtout, particulièrement saisissante, on ne vous en dit pas plus – tendues, oppressantes, qui bousculent et qui bouleversent. Il nous livre ainsi une puissante évocation de ce que peuvent vivre les familles syriennes, les familles de tous les pays déchirés par une guerre.


    votre commentaire
  • Très réussi. J'ai beaucoup ri. Une comédie politiquement incorrecte jubilatoire. Les enfants sont craquants. En plus d'un récit cocasse, plein de surprises et de rebondissements, et d'une histoire d'amour atypique, ce film livre un discours intéressant sur la conformité de nos vies modernes.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20     technique: 17/20    note finale: 17/20 

    Daddy cool

    Adrien, 40 ans et totalement immature, se fait larguer par Maude, 35 ans, désireuse d’enfin fonder une famille. Pour tenter de reconquérir l’amour de sa vie, Adrien décide de monter dans le futur ex-appartement conjugal: une crèche à domicile… Le début, d'une improbable expérience éducative...


    votre commentaire
  • Haute en couleurs, cette comédie chorale ne fait pas dans la finesse, mais offre un spectacle délirant. Une comédie très réussie! Cendrillon devient trash: un film plein de trouvailles réjouissantes. Pas du tout pour les enfants...

    scénario: 17/20            technique: 17/20            acteurs: 17/20            note finale: 17/20

    Les nouvelles aventures de Cendrillon

    C’est l’anniversaire de Julie mais elle semble être la seule à s’en souvenir… Jusqu’à ce que Marco, l’homme qu’elle aime secrètement, l’appelle et lui annonce qu’il va passer chez elle pour lui déposer son fils car la baby-sitter a eu un contretemps. Julie est effondrée, tout le monde la considère comme une boniche. Seule avec ce petit garçon, particulièrement odieux, Julie décide de lui raconter l’histoire de Cendrillon… enfin presque.


    votre commentaire
  • Même si on peut regretter que le film s'éloigne du livre dont il s'inspire, c'est une totale réussite. Le Knock du film est assez différent du personnage détestable de la pièce qui est cruel, mégalomane et sans pitié. Ainsi, le personnage joué par Omar Sy veut la rédemption des autres personnages qui apparaissent dans la pièce comme des gens avares, sectaires ou idiots. Bien filmé, bien joué, bien réalisé, ce film est un hymne à la vie.

    scénario: 17/20    technique: 17/20    acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Knock

    Knock, un ex-filou repenti devenu médecin diplômé, arrive dans le petit village de Saint-Maurice pour appliquer une "méthode" destinée à faire sa fortune : il va convaincre la population que tout bien portant est un malade qui s'ignore. Et pour cela, trouver à chacun la maladie réelle ou imaginaire dont il souffre. Passé maitre dans l'art de la séduction et de la manipulation, Knock est sur le point de parvenir à ses fins. Mais il est rattrapé par deux choses qu'il n'avait pas prévues : les sentiments du coeur et un sombre individu issu de son passé venu le faire chanter.

    Knock est la quatrième adaptation de la pièce de Jules Romains "Knock ou le triomphe de la médecine" (1922) au cinéma après les films de René Hervil (en 1925) avec Fernand Fabre dans le rôle-titre, et ceux de Roger Goupillières (en 1933) et de Guy Lefranc (en 1951), tous deux avec le mythique Louis Jouvet dans la peau de Knock. Rappelons qu'un autre projet d'adaptation avait été lancé en juin 2009, avec Edouard Baer en Knock, et Raphaël Frydman à la réalisation.


    votre commentaire
  • Génial!! On rit d'un bout à l'autre et tout le monde en prend pour son grade! A voir de toute urgence

    scénario: 19/20      acteurs: 19/20      technique: 16/20   note finale: 18/20 

    Coexister

    Sous la pression de sa patronne, un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d'un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…


    votre commentaire
  •  Un film très intéressant même si on peut regretter qu'il manque ce je ne sais quoi que  pour qu'il soit totalement réussi.

    scénario: 16/20     technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Numéro une

    Emmanuelle Blachey est une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l'énergie, jusqu'au comité exécutif. Un jour, un réseau de femmes d'influence lui propose de l'aider à prendre la tête d'une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction. Mais dans des sphères encore largement dominées par les hommes, les obstacles d'ordre professionnel et intime se multiplient. La conquête s'annonçait exaltante, mais c'est d'une guerre qu'il s'agit.

    Ils ont beau être des milliards, les hommes sont fragiles quand leur destin tient dans le creux de mains invisibles ! Peut-être est-ce pour fuir cette réalité que certains ont besoin de se sentir puissants et partent à la conquête du pouvoir. Ils ne sont que quelques uns à parvenir au sommet, qui défendent jalousement leur pré carré. Nous voilà dans un de leurs fiefs, à Paris. Les hautes tours phalliques de La Défense fendent le ciel comme si elles voulaient posséder la lune. Derrière leurs murs de verre, les centre névralgiques d’imposantes entreprises cotées en bourse se gorgent de richesses sur le dos du pauvre monde. Leurs cadres supérieurs – qui peuvent rarement s’encadrer les uns les autres – s’affairent à des tâches nébuleuses. Un microcosme étranger au commun des mortels que nous sommes, mais qui pour autant ne va pas nous laisser insensible et va vite devenir captivant.


    Quel que soit l’échelon des décideurs, il reste toujours des marches à gravir, des rivaux à surveiller. La vie n’est pas un long fleuve tranquille pour ces hommes qui supervisent le monde. Mais, me direz-vous : et les femmes ? Mes pauvres, si vous saviez ! Les ovaires, dans une hiérarchie, c’est comme l’oxygène : ça se raréfie avec l’altitude ! À ces hauteurs-là, les oiselles que l’on croise ne sont bien souvent que des assistantes. La règle a ses exceptions, Emmanuelle Blachey (alias Devos, impeccable) en est une, seule gonzesse à siéger au comité exécutif d'un géant français de l’énergie. On imagine qu’il lui aura fallu faire preuve d’excellence – en l'occurrence la compétence ne suffit pas – pour être acceptée dans ce sérail masculin rarement pénétré par le sexe faible. Mais parvenir un tel niveau est une chose, encore faut-il savoir s’y maintenir. Le prix à payer dans cet univers impitoyable est de flirter constamment avec la perfection, de faire plus qu’il ne sera jamais demandé à aucun gonze, ce dont Emmanuelle semble se satisfaire avec un naturel désarmant. Tout dans cette quinquagénaire radieuse témoigne de sa fierté bien placée et du désir de ne jamais déchoir. Au dessus de la mêlée, elle s’attache à agir avec noblesse. Jamais elle ne prête le flanc aux attaques, ni ne se départit de son calme devant ses détracteurs que son sourire bienveillant et la pertinence de ses analyses achèvent de désarmer. Quant à son regard d’un gris translucide, il ne scille plus face aux mesquineries sexistes de ces messieurs qui tentent de l’égratigner. Tant et si bien que sa force tranquille fait figure de pilier sur lequel son supérieur peut se reposer, ce qui ne manque pas de susciter quelques nouvelles jalousies. Mais avec une bonne dose d’humour, tout est vite oublié, surtout la nuit tombée, quand Emmanuelle s’en retourne auprès de son compagnon et de sa fille.
    Toutefois l’histoire va vite se corser, toujours plus palpitante, lorsque les membres d’un étrange et influent réseau féministe, « Olympe », vont se rapprocher de notre héroïne, la pousser à briguer la tête d’Antea et devenir ainsi la première femme PDG d’un groupe du CAC40… Un poste férocement convoité pour lequel les clans rivaux ne s’interdiront aucun coup bas. La descente dans les dessous douteux et inavouables de la quête du pouvoir devient alors vertigineuse.

    Tonie Marshall filme de manière efficace et élégante tant ses personnages que leur environnement. Elle parvient à restituer tout aussi fidèlement l’ambiance d’une salle de conseil que celle d’une plate-forme éolienne au milieu de l’océan. Le récit est émaillé d’anecdotes véritables glanées auprès de cadres dirigeantes. Le propos très réaliste et renseigné vise juste, dresse un constat redoutable et troublant, qui suscitera de saines polémiques. Le récit tout en tension donne au film des allures de thriller capitaliste d’anticipation, parce qu’à l’heure où je vous cause, je gagnerais à parier qu’il n’y a toujours pas l’ombre d’un jupon à un tel niveau de décision. (Le CAC40 triche : 3 femmes y apparaissent sans être PDG, leur rôle a été castré du P exercé par un homme).


    votre commentaire
  • Un très beau film chorale. Les acteurs sont formidables!

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Espèces menacées

    Trois destins familiaux entrelacés. Joséphine et Tomaz viennent de se marier dans l’allégresse. Mais bientôt, derrière le bonheur solaire des époux, les parents de Joséphine vont découvrir une réalité plus sombre. Mélanie, elle, annonce à ses parents qu’elle attend un bébé mais le père de l’enfant n’a pas du tout le profil du gendre idéal ! De son côté, Anthony, étudiant lunaire et malheureux en amour, va devoir prendre en charge sa mère, devenue soudainement incontrôlable.

    Ils s'aiment trop ou ne s'aiment pas assez, ou alors les deux à la fois, mais surtout ils n'arrivent pas à parler, et quand ils parlent ils ne s'entendent pas, ne s'écoutent pas. Ils s'aiment mal. Ils sont tous attachants, ils sont jeunes ou le sont moins, ils sont beaux ou ne se posent pas la question : jeune fille en fleur dont le mec part en vrille le soir de son mariage et qui en guise de nuit de noces reste accrochée au téléphone à parler à son père ; parents obnubilés par l'avenir de leur enfant ; mère exclusive qui ne laisse pas respirer un fils qui pourtant ne cesse de donner des preuves de son attachement ; père qui ne supporte pas l'idée que l'amoureux de sa fille soit plus âgé que lui…

    Ils ressemblent à des gens qu'on croise tous les jours, avec chacun leurs histoires bancales, les liens qu'ils nouent et dénouent, leurs douleurs et leurs joies dont le souffle variable les fait vaciller tout le temps. Des gens bien dans l'air du temps, bien trempés dans notre époque. Ils ont comme une incapacité à penser le monde et les autres autrement qu'à partir d'eux-mêmes, des bornes qu'ils se donnent, de leurs obsessions. Le bonheur est à portée de main et ils passent à côté sans le voir, sans le reconnaître faute d'écoute, de perspicacité, perdus dans une demande d'amour perpétuellement insatisfaite parce qu'elle ignore le réel tout simple, qui ne demande qu'à être vu avec un poil de bienveillance. Ils pataugent dans leur vie et se rendent malheureux à force de ne pas accepter l'autre pour ce qu'il est et non pour ce qu'ils voudraient qu'il soit.

    Le film excelle à capter le moment où les choses se grippent, où les tensions s'exacerbent, où la comédie vire au tragique. La solitude alors s'ajoute à la déception d'avoir perdu une affection irremplaçable après avoir, à force de surdité, de malentendus et de maladresses provoqué une situation de non retour. C'est drôle, c'est triste, c'est tendre, c'est touchant, c'est follement humain et ça rend un peu furieux car tout ces gens là auraient pu être bien ensemble, ils avaient tout pour ça dans un monde qui a la chance de ne pas avoir faim ou froid et finalement ils n'ont que le malheur qu'ils s'inventent. Tous sont condamnés à regarder le temps qui passe et il leur en reste assez pour regretter longtemps les trains qu'ils n'ont pas su prendre, les bonheurs qu'ils n'ont pas su retenir. Certains cependant tirent leur épingle du jeu et arrivent à faire bifurquer leur vie vers son côté lumineux : après le mal être et l'orage, il arrive aussi que l'espoir rebondisse. Parce que tous ont en réserve la possibilité de choisir la tolérance plutôt que l'incompréhension, l'acceptation plutôt que le rejet… C'est un film comme un bouquet de nouvelles, un film « mosaïque » où les situations se répondent, sans pour autant être liées, qui aboutit au bout du compte à la vision d'une société en mal de projets, en mal d'idéal, de repères qui donneraient un peu le goût et le sens de la relativité, une société qui tourne en rond sur elle-même.

    Les comédiens sont superbes, on affectionne particulièrement Grégory Gadebois et Alice Isaaz, sa fille, mais tous jouent leur partition avec densité et donnent furieusement envie de se précipiter sur le bouquin de Richard Bausch dont le film n'emprunte qu'une partie des nouvelles.


    votre commentaire
  • Les nouvelles aventures de Cendrillon

     

    C’est l’anniversaire de Julie mais elle semble être la seule à s’en souvenir… Jusqu’à ce que Marco, l’homme qu’elle aime secrètement, l’appelle et lui annonce qu’il va passer chez elle pour lui déposer son fils car la baby-sitter a eu un contretemps. Julie est effondrée, tout le monde la considère comme une boniche. Seule avec ce petit garçon, particulièrement odieux, Julie décide de lui raconter l’histoire de Cendrillon… enfin presque.


    votre commentaire
  • Ca commençait pourtant mal: caméra qui partait dans tous les sens, dialogues incertain etc... Et pourtant ce film est géniél, plein d'optimisme. Quand on donne leur chance aux élèves même les plus nuls, ils réussissent. Le petit acteur noir est très touchant et formidable.

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20    technique: 15/20  note finale: 18/20

    Les grands esprits

    François Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’évènements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre.

     Il s’appelle Foucault, François Foucault, et c’est la hantise des élèves. Le prototype du petit prof sec, propre sur lui, hautain, l’enseignant qu’on aime détester. François Foucault promène sa morgue d’agrégé désenchanté dans les classes d’Henri IV, Paris Ve, un lycée qui se targue d’être l’un des meilleurs de France, donc conséquemment l’un des des plus élitistes, des moins accessibles au commun des élèves. Avec un sadisme nonchalant, François Foucault rend les copies d’un contrôle, crucifiant les gamins tétanisés en énonçant à la cantonade leurs notes (forcément pathétiques) et accompagnant chacune d’un petit commentaire assassin. Il se sait détenteur d’un savoir, de la connaissance, fruits sans doute d’un intense labeur, mais qu’une ascendance, un milieu social et une bonne éducation bourgeoise ont rendu beaucoup plus aisément accessibles. Volontiers donneur de leçons, François Foucault ne dédaigne pas à l’occasion de mettre en valeur sa petite personne. Par exemple en pérorant sur l’Éducation nationale, répétant à qui veut l’entendre que l’essentiel des difficultés seront résolues le jour où on aura su imposer une vraie mixité sociale dans les établissements – et pas uniquement parmi les élèves, mais aussi, mais surtout dans les équipes enseignantes, trop systématiquement composées, dans les collèges et lycées « difficiles », de jeunes profs inexpérimentés, en début de carrière, envoyés au feu tandis que leurs homologues mieux nés et mieux diplômés pantouflent dans les établissements cotés des centre-villes. Bon, ce disant, il ne parle pas pour lui, évidement, mais des autres, d’une situation générale. Sauf que, le hasard faisant curieusement bien les choses, il est entendu par « le ministère ». Qui trouve l’idée excellente. Et voilà notre Hussard noir de la République version 2017, avec son cartable bien ciré, son élégant costume et ses belles certitudes, exfiltré malgré lui pour une année scolaire au collège Barbara de Stains. L’occasion de frotter ses belles théories à la réalité d’un établissement classé REP + (pour Réseaux d’Education Prioritaire renforcés), autrement dit : là où le sens de la mission de l’Éducation Nationale serait un peu plus immédiatement perceptible qu’ailleurs.

    Entre fiction documentée et comédie populaire, Les Grands esprits évite le piège de la caricature qui s’ouvrait grand sous ses pieds. Et ça marche, et même du feu de dieu ! Certainement parce qu’Olivier Ayache-Vidal apporte un soin méticuleux à décrire de l’intérieur la vie de ce collège en zone défavorisée. Sans les idéaliser, il rend justice aux élèves, aux équipes pédagogiques, qu’il a très longuement côtoyés en préparant son film (deux ans d’immersion), raconte de façon extrêmement documentée et sensible leur « vrai » quotidien, leurs réussites, leurs échecs, leurs lassitudes aussi. On suit d’abord avec curiosité, puis avec de plus en plus d’empathie et de bonheur la composition de Denis Podalydès, la transformation du petit tyranneau de lycée cossu en Daniel Pennac du 9-3. La façon dont il apprend, progressivement, à transmettre et faire aimer tout son beau savoir encyclopédique à des gamins pour lesquels il y a un réel enjeu à le recevoir, sa découverte in-situ de cette banlieue aussi violente qu’attachante, ne se veulent en rien exemplaires. Les Grands esprits n’est pas un pamphlet, ni une charge, ni un mode d’emploi. Il tend simplement un miroir très juste, assez peu complaisant mais globalement positif, à une institution souvent mal aimée, caricaturée et mise à mal par des politiques publiques qui, d’économies budgétaires en réformes structurelles, semblent s’être donné comme objectif de la vider de sa mission originelle. À l’heure où il est de bon ton de le dénigrer, de lui opposer des « alternatives » idylliques qui font leur lit sur un catastrophique manque de moyens, cette réhabilitation énergique et sans fards de l’enseignement public qui pourrait (enfin) réconcilier les enseignants, les élèves et leurs parents, a, en cette rentrée, quelque chose de tout à fait réjouissant.

     

     


    votre commentaire
  •  Une excellente comédie avec un Jean-Pierre Bacri qui trouve enfin un rôle à sa mesure et qui excelle!! Bravo à toute l'équipe.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20      technique: 18/20  note finale: 18/20

    Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd'hui c'est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d'habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu'à l'aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête.

    votre commentaire
  •  Un très beau film historique. Les acteurs sont formidables et c'est bien filmé.

     scénario: 16/20                      acteurs: 16/20          technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le jeune Karl Marx

    En Allemagne, une opposition intellectuelle fortement réprimée est en pleine ébullition. En France, les ouvriers du Faubourg Saint-Antoine, levain de toutes les révolutions, se sont remis en marche. En Angleterre aussi, le peuple est dans la rue, mais là il ne s’agit plus seulement de renverser les rois : à Manchester, la révolution est industrielle.

    1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la “Révolution industrielle”, cherchent à s'organiser devant un “capital” effréné qui dévore tout sur son passage.
    Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand.
    Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que “les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer". Entre parties d'échecs endiablées, nuits d'ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la “bible” des révoltes ouvrières en Europe : “Le manifeste du Parti Communiste”, publié en 1848, une œuvre révolutionnaire sans précédent.

    A 26 ans, Karl Marx entraîne sa femme, Jenny, sur les routes de l’exil. En 1844, à Paris, ils rencontrent le jeune Friedrich Engels, fils d’un propriétaire d’usines, qui a enquêté sur la naissance sordide du prolétariat anglais. Le dandy Engels apporte au jeune Karl Marx la pièce manquante du puzzle que constitue sa nouvelle image du monde. Ensemble, entre censure et descentes policières, entre émeutes et prises de pouvoir politiques, ils vont présider à la naissance du mouvement ouvrier jusque là largement artisanal. Ce sera la plus complète transformation théorique et politique du monde depuis la Renaissance. Opérée, contre toute attente, par deux jeunes fils de famille, brillants, insolents et drôles.

    De Marx, l’imagerie populaire a retenu l’impressionnant visage barbu d’un philosophe quinquagénaire a priori sentencieux, un visage associé depuis bientôt deux siècles par la propagande anti-marxiste aux régimes totalitaires russes, chinois ou nord-coréens, un raccourci aussi ridicule que celui qui associerait Jésus Christ aux crimes de l’Inquisition. Raoul Peck – qui, après I am not your negro, s’impose comme un des grands réalisateurs de l’année – a la très bonne idée d’aborder le cas Marx par l’angle que l’on connaît le moins, celui de sa jeunesse et de la construction d’une pensée qui changera le monde. Il le fait à travers un biopic qui, tout en se démarquant des codes hollywoodiens simplificateurs et appauvrissants, nous plonge dans un récit enlevé qui pourra passionner les non spécialistes du sujet.
    Le scénario, resserré dans le temps, suit Marx depuis sa rencontre en 1844 avec Friedrich Engels, son binôme indissociable, jusqu’en1848, juste après la rédaction du « Manifeste du Parti Communiste » qui ne sera pas étranger à l’émergence des nombreuses révolutions qui mettront à bas plusieurs régimes monarchiques.
    Ce qui est particulièrement excitant, c’est de voir la naissance d’une pensée en action par la friction de deux esprits : d’un côté Marx, le jeune philosophe hegelien en butte avec le maître et quelques uns de ces disciples, de l’autre Friedrich Engels, fils d’un gros industriel allemand installé en Angleterre, fondé de pouvoir de son père, qui profite de sa situation pour rédiger un mémoire exceptionnel sur la situation des ouvriers, majoritairement irlandais. La réflexion théorique se marie avec l’expérience sociologique de terrain et la synthèse permet ainsi de construire les concepts concrets et applicables que l’on connaît. Le film s’articule donc beaucoup autour des discussions passionnantes entre Marx, Engels mais aussi les deux femmes de leur vie, qui prendront une place importante dans leurs luttes, et d’autres théoriciens socialistes comme Proudhon, porteur d’une vision plus utopiste et libertaire mais aussi plus théorique.

    Le réalisme pointilleux de Raoul Peck, son souci du détail font merveille – en particulier la précision quasi-documentaire pour tout ce qui concerne la condition des ouvriers et de la jeunesse, y compris intellectuelle –, le film dégage une forte impression d’authenticité, accentuée par des acteurs allemands peu connus et tous formidables. Raoul Peck, qui a étudié pendant 5 ans l’économie à Berlin, inquiet de la faillite actuelle des idéologies et de la perte du sens de l’histoire, voulait par ce film remettre en évidence la modernité du discours marxiste. Pari totalement réussi.


    votre commentaire
  • Une merveille! C'est bien joué, bien filmé, le scénario est excellent et on se demande ce qu'il va se passer jusqu'à la fin. Une totale réussite. Les décors, les paysages et les costumes sont magnifiques. C'est divinement filmé.

    scénario: 18/20        acteurs: 18/20      technique: 19/20      note finale: 18/20

    My cousin Rachel

    Angleterre, début du XIXème siècle. Philip, un jeune noble anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage secret avec la jeune et jolie veuve Rachel. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger par tous les moyens. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser.

    C’est à Daphné du Maurier que l’on doit bien sûr le troublant roman Rebecca, mais aussi L'Auberge de la Jamaïque et la nouvelle Les Oiseaux, tous trois adaptés et magnifiés au cinéma par Alfred Hitchcock. Du Maurier comme Hitchcock sont des maîtres de l'intrigue, de la manipulation, de la séduction dangereuse, des maîtres aussi dans l'utilisation du cadre, du décor, de la nature, influençant plus ou moins directement les passions et les comportements humains. My cousin Rachel s'inscrit tout à fait dans cette riche tradition…

    Première moitié du xixe siècle. La campagne anglaise baignée par les vents marins. Des falaises verdoyantes tombant à pic sur une mer capricieuse. Des bois d’où s’évade le parfum des fleurs de champs à l’heure du printemps, mais aussi le vent glacial de l’hiver qui s’engouffre sous les capes et glace les os. C’est ici qu’est né Philip, c’est ici qu’il a grandi, orphelin élevé par Ambroise, un cousin plus âgé qui l’aime comme un fils, c’est ici que sa vie toute entière est déjà écrite : la demeure familiale, l’exploitation et les terres dont il reprendra un jour les commandes.


    Mais le cousin est malade et les médecins lui conseillent de quitter l’Angleterre pour aller chercher les rayons réconfortants du soleil d’Italie. Il part donc, laissant le domaine à son filleul. Les premières nouvelles que Philip reçoit d'Ambroise sont bonnes : la santé va mieux, mais surtout il a fait la connaissance d'une lointaine cousine, Rachel, jeune veuve qui veille sur lui avec bienveillance… Très vite il est question d'amour, qui très vite se concrétise par un mariage… Mais Philip reçoit bientôt de bien étranges lettres : l'écriture devient hésitante, les mots semblent confus et le tracé heurté de l’encre sur le papier traduit un combat contre quelques sombres démons intérieurs. Quelque chose de grave est en train de se passer, Philip le sent, et il a rapidement la conviction que la mystérieuse Rachel n'y est pas étrangère. Philip est trop attaché à son cousin pour le laisser ainsi sombrer dans les rets d'une histoire qui pourrait l'engloutir et il décide de faire le voyage jusqu'en Italie, prêt à affronter cette femme forcément diabolique. 
    Mais bien entendu, ce n'est pas Philip qui maîtrise les règles du jeu et rien ne va se passer comme il l'avait prévu. Car Rachel est tout sauf une femme prévisible : c'est elle qui va venir en Angleterre ! Si la douceur anime chacun de ses traits fins, si la générosité semble s'afficher dans son regard de braise, quelque chose en elle demeure résolument impénétrable. Rachel n'est plus tout à fait une jeune femme, son histoire et son expérience semblent exercer une bien troublante fascination sur son entourage, y compris sur ce mystérieux Italien Rainaldi qui vient lui rendre visite, et y compris bien sûr sur l'impétueux Philip, bien incapable de rester de marbre…

    L'efficacité d'un récit tient parfois à peu de choses : une ambiance, un savant mélange d'ingrédients judicieusement choisis et dosés. Dans le registre du film à intrigues en costumes, My Cousin Rachel est une réussite. La peinture sociale d'une bourgeoisie un peu guindée, régie par les codes ancestraux et les convenances, est traversée par un souffle de sensualité interdite incarnée par la troublante et peut-être machiavélique Rachel. Rachel : une femme libre, attisant les désirs dans le sillage de sa singulière histoire. Depuis Freud, on le sait : ce que l'imaginaire est capable de concevoir, que ce soit pour la quête de l'extase ou la fabrication des peurs intimes, peut mener l'homme à sa perte autant qu'à sa jouissance. My cousin Rachel se situe quelque part sur ce chemin périlleux…


    votre commentaire
  • Un film plein de tendresse servi par une Fanny Ardant remarquable!!!

    scénario: 17/20          acteurs: 17/20        technique: 17/20     note finale: 17/20

    Lola Pater

    A la mort de sa mère, Zino décide de retrouver son père, Farid. Mais, il y a 25 ans, Farid est devenu Lola…

    Parmi les petits plaisirs délectables que peuvent vous procurer les films, il y a celui de se plonger dans les secrets de famille des autres. Par exemple dans ceux de ce charmant brun trentenaire : Zino. Alors qu'il se recueille sur la tombe fraîchement creusée de sa mère dans le carré musulman d'un cimetière parisien, il est loin d'imaginer la vague déferlante qui va venir balayer le récit maternel. De son père absent elle lui disait peu. Elle en avait supprimé les traces, les photos. Il se serait volatilisé, aurait abandonné femme et enfant sans une explication ni un regard en arrière. Sujet délicat, rarement abordé, jamais creusé pour ne pas blesser l'épouse délaissée un quart de siècle plus tôt. Mais les histoires que gobe sans broncher un fiston aimant tiennent rarement le choc devant un notaire, catégorie bien renseignée et fouineuse s'il en est, dès qu'il s'agit de droits de succession. C'est ainsi que l'homme de loi va retrouver la trace du paternel prétendument disparu et se faire un devoir de communiquer son adresse.


    Bien sûr Zino a tôt fait d'enfourcher sa moto, délaissant quelques heures son boulot passionnant d'accordeur de piano ainsi que le chat Belmelok qui n'en fait qu'à sa tête. Le voilà parti vers le midi, à la recherche du géniteur prodigue. Le nom, Farid Chekib, inscrit sur la boite aux lettres d'un mas provençal jovial et chaleureux lui confirme qu'il est arrivé à destination. La maison est pleine de vie, de femmes, de musique. Il faut dire que Lola, la belle et grande brune qui semble régner sur le lieu, y donne des cours de danse orientale à des élèves plus pulpeuses les unes que les autres, s'appliquant à agiter voluptueusement leur ventre et leur popotin. On prend d'abord le visiteur pour un futur danseur, mais le visage de Lola, troublée, se décompose nettement quand Zino se présente et demande à voir Farid. S'il la prend pour la nouvelle épouse de son père (et comment pourrait-il en être autrement, puisqu'elle porte le même nom de famille ?), nul n'est dupe très longtemps. Même le notaire s'en doutera plus vite que lui : Lola n'est autre que son géniteur, un bien étrange pater ! Mais cette réalité-là, il faudra un moment à Zino pour l'apprivoiser. Déconstruire vingt cinq ans de non dits, ça prend fatalement un peu de temps. Dans l'immédiat, notre beau gosse, saoul d'incompréhension et de tristesse, rebrousse chemin aussi sec, évitant de creuser, de questionner ce qui pourtant claque comme une évidence… 
    Quand il revient au bercail, où décidément Belmelok le boude, le retour est d'autant plus rude entouré par le vide, l'absence, dans l'immeuble de son enfance… Jusqu'à ce que Lola, n'y tenant plus, fasse à son tour le voyage jusqu'à son fils. Une Lola gauche, fragilisée, assaillie par les doutes, les regrets… Autant de choses que Zino en deuil ne peut certainement pas entendre…

    Jamais Nadir Moknèche, réalisateur entre autres du très beau Viva Laldjérie, ne tombe dans les clichés sordides ou simplistes pour parler de la réalité de ces hommes et de ces femmes qui ont dû fuir leur pays, l'Algérie, pour ne pas terminer leur vie dans un asile tout simplement parce qu'ils étaient tombés dans un mauvais corps à la naissance, que la vie s'était plantée de genre.
    Nadir Moknèche a eu la grande idée de confier le rôle de Lola/Farid à la magnifique Fanny Ardant, qui sert le personnage à merveille par sa beauté anguleuse, par la puissance de son regard, par son autorité naturelle. Lola est tour-à-tour émouvante, maladroite, agaçante quand elle devient trop sûre d'elle. Mais sous ses extravagances volubiles on comprend qu'il y a un être d'une énergie, d'une force rares, qui continue à se battre pied à pied pour s'assumer et garder la tête haute.


    votre commentaire
  •  Normalement, je n'aime pas les films de Guillaume Canet: c'est bobo, c'est ridicule et voir ces vieux de 40 ans qui se prennent pour des ados et qui font des blagues douteuses, bof. Et je ne parle pas de l'absence de scénario qui était tout de même sa caractéristique. Mais j'ai bien aimé ce film: tout d'abord, il y a un scénario et c'est tout de même important quand on fait un film... Ensuite, l'histoire est intéressante et amusante. L'acteur principal ne supporte pas de se voir vieillir et va voir un chirurgien esthétique... amusant et bien fait. Marion Cotillard avec l'accent québécois pour préparer un rôle, c'est à MDR.

    scénario: 16/20        technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Rock'n Roll

    Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux.. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.


    votre commentaire
  • Là encore pas du tout mon genre de films mais dans certains pays, il est difficile de trouver des films différents. Là encore une belle surprise. On se laisse prendre par cette histoire improbable. Noomi Rapace est remarquable: elle interprète ses 7 rôles et elle nous impressionne.

    scénario: 16/20      technique: 16/20     acteurs: 17/20   note finale: 16/20

    Seven sisters

    2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique