Je me suis endormi donc il faudra que je le revois afin de donner avis éclairé sur ce film pas très prenant visiblement. La fin est nulle. mais il me manque une partie au milieu pour juger réellement... donc à suivre
Je l'ai revu et c'est assez ennuyeux. Lambert Wilson est plus folle que jamais: il devrait faire attention! Fabrice Lucchini est formidable mais le scénario est un peu léger. L'Ile de Ré est magnifiquement filmé.
scénario: 14/20 technique: 17/20 acteurs: 15/20 note finale: 14/20

Au sommet de sa carrière d’acteur, Serge Tanneur a quitté une fois pour toutes le monde du spectacle. Trop de colère, trop de lassitude. La fatigue d’un métier où tout le monde trahit tout le monde. Désormais, Serge vit en ermite dans une maison délabrée sur l’Île de Ré… Trois ans plus tard, Gauthier Valence, un acteur de télévision adulé des foules, abonné aux rôles de héros au grand cœur, débarque sur l’île. Il vient retrouver Serge pour lui proposer de jouer «Le Misanthrope» de Molière. Serge n’est-il pas devenu une pure incarnation du personnage d’Alceste ? Serge refuse tout net et confirme qu’il ne reviendra jamais sur scène. Pourtant, quelque chose en lui ne demande qu’à céder. Il propose à Gauthier de répéter la grande scène 1 de l’Acte 1, entre Philinte et Alceste. Au bout de cinq jours de répétition, il saura s’il a envie de le faire ou non. Les répétitions commencent : les deux acteurs se mesurent et se défient tour à tour, partagés entre le plaisir de jouer ensemble et l’envie brutale d’en découdre. La bienveillance de Gauthier est souvent mise à l’épreuve par le ressentiment de Serge. Autour d’eux, il y a le microcosme de l’Île de Ré, figée dans la morte saison : un agent immobilier, la patronne de l’hôtel local, une italienne divorcée venue vendre une maison. Et l’on peut se prendre à croire que Serge va réellement remonter sur les planches…
Au départ, comme dans nombre de bonnes comédies, il y a deux hommes que tout oppose. Gauthier Valence est le séduisant acteur à succès d’une série télé médicale inepte, qui lui donne confort matériel et adulation de la foule innombrable des téléspectateurs voyant en lui le chirurgien et le gendre idéal qui sauve les enfants de par le monde. Serge Le Tanneur est également acteur mais, dégouté du milieu du spectacle, il a depuis longtemps quitté les plateaux pour mener une vie d’ermite bougon au fin fond de l’Ile de Ré. Les deux hommes n’auraient jamais dû se revoir si Gauthier, au faîte de sa gloire mais en manque de grands textes, ne voulait monter Le Misanthrope de Molière pour lequel il veut absolument Serge pour partenaire. Gauthier décide donc de quitter Paris, ses impresarios la cour qui l’entoure pour tenter coûte que coûte de convaincre Serge de remonter sur les planches. La première scène, très drôle, est symbolique des difficultés que va affronter Gauthier : quand il arrive, Serge est en train de se débattre avec des entrepreneurs qui veulent lui extorquer 5000 euros pour la fosse septique de sa maison délabrée. Et la suite ne va pas être simple : Gauthier, habitué aux contrats rapidement signés, comptait rentrer sur Paris le lendemain mais Serge, après avoir refusé tout net, va demander une semaine pour faire ensemble des répétitions avant de donner une réponse définitive. Le film va donc raconter le long apprivoisement réciproque entre deux hommes si différents par leur passé et leur conception du métier et pourtant unis par l’amour du jeu.
La force du film tient probablement à ce qu’il correspond à une réalité : Le Misanthrope est le texte fétiche de Fabrice Luchini, qui incarne magnifiquement Serge, personnage qui est probablement très proche de lui-même. Et c’est d’ailleurs sur cette passion pour la pièce de Molière, découverte sur le tournage des Femmes du sixième étage, que Philippe Le Guay a construit son film. Lambert Wilson joue de son côté parfaitement Gauthier, son ambiguïté, son glamour naturel, sa force douce mais bien présente. Mais les deux vrais héros du film sont d’une part le texte du Misanthrope, splendidement restitué par les deux hommes dans des circonstances parfaitement incongrues, en vélo ou au-dessus d’un muret dans une scène très réussie. Et d’autre part l’Ile de Ré, à la fois magnifiée mais aussi moquée (dans cette tirade où Gauthier à bout de nerfs hurle qu’il déteste cette île pleine de « cathos et de petits blonds en vacances »). Le cinéaste a l’intelligence de glisser une très jolie histoire d’amour et d’amitié à la Jules et Jim quand une jolie femme divorcée italienne s’immisce entre les deux acteurs qui deviennent rapidement des coqs en concurrence. Et s’amuse aussi avec une satire assassine du monde du cinéma et de la télévision. Mais il livre des moments de grâce avec des personnages secondaires savoureux comme cette jeune serveuse de l’hôtel au visage angélique mais actrice X à ses heures, qui s’avère lors d’un bout d’essai une Célimène bouleversante. Après cet Alceste à bicyclette vous (ainsi que vos enfants ou élèves si vous enseignez) ne verrez plus tout à fait Molière avec le même regard.