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Très bien. rien à dire. On se laisse prendre par l'histoire, c'est bien filmé, bien joué. Un peu manichéen mais réussi. L'acteur qui joue Mandela est excellent.

scénario: 16/20        acteurs: 16/20   technique: 16/20    note finale: 16/20

Mandéla: un long chemin vers la liberté

Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC.
Son arrestation le sépare de Winnie, l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC.
À travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement.

« J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire. »
C’est bien plus qu’un homme : un symbole vivant, magnifiquement vivant. Il est l’un des dernier monstres politiques du xxe siècle, celui qui a vu les combats de Gandhi, de Martin Luther King ou de Aung San Suu Kyi : des combats universels portés à hauteur d’humains et guidés par un idéal de non-violence et d’équité. Nelson Mandela est bien plus qu’un homme : un mythe, l’incarnation suprême d’une utopie, belle, pure et naïve, celle de croire que la force des convictions, le courage et l’obstination de quelques-uns peuvent changer le monde pour le plus grand nombre. Comment un film pouvait-il s’attaquer à un tel monument ? Comment rendre toute la grandeur du combat de cet homme dont la vie est déjà en soi une véritable épopée romanesque ? Deux heures trente allaient-elles suffire pour retracer le long chemin vers la liberté, des premières années de luttes aux vingt-sept années de prison, de la famille royale Thembu de l’ethnie Xhosa aux premières élections démocratiques de l’Afrique du Sud ?

Le résultat est à la hauteur des ambitions : une épopée politique aussi passionnante qu’émouvante, qui retrace l’incroyable destinée d’un homme hors du commun, à la fois leader charismatique, orateur hors pair, grand séducteur et immense tacticien. Un film comparable au Gandhi de Richard Attenborough à la fois pour sa réussite cinématographique – intelligence du scénario, mise en scène habile – et pour sa portée pédagogique (en cela, Mandela s’adresse résolument aux jeunes : scolaires possibles dès la troisième). Le récit n’est jamais angélique et n’occulte pas les zones d’ombres du personnage : la lutte violente des débuts, et surtout les divergences radicales qui l’opposèrent à Winnie. Winnie Mandela qui est véritablement le second premier rôle de ce film : des premières années de leur mariage à la libération de son époux, nous assistons à la naissance d’une figure emblématique de la lutte anti-apartheid. Une personnalité complexe et trouble qui, nourrie par des années d’humiliations, n’hésita pas à radicaliser son discours, prônant l’action violente envers les blancs et les « traîtres noirs ».
Il faut saluer ici le parti pris du réalisateur de n’avoir pas effacé de son récit cette page sombre dans la biographie de Mandela, révélateur d’une vraie liberté qu’une production hollywoodienne aurait sans doute entravée. Reconnaissons enfin le talent fulgurant du comédien Idris Elba, qui incarne Mandela de 23 à 76 ans sans jouer le sosie ni l’imitation, mais en habitant le personnage dans sa grandeur, son charisme et son incroyable mental d’acier.

Le film retrace la vie de « Madiba » : premier citoyen de couleur à ouvrir un cabinet d’avocat à Johannesburg, jeune leader de l’ANC adepte de la non-violence puis partisan de l’action armée suite aux massacres dans les townships. Puis les interminables années de prison à Rhoden Island, les humiliations quotidiennes, le lien puissant avec ses compagnons de lutte (dont Walter Sissulu, fidèle parmi les fidèles) et enfin la phase de négociations avec le pouvoir blanc du président De Klerk pour une « sortie de crise » qui restera dans l’histoire. Le récit s’achève là où d’autres difficultés se profilent : les premières élections libres du pays, « one man, one vote », et la douloureuse réconciliation.

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