Un joli documentaire mêm s'il laisse peu d'espoir. La paix en Israël, tout le monde la veut mais comme tout le monde se déteste, ça va être compliqué. La réalisatrice en posant une simple question à des israéliens musulmans ou juifs a eu des réponses édifiantes. Un peu fouilli, part un peu dans tous les sens et c'est souvent mal filmé mais léidée de base est intéressante.
scénario: 16/20 technique: 12/20 note finale: 15/20

Un voyage dans la nuit, de rencontres en rencontres, des bars de Tel-Aviv aux ruelles de Jérusalem. On s'embarque sur un tapis volant. Dans les boites de nuit, on danse, on rit, on s’amuse. Le lever du jour sur le son techno d’une rave party en plein air. Et pour finir, un baiser inouï sur la plage. Un premier baiser. Des Juifs, des Arabes, tous citoyens d’un même pays. Israël. Aucun mur ne les sépare. Un Israélien sur cinq est arabe. Et pourtant… Une simple question vient prendre tout le monde par surprise.
Aux uns : "Would You Have Sex With an Arab?"
Aux autres: "Would You Have Sex With An Israeli Jew?"
Ils ne s’y attendent pas. Troublés, ils rient, hésitent, improvisent, s’étonnent de leurs propres réactions. Beaucoup n’y avaient même pas pensé. Être ensemble ? Une barrière invisible apparaît. Le désir, aussi. Peut-être…
Le titre du film est une question a priori incongrue mais salutaire, une question posée au débotté par la réalisatrice à de jeunes Juifs israéliens, et qui a bien sûr son corollaire : « Would you have sex with an israeli Jew ? », question posée à des Arabes israéliens. Une question qui a l’infini mérite de regarder le conflit israélo-palestinien par un bout de lorgnette nouveau et passionnant : le désir peut il transcender l’origine, la culture et la géo-politique ou est-il au contraire entravé par ces antagonismes ? On ne parle pas forcément de belles histoires romantiques à la Romeo et Juliette, mais juste de désir sexuel.
La question indiscrète posée aux jeunes de Tel Aviv ou Jérusalem, qu’ils soient Juifs ou Arabes, et les réponses qu'ils y apportent sont d’autant plus passionnantes qu’elles concernent les Arabes israéliens, des citoyens qui, contrairement aux Palestiniens, côtoient quotidiennement leurs concitoyens juifs dont ils partagent partiellement les joies et les peurs, des Arabes qui connaissent parfois mieux la culture juive et l’hébreu que les Juifs européens, russes ou éthiopiens récemment arrivés, des Arabes qui physiquement ressemblent comme deux gouttes d'eau à leurs voisins Juifs sépharades.
Et pourtant le premier groupe de jeunes Juifs en goguette interrogé dans la nuit festive de Tel Aviv est unanime : pour eux, impossible d’envisager de coucher avec un ou une Arabe, mélange de dégoût à cette idée pour les plus xénophobes d’entre eux, sentiment de trahison pour d’autres. Mais serait ce l’effet de groupe, qui fait qu'on n'ose pas avouer devant d’autres des désirs interdits ? Plus tard, alors que Yolande Zauberman s’installe dans les lieux de nuit et commence à discuter individuellement avec des jeunes, une fille avoue sa fascination érotique pour des Arabes qui, elle n'est pas la seule à le reconnaître, peuvent être fort séduisants. Mais le désir passe par le regard, et quand on se refuse à regarder l’autre, le désir est impossible. À un moment, un des interlocuteurs arabes dit une chose terrible : il rappelle que le gouvernement israélien se vante d’être une vraie démocratie parce qu’en temps de guerre ses soldats n’ont jamais été accusés de viol, avant de préciser que c’est parce que le rejet de l’Arabe est tellement ancré dans la culture israélienne juive que les soldats juifs ne désirent pas les femmes du camp ennemi… Quand la réalisatrice interroge les jeunes Arabes, le rejet est là aussi présent, surtout parce qu'ils ont la rancœur de l’oppression subie.
Mais le film, progression intelligente, va ensuite à la rencontre de ceux qui, nés de père et de mère d’origine différente, n’ont pas en tête ces obstacles au désir. Magnifique rencontre avec cet enfant d'un mariage mixte qu'était Juliano Mer-Khamis, directeur du théâtre des enfants de Jénine, qui dit probablement les plus belles choses entendues dans le film. Juliano Mer-Khemis qui, contre tous les intégrismes, se battait pour ouvrir les cœurs et les esprits, a été assassiné dans la rue peu après le tournage. Mais l’espoir vient d’un étonnant personnage qui s’auto-désigne « La Fiancée de Palestine », immense drag-queen judéo-arabe qui, la nuit, parcourt les boulevards de Tel Aviv en longue robe rouge : elle affronte en elle toutes les contradictions mais elle est en même temps porteuse de toutes les ouvertures, le milieu queer montrant finalement aux Juifs et aux Arabes le chemin du vivre ensemble.