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 Encore un film israélien que j'ai beaucoup aimé. même si une fois de plus, il est très pessimiste: même des arabes bien intégrés dans la socité israélienne peuvent devenir des bombes humaines. Tous les palestiniens sont plus ou moins terroristes, c'est ce que découvrira avec stupéfaction le docteur Jaafari. mais malgré ce qu'il découvrira facilement, il ne dira rien aux autorités israéliennes, comme s'il y avait une fatalité à ce que tous les palestiniens, même les mieux intégrés soient des terroristes ou au moins des méchants. Ce qui est intéressant dans le cinéma israélien, c'est ce côté sans espoir. Ce film est très réussi: on voit ce pauvre docteur passer du refus de croire que sa femme s'est fait sauter, à l'acceptation (il reçoit une lettre) à la collaboration. Pessimiste... mais très réussi. Il faut préciser que ce film est fait par un libanais et qu'au Liban on entend beaucoup de vilaines choses sur les israéliens. ceci expliquant peut-être cela. Croyons tout de même à la paix et espérons que le terrorisme sortira du coeur et de l'âme des palestiniens. Je précise que je n'ai pas lu le livre.

scénario: 18/20       acteurs: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

L'attentat

Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu'elle dissimule sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, israélien d'origine arabe, opère les nombreuses victime de l'attentat. Au milieu de la nuit, on le rappelle d'urgence à l'hôpital pour lui annoncer que la kamikaze est sa propre femme. Refusant de croire à cette accusation, Amine part en Palestine pour tenter de comprendre.

Amine Jaafari est un Arabe israélien, rejeton d'une famille de Bédouins. Dans l'Israel d'aujourd'hui, avec de telles origines font de ce n'est pas facile… Mais ce n'est pas vraiment le cas pour le Docteur Jaafari, chirurgien émérite, exerçant dans un grand hôpital de Tel Aviv, parfaitement intégré et reconnu. La preuve, il reçoit au début du film un prix médical prestigieux, jamais encore attribué à un médecin arabe. Son discours de remerciements est un modèle d'intelligence et de mesure, d'appel à l'ouverture et à la tolérance, il rappelle qu'il y a des racines juives en chaque Arabe et vice-versa. Les applaudissements nourris qui accueillent ses paroles, les félicitations sincères de ses collègues ajoutent à son bonheur, assombri par un seul détail qui n'en est pas un : son épouse bien aimée Siham n'est pas à ses côtés, elle devait absolument se rendre dans sa famille à Naplouse, en Cisjordanie, territoire palestinien occupé.

Le Docteur Jaafari n'aura guère le temps de savourer son instant de gloire. Dans un restaurant très fréquenté, une femme fait exploser la bombe qu'elle dissimulait sous sa robe de grossesse : les victimes se comptent par dizaines, nombre d'entre elles sont amenées à l'hôpital, les interventions d'urgence s'enchaînent, Amine et ses collaborateurs s'activent sans relâche… Plus tard, au beau milieu de la nuit, alors qu'il est rentré chez lui se reposer, on le rappelle d'urgence à l'hôpital, sans lui expliquer pourquoi : on te dira quand tu seras là… Amine ne sait pas encore que sa vie vient de basculer, et il ne pourrait même pas imaginer à quel point le bouleversement va être violent, et irréversible. La nouvelle qu'on ne voulait pas lui annoncer par téléphone, c'est que la kamikaze du restaurant, la femme qui a commis cet attentat terrible, c'est la sienne, c'est Siham… Comment croire à cette révélation incroyable ? Comment concevoir cette réalité inconcevable ? Comment accepter cette vérité inacceptable ?
Des questions comme celles-là, le Docteur Amine Jaafari, Arabe israélien modèle de réussite et d'intégration, n'a pas fini d'en affronter. Des questions qui en libèreront d'autres, encore plus effrayantes, intimes, fondamentales : comment a-t-il pu vivre des années aux côtés de Siham sans se rendre compte qu'elle se préparait à un tel acte ? Était-il devenu aveugle aux souffrances permanentes, à l'humiliation quotidienne subies par l'immense majorité des Palestiniens au point de ne pas voir que Siham, elle, en souffrait au plus profond d'elle-même, refusait de s'y résoudre et était prête à tout pour les combattre ? Amine ira chercher des réponses, qu'il ne trouvera sans doute pas, en Cisjordanie, au cœur d'une réalité qu'il avait perdue de vue. Le retour à cette réalité oubliée sera rude…

Le cinéaste libanais Ziad Doueiri adapte fidèlement (seule la toute fin est très différente, on pourra d'ailleurs se demander pourquoi…) le fameux roman de l'algérien Yasmina Khadra pour livrer une vision originale de la situation inextricable en Israël/Palestine, à travers un récit qui mêle drame psychologique, enquête à suspense et éléments d'information quasi-documentaires. Le film ne prend pas de position militante, ne donne aucune réponse ni explication définitives – il pose tout de même un postulat significatif : Siham n'a pas agi par conviction religieuse, le fondamentalisme musulman ne peut en aucun cas être invoqué… mauvais coup pour les tenants de la « guerre des civilisations »… Mais s'il écarte évidemment le terrorisme aveugle comme réponse moralement et politiquement acceptable, ses images montrent l'évidence de l'oppression, de l'écrasement des Palestiniens pratiqués de manière calculée par l'état israélien. Et cette oppression, cet écrasement créent inévitablement des Siham…

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