Joli film sur l'amour, la, et ses joies et peines. pas mal.
scénario: 16/20 acteurs: 17/20 technique: 16/20 note finale: 16/20

Un couple anglais vient à Paris fêter leurs trente ans de mariage. Ils redécouvrent la ville, mais aussi l’humour, la fantaisie, et le plaisir d’être ensemble.
La soixantaine… Un gros moment de doute, un tournant parfois radical dans une vie. Sauf si on a hérité d'un Tanguy particulièrement accrocheur, on est libéré de la charge des enfants pour le meilleur (fini la coloc obligatoire avec sa progéniture) et le pire (la maison qui paraît bien vide). Question boulot, ça sent la fin de cycle et corollairement d'une certaine reconnaissance sociale ; on sait que bientôt ce sera la retraite (même si, grâce à nos décideurs, l'âge de la quille recule à 62, 65, 67, 112 ans…) et, si on n'y prend pas garde, le piège des après midi belote au club du troisième âge ou, si on a fait des économies, des croisières hors périodes de vacances… Tout ça peut être aussi rassurant qu'angoissant. Côté couple, c'est enfin le moment de partager des moments de sérénité… mais aussi de se poser des questions sur la pérennité de l'amour.
On connait déjà tout (trop ?) de l'autre, saura-t-on garder l'étincelle souvent étouffée par les habitudes et peut-on se projeter jusqu'à la fin avec l'être aimé ? Et on sait bien que si l'on doit vivre un nouvel amour, une nouvelle aventure , c'est le moment ou jamais de se jeter à l'eau… Un Week end à Paris parle avec drôlerie et tendresse de tout ça. Et c'est très chouette !
Les Burrows sont un couple d'enseignants du Nord de l'Angleterre appartenant à la classe moyenne supérieure pas folichonne. Ça fait trente ans qu'ils sont mariés et, pour fêter ça, Nick a décidé d'offrir un petit week-end parisien à Meg, pas très convaincue il faut bien le dire, histoire de retrouver les émois de leur voyage de noces. Et patatras ! L'affaire s'emmanche de travers dès l'instant où ils retrouvent l'hôtel de leur jeunesse, devenu un bouge aux chambres minuscules… Meg s'énerve et, sur un coup de tête, prend une chambre dans le premier palace venu, avec vue imprenable sur la Tour Eiffel…
Entre les deux vieux compagnons, Nick le pragmatique taciturne, et Meg, plus encline à la fantaisie et à l'aventure, le voyage romantique tourne parfois à l'affrontement, révélant les paradoxes du couple, entre exaspération réciproque et tendresse infinie qui lie ces deux êtres qui se connaissent mieux que quiconque et qui ont bien du mal à se passer l'un de l'autre malgré tout ce qu'ils peuvent se reprocher. Mais on ne sait pas trop si ce week-end sera celui de leur rupture ou au contraire d'un nouveau départ. Jusqu'au moment où Nick va retrouver par hasard Morgan. C'est un ancien compagnon de fac américain qui lui voue une admiration démesurée, alors qu'il est lui-même devenu auteur à succès fantasque mais lucide, entouré en permanence d'une cour mondaine… Et ce Morgan imprévu va se révéler le catalyseur de toutes les passions…
Un week-end à Paris est déjà un formidable hommage à notre capitale à hauteur de piéton, comme les Français et en particulier les parisiens ne savent plus la voir… C'est surtout une très sensible réflexion sur le couple vieillissant, qui s'appuie sur sur un scénario d'une intelligence rare et des dialogues truculents. Il faut dire que l'auteur n'est pas la moitié d'une pointure : Hanif Kureishi, écrivain britannique passionnant, scénariste fétiche du Stephen Frears des débuts (remember les cultissimes My Beautiful laundrette ou Sammy et Rosie s'envoient en l'air). Et puis il y a un trio d'acteurs à tomber : Lindsay Duncan, peu connue du public français, qui restitue à merveille toutes les facettes de cette sexagénaire au bord de la crise de nerfs, Jim Broadbent, génial complice de Mike Leigh (il était renversant dans Another year) et Jeff Goldblum, l'invité américain, magnifique figure flegmatique et dégingandée. Et on ressort de ce joli moment, qui vous donne la banane après vous avoir profondément touché, avec le sentiment que finalement la soixantaine est une bien belle étape vers une vie encore meilleure.