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Une pure merveille! Gamblin mérite le césar du meilleur acteur! Il est grandiose dans ce film: je crois que c'est son meilleur rôle. Casta aussi est magnifique et son jeu tout en nuances et en douceur est une pure merveille.  Un film romantique qui, à travers le portrait de cet homme rugueux au cœur tendre, donne foi en l’humanité. Ce biopic plein de poésie doit en grande partie sa réussite à l’interprétation sans faille de Jacques Gamblin, totalement habité par ce rôle de doux rêveur. Ce projet réclamait un acteur idéal, crédible dans un personnage de taiseux, inadapté au monde des hommes. Le film ressemble à son personnage central : silencieux et attachant, tenant les émotions à distance sans jamais les esquiver. Il puise sa beauté dans le mystère qui continue d’entourer le Palais idéal du facteur Cheval.les acteurs sont au service d'un scénario particulièrement réussi. C'est divinement filmé.

scénario: 19/20                 acteurs: 19/20                  technique: 19/20   note finale: 19/20

L'incroyable histoire du facteur cheval

Fin XIXème, Joseph Ferdinand Cheval, est un simple facteur qui parcourt chaque jour la Drôme, de village en village. Solitaire, il est bouleversé quand il rencontre la femme de sa vie, Philomène. De leur union naît Alice. Pour cette enfant qu’il aime plus que tout, Cheval se jette alors dans un pari fou : lui construire de ses propres mains, un incroyable palais. Jamais épargné par les épreuves de la vie, cet homme ordinaire n’abandonnera pas et consacrera 33 ans à bâtir une œuvre extraordinaire : "Le Palais idéal".

On connaît tous, peut-être sans toujours savoir le nommer ni le situer, cet étrange et saisissant monument, ce palais aux formes singulières, ni tout à fait bâtiment, ni tout à fait sculpture, amoncellement harmonieux de pierres, de colonnes, de statues et de tours comme tout droit sorties d’un conte oriental. Mais si l’on sait le destin tragique d’un Van Gogh ou les passions d’un Rodin, on aura du mal à raconter l’histoire du créateur de cette œuvre unique et hors-norme, un homme simple et ordinaire qui ne se voyait pas lui-même comme un artiste. Avec ce film, Niels Tavernier comble nos lacunes et nous raconte le destin incroyable d’un taiseux solitaire, facteur de son état mais poète dans l’âme. Jacques Gamblin campe un facteur Cheval plus vrai que nature, visage émacié, regard un peu fou perdu dans les paysages lointains de son imaginaire et inspiration dévorante pour l’œuvre de toute une vie. Il donne à l’homme toute la complexité de ses silences et au créateur toute la passion de son projet, mais surtout, il retranscrit avec une grande justesse ce que devait être le caractère de ce singulier bonhomme à l’aune de son palais : un cœur pur, encore perché dans l’arbre naïf de l’enfance, un esprit vif et drôle ayant plus le goût de l’écrit que celui du langage et un grand amoureux de la Nature, les deux pieds dans la Terre mais la tête dans les étoiles. Mais entrons plutôt dans le palais…

Nous sommes à la fin du xixe siècle, à Hauterives, petit village de la Drôme. Ferdinand Cheval est facteur et fait tous les jours sa tournée à pieds, 33 kilomètres de chemins escarpés, de ruisseaux, de bois, de prairies qu’il parcourt les sens aux aguets, attentif au moindre chant d’oiseau. L’homme est effacé et peu à l’aise en compagnie de ses semblables dont il semble ne pas comprendre les codes et les usages. La nature, sa beauté, sa pureté, ses surprises et ses trésors, lui offre tout ce dont il a besoin pour être heureux. Peu de temps après la disparition tragique de sa femme et la séparation d’avec son jeune fils, il fait la connaissance de Philomène, une jeune veuve dont il va s’éprendre. Une fille naîtra de cette union, Alice.

Au cours de l’une de ses tournées, il butte sur une pierre, manquant de tomber. Attiré par sa forme curieuse, il la ramasse et la glisse dans sa poche pour mieux la regarder à tête reposée. Ce sera « la pierre d’achoppement », celle sur laquelle il va bâtir son œuvre. Car par amour pour Alice, sa fille chérie, il a déjà en tête les contours de ce sublime Palais, fruit de son imagination, de ses lectures sur des pays lointains et de la contemplation des cartes postales exotiques qu’il achemine chaque jour jusqu’à leurs destinataires. Tout en restant facteur, il commence alors la construction de ce Palais Idéal, travaillant la nuit, charriant des cailloux dans sa besace, un panier, une brouette, inventant des techniques pour que son œuvre soit robuste, montant des échafaudages et faisant fi de tous les sarcasmes de ceux qui le prennent pour un fou. Absorbé tout entier par cette tâche qui le nourrit et l’habite, lui l’architecte, le maître d’œuvre, l’ouvrier, lui l’homme simple, le père aimant, le facteur Cheval crée le monde dans lequel il veut vivre. Une mosquée, un temple hindou, des animaux, un chalet suisse, un balcon, des escaliers, une cascade, des géants… la liste est infinie et montre toute l’audace et toute la curiosité de ce modeste facteur qui inventa, sans le savoir, l’art brut.

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