Le titre est nase mais c'est bien la seule chose qui ne soit pas réussie dans ce chef-d'oeuvre. Ce film est une pure merveille!! Un très beau film sur le génocide arménien, très touchant! J'espère que Tahar Rahim aura un prix d'interprétation parce qu'il est vraiment grandiose! Ha les vilains turcs...
scénario: 20/20 technique:20/20 acteurs: 20/20 note finale: 20/20

Anatolie, 1915. Dans le tumulte de la Première Guerre mondiale, alors que l’armée turque s’attaque aux Arméniens, le jeune forgeron Nazaret Manoogian est séparé de sa femme et ses deux filles. Des années plus tard, rescapé du génocide, Nazaret apprend que ses filles sont toujours en vie. Porté par l’espoir de les retrouver, il se lance dans une quête éperdue, ponctuée de rencontres avec des anges et des démons, du désert de la Mésopotamie aux prairies sauvages du Dakota...
Un peu partout en Occident nous célébrons cette année, et pour encore quatre ans, le centenaire de la Première Guerre Mondiale, conflit monstrueux qui, des côtes de la Manche aux confins de l'Empire ottoman, fit, au nom des intérêts impérialistes des différents blocs, quelques millions de morts, sans compter les mutilés, défigurés, gazés et autres malheureux incapables de reprendre le cours normal de leur vie. Il y a un autre centenaire qui risque de passer beaucoup plus inaperçu, c'est celui tout aussi tragique du génocide arménien, qui n'a pas été reconnu à ce jour par le gouvernement turc.
Il est donc fort et symbolique que le cinéaste allemand d'origine turque Fatih Akin (Head on, De l'autre côté… pour ne citer que ses deux films les plus passionnants) se soit attaqué à ce sujet toujours brûlant et déchirant. Fatih Akin déclare que le sujet s'est imposé à lui justement parce que, dans la communauté turque, il semblait tabou et faisait l'objet d'un total déni. Le projet lui tenait tellement à cœur qu'il l'a porté pendant sept ans, pour arriver enfin à produire et réaliser ce film ample et lyrique qui nous mène des confins de la Turquie orientale à la frontière syrienne et jusqu'aux Grandes Plaines américaines. Fatih Akin a rallié à son entreprise le scénariste des premiers films de Martin Scorsese, l'américain d'origine irakienne Mardik Martin qui a repris du service pour l'occasion.
On suit les pas de Nazareth Magoonian, forgeron d'une petite ville d'Anatolie qui, comme beaucoup de ses coreligionnaires, se trouve en 1915 séparé de sa famille lorsque l'armée turque s'attaque brutalement aux Arméniens. Nazareth va se trouver entraîné dans ce que l'on appellera plus tard la Grande Marche de la Mort, à travers le désert, vers des camps de déportation dont peu reviendront. Un parcours tragique qui le conduit a priori vers la mort, ou du moins le désespoir… Mais l'amour de ses filles et de sa femme, qu'il espère toujours vivantes, va faire vivre en lui l'espoir et lui donner la force incroyable d'affronter déserts et océans, du Moyen Orient libéré du joug ottoman jusqu'à Cuba où affluent les immigrés arméniens puis jusqu'aux plaines glaciales du Middle West où migrants de toute nationalité construisent le chemin de fer et bâtissent les villes minières.
Dans une première partie terrible, Fatih Akin montre comment le mal absolu peut se propager au point de permettre d'annihiler tout un peuple, femmes et enfants compris. Dans un second temps, le film s'attache à l'odyssée de Nazareth, incarné avec conviction par un Tahar Rahim inattendu. Et la quête forcenée de ce survivant de la terreur force l'admiration et nous embarque dans un grand récit épique, qui nous fait traverser des paysages aussi divers qu'impressionnants.