Ouai bof. Assez ennuyeux et brouillon.
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Yonathan, expert en montres de luxe au quotidien monotone, voit sa vie basculer lorsqu’il s’associe à Éric, receleur et escroc. Fasciné par le train de vie d'Éric, Yonathan perd toute mesure. Tout s’accélère quand, pour répondre à une commande d'Éric, Jo, cambrioleur de génie, vole cinq chefs-d’œuvre au Musée d’Art Moderne de Paris en 2010. Dès lors, les trois hommes sont entrainés dans une spirale incontrôlable.
Librement inspiré d’une histoire vraie, Les règles de l’art rappelle que le casse du siècle ne peut pas être une affaire d'amateurs...
Cela restera l’un des « casses du siècle » ! Un fric-frac qui a défrayé la chronique, un coup tellement incroyable que toute fiction semblerait fade face à la réalité. C’est pourtant cette gageure que relève de brillante manière Dominique Baumard dans cette comédie ubuesque qui semble truffée de bras cassés, mais… le sont-ils vraiment ? Car à relire la presse de l’époque, les témoignages cousus de fil blanc, les déclarations pour le moins théâtrales des accusés… on flaire les tactiques qui sentent le camouflage et l’embrouille… On imagine la frustration des policiers de se sentir roulés dans la farine sans jamais parvenir à retrouver trace du butin, démunis face à la désinvolture de leurs suspects. On appréciera alors d’autant plus le parti pris des scénaristes d’en rire, de relater minutieusement les détails croustillants, pour nous dévoiler progressivement leur intime conviction, qui épouse celle des enquêteurs. Tant de questions restées sans réponses… Les protagonistes étaient-ils vraiment seuls, auquel cas ils auraient bénéficié d’un alignement des planètes, d’une avalanche de coïncidences totalement exceptionnels et improbables pour commettre leur méfait ? Ou auraient-ils été les instruments d’une organisation machiavélique, de complices puissants restés tranquillement dans l’ombre tandis que les seconds couteaux se faisaient maladroitement pincer ? En tout cas, voilà leur histoire ici contée : plus vraie que nature, foisonnante de détails absolument véridiques même s’ils sont tellement délirants qu’ils font halluciner ! En épousant précisément les versions données par ceux qui sont désormais incarcérés, le scénario réussit, comme eux, un coup de maître : le vol de cinq chefs d’œuvres de la peinture contemporaine dans le Musée d’Art Moderne (censé être ultra-sécurisé) de la ville de Paris, en mai 2010 !
Yonathan Cobb est le gentil mari d’Agnès. Par ailleurs consciencieux autant que minutieux réparateur de montres anciennes, érudit dans son domaine, expert désigné des salles des ventes de la capitale… Yonathan est tranquille, prévenant, pas cachotier. Alors pourquoi change-t-il soudainement le code de son téléphone portable ? C’est la première chose qui mettra la puce à l’oreille de sa femme, qui lui imagine vaguement une maîtresse mais se montre conciliante car somme toute, après tant d’années de mariage, une petite incartade serait compréhensible… Elle est loin du compte ! Loin d’imaginer le pataquès dans lequel son doux époux est en train de s’enliser. C’est que par le plus grand des hasards, il a été repéré par Eric Moreno, un marchand d’art. Mais peut-on le qualifier ainsi, tant sa boutique de brocante semble poussiéreuse et minable ? Qui la fréquente ? Mis à part un drôle de gars, Jo, qui joue les monte-en-l’air avec maestria ? Comme par hasard, notre marchand a tôt fait de trouver l’adresse de notre expert et de s’y pointer, au moment où ce dernier, encore par hasard, est en train de réparer une Rollex convoitée par un client de Moreno… Malgré ses airs de vierge effarouchée, Yonathan est de ceux qui ne savent pas dire « non » : le voilà un doigt dans l’engrenage. C’est toujours par hasard que Jo, notre as de la cambriole, apprend qu’un des clients de Moreno paierait très cher pour acquérir un « Fernand Léger ». Et c’est par le plus grand des hasards que Jo va découvrir qu’un imposant bâtiment en plein Paris est mal fermé la nuit et que, ça tombe bien, en son sein plein de tableaux, trône un « Fernand Léger »…
Pas sûr que tous ces hasards aient constitué un tissu de circonstances atténuantes, pas plus que le vrai Yonathan (qui porte en fait un autre nom dans la réalité) ait réussi à attendrir le juge en exhibant une étoile jaune sur sa poitrine… Tout comme l’argent, l’instrumentalisation n’a pas d’odeur, pour certains…