Un film féministe complètement débile même si on rit jaune quelquefois devant tant de bêtise.
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Simone, une flic aux idées conservatrices, est infiltrée dans un collectif féministe qu'elle suspecte de complicité de meurtre. A leur contact, Simone s’ouvre progressivement à leurs idées. Mais lorsqu’elle est soupçonnée par le groupe d'être une taupe, elle se sert du premier venu pour se couvrir : Paul, un homme doux, inoffensif et respectueux des femmes qui vit dans l’ombre de sa moitié, faisant de lui, malgré elle, un coupable innocent. Simone, catastrophée de ce qu’elle a fait, tente de réparer sa faute... Comment Paul va-t-il réagir ?
Que ça fait du bien de rire à gorge déployée sur les obsessions, les mœurs et travers de notre époque formidable ! Et avec à l’affiche une distribution hors pair galvanisée par un scénario aux rebondissements ébouriffants ! Ici, vous entrez dans l’antre de la comédie joyeuse, subtile roborative, celle qui botte les fesses de l’humanité aussi sûrement que les Caractères de La Bruyère, en alternant finesse d’esprit et gros sabots, le tout émaillé de moments de grâce, d’une poésie évanescente ! Par où commencer, sans trop déflorer cette pépite réjouissante ? Peut-être par la présentation de ses personnages ? Tous et toutes sont brossés au pinceau d’une caricature à la fois tendre et lucide. Aucun·e n’échappant au scalpel méticuleux de l’humour et de l’auto-dérision, chacun·e avec ses faces glorieuses et ses dérapages où le plus bienveillant des êtres peut agir soudain comme le pire des bras cassé !
D’abord il y a les « Hardies ». Un groupe de féministes pas piquées des hannetons, une bande d’activistes non violentes mais furieusement déter’, dont la verve et l’imagination sont sans limite pour monter des actions détonnantes de lutte contre, euphémisons, les effets néfastes du patriarcat. Marianne (Judith Chemla s’en donne à cœur joie) en est le cerveau, la leadeuse absolue malgré ses grands discours sur l’égalité – tandis que la petite dernière arrivée, l’ingérable Sofia (Melha Bedia, drôlissime), essaie bravement, avec la maladresse de celles qui veulent trop bien faire, de s’y intégrer… À mi-chemin, il y a Simone (Léa Drucker qui excelle dans la catégorie pince-sans-rire). Femme flic en apparence très conventionnelle, plutôt « gentille femme soumise » dans sa vie privée, elle se montre des plus intransigeantes au boulot et, singulièrement, dans le groupe des « Hardies » qu’elle a infiltré. Car à l’unisson de son supérieur hiérarchique, un mâle bien con, bien macho, elle suspecte ces féministes « radicales » de ne pas être pour rien dans le passage à l’acte désespéré d’une pauvre nana qui, n’en pouvant plus d’être quotidiennement violentée, a fini par abattre son bourreau de mari au fusil de chasse… On comprend que Simone, pour faire sa place dans ce milieu patriarcal au cube qu’est le commissariat, en a assimilé tous les clichés virils, adopté les codes, fait sien le vocabulaire… De toute évidence, ce ne sont pas les « Hardies », un quarteron de gonzesses, qui vont lui faire froid aux yeux. Mais au fur et à mesure qu’elle apprend à les connaître, ce n’est plus si simple… Et enfin, il y a Paul. Benjamin Lavernhe (ébouriffé, à peine sorti de En fanfare !) campe avec brio le (anti-)héros lunaire de service. Comédien sans relief qui cachetonne en jouant les utilités au théâtre et en courant les castings de pubs, c’est le prototype du garçon gentil, déconstruit et heureux de l’être. Libéré et ravi de ne pas avoir à endosser le costard épuisant du sur-Mâle dominant. D’une douceur angélique, il fait preuve d’une attention constante envers sa douce amie (comédienne aussi, mais à succès) et leur progéniture, qu’il fait passer avant tout, avant sa carrière, avant lui-même. Il est ce type agaçant à force d’être adorable, qui s’est oublié en chemin – schéma généralement attribuée aux figures féminines dans l’imaginaire collectif de grand-papa. Mais quel rapport entre Paul, Simone, les flics et les « Hardies », me direz-vous ?
Paul fait partie de ces rares mecs pour qui légitimité de la lutte féministe n’est même pas un sujet de débat. Et ce n’est certes pas lui qui encourt le moindre risque de fréquenter un jour le commissariat où gravite Simone… et pourtant. Au hasard d’une sortie d’école, sa vie bascule dans une situation tout aussi kafkaïenne qu’incontrôlable… en toute innocence. #metoo qui s’en dédit !
Que l’on soit une femme ou un homme, la masculinité construite, déconstruite ou à reconstruire, en (éco)construction, ou en déconfiture… Voilà un film qui fait fichtrement du bien, dont on ressort le sourire aux lèvres et des idées vivifiantes plein la tête. À travers le rire, comme ils savent si bien le faire, ces diables de Michel Leclerc et de Baya Kasmi (dieu qu’on les aime, ces deux-là) nous invitent à un examen de conscience, individuel et social, indispensable et salutaire ! Le bienheureux réalisateur a réussi son pari : « faire une comédie qui slalome joyeusement à travers un champ de mines. » !