Très beau film, très original. La petite actrice est formidable.
scénario: 14/20 acteurs: 17/20 technique:17/20 note finale: 16/20

Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père.
Brusquement, la nature s'emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d'aurochs.
Avec la montée des eaux, l'irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.
Il est rare qu'un film fasse à ce point l'unanimité ! Et nous ne sommes pas les seuls à être enthousiastes, puisque la presse, les jurys et les publics des festivals plébiscitent le film à chaque projection : Les Bêtes du Sud sauvage a d'ailleurs remporté à Cannes la très prestigieuse Caméra d'or, qui récompense la meilleure première œuvre toutes sélections confondues, soit une quarantaine de films en compétition ! Disons d'emblée que le charme envoûtant du film tient pour une bonne part à la formidable, à l'irrésistible Quvenzhané Wallis qui, du haut de ses six ans, nous embarque pour une plongée extraordinaire dans les bayous du Sud-est des États-Unis. C'est à travers ses yeux innocents, c'est au son de sa petite voie fluette que nous découvrons un monde magique, vibrant de mystères. Derrière ce titre aussi beau qu'intrigant se cache une petite merveille qui vous transporte dans un univers féerique tout en restant ancrée dans une réalité âpre et dure. Un conte onirique mais lucide, parfois même un peu amer, qui nous rappelle très justement que nous ne sommes pas grand chose face à la nature pour peu qu'elle se déchaîne. Une fable viscéralement écologique, mystique et poétique, qui vous réchauffera le cœur et vous accompagnera pendant un bon bout de temps !
Hushpuppy est donc une gamine afro-américaine de six ans, qui vit dans le delta du Mississippi, au sud de la Louisiane, avec son père alcoolique. Leur quotidien est difficile, même si la communauté de marginaux habitant dans les amoncellements de planches de bois et de tôle qui leur tiennent lieu de « maisons », est assez soudée. Dans la tête de la mômette, tout est encore simple et chaque jour est une fête. Dotée d'une imagination débordante, elle voit par exemple une femme allumer le gaz ou faire bouillir de l'eau, sans rien toucher, juste en passant à côté. Mais Hushpuppy est aussi consciente de la dureté du monde qui l'entoure et sait déjà se débrouiller comme une grande, sa force de caractère paraît même inébranlable. À des milliers de kilomètres de là, les glaciers fondent suite à une forte hausse des températures, libérant ainsi une armée d'aurochs… les fameuses bêtes du titre. Avec la montée des eaux, l'irruption des animaux préhistoriques et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.
Le jeune réalisateur nous montre avec une force expressive peu commune les États-Unis de l'après ouragan Katerina, qui a sévi en 2005. Des villes dévastées, des milliers de gens à la rue qui survivent et sont installés dans des habitations de fortune ; l'omniprésence de l'eau, qui a recouvert d'immenses étendues de terre, chassant les habitants loin de chez eux. Pour Benh Zeitlin, pas de doute, c'est l'Homme et son monde industriel incontrôlé qui a déchaîné les foudres de la nature. En s'appuyant sur un imaginaire débordant, servi par une musique magnifique, le film nous transporte dans un monde cruel et violent mais en même temps doux, chaleureux et magique. Un film rare et immanquable !