• Zaytoun

    Ce film est une merveille! J'adoooore tous les films de ce réalisateur. Même si le pitch de base parait "simplet", la complexité des personnages le rend tout à fait crédible. Il donne aussi un espoir de paix. Même si cela ne sera pas facile. Un excellent film, bien joué, bien filmé et super en tout. Le scénario est malgré la gravité du sujet, plein d'humour.

    scénario: 19/20         acteurs: 19/20      technique: 18/20    note finale: 18/20

    Zaytoun

    L’histoire d’une rencontre inattendue entre un réfugié palestinien de 12 ans et un pilote de chasse israélien dont l’avion se fait abattre au-dessus de Beyrouth en 1982. Leur méfiance initiale se transforme en amitié alors qu’ils traversent ensemble le Liban déchiré par la guerre au cours d’un voyage vers une terre qu’ils considèrent tous deux comme la leur.

    Eran Riklis, c'est le réalisateur de La Fiancée syrienne et surtout du très beau Les Citronniers. Il continue avec Zaytoun dans cette veine humaniste et généreuse qui veut croire en la possibilité d'un rapprochement entre les peuples du Moyen-orient, qui veut croire en l'amitié possible entre des membres des camps opposés, qui veut croire en un avenir meilleur et apaisé. Zaytoun est donc une fable volontairement optimiste, que certains trouveront peut-être d'une naïveté coupable mais qui est porteuse d'un espoir assez vivifiant, d'autant que le réalisateur le ressent sans doute sincèrement.
    C'est l'histoire d'une amitié qui se forge entre un soldat israélien et un enfant palestinien, l'un prisonnier, l'autre réfugié, tous deux réunis au Liban à la veille de l'intervention israélienne de 1982. Yoni, un pilote de chasse de l'aviation israélienne, est capturé par la milice palestinienne, après s'être éjecté de son F-16 au dessus de Beyouth. Fahed, un jeune réfugié de douze ans, est chargé de le surveiller. Peu après la mort de son père lors d'un bombardement et de son camarade de classe abattu par des soldats libanais, Fahed décide de libérer Yoni. Ils passent un pacte dans le but de rejoindre ensemble la frontière israélienne, le pilote pour rentrer chez lui, l'enfant pour réaliser le rêve de son père qui voulait planter un olivier dans leur village, là-bas en Palestine. Commence alors un voyage à travers le Liban en guerre, et pour les deux compagnons de circonstance une aventure inattendue.

    Zaytoun fonctionne sur un principe dramatique simple et éprouvé : la rencontre entre deux êtres que les attaches affectives et idéologiques les plus profondes séparent radicalement, et qui vont apprendre, par la force du péril, à cohabiter et peut-être à s’apprécier. Eran Riklis impose une force de conviction certaine dans cette amitié utopique qui naît sous nos yeux, si bien que la rencontre entre un Stephen Dorff bourru (le pilote israélien) et Abdallah El Akal (le gamin palestinien) parvient à s’incarner au-delà de la simple idée de scénario. Il ne faut surtout pas voir dans ce récit une parabole de la « grande » histoire par l’exemple particulier ; l’ambition du film se cantonne précisément à nous donner envie de croire à cet exemple imaginaire.
    Habilement construit, Zaytoun fait monter la tension par vagues successives, augmentant le danger au fur et à mesure que les deux héros se rapprochent de leur objectif. Cette traversée romanesque du Liban est suffisamment précise pour que chaque étape fonctionne à la fois comme palier dramatique et comme vignette de la guerre, dont le cinéaste ne cherche pas à explorer la complexité (les milices chrétiennes et musulmanes, les camps palestiniens « enclavés » au Liban…), mais dont il donne des aperçus fugaces, rendus vivants par une idée de mise en scène ou de situation : le point de vue des enfants dans toute la première partie du film, qui se déroule à Beyrouth, est ainsi une belle idée qui donne à voir la guerre sous un angle peu habituel. Une des grandes réussites de Zaytoun (qui veux dire « olive » en palestinien), c'est de bien faire ressentir le sentiment d'appartenance à une terre, de son souvenir transmis de manière parfois fantasmée de génération en génération, dans un camp comme dans l’autre. Fahed et son olivier familial, qu’il lui faut à tout prix replanter dans le village de ses ancêtres, incarne cette obstination et sa signification concrète.

    Eran Riklis ne révolutionne certes pas la représentation du conflit israélo-palestinien, et ce n'est certainement pas son intention, mais il réussit à en incarner finement les enjeux dans un film populaire et accessible à tous, y compris aux enfants à partir de 12/13 ans.


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