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Un joli premier film même si on peut regretter que le film parte un peu dans tous les sens comme la vie du héro... Très mal filmé au début du film: on a le mal de mer... Mais Pio est si chou...

scénario: 16/20      technique: 14/20   acteurs: 16/20  note finale: 15/20

Alyah

Paris 2011. Alex a vingt-sept ans. Il vend du shit et vit dans l’ombre de son frère Isaac, lequel après avoir été son soutien est devenu son fardeau. Alors quand son cousin lui annonce qu’il ouvre un restaurant à Tel-Aviv, Alex imagine le rejoindre pour changer enfin de vie.
Déterminé à partir, Alex doit dès lors trouver de l’argent et faire son Alyah.
Mais il devra aussi tout quitter : Paris qu’il aime tant, Esther son ancien amour, Mathias son ami de toujours et Jeanne qu’il vient de rencontrer.
Saisi entre son Alyah, la vente de drogue, ses amours complexes et un frère destructeur, Alex devra trouver sa voie.

La première qualité d’Alyah, remarquable premier film d’Elie Wajeman, est de savoir jouer avec les apparences sans jamais laisser le temps de s’en méfier. Le titre pour commencer, associé à la mise en place du personnage principal, peut faire penser que le film tient son sujet dans une crise de foi carabinée d’un juif mécréant. Fausse piste et tant mieux.
Nathan (Pio Marmaï) est un beau et jeune glandeur parisien, dealer de came et, très accessoirement, juif ashkénaze. La religion n’évoque en lui qu’une vague denrée folklorique consommée au sein d’une famille dont il se tient à bonne distance, et l’alyah, pratique consistant pour les Juifs de tous les pays à tout quitter pour se mettre à la disposition d’Israël, est aussi concevable pour lui que d’aller demander un conseil de reconversion professionnelle à la brigade des stups. Pourtant, c’est exactement ce que Nathan entreprend. Lui qui connaît à peine le nom des fêtes juives, qui se moquait de son cousin parti faire son service militaire en Israël et qui ne parle pas un mot d’hébreu, va entamer le parcours du combattant pour rejoindre la terre promise.

Le film raconte le laps de temps qui s’écoule entre la décision de Nathan et son départ. Quelques semaines au cours desquelles il doit faire, au pas de charge, un bilan plutôt morose de sa plus si jeune existence. Côté carrière, il sait que son petit commerce se terminera un jour ou l’autre derrière les barreaux d’une cellule. Son meilleur ami (Guillaume Gouix, trafiquant débutant en pleine escalade suicidaire) se charge de lui en fournir une convaincante démonstration. Côté famille, le désastre est total, avec un père remarié et indifférent, une mère disparue, une lointaine cousine dont il était jadis amoureux et qu’il a du mal à oublier, et surtout un frère aîné (interprété par le cinéaste Cédric Kahn, d’une ambiguïté épatante) qui passe son temps à se coller dans les ennuis et à lui soutirer de l’argent pour s’en sortir. Reste le volet sentimental, le plus délicat puisqu’il vient d’entamer une relation amoureuse avec une jeune femme (Adèle Haenel) qui veut croire que l’amour qu’elle porte à ce garçon compliqué est la solution à tous ses problèmes.
Le choix de Nathan ne correspond à aucun désir. Il ne s’agit ni d’une révélation mystique ni d’une résolution pour un avenir meilleur, mais une unique et minuscule porte de sortie. Une occasion de boucler, en même temps que ses valises, une période de sa vie dont chaque ingrédient est une pièce formant le puzzle de son échec. Pour y échapper, il doit alors donner le change à tout le monde : faire avaler au recruteur pour Israël qu’il est un bon juif, rompre définitivement la relation vampirique qui l’unit à son frère et, pas le plus facile, sembler imperméable à l’amour qui a surgi sans prévenir.

La mise en scène sérieuse et classique d’Elie Wajeman sert parfaitement le scénario de cette évasion mélancolique. Surtout, le film fait éclater au grand jour ce qui semble intéresser par-dessus tout le jeune cinéaste formé à la section scénario de la Fémis : une passion contagieuse pour ses personnages et pour ceux qui les incarnent.

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