• Ca se passe chez les pauvres donc, les acteurs sont habillés et moches et les images sont dégueulasses. L'hsitoire est tristounette comme le film. Nommée à l’oscar cette année pour ce rôle, Melissa McCarthy sort de son registre comique habituel pour incarner avec une jolie gravité cette vieille fille asociale mais maligne, qui reproche au monde entier sa vie de galère et espère enfin tenir sa revanche.  Bof, moyen.

    scénario: 12/20      acteurs: 16/20  technique: 12/20   note finale: 13/20

    Les faussaires de Manhattan

     

    Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israel se découvre par hasard un don exceptionnel : celui d’imiter à la perfection le style de grands romanciers. Avec l’aide de son ami Jack, elle monte une arnaque imparable: rédiger de fausses correspondances entre auteurs célèbres, que Jack revend à prix d’or aux collectionneurs new-yorkais. Grisés par le succès, les deux faussaires ne voient pas que le FBI commence à s’intéresser à eux…

    Ma pieuse grand-mère, presque une sainte disait le voisinage, m’enseigna que même la gourmandise était un péché. Mais il y en avait de bien pires : entre autres tricher ou voler ! Aussi quand, toute petite, je la vis chaparder pour la première fois une sucrerie dans une grande surface, je m’offusquai : « Mais… mais c’est un péché ! ». J'étais outrée. Alors, dans un de ces larges sourires, aussi coupables que complices, dont elle seule avait le secret, elle me souffla : « Oh ! Ce bonbon est si petit… Dieu nous le pardonnera. » Et elle éclata de rire. Aide toi et aide un peu le ciel s’il tarde à le faire ! C’est à croire que Lee Israel a eu la même grand-mère ou a tout le moins bénéficié des mêmes enseignements. Il faut préciser ici que le personnage central du film a bel et bien existé et que le scénario est l’adaptation de son étonnante autobiographie : Can you ever forgive me ? (Pourrez-vous jamais me pardonner ?).


    L’histoire démarre à ce point précis où la vie de Lee, biographe en manque d'inspiration, va basculer dans une autre dimension, hors des rails de la bonne morale, suite à un événement d’une banalité confondante : Jersey refuse de manger sa pâtée. À voir ce chat tellement décrépit, on pencherait pour ne pas lui infliger de lourds traitements inutiles. Seulement voilà, si on exclut les bouquins et la bibine, le gros matou est le seul compagnon de notre misanthrope endurcie, celui qui la raccroche à un semblant d’humanité. Voilà la drôlesse prête à se mettre à genoux chez le vétérinaire pour qu’il soigne la pauvre bête. Mais son ardoise est si longue que, malgré ses prières, rien ne fera fléchir la pourtant compatissante secrétaire.
    Pour son chat, Lee est prête à ravaler sa fierté et s'en va supplier une ultime fois son éditrice afin qu’elle lui consente une avance… Mais rien à faire : le coup de la page blanche, ça va un temps ! Des lustres que l’écrivaine abreuve son entourage de promesses non tenues… Elle n'aura pas un sou ! Donc impossible de payer les loyers en retard, encore moins les frais de véto du félin. C'est bien pour son chat que, la mort dans l’âme, Lee se résout à vendre une de ses possessions les plus précieuses : une lettre originale de Katharine Hepburn. Une transaction si simple et rémunératrice qu'elle va produire chez elle une soudaine illumination : et s’il suffisait, pour rembourser toutes ses dettes, de fabriquer quelques missives dédicacées ? Ça ne ferait de tort à personne…
    Usant de ses talents de dactylographe, l'écrivaine jusque là respectueuse des lois va vite devenir une brillante faussaire. Elle imite la prose de ses auteurs préférés en pure virtuose, leur attribuant des citations de son cru, restituant leur style de façon magistrale, s’enhardissant chaque jour un peu plus, toujours plus inventive. Tant et si bien qu’une telle surabondance de correspondance « rare » finit par devenir suspecte aux yeux des acheteurs. Lee, se sentant repérée, essaie de contourner la chose en confiant la partie commerciale de son business à un dandy sur le retour du nom de Jack Hock, encore plus loser qu’elle, son antithèse question prestance et élégance décalée. C’est ainsi qu’entre ces deux, que seuls la solitude et l’abus d’alcool semblaient pouvoir rapprocher, naitra une amitié vacharde perfusée au whisky et aux tirades cyniques.

    Le duo haut en couleur, excellemment interprété par Melissa McCarthy et Richard E. Grant, contribue à rendre croustillante cette escroquerie mondaine que jamais, au grand jamais Lee Israel ne désavouera et qui restera probablement sa plus belle œuvre, presque son chant du cygne. Peut-être même qu’à la longue, ses faux remarquables qui courent encore dans la nature deviendront encore plus prisés que les vrais. De quoi largement se faire pardonner.


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  • Les dialogues sont très réussis. un très beau film plein d'humour et de tendresse. les acteurs sont grandioses.

    scénario: 18/20   technique: 17/20     acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Premier de la classe

     

    Abou, 14 ans, fait la fierté de son père. Contrairement à ses 3 frères, il est « 1er de sa classe ». Enfin, c’est ce qu’il fait croire. En vérité, Abou est surtout le roi du mensonge et du bulletin truqué! 
    Quand arrive la première réunion parents-profs, il va monter le plus gros mytho de sa vie : recruter des faux profs parmi ses connaissances du quartier pour faire face à son vrai père, pendant que ses vrais profs rencontreront son faux père. Ca devrait être facile…en théorie!


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  • Je n'aime pas les films qui se terminent en queue de poisson. Mais celui-là nous tient en haleine jusqu'au bout. Malheureusement, la fin n'est pas à la hauteur du reste du film.

    scénario: 16/20       technique: 16/20     acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    The operative

    À la fin des années 2000, alors que le monde craint que l'Iran ne se dote de l'arme atomique, Rachel, ex-agente du Mossad infiltrée à Téhéran, disparaît sans laisser de trace. Thomas, son référent de mission, doit la retrouver entre Orient et Occident, car Rachel doit revenir à tout prix sous le contrôle de l’organisation… ou être éliminée.


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  •  Un vaudeville très réussi. les acteurs sont formidables et on rit beaucoup. Je ne sais pas si le film est tiré d'une pièce de théâtre, mais si ce n'est pas la cas, il ferait une belle pièce de théâtre!!

    scénario: 17/20        acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Beaux-parents

    Coline et André sont en parfaite harmonie avec leur fille, Garance, et leur gendre Harold. Mais Garance se sépare d’Harold et ordonne à ses parents de ne plus jamais le revoir. Les beaux-parents ne peuvent s’y résoudre : elle l’a largué, mais pas eux ! Ils devront mener une double vie pour continuer à voir leur gendre adoré, en cachette de leur fille, qui ne va pas les lâcher...


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  • Bof. Un frigo connecté qui rend tout le monde fou jusqu'à ce que Doria Tillier tombe amoureux de lui.... Bof.

    scénario: 10/20   technique: 16/20   acteurs: 12/20   note finale: 8/20

    Yves

    Jérem s'installe dans la maison de sa mémé pour y composer son premier disque. Il y fait la rencontre de So, mystérieuse enquêtrice pour le compte de la start-up Digital Cool. Elle le persuade de prendre à l'essai Yves, un réfrigérateur intelligent, censé lui simplifier la vie…

    Rien ne prédestinait Jérem (excellent William Lebghil), éternel adulescent, et Yves, réfrigérateur dernier cri, à se rencontrer et encore moins à cohabiter. Rappeur raté, bien incapable de se faire cuire un œuf ou de balayer ses miettes, Jérem cultive l’art de la lose. Ce n’est pas un simple poil qu’il a dans la main mais toute une moquette, même pas bonne à fumer. Il mène une vie de patachon pépère, allant de la cuisine à la chambre, du canap à l’ordi, incapable de produire grand chose de bien probant, au grand dam de son impresario désespéré (le loufoque Philippe Katerine). À ce rythme-là, aucune rentrée d’argent à l’horizon, et si notre trentenaire a encore un toit sur la tête, c’est grâce à l’appartement de sa grand-mère qu’il peut squatter.
    Pas de quoi être fier et peut-être est-ce pour cela qu’il embobine So, l’enquêtrice qui le sonde en lui racontant qu’il est policier. Un bobard qui le rend éligible pour tester gratis un sémillant frigidaire intelligent et à la langue bien pendue baptisé Yves. Si de prime abord le smart-frigo, à peine sorti d’usine, ne semble pas avoir inventé l’eau tiède et paraît juste bon à pasticher les humains, progressivement son intelligence artificielle va s’avérer redoutable. D’abord docile avec son nouvel usager, il va rapidement s’enhardir et prendre des initiatives bien contrariantes pour ce dernier. Finis les sempiternels repas régressifs de Jérem, dont la capacité à cuisiner se limite à écraser des biscuits et des bananes dans un bol de lait ! Jugeant que cela défie les plus élémentaires règles de la diététique, Yves, programmé pour procurer bonheur et santé à ses bénéficiaires, prend les rênes et commandera désormais des légumes, non mais ! Même le chien de la maisonnée se doit de manger équilibré. Jérem, qui a accepté de participer au test à cause des caddies de bouffe gratuits, commence à s’en mordre les doigts. D’autant plus quand, non content de lui faire avaler des carottes, Yves commence à donner son avis sur tout ce qui se passe dans sa vie, prompt à critiquer et à donner des leçons. Rien n’échappe au cerveau électronique de ce qui se passe sur l’ordinateur de son maître, ni sur les réseaux sociaux : bienvenue dans le monde des objets connectés !
    Jérem n’a bientôt plus aucun secret pour son frigo, qui finit, c’est le pompon, par carrément s’immiscer dans sa vie privée et ses compositions musicales… Bientôt, les seules choses qui retiennent notre homme de flanquer l’importune boîte à glace à la rue, ce sont les doux yeux de So, qu’il rêve secrètement de revoir, sans oser prendre les devants, jusqu’à ce qu’Yves, dans un élan d’attention bienveillante, s’en mêle et sème une sacré pagaille dans leurs vies respectives.

    C’est un univers satirique hilarant dans lequel nous sommes plongés, une fable contemporaine presque glaçante malgré le fait qu’on rigole fréquemment. Yves a le sens de la répartie, il nous époustoufle, on finirait presque par le trouver plus humain que les humains eux-mêmes, en tout cas plus finaud, et par éprouver plus d’empathie pour lui que pour nos semblables, tout juste bons à pondre des morceaux de rap d'une banalité crasse.
    Voilà Yves fin prêt à piquer la vedette aux vulgaires mortels. Tout comme les protagonistes de l’histoire, on sombre dans une vague d’anthropomorphisme délirante, prêtant au placard frigorifique toutes sortes d’intentions, même des comportements de chaud lapin, avant de se souvenir que la vengeance est un plat qui se mange froid et que dans ce domaine également, Yves est le mieux pourvu !


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  • Un très jolie comédie estivale. Réussie. On rit beaucoup.

    scénario: 17/20   technique: 17/20   acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Ibiza

    Philippe et Carole, tous deux divorcés, viennent de se rencontrer.
    Très amoureux, Philippe est prêt à tout pour se mettre les deux ados de Carole dans la poche. Il propose un deal au fils aîné : s'il a son bac, c'est lui qui choisit leur lieu de vacances.
    Et ce sera Ibiza !
    Mais pour Philippe, plutôt habitué à de paisibles vacances dans la Baie de Somme, c'est un véritable choc.


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  •  Même si ce film rappelle furieusement Nikita, il est très réussi. Certes les recettes de Besson sont toujours les mêmes mais cela fonctionne encore et toujours.

    scénario: 18/20         acteurs: 18/20         technique: 18/20  note finale: 18/20

    Anna

    Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment ANNA et qui est “échec et mat”.


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  •  Une très jolie comédie, pleine d'humour et de tendresse.

    scénario: 17/20   technique: 17/20    acteurs: 17/20   note finale: 17/20

    Made in China

    François, jeune trentenaire d’origine asiatique, n’a pas remis les pieds dans sa famille depuis 10 ans après une violente dispute avec son père Meng. Depuis, il essaie toujours d’éviter les questions sur ses origines, jusqu’à mentir en faisant croire qu’il a été adopté.

    Mais lorsqu’il apprend qu’il va être père, il réalise qu’il va devoir renouer avec son passé et ses origines. Poussé par sa compagne Sophie, il se décide à reprendre contact avec les siens et retourne dans son XIIIème arrondissement natal pour leur annoncer la bonne nouvelle, accompagné de son meilleur ami Bruno. François est accueilli à bras ouverts par sa famille, à l’exception de son père et de son jeune frère.

    Le retour dans sa communauté ne va pas être si simple…


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  • Un très jolie film sur les difficultés d'une jeune femme avec beaucoup de de diplômes. C'est un film réjouissant dans lequel les acteurs se donnent au maximum. Une fable réjouissante qui, raconte, à coups de répliques absolument malicieuses, la difficulté pour une jeune-femme canadienne à exister. Un coup de force pour un premier long-métrage. Car cette comédie féministe est souvent désopilante. Le mérite en revient à l’éreintante Anne-Elisabeth Bossé, qui ose tout dans ce rôle d’une Bridget Jones intello ou d’une Frustrée moderne de Bretécher.

    scénario: 16/20    technique: 16/20    acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    La femme de mon frère

    Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l’épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d’Eloïse, la gynécologue de Sophia…

    Avec un peu de chance, vous allez comme moi être à la fois irrésistiblement séduit et exaspéré par Sophia, l'héroïne hors normes – et présente dans tous les plans ou presque – de cette délicieuse comédie de mœurs urbaine et très canadienne, qui n'est pourtant pas sans rappeler la verve des films de Justine Triet (Victoria et Sibyl avec Virginie Efira). Cette pétillante trentenaire québécoise, universitaire au visage aquilin et à la logorrhée inextinguible, est ce qu'on pourrait appeler une « attachiante », tant on ne sait jamais si on a envie de lui mettre des baffes ou de sourire de l'incorrigible et permanente verve acide avec laquelle elle aborde tout ce qu'elle approche.

    Sophia, sur-diplômée, probablement trop intelligente et lucide pour un monde qui n'en demande pas tant, est juste une géniale inadaptée sociale, à une époque où la pensée est devenue une activité finalement handicapante à bien des égards. Dans une scène hilarante, on assiste au pugilat des membres de son jury universitaire qui règlent leurs comptes au dessus de sa tête alors qu'elle tente de soumettre sa thèse dont le thème (les continuateurs de Gramsci, philosophe marxiste italien incontournable mais oublié de l'immense majorité de la population) a peu de chances de l'aider à s'intégrer à notre monde ultralibéral. Dans l'attente d'une hypothétique chaire d'université qu'elle se fera chiper par la fille de son directeur de thèse, Sophia vivote d'un petit job dans une galerie, qu'elle accomplit avec la plus mauvaise volonté, et squatte chez son frère Karim, un garçon séduisant et sociable, son total opposé mais dont elle est inséparable, jusqu'à ce que, dixit Karim, « elle trouve un sens à sa vie ».La vie sentimentale de la fratrie n'est par ailleurs pas franchement marquée par la stabilité, jusqu'au jour où Karim tombe sous le charme de la gynécologue venant d'avorter sa sœur (comme le dit Sophia : « quel homme a le culot de draguer le médecin qui a avorté sa sœur ? »). Un bouleversement qui va obliger Sophia à se prendre en main.

    On se laisse embarquer par l'ironie et le cynisme intarissable de Sophia, qui fournit l'occasion de dialogues hilarants et d'un regard finalement tendre et amusé sur les déboires de la jolie trentenaire, notamment dans une formidable scène de famille qui tourne au cauchemar, avec des parents bien plus barrés et atypiques que ne sont les enfants, ou encore dans celle où Sophia va rencontrer contre toute attente, elle qui est persuadée qu'il faut surtout ne pas enfanter dans ce monde insupportable, UN sage femme, un de ces rares hommes qui a choisi de vouer sa vie à la maternité.

    On comprend assez vite que le cynisme et le nihilisme de Sophia sont des armures, qui la protègent d'une hypersensibilité à la vie, et le film s'avère un splendide regard sur la famille et l'amour fraternel. Le récit est mené tambour battant, emballé par le jeu irrésistible de l'hilarante autant que touchante Anne-Elisabeth Bossé, découverte chez Xavier Dolan, tout comme Mona Chokri d'ailleurs, comédienne qui signe ici un premier film bourré d'envie et d'énergie.


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  •  Pas mal même si c'est un peu ennuyeux par moment. Un film coup de poing contre la guerre, à travers le portrait sensible et solaire de trois frères, qui luttent contre leurs démons. "Un havre de paix" est une sacrée expérience. Un peu méta, sensible, humaine, intense, mélancolique, belle et parfois drôle, elle risque d'en laisser plus d'un épuisé par tant de sincérité. Si la forme est perfectible, le fond, lui, est très solide. Un film fort et doux en même temps, qui nous sort ses tripes à chaque image. La révélation d'un nouveau cinéaste qu'on a hâte de voir grandir. Ce film nous démontre une fois de plus, s'il en était encore besoin, que la guerre c'est bête et que les horreurs qui y sont commises affectent durablement ceux qui les commettent et ceux qui y assistent.

    scénario: 16/20       technique: 15/20       acteurs: 16/20  note finale: 16/20

    Un havre de paix

    Trois frères se retrouvent pour enterrer leur père dans le kibboutz de leur enfance. Avishaï, le plus jeune, doit partir deux jours plus tard à la frontière libanaise où un nouveau conflit vient d’éclater. Il sollicite les conseils de ses frères qui ont tous deux été soldats. Itaï souhaite endurcir le jeune homme tandis que Yoav n’a qu’une idée en tête : l’empêcher de partir. Dans ce kibboutz hors du temps, le testament du père va réveiller les blessures secrètes et les souvenirs d’enfance...


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  •  Ce film est un petit bijou que je vous recommande. Raph Fiennes joue le discret et placide mentor de Noureev, qu’incarne avec brio Oleg Ivenko, danseur classique professionnel, dont c’est le premier rôle de cinéma. Sa performance, comme sa ressemblance avec son modèle, étonne. D’une grâce agile et magnétique.Bien joué, bien filmé, les décors et les costumes sont parfaits. L'image est magnifique.

    scénario: 18/20    technique: 19/20     acteurs: 18/20   note finale: 18/20

    Nooreev

    Jeune prodige du célèbre ballet du Kirov, Rudolf Noureev est à Paris en juin 1961 pour se produire sur la scène de l'Opéra. Fasciné par les folles nuits parisiennes et par la vie artistique et culturelle de la capitale, il se lie d'amitié avec Clara Saint, jeune femme introduite dans les milieux huppés. Mais les hommes du KGB chargés de le surveiller ne voient pas d'un bon œil ses fréquentations "occidentales" et le rappellent à l'ordre. Confronté à un terrible dilemme, Noureev devra faire un choix irrévocable, qui va bouleverser sa vie à jamais. Mais qui va le faire entrer dans l’Histoire.

    S'il est un personnage romanesque, c'est bien Rudolf Noureev : un danseur d'exception, une étoile filante qui influença d'une façon phénoménale la danse masculine, perturba radicalement les codes du ballet, fascina des générations d'amateurs et continue aujourd'hui encore à inspirer nombre d'artistes. En plus il était beau : « Du fauve il avait le regard brûlant et le mouvement aussi » dira de lui Christine Okrent pour annoncer sa disparition en pleine gloire en 1993… âgé d'à peine 54 ans.
    Le film ne dit pas toute sa vie, mais ses débuts à Leningrad (Saint-Pétersbourg), sa rencontre avec Alexandre Pushkin, professeur de danse respectueux et respecté qui joua un rôle déterminant dans l'évolution du jeune prodige jusqu'au moment où sa vie bascule radicalement…
    Son père, commissaire politique de l'Armée rouge, avait disparu alors qu'il avait trois ans, laissant sa famille dans une précarité qui lui laissa durablement un insatiable appétit de richesse et de reconnaissance. Il avait une énergie folle, en réaction, peut-être, à un complexe d'infériorité chronique. Pauvre, venu tardivement à la danse, il avait le sentiment qu'il devait « faire tenir six années en trois » pour rattraper son retard. Ralph Fiennes a toujours été fasciné par le personnage, fasciné aussi par la Russie dont il parle la langue et s'il prend grand soin à reproduire scrupuleusement le contexte, il se donne à lui-même le rôle d'Alexandre Pushkin, prof dont la bienveillante tolérance a compté dans l'affirmation du talent de Noureev.

    1961, nous sommes en pleine guerre froide. C'est à contre cœur que la Russie soviétique autorise Noureev à sortir de ses frontières pour se produire à l'Opéra de Paris avec le ballet du Mariinsky, encadré de près par le KGB complètement dépassé. « Il n'entend rien à la politique » avait dit son directeur de troupe pour rassurer les autorités, échaudées par les insoumissions et les frasques de ce danseur fantasque.
    Mais à peine la représentation terminée, Noureev échappe à cette surveillance trop visible, pour le simple plaisir de flâner en toute liberté dans Paris ou faire la fête avec les danseurs français… Probable qu'il n'avait rien calculé à l'avance, dit Fiennes : « les Soviétiques, en lui mettant la pression, l'ont poussé à faire le choix de rester en France ». En arrivant à Paris, lui qui n'a connu que l'univers gris de la pauvreté, est instantanément fasciné par la ville, sa liberté festive, cette foultitude d'amis avec qui il peut s'exprimer en toute sincérité, sans contrainte…
    Au moment du voyage de retour vers la mère patrie, alors même qu'il s'apprête à embarquer dans l'avion, il fait volte face, se précipite vers deux gendarmes à qui il demande protection et supplie la France de le garder, soutenu par ses nouveaux amis…

    On imagine qu'il n'a pas été commode de parvenir à trouver le comédien capable d'exprimer l'incandescence du tempérament de Noureev. C'est finalement dans la troupe nationale du Tatarstan que Fiennes, après de longs mois de recherche, a fini par dénicher Oleg Ivenko, danseur lui même, n'ayant jamais joué la comédie, mais étonnant de ressemblance physique avec son modèle… « Restait à être spontané et à s'investir émotionnellement »… dit encore Fiennes. C'est ce que réussit Oleg Invenko, avec une classe et une fougue emballantes… et un talent de danseur époustouflant – les scènes de danse ne sont pas très nombreuses dans le film mais elles sont exaltantes.


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  • Encore un premier film réussi!! Judith Chemla donne beaucoup de charme et de substance à son personnage, et plus largement au film tout entier. Elle y sème à la fois les rires, l'inquiétude, les moments poignants, le tout bien dosé par la réalisatrice, Elise Otzenberger qui aborde le sujet grave de la Shoah avec une légèreté et une drôlerie qui ne déplairaient pas à Woody Allen.

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20  technique: 16/20    note finale: 16/20

    Lune de miel

    Anna et Adam, jeune couple de parisiens aux origines juives polonaises, partent pour la première fois de leur vie en Pologne. Ils ont été invités à la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la destruction de la communauté du village de naissance du grand-père d’Adam.
    Si Adam n'est pas très emballé par ce voyage, Anna est surexcitée à l'idée de découvrir la terre qui est aussi celle de sa grand-mère. Enfin… d’après le peu qu’elle en connaît.
    Les voilà partis à la recherche de leurs origines dans un voyage plein de surprises, durant lequel ils ne trouveront pas exactement ce qu’ils sont venus chercher…

    Drôle d’oiseau que la mémoire familiale. Parfois volatile ou carrément entêtante, nostalgique ou douloureuse, elle est un peu comme une ancienne rengaine dont on connaîtrait par cœur la musique, sans toujours se souvenir des paroles. Dans la mémoire d’Ana, il y a un village inconnu, quelque part en Pologne, et puis surtout une grand-mère qu’elle chérissait. Si toutes les grands-mères du monde adorent raconter à leurs petits-enfants les souvenirs d’enfance sucrés, les jeux des temps anciens et tout ce qui faisait la vie d’alors, celle d’Ana a gardé le silence. Comme de nombreux rescapés de la Shoah, elle a préféré garder pour elle la souffrance, couvrant d’un voile invisible ce pan entier de l’histoire familiale. Dans toutes les familles juives de toutes les contrées du globe, qu’elles soient religieuses ou indécrottablement athées, qu’elles aient été touchées ou non par la déportation, il y a cette histoire commune, inévitable. Maintenant qu’elle est mère à son tour, Ana ressent plus que jamais le besoin de connaître son histoire, le pays de ses aïeux et le roman de sa famille.

    Et justement, quelle aubaine ! Elle et son mari Adam sont invités à se rendre en Pologne dans le village dont il est originaire afin de participer à la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la destruction de la communauté. Bon d’accord, en terme d’évènement glamour, de virée romantique en amoureux, c’est pas tout à fait ça, et Adam aurait sincèrement préférer quitter Paris pour une escapade à New-York mais voilà, c’est toujours ça de pris sur les sorties en poussette, la purée bio maison et la virée sous la pluie à l’aire de jeu du coin. Quand les grands-parents (Brigitte Rouän, plus fantasque et drôle que jamais, et André Wilms, pierrot lunaire et généreux) débarquent pour garder le petiot, Ana est en mode surchauffe, une sorte de caricature de la maman juive : hystérique, exaltée, insupportable de maniaquerie. C’est qu’elle mise énoooormémement sur ce voyage, elle prend les choses très, très, très au sérieux et d’ailleurs, à peine posé le pied sur le sol polonais, c’est fou, elle se sent complètement polonaise, un truc de dingue !
    Adam, ça va rapidement le gonfler, cette histoire. Il aimerait pouvoir profiter pleinement de sa femme, manger de la charcuterie, flâner dans les rues sans forcément toutes les deux minutes sentir comme une grande chape de plomb au-dessus de sa tête, bing, le poids de l’histoire qui pèse un peu plus lourd que l’herbe à vodka au fond de la bouteille. Forcément rien ne va aller comme cela devrait. Forcément Ana va être déçue. Forcément le grand souffle de l’histoire familiale ne va pas vraiment la traverser avec fulgurance. Et forcément sa mère va débouler au beau milieu de cette improbable lune de miel.

    Pas fastoche de rire au milieu d’un tel sujet et sur les terres où fut exterminée une grande partie de la communauté juive polonaise. C’est pourtant bien ce que réussit avec talent Elise Otzenberger avec ce premier film largement inspiré de sa propre expérience. Naviguant entre deux tonalités, entre le burlesque des situations et la gravité de certaines scènes très émouvantes où l’ampleur de la tragédie reprend avec pudeur son droit sur les sourires, Lune de miel est porté à bout de bras par une Judith Chemla en très grande forme. L’énergie désespérée et souvent ridicule de son personnage est parfois un peu too much et envahissante, mais largement modérée par Adam et le duo de choc des parents, très bien sentis. L’humour très second degré du film (Ana est quand même souvent assez pathétique dans sa recherche absolue de judéité) évite toute forme de pathos déplacé et raconte, mine de rien, la puissance de la transmission, pour le pire mais aussi le meilleur.


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  •  Ce film est un petit bijou! Plein d'humour et de tendresse, il plaira aux petits comme aux grands. Une heureuse surprise. A travers cette comédie sociale, la réalisatrice, dont les grands-parents étaient eux-mêmes éleveurs de vaches laitières, met en lumière les difficultés du monde agricole, à l’instar des récents films "Normandie nue" et "Petit paysan". Guillaume de Tonquédec est irrésistible en fermier au bord de la faillite qui lit des textes classiques à toute la basse-cour. Les poules du film sont fantastiques... Un pur bijou d'originalité et d'émotion. La poule Roxane est fantastique! Il paraît que c'est un premier film. J'attends le suivant de cette merveilleuse réalisatrice avec impatience.

    scénario: 18/20      acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 18/20

    Roxane

    Toujours accompagné de sa fidèle poule Roxane, Raymond, petit producteur d’œufs bio en centre Bretagne a un secret bien gardé pour rendre ses poules heureuses : leur déclamer les tirades de Cyrano de Bergerac. Mais face à la pression et aux prix imbattables des grands concurrents industriels, sa petite exploitation est menacée. Il va avoir une idée aussi folle qu'incroyable pour tenter de sauver sa ferme, sa famille et son couple : faire le buzz sur Internet.


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  • Une pure merveille sur l'absurdité des hommes. Un palestinien et une israélienne sortent ensemble et à cause de cela les évènements vont s'enchaîner de façon dramatique. Subtil et profond, le film nous livre une magistrale analyse du dévoiement politique tant israëlien que palestinien. Tout a commencé par un baiser, tout se termine en foutoir et c’est absolument captivant.Quand la paranoïa et la jalousie rendent fous!

    scénario: 18/20   technique: 18/20   acteurs: 18/20  note finale: 18/20

    The reports on Sarah and Salem

    Sur fond de conflit politique, une jeune israélienne, Sarah, et un jeune palestinien Saleem, s'éprennent l'un de l'autre. Leur aventure déclenche un jeu dangereux de duperie entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui ne le détiennent pas.

    Comment une simple liaison, fut-elle extra-conjugale, peut-elle se transformer en affaire d’état ? The Reports on Sarah and Saleem va vous le faire découvrir. Véritable aventure kafkaïenne, ce thriller amoureux regorge de rebondissements. S’il ne court pas après l’analyse politique, elle le rattrape en filigrane et donnera à ceux qui en sont friands plusieurs niveaux de lecture. C’est donc un film passionnant et rondement mené qui attend ses spectateurs au tournant, ne les laissant guère respirer en toute sérénité. Tout comme ses habitants, nous voici prisonniers de l’haleine étouffante d’une Jérusalem bicéphale, dans laquelle les frontières sociales élèvent entre les individus un mur invisible honteux aussi puissant que celui érigé entre Israël et Palestine. Ici tout transpire une sorte d’apartheid larvé, endémique, entretenu par les autorités mais également par certaines classes de la population. Ici chacun compose avec la chape qui pèse sur ses épaules, alourdie par le poids de certaines familles traditionalistes, qu’elles soient juives ou arabes. Se rencontrer, aimer une personne du bord opposé se fait de façon secrète, dans la crainte constante (et un brin excitante) d’être dévoilé, rejeté, bafoué.


    Ce jour-là, quand on assiste à une arrestation, le pain quotidien des Palestiniens, on est loin de se douter des tenants et des aboutissants de l’affaire. Comme toujours, nul ne sait si elle est légitime, si on gardera longtemps l’homme en cage, si les motifs officiels correspondront à une réalité. Entre check points, ségrégation, magouilles, menaces, la paranoïa s’est enracinée dans la ville dite sainte. Tout prisonnier devient un symbole, un résistant, un héros… Pourtant si on savait d’emblée ce qui a conduit Saleem dans cette galère, on se garderait d’en faire un plat et on étoufferait le scandale dans l’œuf.
    Flash back… Saleem est un modeste chauffeur livreur, fauché comme les blés. Pas grand chose qui puisse le rendre fier de sa vie. Aucun métier lucratif qui lui permette d’assumer la charge de son épouse et d’une future ribambelle de mioches. C’est pas que l’amour ou la tendresse s’étiole entre les deux, mais le manque d’autonomie, de perspectives est un monstre larvé qui ronge de l’intérieur… À force de subir sa vie plutôt que de la vivre, on rêve d’évasion, d’espace à soi où respirer à plein poumons.
    Sarah, elle, est du bon côté de la barrière, celle des gens aisés, cultivés, la classe moyenne mais néanmoins dominante israélienne. Si elle travaille dans une boulangerie, cela semble plutôt pour tromper son ennui, fuir une routine vide de sens, oublier l’absence d’un mari policier plus affairé à servir de nébuleux intérêts supérieurs qu’à entretenir la vitalité de son foyer.
    Sarah et Saleem n’avaient rien pour se rencontrer… Pourtant ils se rencontrèrent… Étreintes torrides à l’arrière d’une fourgonnette, au beau milieu d’un parking isolé et un brin sordide. Une relation adultérine des plus banales pimentée par la saveur de l’interdit, d’autant plus goûteuse que ces deux-là font partie de deux mondes que tout oppose. Et ce dernier point, associé à de malheureux concours de circonstances, va faire basculer de simples rendez-vous charnels en liaisons dangereuses…

    Il faudrait encore parler de la douce femme de Saleem, personnage qui va se densifier au fil d’un film qui ne sombre jamais dans le simplisme… Le choix des actrices est remarquable et témoigne d’une aventure collective courageuse. Produire un film palestinien en territoire hostile est une belle gageure – le pays n’a réussi à en produire qu'une trentaine dans toute son histoire. Chapeau bas à l’équipe et particulièrement à la comédienne Sivane Kretchner, qui incarne Sarah, vilipendée en Israël pour avoir interprété au théâtre le rôle de Rachel Corrie, une militante américaine pro-palestinienne, tuée en 2003 par l’armée israélienne (à laquelle Simone Bitton a consacré son très beau documentaire Rachel en 2009).


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  •  Un très beau documentaire sur les arbres anciens que nous devons conserver. Un bien joli voyage. On aurait aimé que l'âge des arbres, même approximativement soit précisé. Et peut-être que les commentaires soient plus poétiques.

    scénario: 16/20  technique: 16/20  note finale: 16/20

    Les arbres remarquables: un patrimoine à protéger

    Surprenant tour de France (et Dom Tom) des arbres remarquables : vieux, insolites, reconnus, historiques, liés à une légende ou tout simplement beaux ! La diversité de ces ancêtres vénérables se dévoile sous nos yeux entre forêts et campagne, villes et montagnes. Certains d’entre eux paraîtront un peu "jeunes", ne dépassant pas les 300 ans. Les plus vieux cèdres ou catalpas, séquoias ou tulipiers ont tout simplement l’âge de leur arrivée en Europe ! Oliviers, Châtaigniers, Chênes, Ifs, Tilleuls sont eux aussi au rendez-vous, parfois millénaires. Leurs troncs creux vous attendent sereinement. Ne vous pressez pas. Ils seront encore là quand vous passerez les voir. Pour eux, le temps n’a pas la même dimension que pour nous. Notre seule urgence est de les protéger.


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  • Je déteste les films au résumé mensonger. Et c'est le cas pour ce film: on nous fait croire qu'il s'agit d'un film de voyage alors qu'il s'agit d'un film de l'histoire d'un gars qui devient handicapé!!! Et je n'aime pas ce genre de film.

    scénario: 10/20     acteurs: 10/20   technique: 16/20   note finale: 7/20

    L'autre continent

    Maria a 30 ans, elle est impatiente, frondeuse, et experte en néerlandais. Olivier a le même âge, il est lent, timide et parle quatorze langues. Ils se rencontrent à Taïwan. Et puis soudain, la nouvelle foudroyante. C’est leur histoire. Celle de la force incroyable d’un amour. Et celle de ses confins, où tout se met à lâcher. Sauf Maria.


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  • Un des pires documentaires que j'ai vu ces dernières années. Il est complètement inutile.  Cette vision de la souffrance humaine a beau émouvoir, l’accumulation des exemples édifiants produit un peu l’effet inverse : une forme d’écœurement et d'ennui.

    scénario: 8/20     technique: 10/20    note finale: 5/20

    Lourdes

    Le rocher de la grotte de Lourdes est caressé par des dizaines de millions de personnes qui y ont laissé l’empreinte de leurs rêves, leurs attentes, leurs espoirs et leurs peines. A Lourdes convergent toutes les fragilités, toutes les pauvretés. Le sanctuaire est un refuge pour les pèlerins qui se mettent à nu, au propre – dans les piscines où ils se plongent dévêtus – comme au figuré – dans ce rapport direct, presque charnel à la Vierge.

    Ne fuyez pas au prétexte que vous n’avez pas la foi ou que vous en avez marre des documentaires. Vous passeriez à côté d’un film magnifique qui a su emballer les plus anticléricaux et sceptiques d’entre nous. C’est avant tout une grande aventure humaine, qui raconte un besoin de tendresse et de consolation profondément ancré en chacun de nous.
    Lourdes commence par une caresse toujours renouvelée, celle de milliers de mains sur une roche polie par leurs doigts autant que par les ans. Des mains toutes différentes, chacune racontant un parcours singulier. Il y a celles, menues et graciles, à peine sorties de l’œuf. D’autres plus grassouillettes qui semblent vouloir arrondir les angles. D’autres toutes ridées comme si elles avaient déjà trop vécu et plus grand chose à espérer… Pourtant toutes espèrent ! Elles ont toutes les couleurs du monde, toutes les couleurs de l’humanité. En quelques plans d’une beauté évidente, on plonge dans un univers aussi sensoriel que réparateur. Puis, progressivement, il y a ces voix qui viennent le peupler, ces voix venues du tréfonds des âmes. Elles nous parlent des jardins les plus secrets, sans ostentation, sans trop en dire. La caméra jamais n’est impudique. L'oreille du preneur de son, l'œil de l'opérateur sont toujours discrets et bienveillants. On vagabonde au milieu de pensées, d’aspirations, d’angoisses proches des nôtres. Nous voilà unis avec nos semblables dans une même communauté de destins. « Nous sommes des hommes, nous sommes des femmes, nous sommes tous un peu perdus » dira le père Jean… Celui-là même qui, sans juger, tend la main aux prostitué(e)s du bois de Boulogne pour lequel il affrète chaque année un bus qui les conduit en pèlerinage. Quelle étrange colonie de vacances ! Des personnages haut en couleurs et en pensées qu’on ne s’attendrait pas à voir dans un lieu saint ! Et pourquoi pas ? Lourdes est un étrange patchwork populaire, plus rock’n roll et libertaire qu’on aurait imaginé. De long temps on n’oubliera l’adorable Isidore. Pute ? Travesti ? Tellement plus que cela !


    Nous plongeons au-delà des apparences, tout comme ces corps venus s’immerger dans une même eau bénite. Chahutés par la vie, parfois ravagés par la maladie, ils avancent pourtant et nous amènent à dépasser les différences, à nous accepter tels que nous sommes. Et peut-être est-ce là le plus puissant miracle de Lourdes : cette faculté à réunir ceux qui sont cabossés dans leur chair ou dans leur esprit, toutes origines sociales confondues. Tous en repartiront transcendés, même les bien portants, les bénévoles qui pensaient être venus uniquement pour donner. Il faut les voir décompresser lors de leurs nuits bien arrosées dans une ambiance presque paillarde ! Ces hospitaliers, parfois tatoués jusqu’au nombril, sont loin d’êtres des grenouilles de bénitier. Peu auraient imaginé l’intensité des rapports tissés au fil des mots et des gestes.
    C’est grand bonheur de pénétrer à pas feutrés dans le quotidien de ceux qui n’ont d’autre horizon que l’instant présent, chacun s’attachant à en faire quelque chose de dense. On aime le regard charmeur de Jean-Louis, rescapé d’une peine de cœur, le sourire complice de ce couvreur tombé d’un toit, les espiègleries des manouches déjantés venus en bande… Ce père orné de médailles et de décorations, tout militaire qu’il soit, nous bouleverse, sans parler de cette adolescente sur laquelle le regard de ses camarades tombe comme une double peine… Et puis bien sûr il y a Jean, ce chef d’entreprise dévasté par la maladie de Charcot et dont les mots si beaux transportent toute la poésie et la sérénité des océans. Quand on ressort de ce voyage, riche de ces rencontres, réconcilié avec notre nature profonde, on sait qu’on ne les oubliera pas. Qu’importe qu’on soit croyant ou pas, on est touché par la même grâce universelle et la certitude d’avoir regardé et été regardé comme une personne…


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  • Bof. Le scénario aurait nécessité plus de travail. C'est très moyen. Un concentré de tous les clichés liés au divan du psy, répartis dans un scénario abscons - "abs" est de trop, à vrai dire. Virginie Effira est malgré tout géniale.

    scénario: 12/20      acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 12/20

    Sybil

     

    Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d'écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu'elle cherche l'inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l'acteur principal… qui est en couple avec la réalisatrice du film. Tandis qu'elle lui expose son dilemme passionnel, Sibyl, fascinée, l’enregistre secrètement. La parole de sa patiente nourrit son roman et la replonge dans le tourbillon de son passé. Quand Margot implore Sibyl de la rejoindre à Stromboli pour la fin du tournage, tout s'accélère à une allure vertigineuse…

    Écrire l'éloge de Sybil, c'est d'abord clamer celui de Virginie Efira, absolument incroyable, irrésistible dans le rôle titre. Virginie Efira qui s'impose film après film comme une comédienne exceptionnelle dans tous les registres, que ce soit dans la pure comédie – Caprice, d'Emmanuel Mouret, Victoria, de Justine Triet déjà – ou dans une veine plus dramatique – Elle, de Paul Verhoeven, en second rôle capital, et plus encore Un amour impossible, de Catherine Corsini.
    Bref la magnifique Virginie Efira constitue à elle seule une bonne raison de voir le nouveau film de Justine Triet, qui elle aussi s'impose à vitesse grand V comme une réalisatrice importante dans le cinéma français.

    Sibyl est une psychanalyste qui a décidé de mettre son divan au garde-meuble pour se consacrer à la littérature. Mais il lui faut bien reconnaître que ce changement de vie est laborieux et s'accompagne d'un défilé de patients désespérés, qui vivent très mal ce qu'ils considèrent comme un abandon. Et ça se complique encore quand une jeune actrice suicidaire l'appelle au secours alors qu'elle est face à un choix cornélien : avorter ou pas de l'enfant qu'elle attend de son partenaire à l'écran, marié à la réalisatrice du film qu'elle est en train de tourner ! Et si ce n'était que ça… Sibyl a une vie de famille jamais simple, avec une sœur gentiment caractérielle et fantasque, et surtout elle ne parvient pas à tourner la page d'un amour perdu, qui lui a laissé un enfant.
    Comme dans ses précédents films, Justine Triet passe du rire aux larmes, jongle avec les situations extrêmes et absurdes, entremêle les pistes et les récits, le récit réel se mêlant à celui d'un roman en cours, de quoi nous égarer pour mieux nous retrouver, usant de ses thèmes récurrents : les enfants et les responsabilités maternelles, le chaos des sentiments amoureux, l'absurdité de certains milieux professionnels comme celui du cinéma.
    D'ailleurs, s'échappant dans une seconde partie des milieux urbains, le scénario nous emmène à Stromboli, la fabuleuse ile éolienne volcanique à l'imaginaire si cinématographique depuis le film de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman. C'est sur cette île mythique que se déroule le tournage qui voit la jeune Margot se débattre entre son partenaire-amant et sa réalisatrice-rivale, tandis que Sibyl est censée soutenir psychologiquement la jeune actrice. Ce décor de carte postale à la fois merveilleusement concret et irréel est parfait pour faire exploser les sentiments les plus extrêmes.

    Au cœur de ce grandiose chaos, les actrices déroulent leur talent fou, autour de la reine Virginie : Laure Calamy, qui fait une formidable sœur tourmentée, l'Allemande Sandra Hüller, (l'extraordinaire Inès de Toni Erdmann), la réalisatrice et femme trompée, qui tente de garder son professionnalisme et ne va pas vraiment y arriver, et Adèle Exarchopoulos, parfaite dans le rôle de la jeune femme en proie à un dilemme impossible.


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  • Je n'aime pas les films qui finissent en queue de poisson et où il y a des dizaines de morts pratiquement à chaque seconde. mais au delà de cela, c'était un plaisir de revoir Keenu Reeves qui se fait trop rare sur nos écrans.

    scénario: 3/20   acteurs: 16/20   technique: 16/20      note finale: 3/20

    John Wick Parabellum

    John Wick a transgressé une règle fondamentale : il a tué à l’intérieur même de l’Hôtel Continental. "Excommunié", tous les services liés au Continental lui sont fermés et sa tête mise à prix. John se retrouve sans soutien, traqué par tous les plus dangereux tueurs du monde.


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  • Une comédie réussie aux dialogues amusants. On aurait aimé que le scénario soit plus abouti mais on pass eun bon moment. 

    scénario: 15/20          acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 16/20

    Séduis moi si tu peux

    Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre... que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ?


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  • Un film plein de suspens! Un peu trop d'ailleurs. On passe d'une chose à une autre et c'est un peu déroutant. Mais le film reste intéressant même si on passe trop du coq à l'âne. Scénario classique, paysages grandioses, rythme soutenu, et le retour dans un film d’action d’un Jean Reno habitué de ce genre de rôle, et qui tient encore bien la distance.

    scénario: 14/20       technique: 16/20      acteurs: 16/20   note finale: 15/20

    Cold blood legacy- La mémoire du sang

    Le plus recherché des tueurs à gage goûte une retraite solitaire au bord d’un lac isolé dans le grand Nord-Américain. Une jeune femme grièvement blessée vient trouver refuge dans son chalet. Pour la sauver, il pourrait bien risquer sa propre vie…


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  • "Adieu à la nuit" est un film qui traite de la réaction des familles qui s'aperçoivent qu'un de leur membre s'est radicalisé. Catherine Deneuve joue parfaitement une grand-mère qui s'aperçoit que son petit-fils s'est radicalisé et veut partir en Syrie. Elle fera tout pour l'en dissuader.  La réussite du dernier Téchiné tient à sa capacité à être à la fois simple et trouble, direct et oblique.  Catherine Deneuve est sublime.

    scénario: 18/20       acteurs: 18/20   technique: 18/20   note finale: 18/20

    L'adieu à la nuit

    Muriel est folle de joie de voir Alex, son petit-fils, qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada.  Intriguée par son comportement, elle découvre bientôt qu’il lui a menti. Alex se prépare à une autre vie. Muriel, bouleversée, doit réagir très vite…

    André Téchiné, avec la complicité de sa jeune co-scénariste Léa Mysius, s'empare d'un sujet d'actualité brûlant, l'engagement de jeunes Français pour le Jihad, tout en restant fidèle à ses thèmes de prédilection : la fougue et le désir d'absolu de la jeunesse, la force de l'amour, les liens familiaux. Et pour ancrer son histoire, celle d'un engagement morbide en même temps que d'un impossible dialogue entre deux êtres qui s'aiment, il choisit une fois encore la lumière du Sud-Ouest et retrouve l'une de ses comédienne fétiches, Catherine Deneuve : on sent bien la complicité qui les unit, grâce à une caméra qui sait capter les non-dits, le trouble et la douleur sourde de son personnage. Face à Deneuve, Kacey Mottet-Klein, que l'on voit vieillir et s'épanouir à l'écran au fil des films et qui porte cette fougue romanesque et animale qui habitait déjà les jeunes héros des Roseaux sauvages. Entre ces deux-là qui incarnent deux générations, deux talents, deux tempéraments, c'est une confrontation à la fois terrible et bouleversante.


    Muriel est folle de joie à l'idée de retrouver son petit fils Alex qu'elle ne voit que rarement ; il vient passer quelques jours dans le haras, sous le soleil naissant de ce printemps 2015, avant de partir vivre au Canada. Alex est amoureux de Lila, une jeune femme pétillante et dévouée que Muriel connaît depuis qu'elle est gamine et qui fait quelques extras chez elle pour arrondir ses fins de mois. Les retrouvailles sont un peu tendues, on sent bien que les reproches ne sont pas très loin, on devine en sourdine le poids d'un événement passé qui doit être la cause de cette crispation. Attentionnée, Muriel fait tout pour que les choses se passent bien entre eux, et se persuade que le Canada, ce n'est pas si loin. Mais la destination de son petit-fils n'est pas le Canada… Alex a trouvé sa voie autant qu'un sens à sa vie. Il va partir, avec Lila, avec d'autres jeunes, pour une zone de guerre dont on ne revient pas.
    Le film ne raconte pas le processus d'engagement et le récit commence alors que le choix des deux jeunes personnages est solidement ancré en eux. Le retour en arrière, le doute ne semblent plus possibles et c'est sans doute la grande intelligence de Téchiné que de préférer prendre un axe transversal, celui de la relation entre Alex et Muriel, pour aborder cette question brûlante. Même s'il est plus facile, a priori, de s'identifier à Muriel, le regard porté sur Alex et Lila ne tombe jamais dans la caricature ou le jugement et même si le processus de déshumanisation dans lequel ils s'engagent est terrifiant, la complexité morale et psychologique est bien présente.
    Il faut enfin parler du titre, L'Adieu à la nuit, énigmatique et ambivalent… Il peut tour à tour évoquer pour ces jeunes l'appel d'une « lumière divine » qui a touché leur cœur et leur âme, eût-elle la couleur d'une flamme destructrice. Ou bien le retour à la vie, au jour, à l'amour, porté peut-être dans le film par le personnage de Fouad, ancien jihadiste repenti en qui Muriel va trouver un précieux allié.

    « Pour ces adolescents attirés par le jihad, il y a un “désir furieux de sacrifice”. Je trouvais ça certes brûlant, mais aussi susceptible de ne pas intéresser que moi, mais tout le monde. C’est un sujet clivant et ouvert à la fois. Et ce film ne représente que mon regard sur ce sujet, c’est une proposition de fiction. Quand des adolescents prennent ce nouveau visage “monstrueux”, cherchent un nouvel enracinement, c’est comme une conversion maléfique dans un pays inconnu. Cinématographiquement, cela m’amenait vers une dimension de fantastique intérieur. » André Téchiné


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  • Magnifique; Encore un film où tout est réussi: le scénario, les dialogues, etc... Le combat de cette femme qui se fait harceler par son gros porc de patron est universel. Un film social sensible, qui dénonce avec une justesse magnifique le harcèlement sexuel au travail. Ce drame oppressant sur le harcèlement sexuel au travail [...] nous fait sentir à chaque minute le souffle prédateur sur la nuque de l'héroïne. Si Working Woman est un film engagé, inspiré d’événements vécus, le film dépasse les partis pris du «sujet de société» pour s’immerger dans une expérience trouble et périlleuse avec une finesse d’analyse remarquablement servie par le talent des comédiens.Et c'est très bien filmé.

    scénario: 18/20        technique: 18/20       acteurs: 18/20        note finale: 18/20

    Working woman

    Orna travaille dur afin de subvenir aux besoins de sa famille. Brillante, elle est rapidement promue par son patron, un grand chef d'entreprise. Les sollicitations de ce dernier deviennent de plus en plus intrusives et déplacées. Orna prend sur elle et garde le silence pour ne pas inquiéter son mari. Jusqu’au jour où elle ne peut plus supporter la situation. Elle décide alors de changer les choses pour sa famille, pour elle et pour sa dignité.

    L’Israélienne Michal Aviad réalise un film d’une sécheresse et d’une modestie bienvenues qui montre, au quotidien, comment la vie d’une jeune femme peut être affectée par un comportement de prédation sexuelle montant sournoisement en puissance sous les dehors d’une demande d’efficience et de complicité professionnelles.

    Interprété par l'excellente Liron Ben-Shlush, le personnage d’Orna trouve, au début du film, un travail inespéré comme assistante dans une agence immobilière spécialisée dans les produits de luxe. Une aubaine, alors que son mari, Ofer, qui se lance dans la restauration à son propre compte, peine à trouver ses marques et que la famille tire le diable par la queue.
    Face à Orna parade Benny (Menashe Noy), le patron de la société immobilière qui vient de l’embaucher. Père de famille, mais homme de pouvoir et séducteur incoercible, le quinquagénaire utilise une gamme de comportements assez subtile pour parvenir à ses fins. Autoritaire et serviable. Amical et prédateur. Il ne recule que pour mieux revenir à la charge. Et fait feu de tout bois. Promotion rapide, prolongement des journées de travail, voyages à l’étranger, tête-à-tête de plus en plus fréquents, coup de main donné au mari dans sa carrière naissante… Autant d’éléments qui œuvrent à un rapprochement insidieux entre le patron et son employée.
    Bientôt nommée directrice des ventes pour la clientèle française, Orna résiste en silence. Le mutisme stoïque dans lequel elle s’emmure, tour à tour flattée et choquée, va l’empêcher de prévoir et de désamorcer la montée en puissance du désir de son patron, qui le conduira à transgresser toutes les règles.

    Centré sur le duo patron-employée, le film laisse en jachère, par la force des choses, les autres personnages, comme le mari ou la mère d’Orna, qui ignorent de quoi il retourne. Working Woman établit une liaison subtile entre le libéralisme prédateur qui vend à l’encan le littoral du pays à de riches étrangers et l’outrage à la libre disposition de leur corps dont sont victimes les femmes.


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  • Ce film est une pure merveille où tout est réussi: le scénario, les dialogues, les décors, les costumes. les acteurs sont au commet de leur art et c'est divinement filmé. James Kent est un grand réalisateur! Keira Knightley vibre dans Cœurs ennemis de James Kent. Il y avait longtemps que la comédienne n’avait pas été aussi bouleversante que dans le rôle de cette Anglaise attirée par un Allemand à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un vrai mélo, dans la grande tradition du genre, dont les résonances troubles font écho à la situation historique où évoluent les personnages, et que porte une Keira Knightley qu’on dirait sortie d’un film de Douglas Sirk. Une adaptation bouleversante du best-seller de Rhidian Brook, qui ne masque ni la douleur ni la cruauté des personnages. Au-delà de la romance élégante et classique, ce film aborde intelligemment la dénazification dans une Allemagne dévastée par la guerre et les ravages sur un couple de la mort d’un enfant.

    scénario: 18/20      acteurs: 19/20   technique: 20/20   note finale: 189/20

    Coeurs ennemis

    Hambourg, 1946. Au sortir de la guerre, Rachel rejoint son mari Lewis, officier anglais en charge de la reconstruction de la ville dévastée. En emménageant dans leur nouvelle demeure, elle découvre qu'ils devront cohabiter avec les anciens propriétaires, un architecte allemand et sa fille. Alors que cette promiscuité forcée avec l'ennemi révolte Rachel, la haine larvée et la méfiance laissent bientôt place chez la jeune femme à un sentiment plus troublant encore.

    Cœurs ennemis, le titre annonce la couleur et le ton de cet ample film romantique et historique qui se déguste comme on dévore un best-seller. C'est d'ailleurs l'adaptation d'un roman à succès, de grande qualité, la preuve : il est publié dans l'excellente collection de poche 10/18. Au programme donc : un contexte historique terrible, deux personnages que tout oppose, appartenant à deux camps ennemis, qui vont se rapprocher au prix d'une lutte intérieure contre leurs préjugés.

    Nous sommes en 1946. La jeune Rachel arrive à Hambourg, totalement dévastée quelques mois auparavant par l'aviation alliée. Elle vient y rejoindre Lewis, son mari, officier supérieur britannique en charge de la reconstruction et de la pacification de la ville, tache titanesque. Comme c'était souvent le cas, le couple est logé dans une maison – splendide, au bord de l'Elbe – réquisitionnée à des Allemands : l'architecte Lubert qui vit là avec sa fille Frida et une domestique. Au grand dam de Rachel, qui goûte peu la fréquentation des ennemis vaincus, Lewis, refusant d'en rajouter dans l'humiliation, a choisi de ne pas expulser les propriétaires, leur proposant une cohabitation.


    On comprend vite que Rachel et Lubert partagent une blessure liée à la perte d'un être cher : elle la mort de son enfant décédé dans les bombardements de Londres, lui celle de sa femme lors de l'offensive des alliés. Et malgré les réticences premières de la jeune femme, c'est sans doute cette blessure commune qui va, sinon provoquer, en tout cas accentuer leur attirance réciproque autant qu'interdite. Lewis, lui, est trop occupé pour remarquer quoi que ce soit…
    L'intrigue est donc on ne peut plus classique mais elle est très bien menée et le film vaut surtout par son ambiance, la qualité de sa reconstitution historique d'une période peu représentée à l'écran, la richesse des personnages et l'excellence du jeu des comédiens. Keira Knightley – rodée aux grands rôles historiques : Orgueil et préjugés, Anna Karénine, The Duchess, Colette tout récemment – incarne avec brio toutes les facettes de cette femme, mère inconsolable, envahie par une inextinguible colère face à la mort de son enfant, épouse aimante mais déçue qui lutte contre un sentiment interdit, maîtresse passionnée et sensuelle. Face à elle, les deux hommes sont également riches en complexité, autant l'acteur australien Jason Clarke en mari solide et profondément bon que le troublant Alexander Skarsgard, qui personnifie à lui seul l’ambiguïté et la souffrance des élites allemandes vaincues et brisées.

    La reconstitution louée plus haut rend bien compte de la dévastation de Hambourg (les bombardements alliés ont fait probablement 100000 morts dans la ville) et du chaos qui a suivi, avec son lot de pénurie alimentaire et de maladies. Quant au scénario, il décrit parfaitement la complexité de la situation. Car évidemment l'Allemagne mit énormément de temps à tourner la page et, face à l'ampleur du chaos et du fort ressentiment envers ceux qui étaient considérés comme les occupants, perdura un reliquat de résistance nazie (ceux qu'on appelait les « werewolf », auteurs d'attentats contre les forces alliées), représentée dans le film par le petit ami de Frida, la fille de Lubert. Le film a ainsi une réelle valeur historique et son récit palpitant fait oublier les réserves que peuvent susciter ses allures de bluette romantique.


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  •  Quand on pense que ce navet a été lion d'or à Berlin, on n'ose imaginer la qualité des autres films en présence. C'est peu de dire que j'ai été déçu par ce film que je me réjouissais de voir. Tout d'abord il y a des scènes de sexe bizarres dont je m'interroge encore sur l'utilité. Ensuite, les 3 acteurs sont très mauvais: Caroline et Emile sont particulièrement nuls. Le scénario partait d'une bonne idée mais n'est pas réussi. Déception!

    scénario: 2/20   technique: 12/20   acteurs: 3/20   note finale: 3/20

    Synonymes

    Yoav, un jeune Israélien, atterrit à Paris, avec l'espoir que la France et la langue française le sauveront de la folie de son pays.

    Yoav, un jeune Israélien, débarque à Paris comme en terre d’accueil, fuyant la folie de son pays. Une première étape, dans un grand appartement bourgeois immense et vide dont il avait l’adresse en arrivant, est le point de départ de sa rencontre – surprenante – avec un couple de voisins. Ces derniers le recueillent littéralement et entament avec lui un curieux rapport d’amitié et de séduction. Le parcours de Yoav dans Paris va être celui de la désillusion : la ville et le pays qu’il avait fantasmés ne sont pas tels qu’il les découvre...

    Synonymes étonne par sa nullité. Le personnage de Yoav est atypique, à la fois assez attachant et en même temps stoïque, fermé, borné. Rien ne le fera changer d’avis : il s’exile de son pays pour des raisons politiques et refuse de parler sa langue, mais n’expliquera jamais ce qu’il a pu vivre pour en arriver là – notamment durant son service militaire – comme si ces choses-là étaient connues de tous... Cette posture devient presque burlesque, absurde. Le film essaie de jouer sur les ruptures de ton : tragique, monologues enflammés, sketchs... Malheureusement, c'est plus ridicule qu'autre chose.

    Vous l’aurez compris, Synonymes n’est pas un film réussi. Au bout du compte, il garde il laisse une grande impression de perte de temps et de foutage de gueule. On se demande comment on peut oser montrer un tel navet au public. Cela partait pour tant d'une bonne idée.


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  •  On passe un bon moment même si le film n'est pas parfait. Ce gigolo sur le retour est bien sympathique et bien joué. Ça ne fait ni dans la dentelle fine ni dans le haut de gamme scénaristique, mais c'est efficace.

    scénario: 16/20   technique: 16/20   technique: 16/20  note finale: 16/20

    Just a gigolo

    Comment vivre heureux et riche sans travailler ? Être Gigolo.
    Mais après 25 ans de vie commune avec Denise, Alex le « gigolo » se fait congédier sans préavis et se retrouve à la rue. Forcé de s’installer chez sa sœur et son neveu de 10 ans, il n’a alors qu’une obsession : retrouver au plus vite une riche héritière.


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  •  Un film magnifique! Les acteurs sont formidables. Au-delà de la peinture historique et de la réalité des faits, qu’elle tord à sa convenance, Josie Rourke tire surtout un portrait plus universel et intemporel de la condition des femmes. La pureté singulière du visage de Saoirse Ronan incarne bien la beauté sauvage de l'Ecosse, et contraste avec la violence de son destin.

    scénario: 18/20  acteurs: 18/20    technique: 18/20  note finale: 18/20

    Marie Stuart, reine d'Ecosse

    Le destin tumultueux de la charismatique Marie Stuart. Épouse du Roi de France à 16 ans, elle se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Iʳᵉ s’étend aussi bien sur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes reines ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et, entre peur et fascination réciproques, se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnant sur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance. Mais Marie menace la souveraineté d’Elisabeth. Leurs deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire.

    Production somptueuse, impressionnantes vues aériennes de sites naturels d’Écosse, magnifiques costumes… Marie Stuart, reine d'Écosse est un film d’époque qui charme d'abord par la splendeur de ses images, le faste de la reconstitution historique. Mais le retour au xvie siècle proposé par la réalisatrice Josie Rourke est également très intéressant sur le fond.
    Le récit débute en 1561, alors que Marie Stuart (Saoirse Ronan), reine d’Écosse, rentre d’exil après douze ans en France – où elle a épousé en 1558 le roi François II, mort prématurément deux ans plus tard. S’ensuit une bataille épique, non pas sur les champs de bataille, mais au sein même de la cour. La monarque, qui n’a pas vingt ans, ne fait pas l’unanimité.


    Il faut dire que l’Écosse est tiraillée entre catholiques et protestants, que son indépendance est en jeu et que sa destinée dépend de cette reine revenue veuve et sans descendants. En Angleterre, la montée récente au trône d’une autre jeune reine, Élisabeth Ire (Margot Robbie), est l'occasion d'une rare rivalité toute féminine au sommet. À travers les deux jeunes femmes culmine le choc entre deux dynasties, les Stuart et les Tudor.
    Teinté de géopolitique et de féminisme, le film brille de ses couleurs actuelles : il arrive en salles au moment où le Brexit déchire la Grande-Bretagne. Il y a 450 ans, l’Angleterre protestante cherchait à prendre le contrôle de l’île. Marie Stuart, un temps reine de France en tant qu’épouse de François II, est la dernière figure de l’Écosse catholique et continentale.
    Le cinéma n’a jamais été chiche de films sur cette époque – Elizabeth (1998), avec Cate Blanchett, demeure sans doute le titre le plus connu. Le premier long métrage de fiction de Josie Rourke, femme de théâtre, donne lieu à un fascinant duel à distance entre deux femmes de pouvoir qui se distinguent jusque dans leur manière d’affronter la cohorte d’hommes censés les conseiller.
    Le récit est mené subtilement et rend bien compte de la complexité de la situation : entre les Stuart et les Tudor, c’est presque blanc bonnet, bonnet blanc. La réalisation s’appuie sur un habile montage qui intercale scènes dans les Highlands et à la cour de Londres. Conçu comme un suspense, le film aboutit à un face-à-face entre les deux protagonistes et la mise en scène de cette rencontre est un délice, tant elle se déroule comme un lent dévoilement à travers un labyrinthe de toiles blanches. Saoirse Ronan et Margot Robbie incarnent leurs rôles avec un bel aplomb et une intensité saisissante.

    Le portrait de cette Marie d’Écosse, femme de tête prête à rompre avec les coutumes, a quelque chose de neuf, de profondément original malgré les figures imposées du film historique : le traitement adopté ici, qui se méfie de la romance et ne recule pas devant l'expression de la violence, évite de colorer de rose le pouvoir au féminin.
    Peut-être les connaisseurs reprocheront-ils au film de se ranger trop ouvertement du côté de Marie Stuart : sans en faire la belle héroïne sans peur et sans reproche, le récit la montre comme la grande victime d’une machination. Le film s’ouvre et se conclut d’ailleurs par sa décapitation. Avec un dernier geste vestimentaire plein d’audace : l’apparition d’une éclatante robe rouge.


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  • Moins féroce que le premier volet, cette suite s'épuise un peu sur la durée. Malgré tout, on a plaisir à retrouver le couple Dussollier-Azéma.Le scénario est réussi et on rit souvent. La fin est inattendue...

    scénario: 16/20   acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 16/20

    Tanguy, le retour

    16 ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur "tout-petit" dans cet état, Paul et Édith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…


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  • J'ai beaucoup aimé ce dessin anima plein de clins d'oeil avec l'actualité. Un divertissement drôle et familial, au ton enjoué et parfois critique, servi par des décors très réalistes. Un dessin animé sympa qui donne aussi dans un humour parodique, touchant aussi bien la reine d'Angleterre que Donald Trump. Pur les petits et les grands.

    scénario: 16/20     technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Royal corgie

    Les aventures de Rex, le chien préféré de Sa Majesté, qui perd son statut de favori et se retrouve perdu dans un chenil au milieu de chiens abandonnés. Sa quête pour retourner à Buckingham et retrouver les faveurs de la Reine l'amènera à affronter de nombreux dangers mais aussi à rencontrer l’amour.

    On imagine mal la reine Elisabeth sans ses bibis rose bonbon, ses robes jaune canari, sans son grand mari Philip ou ses corgis chéris. Les corgis, vous savez, ces chiens qui semblent être un croisement hasardeux entre le renard et le saucisson brioché. A Buckingham Palace, les corgis sont royalement lottis : panier à baldaquin, petit déjeuner servi en chambre, promenade dans le Royal Parc et surtout, surtout, toutes les attentions de maman la Reine. S'ils sont quatre à vivre dans les appartements privés du Palais, Rex est le chouchou de sa majesté, son petit dernier, le plus malicieux, le plus craquant, bref, c'est le corgi number one, il a même un collier en or qui l'atteste. Mais au cours de la visite officielle du Président des Etats-Unis, un certain Donald T qui débarque avec son téléphone portable, sa svelte épouse et leur insupportable petite chienne maquillée comme un camion (elle vient de ce grand Etat qu'est le Texas), Rex va créer un incident diplomatique et choisir la route de l'exil.

    Après cette énorme bourde, la reine ne lui pardonnera jamais son indélicatesse, on est quand même en Angleterre, ce pays où il existe des cours pour bien boire son thé à l'heure du goûter. Il décide donc, accompagné par l'un de ses confrères Corgi, de partir au Vatican, rien que ça. Mais le voyage n'ira pas plus loin que le bout de la rue londonienne car Rex va se retrouver embarqué et enfermé dans le chenil local. Choc des classes : la confrontation avec les clebs des rue va être violente et bien sûr, personne ne veut croire à son histoire de Palace et de son statut de Royal Corgi. Tout va s’accélérer quand au beau milieu de la nuit, il découvre une activité clandestine dans les sous-sols du chenil : un fight-club où le terrifiant Tyson sème la terreur.

    Avec un humour décallé et un sens des rebondissements, voilà un film qui enchantera toutes celles et ceux qui ont un petit faible pour la vieille dame en rose (92 piges au compteur) et le kitchissime folklore qui tourne autour de la Couronne britannique (les mugs, les dessous de plats, les briquets et autres produits dérivés dont les anglais rafolent). Le ton est résolument moqueur mais le fond, plutôt sympatoche, avec toute une bande de clebards que l'on croirait sortis de Shawn le Mouton ! So british !


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  •  Autant le dire tout de suite, le scénario de ce film n'est pas transcendant et le jeu des acteurs est très moyen pour rester poli (sauf l'actrice qui joue la danseuse classique qui est une merveille mais les autres, au secours!). Mais il y a la danse et on passe malgré tout un bon moment. La fin est cependant réussie.

    scénario: 12/20      technique: 16/20     acteurs: 12/20    note finale: 12/20

    Let's dance

    Joseph, danseur passionné de hip-hop, refuse d’entrer dans l’entreprise de son père pour tenter sa chance à Paris. Avec sa copine Emma et son meilleur ami Karim, il intègre le crew parisien de Youri, un célèbre breaker, pour tenter de gagner un concours international de hip-hop. Mais le jour des sélections, rien ne se passe comme prévu : Joseph est trahi par Emma et Youri, le groupe explose. Recueilli par Rémi, un ancien danseur étoile devenu professeur, Joseph découvre le milieu de la danse classique et rencontre la brillante Chloé, en pleine préparation du concours d'entrée au New York City Ballet. À travers cette rencontre, orchestrant l’alliance inattendue entre le hip-hop et la danse classique, Joseph va apprendre à se sentir légitime en tant que danseur et leader, et ainsi devenir artiste.


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