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 Les costumes sont magnifiques, les décors aussi, c'est divinement filmé mais toute cette beauté ne cache pas un scénario indigent et un montage approximatif. Ce film dure au moins 30 minutes de trop. Et c'est dommage parce qu'on s'ennuie.

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Catherine Parr est la sixième femme du roi Henri VIII, dont les précédentes épouses ont été soit répudiées, soit décapitées (une seule étant décédée suite à une maladie). Avec l’aide de ses dames de compagnie, elle tente de déjouer les pièges que lui tendent l’évêque, la cour et le roi…

Après le très remarqué La vie invisible d’Euridice Gusmao  le cinéaste brésilien Karim Aïnouz débarque sur la croisette avec son premier film en langue anglaise. Dès les premières secondes, le décor est immédiatement planté, avec un carton précisant que l’Histoire est toujours racontée à travers des rcits de guerre, et par le regard des hommes. Pour le reste, c’est donc à l’imagination et aux fantasmes qu’il faut faire appel pour témoigner d’un épisode s’intéressant à une femme. Comme d’autres récemment, le film va alors s’emparer d’une figure un peu tombée dans l’oubli, dont la relecture moderne permet de l’ériger en figure féministe avant l’heure.

Ici, nous sommes dans l’Angleterre du XVIe siècle, où Henri VIII vit les derniers mois de son règne. L’homme n’est plus ce qu’il était, le vigoureux conquérant étant devenu un ogre en proie à d’atroces souffrances à la jambe. Mais sa paranoïa et ses excès de violence ne l’ont pas quitté, lui qui a fait répudier ses cinq premières conjointes et même exécuter certaines. Catherine Parr est la sixième épouse du monarque, sa présence à la Cour n’est guère appréciée en raison de ses idées contestataires, de son intelligence. Car si elle a beau se soumettre aux règles de bienséance imposées par son statut, dans ce pays malade et en crise de foi, elle prône une pratique religieuse différente, plus inclusive, et influencée par la pensée protestante. Le titre français ne s’y trompe pas, c’est à un véritable jeu mortel auquel elle doit survivre ; telle une partie d’échec, avancer doucement, dans l’ombre, pour éviter de tomber dans les pièges de ses nombreux adversaires.


Malgré un apparent classicisme, Le Jeu de la Reine s’autorise une mise en scène plus nerveuse par séquences, injectant de la contemporanéité sans s’adonner à l’anachronisme artificiel. Biopic engagé et énergique, le film souffre probablement de son gabarit trop sage et lisse pour enflammer son propos et nous transmettre ce sentiment de révolte au cœur de l’intrigue. Mais sa sélection en compétition officielle au Festival de Cannes ne constitue en rien une erreur de casting. Et pour en parler du casting, Alicia Vikander, en effrontée silencieuse, Jude Law, en monstre grommelant, sont parfaits dans les deux rôles principaux, au point que quelques spectateurs n’avaient pas reconnu l’ancien sex-symbol. Résultat : un thriller flamboyant.

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