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 Le seul intérêt de ce film, ce sont les images d'archives du procès Eichmann!! Le reste est d'un ennui mortel et d'une lenteur exaspérante! L'actrice principale est très mauvaise et cela plombe le film dont le scénario est loin d'être génial... Et ça ne fait que fumer!  dommage!

scénario: 10/20      acteurs: 13/20   technique: 16/20  note finale: 11/20

Hannah Arendt

1961
La philosophe juive allemande Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, responsable de la déportation de millions de juifs.
Les articles qu’elle publie et sa théorie de “La banalité du mal” déclenchent une controverse sans précédent.
Son obstination et l’exigence de sa pensée se heurtent à l’incompréhension de ses proches et provoquent son isolement.

Quelle aubaine (en particulier pour les profs de philo et d'histoire !) que ce film pour tous ceux qui tentent de comprendre le présent par l'éclairage du passé, ou de saisir une pensée en marche, et ses applications dans la réflexion sur ce qui se passe autour de nous. Pas fastoche de transcrire au cinéma une pensée en train de se construire : cinéma et philosophie ne font pas forcément bon ménage, le premier étant par essence l'art des illusions que la seconde s'obstine à démonter… Et hélas Margarethe Von Trotta ne le réussit pas , en s'attachant à un épisode bien précis de sa vie, à dérouler en images ce qui fut probablement le plus riche travail de réflexion de la célèbre philosophe Hannah Arendt, elle nous ennuie. C'est vraiment vraiment bien ennuyeux! Et l'actrice principale fait de la peine tant elle est mauvaise: il faut dire qu'elle se débat avec un scénario fort peu intéressant. Sa principale activité est non de faire de la philosophie ou de réfléchir, mais de fumer! triste de la réduire à cela!

Situons le cadre. Nous sommes en 1961, Hannah Arendt est, depuis près d'une décennie, une philosophe reconnue aux Etats Unis où elle enseigne et où elle a publié un des sommets de son œuvre, Les Origines du Totalitarisme. Elle parle en connaissance de cause puisque, jeune étudiante juive, elle a fui l'Allemagne et a transité par le camp d'internement de Gurs, cette antichambre des camps de concentration si bien tenue par la maréchaussée française, avant de réussir à prendre en 1941 un bateau pour les USA via Lisbonne. Elle a donc échappé de peu à la persécution nazie, et a été profondément affectée par l'allégeance faite au parti national socialiste par son ancien mentor et amant Martin Heidegger (qu'elle soutiendra malgré tout lors de son procès après la guerre). En 1961, le journal Le New Yorker la sollicite pour aller couvrir à Jérusalem le procès du nazi Eichmann : elle devra réaliser un reportage en cinq parties, qui seront par la suite réunies dans un ouvrage. Un défi pour Arendt qui va se trouver replongée dans l'horreur et confrontée à l'incarnation du mal absolu, à un des acteurs majeurs du génocide. Et celui qu'elle découvre dans le box des accusés n'est pas le monstre attendu, ivre d'une idéologie meurtrière, mais un médiocre petit fonctionnaire qui s'exprime avec maladresse et se défend minablement en se retranchant derrière l'obéissance aux ordres de ses supérieurs dans la machine totalitaire du Reich. C'est ainsi qu'Arendt se convainc et construit sa célèbre théorie sur la banalité du mal : les grands systèmes de répression totalitaires sont bien sûr nourris par des idéologies folles conçues par des esprits malades mais n'existent que par la servilité, la lâcheté, l'absence totale de volonté et de pensée critique de milliers d'agents zélés du système. Les théories d'Arendt dérangent car, dans l'esprit de ses détracteurs, elles contribuent à relativiser la responsabilité d'Eichmann. Elle se met définitivement à dos l'opinion israélienne et juive américaine et se coupe de ses plus proches amis en soulignant – oh scandale ! – le rôle ambigu de certains dignitaires juifs qui ont cru échapper au pire en collaborant partiellement avec le régime nazi…

Ce qui est ennuyeuxt dans le film et mal fait, au-delà de la retranscription plus ou moins fidèle d'un épisode historique, c'est bien de voir comment cette pensée se construit au fur et à mesure que le procès avance. Margarethe Von Trotta mêle pure fiction et images d'archives saisissantes (ça c'est intéressant), utilisant en particulier les vrais témoignages d'Eichmann, enregistrés à l'époque (des images qu'on avait pu découvrir dans le formidable documentaire d'Eyal Sivan et Rony Brauman, Un Spécialiste).
Reconstituant par quelques rares flash-back – évoquant notamment la relation avec Heidegger – la personnalité complexe de la philosophe, piètrement incarnée par Barbara Sukowa, le film brosse mal le portrait d'une femme hors du commun. C'est dommage car le sujet aurait pu donner un film fort et très intéressant.

mais là, c'est nul

 

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