• Une jeunesse allemande

    Un documentaire décevant qui part dans tous les sens et qui y aurait en proposant un montage différent. Très très moyen. Ennuyeux et qui n'apporte rien. Perte de temps, quoi.

    scénario: 10/20          technique: 12/20       note finale: 11/20

    Une jeunesse allemande

    La Fraction Armée Rouge (RAF), organisation terroriste d’extrême gauche, également surnommée « la bande à Baader » ou « groupe Baader-Meinhof », opère en Allemagne dans les années 70. Ses membres, qui croient en la force de l’image, expriment pourtant d’abord leur militantisme dans des actions artistiques, médiatiques et cinématographiques. Mais devant l’échec de leur portée, ils se radicalisent dans une lutte armée, jusqu’à commettre des attentats meurtriers qui contribueront au climat de violence sociale et politique durant « les années de plomb ».

    Si ce film documentaire est ennuyeux et décevant, c'est pour plusieurs raisons qui nous frappent immédiatement, pendant la vision, ou un peu plus tard, à la réflexion : sa construction qui le rend ennuyeux et extrêmement décevant ; son parti pris de ne travailler qu’à partir d'images d’archives, de ne pas surligner le propos de dates, de didactisme, un choix qui nous pousse donc à suivre les événements comme si on y était, en direct ; le choix assez pertinent de la musique révoltée et urgente de l’époque qui nous plonge dans son ambiance ; et surtout peut-être le fait qu’il nous immerge dans les réflexions des protagonistes, sans prononcer de jugement, sans prendre parti. Clairement, la plupart des questions qu'ils se posent, on les a tous plus ou moins partagées. Comment se faire entendre d'un pouvoir qui oppresse, d'une société de consommation qui avilit, de médias qui abêtissent ? Quelle latitude cette société nous laisse-t-elle pour s’exprimer ? Quels sont les moyens efficaces pour résister, lutter ?

    Ulrike Meinhof (journaliste), Holger Meins (cinéaste), Horst Malher (avocat), Gudrun Ensslin et Andreas Baader (étudiants)… Nés autour de la seconde guerre mondiale, ces jeunes Allemands brillants qui vont de plus en plus se radicaliser sont le fruit de la démocratie ouest allemande. Engagés, ils testent tous les moyens à leur portée pour faire entendre leur différence : l’art, la création d’un journal, les meetings… L’effondrement du mouvement étudiant, fin 1968, va les pousser vers ce qu’ils appelleront une « guérilla urbaine ». En 1970 nait la RAF : Rote Armee Fraktion ou Fraction Armée Rouge… Si le groupe, entré dans la clandestinité, commence par braquer des banques pour se procurer des subsides, il n’en restera pas là… Bombes, enlèvements : s'engage une épopée sanglante qui bouleversera l’Allemagne… et toute l'Europe avec elle ! Leurs actions vont avoir des répercussions particulièrement fortes dans les pays limitrophes comme la France, qui suivra chaque étape de cette montée de violence avec effroi. C'est qu'au delà du cas allemand, le phénomène de la radicalisation interroge nos systèmes politiques et leurs limites. On peut étendre la réflexion du film à d'autres organisations qui connaîtront le même basculement. On se souvient facilement de l'IRA, de l'ETA, du FLN, des Blacks Panthers, un peu moins des Tigres de la libération de l'Îlam Tamoul… On a un peu plus oublié l'ASA (Armée Secrète Arménienne pour la libération de l'Arménie), le FLQ (Front de Libération du Québec)… Ce serait bien sûr simpliste et faux de les mettre tous dans le même sac. On ne peut se contenter d'analyses de comptoir alors qu'on pénètre sur un terrain miné, truffé de peurs, de morts et de souffrances. Les moteurs de ces mouvements, leurs idéologies, la nature de l'oppression qu'ils subissent ou pensent subir… tant de choses diffèrent. Mais dans tous les cas la ligne de démarcation semble parfois ténue entre ce qui distingue un justicier d'un criminel. Qu'est-ce qui légitime la prise des armes, les victimes qui en résultent ? En 1942, en France, Monseigneur Piguet, évêque de Clermont, ne qualifiait-il pas de terroristes les actes de ceux que l'on a par la suite décorés et appelés des résistants (certes on était en temps de guerre) ?

    À bien les décortiquer, tous ces pans d'Histoire épineux nous offrent un éclairage fascinant sur notre époque contemporaine et nous en restituent toute la complexité. Ce n'est certes pas anodin si des cinéastes s'en emparent actuellement. Les hommes heureux n'ont pas d'histoires… Comblé, en sécurité, qui éprouverait le besoin de fuir son pays ou d'en contester violemment les fondements ?
    Le travail de Jean-Gabriel Périot est superficiel et brouillon : sans faire l’apologie du terrorisme, il le questionne et le documente, en montre toutes les facettes, ses conséquences sur le peuple, l’opinion, son traitement par les médias. C’est vraiment pas passionnant, peu dense, et on est presque soulagé quand ça s’arrête.


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