Bof. j'ai trouvé ce film très ennuyeux. Mais ce n'est que mon avis. Jodie Foster joue mal et artificiellement.

Lilian Steiner est une psychiatre reconnue. Quand elle apprend la mort de l’une de ses patientes, elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre. Troublée, elle décide de mener son enquête.
« C’est le titre qui m’a d’abord obsédée : Vie privée, volé au beau film (sans rapport) de Louis Malle. Comme ces figurines d’enfant qu’on peut projeter dans plusieurs costumes, je laissais depuis des années dérouler plusieurs films sous ce titre, persuadée qu’il détenait une vérité que je devais percer. La vie privée est à entendre comme l’intimité qu’elle désigne mais aussi une vie qu’on prive. Vie privée, privée de vie… Manière de comprendre que ce qui nous touche de plus près nous met aussi en danger. » (Rebecca Zlotowski)
« À l’attention des fans de la période la plus géniale de Woody Allen, il faut imaginer une comédie qui emprunterait à la fois à Meurtre mystérieux à Manhattan (pour les spéculations débridées autour d’un possible meurtre), Une autre femme (pour le portrait en profondeur d’une psychanalyste sexagénaire et stricte en pleine crise) et Alice (pour la traversée des miroirs d’une héroïne en vadrouille). Rien que ça ? C’est la bonne surprise de Vie privée, présenté hors compétition lors du dernier Festival de Cannes : une profusion de références reflétant le désir de Rebecca Zlotowski de signer un film tel qu’elle aimerait sans doute en voir un. Et avec une interprète vénérée, pour qui la cinéaste a conçu un personnage comme toutes les actrices en rêvent : sans cesse à l’image, en mouvement, en réflexion, à la recherche (d’indices, de clés, de remèdes, de raisons). Non seulement Jodie Foster (pour la première fois dans un grand rôle tout en français) étincelle avec cette partition, mais elle apporte aussi, implicitement, la touche américaine vintage qui fait parfois ressembler Paris au New York d’il y a quelques décennies, le grain de l’image et la direction artistique aidant.
L’incident déclencheur, la mort suspecte d’une patiente (Virginie Efira), conduit la thérapeute, qui se voulait neutre, impassible, professionnelle, à franchir toutes sortes de limites, pour surmonter sa culpabilité (serait-elle responsable, indirectement ou non, du décès ?) mais pas seulement. Une boîte de Pandore s’ouvre, un vent de folie pas toujours douce se lève, qui fait couler, mystérieusement et non-stop, les yeux de la psy, la précipite – dans le désordre – chez son ex-mari ophtalmo (Daniel Auteuil, délicieux) ou chez son fils sévère (Vincent Lacoste, idem). C’est, bien sûr, au sujet d’elle-même qu’elle finit par enquêter, et sous hypnose, s’il le faut. Les découvertes ne manquent pas de sel, en termes d’identité, d’orientation sexuelle ou de perception d’autrui.
Même si Matthieu Amalric excelle aussi en grand méchant présumé, la piste criminelle, ou accidentelle, ou autre, se laisse donc oublier, au profit d’un Cluedo intime des plus ludiques. Le parcours initiatique est jalonné de répliques cinglantes et, en dernière analyse, joyeuses. Il s’agit pour l’héroïne d’apprendre à « avancer dans le noir », d’accepter la perte de contrôle et de certitudes. Et pour tout le monde, spectateurs compris, de ne jamais oublier qu’on est au cinéma, lieu, comme le divan de la psy, de bien des catharsis.