Délicieusement kitch et délicieux. Même si la fin est prévisible, c'est une comédie sentimentale très réussie. Les années 50' avec la déco, la mode etc... sont très bien décrites. Original et amusant. J'ai bien aimé malgré l'absence de surprises.
scénario: 17/20 acteurs: 18/20 technique: 17/20 note finale: 17/20

Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…
On pourrait ne voir en Rose Pamphyle (Déborah François) qu’une jolie potiche ; le genre de fille naïve capable de se laisser embobiner par le premier venu ; une bouille de gamine et des rêves de midinette qu’elle accroche au dessus de son lit… Une fille qui, se rêvant aux bras d’un Clark Gable, se retrouverait finalement mariée au fils du garagiste de son village natal, le gentil garçon ni vraiment beau mais pas laid non plus avec qui elle jouait au docteur quand elle était petite.
Oui, il y a bien un peu de tout cela dans la personne de Rose Pamphyle. Et ses rêves d’émancipation n’atteignent pas des sommets d’ambition : elle pourrait vouloir être chanteuse (en même temps, il est vrai, en cette année 1958 la Star’Ac n’a pas encore sévi), comédienne, voire aventurière, mais non, elle veut juste être secrétaire. Un métier « moderne », un métier d’avenir, un métier qui lui donnera la chance de quitter l’épicerie familiale, de ne pas se marier, de ne pas devenir femme et puis mère au foyer.
Alors voilà, quand elle apprend que le cabinet d’assurance « Echard et fils », à Lisieux, est à la recherche d’une secrétaire, elle est prête à tout pour décrocher le poste. Elle va y aller au flanc, au culot, à l’audace, avec malice et espièglerie, mais oui, exactement comme dans la chanson de la Candy de notre enfance. Est-ce précisément par la grâce de sa candeur, de sa maladresse, de sa fraîcheur ou simplement parce que Rose fait un peu tache au milieu des autres prétendantes au poste, tirées à quatre épingles, pomponnées comme des caniches à un concours de beauté, toujours est-il que Louis Echard (Romain Duris), le patron de cette petite entreprise familiale à la papa, va l’embaucher. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que la pétillante, la fougueuse, la pétaradante Rose a un petit don : elle tape à la machine aussi vite que Gary Cooper dégaine dans L’Homme de l’Ouest.
Comme c’est un vrai macho (qui ne s’avoue pas l’être, comme tous les vrais machos) et qu’il a le sens de la compétition, Louis va inscrire Rose à un concours de vitesse dactylographique, discipline qui sévissait dans les années 50, obnubilée par records de rapidité en tout genre. Et comme Rose a le sens du défi, elle va se lancer dans l’aventure tête baissée. La voici donc coachée comme un Rocky Balboa avant l’affrontement sur le ring… autant dire que ça va saigner entre les championnes de la frappe à la machine !
Comédie forcément romantique, Populaire est un hommage à celles des années 50, américaines en particulier, et les clins d’œil aux films de cette époque sont légion. Rose Pamphyle n’est pas sans rappeler certains des personnages d’ingénue maladroites, inconscientes de leur sex-appeal qu’interprétait Marilyn Monrœ dans Les Hommes préfèrent les blondes ou Comment épouser un milliardaire. Sous ses airs de fille simple, Rose cache finalement un vrai esprit frondeur, et même si elle finira par s’enfermer dans un autre carcan, certes plus brillant que celui auquel elle s’était promis d’échapper, elle est aussi l’incarnation de la révolution féminine qui allait bouleverser cette période charnière du début des années 60… A l’instar du personnage principal d’un roman court de cette même époque, Roses à crédit d’Elsa Triolet, qu’on ne saurait trop vous inviter à lire, si ce n’est déjà fait…