Un livre bourré de fautes d'orthographe ne serait pas publié, n'est ce pas? alors pourquoi propose-t-on au public des films où la technique n'est pas maîtrisée? où la caméra part dans tous les sens et vous en donne le mal de mer. Malheureusement quand c'est mal filmé, rien ne peut rattrapé ce problème. Le scénario n'est déjà pas terrible et Charlotte Gainsbourg est mauvaise: c'estd 'autant plus flagrant que Deneuve, Poelvoorde et Mastroianni sont excellents. Bref, déception. Dommage car cette histoire de triangle amoureux était à la base intéressante.
scénario: 14/20 technique: 8/20 acteurs: 12/20 note finale: 12/20

Dans une ville de province, une nuit, Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux-mêmes, dans un accord rare. Quand Marc prend le premier train, il donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, quelques jours après. Ils ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, par malheur, non. Il la cherchera et trouvera une autre, Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie…
C'est une affaire frappadingue, les jeux du cœur et du hasard emportés par un imbroglio à peine croyable, mais qui pourtant décline le sentiment amoureux dans toutes ses nuances mélodramatiques, parfois mélancoliques. Ça commence par un coup de la foudre qui casse en deux le cœur d'un petit contrôleur des impôts ordinaire, puis le rabiboche, après un empilage invraisemblable de malentendus, en le remplaçant par un amour de substitution, dont le plus surprenant sont ses liens imprévisibles avec le premier… Benoît Jacquot nous livre ici une affaire des plus déroutantes, mais qui renouvelle avec brio le genre, porté par une brochette de comédiens presque trop familiers, mais il leur distribue les cartes avec suffisamment de talent pour qu'on se laisse prendre au jeu… Bon, tentons de vous mettre sur la voie :
C'était un soir à Valence, dans la Drôme, petite ville presque méridionale avec plein de petites rues entrelacées comme les rebondissements de cette histoire… Marc rate son train pour Paris et se voit coincé là, à chercher un hôtel, un bistrot, mais surtout le moyen d'échapper un peu à la solitude. Marc n'aime pas la solitude. Il n'a aucune affection pour cette ville et quand Sylvie rentre justement dans le bar PMU où il finit une bière un peu triste, il saisit le prétexte au vol, lui emboite le pas, ébauche un brin de causerie… Elle n'est pas très bavarde, on l'attend quelque part, mais elle semble ne pas avoir envie d'y aller et, de ruelles en ruelles, ils déambuleront toute la nuit ensemble jusqu'à la séparation au petit jour sur le quai de la gare où le train décolle sans qu'ils aient eu le temps d'échanger autre chose qu'un rendez-vous : dans trois jours, à 18h, Jardin des Tuileries… Mais le jour dit, voilà Marc qui s'énerve au cours d'un contrôle fiscal, d'autant que les aiguilles de la pendule d'en face le somment de bouger ses fesses s'il ne veut pas rater le rendez-vous avec celle qu'il sait déjà être l'amour de sa vie… La pression est telle que la tension monte, le cœur lâche et Marc se retrouve aux urgences et quand enfin il arrive au jardin du Luxembourg, l'objet de ses émois vient juste de jeter l'éponge…
Lorsqu'il arrive enfin à retourner à Valence à la recherche de Sylvie, comme on cherche une perle dans un silo à blé, Marc ne se doute pas que cette nuit d'échange verbaux l'ont tant bouleversée qu'elle a mis un océan entre elle et cette histoire, abandonnant son compagnon, la boutique d'antiquités dont elles s'occupait avec sa sœur, Sophie… qui justement déboule au centre des impôts épouvantée par l'annonce d'un contrôle fiscal. C'est à la machine à café que Sophie va croiser ce contrôleur pris de compassion qui va l'aider à mettre de l'ordre dans des comptes bien ébouriffés auquel elle ne comprend goutte… D'addition en multiplication, ces deux-là vont se découvrir une complicité, puis des affinités comme si, sans s'en rendre compte, et sans se douter de leur lien de parenté, Marc trouvait une forme de continuité de Sylvie à Sophie…
Le temps passe, des années même, la vie continue, Sylvie reste aux USA, Marc et Sophie parlent mariage sous l'œil bienveillant et néanmoins intrigué du troisième élément du trio familial indissociable jusqu'à cette étrange nuit-là. Avant de passer aux mains des deux sœurs, le magasin d'antiquités avait en effet été créé par leur mère, avec laquelle les relations n'ont jamais cessé d'être complices et heureuses… Fine mouche, maman, dans son for intérieur trouve tout de même bizarre le peu d'empressement de Sylvie pour revenir à Paris.
Je ne vous en dis pas davantage, il faut le voir pour se laisser embarquer… jusqu'au moment où les avis de ceux qui l'ont vu se partagent : et si tout ça était rêve et fantasme ? Marc a-t-il vraiment épousé Sophie ? À moins que… Quelle que soit la conclusion qu'on en tire, grâce (ou malgré) à la notoriété des artistes en présence, on est bluffé par leur capacité à exécuter avec brio ce qui pourrait passer pour des figures imposées et on applaudit la performance. Benoit Jacquot aime les actrices, on le savait, mais il aime aussi les acteurs : la preuve par Poelvoorde.