Eklablog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un excellent film même si le choix de l'acteru principal est peu heureux à mon avis.

A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Joseph Goebbels est devenu l’éminence grise d'Hitler. Convaincu que la domination du Reich passe par des méthodes de manipulation radicalement nouvelles, le ministre de la Propagande contrôle les médias et électrise les foules. Au point de transformer les défaites en victoires et le mensonge en vérité. Avec le plein soutien du Führer, Goebbels va bâtir la plus sophistiquée des illusions, quitte à précipiter les peuples vers l'abîme.

« C’est un des droits les plus absolus de l’État de présider à la constitution de l’opinion publique. » Joseph Goebbels

Le film propose en préambule un carton de présentation très précautionneux, justifiant le positionnement du film qui prend le parti de voir sept années décisives et tragiques de l’histoire de l’Allemagne, entre 1938 et 1945, à travers le regard de celui qui fut un des plus proches conseillers d’Hitler, le docteur Goebbels, ministre de la Propagande et de l’Information. Preuve s’il en était besoin que, quatre-vingt ans après, il est toujours très difficile en Allemagne d’accepter que toute une population se soit laissée entrainer aveuglément et sans réelle résistance dans le soutien à la plus sinistre dictature de l’histoire de l’humanité, cautionnant ainsi le pire génocide du XXe siècle. Et pourtant il est passionnant de comprendre la banalité du mal, pour reprendre le concept cher à la philosophe Hannah Arendt, cette banalité génialement décrite dans le récent La Zone d’intérêt

Le récit commence par la fin, quand les derniers fidèles du Führer, encerclés à Berlin au printemps 1945 par les troupes alliées et l’Armée Rouge, se gargarisent, en adeptes forcenés d’une méthode Coué suicidaire, d’espoirs d’un sursaut inattendu qui viendrait renverser la situation. Mais chacun sait que le sort du nazisme est désormais scellé. Une des scènes marquantes, réalisée à partir d’archives, montre le Führer passant en revue des recrues du Volkstürm, cette unité de civils, composée essentiellement de malheureux adolescents et vieillards, censée combler les pertes et les défections de la Wehrmacht : chair à canon affichant la fierté illusoire de représenter l’ultime fidélité au Reich. Et cette image est le point de départ d’une cruelle réflexion : comment a-t-on pu arriver à un tel aveuglement des consciences ?
Le film nous fait remonter jusqu’en 1938. L’Allemagne nazie est encore en paix relative, mais la défense des Sudètes, minorité allemande au cœur de la Tchécoslovaquie, va la faire basculer dans la guerre, prétexte à la folie impérialiste et guerrière d’Hitler qui veut régner sur l’Europe et se prépare à lancer l’invasion de la Pologne puis de l’Europe occidentale…
À l’époque, Goebbels a déjà réussi – avec l’aide entre autres de la géniale cinéaste Leni Riefenstahl – à imposer l’idéal nazi au peuple allemand : l’adulation du Führer, la haine maladive envers les Juifs. Mais le peuple, encore traumatisé par la Grande Guerre vingt ans auparavant, n’est pas prêt à un nouveau conflit d’ampleur. Goebbels pas plus, mais le Führer est inflexible et le film permet de voir combien l’exaltation des valeurs guerrières, la beauté grandiose des défilés, l’utilisation des actualités exaltant exagérément les victoires et niant soigneusement les revers vont construire l’opinion. Tout cela en détournant l’opinion en question vers un ennemi qu’on présente désormais comme à éradiquer : les Juifs. Le point de départ sera la Nuit de Cristal, déclenchée sous le prétexte du meurtre en France d’un ambassadeur allemand par un jeune militant juif pour aboutir à l’acceptation de la déportation de populations entières et la mise en place de la Shoah.

Au-delà de ce récit assez classique, le film propose une analyse de l’aveuglement idéologique et de la manipulation des masses. Une réflexion d’autant plus importante dans le moment présent où « la fabrique du mensonge » tourne à plein régime via certains médias et réseaux sociaux.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :