• Patrick Chirac confronté à la modernité et à la jeunesse. Assez réussi mais Mathilde Seigner manque cruellement à ce troisième opus.

    scénario: 14/20     technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Comme chaque été, au Camping des Flots Bleus se retrouvent pour leurs vacances nos amis, Les Pic, Jacky et Laurette, Gatineau, tout juste divorcé de Sophie, le 37, et Patrick Chirac fidèle à ses habitudes.
    Cette année, Patrick a décidé de tester le co-voiturage... Pensant traverser la France avec Vanessa, il se retrouve avec trois jeunes dijonnais : Robert le charmeur, Benji le beau gosse et José la grande gueule.
    Bien évidemment, après le co-voiturage, Patrick se voit contraint de tester le co-couchage…


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  • Voici une comédie romantique très originale et loin des clichés. Très réussi.

    scénario: 16/20   acteurs: 16/20  technique: 16/20    note finale: 16/20

    l'effet aquatique

    Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. Mais son mensonge ne tient pas trois leçons - or Agathe déteste les menteurs! Choisie pour représenter la Seine-Saint-Denis, Agathe s’envole pour l’Islande où se tient le 10ème Congrès International des Maîtres-Nageurs. Morsure d’amour oblige, Samir n’a d’autre choix que de s’envoler à son tour...

    Plus jamais, après avoir découvert cette comédie romantique burlesque et désopilante, vous ne direz avec désinvolture « Désolé, j'ai piscine » pour échapper à une invitation non désirée. Vous emploierez encore moins l'expression « zizi de piscine » (qui désigne le rétrécissement en principe inexorable de l'instrument masculin plongé dans l'eau froide et chlorée) car, vous allez le voir, la piscine ça peut être sacrément bandant !
    Croyez en l'expérience de Samir, un quadragénaire plus habitué à l'air qu'à l'eau puisque grutier de son état, qui va trouver l'amour à la piscine Maurice Thorez de Montreuil, en la personne d'Agathe, maître nageuse, pourtant revêche et mal embouchée de prime abord. Passons sur le fait qu'il est peut-être incongru que Maurice Thorez, leader communiste historique, ait donné son nom à un établissement nautique, mais bon en même temps, on peut se dire qu'il n'y a pas mieux pour abolir la différence de classe que la piscine : une fois tout le monde moulé dans son petit slip de bain, plus de patrons ni d'ouvriers, tout le monde à égalité dans le grand ou le petit bain.

    Mais revenons à Samir et Agathe. Samir sait parfaitement nager, mais comme il ne sait comment aborder Agathe, il va s'inscrire aux cours de natation, en prenant soin de trafiquer les plannings pour être sûr de se retrouver avec elle et non avec sa collègue délurée, qui lui fout un peu les jetons. Et si faire semblant d'être un barboteur débutant ne suffit pas, il est prêt à suivre sa naïade jusqu'en Islande, où elle est envoyée pour un congrès de maîtres-nageurs, ce qui va lui permettre de retrouver sa copine Didda, élue municipale un jour sur deux, ce qui lui laisse l'autre pour laisser libre cour à son inspiration de poétesse punk. Une fois sur place, notre Samir va être amené à se faire passer pour le représentant israélien, en charge d'un projet d'une « piscine de la paix » ! Et tout finira probablement dans un lagon de carte postale chauffé par l'énergie volcanique. Tout cela est de la plus haute et de la plus réjouissante fantaisie !
    L'Effet aquatique est le troisième volet de la trilogie franco-islandaise de notre chère Solveig Anspach (dont nous avons programmé tous les films, le dernier en date : Lulu femme nue) disparue prématurément avant la fin du montage. Back soon se déroulait intégralement au pays des trolls et de Björk, Queen of Montreuil était situé tout entier en Seine Saint-Denis. Et on découvrait dans ces deux premiers volets les personnages de Didda, d'Agathe, de Samir. Avec L'Effet aquatique la boucle est bouclée, qui emmène tout son petit monde de Montreuil jusqu'en Islande. Mais sachez bien qu'il n'est pas du tout indispensable d'avoir vu les deux premiers films pour prendre un plaisir fou à celui-ci !

    Solveig Anspach et son complice Jean-Luc Gaget usent à merveille du comique de l'absurde, avec des personnages secondaires savoureux (Philippe Rebbot, hilarant en directeur de piscine et dragueur foireux), et d'une poésie qu'on imagine très scandinave : douce, décalée, romantique. Une belle histoire d'amour funambule, qui nous transporte d'un monde aquatique domestique à un monde aquatique sauvage et grandiose, en jouant subtilement du côté érotique des lieux et des situations (Solveig Anspach dit avoir été très marquée par le troublant Deep end réalisé par Jerzy Skolimowski en 1970, éducation sensuelle d'un adolescent dans une piscine londonienne), en exaltant surtout la liberté et la générosité de personnages formidablement attachants. Un testament joyeux et frais que nous laisse la réalisatrice… et on espère que de là où elle est, elle nous verra rire et applaudir.

     


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  • Une très jolie comédie familiale avec une Josiane Balasko au sommet de son art. On rit. Le scénario est très amusant.

    scénario: 16/20       acteurs: 16/20      technique: 16/20  note finale: 16/20

    Retour chez ma mère

    Aimeriez-vous retourner vivre chez vos parents ? À 40 ans, Stéphanie est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Elle est accueillie les bras ouverts : à elle les joies de l'appartement surchauffé, de Francis Cabrel en boucle, des parties de Scrabble endiablées et des précieux conseils maternels sur la façon de se tenir à table et de mener sa vie… Chacune va devoir faire preuve d’une infinie patience pour supporter cette nouvelle vie à deux. Et lorsque le reste de la fratrie débarque pour un dîner, règlements de compte et secrets de famille vont se déchaîner de la façon la plus jubilatoire. Mais il est des explosions salutaires. Bienvenue dans un univers à haut risque : la famille !


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  •  Le début du film est très violent mais sinon c'est un film excellent avec un Joseph Fiennes au sommet de son art. Cette histoire sur Jésus est à la sauce hollywoodienne mais on passe un très bon moment.

    scénario: 17/20      technique: 17/20 acteurs: 18/20    note finale: 17/20

    La résurrection du Christ

    Clavius, un puissant tribun militaire romain, et son aide de camp Lucius sont chargés de résoudre le mystère entourant ce qui est arrivé à un Hébreu nommé Yeshua après sa crucifixion. S’ils veulent empêcher une insurrection à Jérusalem, ils doivent à tout prix mettre fin aux rumeurs assurant qu’un Messie est revenu d’entre les morts...


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  • Tout d'abord, on se demande pourquoi le format du film est bizarre: l'image est petite et ne prend pas tout l'écran. ensuite, on se demande pourquoi les acteurs minaudes. Pas terrible. mais surtout sortir un cinéma, un film format télé, quelle honte!

    scénario: 10/20   acteurs: 10/20   technique: 8/20  note finale: 8/20

    Les malheurs de Sophie

    Depuis son château, la petite Sophie ne peut résister à la tentation de l'interdit et ce qu'elle aime par dessus tout, c'est faire des bêtises avec son cousin Paul. Lorsque ses parents décident de rejoindre l'Amérique, Sophie est enchantée. Un an plus tard, elle est de retour en France avec son horrible belle-mère, Madame Fichini. Mais Sophie va pouvoir compter sur l'aide de ses deux amies, les petites filles modèles, et de leur mère, Madame de Fleurville pour se sauver des griffes de cette femme.


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  • Voici un film cucul pour ados. J'ai passé l'âge mais c'est assez bon. Parfait pour la cible. C'est bien filmé, les acteurs en font des tonnes, le scénario est idiot mais c'est le genre qui veut ça... Du pain et des jeux... Je n'avais pas la moindre idée de qui était Violetta, mauvis exemple pour les ados: elle est maigrissime et c'est affreux.

    scénario: 10/20       acteurs: 10/20   technique: 16/20   note finale: 10/20

    Tiny, la nouvelle vie de Violetta

    Tel un reflet de la vraie vie de Martina « Tini » Stoessel, TINI – La nouvelle vie de Violetta retrace l’aventure de la jeune star argentine au succès phénoménal depuis qu’elle est devenue l’interprète de Violetta. En laissant derrière elle son incroyable adolescence, elle s’engage dans une toute nouvelle aventure qui va la révéler et lui permettre de devenir l’artiste qu’elle est vraiment…


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  • Je crois que c'est la saison des navets. Là encore une comédie pathétique où on ne rit pas. Dujardin en fait des tonnes et c'est ridicule. le scénario est débile et on s'ennuie ferme. Malgré son talent, Virginie Effira n'arrive pas à sauver ce film de la catastrophe.

    scénario: 2/20   acteurs: 8/20   technique: 16/20  note finale: 5/20

    Un homme à la hauteur

    Diane est une belle femme. Une très belle femme. Brillante avocate, elle a de l’humour et une forte personnalité. Et comme elle vient de mettre un terme à un mariage qui ne la rendait pas heureuse, la voilà enfin libre de rencontrer l’homme de sa vie. Le hasard n’existant pas, Diane reçoit le coup de fil d’un certain Alexandre, qui a retrouvé le portable qu’elle avait égaré. Très vite, quelque chose se passe lors de cette conversation téléphonique. Alexandre est courtois, drôle, visiblement cultivé... Diane est sous le charme. Un rendez-vous est rapidement fixé. Mais la rencontre ne se passe pas du tout comme prévu…


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  • Pathétique! Je n'ai pas ri une seule fois! C'est d'une nullité absolue. Dés les 5 premières minutes, on s'ennuie. Clavier s'agit dans tous les sens alors que Réno a l'air anesthésié. La fin de ce navet suggère une suite pendant l'occupation, ce sera sans moi. les acteurs en font trop mais ce qu'on aurait aimé, ce sont des dialogues dignes de ce nom et un scénario intéressant. C'est bien filmé. Avec un casting pareil, on se demande comment on a pu faire un tel navet.

    scénario: 2/20   acteurs: 8/20    technique: 16/20   note finale: 2/20

    Les visiteurs: la révolution

    Bloqués dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille sont projetés dans une époque de profonds bouleversements politiques et sociaux : la Révolution Française... Plus précisément, la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu'à un fil.


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  • Encore une histoire de colocation. On rit et les acteurs sont excellents.

    scénario: 16/20       acteurs: 16/20      technique: 16/20      note finale: 16/20

    Adopte un veuf

    Lorsqu’on est veuf depuis peu, il est difficile de s'habituer à sa nouvelle vie... C’est le cas d’Hubert Jacquin, qui passe le plus clair de son temps dans son immense appartement à déprimer devant sa télé. Un beau jour, suite à un quiproquo, sa vie va être bouleversée. Manuela, une jeune et pétillante baroudeuse à la recherche d’un logement s’invite chez lui ! D’abord réticent, Hubert va vite s’habituer à la présence de cette tempête d’énergie, qui parvient même à le convaincre de loger deux autres personnes. Entre les errements de Paul-Gérard que sa femme a quitté et les gardes à l'hôpital de Marion la jeune infirmière un peu coincée, la vie en colocation va réserver à Hubert de nombreuses surprises…


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  •  Un très joli film sur la tolérance. Bien joué, bien filmé et plein d'espoir.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20      note finale: 16/20

    Good luck Algeria

    Sam et Stéphane, deux amis d’enfance fabriquent avec succès des skis haut de gamme jusqu’au jour où leur entreprise est menacée. Pour la sauver, ils se lancent dans un pari fou : qualifier Sam aux Jeux Olympiques pour l’Algérie, le pays de son père. Au-delà de l’exploit sportif, ce défi improbable va pousser Sam à renouer avec une partie de ses racines.

    Good luck Algeria est un de ces petits bonheurs qui ne courent pas les rues : une comédie épatante et rafraichissante qui fait énormément de bien par les temps qui courent. On y rit volontiers, on y réfléchit aussi. C'est aussi un pamphlet humoristique particulièrement bien venu, qui pourrait ouvrir les yeux de tous ceux qui oublient combien l'immigration a aussi contribué à construire notre beau pays. Allez : que chacun d'entre nous essaie d'attirer devant ce film réjouissant un de ces drôles d'oiseaux qui croient aux vertus des frontières et, avec une humilité et une gentillesse infinies, ce Good luck (bonne chance) leur donnera un angle de vue salutaire en même temps que la banane !

    C'est une histoire vraie. Celle d'un type ordinaire et de sa petite entreprise montagnarde, une de celles qui connaissent la crise. C'est pas faute de bosser, pas faute d'avoir des produits de qualité, pas faute d'avoir la passion de son métier. Sam et Stéphane, quand ils démarrent leur affaire, ont le feu aux tripes, ce sont de merveilleux artisans, leur boite est à taille humaine, chaque salarié s'y investit, se bat, a du plaisir à y travailler. Les skis qui sortent de leurs ateliers sont passés par de longues étapes de fabrication où rien n'est laissé au hasard, rien n'est bâclé. Plus que tout leurs créateurs ont la fierté de les avoir fabriqués, et celle de ne pas vouloir se parjurer en cédant aux modes de l'époque. Mais la concurrence mondialisée devenant de plus en plus féroce, les skis Duval dégringolent et perdent peu à peu des parts de marché. Il suffirait de sous-payer l'équipe, de licencier, de ne plus travailler avec des matériaux aussi nobles… ou de fusionner, de vendre leur renommée au diable (comme le suggère leur banque) pour remonter la pente. Mais à tout cela Sam (Sami Bouajila), le gérant, se refuse. Il essaie de faire bonne figure, de ne pas avouer à sa délicieuse et ironique compagne Bianca qu'ils sont en totale faillite. Bien sûr c'est illusoire et il faudrait qu'elle soit aveugle et stupide pour ne rien voir…


    Quand Bianca finit par découvrir l'ahurissant et ridicule trait de génie qui anime son mari, son tempérament italien explose ! Il veut se qualifier pour les épreuves de ski de fond des Jeux Olympiques d'hiver et défendre les couleurs du pays de son père : l'Algérie ! Rien que ça ! À son âge ! Représenter une nation qu'il ne connait même pas, dont il ne parle même pas la langue ! La réponse de Stéphane (son partenaire et ami d'enfance), qui s'est auto-désigné comme son coach sportif, fuse : « Pas besoin de parler algérien pour skier ! » Bianca pouffe d'incrédulité, de rage, de rire, mais peut-être aussi de tant d'autres choses qui ne s'avouent pas… Et comme elle, tout le monde se gausse de nos deux hurluberlus… Puis malgré tout, comme il n'y a pas grand-chose à perdre ni grand chose à espérer d'autre, tous finissent par se prendre au jeu de ce conte de fées, piégés dans la poudreuse de leurs rêves fous… Surtout Kader, le père de Sam…

    Et ce n'est que le début des (més)aventures de notre athlète sur le retour, de ses péripéties qui vont l'entraîner bien loin, au delà des frontières de la France et du ridicule : vers l'Algérie. Et alors qu'il était venu y quémander un hypothétique soutien d'une fantomatique fédération de glisse, il va découvrir le pays de ses origines et ressentir les traces qu'il a laissées en lui, le Français de seconde génération, l'enfant d'immigré qu'il restera à tout jamais

     


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  •  Grossier et vulgaire mais amusant. Dommage que ce soit aussi grossier. Le scénario est intéressant. Les acteurs sont bons. Manque de finesse.

    scénario: 13/20         acteurs: 16/20        technique: 16/20       note finale: 14/20

    Cinq amis d'enfance rêvent depuis toujours d'habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d'assumer sa part en se mettant à vendre de l'herbe. Mais n'est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu'il lui reste : ses amis !


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  • Parfois je vais voir des films uniquement pour essayer de comprendre pourquoi ils sont vus par des millions de personnes alors qu' a priori, je les trouve complètement débiles! C'est le cas pour ce film! Et je l'ai trouvé complètement débile. Un scénario inexistant, des mauvais acteurs, des bagarres à profusion et pas toujours justifiées, des effets spéciaux médiocres et à hurler de rire tant ils sont grotesques... J'ai vu ce film et je me demande pourquoi les gens l'aiment??? Pour moi, c'est le néant du cinéma, c'est du vide. c'est pire que du pain et des jeux. Les acteurs sont ridicules.

    scénario: 1/20   acteurs: 1/20   technique: 1/20  note finale: 1/20

    Batman v Superman: l'aube de la justice

    Craignant que Superman n'abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l'affronter : le monde a-t-il davantage besoin d'un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d'un justicier à la force redoutable mais d'origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l'horizon…


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  •  Un très beau documentaire sur la vie d'un orchestre. Très intéressant!

    scénario: 16/20     technique: 16/20    note finale: 16/20

    Royal orchestra

    Pour célébrer son 125e anniversaire, le prestigieux Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam part en tournée à travers le monde. Heddy Honigmann suit les virtuoses à Buenos Aires, Soweto et Saint-Pétersbourg. Elle nous fait partager leur quotidien loin de leurs familles et leur communion avec le public ; elle part également à la rencontre des auditeurs et spectateurs, réunis par la même passion pour la musique.

    Le tour du monde en cinquante concerts ! Ainsi s'appelait dans un premier temps cet incroyable documentaire, d'une simplicité vraie, qui nous a tous emballés au Festival de La Rochelle, avant d'être débaptisé. On aimait ce premier titre : Le tour du monde en cinquante concerts… Comme un petit clin d'œil à Jules Vernes qui disait bien la patte espiègle et subtile de la réalisatrice Heddy Honigmann. D'un travail de commande (passée par le prestigieux Royal Concertgebouw Orchestra d'Amsterdam pour célébrer ses 125 ans) elle a réussi à faire une véritable aventure de vie qui se déguste comme un roman ! Ce n'était pourtant pas gagné d'avance : comment filmer la tournée internationale de cet organisme presque tentaculaire (une tête qui dirige et de multiples bras : plus de cinquante musiciens) et en faire une œuvre vivante, cohérente, originale, qui tienne le spectateur en haleine ? Comment trouver des plans d'attaque originaux, ne pas sombrer dans le « déjà vu » ?

    Heddy Honigmann réussit tout cela avec brio et dirige sa caméra avec les gestes précis et limpides d'un véritable chef d'orchestre. Toujours à capter la petite chose, le menu détail qui en disent plus long que bien des discours et ménagent des moments de respirations joviaux ou tendres. Son plaisir indéniable derrière la caméra est immédiatement perceptible, communicatif et jamais elle ne se met en avant. Cinéaste discrète, marionnettiste de l'ombre, qui nous entraîne avec bonheur dans les coulisses, l'intimité des virtuoses et même celle de leurs plus modestes admirateurs. La musique devient plus qu'un simple loisir, elle est un art de vivre démocratique, presque une philosophie. Elle est aussi un langage à part qui relie entre eux les mélomanes venus de tous horizons. De Saint Pétersbourg à Buenos Aires en passant par Soweto… Heddy ne se contente pas de survoler les sujets et en peu de plans elle brosse un contexte politique, humain… passionnant.

    Première séquence : mais quel est ce petit point insignifiant sur cette grande scène, perdu au milieu de cet immense opéra vide qui semble l'engloutir ? Voilà le percussionniste de cette formation symphonique ! Et c'est fort malin de commencer par lui. Le bougre parle de son boulot avec tant d'humilité et de drôlerie que, d'un coup de baguette, il brise la glace et un mythe. La grande musique n'est pas une affaire d'élite, elle aussi accessible aux petites oreilles, celle des obscurs, des sans-grade. Elle est avant tout une merveilleuse aventure à la portée de tous. On finirait même par croire qu'un jour elle parviendra à briser les ridicules frontières érigées par la petitesse des hommes !


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  •  Bof, c'est très moyen tant au niveau du scénario que de la mise en scène que du jeu des acteurs. Moyen

    scénario: 12/20       acteurs: 12/20    technique: 12/20   note finale: 12/20

    Rosalie Blum

    Vincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents... Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu'il est convaincu d'avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l'espoir d'en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…


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  •  Un très beau film avec lequel on rit beaucoup. C'est drôle et le monde du foot est gentiment moqué. les acteurs sont excellents.

    scénario: 17/20     acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    La dream team

    Maxime Belloc est un grand joueur de football, le meilleur buteur du championnat.Dans un geste de colère il se brise la jambe...Son agent le contraint de se mettre au « vert » le temps de sa convalescence chez son père à qui il ne parle plus depuis 15 ans. Là-bas, à sa grande surprise, Maxime va redécouvrir le sens des valeurs… et de la famille !


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  • Un thriller fantastique, donc pas du tout mon genre. Et pourtant, ce film est totalement réussi!!! C'est bien joué, bien filmé et on garde le suspens jusqu'au bout!

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    Midnight special

    Fuyant d'abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d'une chasse à l'homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d'accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

    Du jeune maître texan Jeff Nichols, qui nous impressionne de film en film (Shotgun stories, Take shelter  et Mud), on attendait l'inattendu… et on n'est pas déçu.
    La première scène de Midnight Special nous plonge dans l'inconnu. Deux hommes armés semblent attendre, anxieux, dans une chambre de motel aux fenêtres recouvertes de carton. Sur le lit, caché sous un drap, un petit garçon lit à la lumière d'une lampe de poche, imperméable aux événements extérieurs, un casque anti-bruit sur les oreilles, les yeux étrangement recouverts de lunettes de piscine. La télévision diffuse en boucle l'information de la disparition d'un enfant appartenant à une communauté religieuse. Est-ce un kidnapping ? Ou l'enfant a-t- il été au contraire soustrait par ses proches à un destin funeste ? Soudain le trio sort précipitamment et démarre en trombe dans la nuit à bord d'une Ford Mustang (à moins que ce ne soit une Dodge Charger, pardonnez ma méconnaissance des voitures de légende du cinéma américain).


    Ce qui est passionnant dans le nouveau petit bijou de Jeff Nichols, ce sont ses multiples entrées. Ça commence comme un film de cavale, porté par la musique aérienne et lancinante de David Wingo, traversant les paysages magnifiques du Sud des États-Unis, du Texas à la Floride, sans qu'on connaisse au demeurant la destination ni la raison de cette fuite précipitée. Ce n'est que peu à peu que l'on en comprend les tenants et les aboutissants : une secte chrétienne, dirigée par un gourou qui scande des formules mathématiques, avait fait de l'enfant sa mascotte prophétique, un enfant qui cache un lourd secret et des pouvoirs surnaturels. Tout ça attirant les spécialistes des agences gouvernementales qui voudraient bien mettre la main sur ce gamin capable de déchiffrer les informations des satellites espions. La tension monte… et le film bascule sans esbroufe spectaculaire vers la science-fiction, en une sorte d'hommage virtuose aux grandes réussites des années 70/80 – on pense en particulier au Spielberg de Rencontres du troisième type –, à l'époque où le cinéma américain imaginait que « l'autre », la créature venue d'ailleurs, n'était pas forcément un envahisseur mais pouvait être animé d'intentions pacifiques et bienveillantes, bien plus que les terriens recroquevillés sur leur petite planète…

    Mais derrière le suspense paranoïaque et la SF, derrière l'action qui avance tambour battant, on retrouve les thèmes récurrents de Jeff Nichols, principalement la paternité, le lien indéfectible qui unit père et fils. Et son acteur fétiche Michael Shannon incarne formidablement ce père déterminé, prêt à tout pour permettre à son fils d'aller jusqu'au bout du destin qui est le sien… Ce personnage emblématique représente l'abnégation paternelle poussée à son paroxysme, celle qui vous pousse à croire à l'incroyable, à abdiquer votre rationalité, à vous affranchir de la loi pour contourner ou forcer tous les barrages, même si toutes les forces de l’État le plus puissant au monde sont à vos trousses. Michael Shannon est comme toujours impressionnant mais on appréciera aussi les personnages secondaires remarquablement dessinés et interprétés, tels Sam Shepard très flippant en gourou de secte ou Adam Driver, parfaitement ambivalent en enquêteur faussement dilettante.


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  •  Un beau film sur la médecine à la campagne. François Cluzet est excellent et le jeu approximatif de Marianne Denicourt est d'autant plus flagrant. Intéressant.

    scénario: 17/20     acteurs: 15/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    MÉDECIN DE CAMPAGNE

    Tous les habitants, dans ce coin de campagne, peuvent compter sur Jean-Pierre, le médecin qui les ausculte, les soigne et les rassure jour et nuit, 7 jours sur 7. Malade à son tour, Jean-Pierre voit débarquer Nathalie,  médecin depuis peu, venue de l’hôpital pour le seconder. Mais parviendra-t-elle à s’adapter à cette nouvelle vie et à remplacer celui qui se croyait… irremplaçable ?

    On a découvert Thomas Lilti, médecin passionné devenu cinéaste du même métal, avec Hippocrate, formidable portrait d'un jeune interne plongé dans le maelstrom d'un grand hôpital parisien en proie à la réduction des effectifs et à la surchauffe. Son nouveau film s'intéresse encore à la médecine – le titre ne laisse aucun doute sur la question – mais, bien loin des grands complexes hospitaliers parisiens, il nous parachute dans le Vexin, région encore largement rurale à cheval entre la Normandie et les confins de l’île de France. La vie quotidienne est sans doute ici plus sereine, son rythme est plus raisonnable, à la mesure de ces paysages paisibles, qui n'ont guère bougé depuis un siècle… Il n'empêche que pour Jean-Pierre Werner, seul médecin dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, la surchauffe est bien présente aussi. Du matin au crépuscule, il sillonne les départementales de la région, au devant des petits bobos et des grandes solitudes, tour à tour médecin généraliste, psychologue, assistant social, homme à tout faire, dans une campagne peuplée essentiellement de personnages âgées, pour qui il est parfois une des rares visites.

    Les consultations à domicile s'enchaînent – très belles scènes qui témoignent bien du regard chaleureux de Thomas Lilti, en même temps que de sa connaissance approfondie de son sujet – et quand il revient, quasi systématiquement en retard, à son cabinet, la salle d'attente est souvent pleine de patients… Pas de doute, la tâche est rude. Et les confrères ne se bousculent pas au portillon pour accepter de s'installer dans une région pas spécialement attractive et fort peu lucrative : travailler dix à douze heures par jour à ce prix là, c'est du sacerdoce !
    Mais pour l'instant, ce n'est pas la surcharge de travail qui préoccupe Jean-Pierre. C'est même tout le contraire : ce qui le mine, c'est qu'il risque d'être obligé d'arrêter. Le diagnostic de son confrère et ami qui, dans la première scène du film, lui fait passer un examen du cerveau est sans appel : il souffre d'une tumeur temporale, il va lui falloir suivre un traitement lourd, fatiguant, donc il n'a pas d'autre choix que de lever drastiquement le pied et de se trouver dare-dare un remplaçant…
    C'est comme ça que débarque Nathalie, qui a tout pour déplaire au vieil ours Jean-Pierre, habitué à travailler tout seul, à ne s'expliquer de rien à personne, et claffi de préjugés éventuellement machistes : Nathalie est incontestablement une femme, une citadine qui n'a aucune expérience de la campagne, incapable de distinguer un jars d'un canard, et qui en plus a suivi un parcours peu orthodoxe puisqu'ancienne infirmière ayant repris des études de médecine sur le tard… Ce qui nous vaudra quelques scènes de bizutage aussi répréhensibles que cocasses. Mais Nathalie a un sacré tempérament et une vraie compétence et elle va s'accrocher, jusqu'à gagner la confiance de son confrère mal embouché…

    Thomas Lilti livre un bel hommage, d'une évidente authenticité, à cette profession de médecin de campagne, somme toute méconnue et guère valorisée – pas étonnant qu'elle soit en voie de disparition –, en première ligne face à la crise générale de notre système de santé. Et il agrémente cette chronique bien sentie d'une fine trame romanesque où l'amour et la peur de la mort vont se croiser. Pour incarner ce couple a priori pas du tout fait pour s'entendre mais dont les solitudes vont évidemment se rapprocher, François Cluzet est excellent. On peut regretter que Marianne Denicourt ne soit pas à la hauteur...


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  • Un très joli dessin animé, plein de bons sentiments.

    scénario: 16/20     technique: 16/20    note finale: 16/20

     

    Zootopie

     

    Zootopie est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopie !Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …


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  • Le cinéma comme je l'aime: un bon scénario et on apprend quelque chose!!! C'est bien filmé, bien joué et intéressant. D'après ce film, Céline était vraiment un être répugnant...

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20    technique: 17/20    note finale: 17/20

    Louis-Ferdinant Céline

    1948. Accusé par la justice française d’avoir collaboré avec les Nazis, Louis-Ferdinand Céline s’est exilé au Danemark avec sa femme, Lucette. Milton Hindus, jeune écrivain juif américain, qui l’admire et le soutient avec ferveur, le rejoint au fin fond de la campagne danoise, avec l’intention de tirer de leur rencontre un livre de souvenirs. De la confrontation entre les deux hommes, personne ne sortira indemne…


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  •  Un très beau film sur le combat d'un père pour faire condamner le meurtrier de sa fille. Il donne une bien triste image de la justice qui n'assure pas du tout. Daniel Auteuil est génial! Il peut tout jouer.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    Au nom de ma fille

    Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka. Elle avait 14 ans et passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père le docteur Krombach. Rapidement, les circonstances de sa mort paraissent suspectes. L’attitude de Dieter Krombach ainsi qu’une autopsie troublante laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’unique obsession de sa vie…

    On peut reconnaître au réalisateur Vincent Garenq une vraie cohérence et une constance remarquable. Ces trois derniers films commencent de la même façon : l’arrestation au petit matin d’un homme qui s’avérera innocent. Vincent Garenq, homme de conviction qui croit dans la capacité du cinéma à influer sur le cours du monde, a redonné dans Présumé coupable son honneur et sa dignité à Alain Marécaux, l’huissier de justice injustement accusé et emprisonné dans la sinistre affaire dite d’Outreau. Dans L’Enquête, il reconstituait le combat pour la vérité du journaliste Denis Robert, qui avait dénoncé contre vents et marées judiciaires les manipulations financières occultes de Clearstream, chambre de compensation située au Luxembourg, en lien avec le milieu politico-économique français.

    Ici l’homme arrêté un petit matin de 2009 dans un hôtel de Mulhouse est André Bamberski, un septuagénaire toulousain, qui semble peu surpris de l’arrivée de la police et relativement serein. Pour comprendre toute l’affaire, le film nous ramène aux années 1970 au Maroc. A l’époque, André Bamberski est un expert comptable apprécié, marié à la très jolie Dany (c’est Marie-José Croze) et heureux père d’une petite fille, Kalinka.
    Dieter Krombach est le père d’une copine de Kalinka et rapidement les deux couples se lient d’amitié. Mais peu après, la femme d’André le quitte pour Dieter. Tout se noue en juillet 1982. Dieter a épousé en seconde noces Dany, et cet été-là, Kalinka et son frère sont partis en vacances chez leur mère et beau-père au bord du très beau lac de Constance. Et une nuit sinistre, sans explication plausible, Kalinka meurt subitement, alors que la veille, le Docteur Krombach a fait une piqûre à la jeune fille… pour l’aider à bronzer plus vite. Chez André Bamberski, l’immense douleur cède bientôt la place au doute et aux interrogations, d’autant que l’autopsie est étrangement bâclée et que les autorités allemandes vont continuer à faire preuve de négligences inquiétantes. Peu à peu le doute se transforme en certitude : Dieter Krombach est coupable. Et année après année, les preuves vont s’accumuler contre l’élégant médecin, qui se révèle un pervers sexuel amateur de très jeunes filles…

    Ponctué de rebondissements dignes d’un excellent thriller, le film suit l’incroyable combat d’André Bamberski pour que justice soit rendue à Kalinka et donc pour faire condamner Dieter Krombach. Un combat qu’il finira par gagner au bout de trente ans, après avoir été contraint de faire fi de toute légalité. Les incroyables péripéties tiennent en haleine, qui montrent que la raison d’État entre deux pays va à l’encontre de la justice. Mais c’est surtout l’évolution d’un homme ordinaire qui est décrite. Un homme que rien ne prédisposait à agir de la sorte et qui pourtant devient à la fois juriste, détective privé, homme de main pour tenter d’aller jusqu’au bout de la mission qu’il s’est assignée. Un homme qui aura d’une certaine manière sacrifié sa vie, son nouvel amour, pour ce seul objectif. Daniel Auteuil, immense acteur quand il joue dans des films qui l’intéressent vraiment, endosse le personnage à tous les âges et restitue avec une remarquable intensité le parcours de ce personnage que sa quête mena au bord de la folie… au nom de sa fille.


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  •  Une merveille! Ce film est sublime et parle encore du génocide des indiens par les espagnols!

    scénario: 19/20     acteurs: 19/20    technique: 19/20   note finale: 19/20

    L'étreinte du serpent

    Karamakate, un chaman amazonien puissant, dernier survivant de son peuple, vit isolé les profondeurs de la jungle. Des dizaines d'années de solitude ont fait de lui un chullachaqui, un humain qui a tout d'une coquille vide, dépourvu de souvenirs et d'émotions. Sa vie est bouleversée par l'arrivée d'Evans, un ethnobotaniste américain à la recherche de la yakruna, une plante sacrée très puissante, possédant la vertu d'apprendre à rêver. Ils entreprennent ensemble un voyage jusqu'au coeur de l'Amazonie...

    Tel un immense serpent, le fleuve rampe au milieu d'arbres centenaires, enracinés dans une terre de mystères. La nature vigilante semble tenir à l'œil celui qui s'aventure à la lisière de ses songes. La jungle amazonienne renvoie celui qui y pénètre à sa condition chétive et vulnérable. Evans fait partie de ceux-là. Ethno-botaniste passionné, il n'a pu résister à braver les dangers pour venir vérifier les dires de ses livres et partir à la recherche de la « yakruna », liane sacrée rarissime, réputée pour ces fortes vertus hallucinogènes. « Jamais un blanc n'a dit un truc aussi sensé ! » s'exclame Karamate, le chamane qu'on lui a indiqué comme guide. Un étranger qui quémande son aide et s'intéresse aux végétaux ? Ça c'est exotique ! Pourtant, il en a vu passer des conquistadors venus-là pour prendre ou pour évangéliser. Il les as vus, puis les a oubliés, comme il a oublié de se souvenir. Peu à peu il est devenu ce « chullachaqui », ce corps vide, dépourvu d'émotions, presque hors du temps, qui hante la forêt, se remplit d'elle. Dernier représentant de son peuple, dépositaire d'un savoir unique, précieux, forgé dans des années d'oubli de soi et d'écoute de la nature, de ses plus infimes murmures comme de ses plus dévorantes colères, de ses orages déchaînés.


    Habitué aux duperies de ceux qui cherchent à s'accaparer la terre et ses richesses, Karamate, méfiant, observe, jauge, écoute Evans et accepte en définitive de l'accompagner, même s'il sait qu'il est dans nature de la fourmi d'aimer l'argent.
    Voilà nos deux hommes qui s'enfoncent au cœur de la forêt et de ses envoûtements. Dérisoire équipage d'un petit canoë fragile qui glisse sur des eaux sombres, faussement calmes. Parfois ils effleurent des rives qui regorgent de plantes étranges, de vie grouillante, de serpents qui se faufilent. Observateurs observés auxquels la nature n'accorde aucun répit. Les souvenirs de Karamate remontent régulièrement à la surface, le voilà jeune guidant un autre homme, Théo… Ici le temps n'est pas linéaire, comme en occident. Pour les Indiens il est comme une série d'événements qui ont lieu simultanément dans plusieurs univers parallèles. Ce nouveau rythme, cette expérimentation constante pénètre peu à peu chaque fibre des deux explorateurs, Evans et Théo, bouleverse leurs sens, leurs croyances. Il n'y a qu'à se laisser porter, consentir au dépouillement et tâcher d'apprendre à rêver comme ils ne l'ont jamais fait… Leur périple se transforme en quête initiatique hallucinante, hallucinogène, à des années de distance. Là où ils croyaient trouver quelques sauvages attardés, c'est tout une humanité luxuriante qu'ils découvrent, qui possède un savoir peut-être à tout jamais perdu pour l'homme blanc. Certes ce dernier sait se servir d'une boussole, mais dans cet espace sans repères, à quoi servirait le Nord ? Il faut accepter de le perdre. Les communautés Cohiuano, les Ocaina, les Huitoto… n'ont pas besoin des notions occidentales pour trouver leur route dans la moiteur de leur contrée. Leur science est puissante, ils ont l'art de la survie, l'art de vivre en bonne intelligence avec les éléments, les esprits, de respecter et de protéger l'ordre naturel des choses. Si fragiles face à l'infini…

    Tout cela est superbement interprété, mis en scène dans un noir et blanc profond, sensuel. On s'enfonce nous aussi dans la beauté intimidante de l'Amazonie, pris au piège d'un royaume intemporel dominé par une nature qui ne nous appartient pas et tout juste nous tolère, où seuls les humbles peuvent subsister. Magnifique fable sur la vulnérabilité de l'homme…


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  • Un comédie sympathique servie par de bons comédiens. Les films de Lucien Jean-Baptiste sont toujours réussis.

    scénario: 16/20     technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Dieumerci

     

    À sa sortie de prison, Dieumerci, 44 ans, décide de changer de vie et de suivre son rêve : devenir comédien. Pour y arriver, il s’inscrit à des cours de théâtre qu'il finance par des missions d'intérim. Mais il n'est pas au bout de ses peines. Son binôme Clément, 22 ans, lui est opposé en tout. Dieumerci va devoir composer avec ce petit "emmerdeur". Il l’accueille dans sa vie précaire faite d'une modeste chambre d'hôtel et de chantiers. Au fil des galères et des répétitions, nos deux héros vont apprendre à se connaître et s’épauler pour tenter d'atteindre l'inaccessible étoile.


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  • On passe un bon moment même si ce n'est pas un film dont on se souviendra. Rebel Wilson, est comme d'habitude, géniale!

    Les 4 filles sont attachantes. c'est bien filmé, bien joué et le scénario est intéressant.

    scénario: 16/20   acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Célibataire, mode d'emploi (How to be single)

    Il y a toutes sortes de manières de vivre en célibataire. Il y a ceux qui s'y prennent bien, ceux qui s'y prennent mal… Et puis, il y a Alice. Robin. Lucy. Meg. Tom. David... À New York, on ne compte plus les âmes en peine à la recherche du partenaire idéal, que ce soit pour une histoire d'amour, un plan drague… ou un mélange des deux ! Entre les flirts par SMS et les aventures d'une nuit, ces réfractaires au mariage ont tous un point commun : le besoin de redécouvrir le sens du mot célibataire dans un monde où l'amour est en constante mutation. Un vent de libertinage souffle de nouveau sur la ville qui ne dort jamais !


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  • Un très beau film. Bien filmé, bien joué même si on peut regretter que le scénario soit un peu léger. Par exemple, on ne sait pas pourquoi l'un des personnages a quitté Marseille 25 ans auparavant. Mais c'est réussi parce que c'est plein d'humour et que les personnages sont très sympathiques.

    scénario: 15/20       acteurs: 17/20      technique: 17/20   note finale: 16/20

    Marseille

    Devant l'insistance de son frère Joseph, qu'il n'a pas revu depuis 25 ans, Paolo se résout à abandonner quelques jours sa vie calme et harmonieuse au Canada, pour revenir à Marseille au chevet de son père accidenté. Il part donc, son fils sous le bras, bien décidé à ne pas s'attarder dans cette ville qu'il a fui, des années plus tôt, à la suite d'un drame. Il n'imagine pas que l'affection de sa famille retrouvée, sa rencontre amoureuse avec une jeune femme et la solidarité joyeuse et simple des Marseillais le réconcilieront avec cette ville qu'il n'aurait jamais voulu quitter... Marseille.


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  •  Un film vulgaire et dégoutant, comme tous les films des auteurs. Je n'ai pas aimé. Le quart monde me dégoûte.

    scénario: 5/20   acteurs: 10/20   technique: 15/20   note finale: 5/20

    Saint Amour

    Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à hauts risques entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple…

    Comme d'habitude, le duo Delépine-Kervern a fait un film social (et dégoutant). Avec Aaltra, ils ont convaincu des milliers d'handicapés qu'ils pouvaient traverser l'Europe en faisant chier un maximum de gens ; avec Avida, ils ont montré que le surréalisme bandait encore ; avec Louise Michel, ils ont montré la voie pour recentrer la lutte sociale sur l'exécution des patrons scélérats : François Ruffin propose une tout aussi hilarante variante) ; avec Mammuth, ils ont magnifié la revanche des retraités pauvres en mobylette ; avec Le Grand soir, ils ont réconcilié les punks à chiens et les vendeurs de literie ; enfin, dans Near Death Experience, ils rendaient justice aux cyclistes dépressifs tout en rendant sympa et génialement drôle le plus insupportable des écrivains : Michel Houellebecq… Six films, ça commence à pouvoir s'appeler une œuvre. Qui a une sacrée gueule ! Et autant vous dire que Saint Amour va ajouter une septième pierre à l'édifice ! Le rire le plus gargantuesque et les larmes les plus sensibles mêlés comme rarement. Autant de films dégoutants et vulgaires. c'est la dernière fois que je vais voir leurs films. je n'aime ps leur genre.

    Parce qu'il faut vous dire que tout commence dans ce qui s'avère un magnifique lieu de cinéma : le salon de l'agriculture. Jean (Gérard Depardieu, grandiose), éleveur de bovins de compèt, et son fils Bruno (Benoit Poelvoorde, formidable avec le cheveu gras collé) participent comme tous les ans au Salon dans l'espoir que la médaille tant espérée viendra enfin récompenser leur taureau bien couillu. Mais Bruno n'y est pas… Tout ça le déprime. Il a la bonne quarantaine, bosse tout le temps dans la gadoue, se prend des vestes dès qu'il approche les filles et il n'est pas question pour lui de reprendre la ferme familiale. La seule chose qui le console, c'est de profiter de cette semaine parisienne pour faire la route des vins… à l'intérieur du salon… éclusant des godets à tous les stands de dégustation représentant les vignobles des régions françaises.
    Face à cette situation pathétique, Jean va prendre les choses en main et embarque son grand fiston dépressif pour une vraie route des vins dans le taxi de Mike (Vincent Lacoste, parfait), jeune frimeur parisien, mythomane patenté. Un périple initiatique en forme de road movie drolatique, qui va permettre au père et au fils de renouer les liens au gré de rencontres détonantes : avec une jeune serveuse obsédée par la dette abyssale de la France, un hôtelier airbnb très inquiétant (le déjà nommé Michel Houellebecq, très très flippant), une cavalière pré-ménopausée en recherche immédiate de géniteurs… Tout ça agrémenté de bitures légendaires.

    Il n'y a que Delépine et Kervern pour faire des films aussi vulgaires et grossiers.


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  •  Guillaume Gallienne peut tout jouer!! Et là encore, il nous montre toute l'étendue de son talent. Idem pour Adèle qui est excellente après le navrant "les anarchistes". Ils font un film passionnant d'une histoire minuscule.

    scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Eperdument

    /Un homme, une femme. Un directeur de prison, sa détenue. Un amour impossible.


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  • Ce n'est pas mon genre de film mais parfois cela peut être réussi. Pas ici. Le néant du cinéma. Des bagarres improbables incessantes, un scénario qui tient en une phrase. C'est complètement débile. Un film inutile, une perte de temps absolue. Du pain et des jeux! MDR

    scénario: 1/20       technique: 2/20    acteurs: 2/20   note finale: 1/20

    Deadpool

    À l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.    


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  • Les actrices sont maggnifiques et le realisateur decrit bien la triste situation des femmes de l epoque qui n avaient aucune liberte et qui etaient sous la coupe de leurs maris;

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Carol

    Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d'un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.

    C'est le premier film de Todd Haynes depuis I'm not there (2007), son évocation ébouriffante de la personnalité multiple de Bod Dylan. Il a travaillé entretemps pour la télévision, signant entre autres une très belle Mildred Pierce en trois épisodes, avec une Kate Winslet étincelante. Mais rien pour le cinéma pendant plus de huit ans. Autant dire que nous attendions ce Carol avec impatience et nous sommes comblés : c'est d'une beauté, d'une délicatesse, d'une intelligence hors du commun.
    S’il fallait trouver une filiation à Carol dans la filmographie protéiforme de Todd Haynes, c’est du côté de Loin du paradis qu'il faudrait chercher : un sublime portrait de femme(s), une mise en scène ultra soignée, et les très guindées autant que glamour années cinquante comme écrin à une histoire d’amour contrariée. Mais Todd Haynes n’est pas du genre à se répéter donc ne vous attendez pas à un nouveau sublime mélo à la Douglas Sirk, Carol est d'une autre nature : plus réservé, plus distancié mais non moins passionnant, non moins émouvant si l'on sait percevoir le feu sous la glace.


    Carol est un femme en train de s’écrouler. Elle ne tient plus que par l'artifice de son statut d’épouse et de mère, elle n’est reliée au monde que par les innombrables fils invisibles que son rang, sa beauté, sa mondanité ont tissés. Carol est une femme qui sait qu’elle est en train de s’écrouler mais elle a conscience aussi que sa chute est indispensable à sa renaissance, dont elle ne doute pas. En attendant de pouvoir se sortir d’une procédure de divorce ô combien difficile (nous sommes en 1952, le mariage est d'airain), elle tente tant bien que mal de faire bonne figure, au prix d’efforts contraints et de sourires forcés.
    Therese est une femme en train d’éclore. Elle a encore un pied dans cette jeunesse insouciante et légère mais autour d’elle, entourage, société… tout la pousse à se couler sans réfléchir dans le moule que l’époque a choisi pour elle : se marier, être une gentille épouse et une maman modèle. Sans être rebelle ni forcément réfractaire à l’idée d’un fiancé, Therese a pourtant l’intime conviction que sa destinée ne peut pas déjà, si vite, être toute tracée et qu’il doit bien y avoir une possibilité de simplement suivre son instinct, ses désirs.
    Quand elle croise le regard un peu froid de cette femme à la silhouette parfaite, à l’allure distinguée et aux manières classieuses, Therese est subjuguée. Carol est un continent lointain et inaccessible, l'incarnation divinement séduisante d’un monde auquel elle n’appartient pas et auquel elle n’appartiendra sans doute jamais, elle la petite vendeuse de jouets derrière son comptoir.
    Lorsqu'elle croise le regard curieux de ce petit bout de nana frêle à l'allure encore juvénile, Carol est fascinée. Thérèse est une promesse de candeur et d'espoirs pas encore broyés sous le poids des convenances et des conventions, un appel au rêve pour elle qui depuis trop longtemps est prisonnière d’un mariage raté.
    Avancer en territoire inconnu. Oser s’aimer, peut-être. Partir. Fuir. Mais tenter de demeurer fidèles à leur propre vérité en dépit du tourbillon émotionnel et du climat pesant de ces années d’après-guerre où tout demeure figé mais où le vernis commence à se fissurer…

    Magistralement filmées, les deux comédiennes forment un duo troublant de sensualité et de douceur contenues, les mouvements des corps et les croisements de regards occupent tout le cadre… Un film somptueux.


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  •  Un très beau film qui plaira aux petits et aux grands! La petite Heidi a une bouille rigolotte.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Heidi

    Heidi, une jeune orpheline, part vivre chez son grand-père dans les montagnes des Alpes suisses. D'abord effrayée par ce vieil homme solitaire, elle apprend vite à l'aimer et découvre la beauté des alpages avec Peter, son nouvel ami. Mais la tante d'Heidi, estimant quil ne s'agit pas là d'une éducation convenable, place la fillette dans une riche famille de la ville. Heidi va-t-elle supporter cette vie, loin de la montagne et de son grand-père ?


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  •  Un film magnifique sur un épisode tragique de la seconde guerre mondiale. Un épisode qui s'est hélas reproduit en de nombreux endroits. Bien filmé t bien joué!

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20   technique: 19/20   note finale: 18/20

    Les innocentes

    Pologne, décembre 1945.Mathilde Beaulieu, une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise.D’abord réticente, Mathilde accepte de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde. Elle découvre que plusieurs d’entre elles, tombées enceintes dans des circonstances dramatiques, sont sur le point d’accoucher.Peu à peu, se nouent entre Mathilde, athée et rationaliste, et les religieuses, attachées aux règles de leur vocation, des relations complexes que le danger va aiguiser...C’est pourtant ensemble qu’elles retrouveront le chemin de la vie.

    Ce film est un moment de grâce. Et même davantage tant l'univers dans lequel il nous plonge nous confronte à quelque chose qui relève de cette émotion secrète et profonde que tout être humain éprouve un jour ou l'autre, particulièrement lorsqu'il est confronté à des situations d'exception : ce sentiment indicible que la vie est un grand mystère, tout comme la mort, cette découverte que, parfois, la question de la transcendance s'impose intensément à nous. Il nous a rarement été donné de voir exprimée au cinéma, avec une telle subtilité et une telle force, la complexité de la nature humaine et de ses aspirations les plus intimes, révélée ici par une histoire qui, pour être douloureuse, ne parvient pas à détruire la petite lumière d'espoir et de vie qui illumine une humanité déchirée, violentée, mais portée par un amour insubmersible qui la dépasse.
    C'est plus qu'un beau film, c'est une expérience à la fois humaine et quasi spirituelle qui parvient à nous faire oublier qu'on a déjà vu certains des acteurs incarner d'autres personnages dans d'autres films, tant ils semblent ici uniques, portés par la cohérence d'un groupe qui se fond dans la réalité d'un autre temps, d'un autre pays. Le film a été tourné en Pologne, la plupart du temps dans un couvent désaffecté, avec des actrices (particulièrement inspirées) et acteurs polonais et français, dans des conditions de découverte mutuelle qui renforcent encore l'impression d'authenticité. Si l'histoire de départ est bien réelle – celle de Madeleine Pauliac, jeune et jolie Française, provisoire médecin-chef de l'hôpital de Varsovie en 1945 –, elle sert ici de révélateur à des relations aussi universelles qu'intemporelles qui prennent une intensité particulière dans le huis-clos de ce couvent austère, magnifié par les images de Caroline Champetier. La part faite aux chants grégoriens, interprétés essentiellement par les comédiennes, contribue au sentiment de sérénité, de plénitude si particulières à l'ambiance monastique qui contraste ici avec la violence de la situation.

    1944 : la Pologne a été dévastée par l'occupation allemande. Tandis que les autochtones tentent de survivre, la Croix Rouge française s'est installée dans ce qu'il reste d'un hôpital pour soigner et rapatrier les Français qui se trouvent encore sur le territoire polonais. L'équipe médicale n'a pas pour mission de s'occuper des Polonais, et quand une jeune religieuse vient demander du secours, on l'éconduit dans un premier temps, mais Mathilde Beaulieu, interne de vingt-cinq ans, se laisse toucher par sa détresse et accepte de la suivre jusque dans son couvent, malgré l'interdiction qui lui est faite de s'éloigner du cadre de sa mission. Là, elle découvre une communauté de Bénédictines qui continuent à vivre leur vie de moniales, rythmée par les sept offices quotidiens, mais qui cachent dans la honte et le désarroi un secret terrible. Les soldats de l'armée rouge, suivant le reflux de l'armée allemande, ont pénétré dans le couvent à plusieurs reprises, brutalisé, violé les jeunes religieuses et certaines sont sur le point d'accoucher. La mère Abbesse est d'abord réticente à l'intervention de Mathilde, tant elle redoute que l'horreur de leur situation soit connue à l'extérieur du couvent. Mais peu à peu une relation se noue entre la médecin athée, engagée corps et âme au service des autres, et la trentaine de nonnes qu'elle va tenter d'aider autant que possible, s'immergeant dans leur quotidien, à l'écoute de leurs choix sans pour autant modifier ses orientations personnelles. Mettant sa propre vie en péril, elle préservera le plus longtemps possible leur secret, ne demandant que tardivement de l'aide au médecin qui lui est le plus proche et avec qui d'ailleurs elle a une de ces relations dont on imagine qu'elles sont inévitables dans ce genre de lieu et de situation, entre fraternité et désir, complicité et réconfort nécessaire…

    Les Innocentes est bien plus que le récit prenant d'un moment d'histoire peu connu, le film rayonne de cette lumière intérieure qui caractérise ceux qu'une conviction profonde élève au dessus des contingences les plus difficiles, jusqu'à atteindre une sorte d'intensité harmonique rare et positive.


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