Ce film est une pure merveille. Il dure près de trois heures mais on ne voit pas le temps passer. Les acteurs, les décors, les costumes, la réalisation, la mise en scène, le scénario etc... sont très réussis. Charmé par la beauté des décors et séduit par l'excellence des comédiens, vous ne pourrez échapper au souffle romantique de ce film, sans doute le meilleur d'Alexandre Arcady.
scénario: 20/20 acteurs:20/20 technique: 20/20 note finale: 20/20

Algérie, années 1930. Younes a 9 ans lorsqu'il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi les jeunes de Rio Salado dont il devient l'ami. Dans la bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle naîtra une grande histoire d'amour, qui sera bientôt troublée par les conflits qui agitent le pays.
Dans l'Algérie des années 1930, Younes, 9 ans, est recueilli par son oncle et sa tante et rebaptisé Jonas. Elevé par ce couple peu ordinaire (Mohamed est musulman, Madeleine chrétienne), Jonas grandit à Oran puis à Rio Salado, véritable jardin d'Eden où la vie est douce et lente, jusqu'à ce qu'Emilie n'amène les premières violences de l'amour, et l'Histoire les premiers feux de la guerre.
Adapté du roman à succès de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit est une fresque monumentale dans tous les sens du terme. Reconstitution détaillée à l'extrême, musique grandiose, mise en scène toute dans l'ampleur, jusqu'aux orages, qui répondent avec un mimétisme verlainien aux émotions : que Jonas perde un instant le goût de vivre, et "il pleure dans son coeur comme il pleut sur la ville".
Ce totalitarisme de moyens, s'il est indéniablement l'expression vibrante d'un amour fou du réalisateur pour le livre auquel il offre un monde visible, a ses charmes. L'élégance du décor, la belle musique d'Armand Amar, une intelligence remarquable du rythme, tenant de bout en bout l'histoire sur presque trois heures de film qui passent comme une seconde tant le film est prenant et magnifique.
Les acteurs sont des Rhett et Scarlett, ou des Juliette et Roméo et ils sont superbes. Fu'ad Aït Aattou (Younes/Jonas) : la gravité un peu appuyé de la voix, le port de tête. Nora Arnezeder (Emilie) : le sourire lentement construit pour illuminer, divine, sublime . Anne Parillaud (madame Cazenave, la mère d'Emilie) : la démarche alanguie, la diction lourdement sensuelle, les tics de séductrice aguerrie.
Ce que le jour doit à la nuit garde au coeur un souffle romantique volé à l'Hollywood des heures anciennes et grandioses : naïf et flamboyant à son image, emportant furieusement tout ce que l'on consentira à lui laisser prendre - l'amour, le feu, la guerre...