• Cafard

    Une très jolie animation qui montre l'absurdité de la guerre. Quelle connerie la guerre... Le titre ne rend pas justice et ne fait pas honneur à ce petit bijou. Une histoire formidable!

    scénario: 16/20       technique: 16/20     note finale: 16/20

    Cafard

    1914, Buenos Aires. Jean Mordant triomphe au championnat du Monde de lutte.
    Au même moment, de l'autre coté de l'Atlantique, dans une​ rue sombre d'Ostende en proie à l'occupation, sa fille, Mimi, se fait abuser par une patrouille de soldats allemands. De retour chez lui, Jean fait le serment de venger cette ignominie et s'engage avec son entraineur et son neveu dans la grande guerre, au sein du mythique bataillon belge ACM. À leur ​grand dam, les voila embarqués pour 4 années dans une odyssée surréaliste autour du monde. Au bout du compte, malgré l’horreur de la guerre, les déchirures et les peines, Jean finira par retrouver une raison de vivre.

    Inspirée d'une histoire vraie, cette épopée incroyable nous plonge dans l’absurdité de la guerre, de l’Europe à la Russie, de l’Asie à l’Amérique.

    1914. Pendant qu'à Buenos Aires Jean Mordant remporte le titre de champion du monde de lutte, sa fille Mimi est violée à Ostende par des soldats allemands. Jean fait le serment de venger cette ignominie. Avec son entraîneur Victor et son neveu Guido, il s'engage au sein du prestigieux bataillon ACM (“Autos-Canons-Mitrailleuses”). Mais les lourds véhicules blindés ont le défaut de s'enfoncer dans la boue flamande et le bataillon est muté vers le front de l'Est. Au grand dam de Jean, qui vient d'apprendre que Mimi est enceinte, débute ainsi une odyssée dramatique autour du monde.

    En Russie, l'ennui et la vodka minent le moral des troupes. Le véhicule blindé est baptisé "Cafard" : indestructible comme un cancrelat, mais aussi symbole de nostalgie et de mélancolie. Seule lueur d'espoir pour Jean : Jelena, une infirmière russe, qui ne pourra cependant empêcher son naufrage moral. Au terme d'une opération militaire désastreuse, Jean se venge et abat lâchement un soldat allemand d'une balle dans le dos.

    La vengeance est amère. La vision du monde romantique de Jean, héritée du 19ème siècle, se déglingue. Quand la révolution russe éclate en octobre 1917, on tue, on pille et on viole. Confronté à tant d'injustice, le jeune Guido est séduit par le communisme. À son instigation, l'ACM conclut un accord avec les bolchéviques et les blindés sont échangés contre un train à destination de l'Est.

    Dans la nature sauvage de Sibérie, de Mongolie et de Chine, Jean retrouve un certain équilibre intérieur. Victor est attaqué par un ours. À leur arrivée à Vladivostok, il est amputé d'un bras. Physiquement détruit et rongé par le remords, Victor se suicide. 

    Les Brave Little Belgians font l'objet d'un accueil triomphal aux États-unis. Mais les quatre années de privations et de misère qu'ils ont vécues ont laissé des traces profondes. Jean s'éloigne de son neveu communiste. Et enfin des nouvelles de Mimi : il s'avère qu'elle a succombé à la grippe espagnole... 

    Tenté de commencer une nouvelle vie avec Jelena aux Etats Unies, Jean retournera pourtant vers le vieux monde, où il finira par rencontrer son petit-fils. 

    Un autre homme, une ère nouvelle.

    La véritable histoire:

    Automne 1914. La plaine de l’Yzer est inondé, les soldats dans les tranchées. Quatre cents jeunes Belges se réunissent à Paris. Un groupe d'élite. Ils commencent à travailler avec des véhicules blindés et ils deviennent l'ACM, Autos-Canons-Mitrailleuses. Quelques mois plus tard un capitaine russe les remarque à la frontière belgo-française. Il négocie avec le Roi Albert, qui donne le Corps des voitures blindées au tsar russe.

     

    Automne 1915. Un voyage en mer turbulente, tempête, faim et mutinerie. Les quatre cents Belges avec leurs véhicules blindés sont à Saint-Pétersbourg. Ils souffrent du froid, défilant pour le tsar. Leur capitaine se perd et disparaît.

     

    Printemps 1916. Vivant parmi les Juifs et les Russes en Ukraine, les Belges se préparent pour la bataille.

     

    Été 1916. L’offensive Russe, les Autrichiens se replient, des Belges sont tués.

     

    Automne et hiver 1916. Les blindés belges sont dans les Carpates, les Allemands ripostent, les héros sont fatigués. Quatre cents Belges hivernent dans la zone derrière le front. Il fait gris, il fait froid, c’est la Galicia dans la neige.

    L'année 1917. Révolution en Russie, le tsar est déposé. Quatre cents Belges continuent à se battre, des milliers de soldats Russes veulent rentrer chez eux. La dernière offensive Russe, avec les Belges à la pointe de l'attaque. Une débâcle sanglante, une retraite dramatique.

    Octobre 1917. Les Bolcheviks de Lénine et Trotsky prennent le pouvoir à Saint-Pétersbourg et Moscou. Quatre cents Belges sont coincés à Kiev. Il y a des combats, c’est la guerre civile, les Belges perdent leurs voitures blindées.

    Il est 1918. Quatre cents Belges obtiennent un train, ils tracent à travers la Sibérie, ils gardent la distance des Rouges, ils atteignent la Chine. Tranquillité en Mandchourie, les geishas japonaises, les chasseurs de tigres bengales. Grande finale après la traversée du Pacifique. Quatre cents Belges défilent comme les héros du Roi Albert à travers l'Amérique, de San Francisco à New York. Et puis c’est la rentrée en Belgique et regarder en arrière avec stupéfaction. Avec l'écrivain Marcel Thiry, le champion de lutte Constant le Marin, le communiste Julien Lahaut, et beaucoup d'autres. Les victimes, les déserteurs, les ivrognes, les clowns, les mariés. Petits héros en temps de guerre, de révolution et de destruction.


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