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Un très beau film iranien qui rend hommage a ces femmes qui ont osé se dévoiler. 

En Iran, Tarlan, professeure de danse à la retraite, est témoin d’un meurtre commis par une personnalité influente du gouvernement. Elle le signale à la police qui refuse d’enquêter. Elle doit alors choisir entre céder aux pressions politiques ou risquer sa réputation et ses ressources pour obtenir justice.

Tarlan, professeure à la retraite mais toujours porte-parole du syndicat des enseignants, a toujours été présente pour aider ses collègues femmes, accablées par un système étatique qui peut les broyer en un instant. Mère d’un fils emprisonné à cause d’une dette qu’il est dans l’incapacité de rembourser, Tarlan est aussi la mère adoptive de Zara, qui enseigne la danse à des jeunes filles dans l’école qu’elle a créée. Cela fait plusieurs fois que Tarlan remarque des traces de coups sur le corps de Zara dont le mari, Solat, a la main leste depuis qu’il a découvert que sa femme poste des vidéos de ses danses sur les réseaux sociaux. Car monsieur est important : même si ce n’est jamais explicitement dit, il ne fait pas grand doute qu’il travaille pour le gouvernement – et être marié à une femme qui s’exhibe, selon ses dires, de manière aussi vulgaire ne peut que lui apporter honte et déclin pour sa carrière.
Un jour Tarlan passe chez Zara et en poussant la porte de la chambre, elle a juste le temps de distinguer un corps inanimé gisant au sol… Solat intervient aussitôt et la pousse vers la sortie avant qu’elle puisse en voir plus… Le lendemain, il lui avoue qu’il a tué l’amant de sa femme sur le coup de la colère. Tarlan n’y croit pas une seconde : elle est persuadée que Zara lui aurait parlé d’une éventuelle liaison… Mais pour ne surtout pas créer de problème à sa fille adoptive, elle accepte de se taire. Jusqu’à ce coup de téléphone qui lui annonce le décès de Zara… Et si c’était en fait le cadavre de Zara que Tarlan avait vu sur le sol de la chambre ? Solat aura donc fini par la tuer… Tarlan va alors décider d’alerter la police, de témoigner, de tout faire pour que ce monstre soit arrêté et jugé. Mais les pressions et les menaces arrivent de toute part, isolant de plus en plus cette femme en quête de justice…

C’est le grand Jafar Panahi – à qui l’on doit Un simple accident, Palme d’Or du Festival de Cannes 2025 – qui a co-écrit, avec Nader Saeivar, et monté La Femme qui en savait trop. Les deux cinéastes, qui avaient déjà travaillé ensemble sur Trois visages (réalisé par Panahi, dialogué par Saeivar) continuent ici à crier leur exigence de liberté face à un gouvernement répressif et violent.
Pour Nader Saeivar, il est essentiel de continuer de lutter : « Lorsque le mouvement « Femme, Vie, Liberté » a commencé, personne ne savait ce qui allait se passer. Cela a surgi de manière inattendue, et beaucoup de gens pensaient que c’était juste un petit mouvement de protestation. Mais ce mouvement est devenu immense, et tout le monde suivait cela sur les réseaux sociaux. Nous, hommes et cinéastes, avons ressenti un besoin de contribuer, car il était difficile de rester là, à boire notre thé, tout en observant les manifestations et en voyant d’autres personnes se faire tirer dessus ou maltraiter par la police. » Et lorsqu’on sait que l’actrice principale, Maryam Boubani, a été l’une des premières à retirer son hijab en déclarant qu’elle ne voulait plus le porter en soutien au mouvement, qu’elle est depuis constamment convoquée par les services secrets pour subir des interrogatoires, le lien entre film et réalité nous fait froid dans le dos. La scène finale nous donne alors envie de briser toutes les portes fermées, de danser et de crier avec toutes ces femmes opprimées. Femme, Vie, Liberté !

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