•  Un très beau film historique. Les acteurs sont formidables et c'est bien filmé.

     scénario: 16/20                      acteurs: 16/20          technique: 16/20   note finale: 16/20

    Le jeune Karl Marx

    En Allemagne, une opposition intellectuelle fortement réprimée est en pleine ébullition. En France, les ouvriers du Faubourg Saint-Antoine, levain de toutes les révolutions, se sont remis en marche. En Angleterre aussi, le peuple est dans la rue, mais là il ne s’agit plus seulement de renverser les rois : à Manchester, la révolution est industrielle.

    1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la “Révolution industrielle”, cherchent à s'organiser devant un “capital” effréné qui dévore tout sur son passage.
    Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand.
    Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que “les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer". Entre parties d'échecs endiablées, nuits d'ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la “bible” des révoltes ouvrières en Europe : “Le manifeste du Parti Communiste”, publié en 1848, une œuvre révolutionnaire sans précédent.

    A 26 ans, Karl Marx entraîne sa femme, Jenny, sur les routes de l’exil. En 1844, à Paris, ils rencontrent le jeune Friedrich Engels, fils d’un propriétaire d’usines, qui a enquêté sur la naissance sordide du prolétariat anglais. Le dandy Engels apporte au jeune Karl Marx la pièce manquante du puzzle que constitue sa nouvelle image du monde. Ensemble, entre censure et descentes policières, entre émeutes et prises de pouvoir politiques, ils vont présider à la naissance du mouvement ouvrier jusque là largement artisanal. Ce sera la plus complète transformation théorique et politique du monde depuis la Renaissance. Opérée, contre toute attente, par deux jeunes fils de famille, brillants, insolents et drôles.

    De Marx, l’imagerie populaire a retenu l’impressionnant visage barbu d’un philosophe quinquagénaire a priori sentencieux, un visage associé depuis bientôt deux siècles par la propagande anti-marxiste aux régimes totalitaires russes, chinois ou nord-coréens, un raccourci aussi ridicule que celui qui associerait Jésus Christ aux crimes de l’Inquisition. Raoul Peck – qui, après I am not your negro, s’impose comme un des grands réalisateurs de l’année – a la très bonne idée d’aborder le cas Marx par l’angle que l’on connaît le moins, celui de sa jeunesse et de la construction d’une pensée qui changera le monde. Il le fait à travers un biopic qui, tout en se démarquant des codes hollywoodiens simplificateurs et appauvrissants, nous plonge dans un récit enlevé qui pourra passionner les non spécialistes du sujet.
    Le scénario, resserré dans le temps, suit Marx depuis sa rencontre en 1844 avec Friedrich Engels, son binôme indissociable, jusqu’en1848, juste après la rédaction du « Manifeste du Parti Communiste » qui ne sera pas étranger à l’émergence des nombreuses révolutions qui mettront à bas plusieurs régimes monarchiques.
    Ce qui est particulièrement excitant, c’est de voir la naissance d’une pensée en action par la friction de deux esprits : d’un côté Marx, le jeune philosophe hegelien en butte avec le maître et quelques uns de ces disciples, de l’autre Friedrich Engels, fils d’un gros industriel allemand installé en Angleterre, fondé de pouvoir de son père, qui profite de sa situation pour rédiger un mémoire exceptionnel sur la situation des ouvriers, majoritairement irlandais. La réflexion théorique se marie avec l’expérience sociologique de terrain et la synthèse permet ainsi de construire les concepts concrets et applicables que l’on connaît. Le film s’articule donc beaucoup autour des discussions passionnantes entre Marx, Engels mais aussi les deux femmes de leur vie, qui prendront une place importante dans leurs luttes, et d’autres théoriciens socialistes comme Proudhon, porteur d’une vision plus utopiste et libertaire mais aussi plus théorique.

    Le réalisme pointilleux de Raoul Peck, son souci du détail font merveille – en particulier la précision quasi-documentaire pour tout ce qui concerne la condition des ouvriers et de la jeunesse, y compris intellectuelle –, le film dégage une forte impression d’authenticité, accentuée par des acteurs allemands peu connus et tous formidables. Raoul Peck, qui a étudié pendant 5 ans l’économie à Berlin, inquiet de la faillite actuelle des idéologies et de la perte du sens de l’histoire, voulait par ce film remettre en évidence la modernité du discours marxiste. Pari totalement réussi.


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  • Une merveille! C'est bien joué, bien filmé, le scénario est excellent et on se demande ce qu'il va se passer jusqu'à la fin. Une totale réussite. Les décors, les paysages et les costumes sont magnifiques. C'est divinement filmé.

    scénario: 18/20        acteurs: 18/20      technique: 19/20      note finale: 18/20

    My cousin Rachel

    Angleterre, début du XIXème siècle. Philip, un jeune noble anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage secret avec la jeune et jolie veuve Rachel. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger par tous les moyens. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser.

    C’est à Daphné du Maurier que l’on doit bien sûr le troublant roman Rebecca, mais aussi L'Auberge de la Jamaïque et la nouvelle Les Oiseaux, tous trois adaptés et magnifiés au cinéma par Alfred Hitchcock. Du Maurier comme Hitchcock sont des maîtres de l'intrigue, de la manipulation, de la séduction dangereuse, des maîtres aussi dans l'utilisation du cadre, du décor, de la nature, influençant plus ou moins directement les passions et les comportements humains. My cousin Rachel s'inscrit tout à fait dans cette riche tradition…

    Première moitié du xixe siècle. La campagne anglaise baignée par les vents marins. Des falaises verdoyantes tombant à pic sur une mer capricieuse. Des bois d’où s’évade le parfum des fleurs de champs à l’heure du printemps, mais aussi le vent glacial de l’hiver qui s’engouffre sous les capes et glace les os. C’est ici qu’est né Philip, c’est ici qu’il a grandi, orphelin élevé par Ambroise, un cousin plus âgé qui l’aime comme un fils, c’est ici que sa vie toute entière est déjà écrite : la demeure familiale, l’exploitation et les terres dont il reprendra un jour les commandes.


    Mais le cousin est malade et les médecins lui conseillent de quitter l’Angleterre pour aller chercher les rayons réconfortants du soleil d’Italie. Il part donc, laissant le domaine à son filleul. Les premières nouvelles que Philip reçoit d'Ambroise sont bonnes : la santé va mieux, mais surtout il a fait la connaissance d'une lointaine cousine, Rachel, jeune veuve qui veille sur lui avec bienveillance… Très vite il est question d'amour, qui très vite se concrétise par un mariage… Mais Philip reçoit bientôt de bien étranges lettres : l'écriture devient hésitante, les mots semblent confus et le tracé heurté de l’encre sur le papier traduit un combat contre quelques sombres démons intérieurs. Quelque chose de grave est en train de se passer, Philip le sent, et il a rapidement la conviction que la mystérieuse Rachel n'y est pas étrangère. Philip est trop attaché à son cousin pour le laisser ainsi sombrer dans les rets d'une histoire qui pourrait l'engloutir et il décide de faire le voyage jusqu'en Italie, prêt à affronter cette femme forcément diabolique. 
    Mais bien entendu, ce n'est pas Philip qui maîtrise les règles du jeu et rien ne va se passer comme il l'avait prévu. Car Rachel est tout sauf une femme prévisible : c'est elle qui va venir en Angleterre ! Si la douceur anime chacun de ses traits fins, si la générosité semble s'afficher dans son regard de braise, quelque chose en elle demeure résolument impénétrable. Rachel n'est plus tout à fait une jeune femme, son histoire et son expérience semblent exercer une bien troublante fascination sur son entourage, y compris sur ce mystérieux Italien Rainaldi qui vient lui rendre visite, et y compris bien sûr sur l'impétueux Philip, bien incapable de rester de marbre…

    L'efficacité d'un récit tient parfois à peu de choses : une ambiance, un savant mélange d'ingrédients judicieusement choisis et dosés. Dans le registre du film à intrigues en costumes, My Cousin Rachel est une réussite. La peinture sociale d'une bourgeoisie un peu guindée, régie par les codes ancestraux et les convenances, est traversée par un souffle de sensualité interdite incarnée par la troublante et peut-être machiavélique Rachel. Rachel : une femme libre, attisant les désirs dans le sillage de sa singulière histoire. Depuis Freud, on le sait : ce que l'imaginaire est capable de concevoir, que ce soit pour la quête de l'extase ou la fabrication des peurs intimes, peut mener l'homme à sa perte autant qu'à sa jouissance. My cousin Rachel se situe quelque part sur ce chemin périlleux…


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  • Un film plein de tendresse servi par une Fanny Ardant remarquable!!!

    scénario: 17/20          acteurs: 17/20        technique: 17/20     note finale: 17/20

    Lola Pater

    A la mort de sa mère, Zino décide de retrouver son père, Farid. Mais, il y a 25 ans, Farid est devenu Lola…

    Parmi les petits plaisirs délectables que peuvent vous procurer les films, il y a celui de se plonger dans les secrets de famille des autres. Par exemple dans ceux de ce charmant brun trentenaire : Zino. Alors qu'il se recueille sur la tombe fraîchement creusée de sa mère dans le carré musulman d'un cimetière parisien, il est loin d'imaginer la vague déferlante qui va venir balayer le récit maternel. De son père absent elle lui disait peu. Elle en avait supprimé les traces, les photos. Il se serait volatilisé, aurait abandonné femme et enfant sans une explication ni un regard en arrière. Sujet délicat, rarement abordé, jamais creusé pour ne pas blesser l'épouse délaissée un quart de siècle plus tôt. Mais les histoires que gobe sans broncher un fiston aimant tiennent rarement le choc devant un notaire, catégorie bien renseignée et fouineuse s'il en est, dès qu'il s'agit de droits de succession. C'est ainsi que l'homme de loi va retrouver la trace du paternel prétendument disparu et se faire un devoir de communiquer son adresse.


    Bien sûr Zino a tôt fait d'enfourcher sa moto, délaissant quelques heures son boulot passionnant d'accordeur de piano ainsi que le chat Belmelok qui n'en fait qu'à sa tête. Le voilà parti vers le midi, à la recherche du géniteur prodigue. Le nom, Farid Chekib, inscrit sur la boite aux lettres d'un mas provençal jovial et chaleureux lui confirme qu'il est arrivé à destination. La maison est pleine de vie, de femmes, de musique. Il faut dire que Lola, la belle et grande brune qui semble régner sur le lieu, y donne des cours de danse orientale à des élèves plus pulpeuses les unes que les autres, s'appliquant à agiter voluptueusement leur ventre et leur popotin. On prend d'abord le visiteur pour un futur danseur, mais le visage de Lola, troublée, se décompose nettement quand Zino se présente et demande à voir Farid. S'il la prend pour la nouvelle épouse de son père (et comment pourrait-il en être autrement, puisqu'elle porte le même nom de famille ?), nul n'est dupe très longtemps. Même le notaire s'en doutera plus vite que lui : Lola n'est autre que son géniteur, un bien étrange pater ! Mais cette réalité-là, il faudra un moment à Zino pour l'apprivoiser. Déconstruire vingt cinq ans de non dits, ça prend fatalement un peu de temps. Dans l'immédiat, notre beau gosse, saoul d'incompréhension et de tristesse, rebrousse chemin aussi sec, évitant de creuser, de questionner ce qui pourtant claque comme une évidence… 
    Quand il revient au bercail, où décidément Belmelok le boude, le retour est d'autant plus rude entouré par le vide, l'absence, dans l'immeuble de son enfance… Jusqu'à ce que Lola, n'y tenant plus, fasse à son tour le voyage jusqu'à son fils. Une Lola gauche, fragilisée, assaillie par les doutes, les regrets… Autant de choses que Zino en deuil ne peut certainement pas entendre…

    Jamais Nadir Moknèche, réalisateur entre autres du très beau Viva Laldjérie, ne tombe dans les clichés sordides ou simplistes pour parler de la réalité de ces hommes et de ces femmes qui ont dû fuir leur pays, l'Algérie, pour ne pas terminer leur vie dans un asile tout simplement parce qu'ils étaient tombés dans un mauvais corps à la naissance, que la vie s'était plantée de genre.
    Nadir Moknèche a eu la grande idée de confier le rôle de Lola/Farid à la magnifique Fanny Ardant, qui sert le personnage à merveille par sa beauté anguleuse, par la puissance de son regard, par son autorité naturelle. Lola est tour-à-tour émouvante, maladroite, agaçante quand elle devient trop sûre d'elle. Mais sous ses extravagances volubiles on comprend qu'il y a un être d'une énergie, d'une force rares, qui continue à se battre pied à pied pour s'assumer et garder la tête haute.


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  •  Normalement, je n'aime pas les films de Guillaume Canet: c'est bobo, c'est ridicule et voir ces vieux de 40 ans qui se prennent pour des ados et qui font des blagues douteuses, bof. Et je ne parle pas de l'absence de scénario qui était tout de même sa caractéristique. Mais j'ai bien aimé ce film: tout d'abord, il y a un scénario et c'est tout de même important quand on fait un film... Ensuite, l'histoire est intéressante et amusante. L'acteur principal ne supporte pas de se voir vieillir et va voir un chirurgien esthétique... amusant et bien fait. Marion Cotillard avec l'accent québécois pour préparer un rôle, c'est à MDR.

    scénario: 16/20        technique: 16/20      acteurs: 16/20     note finale: 16/20

    Rock'n Roll

    Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux.. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.


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  • Nul. Un film sans intérêt et ennuyeux au possible. Je me pose des questions quant à son utilité. Je n'ai pas pu le regarder jusqu'à la fin. Le temps de chacun est précieux. Même pas du niveau d'un téléfilm.

    scénario: 5/20       technique:  16/20     acteurs: 10/20    note finale: 5/20

    jusqu'Wind river

    Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…


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  • Bof,  Sofia Coppola nous a habitué à mieux même si le film est intéressant. Bien joué et bien filmé. Les acteurs sont remarquables.

    scénario: 16/20       technique: 16/20        acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Les proies

    En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

    Les spectateurs qui ont eu la chance de voir Les Proies réalisé en 1971 par Don Siegel avec Clint Eastwood en vedette se diront peut-être qu'il n'est pas utile d'aller voir cette version 2017 signée Sofia Coppola. S'ils ont le film bien en tête ils auront sans doute raison puisqu'il s'agit d'un remake avoué de l'original (lui-même adaptation d'un roman culte aux États-Unis) et que l'intrigue est à quelques détails près identique. Mais ces cinéphiles avisés ou suffisamment âgés ou les deux sont tellement peu nombreux qu'il reste tous les autres qui pourront trouver un plaisir certain à ce thriller trouble dans lequel la guerre et le désir sexuel se croisent pour le meilleur et le pire…


    Nous sommes à la fin de la Guerre de Sécession, en territoire confédéré, dans l'atmosphère chaude et humide des contrées subtropicales des États du Sud. Les combats font encore rage, comme on peut l'entendre au bruit lointain des canons. Une petite fille en balade découvre dans la forêt un soldat nordiste blessé. Au lieu de le dénoncer aux militaires de son camp, elle préfère le traîner jusqu'au pensionnat où elle réside. Malgré leurs réticences, malgré la haine spontanée qu'inspire cet ennemi appartenant à l'armée qui est en train de vaincre leurs proches et de détruire les fermes esclavagistes environnantes, la directrice, son assistante et les autres jeunes pensionnaires décident de soigner et protéger l'homme avant de prendre tout autre décision. Mais la compassion et la charité chrétienne de ces jeunes filles, jeunes femmes et femme mûre, trop longtemps vouées à la non mixité la plus stricte, vont céder rapidement le terrain à la curiosité féminine, curiosité passant sans tarder aux jeux du désir et de l'amour. Des jeux de plus en plus dangereux dès lors que le soldat blessé va évidemment vouloir jouer de son charisme indiscutable pour susciter le trouble et la concurrence amoureuse dans le gynécée en émoi, dans le but de semer le chaos et de s'échapper…

    Sofia Coppola utilise remarquablement la fluidité de sa mise en scène (récompensée au Festival de Cannes) pour faire glisser le film du marivaudage plaisant, voire amusant, entre le soldat et ses adorables geôlières au thriller angoissant quand, suite à une erreur fatale de l'homme, la situation dérape soudain. Les paysages, les décors, les lumières, le cadre étouffant (cette maison dans la chaleur moite de l'été sudiste qui semble isolée du reste du monde en guerre) exacerbent les désirs des protagonistes et font fermenter le drame en devenir. La mise en scène joue aussi du contraste entre les intérieurs feutrés, les robes soignées des femmes et le sang et la sueur de l'homme blessé. Sofia Coppola, dans la droite ligne de son premier bijou Virgin suicides, décrit de manière fascinante ce groupe de femmes de plus en plus inquiétant, avec au cœur du dispositif trois actrices remarquables : Nicole Kidman splendide de fermeté et de détermination impitoyable, Kirsten Dunst parfaite en femme romantique et Elle Fanning géniale en perverse mutine. Quant à Colin Farrel, le prédateur finalement devenu proie, il incarne à merveille toutes les facettes ambivalentes du soldat, tour à tour charmeur et prévenant, mais aussi manipulateur et violent.


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  • Pas mal même si on a connu plus intéressant.

    scénario: 16/20           technique: 16/20     note finale: 16/20

    Les as de la jungle

    Maurice a tout d’un pingouin… mais le tigre est en lui !
    Elevé par une tigresse, ce pingouin loin d’être manchot est devenu un pro du Kung Fu.
    Avec ses amis, les As de la jungle, Maurice entend dorénavant faire régner l’ordre et la justice dans la jungle, comme sa mère avant lui.
    Mais Igor, un koala diabolique, entouré de ses babouins mercenaires pas très futés, a pour projet de détruire la jungle…
    Les As de la jungle, à la rescousse !


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  • Là encore pas du tout mon genre de films mais dans certains pays, il est difficile de trouver des films différents. Là encore une belle surprise. On se laisse prendre par cette histoire improbable. Noomi Rapace est remarquable: elle interprète ses 7 rôles et elle nous impressionne.

    scénario: 16/20      technique: 16/20     acteurs: 17/20   note finale: 16/20

    Seven sisters

    2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…


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  • Pas du tout mon genre de film et pourtant, j'ai beaucoup aimé parce que c'est plein d'humour et que le scénario est réussi. Bien joué, bien filmé et des dialogues très intéressants. Comme quoi, il faut laisser sa chance au film.

    scénario: 17/20     acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Hitman et Bodyguard

    Un redoutable tueur à gages est contraint de témoigner contre son ancien employeur devant la Cour internationale de justice de La Haye. Interpol est alors chargée de l’escorter jusqu’aux Pays-Bas et engage le meilleur garde du corps du métier pour mener à bien cette mission. Mais c’était sans savoir que depuis des années, les deux hommes s’opposent : les voilà désormais obligés de s’associer pour tenter de survivre aux pires épreuves… De l’Angleterre à La Haye, ils vont vivre une aventure délirante, une succession infernale de tentatives de meurtre, de courses-poursuites pour échapper à un dictateur d’Europe de l’Est prêt à tout pour les éliminer.


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  • Une comédie à l’ancienne, qui cultive le côté nostalgie du bonheur qui est dans le pré, pour peu que Catherine Deneuve soit dans les parages : Gérard Depardieu, qui la retrouve pour la dixième fois, ne s’y trompe pas ! Un bonheur de retrouver ces deux monstres sacrés du cinéma que sont Deneuve et Depardieu. Au final, le film tient ses promesses : cela donne une jolie comédie pleine de charme, toute en légèreté et en tendresse, dans laquelle rayonne ce couple mythique mais également les seconds rôles qui gravitent autour (mention spéciale à Grégoire Ludig, Guillaume de Tonquédec et surtout Chantal Ladesou, hilarante). On passe un très bon moment avec ce feel-good movie !  Un film très réussi porté par des acteurs formidables.

    scénario: 16/20       acteurs: 16/20     technique: 16/20   note finale: 16/20

    Bonne pomme

    Gérard en marre d’être pris pour une bonne pomme par sa belle famille.  Il quitte tout et part reprendre un garage dans un village niché au fin  fond du Gâtinais… En face du garage, il y a une ravissante auberge, tenue par Barbara: une femme magnifique, déconcertante, mystérieuse, imprévisible.  Leur rencontre fera des étincelles…


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  • Haaaa, du cinéma comme je l'aime: bien filmé, bien joué, des décors et des costumes somptueux et on apprend quelque chose! Il faut dire que tout est réussi dans ce film. Au début du XXème siècle, Egon Schiele est l’un des artistes les plus provocateurs de Vienne. Ses peintures radicales scandalisent la société viennoise tandis que les artistes audacieux comme Gustav Klimt les considèrent exceptionnelles...Ce film nous plonge dans l’univers de Schiele, véritable objet de fascination, pour essayer de mieux comprendre sa peinture, à travers son rapport à la sexualité, à ses modèles, aux conventions et à la société. Sa trop courte carrière aura été foisonnante, probablement grâce à cette forme de radicalité qui lui a permis de s’adonner entièrement à l’art, sans aucune forme de concession.

    scénario: 18/20         acteurs: 18/20      technique: 18/20    note finale: 18/20

    Egon Schiele

    Au début du XXe siècle, Egon Schiele est l’un des artistes les plus provocateurs de Vienne. Ses peintures radicales scandalisent la société viennoise tandis que les artistes audacieux comme Gustav Klimt les considérent exceptionnelles. Egon Schiele, artiste prêt à dépasser sa propre douleur et à sacrifier l’Amour et la Vie pour son Art guidés depuis toujours par son amour des femmes. Mais cette ère touche à sa fin…

    En 1912, devant le juge bien décidé à le condamner pour ses dessins à caractère érotique – sans oublier des soupçons de détournement de mineurs – Egon Schiele proclame haut et fort : « Je suis un artiste ! » Durant sa courte vie, Egon Schiele, emporté par la grippe espagnole à 28 ans, s'est battu pour faire reconnaître son œuvre, en équilibre entre érotisme et mort, novatrice donc choquante. Son désir d’indépendance et de liberté, à fleur de peau, s’est heurté aux réflexes des collectionneurs, à l’armée, au conservatisme des classes dirigeantes viennoises, et à un passé dont l’empereur est l’unique symbole.
    Un peintre et dessinateur « maudit » – malgré un succès sur la fin de son existence – dont l’œuvre s’est nourrie du chaos des épreuves : la mort de son père, qui a brûlé l’héritage familial, son incarcération, ses amours déchirées, la séparation d’avec sa muse, son mariage « calculé ». Autant de moments qu’il s’est appliqué à traduire dans ses toiles, lui qui, avec son mentor Gustav Klimt – mais aussi Oskar Kokoschka et Koloman Moser pour ne citer qu’eux –, a cherché à imposer une modernité picturale dans la capitale autrichienne.


    Le réalisateur Dieter Berner, depuis toujours fasciné par le peintre rebelle, s’est lancé dans l’aventure d'un film sur Schiele après avoir découvert le roman d’Hilde Berger, qui a accepté d'être sa co-scénariste. Un livre qui place les femmes au cœur du travail de l’artiste, qu’il croque passionnément, d’un trait vif, urgent. Et il en a eu, des histoires d’amour sulfureuses, même si aucune n’a dépassé en intensité celle avec Wally Neuzil (jouée par Valerie Pachner), déjà modèle de Klimt, beauté ardente et moteur de ses choix.
    Parmi celles qui l’ont inspiré, ou porté, il y a aussi Gerti, sa sœur, premier de ses modèles et dernière à ses côtés au moment de sa mort ; la danseuse « exotique » Moa Mandu ; ou encore les deux filles Harms, Adele et Edith – cette dernière deviendra sa femme en 1915, et mourra, enceinte de six mois, trois jours avant lui.

    C’est suite à la lecture du roman biographique de Hilde Berger sur Egon Schiele que le réalisateur Dieter Berner s’est lancé dans l’écriture de ce film. Fasciné par le lien très fort qu’il a perçu entre ses modèles et ses toiles, il a voulu comprendre et rendre perceptible cette manière essentielle de vivre son art. Schiele possédait une collection de carnets à dessins, il en avait toujours un sur lui et semblait capter des moments de vie tout en nuances... Il avait beaucoup de modèles et entretenait avec elles des relations souvent torrides et passionnelles, mais le dessin et la peinture prenaient toujours toute la place... À l’instar de ses liens plus qu’ambigus avec Gerti, sa sœur et tout premier modèle, cette obsession dresse un portrait nuancé de l’artiste, profondément égoïste vis-à-vis de son entourage, prêt à sacrifier jusqu’à sa plus grande histoire d’amour pour échapper à la guerre et pouvoir continuer à peindre.

    Egon Schiele le film raconte de façon classique cette vie passionnelle faite de rencontres et de recherche d’affranchissement, malgré un destin bien pernicieux : en plus de toutes les autres épreuves, la Première Guerre mondiale vient en effet interrompre l'impulsion créatrice du peinte.
    Le jeune acteur Noah Saavedra incarne bien la vitalité de Schiele qui, finalement, dans sa riche production (300 tableaux et quelque 3000 dessins), est allé à la recherche de lui-même, ses nombreux autoportraits témoignant bien de cette quête intérieure constante. Rappelons que sa dernière œuvre, inachevée, « La Famille », le représente, chair à vif, avec sa femme et son enfant, alors même qu’il n’est pas encore père et ne le sera jamais. Une preuve supplémentaire, s’il en faut, qu’Egon Schiele peignait la vie, sa vie, comme elle venait, à la fois heureuse et torturée. Comme ses corps, livrés à la toile.

     

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  • Charlize Theron est toujours aussi magnifique et joue toujours aussi divinement mais le scénario est sans ambition et tourne à vide. On s'ennuie. Seul intérêt : une ­bagarre-fusillade dans un escalier, filmée en un plan-séquence impressionnant. Ça ne fait pas un long métrage. A ne pas vouloir choisir entre la rigueur des grands films d’espionnage réalistes et la bande dessinée, Atomic Blonde s’effondre malheureusement très vite. Rien d’atomique là-dedans. Charlize donne des coups de pied, participe à une poursuite en voiture, couche avec une brunette même pas sexy, balance des coups de poing, le tout sur fond de néons et de tubes vintage. Idiot.

    scénario: 5/20        technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 8/20

    Atomic Blonde

     

    L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.

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  • Out

     Dés que j'ai vu que c'était un coproduction slovaquo-tchéco-hongroise, j'ai foncé. Malheureusement, l'acteur ne parle slovaque que pendant deux scènes au début du film, quand il se fait virer de son usine. Ensuite, il parle hongrois à la maison, puis ruse quand il va en Lituanie. C'est bien joué, le triste sort des slovaques expatriés. le pessimisme slave est aussi bien montré. j'ai bien aimé ce film délicat.

    scénario: 16/20           acteurs: 16:20          technique: 16/20        note finale: 16/20

    Out

    Ágoston, la cinquantaine, quitte sa famille pour s'aventurer à travers l’Europe de l’Est avec l’espoir de trouver un emploi et de réaliser son rêve : pêcher un gros poisson.

    Porté par le vent et le sel marin, il parvient en mer baltique. Son périple le plonge dans un océan d’événements et de rencontres inattendus : une femme solitaire, un Russe aux intentions hostiles et un étonnant lapin empaillé.

    Agoston, la cinquantaine, travaillait dans une usine en Slovaquie. Avait-il seulement fait autre chose avant ? Il s’est fait virer, salement, comme la plupart de ses collègues... Un discours pompeux du dirigeant pour faire passer la pilule, pour donner l’illusion que cette réalité n’a rien de violent et le voilà mis dehors : out ! Seul face à de longues journées vides, il est obligé d’imaginer une vie différente... Un leurre à poisson qui surgit d’un tiroir lui rappelle qu’il aimerait pêcher de gros morceaux. Ce souvenir sera le point de départ d’un voyage vers la mer Baltique, à travers l’Europe de l’Est, un voyage ponctué de rencontres, d’espoirs et de désillusions. Il n’est jamais trop tard et Agoston entend bien réaliser son rêve.

    Ici commence la mer et on ne sait où elle s'achève… Dans les rêves d'Agoston, peut-être ? Il ne serait pas difficile d'imaginer ce beau quinquagénaire grisonnant au regard clair dans la peau d'un marin aventurier. Mais il est des pays et des situations d'où on ne sort pas si facilement. Sa vie fut semblable à celle de tant d'autres : travail, famille, patrie… engloutissant ses jours, ne laissant nulle place à ses chimères. Le voilà donc, après des années de ce régime devenu mari normal, père normal, travailleur normal… prêt à devenir un futur retraité normal dans une Slovaquie redevenue normale (du moins indépendante et démocratique). Il en serait ainsi sans l'annonce brutale faite à l'usine par le patron à son personnel anéanti : « Malheureusement je dois renvoyer 40% d'entre vous. Ne paniquez pas. Pour prendre un nouveau départ vous devrez faire preuve de beaucoup d'énergie, de passion et de courage ! » Cynisme ou irréalisme de la part du dirigeant ?

    Agoston encaisse, tout autant abattu que ses collègues, du moins dans un premier temps. Est-ce l'intuition que son univers s'effondre en même temps que sa modeste carrière, ou la dernière phrase du discours qui va mettre le feu aux poudres ? Toujours est-il que notre homme, qui n'a plus rien à perdre, va prendre ces mots au pied de la lettre ! Et si cet incident de parcours devenait synonyme d'un nouvel envol ? Le voilà qui, bravache, décide de trouver du boulot où il y en a, loin de son foyer, en Lettonie, un pays où l'on peut, accessoirement, pêcher de gros poissons, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Pourquoi ne pas joindre enfin l'agréable à l'utile ? Lorsqu'il consulte sa femme (incrédule) et sa fille (qui mène sa propre vie) afin d'avoir leurs avis, la première se moque, la seconde s'en moque : ni l'une ni l'autre ne semble lever le petit doit pour le retenir. Le couple se quitte donc, en se jurant volontiers qu'ils vont se manquer, pariant sur les moyens modernes de communication pour entretenir les liens tissés par tant d'années de tendre cohabitation.

    Voilà notre anti-héros parti vers des courses lointaines et un peu folles qui le mènent d'abord sur un port industriel en Lettonie. On le perçoit si frêle, comme écrasé par la grandiloquence des paysages industriels, pris dans la nasse d'un monde qui tourne comme un rouleau compresseur. C'est bel et bien là que démarrent les pérégrinations de ce bon Agoston. Pas de Chat du Cheshire ni de Reine de Cœur dans ce périple, mais quelques uns des personnages qu'il croise, tels Zeb le lapin empaillé ou une impressionnante pin up sur-botoxée, valent bien ceux du Pays des Merveilles ! Quant à certains alcools fort, ils semblent parfois faire tout autant d'effet que des fioles magiques ! Autant dire que l'on ne s'ennuie jamais en sa bonne compagnie. Et ce compère sur lequel on n'aurait pas misé une sardine, gagne peu à peu en consistance, en considération… Comme si ce petit pas de côté impensable, salutaire, l'amenait progressivement à renaître à lui-même…
    C'est croustillant d'humour, de cocasserie et de désillusion. Le tableau brossé d'une Europe de l'Est en pleine déconfiture n'est certes pas glorieux, mais cela reste un magnifique voyage où chaque prise de vue, particulièrement léchée, dévide son pesant d'anecdotes qui ouvrent sur plusieurs niveaux de lecture.

    Le charme du film tient beaucoup à la personnalité d’Agoston, joliment interprété par Sándor Terhes : derrière un visage toujours rayonnant se cache un personnage simple et bienveillant, encaissant les coups durs, accueillant les moments de grâce et les belles rencontres. Chaque événement peut mener au meilleur ou au pire et le film réussit brillamment à nous faire basculer tantôt de la légèreté à l’effroi, tantôt du sérieux à l’absurde. Les espaces sont magnifiquement filmés : que ce soit l’industrialisation des chantiers navals ou les horizons marins, tous ces paysages semblent traversés par le regard ouvert et naïf d’Agoston. Cette douce candeur court tout au long du film et lui donne une tonalité généreuse et humaniste. Les situations ne sont jamais appuyées mais toujours étonnamment justes : ce voyage est un merveilleux parcours initiatique, très touchant et dont les rebondissements ne manqueront pas de vous surprendre. Une très belle découverte qui n’est pas sans rappeler un certain cinéma grolandais !

    Coup de maître pour un premier film dans lequel György Kristóf parvient à dépeindre avec brio, en quelques plans splendides, une humanité écrasée par les éléments, quand ce n'est pas tout bonnement par elle-même.


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  • Ce documentaire est une meveille. Très bien fait, on apprends plein de choses même si on est féru d'art. Peggy Guggenheim (1898-1979) était un personnage, au sens le plus romanesque du terme. Et ce documentaire la restitue dans toute sa complexité passionnante. On ressort de cette projection avec le sentiment d’un moment singulier partagé, entre savoir et émotion ; et, reconnaissons-le, la succession de tableaux est aussi un atout majeur de ce film passionnant qui, comme on s’en doute, éclaire une femme, failles comprises, sans pour autant dissiper totalement l’énigme que constitue toute existence.

    scénario: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Peggy Guggenheim, la collectionneuse

     

    Libre et avant-gardiste, Peggy Guggenheim a traversé les bouleversements du XXème siècle aux côtés d’artistes qu’elle a fait connaître mondialement. Elle a notamment révélé le talent de Jackson Pollock, Alexander Calder ou encore Max Ernst. Des entretiens inédits de Peggy Guggenheim elle-même ainsi que des témoignages d’artistes et de critiques d’arts mettent en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.

    Amatrice d’art enthousiaste, collectionneuse éclairée, mécène, Peggy Guggenheim (1898-1979) est étroitement mêlée à la création artistique du xxe siècle. Petite-fille de deux Juifs européens émigrés aux États-Unis au 19ème siècle – l’Allemand Seligman, couvreur enrichi dans la banque, et le Suisse Guggenheim, colporteur devenu propriétaire de mines de cuivre –, elle hérite d’une fortune colossale de 450 000 dollars à la mort de son père, disparu en avril 1912 dans le naufrage du Titanic.



    De 1920 à 1941, elle vit en Europe, notamment à Paris et dans sa luxueuse villa de Pramousquier, près du Lavandou. À Paris, elle rencontre Pablo Picasso, Salvador Dali, James Joyce, Ezra Pound, Gertrude Stein, Fernand Léger ou encore Vasily Kandinsky ! Esthète au goût sûr et au discernement remarquable, ses goûts et sa formation initiale ne la portaient cependant pas au-delà de l’impressionnisme, mais elle se tourna résolument vers l’art contemporain et ouvrit une galerie à Londres en 1938, où elle exposa notamment les œuvres du peintre surréaliste Yves Tanguy. Elle utilisa l’essentiel de sa fortune à constituer une collection d’œuvres d’art qui représente l’ensemble des courants avant-gardistes qui se sont succédés depuis le début du xxe siècle : cubisme, futurisme, constructivisme, dada, surréalisme, expressionnisme…
    En 1941, l'invasion de Paris par les Nazis la contraint à fuir l’Europe. De retour à New York, elle fonde en 1942 la galerie Art of the Century. Elle y accueille non seulement les artistes européens exilés, et plus particulièrement les surréalistes – elle est alors l’épouse de Max Ernst –, mais aussi de jeunes artistes américains comme Robert Motherwell, Mark Rothko, Adolf Gottlieb ou Jackson Pollock, chefs de file d’un expressionnisme abstrait.

    En 1948, elle revient en Europe et achète le Palazzo Venier dei Leoni à Venise pour y installer ses collections personnelles. Ce site est aujourd’hui l’un des grands musées d’art moderne de la cité des Doges. En mécène avisée, elle n’a jamais revendu les œuvres que son immense fortune lui avait permis d’acquérir, préférant les offrir à des institutions culturelles. La Fondation Peggy Guggenheim à Venise constitue incontestablement, pour celle que l’on surnommait affectueusement la « dernière Dogaresse », l’apothéose de son activité inlassable au service de l’art contemporain.

    Par ailleurs, femme libre, audacieuse voire volontiers provocatrice, Peggy Guggenheim a mené une vie sentimentale et sexuelle qui a souvent défrayé la chronique et qui a fait autant pour sa célébrité que sa passion pour l'art. Il semblerait bien que pour elle, ces deux pans de son existence étaient étroitement liés.
    À travers des entretiens inédits avec Peggy Guggenheim, à travers des témoignages d’artistes et de critiques d’art, le film de Lisa Immordino Vreeland met en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.


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  • Voici une comédie hilarante qui met en scènes des personnes âgées parties en colo avec de jeunes animateurs. Cette comédie estivale, emmenée par une belle distribution, ne fait pas dans la dentelle, mais prend un plaisir manifeste à bousculer les clichés sur le troisième âge. Détonnant. On se régale des facéties de cette brochette de « vieux » fantasques, obsédés par leur connexion wi-fi ou l’achat de préservatifs, qui fument des joints, boivent de la vodka, jurent comme des charretiers et se plaignent sans cesse. Des sales gosses, quoi.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20    technique: 16/20    note finale: 16/20

    Sales gosses

    Cet été, Alex se retrouve moniteur d'une "colo" très particulière. Car ici point d'enfants ni de têtes blondes... mais des retraités et des cheveux blancs. Ces charmants pensionnaires vont lui en faire voir de toutes les couleurs. Retraités déchaînés en colo, monos au bout du rouleau : il n’y pas d’âge pour être un sale gosse !


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  • Passé la faiblesse scénaristique, cette adaptation de la célèbre bande-dessinée Valérian offre un spectacle grandiose et rafraîchissant comme Besson sait si bien le faire. Chaque image est un régal pour les yeux. Réussi!

    scénario: 15/20     acteurs:16/20      technique: 19/20    note finale: 16/20

    Valérian et la cité des 1000 planètes

    Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.


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  • Un film intéressant parce qu'il nous interroge sur cette volonté du tout public qui devient presqu'une obligation. On aurait cependant aimé un scénario un peu plus étoffé. Vive la vie privée!! Un thriller d'anticipation efficace sur les dangers de l'omnipotence des réseaux sociaux, porté par une belle distribution. Efficace malgré tout, "The Circle" n’entraînera malheureusement pas la prise de conscience que son réalisateur pouvait espérer. Oui, la vie privée est menacée par Internet les réseaux sociaux. Mais en évoquant plus les avantages que les inconvénients et en misant sur une fin décevante, le film se perd, étouffé par ses bonnes intentions.

    scénario: 12/20     acteurs: 16/20      technique: 16/20  note finale: 12/20

    The circle

     

    Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c'est une opportunité en or ! Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l'avenir de ses amis, de ses proches et de l'humanité tout entière…


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  •  Ouai, bof. Des images mille fois vues et un commentaire pas original. On peut s'en passer.

    scénario: 10/20       technique: 16/20   note finale: 10/20

    Voyage of time: au fil de la vie

    Hymne à la nature et à l’univers, Voyage of Time s’interroge sur le rôle de l’homme dans le futur. Après ces temps infinis, quel est le sens de notre passage sur Terre ?

    Voyage of Time n’est pas un film. Ni même un documentaire. Il n’essaye même pas d’en prendre l’apparence. Non, Terrence Malick semble bien éloigné de tout procédé. Il livre une symphonie. De l’art.

    Mais de l’art, dans tout ce qu’il y a de plus intime ou emphatique. De beau comme de ridicule où le sublime touche au grotesque, et inversement. Une dualité de ton, un sentiment double qui ne laisse pas de marbre.

    Alors que ses précédents métrages alimentaient déjà cette vocation chez l’américain à partir dans le lyrisme naïf, Voyage of Time pousse le curseur encore plus loin, la narration n’existe plus, le récit est spectral et non plus littéral. Dans ce dernier, Malick nous montre sa vision de la naissance du monde, du cosmos jusqu’à l’infime vague, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Les belles images se suivent, ne ressemblent pas, paraissent parfois légères comme une plume, tout comme elles s’alourdissent de poésie embryonnaire sur la puissance matricielle de la nature mais toujours agrémentées d’une furtive mélancolie sur son devenir.

    On suit avec passion une fille qui découvre le monde moderne, tout comme on ricane avec un sourire ironique cette vision des premiers hommes par Terrence Malick. Les plans larges sur la nature, les plans numériques qui iconisent les planètes comme rarement, les cellules qui se chevauchent, les séquences sous-marines se succèdent et ne s’interrompent pas : c’est beau, c’est grand, ça invite au voyage introspectif et au mélange des couleurs.

    Chez Malick le montage parait toujours aussi personnel, touché par la ramification d’une mémoire qui déchante, une mosaïque en pleur et on ne se rend même pas compte de la beauté de ce que l’on voit. Mais au-delà de toute velléité cinématographique, de tout intérêt scientifique, de tout ce maelstrom aussi inerte qu’en mouvement entre le son et l’image, il y a un homme derrière le projet : Terrence Malick. Avec Voyage of Time, il continue de tracer le sillon de son questionnement. Malgré la candeur, la grandiloquence parfois pompeuse de ses insertions numérisées représentant des dinosaures ou autres bestiaires, l’américain semble empreint d’une peur : celle de ne pas trouver de réponses à ses questions.

    Celle d’un homme qui regarde les yeux au ciel, celle qui s’égare dans la nature et qui se pose toujours la même question : « Où es-tu ? ». Il parle mais ne reçoit pas de signe avant-coureur d’une seule parcelle de réponse. Alors il sillonne le monde. Et alors que les plans pourraient se suivre pour ne rien signifier, toute l’ampleur est là : la construction d’un monde, d’un regard qui scrute le moindre détail qui pourrait répondre à ses interrogations sur l’existence de quelque chose qui le dépasse.

    C’est ce qui fait que le cinéaste regarde hagard le suivi de l’humanité, de l’humain qui vit comme « un enfant abandonné ». Derrière le côté ésotérique de l’ensemble, Malick ne porte jamais le costume de prosélyte et ne tente même pas de convaincre. Il n’est pas là pour délivrer un message, autre que celui d’un amour qui nous transporte, de la métamorphose d’une déclaration d’amour à la vie. Le fil rouge de Voyage of Time n’est pas la chronologie du monde ni même les découvertes scientifiques. Il n’y a rien de tout cela.

    Terrence Malick n’est pas là pour donner un cours d’histoire ou de physique, c’est un homme, un empilement d’atomes qui fait voyager son esprit à travers les strates aussi temporelles que spatiales pour ne plus se sentir seul. Est-ce d’une profondeur sans égale ? Non, Terrence Malick radote un peu mais n’a jamais paru si vulnérable devant son cinéma, et ça en devient touchant tellement le geste parait si intime.


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  • Un très bel hommage aux pompiers. A part ça, on peut douter de la postérité de ce qui n'est rien d'autre qu'un téléfilm sans importance. On peut dire que ce film rassemble tous les poncifs  et clichés relatifs aux pompiers. Mais c'est bien, filmé et bien joué même si le scénario aurait pu être un peu moins attendu.

    scénario: 12/20        acteurs: 16/20      technique: 16/20   note finale: 16/20

    Les hommes du feu

    Philippe, 45 ans, dirige une caserne dans le Sud de la France. L’été est chaud. Les feux partent de partout, criminels ou pas. Arrive Bénédicte, adjudant-chef, même grade que Xavier, un quadra aguerri : tension sur le terrain, tensions aussi au sein de la brigade... Plongée dans la vie de ces grands héros : courageux face au feu, mais aussi en 1ère ligne de notre quotidien.


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    l'éveil de la permaculture

    La permaculture laisse entrevoir une lueur d’espoir avec ses solutions écologiquement soutenables, économiquement viables et socialement équitables. Accessible à tous, elle peut être mise en oeuvre partout… Aujourd’hui, des hommes et des femmes se rencontrent et expérimentent cette alternative crédible. La transition “permacole” est en marche !

    « Chacun d'entre nous fait partie de la solution, tout le monde peut-être acteur du changement. »
    Polluée, réchauffée, surpeuplée, malmenée, notre planète – et tout ce qu'il y a dessus – ne va pas fort. Et fibre écolo ou pas, ils sont de plus en plus nombreux à agir pour faire en sorte qu'elle se porte mieux. C'est ainsi que se développe de nouvelles manières de vivre, de faire, de consommer, de produire, de cultiver. Et on en arrive tout naturellement à la permaculture.
    La permaculture, c'est une agriculture qui tente de suivre au mieux les phénomènes naturels afin de maintenir et de respecter les équilibres entre les différentes composantes de l'écosystème Terre. L'humain est une de ces composantes. Hier marginale, elle intéresse aujourd'hui, par ses performances et ses bienfaits, de plus en plus de monde, et d'abord des agriculteurs qui se convertissent à sa pratique. Le CNRS y voit une possible alternative à l'agriculture intensive, grande consommatrice d'engrais chimiques et de pesticides. Plus globalement, la permaculture est pour ses initiateurs une solution concrète à l'effondrement des sociétés humaines.

    À travers de nombreux témoignages, de superbes images, des animations, ce film nous permet de découvrir la permaculture dans sa globalité, de comprendre ce que c'est, ce qu'elle propose. C'est un film plein d'enseignements et de dynamisme qui donne juste envie de passer à l'action. Le réalisateur est clair : la permaculture est plus qu'un modèle, elle nous permet de changer notre regard sur le monde et notre quotidien.


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  •  Très réussi même si on aurait pu se passer de la vague histoire d'amour du film. Un beau film "historique" sur un épisode pas assez connu de l'indépendance indienne. On peut cependant regretter un trop grande liberté par rapport à la réalité historique.

    Un seul exemple : la révélation suprême du film est que la partition de l’Inde aurait été décidée à Londres et imposée au vice-roi, à l’insu de son plein gré, par le très malfaisant comploteur impérialiste Winston Churchill en personne. À l’appui de cette thèse renversante, « Lord Ismay » produit un document officiel ultrasecret daté du 19 mai 1945, dont on ne voit que la première page, et qui est censé dicter deux ans à l’avance tous les éléments de la partition entre l’Inde et le Pakistan – carte détaillée à l’appui –, dans le but de promouvoir les sordides intérêts pétroliers de la perfide Albion.

    Le seul problème est que le document original, intitulé Security of India and the Indian Ocean, est bien connu et ne contient aucune carte de partition - qu’il ne préconise d’ailleurs nullement : il se borne à constater qu’en cas d’indépendance de l’Inde dans un avenir indéterminé, il faudrait prévoir le maintien dans le pays de quelques réserves militaires britanniques pour la défense de la région, ou bien leur stationnement dans un État princier resté indépendant de l’Inde, comme le Balouchistan.

    Par ailleurs, ce plan n’émane nullement de Winston Churchill, mais des services de planification du War Cabinet, qui produisaient ex-officio des centaines de rapports similaires, afin de parer à toutes les éventualités auxquelles pourrait se trouver confronté le gouvernement de Sa Majesté dans l’après-guerre.

    Que vient donc faire Churchill dans cette histoire ? Rien du tout, car le Vieux Lion étant depuis vingt ans farouchement opposé à toute idée d’indépendance indienne, il ne se serait même pas posé la question d’une partition… Du reste, l’aurait-il fait dans un moment d’égarement que cela n’aurait eu aucune importance, car en août 1947, il avait déjà quitté le pouvoir depuis deux ans !

    Pour que le scénario du film fonctionne, il faudrait donc que tous les spectateurs aient oublié ce détail – ce qui est tout de même beaucoup demander… Le Premier ministre de Sa Majesté depuis l’été de 1945, c’est le major Attlee – dont le nom n’est pas même prononcé dans le film.

    Une bonne fiction mais pas un film historique.

    scénario: 16/20       technique: 17/20       acteurs: 16/20   note finale: 16/20

    /Le dernier vice-roi des Indes

    Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille.
    Petit-fils de la reine d'Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten devra préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avérera bien plus ardue que prévu. Après d'âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n'aura d'autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d'un nouvel état, le Pakistan.
    Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
    La décision de Lord Mountbatten va provoquer l'un des plus grands déplacements de population de l'Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.

    L’entrée en matière est des plus classiques : un palais somptueux, des jets d’eau, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique un brin démonstrative. Nous sommes dans un film à costumes 100% qualité anglaise, tiré à à quatre épingles, sans faux plis : bienvenue en Inde, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre (nous sommes en 1947). Mais on se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine fortement imprégnée d’imagerie coloniale et que Gurindher Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a quinze ans le pétulant Joue-là comme Beckham, a bien l’intention de nous raconter autre chose qu’une bluette.

    Issu de la lignée royale, Louis « Dickie » Mountbatten est nommé Vice-roi des Indes par Georges VI avec un objectif bien particulier : il doit mettre ses talents de fin négociateur, de diplomate averti, de meneur charismatique au service d’une noble et belle cause, l’indépendance de l’Inde. L’ampleur de la tâche est à l’image du pays, colossale et complexe. Outre son immensité, l’Inde est un territoire traversé par des cultures et des religions très contrastées auxquelles viennent s’ajouter des traditions tribales ancestrales.
    Mais rien de tout cela ne semble affaiblir la volonté et l’optimisme de Mountbatten, qui aborde sa mission avec un flegme pragmatique tout britannique. Pour préparer les esprits et en amont des négociations, on commencera donc par changer les habitudes du Palais : recevoir des invités issus de toutes les traditions et faire entrer la cuisine indienne dans les menus officiels. Il pourra dans ces domaines compter sur le talent complice de son épouse Edwina, qui est tout sauf une potiche.
    Mais l’indépendance n’est pas seulement un mot puissant inscrit sur un bout de papier, il faut sur le terrain faire accepter le fait de rendre à un peuple sa liberté souveraine. La tâche s’avère alors bien plus ardue que prévu car chacun veut son territoire : les Hindous et les Musulmans, sans oublier les Sikhs, autant de communautés qui vivaient ensemble sous la domination anglaise mais que l’indépendance va violemment déchirer.
    L’épreuve de la réalité commence, et elle sera douloureuse. Pour Lord Mountbatten d’abord qui, après d’âpres négociations avec Nehru et Jinnah et sous le regard perplexe de Ghandi, définira les frontières des deux états : l’Union indienne, à majorité hindoue, et le Pakistan, à majorité musulmane. Mais surtout pour le pays tout entier, qui va connaître un vaste mouvement de population puisque près de 14 millions de personnes devront être déplacées !
    C’est cette histoire-là, assez méconnue par nous autres Français, que Gurinder Chadha nous raconte, cette histoire qui est aussi celle de ses aïeux. A travers le portrait de ce couple qui a su saisir le sens de l’histoire et en accepter ses bouleversements, elle évoque aussi la position ambivalente du Royaume Uni puisque le tracé de la carte en favorisait les intérêts géopolitique et économiques.

    Alors bien sûr, c’est du cinéma, et l’histoire n’a sans doute pas l’indulgence de la fiction vis-à-vis des époux Mountbatten, qui quittèrent fissa le pays, le laissant à feu et à sang, et la violence des massacres qui suivirent nous sera épargnée (1 million de morts en 3 mois)… On pardonnera aussi à la réalisatrice quelques écarts romanesques un peu fleur bleue… On dira qu’ils donnent au film une petit touche bollywood qu’on aime bien retrouver dans ce genre de production.


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  •  Un petit bijou!!

    Visages villages

    Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer.
    Agnès a choisi le cinéma.
    JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air.
    Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR.
    Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés.
    Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

    Deux drôles de personnages tout droits sortis d'une bande dessinée minimaliste viennent se balader nonchalamment sur le générique du film. Des accords de guitare épurés, proches des folk songs chers aux road-movies américains, rythment leurs pas de manière opiniâtre et guillerette comme pour les guider irrémédiablement l'un vers l'autre. On reconnaît immédiatement la silhouette particulière d'Agnès Varda, petite femme au talent et à l'humanité inversement proportionnels à la taille, qui paraît encore plus minuscule qu'à l'accoutumée aux côté de cette asperge de JR. On ressent immédiatement l'invitation à un voyage humble, léger, orchestré par le duo improbable et comique du plasticien trentenaire et de la cinéaste octogénaire. Si le pont entre les œuvres urbaines monumentales de l'un et les ouvrages fignolés tout en discrétion de l'autre ne saute pas aux yeux, un cousinage évident se révèle progressivement. On comprend vite que le chemin avec eux ne sera jamais pesant et qu'on n'aura jamais envie de les quitter, eux, leur univers espiègle et généreux : Agnès, ses sourires émouvants, et ce vaurien de JR qui n'arrête pas de l'asticoter. Comme si le plus grand respect qu'on pouvait témoigner aux « vieilles » était de rester insolent, de ne pas s'apitoyer sur les fragilités d'un corps désormais inadapté aux frasques d'un esprit pétillant, indomptable. Madame Varda, il y a plus de jeunesse, d'énergie et de rébellion sous votre frange bicolore que dans n'importe quelle boîte de nuit branchée !



    D'ailleurs ce n'est pas dans un night-club que se sont rencontrés AV et JR. Pas plus que lors d'un de ses vernissages, même si la cinéaste connaissait les collages XXL du photographe. Pas rencontrés non plus à un arrêt de bus… Illustrant chacune de ces situations de manière hilarante, Varda manie l'anaphore avec malice, amorce son récit par un jeu de devinettes. Dans une boulangerie ? Pas plus que sur une route… Quoi que ce soit moins certain, puisque c'est en la prenant ensemble que les deux co-réalisateurs de Visages Villages vont se découvrir l'un l'autre, sous notre regard complice.
    Voilà notre glaneuse et notre baroudeur, improbable équipage, embarqués dans une camionnette-photomaton à l'œil gourmand, prêts à croquer tous les passants. On ne se lasse pas de leurs échanges pleins d'humour, de candeur, de pragmatisme, dans lesquels ils se renvoient la balle tendrement, jouant avec les idées, les images, les mots. On prend plaisir à leurs haltes villageoises, à les voir musarder de Pirou Plage aux plages d'Agnès, tout en piquant une tête dans la nouvelle vague. Mais surtout on se régale de leur capacité d'émerveillement communicative, de leur curiosité insatiable pour les autres. Et le hasard (le meilleur assistant d'Agnès Varda, dit-elle !) nous fait rencontrer des gens qui semblent parfois d'un autre temps, d'un autre monde qui sont pourtant les nôtres. En quelques portraits, Agnès et JR donnent une voix aux « masses silencieuses », magnifiant ces anonymes, agrandissant leurs photos comme pour signifier leur importance, leur redonner la fierté d'être ce qu'ils sont.

    C'est un hymne aux simples mortels, aux ignorés du CAC 40, aux oubliées de la grande Histoire. À ceux qui œuvrent silencieusement, aux ouvriers, aux paysans, aux héros de l'ombre, aux ombres de leurs ombres, leurs invisibles compagnes : femmes de dockers, de mineurs, fermières, serveuses… C'est un incroyable carillonneur qui virevolte parmi ses cloches. C'est Jeannine si touchante qui se revoit petite fille en train de guetter le « pain d'alouette » que son père ramenait du coron. C'est Patricia l'éleveuse qui résiste à la mode d'écorner les chèvres pour les empêcher de se battre. C'est Jackie le facteur heureux des liens tissés au fil de ses tournées, ou encore cet ingénieur fier de se sentir utile en travaillant dans une usine classée à risques… Tant de visages restés obscurs ou devenus illustres qui seront engloutis un jour par le temps, le vent et les marées.
    Le mot de la fin, si on avait le choix, on ne le laisserait pas à Godard (affectueusement évoqué par AV), mais à Pony, artiste méconnu et haut en couleurs : « Je suis né à l'ombre d'une étoile. Ma mère la lune m'a donné sa fraîcheur. Mon père le soleil, sa chaleur. Et l'univers pour y habiter. Tu te rends compte ? C'est quand même une grande place, que j'ai dans la vie ! »


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  • Du navet de compétition!! D'une nullité abyssale, c'est peu de dire qu'on s'ennuie. Ce navet est d'un ennui mortel, c'est le cas de la dire. L'absence de scénario digne de ce nom est certainement à l'origine de ce naufrage...

    scénario: 2/20      acteurs: 8/20   technique: 16/20   note finale: 3/20

    Grand froid

    Dans une petite ville perdue au milieu de nulle part, le commerce de pompes funèbres d’Edmond Zweck bat de l’aile. L’entreprise ne compte plus que deux employés : Georges, le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme encore novice dans le métier. Un beau matin, pourtant, un mort pointe son nez. L’espoir renaît. Georges et Eddy sont chargés de mener le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Mais, à la recherche du cimetière qui s’avère introuvable, le convoi funéraire s’égare et le voyage tourne au fiasco.


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  • Une comédie très amusante sur le couple. Je ne peux en dire plus sans dévoiler le sel de ce film, donc je me tais.

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Mon poussin

    Vincent, 18 ans, se fait larguer par Elina. C’est son premier amour, c’est la fin du monde ! Ses parents décident donc de prendre les choses en main et vont tout tenter pour lui faire oublier cette fille : il devra les suivre dans une cure de désintoxication amoureuse dont ils vont imaginer le programme…


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  • Une comédie jubilatoire qui se moque des intégristes de tout poil! Très réussi.

    scénario: 17/20      technique: 17/20    acteurs: 17/20    note finale: 17/20

    Cherchez la femme

    Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d'un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…


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  •  Un très beau film sur les liens familiaux. Les acteurs sont supers, c'est bien filmé et cela donne envie d'aller à la campagne.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Ce qui nous lie

    Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges.

    Ce qui nous lie, c'est une histoire de terroir, de racines qu'on ne peut jamais complètement ignorer, jamais complètement oublier. Tout démarre par le retour de Jean, après dix ans de silence, de rupture. Rupture avec sa famille, avec l'entreprise familiale, mais surtout avec un père rigoureux, sévère, omnipotent, issu d'une longue lignée de viticulteurs à la dent dure. Pourtant, lorsque Jean apprend que ce dernier n'a plus que peu de temps à vivre, le voilà qui réapparait, sourire hésitant aux lèvres, baluchon sur le dos, au bout de la route qui serpente au milieu des vignes. On a beau faire, on a beau partir loin, vous rattrapent un jour, tel un boomerang, les saveurs aigre-douces de l'enfance, ses égratignures. C'est la générosité d'un plat qui vous remémore ceux de grand-mère. C'est un peu de sang dans la bouche qui vous rappelle quelques inénarrables chahuts entre frangins. Ce sont les couleurs de l'automne sur les feuilles de vigne qui vous parlent des vendanges passées, ou le fumet d'un vin qui vous replonge vers les chais des ancêtres…Tous ces petits riens insignifiants qui peaufinent une personnalité, forment un goût, donnent envie de le partager.


    Il y a sans doute un peu de tout cela qui monte à la gorge de Jean quand il pénètre dans la vaste cour qu'il quitta gringalet à la peau douce pour y revenir en solide barbu que chacun peine quelques instants à reconnaître. L'accueil va être mitigé, entre joie exubérante pour les uns, tristesse et colère pour les autres. Si sa sœur Juliette aussitôt lui ouvre les bras, son petit frère Jérémie se montre sévère, ne voulant rien oublier, ni pardonner… Eux deux n'ont eu d'autre choix que de rester, de ne pas lâcher le domaine, d'assumer seuls les responsabilités qui incombaient à leur aîné. Mais les choses dures enfin dites, au besoin sans ménagement, il est clair qu'un même amour ne les a pas lâchés et anime leur parcours… L'amour du terroir, du travail bien fait, du vin qui raconte à chaque gorgée la vie des hommes, leurs choix, leurs sensibilités. Et avant qu'ils ne le formulent eux-mêmes, on commence à percevoir ce qui les lie… Sans réussir toutefois à imaginer si ce sera suffisant pour raccommoder les déchirures, rattraper les moments manqués, ni ce que sera la chute… En attendant on n'a plus envie de les lâcher et on va boire leur histoire jusqu'à la dernière goutte, comme étonnés de s'être si vite attachés à ces inconnus. Enivrés par leurs ivresses, leurs liesses communicatives, leurs coups de blues, leurs coup de gueules. Avec eux on se prendra à guetter les saisons. On rêvera de vendanges ! De « Paulée » !

    C'est fou le chemin que l'on va parcourir avec cette fratrie indomptable dans sa Bourgogne natale ! Un véritable conte initiatique parsemé de mots magiques : Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet, Meursault… Comme quoi il n'est pas forcément besoin de partir loin pour beaucoup voyager : les plus belles visites sont celles que l'on fait dans le cœur des hommes et des femmes, de leurs passions, de leurs envies de transmettre. Et à travers cette belle aventure profondément humaine, on sent que Cédric Klapisch nous parle de la sienne, qu'il est en train de nous susurrer qu'il en va de la paysannerie, de la viticulture, de tous les métiers artisanaux comme il en va de tous les arts et du sien également… Il y a là un cousinage qu'il ne renie pas. Un plaisir de déguster sans rien recracher, pas comme les gens trop policés aux culs et lèvres pincées ! Son plaisir, celui de ses acteurs est palpable, communicatif…


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  •  Ha, du cinéma comme je l'aime: on passe un bon moment et on apprend quelque chose. Un très beau film sur des héros méconnus de la résistance de la guerre 39/45. Bon scénario, bon acteurs et bien filmé.

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20  technique: 17/20  note finale: 17/20

    Nos patriotes

    Après la défaite française de l'été 1940, Addi Ba, un jeune tirailleur sénégalais s'évade et se cache dans les Vosges. Aidé par certains villageois, il obtient des faux papiers qui lui permettent de vivre au grand jour. Repéré par ceux qui cherchent à agir contre l'occupant et qui ne se nomment pas encore "résistants", il participe à la fondation du premier "maquis" de la région.

    En 2006, Gabriel Le Bomin nous avait raconté l’histoire des traumatisés de la première guerre mondiale dans Les Fragments d’Antonin. Un travail de mémoire, sensible et nécessaire, malheureusement toujours d’actualité, il n’est qu’à voir le nombre de films produits depuis lors sur les dégâts post-traumatique dont souffrent les soldats revenant des différents théâtres de guerre, Irak, Afghanistan…
    Le Bomin revient avec ce deuxième film sur un épisode mal connu, voire même inconnu, des premières heures de la Résistance, qui ne s’appelait pas encore ainsi en 1940. Il réhabilite ce faisant la mémoire d’un tirailleur sénégalais devenu un des chefs du maquis vosgiens. Cet homme s’appelait Addi Bâ, il était arrivé en France avec un précepteur colonial et avait vécu en Indre et Loire pendant un an avant de s’engager dans l’armée en 1939 et d’être incorporé au douzième régiment des tirailleurs sénégalais.

    Le film débute à l’automne 1940, la défaite est passée par là, et une cohorte de prisonniers, tous tirailleurs sénégalais – rappelons quand même que ce terme générique désignait tous les soldats venus des colonies et pas seulement ceux venus du Sénégal – sont conduits dans des ruines aux milieu d’une forêt vosgienne. Un officier allemand explique ce qu’il sont venus faire là. Ils vont participer au tournage d’un film de propagande destiné à montrer l’efficacité de l’armée du Reich. Les caméras sont en place, les mitrailleuses sont installées, les soldats allemands sont prêts à faire feu. On ordonne alors aux prisonniers de s’élancer vers la forêt, avec leur fusils déchargés. Pendant l’hécatombe qui s’en suit, Addi Bâ et quelques uns de ses camarades réussissent à prendre la fuite. La plupart ne survivront pas. Addi Bâ, s’en sort et est bientôt recueilli par une institutrice et son fils qui le cachent dans le grenier de l’école communale.
    Pour la population locale, la vie se complique aussi. Les Allemands ont envahi le pays, les règles se durcissent, les habitants s’en accommodent ou pas. Pour Christine, l’institutrice, la passivité ne va pas de soi. Au contraire de son mari, ancien combattant de la Grande Guerre, aux poumons cramés par les gaz, qui l’enjoint à ne se mêler de rien, à faire profil bas, voire à se montrer serviable avec l’envahisseur. Petit à petit, les mécontents se regroupent, s’organisent, prennent le maquis. On ne les appellent pas encore des résistants, ils sont des précurseurs. Quand Addi Bâ les rejoint, sa formation militaire en fait naturellement un des meneurs et instructeurs, et ça ne plaît pas à grand monde : il faut dire que certains autochtones n’ont même jamais vu un Noir de leur vie, alors si en plus il faut lui obéir… Pourtant, par sa fougue et son engagement, il va gagner petit à petit l’estime de ses compagnons d’armes…


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  • Un très beau documentaire sur un moine birman bizarre qui prône la haine et la mort des musulmans de son pays. Intéressant et effrayant.

    scénario: 18/20          technique: 18/20    note finale: 18/20

    Le vénérable W

    En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l'islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent.

    « La haine est certainement le plus durable des plaisirs… » (Lord Byron)

    Dans sa robe couleur safran, ce moine à l'air poupon, humblement assis face à la caméra, provoque d'emblée un élan d'empathie. D'autant qu'une religion qui ne s'embarrasse ni de dieux ni de maîtres pourrait a priori sembler constituer un bon rempart contre tous les intégristes monothéistes prêts à en découdre pour prouver que le seul bon dieu est le leur. Et si le bouddhisme, qui prône un amour sans limite envers tous les êtres, était la solution aux désordres du monde, du moins de ceux du Myanmar (ou Birmanie) ? On se laisse bercer par les paroles apaisantes qu'Ashin Wirathu prononce, son calme charismatique… On écoute sans déplaisir le récit vite brossé de son enfance, son arrivée dans un premier monastère… On verrait presque en lui une victime, un opprimé, devenu un cador de la méditation grâce à neuf ans dans les geôles de la junte militaire. Presque un héros non violent façon Gandhi en quelque sorte… À l'écouter… Puis une petite phrase dérape… Quelques mots mis bout-à-bout qui véhiculent une idéologie si diamétralement opposée aux mantras bienveillants qu'on se pincerait presque en se demandant si on a bien entendu. D'ailleurs le discours repart de plus belle sur les bienfaits de la bonté, de la compassion… C'est alors que notre bon bonze revient à la charge en accusant les Musulmans de « s'entredévorer comme des poissons ».


    Ces dangereux adorateurs d'Allah seraient également devenus aussi véloces que des lapins dans l'art de se reproduire. C'est « la stratégie du sexe » : violer et engrosser autant de femmes que possible pour multiplier leur sale engeance. Une manière imparable de conquérir le monde ! Dans la bouche d'un individu lambda ce serait juste détestable, grotesque… Dans la bouche de ce religieux révéré, ça glace les sangs ! Plus nul doute ne plane : nous voilà plongés dans la fange du racisme ordinaire. L'ennemi à abattre est désormais clairement désigné par Wirathu : c'est la part musulmane du peuple birman (4%), dont la petite minorité des Rohingyas venus jadis du Bengladesh… Méthodiquement, systématiquement, l'inénarrable bien plus que vénérable W. jalonne ses sermons d'invectives venimeuses qui insidieusement s'infiltrent dans les veines d'une société encore convalescente après tant d'années de dictature. Ainsi attise-t-il les braises d'une colère larvée, qui ne demande qu'à s'embraser au moindre incident. Et c'est ce qui ne tardera pas à se produire, comme on le sait… D'autant que Wirathu a créé autour de lui une organisation qui vise à être aussi performante que « la CIA, le Mossad »… Viennent alors les questionnements sur ceux qui avancent à couvert derrière ces illuminés… La place des autorités dans tout cela, celle du prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, celle des contrées occidentales ? À qui profitent ces crimes ?

    C'est un film extrêmement dérangeant, faussement neutre. Barbet Schroeder nous dispense de discours moralisateurs qui enfonceraient des portes ouvertes. Grâce à un montage méthodique, sans effet superfétatoire, où sont savamment agencées les interviews actuelles, les images d'archives, les vidéos d'amateurs, il anéantit nos repères, nous amène à analyser. Inutile de se fier à nos premières impressions, à nos sentiments qui nous tromperont plus d'une fois au fur et à mesure que le récit avance. C'est une spirale vertigineuse qui nous engloutit, presque physiquement. Fascinés, paralysés comme autant de petites souris apeurées devant l'énorme serpent. On a beau essayer de décortiquer l'incompréhensible, peut-être ne le comprendra-t-on jamais. Après tout l'inhumanité est aussi une composante de l'humanité.
    Le Vénérable W. vient achever brillamment ce que Barbet Schroeder appelle sa « Trilogie du mal » : le premier volet était en 1974 Général Idi Amin Dada : Autoportrait, le deuxième L’Avocat de la terreur, sur Jacques Vergès, en 2007.


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  •  Un très beau film sur l'assassinat d'Heydrich, même si on peut regretter certaines scènes inutiles.

    scénario: 15/20      technique: 16/20      acteurs: 17/20    note finale: 16/20

    HHHH

    L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la Solution Finale.

    Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés aux côtés de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich.

    Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire.


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  • Réussi. Le film est long mais on ne voit pas le temps passer. Le scénario est réussi, les acteurs sont bons et c'est bien filmé.

    scénario: 16/20       technique: 16/20    acteurs: 16/20    note finale: 16/20

    Wonder woman

    C'était avant qu'elle ne devienne Wonder Woman, à l'époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s'écrase sur l'île paradisiaque où elle vit, à l'abri des fracas du monde. Lorsqu'il lui raconte qu'une guerre terrible fait rage à l'autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu'elle doit enrayer la menace. En s'alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l'étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.


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