Un très joli documentaire même si on peut regretter que le début soit particulièrement ennuyeux.
scénario: 14/20 technique: 16/20 note finale: 15/20

Au début des années 70, Sixto Rodriguez enregistre deux albums sur un label de Motown.
C'est un échec, à tel point qu’on raconte qu’il se serait suicidé sur scène. Plus personne n’entendit parler de Rodriguez. Sauf en Afrique du Sud où, sans qu’il le sache, son disque devint un symbole de la lutte contre l’Apartheid. Des années plus tard, deux fans du Cap partent à la recherche de “Sugar Man”. Ce qu’ils découvrent est une histoire faite de surprises, d’émotions et d’inspiration.
C'est une histoire incroyable et magnifique, qui pourrait sembler complètement invraisemblable si elle n'était bien réelle, un destin en forme de conte de fées, dont tous les détails sont passionnants parce que totalement ancrés dans la réalité d'une époque, des quartiers chauds de Detroit à la jeunesse révoltée d'Afrique du Sud… Et ce sont des chansons formidablement touchantes et belles, cousines des balades folk de Bob Dylan, qui ont ce je-ne-sais-quoi en plus qui vous prend aux tripes et ne vous lâche pas.
Tout commence à la fin des années 60 quand deux producteurs se rendent dans un bar miteux de Detroit assister au concert d'un songwriter local qui égrène ses chansons, dos au public, dans un coin du bar. Le chanteur est le fils d'un immigré mexicain, une sorte de hobo mystérieux rôdant aux quatre coins de la ville, qui décrit dans ses chansons le quotidien des laissés pour compte. Les producteurs sont conquis et lui signent un contrat, sous le nom de Rodriguez, sur le prestigieux label Sussex Records. Son premier album, Cold Facts, sort en 1970 et, mystère de l'industrie musicale, passe complètement inaperçu. Mais Rodriguez continue sa route, et publie l'année suivante un deuxième album qui ne trouve toujours pas son public. Aujourd'hui encore, les producteurs de Rodriguez, qui ont travaillé avec de grands noms, ne s'expliquent pas cet insuccès : Rodriguez était-il trop latino, trop politique ? Aurions-nous dû mettre des violons là où nous avons mis des hautbois ? Toujours est-il que la courte carrière du pourtant prometteur Sixto Rodriguez s'arrête là, dans l'indifférence la plus totale…
Enfin, pas tout à fait, parce qu'au même moment, de l'autre côté de la planète, une copie de Cold Facts arrivée on-ne-sait-trop-comment en Afrique du Sud devient petit à petit le symbole de la lutte contre l'apartheid. La jeunesse sud-africaine se reconnaît dans la musique de Sixto Rodriguez, dans la vérité de ses paroles, et l'album devient un énorme succès dans le pays, Sixto Rodriguez y étant même « plus célèbre que les Rolling Stones » ! Mais dans cette époque pré-internet, impossible pour tous ces fans de dissiper le mystère qui entoure ce chanteur qu'ils adorent mais dont ils ne savent absolument rien. Quelques rumeurs circulent, alimentant la légende qui grandit : Rodriguez se serait immolé à la fin d'un concert, citant les paroles d'une de ses chansons : « well thanks for your time, then you can thank me for mine »…
Deux personnes particulièrement ne se satisfont pas de cette version : Stephen Segerman, surnommé Sugar Man en référence à une chanson de Rodriguez, et Craig Bartholomew, journaliste musical, cherchent encore des années après à connaître la vérité sur Rodriguez. C'est leur quête que suit ce documentaire, et bien que nous mourions d'envie de vous en dire plus dès maintenant, nous ne pouvons que vous inviter à venir découvrir la véritable et incroyable histoire de Sixto Rodriguez à travers ce documentaire emballant dont vous sortirez, c'est sûr, avec la même envie que nous de vous replonger dans sa courte mais excellente discographie. Ça tombe bien, elle est justement rééditée pour l'occasion !