Moi, j'ai bien aimé ce troisième opus. Barcelone, Londres, Saint-Pétersbourg et aujourd'hui New York... Xavier, le héros de la trilogie de Cédric Klapisch, a pas mal bourlingué. Il a eu 25 ans, il a eu la trentaine et aujourd'hui le voilà quarantenaire et père de famille. Xavier a grandi et comprit pas mal de trucs. Le scénario est original et on ne s'ennuie pas une seconde. Allez tous voir ce film c'est un pur régal! on se sent vraiment heureux après l'avoir vu...! Un grand Klapisch, au niveau de l'Auberge Espagnole et des Poupées Russes. Klapisch a su évoluer avec ses personnages et livre un film à la fois différent et proche des deux autres. Frais, drôle et émouvant !
scénario: 17/20 acteurs: 17/20 technique: 17/20 note finale: 17/20

Xavier a maintenant 40 ans. On le retrouve avec Wendy, Isabelle et Martine quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes.
La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown. Dans un joyeux bordel, Xavier u cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait ! Séparation. Famille recomposée. Homoparentalité. Immigration. Travail clandestin. Mondialisation. La vie de Xavier tient résolument du casse-tête chinois ! Cette vie à l’instar de New York et de l’époque actuelle, à défaut d’être cohérente et calme vient en tout cas nourrir sa plume d’écrivain…
Si Cédric Klapisch avait un doute sur l’attente autour de Casse-tête chinois, celui-ci a été levé avec sa présentation en ouverture du festival du film francophone d’Angoulême. Une file d’attente record devant le cinéma qui le proposait en ouverture de cette manifestation, des séances rajoutées ont forcément dû le rassurer. Nous aussi sommes heureux de retrouver Xavier (Romain Duris), Wendy (Kelly Reilly), Isabelle (Cécile de France) et Martine (Audrey Tautou) pour ce troisième épisode, onze ans après L’auberge espagnole et huit ans après Les poupées russes. Comme on prend des nouvelles d’amis chers perdus de vue mais avec qui on renoue comme si on s’était quittés hier.
Cette fois-ci, c’est à New York que les destins croisés et compliqués, forcément compliqués, de cette joyeuse bande aujourd’hui quasi quarantenaire nous entraîne. New-York où Xavier a choisi de déménager pour continuer à voir ses enfants après sa séparation avec Wendy qui s’y est installé avec son nouveau fiancé. New York où Isabelle vit avec sa nouvelle girl-friend, enceinte d’un bébé dont le père biologique n’est autre que… Xavier. New York où Martine va se rendre pour un rendez-vous de boulot qui va se transformer en opération de reconquête d’un ex : encore et toujours Xavier. Bref, « Mes amis, mes amours, leurs amours, nos emmerdes » pourrait être, pour paraphraser Aznavour, le sous- titre de cette nouvelle comédie romantique générationnelle.
Le regard que pose Klapisch sur la génération des quadras s’y révèle tout sauf condescendant. Il filme le temps des illusions perdues, des erreurs qui ne se rattraperont sans doute plus, des aspirations à un retour au bonheur apaisé incompatibles avec le bordel qui domine la vie de ses protagonistes. Et au vu des péripéties qu’ils vont rencontrer (besoin pour Xavier de se marier avec une chinoise pour obtenir la nationalité américaine et la garde partagée de ses enfants, coup de foudre d’Isabelle pour la baby-sitter de son fils…), la « morale » du film s’avère des plus réjouissantes : pour sortir du bordel, il faut en rajouter !
On se régale aussi de l’envie de cinéma de Klapisch qui se retrouve dans des mini-saynètes gag où des philosophes des temps jadis surgissent pour aider Xavier dans ses atermoiements, dans un moment exaltant de vaudeville des temps modernes où tous les petits mensonges et grandes trahisons des différents personnages risquent à chaque seconde de leur exploser à la figure mais aussi et surtout dans sa manière de filmer New York, loin des clichés de cartes postales. On sent qu’il connaît les coins et les recoins de cette ville où il a étudié jadis le cinéma. Et ce qu’il en montre - tant dans son choix des quartiers que dans la manière de les représenter à l’écran - sort des sentiers battus.
Tout à la fois joyeux et mélancolique, ce Casse-tête chinois tient ses promesses de feelgood movie et clôt (?) avec panache ce triptyque générationnel.