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Enorme déception pour ce film qui retrace l'histoire (la déchéance) d'un peuvre type qui devient fou en croyant qu'il va participer à une téléréalité. C'est très mal fait. Et on est encore dans la série "les pauvres dans les films sont toujours laids et idiots". C'est long, mal filmé, le scnéraio n'est pas terrible et on s'ennuie. 

scénario: 6/20     technique: 6/20  acteurs: 10/20  note finale: 5/20

Reality

 

Au cœur de Naples, Luciano est un chef de famille hâbleur et joyeusement exubérant qui exerce ses talents de bonimenteur et de comique devant les clients de sa poissonnerie et sa nombreuse tribu. Un jour, poussé par ses enfants, il participe sans trop y croire au casting de la plus célèbre émission de télé-réalité italienne. Dès cet instant, sa vie entière bascule : plus rien ne compte désormais - ni sa famille, ni ses amis, ni son travail ni même la petite arnaque imaginée par son épouse, qui améliorait un peu leur ordinaire ! Le rêve de devenir une personnalité médiatique modifie radicalement son destin mais aussi celui de tout son entourage...

Matteo Garrone nous avait impressionnés avec Gomorra, plongée saisissante au cœur de la mafia napolitaine. Et il revient avec Reality, un film tout aussi puissant mais sur le registre de la comédie, qui a, comme Gomorra, remporté le Grand Prix du jury au Festival de Cannes, le petit frère de la Palme d’Or. Le sujet est donc plus léger en apparence : la télé-réalité. Mais légèreté ne veut pas dire inconsistance : Garrone dresse le constat implacable d’une société gouvernée par le culte de l’image matraqué par les télévisions. Le film navigue entre illusion et réalité et s’arrête sur un personnage happé par la machine à décerveler. Entre conte de fées (la musique d’Alexandre Desplats y est pour beaucoup) et comédie grinçante, le film s’inscrit en plein dans la grande tradition de la comédie italienne.

Ça commence par un long plan séquence, la caméra vole, plane, tourne, virevolte tout en suivant une cérémonie de mariage démesurée. Les mariés arrivent en carrosse, devant les grilles d’un château qui ressemble plus à celui de Barbie qu’au palais de la reine d’Angleterre. Et au moment où la fête bât son plein, un invité surprise fait une apparition aussi brève que fracassante : Enzo, gagnant d’un jeu de télé-réalité, est acclamé tel une star. Plus besoin d’avoir un quelconque talent pour être adulé du public et payé pour apparaître pendant un mariage huppé ! Dans un pays dirigé pendant très longtemps par un patron de télé-poubelle, pas étonnant… Ce n’est pas forcément mieux chez nous, me direz-vous, et vous aurez raison. L’histoire est très ancrée dans la réalité italienne, mais on pourrait la transposer dans n’importe quel pays « développé »…
Après cette fantastique scène d’ouverture, la caméra s’arrête sur Luciano, poissonnier, infatigable tchatcheur et toujours de bonne humeur. Il use de son don naturel de comique pour faire marcher son petit commerce, au grand bonheur des habitués ; et de sa famille, qui profite aussi de sa gouaille et de son humour à la maison. Poussé par ses enfants à participer au casting de « Il Grande Fratello », l’émission phare de télé-réalité en Italie, Luciano finit par accepter, en n’espérant pas grand chose. Et puis, porté par tout son quartier qui croit en ses chances, il se prend au jeu, devient euphorique, avant d’être saisi par l’anxiété en attendant la réponse de la chaîne. Ensuite la paranoïa s’installe, il est persuadé que les gens de l’émission viennent l’observer en cachette pour vérifier s’il est un candidat valable…

L’utilisation de longs plans séquences permet de laisser libre court au formidable jeu d’un acteur complètement hors-norme : Aniello Arena, véritable tornade qui emporte tout sur son passage, est un détenu condamné à perpétuité pour meurtre depuis ses dix-huit ans, qui fait partie depuis 2001 d’une troupe de théâtre, la Compania della Fortezza, au sein de la maison d’arrêt de Volterra, en Toscane.
Et à plusieurs reprises, cette mise en scène immersive nous place dans la position des spectateurs-voyeurs de ces émissions de télé-réalité, démontrant par l’absurde le vide sidéral de ces programmes qui fleurissent pourtant sur tous les écrans. Mais comme disait l’autre, la télévision n’est que le reflet de notre société… Et (mauvais) signe que les temps ont changé, les mythiques studios de cinéma de Cinecitta, où les plus grands cinéastes, pas seulement italiens, ont tourné, sont d’abord devenus le lieu où l’on enregistre « Il Grande Fratello » et toutes les émissions de télés débiles made in Italy… avant d’être aujourd’hui menacés par la spéculation immobilière…

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