• Haaaa, du cinéma comme je l'aime: bien filmé, bien joué, des décors et des costumes somptueux et on apprend quelque chose! Il faut dire que tout est réussi dans ce film. Au début du XXème siècle, Egon Schiele est l’un des artistes les plus provocateurs de Vienne. Ses peintures radicales scandalisent la société viennoise tandis que les artistes audacieux comme Gustav Klimt les considèrent exceptionnelles...Ce film nous plonge dans l’univers de Schiele, véritable objet de fascination, pour essayer de mieux comprendre sa peinture, à travers son rapport à la sexualité, à ses modèles, aux conventions et à la société. Sa trop courte carrière aura été foisonnante, probablement grâce à cette forme de radicalité qui lui a permis de s’adonner entièrement à l’art, sans aucune forme de concession.

    scénario: 18/20         acteurs: 18/20      technique: 18/20    note finale: 18/20

    Egon Schiele

    Au début du XXe siècle, Egon Schiele est l’un des artistes les plus provocateurs de Vienne. Ses peintures radicales scandalisent la société viennoise tandis que les artistes audacieux comme Gustav Klimt les considérent exceptionnelles. Egon Schiele, artiste prêt à dépasser sa propre douleur et à sacrifier l’Amour et la Vie pour son Art guidés depuis toujours par son amour des femmes. Mais cette ère touche à sa fin…

    En 1912, devant le juge bien décidé à le condamner pour ses dessins à caractère érotique – sans oublier des soupçons de détournement de mineurs – Egon Schiele proclame haut et fort : « Je suis un artiste ! » Durant sa courte vie, Egon Schiele, emporté par la grippe espagnole à 28 ans, s'est battu pour faire reconnaître son œuvre, en équilibre entre érotisme et mort, novatrice donc choquante. Son désir d’indépendance et de liberté, à fleur de peau, s’est heurté aux réflexes des collectionneurs, à l’armée, au conservatisme des classes dirigeantes viennoises, et à un passé dont l’empereur est l’unique symbole.
    Un peintre et dessinateur « maudit » – malgré un succès sur la fin de son existence – dont l’œuvre s’est nourrie du chaos des épreuves : la mort de son père, qui a brûlé l’héritage familial, son incarcération, ses amours déchirées, la séparation d’avec sa muse, son mariage « calculé ». Autant de moments qu’il s’est appliqué à traduire dans ses toiles, lui qui, avec son mentor Gustav Klimt – mais aussi Oskar Kokoschka et Koloman Moser pour ne citer qu’eux –, a cherché à imposer une modernité picturale dans la capitale autrichienne.


    Le réalisateur Dieter Berner, depuis toujours fasciné par le peintre rebelle, s’est lancé dans l’aventure d'un film sur Schiele après avoir découvert le roman d’Hilde Berger, qui a accepté d'être sa co-scénariste. Un livre qui place les femmes au cœur du travail de l’artiste, qu’il croque passionnément, d’un trait vif, urgent. Et il en a eu, des histoires d’amour sulfureuses, même si aucune n’a dépassé en intensité celle avec Wally Neuzil (jouée par Valerie Pachner), déjà modèle de Klimt, beauté ardente et moteur de ses choix.
    Parmi celles qui l’ont inspiré, ou porté, il y a aussi Gerti, sa sœur, premier de ses modèles et dernière à ses côtés au moment de sa mort ; la danseuse « exotique » Moa Mandu ; ou encore les deux filles Harms, Adele et Edith – cette dernière deviendra sa femme en 1915, et mourra, enceinte de six mois, trois jours avant lui.

    C’est suite à la lecture du roman biographique de Hilde Berger sur Egon Schiele que le réalisateur Dieter Berner s’est lancé dans l’écriture de ce film. Fasciné par le lien très fort qu’il a perçu entre ses modèles et ses toiles, il a voulu comprendre et rendre perceptible cette manière essentielle de vivre son art. Schiele possédait une collection de carnets à dessins, il en avait toujours un sur lui et semblait capter des moments de vie tout en nuances... Il avait beaucoup de modèles et entretenait avec elles des relations souvent torrides et passionnelles, mais le dessin et la peinture prenaient toujours toute la place... À l’instar de ses liens plus qu’ambigus avec Gerti, sa sœur et tout premier modèle, cette obsession dresse un portrait nuancé de l’artiste, profondément égoïste vis-à-vis de son entourage, prêt à sacrifier jusqu’à sa plus grande histoire d’amour pour échapper à la guerre et pouvoir continuer à peindre.

    Egon Schiele le film raconte de façon classique cette vie passionnelle faite de rencontres et de recherche d’affranchissement, malgré un destin bien pernicieux : en plus de toutes les autres épreuves, la Première Guerre mondiale vient en effet interrompre l'impulsion créatrice du peinte.
    Le jeune acteur Noah Saavedra incarne bien la vitalité de Schiele qui, finalement, dans sa riche production (300 tableaux et quelque 3000 dessins), est allé à la recherche de lui-même, ses nombreux autoportraits témoignant bien de cette quête intérieure constante. Rappelons que sa dernière œuvre, inachevée, « La Famille », le représente, chair à vif, avec sa femme et son enfant, alors même qu’il n’est pas encore père et ne le sera jamais. Une preuve supplémentaire, s’il en faut, qu’Egon Schiele peignait la vie, sa vie, comme elle venait, à la fois heureuse et torturée. Comme ses corps, livrés à la toile.

     

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  • Charlize Theron est toujours aussi magnifique et joue toujours aussi divinement mais le scénario est sans ambition et tourne à vide. On s'ennuie. Seul intérêt : une ­bagarre-fusillade dans un escalier, filmée en un plan-séquence impressionnant. Ça ne fait pas un long métrage. A ne pas vouloir choisir entre la rigueur des grands films d’espionnage réalistes et la bande dessinée, Atomic Blonde s’effondre malheureusement très vite. Rien d’atomique là-dedans. Charlize donne des coups de pied, participe à une poursuite en voiture, couche avec une brunette même pas sexy, balance des coups de poing, le tout sur fond de néons et de tubes vintage. Idiot.

    scénario: 5/20        technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 8/20

    Atomic Blonde

     

    L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.

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  • Out

     Dés que j'ai vu que c'était un coproduction slovaquo-tchéco-hongroise, j'ai foncé. Malheureusement, l'acteur ne parle slovaque que pendant deux scènes au début du film, quand il se fait virer de son usine. Ensuite, il parle hongrois à la maison, puis ruse quand il va en Lituanie. C'est bien joué, le triste sort des slovaques expatriés. le pessimisme slave est aussi bien montré. j'ai bien aimé ce film délicat.

    scénario: 16/20           acteurs: 16:20          technique: 16/20        note finale: 16/20

    Out

    Ágoston, la cinquantaine, quitte sa famille pour s'aventurer à travers l’Europe de l’Est avec l’espoir de trouver un emploi et de réaliser son rêve : pêcher un gros poisson.

    Porté par le vent et le sel marin, il parvient en mer baltique. Son périple le plonge dans un océan d’événements et de rencontres inattendus : une femme solitaire, un Russe aux intentions hostiles et un étonnant lapin empaillé.

    Agoston, la cinquantaine, travaillait dans une usine en Slovaquie. Avait-il seulement fait autre chose avant ? Il s’est fait virer, salement, comme la plupart de ses collègues... Un discours pompeux du dirigeant pour faire passer la pilule, pour donner l’illusion que cette réalité n’a rien de violent et le voilà mis dehors : out ! Seul face à de longues journées vides, il est obligé d’imaginer une vie différente... Un leurre à poisson qui surgit d’un tiroir lui rappelle qu’il aimerait pêcher de gros morceaux. Ce souvenir sera le point de départ d’un voyage vers la mer Baltique, à travers l’Europe de l’Est, un voyage ponctué de rencontres, d’espoirs et de désillusions. Il n’est jamais trop tard et Agoston entend bien réaliser son rêve.

    Ici commence la mer et on ne sait où elle s'achève… Dans les rêves d'Agoston, peut-être ? Il ne serait pas difficile d'imaginer ce beau quinquagénaire grisonnant au regard clair dans la peau d'un marin aventurier. Mais il est des pays et des situations d'où on ne sort pas si facilement. Sa vie fut semblable à celle de tant d'autres : travail, famille, patrie… engloutissant ses jours, ne laissant nulle place à ses chimères. Le voilà donc, après des années de ce régime devenu mari normal, père normal, travailleur normal… prêt à devenir un futur retraité normal dans une Slovaquie redevenue normale (du moins indépendante et démocratique). Il en serait ainsi sans l'annonce brutale faite à l'usine par le patron à son personnel anéanti : « Malheureusement je dois renvoyer 40% d'entre vous. Ne paniquez pas. Pour prendre un nouveau départ vous devrez faire preuve de beaucoup d'énergie, de passion et de courage ! » Cynisme ou irréalisme de la part du dirigeant ?

    Agoston encaisse, tout autant abattu que ses collègues, du moins dans un premier temps. Est-ce l'intuition que son univers s'effondre en même temps que sa modeste carrière, ou la dernière phrase du discours qui va mettre le feu aux poudres ? Toujours est-il que notre homme, qui n'a plus rien à perdre, va prendre ces mots au pied de la lettre ! Et si cet incident de parcours devenait synonyme d'un nouvel envol ? Le voilà qui, bravache, décide de trouver du boulot où il y en a, loin de son foyer, en Lettonie, un pays où l'on peut, accessoirement, pêcher de gros poissons, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Pourquoi ne pas joindre enfin l'agréable à l'utile ? Lorsqu'il consulte sa femme (incrédule) et sa fille (qui mène sa propre vie) afin d'avoir leurs avis, la première se moque, la seconde s'en moque : ni l'une ni l'autre ne semble lever le petit doit pour le retenir. Le couple se quitte donc, en se jurant volontiers qu'ils vont se manquer, pariant sur les moyens modernes de communication pour entretenir les liens tissés par tant d'années de tendre cohabitation.

    Voilà notre anti-héros parti vers des courses lointaines et un peu folles qui le mènent d'abord sur un port industriel en Lettonie. On le perçoit si frêle, comme écrasé par la grandiloquence des paysages industriels, pris dans la nasse d'un monde qui tourne comme un rouleau compresseur. C'est bel et bien là que démarrent les pérégrinations de ce bon Agoston. Pas de Chat du Cheshire ni de Reine de Cœur dans ce périple, mais quelques uns des personnages qu'il croise, tels Zeb le lapin empaillé ou une impressionnante pin up sur-botoxée, valent bien ceux du Pays des Merveilles ! Quant à certains alcools fort, ils semblent parfois faire tout autant d'effet que des fioles magiques ! Autant dire que l'on ne s'ennuie jamais en sa bonne compagnie. Et ce compère sur lequel on n'aurait pas misé une sardine, gagne peu à peu en consistance, en considération… Comme si ce petit pas de côté impensable, salutaire, l'amenait progressivement à renaître à lui-même…
    C'est croustillant d'humour, de cocasserie et de désillusion. Le tableau brossé d'une Europe de l'Est en pleine déconfiture n'est certes pas glorieux, mais cela reste un magnifique voyage où chaque prise de vue, particulièrement léchée, dévide son pesant d'anecdotes qui ouvrent sur plusieurs niveaux de lecture.

    Le charme du film tient beaucoup à la personnalité d’Agoston, joliment interprété par Sándor Terhes : derrière un visage toujours rayonnant se cache un personnage simple et bienveillant, encaissant les coups durs, accueillant les moments de grâce et les belles rencontres. Chaque événement peut mener au meilleur ou au pire et le film réussit brillamment à nous faire basculer tantôt de la légèreté à l’effroi, tantôt du sérieux à l’absurde. Les espaces sont magnifiquement filmés : que ce soit l’industrialisation des chantiers navals ou les horizons marins, tous ces paysages semblent traversés par le regard ouvert et naïf d’Agoston. Cette douce candeur court tout au long du film et lui donne une tonalité généreuse et humaniste. Les situations ne sont jamais appuyées mais toujours étonnamment justes : ce voyage est un merveilleux parcours initiatique, très touchant et dont les rebondissements ne manqueront pas de vous surprendre. Une très belle découverte qui n’est pas sans rappeler un certain cinéma grolandais !

    Coup de maître pour un premier film dans lequel György Kristóf parvient à dépeindre avec brio, en quelques plans splendides, une humanité écrasée par les éléments, quand ce n'est pas tout bonnement par elle-même.


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  • Ce documentaire est une meveille. Très bien fait, on apprends plein de choses même si on est féru d'art. Peggy Guggenheim (1898-1979) était un personnage, au sens le plus romanesque du terme. Et ce documentaire la restitue dans toute sa complexité passionnante. On ressort de cette projection avec le sentiment d’un moment singulier partagé, entre savoir et émotion ; et, reconnaissons-le, la succession de tableaux est aussi un atout majeur de ce film passionnant qui, comme on s’en doute, éclaire une femme, failles comprises, sans pour autant dissiper totalement l’énigme que constitue toute existence.

    scénario: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Peggy Guggenheim, la collectionneuse

     

    Libre et avant-gardiste, Peggy Guggenheim a traversé les bouleversements du XXème siècle aux côtés d’artistes qu’elle a fait connaître mondialement. Elle a notamment révélé le talent de Jackson Pollock, Alexander Calder ou encore Max Ernst. Des entretiens inédits de Peggy Guggenheim elle-même ainsi que des témoignages d’artistes et de critiques d’arts mettent en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.

    Amatrice d’art enthousiaste, collectionneuse éclairée, mécène, Peggy Guggenheim (1898-1979) est étroitement mêlée à la création artistique du xxe siècle. Petite-fille de deux Juifs européens émigrés aux États-Unis au 19ème siècle – l’Allemand Seligman, couvreur enrichi dans la banque, et le Suisse Guggenheim, colporteur devenu propriétaire de mines de cuivre –, elle hérite d’une fortune colossale de 450 000 dollars à la mort de son père, disparu en avril 1912 dans le naufrage du Titanic.



    De 1920 à 1941, elle vit en Europe, notamment à Paris et dans sa luxueuse villa de Pramousquier, près du Lavandou. À Paris, elle rencontre Pablo Picasso, Salvador Dali, James Joyce, Ezra Pound, Gertrude Stein, Fernand Léger ou encore Vasily Kandinsky ! Esthète au goût sûr et au discernement remarquable, ses goûts et sa formation initiale ne la portaient cependant pas au-delà de l’impressionnisme, mais elle se tourna résolument vers l’art contemporain et ouvrit une galerie à Londres en 1938, où elle exposa notamment les œuvres du peintre surréaliste Yves Tanguy. Elle utilisa l’essentiel de sa fortune à constituer une collection d’œuvres d’art qui représente l’ensemble des courants avant-gardistes qui se sont succédés depuis le début du xxe siècle : cubisme, futurisme, constructivisme, dada, surréalisme, expressionnisme…
    En 1941, l'invasion de Paris par les Nazis la contraint à fuir l’Europe. De retour à New York, elle fonde en 1942 la galerie Art of the Century. Elle y accueille non seulement les artistes européens exilés, et plus particulièrement les surréalistes – elle est alors l’épouse de Max Ernst –, mais aussi de jeunes artistes américains comme Robert Motherwell, Mark Rothko, Adolf Gottlieb ou Jackson Pollock, chefs de file d’un expressionnisme abstrait.

    En 1948, elle revient en Europe et achète le Palazzo Venier dei Leoni à Venise pour y installer ses collections personnelles. Ce site est aujourd’hui l’un des grands musées d’art moderne de la cité des Doges. En mécène avisée, elle n’a jamais revendu les œuvres que son immense fortune lui avait permis d’acquérir, préférant les offrir à des institutions culturelles. La Fondation Peggy Guggenheim à Venise constitue incontestablement, pour celle que l’on surnommait affectueusement la « dernière Dogaresse », l’apothéose de son activité inlassable au service de l’art contemporain.

    Par ailleurs, femme libre, audacieuse voire volontiers provocatrice, Peggy Guggenheim a mené une vie sentimentale et sexuelle qui a souvent défrayé la chronique et qui a fait autant pour sa célébrité que sa passion pour l'art. Il semblerait bien que pour elle, ces deux pans de son existence étaient étroitement liés.
    À travers des entretiens inédits avec Peggy Guggenheim, à travers des témoignages d’artistes et de critiques d’art, le film de Lisa Immordino Vreeland met en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.


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  • Voici une comédie hilarante qui met en scènes des personnes âgées parties en colo avec de jeunes animateurs. Cette comédie estivale, emmenée par une belle distribution, ne fait pas dans la dentelle, mais prend un plaisir manifeste à bousculer les clichés sur le troisième âge. Détonnant. On se régale des facéties de cette brochette de « vieux » fantasques, obsédés par leur connexion wi-fi ou l’achat de préservatifs, qui fument des joints, boivent de la vodka, jurent comme des charretiers et se plaignent sans cesse. Des sales gosses, quoi.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Sales gosses

    Cet été, Alex se retrouve moniteur d'une "colo" très particulière. Car ici point d'enfants ni de têtes blondes... mais des retraités et des cheveux blancs. Ces charmants pensionnaires vont lui en faire voir de toutes les couleurs. Retraités déchaînés en colo, monos au bout du rouleau : il n’y pas d’âge pour être un sale gosse !


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  • Passé la faiblesse scénaristique, cette adaptation de la célèbre bande-dessinée Valérian offre un spectacle grandiose et rafraîchissant comme Besson sait si bien le faire. Chaque image est un régal pour les yeux. Réussi!

    scénario: 15/20     acteurs:16/20      technique: 19/20    note finale: 16/20

    Valérian et la cité des 1000 planètes

    Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.


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  • Un film intéressant parce qu'il nous interroge sur cette volonté du tout public qui devient presqu'une obligation. On aurait cependant aimé un scénario un peu plus étoffé. Vive la vie privée!! Un thriller d'anticipation efficace sur les dangers de l'omnipotence des réseaux sociaux, porté par une belle distribution. Efficace malgré tout, "The Circle" n’entraînera malheureusement pas la prise de conscience que son réalisateur pouvait espérer. Oui, la vie privée est menacée par Internet les réseaux sociaux. Mais en évoquant plus les avantages que les inconvénients et en misant sur une fin décevante, le film se perd, étouffé par ses bonnes intentions.

    scénario: 12/20     acteurs: 16/20      technique: 16/20  note finale: 12/20

    The circle

     

    Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c'est une opportunité en or ! Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l'avenir de ses amis, de ses proches et de l'humanité tout entière…


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  •  Ouai, bof. Des images mille fois vues et un commentaire pas original. On peut s'en passer.

    scénario: 10/20       technique: 16/20   note finale: 10/20

    Voyage of time: au fil de la vie

    Hymne à la nature et à l’univers, Voyage of Time s’interroge sur le rôle de l’homme dans le futur. Après ces temps infinis, quel est le sens de notre passage sur Terre ?

    Voyage of Time n’est pas un film. Ni même un documentaire. Il n’essaye même pas d’en prendre l’apparence. Non, Terrence Malick semble bien éloigné de tout procédé. Il livre une symphonie. De l’art.

    Mais de l’art, dans tout ce qu’il y a de plus intime ou emphatique. De beau comme de ridicule où le sublime touche au grotesque, et inversement. Une dualité de ton, un sentiment double qui ne laisse pas de marbre.

    Alors que ses précédents métrages alimentaient déjà cette vocation chez l’américain à partir dans le lyrisme naïf, Voyage of Time pousse le curseur encore plus loin, la narration n’existe plus, le récit est spectral et non plus littéral. Dans ce dernier, Malick nous montre sa vision de la naissance du monde, du cosmos jusqu’à l’infime vague, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Les belles images se suivent, ne ressemblent pas, paraissent parfois légères comme une plume, tout comme elles s’alourdissent de poésie embryonnaire sur la puissance matricielle de la nature mais toujours agrémentées d’une furtive mélancolie sur son devenir.

    On suit avec passion une fille qui découvre le monde moderne, tout comme on ricane avec un sourire ironique cette vision des premiers hommes par Terrence Malick. Les plans larges sur la nature, les plans numériques qui iconisent les planètes comme rarement, les cellules qui se chevauchent, les séquences sous-marines se succèdent et ne s’interrompent pas : c’est beau, c’est grand, ça invite au voyage introspectif et au mélange des couleurs.

    Chez Malick le montage parait toujours aussi personnel, touché par la ramification d’une mémoire qui déchante, une mosaïque en pleur et on ne se rend même pas compte de la beauté de ce que l’on voit. Mais au-delà de toute velléité cinématographique, de tout intérêt scientifique, de tout ce maelstrom aussi inerte qu’en mouvement entre le son et l’image, il y a un homme derrière le projet : Terrence Malick. Avec Voyage of Time, il continue de tracer le sillon de son questionnement. Malgré la candeur, la grandiloquence parfois pompeuse de ses insertions numérisées représentant des dinosaures ou autres bestiaires, l’américain semble empreint d’une peur : celle de ne pas trouver de réponses à ses questions.

    Celle d’un homme qui regarde les yeux au ciel, celle qui s’égare dans la nature et qui se pose toujours la même question : « Où es-tu ? ». Il parle mais ne reçoit pas de signe avant-coureur d’une seule parcelle de réponse. Alors il sillonne le monde. Et alors que les plans pourraient se suivre pour ne rien signifier, toute l’ampleur est là : la construction d’un monde, d’un regard qui scrute le moindre détail qui pourrait répondre à ses interrogations sur l’existence de quelque chose qui le dépasse.

    C’est ce qui fait que le cinéaste regarde hagard le suivi de l’humanité, de l’humain qui vit comme « un enfant abandonné ». Derrière le côté ésotérique de l’ensemble, Malick ne porte jamais le costume de prosélyte et ne tente même pas de convaincre. Il n’est pas là pour délivrer un message, autre que celui d’un amour qui nous transporte, de la métamorphose d’une déclaration d’amour à la vie. Le fil rouge de Voyage of Time n’est pas la chronologie du monde ni même les découvertes scientifiques. Il n’y a rien de tout cela.

    Terrence Malick n’est pas là pour donner un cours d’histoire ou de physique, c’est un homme, un empilement d’atomes qui fait voyager son esprit à travers les strates aussi temporelles que spatiales pour ne plus se sentir seul. Est-ce d’une profondeur sans égale ? Non, Terrence Malick radote un peu mais n’a jamais paru si vulnérable devant son cinéma, et ça en devient touchant tellement le geste parait si intime.


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  • Un très bel hommage aux pompiers. A part ça, on peut douter de la postérité de ce qui n'est rien d'autre qu'un téléfilm sans importance. On peut dire que ce film rassemble tous les poncifs  et clichés relatifs aux pompiers. Mais c'est bien, filmé et bien joué même si le scénario aurait pu être un peu moins attendu.

    scénario: 12/20        acteurs: 16/20      technique: 16/20   note finale: 16/20

    Les hommes du feu

    Philippe, 45 ans, dirige une caserne dans le Sud de la France. L’été est chaud. Les feux partent de partout, criminels ou pas. Arrive Bénédicte, adjudant-chef, même grade que Xavier, un quadra aguerri : tension sur le terrain, tensions aussi au sein de la brigade... Plongée dans la vie de ces grands héros : courageux face au feu, mais aussi en 1ère ligne de notre quotidien.


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    l'éveil de la permaculture

    La permaculture laisse entrevoir une lueur d’espoir avec ses solutions écologiquement soutenables, économiquement viables et socialement équitables. Accessible à tous, elle peut être mise en oeuvre partout… Aujourd’hui, des hommes et des femmes se rencontrent et expérimentent cette alternative crédible. La transition “permacole” est en marche !

    « Chacun d'entre nous fait partie de la solution, tout le monde peut-être acteur du changement. »
    Polluée, réchauffée, surpeuplée, malmenée, notre planète – et tout ce qu'il y a dessus – ne va pas fort. Et fibre écolo ou pas, ils sont de plus en plus nombreux à agir pour faire en sorte qu'elle se porte mieux. C'est ainsi que se développe de nouvelles manières de vivre, de faire, de consommer, de produire, de cultiver. Et on en arrive tout naturellement à la permaculture.
    La permaculture, c'est une agriculture qui tente de suivre au mieux les phénomènes naturels afin de maintenir et de respecter les équilibres entre les différentes composantes de l'écosystème Terre. L'humain est une de ces composantes. Hier marginale, elle intéresse aujourd'hui, par ses performances et ses bienfaits, de plus en plus de monde, et d'abord des agriculteurs qui se convertissent à sa pratique. Le CNRS y voit une possible alternative à l'agriculture intensive, grande consommatrice d'engrais chimiques et de pesticides. Plus globalement, la permaculture est pour ses initiateurs une solution concrète à l'effondrement des sociétés humaines.

    À travers de nombreux témoignages, de superbes images, des animations, ce film nous permet de découvrir la permaculture dans sa globalité, de comprendre ce que c'est, ce qu'elle propose. C'est un film plein d'enseignements et de dynamisme qui donne juste envie de passer à l'action. Le réalisateur est clair : la permaculture est plus qu'un modèle, elle nous permet de changer notre regard sur le monde et notre quotidien.


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  •  Très réussi même si on aurait pu se passer de la vague histoire d'amour du film. Un beau film "historique" sur un épisode pas assez connu de l'indépendance indienne. On peut cependant regretter un trop grande liberté par rapport à la réalité historique.

    Un seul exemple : la révélation suprême du film est que la partition de l’Inde aurait été décidée à Londres et imposée au vice-roi, à l’insu de son plein gré, par le très malfaisant comploteur impérialiste Winston Churchill en personne. À l’appui de cette thèse renversante, « Lord Ismay » produit un document officiel ultrasecret daté du 19 mai 1945, dont on ne voit que la première page, et qui est censé dicter deux ans à l’avance tous les éléments de la partition entre l’Inde et le Pakistan – carte détaillée à l’appui –, dans le but de promouvoir les sordides intérêts pétroliers de la perfide Albion.

    Le seul problème est que le document original, intitulé Security of India and the Indian Ocean, est bien connu et ne contient aucune carte de partition - qu’il ne préconise d’ailleurs nullement : il se borne à constater qu’en cas d’indépendance de l’Inde dans un avenir indéterminé, il faudrait prévoir le maintien dans le pays de quelques réserves militaires britanniques pour la défense de la région, ou bien leur stationnement dans un État princier resté indépendant de l’Inde, comme le Balouchistan.

    Par ailleurs, ce plan n’émane nullement de Winston Churchill, mais des services de planification du War Cabinet, qui produisaient ex-officio des centaines de rapports similaires, afin de parer à toutes les éventualités auxquelles pourrait se trouver confronté le gouvernement de Sa Majesté dans l’après-guerre.

    Que vient donc faire Churchill dans cette histoire ? Rien du tout, car le Vieux Lion étant depuis vingt ans farouchement opposé à toute idée d’indépendance indienne, il ne se serait même pas posé la question d’une partition… Du reste, l’aurait-il fait dans un moment d’égarement que cela n’aurait eu aucune importance, car en août 1947, il avait déjà quitté le pouvoir depuis deux ans !

    Pour que le scénario du film fonctionne, il faudrait donc que tous les spectateurs aient oublié ce détail – ce qui est tout de même beaucoup demander… Le Premier ministre de Sa Majesté depuis l’été de 1945, c’est le major Attlee – dont le nom n’est pas même prononcé dans le film.

    Une bonne fiction mais pas un film historique.

    scénario: 16/20       technique: 17/20       acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    /Le dernier vice-roi des Indes

    Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille.
    Petit-fils de la reine d'Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten devra préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avérera bien plus ardue que prévu. Après d'âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n'aura d'autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d'un nouvel état, le Pakistan.
    Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
    La décision de Lord Mountbatten va provoquer l'un des plus grands déplacements de population de l'Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.

    L’entrée en matière est des plus classiques : un palais somptueux, des jets d’eau, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique un brin démonstrative. Nous sommes dans un film à costumes 100% qualité anglaise, tiré à à quatre épingles, sans faux plis : bienvenue en Inde, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre (nous sommes en 1947). Mais on se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine fortement imprégnée d’imagerie coloniale et que Gurindher Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a quinze ans le pétulant Joue-là comme Beckham, a bien l’intention de nous raconter autre chose qu’une bluette.

    Issu de la lignée royale, Louis « Dickie » Mountbatten est nommé Vice-roi des Indes par Georges VI avec un objectif bien particulier : il doit mettre ses talents de fin négociateur, de diplomate averti, de meneur charismatique au service d’une noble et belle cause, l’indépendance de l’Inde. L’ampleur de la tâche est à l’image du pays, colossale et complexe. Outre son immensité, l’Inde est un territoire traversé par des cultures et des religions très contrastées auxquelles viennent s’ajouter des traditions tribales ancestrales.
    Mais rien de tout cela ne semble affaiblir la volonté et l’optimisme de Mountbatten, qui aborde sa mission avec un flegme pragmatique tout britannique. Pour préparer les esprits et en amont des négociations, on commencera donc par changer les habitudes du Palais : recevoir des invités issus de toutes les traditions et faire entrer la cuisine indienne dans les menus officiels. Il pourra dans ces domaines compter sur le talent complice de son épouse Edwina, qui est tout sauf une potiche.
    Mais l’indépendance n’est pas seulement un mot puissant inscrit sur un bout de papier, il faut sur le terrain faire accepter le fait de rendre à un peuple sa liberté souveraine. La tâche s’avère alors bien plus ardue que prévu car chacun veut son territoire : les Hindous et les Musulmans, sans oublier les Sikhs, autant de communautés qui vivaient ensemble sous la domination anglaise mais que l’indépendance va violemment déchirer.
    L’épreuve de la réalité commence, et elle sera douloureuse. Pour Lord Mountbatten d’abord qui, après d’âpres négociations avec Nehru et Jinnah et sous le regard perplexe de Ghandi, définira les frontières des deux états : l’Union indienne, à majorité hindoue, et le Pakistan, à majorité musulmane. Mais surtout pour le pays tout entier, qui va connaître un vaste mouvement de population puisque près de 14 millions de personnes devront être déplacées !
    C’est cette histoire-là, assez méconnue par nous autres Français, que Gurinder Chadha nous raconte, cette histoire qui est aussi celle de ses aïeux. A travers le portrait de ce couple qui a su saisir le sens de l’histoire et en accepter ses bouleversements, elle évoque aussi la position ambivalente du Royaume Uni puisque le tracé de la carte en favorisait les intérêts géopolitique et économiques.

    Alors bien sûr, c’est du cinéma, et l’histoire n’a sans doute pas l’indulgence de la fiction vis-à-vis des époux Mountbatten, qui quittèrent fissa le pays, le laissant à feu et à sang, et la violence des massacres qui suivirent nous sera épargnée (1 million de morts en 3 mois)… On pardonnera aussi à la réalisatrice quelques écarts romanesques un peu fleur bleue… On dira qu’ils donnent au film une petit touche bollywood qu’on aime bien retrouver dans ce genre de production.


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  •  Un petit bijou!!

    Visages villages

    Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer.
    Agnès a choisi le cinéma.
    JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air.
    Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR.
    Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés.
    Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

    Deux drôles de personnages tout droits sortis d'une bande dessinée minimaliste viennent se balader nonchalamment sur le générique du film. Des accords de guitare épurés, proches des folk songs chers aux road-movies américains, rythment leurs pas de manière opiniâtre et guillerette comme pour les guider irrémédiablement l'un vers l'autre. On reconnaît immédiatement la silhouette particulière d'Agnès Varda, petite femme au talent et à l'humanité inversement proportionnels à la taille, qui paraît encore plus minuscule qu'à l'accoutumée aux côté de cette asperge de JR. On ressent immédiatement l'invitation à un voyage humble, léger, orchestré par le duo improbable et comique du plasticien trentenaire et de la cinéaste octogénaire. Si le pont entre les œuvres urbaines monumentales de l'un et les ouvrages fignolés tout en discrétion de l'autre ne saute pas aux yeux, un cousinage évident se révèle progressivement. On comprend vite que le chemin avec eux ne sera jamais pesant et qu'on n'aura jamais envie de les quitter, eux, leur univers espiègle et généreux : Agnès, ses sourires émouvants, et ce vaurien de JR qui n'arrête pas de l'asticoter. Comme si le plus grand respect qu'on pouvait témoigner aux « vieilles » était de rester insolent, de ne pas s'apitoyer sur les fragilités d'un corps désormais inadapté aux frasques d'un esprit pétillant, indomptable. Madame Varda, il y a plus de jeunesse, d'énergie et de rébellion sous votre frange bicolore que dans n'importe quelle boîte de nuit branchée !



    D'ailleurs ce n'est pas dans un night-club que se sont rencontrés AV et JR. Pas plus que lors d'un de ses vernissages, même si la cinéaste connaissait les collages XXL du photographe. Pas rencontrés non plus à un arrêt de bus… Illustrant chacune de ces situations de manière hilarante, Varda manie l'anaphore avec malice, amorce son récit par un jeu de devinettes. Dans une boulangerie ? Pas plus que sur une route… Quoi que ce soit moins certain, puisque c'est en la prenant ensemble que les deux co-réalisateurs de Visages Villages vont se découvrir l'un l'autre, sous notre regard complice.
    Voilà notre glaneuse et notre baroudeur, improbable équipage, embarqués dans une camionnette-photomaton à l'œil gourmand, prêts à croquer tous les passants. On ne se lasse pas de leurs échanges pleins d'humour, de candeur, de pragmatisme, dans lesquels ils se renvoient la balle tendrement, jouant avec les idées, les images, les mots. On prend plaisir à leurs haltes villageoises, à les voir musarder de Pirou Plage aux plages d'Agnès, tout en piquant une tête dans la nouvelle vague. Mais surtout on se régale de leur capacité d'émerveillement communicative, de leur curiosité insatiable pour les autres. Et le hasard (le meilleur assistant d'Agnès Varda, dit-elle !) nous fait rencontrer des gens qui semblent parfois d'un autre temps, d'un autre monde qui sont pourtant les nôtres. En quelques portraits, Agnès et JR donnent une voix aux « masses silencieuses », magnifiant ces anonymes, agrandissant leurs photos comme pour signifier leur importance, leur redonner la fierté d'être ce qu'ils sont.

    C'est un hymne aux simples mortels, aux ignorés du CAC 40, aux oubliées de la grande Histoire. À ceux qui œuvrent silencieusement, aux ouvriers, aux paysans, aux héros de l'ombre, aux ombres de leurs ombres, leurs invisibles compagnes : femmes de dockers, de mineurs, fermières, serveuses… C'est un incroyable carillonneur qui virevolte parmi ses cloches. C'est Jeannine si touchante qui se revoit petite fille en train de guetter le « pain d'alouette » que son père ramenait du coron. C'est Patricia l'éleveuse qui résiste à la mode d'écorner les chèvres pour les empêcher de se battre. C'est Jackie le facteur heureux des liens tissés au fil de ses tournées, ou encore cet ingénieur fier de se sentir utile en travaillant dans une usine classée à risques… Tant de visages restés obscurs ou devenus illustres qui seront engloutis un jour par le temps, le vent et les marées.
    Le mot de la fin, si on avait le choix, on ne le laisserait pas à Godard (affectueusement évoqué par AV), mais à Pony, artiste méconnu et haut en couleurs : « Je suis né à l'ombre d'une étoile. Ma mère la lune m'a donné sa fraîcheur. Mon père le soleil, sa chaleur. Et l'univers pour y habiter. Tu te rends compte ? C'est quand même une grande place, que j'ai dans la vie ! »


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  • Du navet de compétition!! D'une nullité abyssale, c'est peu de dire qu'on s'ennuie. Ce navet est d'un ennui mortel, c'est le cas de la dire. L'absence de scénario digne de ce nom est certainement à l'origine de ce naufrage...

    scénario: 2/20      acteurs: 8/20   technique: 16/20   note finale: 3/20

    Grand froid

    Dans une petite ville perdue au milieu de nulle part, le commerce de pompes funèbres d’Edmond Zweck bat de l’aile. L’entreprise ne compte plus que deux employés : Georges, le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme encore novice dans le métier. Un beau matin, pourtant, un mort pointe son nez. L’espoir renaît. Georges et Eddy sont chargés de mener le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Mais, à la recherche du cimetière qui s’avère introuvable, le convoi funéraire s’égare et le voyage tourne au fiasco.


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  • Une comédie très amusante sur le couple. Je ne peux en dire plus sans dévoiler le sel de ce film, donc je me tais.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Mon poussin

    Vincent, 18 ans, se fait larguer par Elina. C’est son premier amour, c’est la fin du monde ! Ses parents décident donc de prendre les choses en main et vont tout tenter pour lui faire oublier cette fille : il devra les suivre dans une cure de désintoxication amoureuse dont ils vont imaginer le programme…


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  • Une comédie jubilatoire qui se moque des intégristes de tout poil! Très réussi.

    scénario: 17/20      technique: 17/20    acteurs: 17/20    note finale: 17/20

    Cherchez la femme

    Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d'un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…


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  •  Un très beau film sur les liens familiaux. Les acteurs sont supers, c'est bien filmé et cela donne envie d'aller à la campagne.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Ce qui nous lie

    Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges.

    Ce qui nous lie, c'est une histoire de terroir, de racines qu'on ne peut jamais complètement ignorer, jamais complètement oublier. Tout démarre par le retour de Jean, après dix ans de silence, de rupture. Rupture avec sa famille, avec l'entreprise familiale, mais surtout avec un père rigoureux, sévère, omnipotent, issu d'une longue lignée de viticulteurs à la dent dure. Pourtant, lorsque Jean apprend que ce dernier n'a plus que peu de temps à vivre, le voilà qui réapparait, sourire hésitant aux lèvres, baluchon sur le dos, au bout de la route qui serpente au milieu des vignes. On a beau faire, on a beau partir loin, vous rattrapent un jour, tel un boomerang, les saveurs aigre-douces de l'enfance, ses égratignures. C'est la générosité d'un plat qui vous remémore ceux de grand-mère. C'est un peu de sang dans la bouche qui vous rappelle quelques inénarrables chahuts entre frangins. Ce sont les couleurs de l'automne sur les feuilles de vigne qui vous parlent des vendanges passées, ou le fumet d'un vin qui vous replonge vers les chais des ancêtres…Tous ces petits riens insignifiants qui peaufinent une personnalité, forment un goût, donnent envie de le partager.


    Il y a sans doute un peu de tout cela qui monte à la gorge de Jean quand il pénètre dans la vaste cour qu'il quitta gringalet à la peau douce pour y revenir en solide barbu que chacun peine quelques instants à reconnaître. L'accueil va être mitigé, entre joie exubérante pour les uns, tristesse et colère pour les autres. Si sa sœur Juliette aussitôt lui ouvre les bras, son petit frère Jérémie se montre sévère, ne voulant rien oublier, ni pardonner… Eux deux n'ont eu d'autre choix que de rester, de ne pas lâcher le domaine, d'assumer seuls les responsabilités qui incombaient à leur aîné. Mais les choses dures enfin dites, au besoin sans ménagement, il est clair qu'un même amour ne les a pas lâchés et anime leur parcours… L'amour du terroir, du travail bien fait, du vin qui raconte à chaque gorgée la vie des hommes, leurs choix, leurs sensibilités. Et avant qu'ils ne le formulent eux-mêmes, on commence à percevoir ce qui les lie… Sans réussir toutefois à imaginer si ce sera suffisant pour raccommoder les déchirures, rattraper les moments manqués, ni ce que sera la chute… En attendant on n'a plus envie de les lâcher et on va boire leur histoire jusqu'à la dernière goutte, comme étonnés de s'être si vite attachés à ces inconnus. Enivrés par leurs ivresses, leurs liesses communicatives, leurs coups de blues, leurs coup de gueules. Avec eux on se prendra à guetter les saisons. On rêvera de vendanges ! De « Paulée » !

    C'est fou le chemin que l'on va parcourir avec cette fratrie indomptable dans sa Bourgogne natale ! Un véritable conte initiatique parsemé de mots magiques : Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet, Meursault… Comme quoi il n'est pas forcément besoin de partir loin pour beaucoup voyager : les plus belles visites sont celles que l'on fait dans le cœur des hommes et des femmes, de leurs passions, de leurs envies de transmettre. Et à travers cette belle aventure profondément humaine, on sent que Cédric Klapisch nous parle de la sienne, qu'il est en train de nous susurrer qu'il en va de la paysannerie, de la viticulture, de tous les métiers artisanaux comme il en va de tous les arts et du sien également… Il y a là un cousinage qu'il ne renie pas. Un plaisir de déguster sans rien recracher, pas comme les gens trop policés aux culs et lèvres pincées ! Son plaisir, celui de ses acteurs est palpable, communicatif…


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  •  Ha, du cinéma comme je l'aime: on passe un bon moment et on apprend quelque chose. Un très beau film sur des héros méconnus de la résistance de la guerre 39/45. Bon scénario, bon acteurs et bien filmé.

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20  technique: 17/20  note finale: 17/20

    Nos patriotes

    Après la défaite française de l'été 1940, Addi Ba, un jeune tirailleur sénégalais s'évade et se cache dans les Vosges. Aidé par certains villageois, il obtient des faux papiers qui lui permettent de vivre au grand jour. Repéré par ceux qui cherchent à agir contre l'occupant et qui ne se nomment pas encore "résistants", il participe à la fondation du premier "maquis" de la région.

    En 2006, Gabriel Le Bomin nous avait raconté l’histoire des traumatisés de la première guerre mondiale dans Les Fragments d’Antonin. Un travail de mémoire, sensible et nécessaire, malheureusement toujours d’actualité, il n’est qu’à voir le nombre de films produits depuis lors sur les dégâts post-traumatique dont souffrent les soldats revenant des différents théâtres de guerre, Irak, Afghanistan…
    Le Bomin revient avec ce deuxième film sur un épisode mal connu, voire même inconnu, des premières heures de la Résistance, qui ne s’appelait pas encore ainsi en 1940. Il réhabilite ce faisant la mémoire d’un tirailleur sénégalais devenu un des chefs du maquis vosgiens. Cet homme s’appelait Addi Bâ, il était arrivé en France avec un précepteur colonial et avait vécu en Indre et Loire pendant un an avant de s’engager dans l’armée en 1939 et d’être incorporé au douzième régiment des tirailleurs sénégalais.

    Le film débute à l’automne 1940, la défaite est passée par là, et une cohorte de prisonniers, tous tirailleurs sénégalais – rappelons quand même que ce terme générique désignait tous les soldats venus des colonies et pas seulement ceux venus du Sénégal – sont conduits dans des ruines aux milieu d’une forêt vosgienne. Un officier allemand explique ce qu’il sont venus faire là. Ils vont participer au tournage d’un film de propagande destiné à montrer l’efficacité de l’armée du Reich. Les caméras sont en place, les mitrailleuses sont installées, les soldats allemands sont prêts à faire feu. On ordonne alors aux prisonniers de s’élancer vers la forêt, avec leur fusils déchargés. Pendant l’hécatombe qui s’en suit, Addi Bâ et quelques uns de ses camarades réussissent à prendre la fuite. La plupart ne survivront pas. Addi Bâ, s’en sort et est bientôt recueilli par une institutrice et son fils qui le cachent dans le grenier de l’école communale.
    Pour la population locale, la vie se complique aussi. Les Allemands ont envahi le pays, les règles se durcissent, les habitants s’en accommodent ou pas. Pour Christine, l’institutrice, la passivité ne va pas de soi. Au contraire de son mari, ancien combattant de la Grande Guerre, aux poumons cramés par les gaz, qui l’enjoint à ne se mêler de rien, à faire profil bas, voire à se montrer serviable avec l’envahisseur. Petit à petit, les mécontents se regroupent, s’organisent, prennent le maquis. On ne les appellent pas encore des résistants, ils sont des précurseurs. Quand Addi Bâ les rejoint, sa formation militaire en fait naturellement un des meneurs et instructeurs, et ça ne plaît pas à grand monde : il faut dire que certains autochtones n’ont même jamais vu un Noir de leur vie, alors si en plus il faut lui obéir… Pourtant, par sa fougue et son engagement, il va gagner petit à petit l’estime de ses compagnons d’armes…


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  • Un très beau documentaire sur un moine birman bizarre qui prône la haine et la mort des musulmans de son pays. Intéressant et effrayant.

    scénario: 18/20          technique: 18/20    note finale: 18/20

    Le vénérable W

    En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l'islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent.

    « La haine est certainement le plus durable des plaisirs… » (Lord Byron)

    Dans sa robe couleur safran, ce moine à l'air poupon, humblement assis face à la caméra, provoque d'emblée un élan d'empathie. D'autant qu'une religion qui ne s'embarrasse ni de dieux ni de maîtres pourrait a priori sembler constituer un bon rempart contre tous les intégristes monothéistes prêts à en découdre pour prouver que le seul bon dieu est le leur. Et si le bouddhisme, qui prône un amour sans limite envers tous les êtres, était la solution aux désordres du monde, du moins de ceux du Myanmar (ou Birmanie) ? On se laisse bercer par les paroles apaisantes qu'Ashin Wirathu prononce, son calme charismatique… On écoute sans déplaisir le récit vite brossé de son enfance, son arrivée dans un premier monastère… On verrait presque en lui une victime, un opprimé, devenu un cador de la méditation grâce à neuf ans dans les geôles de la junte militaire. Presque un héros non violent façon Gandhi en quelque sorte… À l'écouter… Puis une petite phrase dérape… Quelques mots mis bout-à-bout qui véhiculent une idéologie si diamétralement opposée aux mantras bienveillants qu'on se pincerait presque en se demandant si on a bien entendu. D'ailleurs le discours repart de plus belle sur les bienfaits de la bonté, de la compassion… C'est alors que notre bon bonze revient à la charge en accusant les Musulmans de « s'entredévorer comme des poissons ».


    Ces dangereux adorateurs d'Allah seraient également devenus aussi véloces que des lapins dans l'art de se reproduire. C'est « la stratégie du sexe » : violer et engrosser autant de femmes que possible pour multiplier leur sale engeance. Une manière imparable de conquérir le monde ! Dans la bouche d'un individu lambda ce serait juste détestable, grotesque… Dans la bouche de ce religieux révéré, ça glace les sangs ! Plus nul doute ne plane : nous voilà plongés dans la fange du racisme ordinaire. L'ennemi à abattre est désormais clairement désigné par Wirathu : c'est la part musulmane du peuple birman (4%), dont la petite minorité des Rohingyas venus jadis du Bengladesh… Méthodiquement, systématiquement, l'inénarrable bien plus que vénérable W. jalonne ses sermons d'invectives venimeuses qui insidieusement s'infiltrent dans les veines d'une société encore convalescente après tant d'années de dictature. Ainsi attise-t-il les braises d'une colère larvée, qui ne demande qu'à s'embraser au moindre incident. Et c'est ce qui ne tardera pas à se produire, comme on le sait… D'autant que Wirathu a créé autour de lui une organisation qui vise à être aussi performante que « la CIA, le Mossad »… Viennent alors les questionnements sur ceux qui avancent à couvert derrière ces illuminés… La place des autorités dans tout cela, celle du prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, celle des contrées occidentales ? À qui profitent ces crimes ?

    C'est un film extrêmement dérangeant, faussement neutre. Barbet Schroeder nous dispense de discours moralisateurs qui enfonceraient des portes ouvertes. Grâce à un montage méthodique, sans effet superfétatoire, où sont savamment agencées les interviews actuelles, les images d'archives, les vidéos d'amateurs, il anéantit nos repères, nous amène à analyser. Inutile de se fier à nos premières impressions, à nos sentiments qui nous tromperont plus d'une fois au fur et à mesure que le récit avance. C'est une spirale vertigineuse qui nous engloutit, presque physiquement. Fascinés, paralysés comme autant de petites souris apeurées devant l'énorme serpent. On a beau essayer de décortiquer l'incompréhensible, peut-être ne le comprendra-t-on jamais. Après tout l'inhumanité est aussi une composante de l'humanité.
    Le Vénérable W. vient achever brillamment ce que Barbet Schroeder appelle sa « Trilogie du mal » : le premier volet était en 1974 Général Idi Amin Dada : Autoportrait, le deuxième L’Avocat de la terreur, sur Jacques Vergès, en 2007.


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  •  Un très beau film sur l'assassinat d'Heydrich, même si on peut regretter certaines scènes inutiles.

    scénario: 15/20      technique: 16/20      acteurs: 17/20    note finale: 16/20

    HHHH

    L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la Solution Finale.

    Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés aux côtés de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich.

    Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire.


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  • Réussi. Le film est long mais on ne voit pas le temps passer. Le scénario est réussi, les acteurs sont bons et c'est bien filmé.

    scénario: 16/20       technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Wonder woman

    C'était avant qu'elle ne devienne Wonder Woman, à l'époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s'écrase sur l'île paradisiaque où elle vit, à l'abri des fracas du monde. Lorsqu'il lui raconte qu'une guerre terrible fait rage à l'autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu'elle doit enrayer la menace. En s'alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l'étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.


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  • Un joli film chorale réussi. Les dialogues sont plein d'humour. Les acteurs s'amusent autant que nous.

    scénario: 16/20    technique: 16/20   acteurs:16/20    note finale: 16/20

    Les ex

    Si Paris est la ville des amoureux, elle est aussi celle… des ex ! Antoine n’ose plus s’engager, Didier regrette son ex-femme, le père Laurent doit célébrer le mariage de son ex, Julie, Serge est harcelé par Lise, l’ex de sa petite amie du moment, tandis que Greg se console avec le chien… de son ex ! Autant de personnages dont les vies vont se télescoper dans un joyeux désordre et qui pourraient bien retomber amoureux ! Mais de qui ? Qu’ils nous obsèdent ou que l’on adore les détester, au fond, il est difficile d’oublier ses ex !


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  •  Sa vie était ennuyeuse et le film est ennuyeux: de ce point de vue, le film est une totale réussite. Le spectateur s'ennuie ferme aussi. Il aurait tout de même fallu dynamiser un peu tout cela. Je sais bien que la vie des femmes de l'époque était ennuyeuse, mais tout de même.

    scénario: 5/20             acteurs: 16/20        technique: 16/20  note finale: 5/20 (trop ennuyeux)

    Emily Dickinson, a quiet passion

    Nouvelle-Angleterre, XIXème siècle. Dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, la jeune Emily Dickinson ne cesse de se rebeller contre les discours évangéliques qui y sont professés. Son père se voit contraint de la ramener au domicile familial, pour le plus grand bonheur de sa soeur Vinnie et de son frère Austin. Passionnée de poésie, Emily écrit nuit et jour dans l’espoir d’être publiée.
    Les années passent, Emily poursuit sa recherche de la quintessence poétique. La rencontre avec une jeune mondaine indépendante et réfractaire aux conventions sociales ravive sa rébellion. Dès lors, elle n’hésite plus à s’opposer à quiconque voudrait lui dicter sa conduite.
    Personnage mystérieux devenu mythique, Emily Dickinson est considérée comme l’un des plus grands poètes américains. Il est des films, trop rares, qui vous retournent l'âme dès le premier plan et ne vous la rendent que lorsque la lumière se rallume, vous laissant hébété, avec l'impression d'avoir vécu une expérience artistique bouleversante. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Il est des portraits filmés d'artistes qui parviennent à approcher, à travers leur réalisation même, le génie de l'auteur évoqué. Emily Dickinson, a quiet passion est de ceux-là. Tout le monde ne sera pas d'accord, mais j'assume !

    Revenons à cette première séquence qui fait tout décoller : un pensionnat de jeunes filles dans la Nouvelle Angleterre puritaine du milieu du xixe siècle. C'est sans doute la fin de l'année, à l'heure des choix, et la directrice demande solennellement aux jeunes filles de réaffirmer leur foi. Toutes les pensionnaires s'exécutent, sauf une : elle proclame son droit de ne pas savoir, de douter. Un face-à-face s'engage qui se conclut par : « Mademoiselle Dickinson vous serez seule dans votre rébellion ! » Cette scène résume le destin de celle qui sera reconnue – seulement à titre posthume – comme une des plus grandes poétesses américaines. Emily Dickinson restera jusqu'au bout un esprit libre, refusant de se conformer aux injonctions de la religiosité ambiante, pleinement consciente de la condition sociale inférieure qui lui est faite en tant que femme. Mais elle passera le plus clair de sa vie au près de sa famille et gardera sa révolte pour elle, sans la transmettre au monde si ce n'est par ses poèmes. De là la réputation un peu absurde qui lui fut accolée de poétesse dépressive, voire dérangée – étiquette régulièrement collée au front des grandes artistes femmes. Elle vivra de plus en plus recluse, ne s'adressant même aux étrangers, à la fin de sa vie, qu'à travers l’entrebâillement des portes.
    Terence Davies restitue à Emily Dickinson toute sa complexité et fait même d'elle, du moins dans la première partie de sa vie, un être doté d'un humour redoutable, capable avec sa sœur et meilleure amie, suffragette particulièrement impertinente et cynique, de balancer des vannes vachardes et autres répliques assassines. Donc, aussi étonnant que cela puisse paraître, le film de Terence Davies est aussi un film drôle, aux dialogues délicieusement ciselés et incisifs, par exemple quand les deux sœurs remettent à leur place leur tante idiote et bigote.

    Le grand talent du réalisateur britannique est d'avoir réussi à intégrer à son récit les poèmes d'Emily Dickinson, faisant du film lui-même une œuvre poétique. Dès sa jeunesse, à peine le séminaire abandonné, Emily se levait chaque nuit pour écrire, avec l'espoir secret d'être un jour publiée. Ses interrogations bouleversantes, de plus en plus graves alors que l'âge avance, alors que la vie se fait cruelle, que ses proches disparaissent ou s'éloignent, rythment le récit. Et la mise en scène superbe de précision traduit bien le monde qui s'assombrit autour de la poétesse, avec cette scène inoubliable où l'on voit vieillir les protagonistes, ou ces inserts pour évoquer la guerre de Sécession, grande rupture dans la vie d'Emily Dickinson.
    À travers les couleurs, la lumière, la musique, le film suit les états d'âme et de création de l'artiste : lumière douce pour toute la première partie, la jeune femme semble être un modèle de Vermeer ; couleurs sombres pour la fin du film, contrastant avec les robes blanches que l'héroïne choisit de porter à la mort de sa mère…

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  •  Un thriller réussi avec plein de rebondissements mais à quoi bon? Un film inutile, qui ne sert à rien

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Conspiracy

    Ex-interrogatrice de la CIA, Alice Racine est rappelée par son ancien directeur, Bob Hunter, pour déjouer une attaque imminente sur Londres. Face à un adversaire brutal et tentaculaire, Alice reçoit l’aide providentielle de son ancien mentor, Eric Lasch et d’un membre des forces spéciales, Jack Alcott. Mais elle réalise rapidement que l’agence a été infiltrée. Trahie et manipulée, elle va devoir inventer de nouvelles règles pour faire face à cette conspiration.


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  • J'aime le cinéma quand on apprend quelque chose, quand le scénario est intéressant et que c'est bien filmé. C'est exactement le cas de ce film. L'histoire de Lou Andréas Salomé est passionnante et la réalisatrice parvient à nous faire entrer dans son univers.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20     technique: 17/20    note finale: 17/20

    Lou Andreas Salomé

    Lou Andreas-Salomé, égérie intellectuelle, romancière et psychanalyste, décide d’écrire ses mémoires…
    Elle retrace sa jeunesse parmi la communauté allemande de Saint-Pétersbourg, marquée par le vœu de poursuivre une vie intellectuelle et la certitude que le sexe, donc le mariage, place les femmes dans un rôle subordonné. Elle évoque ses relations mouvementées avec Nietzsche et Freud et la passion qui l’a unie à Rilke. Tous ses souvenirs révèlent une vie marquée par le conflit entre autonomie et intimité, et le désir de vivre sa liberté au lieu de seulement la prêcher comme ses confrères…

    « Je ne puis vivre selon un idéal, mais je puis vivre certainement ma propre vie. En agissant ainsi, je ne représente aucun principe mais […] quelque chose qui est tout chaud de vie et plein d’allégresse. » Une bouffée de liberté traverse l’écran, une présence magnifique habite le film, un esprit vif argent, une vie captivante. Force et beauté. Et une liberté pure, brute, que Lou von Salomé taille comme un diamant tout au long de sa vie avec comme seuls outils une intelligence prodigieuse, au service d’une soif insatiable de connaissance, et une énergie digne de l’ensemble des volcans japonais. Une séquence marquante du film nous plonge dans le regard de l’actrice incarnant Lou au moment où, alpaguée par le nazisme montant, cloîtrée dans sa demeure, elle décide d’écrire, avec l'appui d'un jeune éditeur, ses mémoires. On voit valser dans ses yeux la vitalité, l’énergie sereine d’une vie qui a été portée avec conviction, joie et liberté.
     
    Projet de longue date de Cordula Kablitz-Post, ce premier film entend mieux cerner cette femme que l’on connaît souvent uniquement à travers les hommes dont elle a croisé le chemin. Lou von Salomé est allemande d'origine russe, née en 1861 à Saint-Petersbourg, benjamine et seule fille d’une fratrie de 6 enfants. Elle étudie la théologie et la philosophie, parle plusieurs langues, devient essayiste, romancière, psychanalyste… Le film restitue cet étonnant parcours entre classicisme et stylisation – les transitions de la vie de Lou se figent sur fond de cartes postales – pour traduire au mieux à l'écran cette personnalité foisonnante, complexe, influente, souvent conflictuelle.

    On a rarement vu une vie jalonnée de relations aussi riches. Lou fut la partenaire intellectuelle, d'égale à égal, de Nietzsche, Rilke, Freud ! Mais aussi de l'orientaliste Friedrich Carl Andreas (de quinze ans son aîné, dont elle accepta de devenir l'épouse à la seule condition que ce mariage ne soit pas consommé…), de Rée, Wedekind, Schnitzler, Hofmannsthal…

    Tous ces hommes brillants, elle les a inspirés, envoûtés, éveillés et rendus à euxmêmes. L’œuvre qu’elle laisse fait le récit de ces relations (Journal, Mémoires, récits, nouvelles, articles de presse, « Lettre ouverte à Freud », contributions à la psychanalyse naissante, un essai sur Nietzsche). Elle avait des amis partout dans le monde, grande voyageuse, randonneuse acharnée malgré sa santé chancelante. Âme forte à la gaieté étonnante. On imagine cette défricheuse d'idées discuter philosophie dix heures par jour avec Nietzsche. Arpenter la poésie de Rilke, qui fut son amant. On la suit, lisant ses œuvres dans les salons littéraires, portée par une activité intellectuelle frénétique. Introduite dans le cercle d’intellectuels brillants, d’artistes et d’écrivains tenu par Malwida von Meysenbug, une des organisatrices du mouvement féministe.

    Cette intelligence dangereuse (comme Freud la qualifia) est pourtant fort peu connue hors du milieu psychanalytique. Ce film nous donne l’occasion d’approcher la vie et les idées d’une femme extrêmement en avance sur son temps. Une femme qui rompt avec le mythe de la femme muse inspiratrice, qui conquiert une autonomie et une indépendance totales, une émancipation de la domination masculine autant sur le plan sexuel que psychologique. « Le monde ne te fera pas de cadeau. Crois-moi. Si tu veux avoir une vie, vole-la. »


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  •  Encore un film réussi sur trois jeunes arabes qui vivent en Israël et qui essaient de trouver leur voie en amour.

    scénario: 17/20     technique: 17/20     acteurs: 17/20    note finale: 17/20

    Je danserai si je veux

    Layla, Salma et Nour, 3 jeunes femmes palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin du carcan de leurs villes d'origine et à l'abri des regards réprobateurs. Mais le chemin vers la liberté est jalonné d'épreuves…

    C’est un trio improbable, né de l’urgence sociale, bricolé d’abord par la nécessité et puis auquel viennent s’ajouter la tendresse, l’amitié, la fraternité, la solidarité. Trois jeunes nanas aux histoires et aux parcours différents, aux aspirations diamétralement opposées, aux origines sociales ou religieuses éloignées, mais réunies par un désir vital de liberté.
    Laila et Salma, deux jeunes Palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin de leur village natal et de ses carcans. Elles sont jeunes, elles sont libres et profitent des plaisirs nocturnes de la ville sans tabou ni entrave, symbole percutant et joyeux de cette jeunesse polyglotte, ouverte et désireuse de changer la société. C’est la jeunesse des printemps arabes, qui prône les échanges, le partage, l’ouverture, la jouissance et plus important encore : la liberté.

    Suite au mariage d’une troisième colocataire, Nour, étudiante en informatique, débarque un matin dans l’appartement pour occuper la place vacante. Discrète et studieuse, pudique et voilée, Nour ne souhaite qu’une chose : pouvoir étudier en toute tranquillité et recevoir de temps en temps, en toute chasteté, son fiancé. Nour va bientôt se marier mais pour l’heure, elle est surtout concentrée sur ses examens. Chacune vit sa vie sans porter de jugement sur celle des autres, elles se croisent parfois, au petit matin, autour d’un café, parfois elles se parlent et parfois pas, elles ont appris à respecter leurs choix, leurs rythmes de vie autant que leurs envies.
    Laila est sans doute la plus libre. Elle est avocate et traite aussi bien ses affaires en arabe qu'en hébreu, elle fait exactement ce qu’elle veut, s’habille comme bon lui semble en maitrisant d’une poigne de velours sa destinée. Elle est belle, sexy, sensuelle, insoumise, volontaire, rebelle et si elle aime, c’est selon ses règles. Salma est DJ amateur et vivote de petits boulots en petits boulots : cuistot, barmaid, elle a trouvé à Tel Aviv le bouillonnement culturel et musical qui correspond à sa curiosité, à ses élans. Mais quand elle retourne dans son village, elle redevient la petite fille bien docile qu’elle était, écoutant sans broncher le discours de ses parents qui veulent la marier très vite et n’ont de cesse de lui présenter des garçons bien sous tous rapports. Mais les apparences sont souvent trompeuses…
    Nour quant à elle se pose bien des questions. Ses études sont un moyen pour elle de s’affranchir du système patriarcal dans lequel elle a toujours évolué mais elle pressent bien que son futur mari préfèrerait la voir derrières ses fourneaux plutôt que dans un bureau. Si elle pouvait être docile, aimante et silencieuse, ce serait la femme idéale… Mais la femme idéale, c’est peut-être celle qui a décidé de danser, ou pas. Suite à une rencontre, un événement qui sera peut-être doux comme un baiser ou violent comme une claque, elles vont chacune être rattrapée par la terrible réalité d’une société pleine de conservatismes et de tabous.

    C’est cette société que Maysaloun Hamoud tente de secouer et de faire évoluer à travers ce film lumineux, éminemment féministe et engagé. Membre de « Palestinema », un groupe de jeunes cinéastes dont le but est de faire connaître la culture arabe dans une société où elle est très minoritaire, son engagement artistique n’est pas sans rappeler celui de Ronit Elkabetz, voir même de Nabil Ayouch dont les héroïnes de Much Loved pourraient être les cousines de cœur de Laila, Selma et Nour. Et pour ne rien gâcher, la bande son, issue de la scène underground palestinienne, est particulièrement soignée… et vous donne une furieuse envie de bouger.


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  • Un très beau film plein d'espoir. Les acteurs ont  été très bien choisis et jouent à merveille. Une belle réussite.

    scénario: 18/20        technique: 18/20      acteurs:18/20     note finale: 18/20

    le chanteur de gaza

    Un jeune Palestinien prend son destin en main pour réaliser son plus grand rêve : chanter.

    L'histoire – bien réelle – que raconte Le Chanteur de Gaza est un de ces contes trop rares qui réchauffent le cœur des peuples en souffrance. Mohammed Assaf est un enfant de Gaza, un gamin ordinaire dans ce micro-territoire le plus densément peuplé au monde. Né en Lybie en exil (le village de ses ancêtres est un de ceux qui furent détruits par les Israéliens lors de la Nakba en 1948) mais grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis. Enfant heureux, de parents aimants appartenant à la classe moyenne (sa mère est professeur de mathématiques), qui gagne un peu d'argent de poche en chantant de temps en temps avec sa sœur et quelques copains, dans la rue puis dans des mariage. Et qui se débat avec son petit groupe pour trouver de quoi se payer un peu de matériel de musique. Une enfance un peu tumultueuse mais somme toute heureuse jusqu'à ce qu'un drame vienne endeuiller la famille… Toute la première partie du film décrit de manière à la fois joyeuse et réaliste le quotidien de ces enfants palestiniens qui pourraient être les alter ego d'un Antoine Doinel dans Les 400 Coups.

    La deuxième partie suit Mohamed désormais adulte et devenu chauffeur de taxi, qui a fait un trait sur la plupart de ses rêves d'enfant. Mais les circonstances qui dirigent la vie des hommes vont le pousser à reprendre le micro, avec la seule ambition de se produire sur des scènes locales. Mais le succès dépasse ses espérances et avec les encouragements de tous ses amis va naître un rêve fou : concourir pour l'émission « Arab Idol », l'équivalent moyen oriental de nos télé-crochets à succès « The Voice » ou « Nouvelle Star ». Autant dire que ce ne sera pas facile : tout est plus compliqué quand on est un jeune Gazaoui sans le sou. Les liaisons internet pour les présélections en visioconférence sont aléatoires et peuvent dépendre d'un groupe électrogène au fonctionnement chaotique, même quand on veut communiquer avec la Cisjordanie si proche. Se rendre en Égypte pour la sélection est une expérience longue et pleine de dangers : le passage des checkpoints, la corruption obligatoire des officiels… Et quand on arrive enfin à l'hôtel cairote qui accueille la compétition, comment réussir à faire partie des sélectionnés quand une foule de candidats potentiels fait la queue depuis des jours ?

    On suit donc Mohammed qui franchit les différentes étapes de la compétition (que les allergiques aux télés-crochets se rassurent, là n'est quand même pas le nœud du film) et ce qui est formidable, c'est l'engouement que va créer son parcours dans tout le peuple palestinien, même à Gaza où en théorie le Hamas condamne la futilité de ce genre de compétitions musicales : on verra pourtant des cadres du très sérieux mouvement islamiste se débrouiller pour ne louper aucune des émissions au cours desquelles Mohammed Assaf se produit. Car Mohammed n'est pas juste un crooner de charme, il n'hésite pas à venir sur les télés arabes chanter la résistance de son peuple et ainsi galvaniser tous les téléspectateurs autour de la cause gazaouie. Et Le Chanteur de Gaza, très chouette film palestinien pour une fois visible par tous, toutes générations confondues, s'avère un joyeux chant de résistance, hommage à la liberté, à la vitalité, à la détermination de la jeunesse palestinienne.


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  • Une comédie très réussie de Reem Kherici. On rit, on s'amuse et on passe un bon moment même si ça ne vole pas très haut.

    scénario: 17/20    technique: 17/20     acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Jour J

    Mathias et Alexia sont en couple depuis des années, et pour la première fois, il la trompe avec Juliette, une wedding planer... Quand Alexia découvre la carte de visite de Juliette dans la poche de Mathias, il perd ses moyens, il bafouille... Elle comprend tout de suite : Juliette est une organisatrice de mariage, il veut donc l'épouser ! Elle dit "OUI". Sans le vouloir, Mathias va se retrouver au milieu de sa "femme" et de sa "maîtresse", contraint d'organiser son mariage imprévu !


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  •  Ouai, bof. Je n'aime pas les histoires de cinglés. Donc je n'aime pas ce film qui est trop bizarre à mon goût. Un scénario alambiqué n'est que le prétexte à des scènes pornos pas vraiment justifiées. on peut s'en passer.

    scénario: 5/20   acteurs: 10/20    technique: 16/20  note finale: 7/20

    L'amant double

    Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

    Comment se réinventer à chaque film ? Quelques mois seulement après la sortie de son précédent opus, François Ozon remet du gaz dans ses turbines à fiction, pousse le manche à fond et le curseur dans le noir foncé… Lointainement inspiré d’un obscur roman policier de Joyce Carol Oates (publié sous le pseudo de Rosamond Smith), L’Amant double décrit à sa manière les paradoxes d'Ozon, sa gémellité avec un autre lui-même, tordu et alambiqué, quand son apparence tenterait de nous vendre un premier de la classe, gendre idéal et auteur mainstream divertissant. Après l’œuvre romanesque à laquelle se prêtait un fiévreux Pierre Niney dans Frantz, voici une histoire qui invite à des lectures superposées du réel et s’amuse à nous embrumer de ses fausses pistes.
    Une jeune femme, Chloé, en proie à d’importantes poussées dépressives, débute une psychothérapie. Proie idéale d’un bon vieux transfert, elle tombe raide dingue de Paul, son psy, et s’installe bientôt avec lui. Mais, intriguée par plusieurs incohérences biographiques de son amant, elle en vient à s’interroger sur une possible double vie de celui-ci. Réalité ou fantasme ?

    Ce n’est pas tant, dans L’Amant double, les ressorts de l’intrigue qui nous accaparent que la savante horlogerie scénaristique qui va faire basculer ce thriller érotique en une fable tordue sur les pouvoirs de l’imaginaire et la transcendance dans la névrose. Orchestré comme une véritable enquête policière (mais une enquête intime où le corps serait autant l’objet du crime que son arme fatale), le film déroule son programme de révélations avec une science toute chirurgicale. Aux images rassurantes du petit couple modèle (la belle jeune fille idéaliste et le psy attentif) succèdent peu à peu les séquences enfonçant l’intrigue dans un trouble de plus en plus intense et volontiers malsain… Que veut exactement Paul ? Quel est le sens de ce passé qu’il tenterait, selon Chloé, de cacher ? Où se situe la ligne de démarcation entre le réel et le fantasme ?
    Comme toujours chez Ozon, l’image est belle et l’auteur applique ce bon vieux précepte : plus l’histoire s’enfoncera dans le malsain et l’inquiétude, plus l’esthétique générale devra être léchée et rassurante. Lignes claires, symétries harmonieuses et torsions mentales meurtrières… Et, comme souvent chez l’auteur, les références cinéphiliques deviennent vite un moteur créatif : Hitchcock pour la précision mécanique, Polanski pour le désordre domestique et Cronenberg pour tout ce qui pourrait relever du spoiling si nous allions plus loin… Disons juste que, en cette affaire, rien ne pourra nous rassurer dans ce que nous avions envisagé et que le tandem Marine Vacth/Jérémie Rénier s’amusera à nous laisser croire à ce que la bande-annonce avait tenté de nous vendre…

    Film raté qui invite l’inconscient au banquet des amours frustrées, poème tordu pointant les bases cliniques de la passion, fable sexuelle qui joue des faillites du désir et des charmes menteurs de la possession, L’Amant double est sans doute le plus ozonien des films de son auteur. Peut-être même un film sur le rapport à son œuvre et à la lecture contradictoire qui en est faite par le public, la critique et son auteur. Et il assène cette vérité aussi fascinante que dérangeante, l’une des multiples définitions du cinéma : un plaisir solitaire vécu en groupe où l’on croit regarder les plaies du héros quand ce sont ces mêmes plaies qui nous regardent…


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  • Voici un biopic très réussi avec une image, une réalisation, et des décors et costumes au top. Lindon habite son  personnage. par contre il est plus difficile de succéder à Isabelle Adjani dans le rôle de Camille Claudel. Une belle réussite malgré tout. Après c'est du Doillon, donc si vous aimez les films d'action, Rodin ne vous plaira pas.

    scénario: 18/20      technique: 19/20    acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    Rodin

    À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’Etat : ce sera La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme le Baiser et le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face et au refus et à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne.
    À 60 ans, enfin reconnu, il devient le sculpteur le plus célèbre avec Michel-Ange.

     Rodin, formidable personnage dont Lindon semble être le double, tourmenté, passionné, acharné au travail et amoureux de la glaise qui le rattache à cette terre… matériau que Rodin place avant tous les autres dans sa hiérarchie personnelle, devant le bronze, la pierre, le bois, l'or même. Une glaise qu'il pétrit, caresse, frappe, plie, bat revenant sans cesse sur son ouvrage, des mois, des années, jamais satisfait… à quel moment une œuvre a-t-elle atteint sa plénitude ?


    Paris 1880, quand commence le film, le talent Rodin commence à être remarqué et il reçoit à quarante ans sa première commande de l'État, initialement destinée au Musée des arts décoratifs : la porte de l'Enfer, inspirée par « L'Enfer » de Dante où souffrent pour l'éternité les hommes punis pour avoir cédé à leurs passions, le deuxième cercle étant réservé à ceux qui se sont laissés emporter par leurs désirs charnels, bousculés pour l'éternité par un tourbillon venteux qui semble animer cette œuvre gigantesque de 6 mètres sur 4 qu'il retouchera jusqu'à sa mort et qui ne sera fondue en bronze qu'une dizaine d'années après sa disparition.
    Rodin, le sensuel, l'infidèle, restera toute sa vie avec la même femme, Rose Beuret, rencontrée alors qu'à vingt ans elle était apprentie couturière. Elle devint son modèle, puis leur relation devint plus routinière. Grande fille terrienne à la forte présence, c'est elle qui entretenait l'atelier, préparait à manger pour tous ceux qui venaient travailler avec le Maître et les maternait tous, fidèle à cet homme impossible à combler et qui n'a jamais cessé jusqu'à son dernier souffle d'être amoureux des femmes : quand Camille Claudel vient le voir dans son atelier, elle ne veut rien d'autre que sculpter. Il a 42 ans, elle en a tout juste 19, elle est pleine de vie et sa fantaisie joyeuse, l'intensité de son regard séduisent Rodin autant que son talent. Elle sera sa muse, son apprentie, sa collaboratrice, sa maîtresse… Suivront dix ans de passion partagée, d'admiration réciproque, de complicité auxquels Camille mettra un terme.
    « Je suis venu chez vous, lui dira celui qui fut un temps son secrétaire, Rainer Maria Rilke (qu'on retrouve dans le film Lou Andreas-Salomé dans cette même gazette), pour demander comment il faut vivre. Et vous m'avez répondu : en travaillant ». Une réponse que Doillon reprend à son compte, dans un film exigeant tourné dans les lieux mêmes ou vécut Rodin : sa maison de Meudon. On imagine qu'il n'est pas anodin de se glisser ainsi dans des lieux empreints d'une telle présence : le lit qui trône dans la chambre était celui de Rodin, il mangeait assis à la table de la salle à manger et l'atelier où Lindon s'affronte à la glaise est celui où il travaillait, accueillait ses assistants, ses visiteurs… on imagine qu'il ne pouvait que se produire une forme d'identification qui se ressent à travers des images dont les couleurs ne sont jamais agressives, mais sensuelles, fortes et douces. Troublant voyage dans le temps que la vision de la silhouette de Lindon rend encore plus concret tant il semble « ancré au sol », familier de ce décor.

    Toutes les œuvres du film ne sont pas des originaux, mais des reproductions réalisées par une dizaine de sculpteurs qui restituent les étapes et mécanismes de la création avec toutes les techniques qu'utilisait Rodin : assemblage, fragmentation, agrandissement : ne pas trahir les gestes, donner à sentir l'œuvre de création en train de naître. Le musée Rodin a ouvert son immense documentation, prêté sculptures, outils ou accessoires, ajoutant à la touche poétique et humaine un petit plus d'authenticité.


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  •  La Valérie Lemercier que nous aimons est de retour!! Une comédie très réussie!

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20     note finale: 17/20

    Marie-Francine

    Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents... ... à 50 ans ! Infantilisée par eux, c'est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu'ils vont lui faire tenir, qu'elle va enfin rencontrer Miguel. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu'elle. Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question...

    Valérie Lemercier est épatante dans la peau de Marie-Francine, grande fille un peu lunaire, décalée et attachante, désespérément incapable d'avoir l'air d'avoir la maturité qui sied habituellement aux femmes de son âge. Le nez rivé à son microscope, à observer des microbes s'agiter, elle n'a pas vu filer le temps, prenant la vie comme elle venait sans compter les heures ni les ans, satisfaite de son petit bout de bonheur, sans désir d'un ailleurs…
    Mais il y a des jours où tout se met de traviole, les catastrophe s'enchaînent, tout se déglingue sans qu'on ait anticipé une seule seconde : ravie de voir son mari chéri venir la chercher au boulot, elle tombe sur ses jolies fesses quand il lui annonce qu'il prend la tangente pour une minette de 32 ans qu'elle n'avait même pas remarquée. Elle n'a pas encore séché la grosse larme qui lui brouille le microscope que, dans la foulée, son patron la vire sans ménagement !

    Notre Marie-Francine se retrouve donc, presque du jour au lendemain, en quête d'un toit et d'un nouveau job pour son cinquantième anniversaire… Une aventure que beaucoup connaissent par les temps qui courent puisqu'il est devenu banal que les grands enfants, rendus au chômage et au célibat, retournent chez leurs vieux parents… même qu'une sociologue canadienne les a baptisés « la génération boomerang » : en 2013, sur 4,5 millions de majeurs vivant chez leurs géniteurs, plus d'un million avaient vécu seuls avant de revenir aux sources pour une durée indéterminée… et le nombre ne cesse depuis de croître.
    A-t-on idée de s'appeler Marie-Francine ! On se doute qu'avec un nom pareil, elle a les parents assortis : une mère déjantée ravie de reprendre du service et de ressortir les vieilles gâteries infantilisantes comme si la puberté de fifille avait commencé hier, tandis que pépère grogne en permanence, vu que son train-train s'en trouve perturbé. Pas question d'ailleurs de changer leurs habitudes et de rendre sa chambre de jeune fille à Marie Francine, vu que maman y a pris ses quartiers, loin des ronflements d'un mari accro à la télé, pas fâchée d'une indépendance dont elle use avec ravissement… Et les deux s'accordent pour tenter de recaser au plus vite l'esseulée avec un gentil mari qui la prendrait en charge, organisant des rencontres qui énervent beaucoup Marie-Francine ramenée au rôle d'adolescente attardée.
    Faute de trouver du boulot, elle finit tout de même par accepter de prendre du service dans la boutique de cigarettes électroniques dont ses parents lui jurent que c'est un métier d'avenir. De fait c'est là qu'elle va rencontrer Miguel, un gentil type, pas crétin du tout qui, comme elle, perdant sa copine et son boulot, est retourné vivre chez ses parents, adorable couple de travailleurs portugais à la retraite. Il n'ose pas trop lui parler de ce retour obligé au bercail, pas plus qu'elle ne l'avoue… et il n'a rien du gendre idéal dont les parents de Marie-Francine rêvaient.

    C'est fendard, mais c'est aussi touchant et juste, et Valérie Lemercier réussit là un joli film dans l'air du temps, un film « à la fois personnel et populaire, Lemercier soigne les détails de sa mise en scène comme on polirait un bijou fantaisie… ». C'est le Monde qui l'écrit et on ne saurait mieux dire, on ajoutera simplement que les parents – Hélène Vincent et Philippe Laudenbach – sont formidables et drôles, et Timsit tout à fait convaincant dans un rôle de garçon qui n'a pas les caractéristique du prince charmant, mais ferait craquer la plus pimbêche des filles… avec une sorte de présence qui s'impose en douceur et en bienveillance. Quant à Valérie… on l'adore, juste, émouvante, même quand elle nous fait rire.


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