Un film réussi même si les personnages sont un peu trop manichéens entre le gentil cuisinier enlevé, le méchant armateur qui fait trainer les négociations pour économiser quelques sous et les pirates qui sont des brutes épaisses... Un peu plus de nuances et d'apaisseur dans la psychologie des personnages n'auraient pas nui au film. Certaines films sont mal filmées. mais c'est un premier film éncourageant.
scénario: 14/20 acteurs: 14/20 technique: 14/20 note finale: 14/20

En plein océan Indien, le navire danois MV Rosen est pris d’assaut par des pirates somaliens qui retiennent en otage l’équipage et réclament une rançon de 15 millions de dollars. Parmi les sept hommes restés à bord, Mikkel, le cuisinier, marié et père d’une petite fille. Prisonnier et affaibli, il se retrouve au cœur d’une négociation entre Peter, le PDG de la compagnie du cargo, et les pirates. Débute alors un jeu cyniquement cruel de vie et de mort. En demandant une rançon de plusieurs millions de dollars, les pirates somaliens déclarent une guerre psychologique au président de la compagnie maritime. Pour l’armateur, sauver ses hommes est un devoir. Mais le sang-froid et les millions suffiront-ils à ramener tous ses marins dans leur familles ?
Scénariste de Submarino et de La Chasse de Thomas Vinterberg, le nom du Danois Tobias Lindholm est bien connu des amoureux de la série Borgen, dont il est l’un des auteurs. On retrouve dans Hijacking la même qualité d’écriture, ce don pour dresser des portraits complexes de personnages charismatiques. Il y a deux héros dans le film : Mikkel, le cuisinier sensible embarqué bien malgré lui dans une prise d’otages dont les enjeux le dépassent et Peter, l’implacable chef d’entreprise qui se mue par défi et par égo en négociateur aux nerfs d’acier. Formidablement documenté, Hijacking est un thriller en quasi-huis clos, où le moindre fax envoyé provoque une déflagration dans le camp d’en face.
Tobias Lindholm n’oublie pas d’apporter une dimension humaine à son film, si bien que l’on a la gorge serrée quand arrive la négociation finale. Et le poing serré d’impuissance devant cette démonstration de capitalisme appliqué où la vie d’un homme vaut moins que celle d’un bateau. Effacée derrière son sujet, la mise en scène se veut sobre, concentrée sur la direction d’acteurs. En boss aux lunettes cerclées, Soren Malling crève l’écran, doublement récompensé pour son interprétation de patron implacable aux festival des Arcs et de Marrakech.