•  Encore un film de "jeunes" mais il est bien plus réussi que "les affamés" qui était tout simplement ridicule. Les jeunes sont en coloc et évidemment, il y a des problèmes. Certaines répliques font mouche  et certaines situations sont amusantes. On a connu pire comme film.

    scénario: 14/20    acteurs: 14/20     technique: 16/20   note finale: 14/20

    Tamara Vol.2

    Tamara est séparée de Diego depuis deux ans. Elle quitte enfin le nid pour vivre l'aventure étuidante à Paris avec sa copine Sam. En galère d'appartement, elles acceptent une coloc avec Wagner. Problème : Diego fait partie du lot, et il n'est plus célibataire ! Pour Tamara, qui rêve d'oublier sa petite vie de province, ça commence mal... Et tout se complique lorsqu'elle flashe sur James, le mec parfait : étudiant-photographe-mannequin-DJ canon, star des réseaux sociaux ! Pour l'approcher, elle va devoir devenir populaire et jouer dans la cour des grandes... Tout ça sous le regard de Diego... Entre la fac, l'ex, le futur-ex et des parents toujours sur son dos, il va falloir faire les bons choix !


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  • Bof. C'est ennuyeux plus qu'autre chose et je ne parle pas du jeu approximatif des acteurs... Louane s'agite plus qu'elle ne joue.  Le scénario n'est pas terrible. Louane Emera joue les premiers rôles dans une comédie générationnelle qui manque singulièrement de mordant et de crédibilité. Adaptation, par son auteur, d’un roman à succès, cette chronique sans saveur sur la difficulté d’être jeune en France ne prend jamais le pouls réel de son sujet, et semble surtout représenter une jeunesse à laquelle heureusement personne ne veut s’identifier. Léa Frédeval nous rappelle que vendre des livres ne fait pas de vous une réalisatrice. Mais pourquoi tout sonne faux ? Ils ne sont jamais crédibles, ces diplômés bien lisses qui conversent de leur absence d'avenir dans un appartement cosy, entre des amourettes de bazar. En Che Guevara 2.0, Louane Emera ne convainc pas. Je n'ai pas lu le livre mais franchement, le film ne donne pas envie de le faire.

    scénario: 10/20        acteurs: 10/20     technique: 10/20   note finale: 10/20

    Les affamés

    Zoé a 21 ans. Et Zoé en a sa claque d'entendre « c'est normal, t'es jeune ! ». Alors qu’elle emménage en colocation, elle prend conscience qu’elle n’est pas seule à se débattre entre cours, stages et petits boulots mal payés. Déterminée à bouleverser le complot qui se trame, elle unit autour d'elle une génération d'affamés. Ensemble, ils sont bien décidés à changer les choses et à faire entendre leur voix !


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  • Un très beau film tout en nuances mais il y a vraiment des scènes de sexe explicites et il devrait être interdit au moins de 12 ans. Intéressant. Un film magnifique et profond sur le prix de la liberté à travers une histoire d'amour poignante. "Désobéissance" traite, sans jamais tomber dans le pathos ni le voyeurisme, du deuil, de la dévotion à la religion, de la transgression et de l’homosexualité. Le trio d’acteurs explose par la puissance de son jeu et l’émotion gagne le spectateur, jusqu’à un épilogue libérateur.

    scénario: 16/20         acteurs: 16/20      technique: 16/20   note finale: 16/20

    Désobéissance

    Une jeune femme juive-orthodoxe, retourne chez elle après la mort de son père. Mais sa réapparition provoque quelques tensions au sein de la communauté lorsqu'elle avoue à sa meilleure amie les sentiments qu'elle éprouve à son égard...

    Tout comme Gloria et Une femme fantastique, les deux films précédents et de belle mémoire de Sebastián Lelio, Désobéissance reflète une humanité complexe, riche de ses contradictions, assoiffée de libre arbitre donc de transgression. Aucun personnage n’est laissé à l’abandon. L’œil de la caméra les débusque, attentive, au plus profond de leurs retranchements secrets. Il sait décrypter l’empathie sous un regard colérique, les plus infimes fêlures sous un sourire radieux, la fragilité qui fissure une chape d’assurance. Il dévide chaque histoire intime jusqu’à illustrer un propos universel, qui les dépasse toutes et nous touche en plein cœur.
    Ce jour-là, les derniers mots du rabbin Krushka résonnent au fond de la petite synagogue londonienne de façon surprenante. Loin des discours en usage dans cette communauté juive sévèrement orthodoxe, ils sont un appel au respect de la liberté de choix de chacun. Ils nous poursuivront tout au long du récit, pour prendre toute leur ampleur lors d’un épilogue qui les transformera en véritable testament, un appel à la vie.
    De l’autre côté de l'océan, à Manhattan, un coup de téléphone sonne le glas d’une possible réparation, d'une éventuelle paix intérieure dans la vie de Ronit. La photographe reconnue qu'elle est perd soudain toute son assurance. La voilà submergée par une étrange agitation intérieure. Sans qu’une parole soit prononcée, on perçoit sa peur du vide, une solitude trop grande pour être noyée dans un verre d’alcool ou dans les bras d’un amant de passage. On comprendra bientôt que le rabbin Krushka était son père et que les deux ne se sont pas séparés dans les meilleurs termes. Est-on un jour finalement libéré de sa famille, de ses racines, de tous ces mots d’amour qu’on a fait taire au profit de la colère ?

    Lorsqu’elle débarque sans prévenir dans la communauté endeuillée, Ronit n'est guère mieux reçue qu’une brebis porteuse de la gale. Seul Dovid l’accueille les bras ouverts, enfin presque, puisqu’il lui est interdit ne serait-ce que de frôler le corps d’une autre femme que la sienne. Si les gestes ne sont pas là, les regards échangés en disent long sur leur amitié passée. C'est le seul appui de la revenante face à l’hostilité ambiante : si tous restent polis, les langues se délient, venimeuses, malgré les inévitables formules de politesse. « Que ta vie soi longue ! » lui dit-on, alors que les esprits semblent vouloir la réduire au néant où elle avait sombré après tant d’années d’absence. D’ailleurs, ni le faire part de décès ni le testament du paternel ne la mentionnent, comme si elle n’existait plus ou, pire, comme si elle n’avait jamais existé. On mesure un peu plus à chaque instant à quel point Ronit, reniée par l’ensemble de son ancien entourage, a perdu son statut de fille légitime tandis que tous considèrent Dovid comme le fils spirituel du Rabbin Krushka, l’héritier de ses enseignements, leur futur rav…
    Alors que si peu osent regarder Ronit en face, il y en a une qui l’observe souriante, réservée, anxieuse sous sa perruque qui conserve méticuleusement cachés ses cheveux et ses pensées. Esti… Voilà le trio inséparable de jadis, Dovid, Ronit et Esti, à nouveau réuni dans la même pièce. Entre temps Esti est devenue la femme de Dovid. Les murs semblent les épier comme à l’affut des signes précurseurs d’une violente tempête.

    Si les liens qui unissent ces trois-là restent tout d’abord mystérieux, on découvrira que les deux filles sont celles par lesquelles le scandale est arrivé. Un scandale impossible à pardonner, malgré les années d’absence, malgré la docilité ostentatoire d’Esti, devenue un parangon de vertu, un exemple pour toute une société rigide et ultraconservatrice qui n’admet pas qu’on sorte de ses rangs. Mais entre Ronit et Esti, l'amour est toujours là, synonyme de désobéissance…


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  •  J'ai adoré. le scénario est très original et les dialogues sont bourrés d'humour à tous les degrés. les acteurs sont fantastiques. On rit de bon coeur. Cette comédie est très réussie.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 17/20

    Christ(off)

    Le Père Marc souhaite récolter des fonds pour construire un hôpital pour enfants en Haïti. Avec son groupe de musique chrétienne, il organise une tournée dans toute la France. A 33 ans, Christophe vit encore chez sa mère. Chanteur raté mais guitariste de talent, il croise le chemin du Père Marc qui le recrute. Condition sine qua non : Chris doit se faire passer pour un membre du clergé ! Planqué sous une soutane, au sein de son groupe d’Apôtres un long chemin de croix commence alors pour Christ(Off)…


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  • Encore un excellent film qui sort cette semaine. J'ai adoré les précédents films de cette réalisatrice, et celui-là est à la hauteur des précédents. Un film étonnant, très réussi, porté par l’interprétation de Golshifteh Farahani (Mona) et surtout par celle de la comédienne israélienne Neta Riskin, remarquable de retenue dans le rôle de Naomi.On passe d'une surprise à l'autre et la fin est ...

    scénario: 18/20           acteurs: 18/20           technique: 18/20       note finale: 18/20

    Le dossier Mona Lina

    Mona, libanaise, est soupçonnée par le Hezbollah d’être une informatrice des services secrets israéliens. Craignant qu’elle soit démasquée, le Mossad l’exfiltre vers l’Allemagne et lui fait changer de visage. Pendant deux semaines, le temps de se remettre de son opération, ils la cachent dans un appartement à Hambourg. Naomi, agent du Mossad, est chargée de lui tenir compagnie et de la protéger. Mais le Hezbollah est à la poursuite de Mona et la planque ne s’avère pas aussi sûre que prévu...

    Du réalisateur Eran Riklis, on retient avant tout Les Citronniers, très beau film dans lequel Hiam Abbas excellait particulièrement. Mais on garde également en tête La Fiancée syrienne ou encore Mon fils… Le point commun qui relie toutes ces œuvres est le soin particulier que le réalisateur prend à dépeindre ses héroïnes, à se placer depuis leur point de vue, leur univers intime. Il leur donne ainsi un espace essentiel qui lui permet de brosser de beaux portraits de femmes, dans toute leur ampleur et leurs contradictions. Le Dossier Mona Lina est une plongée toute féminine dans les secrets dessous des services secrets israéliens, un thriller qui se déroule presque à huis-clos.

    Naomi (Neta Riskin) est un agent du Mossad qui, au tout début de l’histoire, n’aspire qu’à une chose : tourner la page sur ses années de bons et loyaux services. Rester pénarde dans son foyer, se permettre enfin une routine douillette qu’elle a depuis trop longtemps mise de côté. Regarder son ventre se tendre quand l’insémination artificielle dont elle rêve aura eu lieu (son mari, le père de l'enfant espéré, est mort en mission), devenir benoîtement une mère sans plus redouter d’être la cible d’un ennemi invisible. Mais ses supérieurs hiérarchiques voient la chose tout autrement… Une dernière petite mission pour la route ? Mais sera-ce vraiment la dernière ? De toutes façon, ils ne lui laissent guère le choix… Il y a des personnes et des organisations dans ce monde auxquelles on ne peut rien refuser. Voilà Naomi embarquée dans une affaire qu’on lui promet basique, rapide, sans embûche (on redoute d’emblée le piège). Il lui faut juste passer quelques jours en lieu sûr en Allemagne à jouer la dame de compagnie d’une Libanaise exfiltrée, soupçonnée d’avoir trahi le Hezbollah, avant qu’on ne relâche la transfuge dans la nature sous une nouvelle identité, méconnaissable (merci à la chirurgie esthétique !). Rien que du banal, presque des vacances ! Ses collègues sont tellement certains de leur fait que Naomi n’a droit qu’à de vagues consignes, sans la moindre arme pour se protéger.
    Lorsqu’elle arrive dans ladite planque, à Hambourg, elle y découvre une femme aux abois, désabusée, déprimée, aussi peu rassurée qu’une brebis qui aurait confié sa vie au grand méchant loup. Malgré ses bandages, elle est belle Mona (Golshifteh Farahani, alors forcément !), même si elle ne se reconnait pas dans les traits lisses de son nouveau visage. Une relation bancale se tisse progressivement entre la protégée et sa protectrice qui reste malgré tout une forme de geôlière. Chacune à la fois attirée mais défiante de l’autre, chacune habituée depuis trop longtemps à mener double jeu. Mais elles n’ont personne d’autre à qui se confier, sur qui se reposer, personne auprès de qui elles peuvent glaner les informations qui manquent pour comprendre à quelle sauce on essaie de les croquer. Car on se doute que les enjeux véritables dépassent leurs petites personnes, se situant bien au-delà de leur portée, dans des strates qu’elles n’imaginent pas. Les dés sont forcément pipés et elles n’en maîtrisent pas les retombées. La tension monte, les deux femmes ne sont que des pantins dérisoires entre les mains de ceux qui tirent les ficelles. L’ambiance se fait toujours plus inquiétante. On reste, comme elles, l’oreille aux aguets, à l’affût de la moindre anomalie.

    Chaque jour à la même heure, Naomi descend faire les courses, laissant Mona seule dans l’appartement. Chaque jour le vendeur du kiosque à journaux semble l’observer d'un drôle d’air. On ne sait si ceux qu’on croise sont de simples passants, des agents amis, ou de potentiels ennemis… Et pire que tout, on ne parvient pas à deviner si les instants de complicité entre les deux femmes sont feints ou bien réels, si l’une ne deviendra pas rapidement la proie de l’autre...


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  • Excellent!! C'est rare les films islandais  et celui-là est d'une grande qualité! Le scénario est original, les acteurs sont géniaux et les dialogues pas creux. On va de surprise en surprise.  Les paysages islandais d'une beauté à couper le souffle sont un personnage. J'ai adoré ce film vraiment politique.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Woman at war

    Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

    C'est le grand souffle d'air frais de notre été, un film épatant, vivifiant, impertinent qui nous transporte dans des paysages grandioses (bon sang que l'Islande est belle !), aux basques de personnages formidablement attachants, au fil d'un récit aussi malicieux que jubilatoire, qui nous entretient sans jamais se prendre au sérieux de la nécessité de la résistance subversive et du plaisir fou qu'on prend à la pratiquer. Effet euphorisant garanti !

    Halla est grande. Elle est cette belle cinquantenaire en pleine forme qui tend la corde de son arc pour s'attaquer aux lignes électriques, petite silhouette endiablée perdue au milieu de la toundra, dans un paysage de rêve battu par les vents. Traits concentrés, regard d’acier, sourire en coin, elle a la carrure d’une amazone (mais pas touche à ses seins !). Malgré son barda de campeuse contemporaine, elle a la grâce d’une déesse chasseresse, une Artemis des temps modernes. Pourtant rien de sa carapace guerrière ne parvient à camoufler son côté burlesque, généreux, amoureux de la vie. Son pendant masculin serait un hybride de Don Quichotte et du petit David défiant Goliath.
    Mais dans la vie d’Halla, point de géant, ni de moulins à l’horizon, son ennemi c’est la finance et dans son cas ce n’est pas une promesse électorale, d'ailleurs elle ne s’en vante pas : elle serait la dernière à le dire de manière aussi grandiloquente, alors qu’elle est la première à passer à l’action. Quand l’industrie de l’aluminium contamine son pays, souille sa nature virginale, Halla s’en va saborder les pylônes électriques qui alimentent ses usines. Peu importe que son combat soit celui du pot de terre contre le pot de métal. De petits en grands sabotages, la voilà devenue, pour l’opinion publique, l’insaisissable et énigmatique « Femme des montagnes ». Celle qui galope à travers les champs de lave, solitaire au geste sûr, pour échapper aux autorités qui déploient leurs forces armées surdimensionnés. Au grand dam du gouvernement islandais et de la multinationale qui cherche à s’implanter, elle représente le minuscule grain de sable agaçant qui grippe à lui seul le rouleau compresseur du progrès aveugle, qui le ridiculise. C’est tout aussi palpitant que réjouissant de la suivre dans ses cavales à travers monts et rivières d’opales, poursuivie par des hordes d’hommes armés jusqu’aux dents. On se pique au jeu, on frémit, on a peur et pourtant on se marre avec elle. Car jamais elle ne se départit de son humour ravageur.

    Et quand enfin sa mission est accomplie, on jubile de la voir enfin se fondre anonymement dans la masse, sereine après avoir échappé à ses poursuivants déchaînés. Qui penserait que cette chef de chorale si tranquille, cette yogi bienheureuse, est recherchée par toute la police de son pays ? Elle se reposerait d’ailleurs volontiers dans ses pénates, telle une célibataire endurcie caressant le secret désir de pouponner un enfant né d'une autre, goûtant les joies simples de l’existence, comme le font ses amis et sa sœur jumelle, auxquels elle cache sa double vie. Son seul « complice » est un chanteur de la chorale, haut fonctionnaire idéaliste mais de plus en plus inquiet de la tournure des événements, qui essaie de la dissuader de continuer. En vain, fort heureusement !

    Non seulement l’histoire est exaltante, mais le récit est brillant, émaillé de surprises, comme ces deux trios, l'un de musiciens de jazz, l'autre de chanteuses folkloriques, qui surgissent dans les moments et les lieux les plus incongrus, faisant écho aux états d’âme d’Halla, tels des Jiminy Cricket de sa conscience. Il y a ces personnages croisés au hasard de ses virées activistes : le cyclotouriste qui fait un coupable idéal à répétition pour une police qui ne fait pas dans le détail, le solide fermier barbu qui se déclare son « cousin présumé » et qui lui donnera un fier coup de main dans les situations les plus périlleuses… Il y a aussi ces moments de pure grâce où l’univers entier semble flotter avec notre héroïne dans la matrice accueillante d’une grotte aux eaux chaudes. Il y a, bien sûr, ces images sublimes, l’œil de la caméra qui voyage constamment dans les paysages de l’infiniment grand à l’infiniment petit, nous faisant prendre d’infimes morceaux de lichen pour d’exotiques plantes exubérantes.
    Cette fable révolutionnaire magique a tôt fait de devenir une ode aux héros ordinaires de toutes les époques et surtout de la nôtre. Mais peut-être les plus admirables dans l’histoire sont-ils les producteurs : « C’est vraiment très courageux pour une société d'assurance de soutenir un film sur le sabotage… », dit le réalisateur. Quand je vous dis qu’il est malicieux !

     


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  •  Cette animation est un petit bijou qui nous parle avec poésie de la triste vie des petites filles en Afghanistan. C'est très réussi. Le scénario est intéressant. Avec son graphisme clair, l'animation de Parvana vient ajouter une lumineuse beauté à ce récit puissant et conséquent, qui reste toujours à hauteur d'enfant. Un plaidoyer pour la culture et pour la mémoire, sources de résistance à l’obscurantisme. Et un éloge vibrant de l’imaginaire qui nous console de la réalité, tout en nous inspirant pour la rendre meilleure. Cette voix vibrante résonne tout au long du film et bien longtemps après la fin de la projection. Savant cocktail d’humour et de gravité, de dureté et de tendresse, jamais moraliste ou complaisant, le second long-métrage de Nora Twomey est une réussite tant dans la forme que le fond. Dans un Kaboul où la lumière chaude est légèrement ternie, le dessin, simple et élégant, installe une fable tendre et humaniste qui ose la dureté des traits pour souligner l'angoisse des personnages et la délicatesse réconfortante de séquences en papier découpé à la mode orientale.

    scénario: 18/20        technique: 18/20      note finale: 18/20

    Parvana, une enfance en Afghanistan

    En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l'argent ni même acheter de la nourriture.
    Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d'être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père. Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression.

    De l'art de raconter la réalité en douceur et en beauté : ce dessin animé formidablement réussi qui peut se voir dès huit ans – mais ravira aussi les grands – est l'exacte démonstration qu'il est possible de divertir et de toucher sans mentir sur la dureté de la vie, d'ouvrir à la connaissance du monde tel qu'il est sans traumatiser les enfants. Il raconte l'histoire d'une petite fille qui voulait vivre libre dans une société qui enferme les femmes et donne ainsi à découvrir que si tous les enfants se ressemblent, le contexte auquel il se confrontent peut être différent et interroge…

    Il était une fois… un pays ravagé par la guerre, aride et dur à vivre. Parvana, petite fille sage, grandissait émerveillée par les histoires du passé que lui racontait son père aimant. Un passé à la culture riche, nourrie de poésies et de contes. L'Afghanistan, au cœur du continent asiatique, a de tous temps été un carrefour stratégique convoité. Point de passage capital pour les caravanes de la route de la Soie, le pays a toujours été irrigué par les cultures les plus diverses de toutes sortes de peuples : Turcs, Perses, Indiens, Moghols, Grecs…

    « Nous avons étudié les étoiles et commencé à voir l'ordre au milieu du chaos. Nous étions des scientifiques, des philosophes et des conteurs… » raconte le père à Parvana. Pendant des siècles, alors que les Afghans résistaient aux menaces extérieures, des conflits internes ont fini par aboutir à la prise en main du pays par les talibans qui ont alors fait barrage à toute forme de progrès, interdisant les livres, obligeant les femmes à rester cloîtrées chez elles : comme Parvana, elles ne peuvent sortir qu'avec un homme de leur famille et voilées de la tête aux pieds.

    Le jour où son père est arrêté par les talibans et jeté en prison, la vie de Parvana, qui se retrouve seule avec sa mère et sa grande sœur, bascule. Sans l'accompagnement du père, impossible désormais d'aller travailler, acheter de la nourriture, se procurer de l'argent…
    Parvana, qui a onze ans et une bonne bouille vive, a l'excellente idée de se couper les cheveux et s'habille en garçon, découvrant ainsi qu'elle n'est pas la seule à user de ce subterfuge qui va lui permettre de faire vivre sa famille et de se mettre en quête de son père avec la complicité d'audacieux qui rusent pour braver les interdits talibans. Car nombreux sont les Afghans qui résistent et font tout pour protéger leur culture : les contes aussi sont là pour transmettre leur histoire…


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  • Bien sûr, ce n'est pas un film pour réfléchir ou pour apprendre quelque chose, mais on rit de bon coeur même si le scénario aurait certainement mérité d'être plus travaillé. Le plus surprenant, c'est que ce film a été en partie financé par la Hongrie alors qu'il donne un bien piètre image du pays...

    scénario: 15/20                technique: 16/20       acteurs: 16/20            note finale: 16/20

    Budapest

    Vincent et Arnaud, deux amis qui s’ennuient dans leur travail, décident de tout plaquer pour créer « Crazy Trips » : une agence qui organise des enterrements de vie de garçon à Budapest. Sur place, ils sont guidés par Georgio, un expatrié français qui leur dévoile tous les secrets de la ville…
    Les activités insolites proposées par Crazy Trips (balade en tank, soirée déjantée, stripteaseuses, stand de tir…) attirent rapidement la clientèle. Mais la situation dégénère et les deux amis perdent vite le contrôle…


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  • J'attendais beaucoup de ce film mais je dois dire qu'il est nul: quand il n'y a pas de scénario, difficile de faire un bon film. Mais où est donc passé Bruno Podalydès ? Qu'est-il advenu de sa précision d'exécution et de son imaginaire poétique ? Aux abonnés absents dans cette adaptation sans saveur et au scénario en pointillé. Les acteurs font ce qu'ils peuvent mais cela ne suffit pas à sortir le spectateur de l'ennui qui le saisit dés les premières images.  Quant à la mise en scène, habituellement point fort du cinéaste, elle court après l'action, et bon nombre de gags sont bâclés. l'image est très belle et c'est bien filmé.

    scénario: 07/20      technique: 16/20    acteurs: 10/20   note finale: 5/20

    Bécassine

    Bécassine naît dans une modeste ferme bretonne, un jour où des bécasses survolent le village. Devenue adulte, sa naïveté d’enfant reste intacte. Elle rêve de rejoindre Paris mais sa rencontre avec Loulotte, petit bébé adopté par la marquise de Grand-Air va bouleverser sa vie. Elle en devient la nourrice et une grande complicité s’installe entre elles. Un souffle joyeux règne dans le château. Mais pour combien de temps ?
    Les dettes s’accumulent et l’arrivée d’un marionnettiste grec peu fiable ne va rien arranger.
    Mais c’est sans compter sur Bécassine qui va prouver une nouvelle fois qu’elle est la femme de la situation.


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  •  Un très beau documentaire sur une actrice scientifique autrichienne qui fit carrière à Hollywood. Je ne la connaissais pas.

    scénario: 18/20          technique: 18/20        note finale: 18/20

    Edy Lamarr: from extase to wifi

    Des débuts fulgurants dans Extase aux prémices des nouvelles technologies chères à notre ère digitale, c’est un double portrait de l’autrichienne Hedy Lamarr. L’un, très officiel, est celui d’une actrice qui fascina le monde par sa beauté et sa liberté sexuelle exacerbée. L’autre, plus intime, est celui d’un esprit scientifique insoupçonné. Obsédée par la technologie, Hedy inventa un système de codage des transmissions qui aboutira au GPS et bien plus tard au Wifi. Il s’agit d’une invitation contemporaine à redécouvrir une figure complexe, celle d’une enfant sauvage partie conquérir Hollywood pour fuir son mari pro-Nazi.

    « Les gens sont déraisonnables, illogiques et égocentriques, aimez les malgré tout. Si vous faites le bien, on vous prêtera des motifs égoïstes et calculateurs, faites le bien malgré tout. Ceux qui voient grand peuvent être anéantis par les esprits les plus mesquins, voyez grand malgré tout. Ce que vous mettez des années à construire peut être détruit en un instant. Construisez malgré tout. Donnez au monde le meilleur de vous-même, et vous risquez d'y laisser des plumes. Donnez au monde le meilleur de vous-même malgré tout. » Hedy Lamarr

    Pour les machos, le monde des femmes remarquables s'est toujours partagé en deux catégories : d'un côté les femmes qu'ils aiment regarder, les femmes qui se distinguent par leur glamour et qu'ils rêvent d'avoir à leurs bras, faisant d'elles de jolies petites choses décoratives ; de l'autre celles qu'ils aiment entendre, les femmes d'esprit, mais qu'ils ne convoiteront jamais parce que pour eux une intellectuelle n'a aucun sex-appeal et arbore forcément grosses lunettes et pull informe. Dans les années 1930 à 1950, le féminisme n'avait pas encore conquis grand monde, et les machos constituaient le gros de la gent masculine, tout particulièrement dans les sphères du pouvoir. Autant dire qu'Hedy Lamarr, actrice hollywoodienne qui fut consacrée « femme la plus belle du monde » mais qui fut aussi une inventeuse de génie, ne collait pas trop au schéma dominant. Et le monde des hommes n'eut de cesse de briser ses désirs de liberté et d'émancipation.

    Ce film documentaire, produit par une actrice de caractère, Susan Sarandon, et narré par une autre actrice libre, Diane Kruger, rend enfin hommage à la complexité de cette personnalité extraordinaire, au plein sens du mot. Jeune fille autrichienne rebelle aux origines juives cachées dans la Vienne des années 30, elle devient la première, dans un film au titre évocateur : Extase, à simuler – semble-t-il malgré elle – un orgasme au cinéma. Mariée plus tard à un industriel de l'armement travaillant avec l'Allemagne nazie, elle s'enfuit vers l'Angleterre, déguisée avec les habits de sa bonne qu'elle avait préalablement endormie à l'aide d'un somnifère. La suite de sa vie ne fut qu'un incroyable roman. Sur le paquebot qui l'emmène vers l'Amérique, elle bluffe Louis B. Mayer (de Metro Goldwin Mayer) par sa beauté irréelle et son culot : il l'embauchera comme l'actrice la plus glamour des années 40. Mais elle s'ennuiera de ses rôles formatés et, fan de sciences, elle inventera à ses heures perdues un système de fréquences radio pour l'armée américaine à l'origine du WIFI ou du GPS. Sexuellement libérée dans une période qui ne l'était pas, mère parfois ingrate, d'une intelligence hors normes, elle avait tout pour faire fantasmer les hommes de son époque, et s'en faire détester. Et c'est pour cela qu'on l'aime.


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  • Le meilleur de la série!!! Plein de surprises et de rebondissements; Très réussi.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20       technique: 18/20     note finale: 18/20

    Ocean's 8

    Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C'est le temps qu'il aura fallu à Debbie Ocean pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle sait désormais ce qu'il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son "associée" Lou Miller. Ensemble, elles engagent une petite bande d'expertes : Amita, la bijoutière, Constance, l'arnaqueuse, Tammy, la receleuse, Nine Ball, la hackeuse et Rose, la styliste de mode. Le butin convoité est une rivière de diamants d'une valeur de 150 millions de dollars. Le somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger qui devrait être l'objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l'événement de l'année. C'est donc un plan en béton armé. À condition que tout s'enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être inquiétées…


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  • Un magnifique documentaire qu'il faut voir. C'est un film qui ne sous-estime pas l'urgence de trouver des solutions, et qui est porteur d'espoir face au réchauffement climatique, tout en mettant en valeur et en encourageant des initiatives concrètes individuelles et collectives. Les intervenants scientifiques sont impliqués humainement et affectivement dans leurs recherches. En conclusion, pour rester vivant, il faut être et rester humain, en respectant la nature et les autres espèces. Chacun peut s'impliquer pour faire un monde meilleur, où chaque espèce sera respectée.

    scénario: 19/20                      technique: 19/20                    note finale: 19/20

    Hubert Reeves- La terre vue du coeur

    Autour de Hubert Reeves et Frédéric Lenoir, des scientifiques, auteurs et artistes nous interpellent : la biodiversité est aujourd’hui menacée.  Si certains humains sont à l’origine de la crise, d’autres, de plus en plus nombreux, s’y attaquent à bras le corps et créent des solutions.
    Ensemble, dans ce film dédié aux générations futures, ils nous rappellent à quel point le vivant sous toutes ses formes est­ un fascinant et touchant mystère… qu’il ne tient qu’à nous de préserver !


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  •  Voici un très beau film, plein de tendresse et de douceur, un premier film délicat, poétique et sensuel, sur l'amour et la résilience. Le réalisateur évite avec talent les scènes à faire, les clichés. Même la musique de piano de Dominique Charpentier est dans une tonalité parfaite. C'est doux, émouvant, bref, une jolie réussite.

    scénario: 17/20           acteurs: 17/20   technique: 17/20    note finale: 17/20

    The Cakemaker

    Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour affaires. Quand Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas se plonge dans la vie d'Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Il commence alors à travailler pour elle. 

    Craquant au dessus, mœlleux à l’intérieur, fondant dans la bouche… Ce premier film est un mets de choix, aux saveurs multiples. On en ressort à la fois nourri et affamé. Nourri par une histoire riche et subtile, transgressive… Affamé parce qu’après avoir vu défiler sous nos yeux tant de gâteaux somptueux (forêts noires, biscuits à la cannelle, brioches au chocolat…) on est prêt à foncer dans la meilleure pâtisserie qu’on connait, en suppliant les dieux qu’elle soit ouverte ! Effet pavlovien garanti, même si on préfère le salé !

    Oren est israélien et vit à Jérusalem, Thomas est allemand et vit à Berlin. Le premier est homme d'affaires dans le bâtiment, le second est artisan pâtissier. Pas vraiment de raison qu'ils se rencontrent… Sauf qu'Oren vient régulièrement dans la capitale allemande pour son boulot et qu'il est gourmand comme un chat : si bien que la modeste pâtisserie de Thomas devient vite un lieu de pèlerinage incontournable. Quand, un jour, dans un souffle troublé, il l’avoue au pâtissier en passant commande, c’est une toute autre relation qui se noue entre les deux hommes. Des regards appuyés s'échangent, les sourires timides de l’un répondent aux sourires ravageurs de l’autre… et les voilà engagés dans une histoire torride mais néanmoins tendre, sans lendemains mais toujours renouvelée au gré des déplacements d’Oren. Parfois ce dernier évoque sa vie en Israël, son fils, sa relation avec son épouse, à laquelle il n’oublie jamais de ramener une boîte des sablés qu’elle affectionne tant, sans se douter qu’ils sont fabriqués par l’amant de son mari… Thomas se contente de n’être qu’une parenthèse invisible dans la vie bien rangée de son compagnon intermittent.
    Mais un jour Oren devient injoignable. Thomas discrètement appelle, puis insiste, redoutant de se renseigner par des voies plus officielles au risque d’éveiller les soupçons. Il finira par apprendre l’accident… Ce qui devrait être la fin d’une histoire va en être le commencement véritable.
    Thomas n’est pas tout à fait le gars ordinaire qu'il paraît : au lieu de ressasser son chagrin, écoutant plus son intuition que sa raison, il débarque dans la ville sainte où vit la désormais veuve d’Oren. Dans les rues, il la guette, finit par découvrir qu’Anat, c’est son prénom, a ouvert un humble salon de thé. Il en pousse la porte. Commande une pâtisserie, sympathise… Quelques jours plus tard, il propose à Anat ses services… Comme balayeur, plongeur, garçon à tout faire… Un goy, « un non juif » ne peut aspirer à rien d’autre dans ce quartier religieux. Impossible d’échapper à la vigilance des contrôleurs qui attribuent l’indispensable label kasher. Mais de toute façon Anat ne sait rien de cet inconnu et n’a aucune idée de ses compétences gastronomiques. Entre deux coups de balai zélés, Thomas observe Anat, ses mains qui se plongent sensuellement dans la farine, ses coups de fatigue, cette tristesse soudaine qui submerge ses sourires fragiles. Elle l’émeut. Peut-être celui qui n’a pas la légitimité de pleurer sur le corps du disparu vit-il par procuration le deuil de la compagne officielle ? Peut-être cheminer à ses côtés est-il une manière de prolonger un temps sa relation avec l’homme qu’il a aimé plus qu’on ne l’aurait pensé. Toujours est-il que cet amour mutuel et indicible pour Thomas réunit progressivement et de façon secrète ces deux êtres un brin brisés qui avancent encore titubants sous le choc de la perte mais qui se renforcent mutuellement. Un duo d’âmes partant à la conquête d’un peu de réconfort et de tendresse, à moins que ce soit un trio, tant l’absent reste présent.

    Un film qui fera frissonner cinéphiles et gourmets de bonheur, une surprise simple, généreuse, comme le fut Le Festin de Babette il y a quelques années…


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  •  Un face-à-face magnifique entre Lambert Wilson et Diane Rouxel, une jeune comédienne à ne pas perdre de vue. Volontaire est le récit d’un épanouissement, que la mise en scène d’Hélène Fillières rend ardu et complexe : reflet parfait du monde d’aujourd’hui. Un film joliment et fermement féministe. La fin est inattendue. Des acteurs au sommet de leur art.

    scénario: 17/20     technique: 17/20    acteurs: 18/20     note finale: 17/20

    Volontaire

    Laure a 23 ans. Elle se cherche. C’est dans la Marine Nationale qu’elle va trouver un cadre, une structure, des repères. Solide et persévérante, elle va faire son apprentissage et découvrir sa voie.

    Rien ne prédisposait la jeune et jolie Laure à intégrer la Marine Nationale française. Ni son pedigree : fille d’une célèbre comédienne de théâtre que l’on imagine plutôt engagée à gauche et allergique à tout ce qui porte uniforme (Josiane Balasko, impeccable). Ni son gabarit : petite taille, gracile comme un moineau, des allures de fillette perdue. Rien autour d’elle ne semble non plus l’orienter vers ce choix : pas de fiancé engagé, pas de grand-père mort au combat, pas de fascination particulière pour l’ordre, la discipline, les armes. Mais chacun a ses raisons et Laura gardera les siennes, ne cherchant pas à se justifier, affirmant avec force son choix que rien ne semble pouvoir ébranler.
    La voici donc engagée sur une base militaire face à l’océan où son parcours brillant et ses diplômes de lettres et de langues lui ouvrent les portes des bureaux de la direction de l’école. Tout en réalisant son apprentissage, elle devient l’assistante du commandant Rivière, numéro deux de la base. Secrétaire, gratte-papier, elle est celle qui doit rédiger des mémos « nets et précis » en 3 ou 4 pages selon la demande, ni une ligne de plus, ni une de moins. Car le redouté commandant a tout du militaire psychorigide droit dans ses bottes, il n’aime ni les bavardages inutiles, ni les à peu près et surtout pas quand ça déborde. Assis l’un en face de l’autre, chacun derrière son bureau, séparés par une baie vitrée, on pourrait se croire dans un aquarium : là où deux espèces que tout sépare se toisent et s’observent, se tournent autour, chacun sur ses gardes, prêt à montrer les dents.

    Laure s’acclimate facilement à cet univers d’ordre, de discipline et de règles ultra codifiées et hiérarchisées, elle va très vite piger le fonctionnement de l’institution, son langage, ses abréviations, ses non-dits. Très vite aussi, elle éprouve une fascination pour le commandant Rivière… Quel homme se cache derrière l’uniforme impeccable ? Quelles tempêtes, quels sentiments sont enfouis sous son crâne impeccablement brossé ? Quelle est sa vie ? Qui est-il vraiment ?
    Rivière de son côté, surnommé « le Moine » tant son abnégation pour la Marine est totale, ne parvient pas à percer les motivations de la jeune fille et semble lui aussi comme aimanté par sa singulière détermination, ses airs de chat sauvage. Son regard bleu cache des nerfs d’acier et une efficacité redoutable… Laure a quelque chose d’une machine de guerre. Quand la jeune fille veut intégrer une formation spéciale réservées aux hommes, elle va devoir obtenir l’aval de Rivière. La première manche de la bataille commence alors…

    Zone de pouvoir, de rapports de forces, de discipline aveugle et de dévouement sans condition, l’univers militaire est un champ d’observation singulier pour un cinéaste qui choisit d’y placer ses personnages. Hélène Filières le filme sans fascination particulière, sans jugement politique ou moral non plus, laissant simplement évoluer les protagonistes, les filmant au plus près comme pour mieux capter leur souffle, puis donnant de larges plans aux décors comme pour mieux montrer la puissance du cadre dans lequel ils évoluent. Dans ce jeu complexe et ambivalent fait de séduction, de craintes et d’attirance trouble, les frontières des relations sont bien moins nettes, concises et définies que les règles de la Marine Nationale. Lambert Wilson est parfait dans ce rôle sur mesure et le représentants de la jeune garde, Diane Rouxel et Corentin Fila, sont eux aussi parfaits.


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  • J'ai beaucoup ri. Certes, il y a quelques imperfections mais c'est réussi et on passe un bon moment. Les actrices sont formidables. Satire du monde d'aujourd'hui où chaque nouvelle tendance chasse l'autre, cette comédie bon esprit sur le vivre ensemble rappelle que la famille -celle qu'on a et celle qu'on choisit- est la seule chose qui dure. Humour et situations cocasses sont au rendez-vous de "Demi-soeurs", une comédie légère brillamment interprétée par un trio à la fois pétillant et attachant. Une comédie girly rythmée sur le "vivre ensemble", qui démonte les clichés et où les punchlines bien envoyées fusent à la vitesse de l'éclair. C'est bien filmé.

    scénario: 16/20    technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    Demi soeurs

    Lauren, ravissante it-girl de 29 ans, tente de percer dans le milieu de la mode en écumant les soirées parisiennes. Olivia, 28 ans et un rien psychorigide, a deux obsessions : sauver la confiserie de ses parents, et se trouver le mari idéal. A 26 ans, Salma, jeune professeur d’histoire fougueuse, vit encore chez sa mère en banlieue. Leurs routes n’ont aucune raison de se croiser… Jusqu’au jour où, à la mort de leur père biologique qu’elles n’ont jamais connu, elles héritent ensemble d’un splendide appartement parisien. Pour ces trois sœurs qui n’ont rien en commun, la cohabitation va s’avérer pour le moins explosive…  


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  • Un très beau film qui montre des paysages magnifiques et un peuple attachant qui essaie de maintenir ses traditions.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20    technique: 18/20     note finale: 18/20

    Une année polaire

    Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes.

    Quel sublime voyage à peu de frais ! On en ressort ébloui, avec l’envie de foncer à l’autre bout du globe, emporté par le dépaysement total que nous offre le film. Franchement : allez-y les yeux fermés, ou plutôt grands ouverts ! Laissez-vous bercer par la luminosité ouatée du Groenland, glissez sur ses étendues immaculées en espérant l’apparition des aurores boréales, heureux de rencontrer au détour d’une dune enneigée ses ourses, ses phoques, ses gens…

    Samuel Collardey aime les oubliés des livres d’Histoire, les héros ordinaires, artisans discrets, tout comme lui, d’une humanité chaleureuse (souvenez-vous de son magnifique Tempête). Anders, son personnage principal, est de ceux-là. Même s’il ne le sait pas. De sa carrure de viking, de son regard insaisissable émanent tout à la fois une forme de douceur timide et une détermination inflexible. C’est un trentenaire solide comme un roc, sur lequel on sait pouvoir s’appuyer. C’est sans doute cela qui fait basculer la décision de la rectrice qui le reçoit en entretien. Laisser partir un instituteur inexpérimenté exercer sa première mission au Groenland, coupé pendant des mois de toute forme de confort moderne, de toute possibilité de revenir en arrière… lourde responsabilité. Mais comment résister au calme d’Anders qui persiste, tenace, allant jusqu’à choisir une école solitaire dans un hameau particulièrement reculé ? Sa supérieure lui accorde finalement le poste, en ne lésinant pas sur les mises en garde et les pieux conseils. Ne pas se mêler à la population (dévastée par l’alcoolisme), ne pas apprendre la langue de cette ancienne colonie danoise : un enseignant danois se doit de professer en danois, de ne jurer que par le danois et de n’apprendre rien d’autre à ses élèves que le danois, la langue des gens civilisés, la seule qui leur permettra de sortir de leur condition. Quelques adieux plus tard, ceux à ses copains impressionnés, ceux à son père agriculteur qui tire la gueule de voir partir son meilleur travailleur, voilà Anders embarqué vers ces inlandsis qui le font tant rêver.

    À son arrivée, l’accueil des villageois de Tiniteqilaaq est plus froid que la calotte polaire. Anders tente de rester confiant ; s’il s’attendait à être accueilli en bienfaiteur, il en est pour ses frais mais n’en laisse rien paraître. Le voilà confiné dans cette contrée hostile, là où d’autres plus aguerris que lui n’ont pas résisté une seule année. Les premières journées d’école s’avèrent horribles, les mômes avides de grand air ne tiennent pas en place face à ce trouble-fête qui leur parle une langue qu’ils ne comprennent pas. Tout grand et fort qu’il est, Anders n’en impressionne aucun et nul n’hésite à le faire tourner en bourrique. En particulier Asser, avec ses airs espiègles, qui le nargue en explosant de rire à la barbe de ce nouvel instit si maladroit. Quant aux filles à la langue bien pendue, elles ne sont pas en reste. Le seul qui accepte de communiquer en danois avec Anders est encore Julius, l’employé municipal, mais n’est-ce pas uniquement par devoir ? Autant dire qu’on ne donne pas cher de ce novice pataud qui met les pieds dans le plat, véhiculant les préjugés de sa patrie natale triomphante… Et pourtant il s’accroche, refusant de faire machine arrière, bien que la tentation soit grande… Et peu à peu, les langues se délient, les cœurs aussi…

    Cette Année polaire empreinte de puissance et de délicatesse est d’une beauté saisissante ! Sans parler des prises de vues, sublimes de bout en bout. Ne loupez pas le générique, de début comme de fin !


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  • On reconnaît un film d'art et d'essais à sa technique approximative: on se demande pourquoi certains s'obstinent à faire des images dégueulasses et à faire aller la caméra dans tous les sens. Celui-ci ne déroge pas à la règle.  Il est pourtant intéressant. Le scénario est surprenant. Fait avec trois bouts de ficelles, le réalisateur nous amène dans son univers plein de fantaisies. Le symbole le plus éclatant à ce jour de cette nouvelle bohème du cinéma français dissimulant sous les scintillements de la fantaisie, du pop et du burlesque la gueule de bois d’une génération tout entière. Avec ce huis clos tourné en douze jours, Ilan Klipper démontre que les vrais cinéastes peuvent frapper fort grâce à leur seul imaginaire.

    scénario: 16/20      technique: 12/20       acteurs: 17/20   note finale: 14/20

    Le ciel étoilé au dessus de ma tête

    Bruno a publié un fougueux premier roman en 1996. La presse titrait : « Il y a un avant et un après Le ciel étoilé au-dessus de ma tête ». Vingt ans plus tard, Bruno a 50 ans. Il est célibataire, il n’a pas d’enfants, et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent...

    Comme il serait agréable de voir un ciel étoilé trôner éternellement au-dessus de sa tête, pour changer des avions, des nuages de pollution et des câblages électriques ! D'avoir la chance de faire un pas de côté infime pour se rapprocher de la Grande Ourse, et paf, faire cuire ses coquillettes dans cette grande casserole céleste, obtenir une cuisson al dente à des années lumières… Puis faire une sieste digestive, en étalant son corps sur la Voie lactée… Bref, comme il serait agréable de pouvoir fantasmer la réalité sans paraître fou ! Et d'avoir la possibilité parfois de vivre seul avec ses névroses, comme Bruno, loin du regard des autres. Car s'il y a bien quelque chose que Bruno ne fait pas, c'est des concessions. Il préfère vivre à son rythme, choisit la liberté au conditionnement. Métro, boulot, dodo ? Non merci. Une femme, des gosses ? Bof… Les déclarations d'impôts en ligne ? Argffs… (attention à la date limite qui est au 22 mai 2018 pour la zone 1).


    Ce qu'il lui faut Bruno, et d'urgence même, c'est de l'inspiration. Lui qui, vingt ans plus tôt, a fait sensation avec son premier roman, planche toujours sur le deuxième. Entièrement rédigé du point de vue d'une tique qui guette patiemment sur une branche le passage d'une proie et qui philosophe… Comment ne pas y voir une métaphore de sa propre condition ? Lui aussi attend son heure, le déclic qui inverserait un quotidien statique : se lever chaque jour à 14 heures et vivoter en peignoir, avoir pour seuls interlocuteurs son perroquet et sa colocataire, une Femen activiste (la craquante Alma Jodorowsky, petite-fille du célèbre Alejandro Jodorowsky !) dont le mode de vie est à rebours du sien… Rien de très alarmant non plus : combien de gens comme Bruno disparaissent un peu du monde, en attendant qu'un chef d'œuvre sorte du placard ? C'est le lot de bien des artistes à la limite de la marginalisation, incroyablement talentueux et invisibles, qui n'ont pas réussi à se greffer à un milieu, ni à percer…
    Mais ses proches s'inquiètent et débarquent un jour sans crier gare : la mère, le père, l'ex-femme, le pote perdu de vue… Et Sophie, une parfaite inconnue au regard passe-murailles. Une jolie frimousse aux airs de belette, dont Bruno tomberait volontiers amoureux… Sauf que Sophie est une psy chargée par la famille d'envoyer le reclus à l'asile ! Bref : c'est mal barré. Quoiqu'elle semble réaliser que Bruno, au physique ambivalent, un peu bizarre, a ce brin de séduction qui vous fait vivre des instants magiques… Et si la puissance créatrice de Bruno remportait la partie ?

    Tout cela donne un film qui ne rentre dans aucune case sur un homme à qui il en manque probablement une. À la fois comédie sur les névroses et fragment d'un discours amoureux, Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête est une curiosité hors-norme, fébrile, qui se fiche des qu'en-dira-t-on, pour notre plus grand bien. C'est ainsi qu'Ilan Klipper, qui s'était fait connaître par des documentaires traitant de lieux dont la charge institutionnelle brise tout ce qui sort de l'ordinaire (Sainte-Anne, Commissariat), signe ici un premier film de fiction où c'est le sens commun qui est broyé. On termine avec lui, qui nous explique le titre qu'il a choisi : « Ce sont les dernières phrases de La Critique de la raison pratique de Kant, que je trouve très belles : “Deux choses remplissent le cœur de crainte et d'admiration, le ciel étoilé au-dessus de moi, et la loi morale en moi.” »


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  • On voit beaucoup de films sociaux qui dénoncent les mauvais traitements subis par les ouvriers. Ce film ne déroge pas à la règle. La mise en scène de Stéphane Brizé est fine, le spectateur est à la fois au coeur des manifs et des discussions. On est dans le cinéma vérité, glaçant, dérangeant. Juste tout simplement. Stéphane Brizé, s'éloignant du documentaire et défiant le simplisme idéologique toujours en embuscade, décuple la force d'une mise en scène qui certes ne s'embarrasse pas de doutes. Jusqu'à un épilogue choc qui, lui, n'a pas fini de faire parler.Vincent Lindon est grandiose tout en nuances et en justesse. 

    scénario: 17/20    technique: 16/20   acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    En guerre

    Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

    En guerre, le nouveau film de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon (il faut citer les deux ensemble tant leur travail en commun, leur complicité font partie intégrante du processus de fabrication et de la réussite de leurs films) s'inscrit dans la droite ligne de La Loi du marché, qui a marqué les esprits il y a trois ans. Dans La Loi du marché (Brizé a décidément le sens du titre qui frappe !), Vincent Lindon incarnait un prolo taiseux qui ne croyait pas ou plus à la lutte et se résignait à son injuste licenciement. Dans En guerre, son personnage de Laurent Amédéo est complètement à l'opposé : il parle, bien et fort, et il lutte de toutes ses forces. Il est le leader syndical de l'usine Perrin, une entreprise de pièces automobiles du Lot et Garonne que la maison mère située en Allemagne décide de fermer, non pas parce qu'elle est en difficulté mais simplement parce qu'elle ne rapporte pas suffisamment de dividendes aux yeux de ses actionnaires. Avec une rigueur exemplaire, en créant une tension dramatique captivante, Brizé va décortiquer toutes les étapes du combat incarné magnifiquement par Vincent Lindon et autour de lui des dizaines de comédiens non professionnels (pour la plupart des syndicalistes) : la mobilisation et la solidarité des ouvriers dans la grève et l'occupation avant que les premiers doutes s'installent, les tentatives de conciliation juridique et d'interpellation politique jusqu'aux plus haut sommets de l'Etat, puis les premières désillusions, les premières divisions avec ceux qui veulent se garantir avant tout des indemnités de départ élevées, puis le désespoir qui gagne, avec le risque de l'explosion d'une violence largement compréhensible. Tout sonne juste : les situations, les relations entre les protagonistes, les rapports de force… Grâce sans doute à la collaboration au scénario d'un trio qui en connait un rayon sur la question : Xavier Mathieu, Ralph Blindauer et Olivier Lemaire (ce dernier joue d'ailleurs un syndicaliste dans le film).


    Brizé filme avec autant de force la parole en action – celle formatée et implacable de la logique capitalistique face à celle digne, chargée de bon sens et de colère, des ouvriers – que les moments d'affrontement, filmés et sonorisés (musique remarquable de Bertrand Blessing) comme une montée inexorable de la tension mais aussi de la force de l'union. La démonstration est terrible : l'arsenal juridique favorise outrageusement le grand patronat qui peut licencier même si l'entreprise est bénéficiaire et qui, s'il est obligé de proposer une vente, peut refuser sans arguments un repreneur pourtant jugé crédible par les experts. Face à cette omnipotence, l'impuissance du politique est patente, même quand il se montre individuellement bienveillant, comme c'est le cas du conseiller social de l'Elysée qui ne peut rien faire face à la détermination cynique du dirigeant allemand du groupe.
    En parallèle le film dénonce clairement, en une démarche que n'aurait pas reniée Bourdieu, le traitement médiatique du conflit – le récit est scandé par plusieurs reportages télévisés –, notamment la manière dont est montrée la violence quand elle éclate : sous son seul aspect spectaculaire et « délinquant », au complet détriment de l'analyse des causes qui ont amené inéluctablement à ces conséquences. Un grand film bouleversant et profondément humain, un grand film politique, un grand film qui va nous marquer durablement.

    « Krzysztof Kieślowski disait qu’il avait arrêté le documentaire pour enfin accéder à des endroits où sa caméra de documentariste ne lui permettait pas d’accéder. Je l’exprimerais de la même manière. La fiction me donne la possibilité d’être là où il serait souvent impossible d’être avec le documentaire. Je pense à des réunions auxquelles il est quasiment impossible d’assister, notamment celles avec le conseiller social du Président de la République. Donc, après avoir recueilli une énorme documentation, je traite la matière qui m’intéresse, je creuse ce qui me semble important, j’élague ce qui me le semble moins pour mon récit, je structure et je construis de manière à mettre précisément en lumière ce sur quoi je veux insister. Il s’agit alors pour la fiction – dans ce type de récit – de passer une sorte d’accord avec le réel pour ne pas le travestir. Et cet accord, il faut le respecter de la première à la dernière minute, sans aucune concession. »


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  •  Bon, autant le dire: cela part d'une bonne idée mais c'est un peu fouillis! Sinon, c'est comme toujours dans les films de Marie-Castille, plein de tendresse et cela prête à réflexion sur les divers types de liens entre parents et enfants et cela quelques soient leurs âges respectifs. C'est bien filmé. Un beau film chorale où les destins se croisent et s'entrecroisent.

     acteurs: 16/20        technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    La fête des mères

    Elles sont Présidente de la République, nounou, boulangère, comédienne, prof, fleuriste, journaliste, sans emploi, pédiatre. Elles sont possessives, bienveillantes, maladroites, absentes, omniprésentes, débordées, culpabilisantes, indulgentes, aimantes, fragiles, en pleine possession de leurs moyens ou perdant la tête. Bien vivantes ou déjà un souvenir ... Fils ou fille, nous restons quoiqu'il arrive leur enfant avec l'envie qu'elles nous lâchent et la peur qu'elles nous quittent. Et puis nous devenons maman ... et ça va être notre fête !


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  • Une comédie très réussie même si on peut regretter quelques faiblesses au niveau du scénario. les acteurs sont formidables et les dialogues sont amusants. On passe un bon moment.

    scénario: 15/20       technique: 16/20     acteurs: 17/20   note finale: 16/20

    Abdel et la comtesse

    A la mort du Comte, la Comtesse de Montarbie d’Haust doit transmettre le titre de noblesse et le domaine à un homme de la famille, comme le veut la tradition aristocratique. Elle ne peut cependant se résoudre à transmettre le domaine à Gonzague, un neveu arrogant et cupide, plutôt qu’à sa fille.
    Quand Abdel, un jeune de cité débrouillard et astucieux, trouve refuge dans leur château, sa rencontre avec la Comtesse va faire des étincelles !
    Issus de deux mondes que tout oppose, ils pourraient bien s’aider mutuellement…


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  •  Je n'ai pas tout compris. L'histoire est trop embrouillée entre le réel et le rêve. Trop compliqué pour moi.

    scénario: 14/20      technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 14/20

     

     

    Amoureux de ma femme : Affiche

    Daniel est très amoureux de sa femme, mais il a beaucoup d'imagination et un meilleur ami parfois encombrant. Lorsque celui-ci insiste pour un diner "entre couples" afin de lui présenter sa toute nouvelle, et très belle, amie, Daniel se retrouve coincé entre son épouse qui le connaît par coeur et des rêves qui le surprennent lui-même.


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  •  Voici une comédie très réussie. Le scénario est aux petits oignons et les acteurs font leur maximum. Les dialogues sont plein d'humour. Tous les petits travers des municipalités qui abusent de l'argent du contribuables sont bien décrits.... MDR

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20   technique:18/20    note finale: 18/20

     

    Les Municipaux, ces héros : Affiche

    Port Vendres est un port magnifique situé en Catalogne française... Magnifique et tellement français : un maire bling-bling et des employés municipaux toujours à fond !
    À fond dans les acquis sociaux, à fond contre les cadences infernales, à fond... dans la déconne... celle qui fait qu'on les aime... Et si de plus ils deviennent des héros alors il n'y a plus aucune raison de ne pas s'inscrire à ce voyage dans la vraie vie.


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  • Un très beau documentaire, dans l'ère du temps, puisqu'on en voit plein de ce genre mais il est réussi. La brutale concentration urbaine, la démographie galopante, la quête de la performance : les causes de la maladie de l'agriculture sont connues. Il reste à changer de modèle. Pas facile, mais nécessaire.

    scénario: 16/20           technique: 16/20     note finale: 16/20

    On a 20 ans pour changer le monde : Affiche

    On a 20 ans pour changer le monde…et tout commence par la terre qui nous nourrit. Le constat est là : 60 % des sols sont morts, et le mode de production actuel ne nourrit pas la planète. Mais des hommes et des femmes relèvent le défi et démontrent que l'on peut se passer des pesticides et des intrants chimiques pour toute notre alimentation. Grâce à leur énergie communicative qui bouscule les discours et les habitudes, un autre monde est possible ! 

    Hélène Medigue est particulièrement sensibilisée aux problématiques de notre agriculture depuis de longues années, car elle a été touchée directement dans son entourage par les conséquences des perturbateurs endocriniens. La naissance de ses filles a par ailleurs généré une prise de conscience plus large des conséquences de notre agriculture sur notre environnement. Elle explique : "Pourquoi les agriculteurs en France vont si mal ? L’industrialisation de notre agriculture est née pour de mauvaises raisons, ce modèle de production ne fonctionne plus et pourtant on continue. On marche sur la tête ! L’état de notre agriculture peut être le reflet de certains dysfonctionnements de notre société et impacte directement des valeurs (santé, éducation, alimentation, travail...) qui sont essentielles à notre condition."

    Hélène Medigue a découvert Maxime de Rostolan et l’association Fermes d’Avenir à travers un article dans le journal Le Monde. La réalisatrice a immédiatement été inspirée par les propositions concrètes développées pour actionner la transition agricole en France (financement, production, formation et influence sur les citoyens et sur les pouvoirs publics grâce à des propositions de lois) et surtout parce que l’association fédère la collectivité, rassemble des mondes qui a priori ne sont pas destinés à coopérer. Elle précise :

    "Ma volonté n’était pas de faire un film sur la permaculture ou les techniques nouvelles qui promeuvent l’agroécologie mais plutôt de privilégier l’aspect humain, l’énergie déployée et les combats menés, par un groupe de citoyens tout au long d’une année. La petite bande de Fermes d’Avenir ne prétend pas tout régler, ils se trompent parfois mais ils prennent les problèmes à bras le corps. Ils s’engagent, bousculent les idées reçues et n’attendent plus que les pouvoirs publics se décident à trancher. J’ai eu besoin de filmer « des gens qui font » !"

    Hélène Medigue s'est lancé le défi de réaliser ce film sans voix-off et en évitant les interviews qui créent parfois une distance. Elle a fait le choix d’une caméra en mouvement, pour accompagner au plus près ses personnages à travers leurs échanges et ainsi capter et saisir ce qui n’est pas dit. La cinéaste raconte : "Comment l’être humain, à cause de son inconscience et sa « toute-puissance » technologique, peut-il ainsi se désynchroniser de la nature, notre bien le plus précieux ? Je ne sais pas si on a 20 ans pour changer le monde, je suis juste convaincue que dans 20 ans il sera peut-être trop tard ! Je veux montrer, à travers ce film, que nous sommes tous interdépendants, que c’est une force, une énergie inépuisable, le contraire de l’individualisme qui rend le monde injuste et fou. J’ai eu la chance de faire la rencontre de François Charlent qui a produit le film et a su m’accompagner de son regard exigeant et bienveillant."

     


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  •  Un très beau film avec des actrices formidables. Le scénario est réussi. C'est bien filmé. Et c'est une bonne occasion de revoir Miou Miou  qui nous manque.

    scénario: 16/20         acteurs: 18/20      technique: 16/20    note finale: 16/20

    Larguées

    Rose et Alice sont deux sœurs très différentes. Rose est libre et rock n’roll. Alice est rangée et responsable. Elles ne sont d’accord sur rien, à part sur l’urgence de remonter le moral de Françoise, leur mère, fraîchement larguée par leur père pour une femme beaucoup plus jeune. La mission qu’elles se sont donnée est simple « sauver maman » et le cadre des opérations bien défini : un club de vacances sur l’Ile de la Réunion…


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  • Une histoire très embrouillée... D je n'ai pas tout compris. Dommage. Mais assez intéressante. les acteurs sont formidables.

    scénario: 14/20     acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 14/20

    Red Sparrow

    Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents.
    Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.


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  • Un très beau documentaire sur le monde marin.

    scénario: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Blue

    Blue, le nouveau film Disneynature, est une plongée au cœur de l’Océan pour découvrir, comprendre, aimer un monde encore mystérieux et surprenant. Un monde où la nature invente des couleurs, des formes et des sons merveilleux.
    L'Océan est unique, seuls les hommes le mettent au pluriel. Il est partout, recouvre  plus de 70% de la Terre et donne à notre maison sa couleur et son nom: la planète bleue.
    Dans cet environnement somptueux et fragile, les dauphins seront nos  guides pour partager cette grande histoire de l'Océan qui est celle de nos origines et notre avenir. Une histoire universelle qui résonne en chacun de nous.


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  •  Un film réussit où on ne s'ennuie pas une seconde même si le scénario n'est pas "transcendant"...

    scénario: 15/20          technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    Tom Raider

    Lara Croft, 21 ans, n'a ni projet, ni ambition : fille d'un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l'empire de son père. Convaincue qu'il n'est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d'une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d'innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir "Tomb Raider"…


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  • Gaston sera toujours Gaston. Malgré quelques longueurs cette comédie est réussi. Et Gaston est très ressemblant.

    scénario: 16/20    acteurs: 16/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

     

    Gaston Lagaffe

    M’enfin ! Gaston débarque en stage au Peticoin.
    Avec ces inventions délirantes, il va changer le quotidien de ses collègues. 
    Chat, mouette, vache, et gaffophone seront au rendez-vous des aventures de notre bricoleur de génie qui ne pense qu’à faire le bien autour de lui mais qui a le don d’énerver Prunelle son patron. 
    Les gaffes à gogo de notre empêcheur de travailler en rond pourront-elles éviter que le redoutable Monsieur de Mesmaeker rachète le Peticoin ?


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  •  Un film hilarant. J'ai ri d'un bout à l'autre. L'univers de Staline est moqué et c'est réjouissant. Les acteurs sont formidables dans ces caricatures d'aparatchiks.

    scénario: 18/20   technique: 18/20    acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    La mort de Staline

    Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c'est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée - comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov - la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l'URSS est à portée de main. (Inspiré de faits réels...)

    Dur de passer du Jeune Karl Marx, sorti l'année dernière à La Mort de Staline. De l'aimable philosophie à l'abominable barbarie. Et comment s'y prendre avec un client qui affichait au compteur, au moment de son dernier souffle, la bagatelle de 5 millions d'exécutions, plus 5 millions d'individus envoyés, avec des fortunes diverses, au goulag, sans oublier les 9 millions de petits propriétaires paysans emportés par la famine suite aux réquisitions. Comment s'y prendre si ce n'est par la farce ? L'inimaginable en effet dans cette histoire est que cette Mort de Staline hilariously british, loin de toute désolation funèbre ou de toute compassion, relève plus du Dr Folamour de Kubrick, avec son cow-boy chevauchant sa bombe atomique, que de la tragédie funèbre.
    On se souvient au passage de cette blague qui courait au bon vieux temps dans les pays communistes à l'évocation de ces arrestations à l'heure du laitier : « Boum boum ! Tapait le poing sur la porte ! Ouvrez ! faisait la grosse voix à l'extérieur. Qui est-ce ? gémissait alors plaintivement la petite voix à l'intérieur. Gestapo !… criait la voix dehors. Ouf ! se rassurait alors la petite voix. » C'est sur ce mode, en effet, que nous est racontée la mort de Staline : un énorme malentendu avec une idéologie devenue caricature. « Ils nous vendront la corde pour les pendre » avait dit Lénine. Force est de constater que ses successeurs surent en faire entre eux-mêmes un aussi mauvais usage.


    Dès les premières images de cette mort annoncée, la messe est d'ailleurs dite. Nous sommes dans un de ces temples soviétiques dressés à la gloire de la culture, où se donnent des concerts de musique classique. La représentation vient de se terminer et déjà le public se disperse. A la régie, deux techniciens somnolent en attendant d'aller se coucher. Nous sommes le 3 mars 1953 et soudain le téléphone sonne : au bout du fil, une voix impérieuse annonce que le camarade Staline exige que lui soit livré dans les plus brefs délais l'enregistrement du concert. Panique à bord. Nos deux lascars, quasiment assoupis derrière leur console, n'ont pas enregistré la moindre note. L'ombre du goulag se profile… Il faut rattraper dans la rue les spectateurs, en retrouver d'autres pour remplir la salle : balayeurs, ouvriers de nuit sur le chemin de leur travail, ivrognes qui cuvent leur vodka dans le ruisseau… et trouver à l'arrache un chef d'orchestre qui croit mourir de peur quand les hommes de la milice frappent à sa porte.
    À la même heure, après avoir réuni au Kremlin le présidium pour évoquer une nouvelle affaire de complot – la routine, quoi –, Staline emprunte une des trois limousines devant le mener à sa datcha de Kontsevo près de Moscou, les deux autres étant des leurres occupés par des sosies, chaque voiture prenant chaque soir des chemins différents. Après un repas sur le pouce avec quatre de ses ministres encore en état de grâce, il monte se coucher dans une de ses sept chambres, toutes fermées par une porte blindée gardée par deux officiers du NKVD (les six autres aussi bien sûr). Pendant ce temps, le concert et son enregistrement ont repris dans l'angoisse générale alors que, derrière la porte blindée, va se jouer le destin de l'URSS…

    Alors, bravo et merci à Armando Iannucci, réalisateur écossais de son état, de nous offrir le régal de découvrir un Nikita Khrouchtchev sous les traits de Steve Buscemi et un Molotov sous ceux de l'ex Monty Python Michael Palin dans une production absurde, hilarante et terrifiante où tout ce petit monde soviétique épouse sans sourciller la langue de Shakespeare.


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  • Ce documentaire est une merveille. Cela fait du bien de voir des  gens qui ne sont pas obsédés par l'argent, qui ne vendraient pas pères et mères pour s'enrichir, mais au contraire des personnes qui respectent la nature, les animaux et qui pensent à long termes. Certes, on peut regretter que tous les exemples donnés soient situés à l'étranger, puisque les initiatives françaises sont nombreuses. Mais ils feront certainement l'objet d'un documentaire ultérieur.

    scénario: 18/20        technique: 18/20   note finale: 18/20

    Nul homme n'est une île

    « chaque homme est un morceau du continent, une partie de l’ensemble. » Nul Homme n’est une île est un voyage en Europe, de la Méditerranée aux Alpes, où l’on découvre des hommes et des femmes qui travaillent à faire vivre localement l’esprit de la démocratie et à produire le paysage du bon gouvernement. Des agriculteurs de la coopérative le Galline Felici en Sicile aux architectes, artisans et élus des Alpes suisses et du Voralberg en Autriche, tous font de la politique à partir de leur travail et se pensent un destin commun. Le local serait-il le dernier territoire de l’utopie ?

    Subtile invitation au voyage à travers le temps, les paysages, notre humanité, ses savoirs et ses arts, qui commence par ce très beau titre tiré d’un poème anglais du xviie siècle. « Nul homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie… la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain… »

    C’est une Europe aux couleurs naturelles, originelles et pourprées, que nous dépeint ce film, à l’instar de cette sublime fresque du Moyen Âge par laquelle il débute et qui sera le fil conducteur subtil pour guider nos pas. La fresque du « Bon et du Mauvais Gouvernement » d’Ambrogio Lorenzetti, éminemment politique, qui orne la Salle des neuf à Sienne depuis 1338 et continue de transmettre ses enseignements sept siècles plus tard. Que peut bien nous dire cette œuvre vénérable qui puisse avoir une résonance aujourd’hui ? Elle nous dépeint les effets du bon gouvernement, le décrit tel qu’il doit-être : harmonieux, ne dissociant pas la gestion de la ville de celle de la campagne ; équitable, attentif à ne laisser personne sur le bas côté ; joyeux, animé par une démocratie éclairée, toujours en progression. Un peuple élisant des représentants qui ne seraient pas des oligarques, ne se comporteraient pas en maîtres mais resteraient, comme tous, au service de l’essentiel, du Bien Commun. Un idéal intemporel, ancré dans l’essence de la vie, qui semble soudain d’une actualité brûlante. À l’heure où l’humanité semble vouloir s’autodétruire, poursuivant les paillettes d’un confort illusoire, on serait tenté de baisser les bras… Et pourtant ! C’est dans un tourbillon intense et vivifiant que va nous entraîner le réalisateur, à la rencontre d’une poignée d’irrésistibles humains bien décidés à se faire une vie belle et bonne, à ne pas laisser en pâture ce monde à ceux qui le gouvernent sans partage et pour tout dire pas très bien !

    Contre vents et marées, ou plutôt contre déboisement et centres commerciaux, les voilà qui s’enracinent, ne cèdent pas, font la fête, car cette dernière véhicule le ferment des constructions communautaires. Ils sont d’Italie, de Suisse, d’Autriche… Ils sont de tous les horizons, ne se connaissent pas forcément et pourtant, d’un bout à l’autre du continent leurs mots se répondent, renforcent la solidarité, l’intelligence collective. Petit à petit on est galvanisé, porté par leurs expériences, l’envie de contribuer modestement à ce bel édifice, ne serait-ce qu’en consommant différemment, en ouvrant large nos bras, nos portes et surtout nos esprits. Car en définitive, c’est de cela dont il s’agit. Ce sont des paysans, des architectes, un menuisier, un élu et même un technocrate qui nous ouvrent la voie, sans donner de leçons. Animés par le bonheur de faire, de créer, d’inventer, de collaborer, de protéger la terre, les trésors qu’elle recèle. Ce sont des collectifs qui bâtissent, rendent un autre monde possible au quotidien. En Sicile c’est la coopérative des Galline Felici – Les Poules Heureuses – qui vaillamment bouscule les règles du jeu de la loi du marché. Dans le Vorarlberg c’est l’improbable « Bureau des questions du futurs » qui œuvre au changement. Quant au mouvement des « baukünstler », il développe une nouvelle culture du bâti… On découvre encore d’autres collectifs, tous bien ancrés dans notre époque moderne, développant des savoir-faire, acquérant une précieuse expertise. Des expériences qui prennent force d’exemples. Des choix humains tellement cohérents que les frontières entre privé et professionnel se dissolvent progressivement. Ces pionniers magnifiques nous disent tranquillement, joyeusement, que la solution sera collective ou ne sera pas : nous ne sommes définitivement pas des îles.


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