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Un très joli film intimiste plein d'humour. Les acteurs sont excellents Le scénario est plein d'humour et de tendresse et c'est sur une idée du regretté Jocelin Quirvin. Une parodie réussi des films d'auteurs.

scénario: 16/20    technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

Maestro

Henri, un jeune acteur qui rêve de jouer dans FAST & FURIOUS, se retrouve engagé dans le film de Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d’auteur. Les conditions du tournage ne sont pas tout à fait celles auxquelles il s’attendait… Mais le charme de sa partenaire et la bienveillance du maître vont faire naître en lui des sentiments jusqu’alors inconnus. Et Rovère, conquis par la jeunesse et la fantaisie d’Henri, vivra ce tournage comme un cadeau inattendu.

C'est un film qui n'aurait pas dû se faire comme ça, mais qui a fini par exister, comme une déclaration d'amour au cinéma, à un auteur qui vient de disparaître, à un ami, à un acteur qui aimait trop les petites voitures nerveuses dont certains garçons rêvent comme d'autres rêvent de Rolex…
Amateur de sensations fortes, le comédien Jocelyn Quivrin rêvait de tourner dans Fast and Furious et s'était retrouvé, au hasard d'un casting, embauché par Eric Rohmer pour Les Amours d'Astrée et de Céladon. Film évidemment sans gros budget, sans cascades ni vedettes et d'un romantisme délicieusement moqueur et suranné… Au lieu de prendre ses jambes à son cou, fasciné par la bienveillance du vieux monsieur et la beauté de la jeune première, le jeune acteur dans le vent était resté là, découvrant un univers qui lui était jusqu'alors totalement étranger. Et ce qui se passa entre le vieux metteur en scène adulé par la critique et l'écervelé frimeur fut pour ce dernier de l'ordre de la révélation, tant lui était peu familier cette façon tranquille de faire les choses, avec modestie, sans stress ni fureur…

Pour Rohmer ce fut le dernier film, et Jocelyn s'était mis à travailler sur ce qui devait être sa première réalisation, demandant à Lea Frazer de l'aider pour raconter l'histoire de ce jeune homme qui trouve le chemin vers la culture et l'amour, grâce à un vieil homme indulgent, amoureux de la vie, amateur de langue de bœuf en sauce et du spectacle rafraichissant des amours mythologiques de beaux jeunes gens en toge et de jeunes filles couronnées de fleurs.
Le projet de film avançait, mais Jocelyn Quivrin n'entendit jamais le message laissée par Lea Fazer pour lui annoncer une première mouture des dialogues : perdant le contrôle de la Roadster Ariel Atom qu'il venait de s'offrir en fonçant dans le tunnel de Saint-Cloud, il disparaissait trois mois tout juste avant Rohmer.
Quatre ans plus tard, Lea Frazer a terminé le film, s'attachant à rendre compte d'une manière de filmer, de regarder la nature, d'aborder les acteurs… mais tout en faisant œuvre personnelle, il ne s'agit ni de reproduire ni d'imiter. Elle rappelle comment le cinéma et la culture en général peuvent faire bouger notre perception du monde, de la vie même et aussi de l'art qui fait peur à certains parfois, alors qu'il suffit juste de se laisser aller à ressentir, à être là pour que le courant passe et les audaces les plus saugrenues deviennent alors acceptables, voire touchantes.

Brodant sur la trame initiale voulue par Quivrin, elle ne cherche pas à coller à la réalité, preuve en est le choix de Michael Lonsdale, aux antipodes de Rohmer, pour incarner le vieux sage cinéaste. Elle s'attache surtout à souligner l'importance de la transmission, qu'elle soit d'une ouverture d'esprit, d'un savoir, d'un sens poétique… Si le Maestro du film se passionne pour le jeune couillon qui se demande au début ce qu'il fait là, c'est aussi parce qu'il lui apporte la fraîcheur d'une jeunesse à qui il reste beaucoup à découvrir. Quand Henri, le jeune premier en question, voit enfin les rushes du film, il réalise alors que, contrairement à ce qu'il croyait pendant le tournage, le film n'a rien de ridicule… il est juste singulier.

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