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Un très beau film, très intéressant. A voir. On passe un bon moment malgré diverses invraisemblances. 

Astrid Thompson parvient enfin à réaliser le rêve de son père : réunir quatre Stradivarius pour un concert unique attendu par les mélomanes du monde entier. Mais Lise, George, Peter et Apolline, les quatre virtuoses recrutés pour l’occasion, sont incapables de jouer ensemble. Les crises d’égo se succèdent au rythme des répétitions. Sans solution, Astrid se résout à aller chercher le seul qui, à ses yeux, peut encore sauver l’événement : Charlie Beaumont, le compositeur de la partition.

Au début de l’aventure, Astrid (touchante Valérie Donzelli), une riche héritière bourrée de bonnes intentions, tout comme l’enfer en est pavé. Son désir le plus cher, et le plus urgent ? Réaliser le rêve testamentaire de son défunt père, aussi mélomane que fortuné : réunir quatre Stradivarius pour un concert unique, exceptionnel ! Et la spéculation galopante en la matière ayant fait exploser le prix de ces instruments mythiques, ce n’est pas une mince affaire. Rien que le prix des primes d’assurances, juste pour sortir ces petits bijoux des bunkers où ils sont encagés, sous la bonne garde de cerbères électroniques des temps modernes, ferait frémir un nabab ! Si Astrid a hérité de trois sur quatre des instruments nécessaires à l’accomplissement du vœu paternel, il lui manque encore, a minima, le violoncelle ! Mais la convaincante donzelle(i), une réunion de conseil d’administration plus tard, obtiendra gain de cause. La voilà bien déterminée à remporter, fusse à prix d’or, les enchères pour acheter l’indispensable instrument. Une fois cette messe jouée, la voilà à deux doigts du succès. Il suffit de réunir les quatre musiciens d’excellence qui, c’est certain, ne se feront pas prier pour avoir le privilège de jouer sur un de ces précieux stradivarius. Ça a tout l’air d’une simple formalité tant le daron d’Astrid avait tout prévu, jusqu’au casting précis de ce prestigieux quatuor à cordes. Mais il va s’avérer que Monsieur pense-à-tout avait oublié dans ses calculs un paramètre d’importance : le PFH, le « Putain de Facteur Humain » ! Car comme le dira l’un des protagonistes « Quatre bons musiciens, ça n’a jamais suffi pour faire un bon quatuor ! Ça se saurait ! »
Si Astrid réussit, dans un premier temps, à réunir dans l’immense demeure familiale les quatre musiciens convoités, les faire jouer ensemble va vite relever du défi impossible. Harmoniser les egos des uns et des autres, c’est bien plus compliqué que de les faire accorder leurs violons au sens propre. Et de fait, ils sont décidément nuls pour le sens figuré : œuvrer à l’unisson tout en restant soi-même n’est pas une mince affaire et les quatre instrumentistes surdoués en sont incapables.
Alors lui vient une idée de génie : faire sortir de son antre le compositeur de l’œuvre qu’ils doivent interpréter. Là encore la chose ne sera pas aisée : Charlie Beaumont (Frédéric Pierrot tout aussi formidable que dans la série En thérapie) apparaît dans un premier temps comme un être bougon, peu ravi à l’idée de voir exhumée cette œuvre de jeunesse, jamais interprétée, qu’il n’assume guère. L’entreprise a décidément tout pour tourner au fiasco, mais est-il encore temps de reculer ? Suspense : Pom pom pom pom, comme disait Beethoven !
Nul besoin d’être musicien pour goûter pleinement cette percutante comédie humaine – même si ceux et celles qui ont tâté de la fanfare, de l’orchestre, du chant en bande organisée, ou de tout autre aventure de groupe profiteront d’autant mieux de toute la subtilité et la drôlerie d’une situation dépeinte au cordeau.
Ici, la partition composée pour le film n’est pas destinée à l’accompagner, c’est plutôt le film qui accompagne la musique. La Musique qui constitue la trame sur laquelle se tisse l’histoire, se dévoilent les traits de caractère des personnages. C’est à travers elle que se trahissent leurs humeurs, c’est elle qui les fait trébucher comme l’arroseur arrosé qui se prend les pieds dans son tuyau, elle qui déshabille leurs fragilités plus que n’importe quelle réplique. La Musique n’est pas une petite rengaine qui souligne l’action, elle en est le cœur même. Pour l’interpréter, il ne fallait surtout pas des acteurs qui font semblant, mais de véritables musiciens capables de s’en emparer. Tout le casting a été tendu vers ce but : trouver une troupe de comédiens hors pair,

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