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Un très joli film intimiste, remarquablement porté par des acteurs fantastiques! Je vous le recommande!!

scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

Tirez la langue, mademoiselle

Boris et Dimitri Pizarnik sont médecins dans le quartier chinois à Paris. Ils sont frères et c’est ensemble qu’ils pratiquent leur métier, consacrant tout leur temps à leurs patients.
Une nuit, ils sont amenés à soigner une petite fille diabétique que sa mère, Judith, élève seule. Ils tombent tous deux amoureux de Judith. Bientôt, tout sera bouleversé...

C'est Louise Bourgoin qui figure seule sur l'affiche mais ce n'est pas juste. Ou alors c'est juste… une concession aux nécessités médiatiques et publicitaires. Non pas que Louise Bourgoin soit quantité négligeable dans le film, loin de là, mais ce sont bien les deux personnages masculins – formidablement interprétés par Laurent Stocker et Cédric Kahn – qui sont au centre de Tirez la langue mademoiselle, ce sont eux qui frappent par leur originalité et la qualité de leur caractérisation, c'est en grande partie par eux que passe le charme piquant et décalé de cette comédie douce-amère remarquablement écrite et dialoguée.

Les frères Pizarnik. Dimitri et Boris. Les inséparables. On n'imagine pas l'un sans l'autre. Et pourtant c'est le jour et la nuit, le blond et le brun, le faussement solaire et le vraiment taciturne, le bavard et le taiseux, le séducteur et le réservé. Ils sont médecins tous les deux, ils exercent dans le même cabinet, consultent ensemble dans ce territoire si particulier du 13e arrondissement de Paris qu'on appelle le quartier chinois, pour des raisons qui sautent aux yeux pour peu qu'on s'y promène pendant cinq minutes.
Boris et Dimitri sont de vrais docteurs généralistes, comme on aimerait bien en trouver chaque fois qu'on est malade : disponibles, compréhensifs, attentifs, gentils, pas pressés. Axelle Ropert le dit bien : « ils exercent la médecine au sens le plus habituel, mais aussi le plus idéalisé du mot, c’est-à-dire : prendre soin des autres. » Ça nous vaut quelques scènes réjouissantes avec des patients on ne plus différents, plus ou moins gravement atteints, plus ou moins coopératifs, mais qui seraient tous prêts à donner un dix sur dix à leurs toubibs. C'est rien de dire que les frères Pizarnik aiment leur métier, rien de dire qu'ils y consacrent le plus clair de leur temps et de leur énergie. Pas seulement le plus clair d'ailleurs, puisqu'il leur arrive souvent d'intervenir la nuit…

C'est d'ailleurs un soir tard qu'ils sont appelés à soigner Alice, une petite fille d'une dizaine d'années qui a oublié d'être bête mais l'intelligence et la malice, ça ne préserve pas de la maladie : Alice est diabétique et elle semble avoir acquis une solide pratique de l'auto-traitement. Sa mère – pas de père en vue – travaille la nuit, serveuse dans un bar – la reine des cocktails ! – et la gamine reste toute seule à la maison. Pas de drame, elle semble tout à fait s'accommoder de la situation et trouver même un certain plaisir à cette précoce autonomie, mais bon, présentement elle ne se sent pas très bien. Les Pizarnik arrivent chez Alice, lui sourient, lui parlent, l'examinent, la rassurent, prennent le temps de rigoler un brin avec elle, bref ils font impeccablement ce qu'il faut, en douceur et en chœur, comme d'habitude. Et bien sûr ils prennent contact avec sa mère, Judith. C'est là qu'intervient Louise Bourgoin, dans le rôle du grain de sable dans la belle mécanique fraternelle et médicale…

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