Vous savez pourquoi ce film fait un gros bide? parce que c'est un GROS navet!! Sans queue ni tête, ce navet est d'un ennui mortel. C'est peu de dire que c'est ennuyeux.
scénario: 02/20 technique: 10/20 acteurs: 5/20 note finale: 1/20

Région parisienne, début des années 70.
Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles.
De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis vont devoir faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.
Avec Après Mai, Olivier Assayas nous offre une belle fresque autobiographique, qui nous promène de France en Italie et à Londres, et qui fait revivre avec beaucoup de justesse et d'intelligence le temps de son adolescence : celui des années 70. Période foisonnante qu'il avait déjà abordée dans L'Eau froide (1994) et dans son récent Carlos. « Ce n'est plus le moment authentiquement révolutionnaire de Mai 68, dit le réalisateur, mais son sillage. » Le fond de l'air est rouge, et le petit groupe de terminales d'un lycée de banlieue suivi par Assayas est ultra-politisé. La jeunesse d'aujourd'hui a sans doute du mal à imaginer ce mélange détonant d'idéologie confuse et d'action fébrile, distribution de tracts, coopération à la presse militante gauchiste, manifs, tentatives désordonnées de coordonner des groupuscules ou de se greffer sur des occupations d'usine. « L'obsession de la politique était partout, se souvient Assayas, elle formait une espèce de sur-moi qui pouvait être étouffant. Il y a quelque chose de violent et de triste dans le gauchisme. Mais en même temps, la jeunesse avait foi dans le futur, dans la transformation possible de la société. Est-ce dépassé aujourd'hui ? Aux jeunes de se poser la question, de confronter leur jeunesse à la nôtre. »
Le film commence en 1971, avec un fait réel et violent : la manifestation interdite en faveur de leaders de la Gauche Prolétarienne emprisonnés, spectaculairement réprimée par des CRS à moto. Sans transition, on se retrouve dans un cours de philo avec une citation de Pascal : « Entre nous et le ciel, l'enfer et le néant, il n'y a donc que la vie, qui est la chose du monde la plus fragile. » C'est cette chose fragile que met en scène Olivier Assayas, feu et flamme de la jeunesse qui voudrait embraser le monde, mais qui cherche son souffle, s'éteint parfois. En même temps qu'une peinture de l'époque, Après Mai est un film d'apprentissage, où les personnages cherchent leur chemin personnel à travers l'engagement politique certes, mais aussi les sentiments amoureux, les études et le choix d'un métier.
Gilles (Clément Métayer) est le plus proche d'Olivier Assayas. Il peint, il dessine, bientôt il deviendra cinéaste. Il baigne dans la contre-culture musicale et politique du temps, qui l'oppose à son père, scénariste et réalisateur de la télévision « bourgeoise ». Mais le fait qu'il vienne d'un milieu cultivé, et qu'il ait une vocation artistique, lui donne des outils de réflexion critique sur l'embrigadement politique et le militantisme. Il lit Les Habits neufs du président Mao de Simon Leys, premier et impitoyable dénonciateur du maoïsme, qu'un de ses copains gauchistes censurerait volontiers : un agent de la CIA, dissimulé sous un faux nom. Mais surtout, Gilles est d'abord artiste, ce qui signifie aller vers la solitude plutôt que vers la multitude, écouter ses voix intérieures plutôt que des mots d'ordre.
Cette distance critique, qui est celle du cinéaste autant que du personnage, jointe à une connaissance précise des codes et des comportements de la contre-culture, donne à Après Mai une exactitude historique et une lucidité intime très remarquables. On voit vraiment surgir une génération. « Aujourd'hui, dit Assayas, on a tendance à représenter une adolescence rigolarde, allant de fête en drague. Ce n'est pas le sentiment que j'ai gardé de la mienne, où l'amour de la vie s'alliait à la mélancolie et au sérieux. »