Pas mal, mais on a connu mieux; il manque un je ne sais quoi pour que ce film soit une totle réussite malgré un casting de rêve.
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THE INSIDER est un film d'espionnage haletant qui raconte l'histoire d’un couple d’agents secrets, George Woodhouse et sa femme Kathryn. Lorsque Kathryn est soupçonnée de trahison envers la nation, George doit faire face à un dilemme déchirant : protéger son mariage ou défendre son pays.
« Il y a un traître dans la maison. » Le film n’a pas commencé depuis trois minutes qu’il abat ses atouts : concision et virtuosité. Scénarisé par David Koepp, artisan de Mission : Impossible (1996) et de Snake eyes (1998) de Brian De Palma, des ultimes aventures d’Indiana Jones (2023) et d’une kyrielle de blockbusters survitaminés, The Insider sert une intrigue à l’os – soit une chasse à la taupe au sein des services secrets britanniques – dont Soderbergh, très inspiré, tire un festin ludique et chatoyant.
Comme d’habitude, on y court après une clé USB et, comme d’habitude, ce n’est pas le sujet, qui expédie mécaniquement les enjeux géopolitiques au point qu’on rame pour s’en souvenir dans le détail – une histoire de virus informatique capable de neutraliser la puissance nucléaire de Poutine, un conte de fées en somme. Sauf que le cœur du réacteur, ici, et du suspense, et de l’humour, c’est l’amour, conjugal et / ou compliqué, tel que pratiqué par les collègues de 007. Lequel, avec les années, aurait pris du poids, des rides et du galon – et se serait retrouvé aux commandes des services secrets de sa Majesté, une armée d’agents secrets du XXIe siècle sous ses ordres.
Parmi eux, ponte du National Cyber Security Centre, George Woodhouse (Michael Fassbender, perfection de tweed et de froideur à tendance psychopathe) se voit remettre une liste de cinq potentiels Judas. Le nom de sa femme, Kathryn (Cate Blanchett, divinité de mystère soyeux et d’ironie assassine), y figure en bonne place. George a une semaine pour tirer au clair cette sombre affaire, prétexte à un exercice de style archi léché où la lumière tient justement un rôle phare – voir cette scène de dîner inouïe où les suspects, drogués à leur insu par le maître de maison, jouent au jeu de la vérité dans le halo palpitant des photophores.
« Je n’aime pas le mensonge », répète George à l’envi. As de la surveillance, ayatollah du polygraphe, fanatique de la transparence, il exerce pourtant un métier qui consiste à enterrer des secrets dans le « black bag », le sac noir métaphorique du titre original, bien pratique pour tromper à la fois son monde et son conjoint. Même à la psy de l’agence, on ne saurait en dire trop, notamment sur sa consommation d’anxiolytiques, comme en témoigne une passe d’armes à la vacherie feutrée entre Kathryn et l’analyste.
Dans des décors trop luxueux (apparemment, ça paye, l’espionnage !), l’auteur d’Ocean’s Eleven recrute une équipe d’élite (le chouchou Tom Burke, Pierce Brosnan, ex-James Bond recyclé en vieux chef rougeaud…) et s’amuse comme un fou à la pêche au renseignement, jusqu’à planquer dans l’eau du lac pour épier Fassbender sur sa barque. À l’arrivée, The Insider passe en un clin d’œil, épais comme un squelette, peut-être, mais en habits de fête.