• Marie-Francine

     La Valérie Lemercier que nous aimons est de retour!! Une comédie très réussie!

    scénario: 17/20      acteurs: 17/20    technique: 17/20     note finale: 17/20

    Marie-Francine

    Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents... ... à 50 ans ! Infantilisée par eux, c'est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu'ils vont lui faire tenir, qu'elle va enfin rencontrer Miguel. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu'elle. Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question...

    Valérie Lemercier est épatante dans la peau de Marie-Francine, grande fille un peu lunaire, décalée et attachante, désespérément incapable d'avoir l'air d'avoir la maturité qui sied habituellement aux femmes de son âge. Le nez rivé à son microscope, à observer des microbes s'agiter, elle n'a pas vu filer le temps, prenant la vie comme elle venait sans compter les heures ni les ans, satisfaite de son petit bout de bonheur, sans désir d'un ailleurs…
    Mais il y a des jours où tout se met de traviole, les catastrophe s'enchaînent, tout se déglingue sans qu'on ait anticipé une seule seconde : ravie de voir son mari chéri venir la chercher au boulot, elle tombe sur ses jolies fesses quand il lui annonce qu'il prend la tangente pour une minette de 32 ans qu'elle n'avait même pas remarquée. Elle n'a pas encore séché la grosse larme qui lui brouille le microscope que, dans la foulée, son patron la vire sans ménagement !

    Notre Marie-Francine se retrouve donc, presque du jour au lendemain, en quête d'un toit et d'un nouveau job pour son cinquantième anniversaire… Une aventure que beaucoup connaissent par les temps qui courent puisqu'il est devenu banal que les grands enfants, rendus au chômage et au célibat, retournent chez leurs vieux parents… même qu'une sociologue canadienne les a baptisés « la génération boomerang » : en 2013, sur 4,5 millions de majeurs vivant chez leurs géniteurs, plus d'un million avaient vécu seuls avant de revenir aux sources pour une durée indéterminée… et le nombre ne cesse depuis de croître.
    A-t-on idée de s'appeler Marie-Francine ! On se doute qu'avec un nom pareil, elle a les parents assortis : une mère déjantée ravie de reprendre du service et de ressortir les vieilles gâteries infantilisantes comme si la puberté de fifille avait commencé hier, tandis que pépère grogne en permanence, vu que son train-train s'en trouve perturbé. Pas question d'ailleurs de changer leurs habitudes et de rendre sa chambre de jeune fille à Marie Francine, vu que maman y a pris ses quartiers, loin des ronflements d'un mari accro à la télé, pas fâchée d'une indépendance dont elle use avec ravissement… Et les deux s'accordent pour tenter de recaser au plus vite l'esseulée avec un gentil mari qui la prendrait en charge, organisant des rencontres qui énervent beaucoup Marie-Francine ramenée au rôle d'adolescente attardée.
    Faute de trouver du boulot, elle finit tout de même par accepter de prendre du service dans la boutique de cigarettes électroniques dont ses parents lui jurent que c'est un métier d'avenir. De fait c'est là qu'elle va rencontrer Miguel, un gentil type, pas crétin du tout qui, comme elle, perdant sa copine et son boulot, est retourné vivre chez ses parents, adorable couple de travailleurs portugais à la retraite. Il n'ose pas trop lui parler de ce retour obligé au bercail, pas plus qu'elle ne l'avoue… et il n'a rien du gendre idéal dont les parents de Marie-Francine rêvaient.

    C'est fendard, mais c'est aussi touchant et juste, et Valérie Lemercier réussit là un joli film dans l'air du temps, un film « à la fois personnel et populaire, Lemercier soigne les détails de sa mise en scène comme on polirait un bijou fantaisie… ». C'est le Monde qui l'écrit et on ne saurait mieux dire, on ajoutera simplement que les parents – Hélène Vincent et Philippe Laudenbach – sont formidables et drôles, et Timsit tout à fait convaincant dans un rôle de garçon qui n'a pas les caractéristique du prince charmant, mais ferait craquer la plus pimbêche des filles… avec une sorte de présence qui s'impose en douceur et en bienveillance. Quant à Valérie… on l'adore, juste, émouvante, même quand elle nous fait rire.


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