Je l'avoue, je n'ai rien compris et je suis parti avant la fin. Un peu trop surréaliste pour moi.
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Alors qu’ils font paître leur troupeau dans la montagne, deux adolescents sont attaqués. Nizar, 16 ans, est tué tandis qu’Achraf, 14 ans, doit rapporter un message à sa famille.
Filmer un événement inimaginable. Rendre palpable la sidération, l’état de confusion intérieur qu’un tel drame engendre. Cette période de flottement intense quand on perd quelqu’un de manière si brutale, si violente. Comment l’accepter, le comprendre ? Est-ce même possible ? D’autant plus lorsque c’est un enfant qui en est le principal témoin… Comment intégrer une disparition alors que l’on ne comprend pas encore tout à fait ce qu’est vraiment la mort ?
Nizar, seize ans, et son cousin Achraf, quatorze ans, vivent parmi une petite communauté composée quasi exclusivement de leur famille, dans la région du centre-ouest tunisien, proche de la frontière algérienne. Un matin, Nizar décide de retourner enfin dans la montagne pour faire paître leur petit troupeau de moutons. Montagne qu’ils avaient désertée depuis qu’un feu avait tout ravagé et surtout depuis que des terroristes y avaient pris place pour se cacher. Les deux adolescents profitent de cette belle journée ensemble, à jouer et se rafraîchir dans le peu d’eau qu’ils trouvent, à discuter, chanter ou faire la sieste au pied d’un olivier solitaire. L’attaque a lieu par surprise. Rien ne la laissait prévoir, dans le calme et la béatitude qui les entourent. Les hommes les frappent par-derrière, rouent Achraf de coups et attachent Nizar, les mains dans le dos, pour l’interroger. Tout est flou pour Achraf, sonné par la violence de l’attaque. Quand il reprend ses esprits, allongé sur le sol, et qu’il essaie de secouer le pied de Nizar pour le réveiller, l’horreur survient : un des terroristes dépose la tête de son cousin devant lui, lui sommant de la rapporter à sa mère pour que toute la famille apprenne à se taire, à ne pas révéler leur présence aux militaires. S’ensuit un voyage de retour macabre pour Achraf, la peur et l’horreur lui donnant des ailes dans sa fuite désespérée…
Voilà un acte des plus atroces. Qui fait d’autant plus froid dans le dos que toute l’histoire est vraie. Le 15 novembre 2015, le jeune berger Mabrouk Soltani a été décapité et son cousin contraint de rapporter la tête à la famille. Pour le réalisateur, Lotfi Achour, ce crime ne peut être considéré comme un acte terroriste ordinaire puisqu’il visait délibérément des civils, ce qui était alors très rare en Tunisie. Ce drame bouleversant a de plus révélé l’isolement extrême de certaines communautés oubliées. « À travers ce film, il ne s’agissait pas seulement de raconter un crime effroyable, mais de documenter un moment clé de notre histoire contemporaine. Ce drame cristallisait à lui seul l’abandon des populations rurales, la barbarie terroriste, la faillite politique et la dérive médiatique. C’est cette nécessité de témoigner qui a guidé la conception du film. »
La grande force du film est que tout est raconté du point de vue de l’ado, Achraf, apportant de magnifiques moments de poésie et d’onirisme qui lui permettent de dire adieu à ce cousin perdu si brutalement. Sidérant mais nécessaire.
Il faut savoir qu’être quelqu’un de « rouge » est une expression de cette région tunisienne signifiant que l’on est vaillant, résiliant et capable de faire face à l’adversité. D’où les « enfants rouges » du titre…