• Personal shopper

    Déception. Ce film tourne à vide et on n'y crois pas une seconde: comment quelqu'un pourrait-il confier son shopping à une personne aussi mal habillée que l'actrice du film. Les revenants sont kitsch à souhait. Si on ne tombe pas fou amoureux de Kristen Stewart, comme cela semble être arrivé à Olivier Assayas, il devient très difficile d’entrer dans cette histoire contemporaine de fantômes. Kristen Stewart est belle, mais son manque criant de naturel la dessert : à la moindre réplique, elle se trouble, fronce les sourcils, fait une grimace, cherche ses mots, comme une Narcisse doloriste. Assayas, lui aussi, se regarde beaucoup filmer, sans sentir, hélas, qu'il filme à vide.

    scénario: 12/20     acteurs: 12/20   technique: 16/20   note finale: 12/20

    Personal Shopper : Affiche

    Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité. C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu. Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

    Pendant ses deux années d'exil sur l'île de Jersey, Victor Hugo faisait tourner les tables et parler les esprits dans son immense maison perdue au creux d'une sombre vallée où s'engouffraient les tempêtes… Il a transcrit plusieurs cahiers de ses conversations avec des entités invisibles, convaincu jusqu'à son dernier souffle que les âmes continuent d'exister dans un éther qui enveloppe les vivants et parfois acceptent de se manifester pour peu qu'on les sollicite…
    Maureen est une jeune américaine au physique résolument moderne qui, depuis Paris, a en charge la garde-robe d'une célébrité. Un boulot dont elle s'acquitte avec précision, rapidité, exactitude : courir d'un grand couturier à l'autre, d'un créateur de bijoux à l'autre… se procurer pour chacune des apparitions publiques de l'impitoyable Kyra, sa patronne, des modèles qu'elle ne portera qu'une seule fois, les déposer à l'heure dite dans la penderie d'un appartement désert, recevant ses ordres sur son smartphone sans qu'il y ait d'échange vraiment humain, contrôlant sur internet le résultat de ses choix. Pendant que l'une s'expose aux caméras, l'autre œuvre dans l'ombre pour la prochaine prestation de celle qui la commande, glissant comme un fantôme, un double ignoré et invisible de la vedette dont elle a la taille, la pointure… Drôle de boulot, drôle de monde qui semble ne pas concerner vraiment cette Maureen un peu étrange, plutôt solitaire mais qui sous son aspect lisse semble troublée par des mystères qui l'aspirent.

    Lorsque le film commence, son amie la dépose devant la maison isolée où vivait Lewis, son jumeau récemment disparu. Que cherche-t-elle, qu'espère-t-elle en s'installant dans les pièces vides avec l'intention d'y passer quelques nuits ? Ils en parlaient souvent ensemble, elle se savait médium comme lui. Lewis croyait à l'âme, elle n'y croyait pas et ils s'étaient promis que le premier disparu se manifesterait pour faire savoir à l'autre s'il reste quelque chose de nous après le dernier souffle : le parquet grince, une fenêtre bat, une forme la frôle… Maureen n'a pas peur des fantômes, et celui-là elle l'espère, elle l'attend, il ne peut être que bienveillance et rien ne peut inquiéter celle qui souhaite un signe de cette moitié d'elle-même dont la disparition brutale l'a laissée comme coupée en deux.
    Il y a un décalage immense entre cette attente et le monde dans lequel elle travaille, celui terriblement matérialiste de la mode, du paraître, du papier glacé, des visages sans rides, des corps standardisés, du luxe mondialisé. Dans le train pour Londres, lui parviennent alors des textos anonymes, qui lui donnent l'impression que quelqu'un la suit en permanence et même la précède… Un dialogue étrange s'installe. Ces manifestations viennent-elles d'un monde parallèle, sont-elles une émanation de son propre esprit, ou d'un personnage bien vivant et un peu malsain ?… D'ailleurs ce monde où elle évolue, est il bien réel ? N'est-elle pas déjà une forme de fantôme qui ne cesse de se faufiler dans l'univers vain de vivants vidés de leur substance profonde… Existe-t-il dans les limbes une âme en souffrance qui tente de se rapprocher de Maureen, ou les fugaces apparitions qui la hante ne sont-elles que l'expression de l'absurdité d'une vie en quête de sens…

    « … Je veux le ciel et la terre me veut ; les étoiles me tirent par les cheveux et les clous du cercueil me tiennent par les pieds. Les ténèbres me crient : à bas ! Et les soleils me disent : debout !… Les âmes ont leurs lois comme les astres… il y a les âmes fixes, il y a les âmes vagabondes, il y a les nébuleuses d'âme… » Extraits du Livre des tables de Victor Hugo…


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