•  Un très beau film social. Très bien fait. le réalisateur a beaucoup de talent. C'est bien filmé, bien joué et on ne s'ennuie pas une seconde.

    scénario: 18/20    acteurs: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Vent du Nord

    Nord de la France. L'usine d'Hervé est délocalisée. Il est le seul ouvrier à s'y résigner car il poursuit un autre destin : devenir pêcheur et transmettre cette passion à son fils. Banlieue de Tunis. L'usine est relocalisée. Foued, au chômage, pense y trouver le moyen de soigner sa mère, et surtout de séduire la fille qu'il aime. Les trajectoires de Hervé et Foued se ressemblent et se répondent.

    Rien de nouveau sous les embruns du Nord. Quand les délocalisations pleuvent sur l’avenir des hommes, leur horizon semble soudain tout bouché malgré la mer qui s’étend à perte de vue. Hervé Lepoutre, en grand dadais hébété, ne se rebelle même pas quand il apprend qu’il est viré et que l’usine qui l’embauche dans cette petite ville côtière en banlieue de Boulogne-sur-Mer va fermer. Et lui qui attendait paisiblement sa retraite pour aller pêcher !

    À quelques milliers de kilomètres de là, dans une autre petite ville côtière, en banlieue de Tunis, la même usine est relocalisée, prometteuse d’une nouvelle prospérité. Pour le jeune chômeur Foued, c'est pain béni. Le voilà qui retrouve un emploi, adoptant les mêmes gestes mécaniques que ceux qui ont fait le quotidien d’Hervé durant des dizaines d’années, sur les mêmes machines. Mais même dans ce pays de rêve truffé d'hôtels pour touristes fauchés, l’avenir n’est pas moins bouché. La classe ouvrière est bien sûr la grosse dinde de la farce, perpétuellement perdante face à des actionnaires lâchement anonymes. On connaît la chanson. Nul n’est dupe désormais, aucune reconnaissance à attendre, aucune fierté à retirer, aucun épanouissement à espérer d’un travail mécanique, purement alimentaire. Peu importe ce que l’on produit ici, l’emporte-pièce qui découpe le cuir entaille chaque jour un peu plus l’espoir d’une vie qui aurait du sens.
    Retour au bord de la Manche. Pour Hervé, tout n’a plus l’air si sombre car il est porté par le rêve d’une mer grande et belle. Sans le dire à personne, même pas à sa grande gueule de compagne Véronique, il caresse l’espoir secret de devenir marin. Il a tôt fait d’investir sa prime (en cachette, le gros vilain !) dans un petit bateau, et décide de passer ses journées à sillonner les vagues, d’aller respirer ce parfum de liberté qui semble à portée de ses pognes.
    Véro sent bien qu’il y a anguille sous roche, mais elle est loin d’imaginer tout ce qu’il tait. Quand elle essaie de lui tirer les vers du nez, son benêt de mari prend des airs ahuris. « Les médias exagèrent ! » s’écrie-t-il. La fermeture prochaine de l’usine ? Les licenciements annoncés ? La grogne qui monte ? La grève qui menace ? Rien de tout ça en vue, ma capitaine ! Véro ne sait pas qu’il ne fait déjà plus partie de ce combat-là. Hervé s’embourbe progressivement dans une position de moins en moins tenable, de moins en moins crédible. Jusqu’à ce que la vérité jaillisse, incompressible, grand moment de panique à bord, engueulades tragi-comiques, mais quand on s’aime vraiment, cela n’a qu’un temps. Une fois la tempête passée, voilà l’épouse fidèle qui se pique au jeu, tâchant de refourguer les bars, les loups et autres poissons peu réglementaires aux voisines du quartier…
    Pendant ce temps, de l’autre côté de la Méditerranée, Foued perd peu à peu ses illusions. Il se met à rêver lui aussi de prendre le large, attiré comme tant d’autres miséreux par un Eldorado, un pays où les droits des hommes seraient respectés, où le travail coulerait à flot, un pays de rêve qu’on appellerait la France…

    Vous l’aurez compris, c’est un chassé croisé non dénué d’ironie, entre deux continents, deux histoires parallèles qui témoignent avec dérision de l’état d’une classe ouvrière abandonnée par les dirigeants. Le couple Lepoutre (épatants Philippe Rebbot et Corinne Masiero) est jubilatoire. La plus belle trouvaille du film est peut-être sa manière de nous faire passer d’un continent à l’autre par voies légales, illégales, navigables ou pas… Un vrai road-movie à niveau de container au cœur de la mondialisation, d’un capitalisme débridé qui marche sur la tête !


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  • Voici une superbe animation de ce célèbre livre. C'est très réussi et j'ai beaucoup aimé. Cette ode à la nature et à l’amitié homme-chien concilie qualité de l’animation et force du message.

    scénario: 18/20          technique: 18/20      note finale: 18/20

    Croc-Blanc

    Croc-Blanc est un fier et courageux chien-loup. Après avoir grandi dans les espaces enneigés et hostiles du Grand Nord, il est recueilli par Castor Gris et sa tribu indienne. Mais la méchanceté des hommes oblige Castor-Gris à céder l’animal à un homme cruel et malveillant. Sauvé par un couple juste et bon, Croc-Blanc apprendra à maîtriser son instinct sauvage et devenir leur ami.

    Adapté à de nombreuses reprises pour le cinéma, ce court mais intense roman de Jack London fait partie de ces classiques de la littérature, souvent étudiés en, classe, qui brassent quelques thèmes chers au roman d’aventure : la vie dans les grands espaces majestueux mais pleins de dangers, la cruauté et la cupidité des hommes, l’instinct de survie, les rapports de domination, la lutte pour un territoire, la relation forte avec les animaux.
    Si cette nouvelle adaptation s’adresse en priorité à un public jeune (mais pas trop quand même), elle a volontairement gardé en tête l’esprit du roman, sans chercher à en adoucir les contours ni en gommer la dureté du récit. Le choix, intelligent, de laisser Croc-Blanc à sa place, c’est à dire celle d’un animal sauvage qui donc ne parle ou ne pense pas tout haut, était une sage décision et donne au film une belle dimension, forcément moins naïve mais plus réaliste.

    Croc-Blanc est un fier et courageux chien-loup. Après avoir grandi dans les espaces enneigés et hostiles du Grand Nord, luttant pour sa survie au milieu de meutes hostiles, il est recueilli par Castor Gris et sa tribu. Ces Indiens vivent en harmonie avec la nature mais doivent composer avec les hommes blancs, toujours plus avides de terres, de domination et d’argent.
    Suite à un cruel concours de circonstances, Castor Gris va devoir céder, à contrecœur, l’animal à un homme cruel, aussi hideux que malveillant, qui va faire de lui une machine à tuer. C’est que les combats de chiens sont une activité lucrative dans ces contrées reculées où il y a peu de divertissement. Dressé pour attaquer, Croc-Blanc va devenir un redoutable guerrier. Mais sa destiné va croiser la route d’un homme bon et juste qui va le recueillir et tenter de lui faire oublier les coups de bâtons infligés par son ancien maître pour qu’il apprenne l’attaque. Commence alors une nouvelle histoire plus tendre pour celui qui n’oubliera jamais, au plus profond de sa mémoire de bête sauvage, l’appel des grands espaces ni la mémoire de son territoire natal.


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  • J'ai adoré cette histoire improbable, qui grâce à des acteurs formidables est devenue une histoire tout à fait crédible. On en vient à trouver tout cela tout à fait normal. Bravo à la réalisatrice qui est pleine de talent. J'avais déjà adoré Agathe Bonitzer dans "une bouteille à la mer".  De cette uchronie a priori angoissante, Sophie Fillières tire une comédie pleine de charme, où humour et nostalgie se mêlent avec entrain.

    La belle et la belle

    Margaux, 20 ans, fait la connaissance de Margaux, 45 ans : tout les unit, il s'avère qu'elles ne forment qu'une seule et même personne, à deux âges différents de leur vie…

    C’est un enchantement, que dis-je un enchantement, c’est un tour de magie, un ravissement, un conte, une fable, une promenade aussi ludique que charmante quelque part au Royaume des belles et des… belles. Sophie Fillières a un vrai talent pour nous embarquer dans des histoires a priori assez banales d’où va surgir, tel le lapin blanc du chapeau noir, une excentricité, un grain de folie, un truc complètement barré que ses héroïnes vont affronter avec ce détonnant mélange de douce naïveté et de sérieux, source de situations souvent extrêmement comiques.
    Elle embrasse ici tout de go un thème fantastique et nous embarque sans équipement ni précautions particulières dans une sorte de monde parallèle où tout devient possible parce que tout prend cœur et corps à travers des personnages pour lesquels elle déploie une précieuse et infinie tendresse. Il faut dire qu’elle a choisi pour les interpréter des filles formidables qu’elle connaît bien : Sandrine Kiberlain, dont on ne doute plus une seule seconde de l’incroyable potentiel comique et qui interpréta son premier rôle dans son premier court-métrage Des filles et des chiens, et Agathe Bonitzer, qu’elle a déjà dirigée dans Un chat un chat et qui n’est autre que sa fille.

    Point de bête, donc, dans cette histoire-ci, mais bien deux belles pour le prix d’une, ou plutôt une belle pour le prix de deux… je m’explique. Au cours d’une soirée, Margaux, 20 ans, fait la connaissance improbable de Margaux, 45 ans. Margaux 20 est pétillante, belle comme un cœur qui reste à prendre et profite de sa jeunesse, de son insouciance et de la vie, tout en cultivant une douce mélancolie qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle était déjà revenue de bien des questionnements existentiels de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit en plein dedans, l’air de rien. Margaux 45 est pétillante, belle comme un astre qui reste à prendre et trimballe sa nonchalance, sa vitalité et son manteau rouge tout en cultivant une douce folie juvénile qui la rend un peu étrangère aux yeux de ses pairs, comme si elle n’était pas encore revenue de bien des questionnement existentielles de la jeunesse, à moins qu’elle ne soit encore en plein dedans, l’air de rien.
    Face au miroir où la blonde et la rousse se croisent, déployant sans le savoir les mêmes gestes et même intonations de voix, il faut bien se rendre à l’évidence : ces deux-là ne sont qu’une seule et même personne, rapprochées par 25 ans qui ne font plus qu’une microseconde. Acquis ce présupposé qui n’a besoin ni d’explications rationnelle ou paranormale, ni de précisions, ni même de preuves – manquerait plus que ça ! –, nous allons suivre les deux Margaux sur le chemin de leur vie, entre un passé composé de futurs antérieurs et de presque parfait pour ce qui est du choix des chemins à suivre et des amoureux à conquérir.

    Et comme dans tout conte qui se respecte, aussi improbable soit-il, il y aura un prince, altier, beau gosse, charmeur et délicat qui pourra sans aucun problème conquérir le cœur de Margaux 25 autant que (re)découvrir celui de Margaux 45… la réciproque étant également vraie ! C’est frais, très drôle, délicat comme un poème de Prévert dont Sophie Filière emprunte, sans le savoir (?), le phrasé simple et touchant, s’exprimant avec fougue comme le flot d’une rivière qui coulerait, comme par enchantement, dans un délicieux contre-courant…


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  • Ce film est très embrouillé et on s'interroge sur l'utilité de certaines scènes. On peut regretter que le montage soir si ardu. Mais c'est bien filmé et bien joué. La situation politique du Maroc avec les révoltes de 2015 est très bien montrée.

    scénario: 16/20    technique: 16/20 (montage: 12/20)    acteurs: 16/20   note finale: 15/20

    Razzia

    A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

    Récapitulons : que savons-nous vraiment du Maroc aujourd'hui ? D'accord, il a obtenu son indépendance en 1956… Et puis 150 000 tonnes de dattes y sont consommées tous les ans, personne n'ira dire le contraire… Il y a les cornes de gazelle, le Zaalouk et la Pastilla aussi… Sans oublier les dunes de Merzouga et les cascades d'Ouzoud… Et la ville de Casablanca à laquelle on pense forcément parfois, parce que c'est le titre du classique de Michael Curtiz, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman… « Mais tout ça, c'est de la surface, une vague culture gé, ça ne nourrit pas son homme ». Aïe, nous avons affaire à un cas typique de curiosité et vous en demandez encore… Un seul remède : aller voir le nouveau film de Nabil Ayouch, foisonnant d'histoires et de paysages. Vous en sortirez avec la sensation d'avoir exploré ce pays sublime, dans ses dimensions aussi bien sociales que politiques et culturelles. Attention quand même à ne pas vous fouler une cheville sur l'Atlas… Razzia suit cinq destinées qui se croisent sans se rencontrer vraiment, mais toutes reflètent la même soif de liberté, déchirées qu'elles sont entre le passé et le présent, par la perte de repères et les troubles identitaires.


    Tout commence dans les années 80 avec Abdallah, un instituteur aux yeux gorgés d'étoiles qui s'illuminent quand il regarde un oiseau ou lit des poèmes. Il enseigne dans une petite école berbère perdue dans les montagnes, guidant pas à pas ses élèves sur la voie de l'émerveillement doublé d'une raison sensible et tolérante… Jusqu'au jour où on lui interdit de continuer l'enseignement en berbère, parce que la seule langue désormais officielle est l'arabe classique. Quelques décennies plus tard nous voilà en 2015 à Casa, ville moderne et lumineuse, au moment où les manifestations des islamistes battent leur plein, en réaction à la réforme du code de l'héritage (qui instaure l'égalité homme-femme dans les successions). On y rencontre Salima, révolutionnaire de l'intime qui s'oppose quotidiennement aux diktats de son mari, hostile à ce qu'elle fume, travaille, attire les regards, attise les convoitises… Hakim, jeune des milieux populaires qui aimerait être chanteur comme Freddie Mercury, son idole, inspirateur de son look fantasque et vilipendé dans les rues… Monsieur Joe, le Juif épicurien qui sédimente malgré lui des conflits enfouis… Et Inès, adolescente comme prisonnière dans son ghetto de riches, où l'impudeur régnante se passerait bien de moralité et d'humanisme. Au beau milieu de ce foisonnement culturel et social, chacun a des rêves d'ailleurs et vit dans une société qui, elle, n'est pas du tout ailleurs. Cela crée chez eux des paradoxes insensés, un refus de ployer, de laisser l'obscurantisme hisser son drapeau noir, car ce serait admettre qu'on puisse accabler ad vitam les femmes, la culture berbère, les gays, les atypiques et ceux qui ne manquent pas d'humour…

    Razzia est un film sans concessions qui n'arrangera pas la situation de Nabil Ayouch au Maroc, quand on se souvient du tollé que Much loved, son précédent film, y avait soulevé en 2015 : interdiction de diffusion, harcèlement de la part d'extrémistes islamistes, agression physique de l'actrice principale qui avait dû se réfugier en France… Razzia est donc un film nécessaire, qui emporte et captive, et qui ne doit pas nous faire oublier que la situation européenne n'est pas loin d'être à nouveau en proie à « la longue nuit » que Stefan Zweig dénonçait dans sa lettre d'adieu avant de mettre fin à ses jours, et que Nabil Ayouch, en filigrane, dénonce à son tour. Avec lucidité, force et bienveillance, Razzia remet les choses à leur place et nous rappelle ainsi l'essentiel : nous sommes capables du pire, mais surtout du meilleur. Et c'est ici que ces cinq destinées rencontreront la vôtre.


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  • Un très joli film sur l'adolescence. Tout y est réussi: la petite actrice qui joue l'héroïne est vraiment formidable!

    scénario: 16/20          acteurs: 16/20         technique: 16/20          note finale: 16/20

    Lady bird

    Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi. 

    Actrice, danseuse, scénariste, Greta Gerwig dévoile progressivement ses multiples talents et réalise un formidable premier film qui va casser la baraque. Les critiques américaines sont enthousiastes, les récompenses pleuvent, les premiers spectateurs outre-Atlantique sont emballés, le bouche à oreille est en marche… On vous attend !
    Quand votre mère vous gonfle, ressasse toujours les mêmes rengaines, quoi faire d’autre que de sauter de la voiture en marche pour ne plus l’entendre ? C’est en tout cas ce que fait Christine ! Un brin radicale, la drôlesse (Saoirse Ronan, sincère, espiègle, bouleversante) et pourtant si touchante. À 17 ans, elle a l’âge de toutes les rêveries, de toutes les angoisses aussi. La peur de n’être rien, de ne rien devenir. Elle a aussi l’âge d’enquiquiner son monde, de vouloir le fuir, d’en avoir honte. Surtout ne pas se laisser emprisonner dans ses comportements petit-bourgeois, dans ses murs étroits, ceux de Sacramento que Christine rêve de quitter tout comme une bête à bon Dieu abandonne derrière elle sa chrysalide. Lady Bird (ladybird = coccinelle en anglais), c’est d’ailleurs le surnom qu’elle se donne, faisant table rase du passé et de son nom de baptême pour se sentir prête à s’envoler loin de son enfance corsetée par la religion.


    Alors que sa daronne la verrait bien continuer ses études dans la lénifiante filière catholique qu'elle lui a imposée, Lady Bird, elle, rêve de grande ville, de grande université foisonnante, faisant fi des menaces qui planent, les ailes du récent 11 septembre notamment, qui viennent d’engloutir leur part du rêve américain : nous sommes en 2002. Les angoisses de cette société désemparée qui tentent de la clouer au sol, l’adolescente en fleur ne veut pas les entendre, se raccrochant sans faillir à cette belle insouciance qu’on lui demande d’abdiquer. Cheveux rouges, langue bien pendue, faute de savoir briller dans l’univers trop propret de son bahut, elle est bien partie pour faire tourner en bourrique les bonnes sœurs, les curés, les saintes nitouches qui ont la beauté facile de celles qui ont été langées dans la soie. Avec sa grande amie Julie, elles ne ratent jamais une occasion de se goinfrer d’hosties comme d’autres boulotent des chips, tout en se racontant leurs caresses intimes. Cette année charnière du baccalauréat, traversée de questions existentielles qui filent les chocottes, est aussi celle de l’expérimentation. Se marrer, mater les garçons, rêver de baisers et de grands soirs décoiffants : ce sont des petits riens qui peuplent une vie, la rendent plus acceptable, la remplissent d’un bonheur qu’on ne sait pas toujours reconnaître.
    Petit à petit, on réalise que les choses que Lady Bird affirme détester sont peut-être celles auxquelles elle tient le plus et qu’elle a peur de perdre. À commencer par la relation avec sa flippante maman Marion. Il est clair que ces deux-là s'aiment d'un amour presque fusionnel, sinon elles ne s'engueuleraient pas autant ! Tandis que mère et fille s’affrontent inlassablement pour se réconcilier la minute suivante, Larry, qui porte la double casquette de père et époux, observe leurs scènes avec le regard bienveillant d’un sage un peu usé face à ces tensions qui le dépassent. Il est à l’image de cette société en perte de repères, laminée par le chômage et un brin dépressive, même si elle ne veut pas le montrer. Larry est ce confident à l’humour apaisant, cet allié secret dont Lady Bird a tant besoin pour s’évader… 

    C'est un film d’une bien belle intensité dans sa capacité à retranscrire, sans pathos, la complexité des rapports familiaux et le passage à l’âge adulte. Rien n’est lourdement appuyé dans la construction du récit. La réalisatrice, à l’instar de son héroïne, fait ces pas de côté malicieux qui surprennent, rendent le moindre instant unique, essentiel. Elle donne de l’étoffe à chaque personnage, le rend attachant, crédible avec toute la panoplie de ses contradictions. Tout est légèreté, composition enjouée, duveteuse, qui volète sur le temps qui passe. À peine a-t-on pensé qu’on traversait un moment charnière qu’il a déjà filé. L’étape est franchie sans qu’on ait vu le gué qu’on imaginait infranchissable.


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  • Un documentaire très bien conçu et filmé. Il faut le voir: il montre le triste sort des réfugiés à travers le monde.Ai Weiwei est décidément un grand artiste.

    scénario: 18/20      technique: 18/20      note finale: 18/20

    Human flow

    Plus de 65 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s'agit du plus important flux migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Réalisé par l’artiste de renommée internationale Ai Weiwei, HUMAN FLOW aborde l'ampleur catastrophique de la crise des migrants et ses terribles répercussions humanitaires.

    Tourné sur une année dans 23 pays, le documentaire s'attache à plusieurs trajectoires d'hommes et de femmes en souffrance partout dans le monde – de l'Afghanistan au Bangladesh, de la France à la Grèce, de l'Allemagne à l'Irak, d'Israël à l'Italie, du Kenya au Mexique en passant par la Turquie. HUMAN FLOW recueille les témoignages des migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité. Ils nous parlent des camps de réfugiés surpeuplés, de leurs périples en mer à très haut risque, des frontières hérissées de barbelés, de leur sentiment de détresse et de désenchantement, mais aussi de leur courage, de leur résilience et de leur volonté d'intégration. Ils évoquent la vie qu'ils ont dû abandonner et l'incertitude absolue d'un avenir meilleur. 

    HUMAN FLOW arrive sur nos écrans au moment même où l'humanité a plus que jamais besoin de tolérance, de compassion et de confiance en l'autre. Il témoigne de la force spirituelle de l'homme et nous interroge sur l'une des questions essentielles à notre époque : la société mondialisée parviendra-t-elle à s'extraire de la peur, de l'isolement et du repli sur soi ? Saura-t-elle se tourner vers l'ouverture aux autres, la liberté et le respect des droits de l'homme.

    Human Flow est bien le titre qui s’impose face à ces images saisissantes d’une rivière humaine au débit incessant, coulée mouvante, vulnérable et anonyme d’enfants, de femmes et d’hommes qui s’écoule inlassablement vers un estuaire improbable dont le nom est espoir. À suivre ces images, capturées dans des paysages contrastés de pluie, de boue, de soleil ou de vent, on sent bien que cette gigantesque marée humaine a quelque chose d’historique. Ces dernières années ont vu plus de 65 millions de personnes contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s’agit du plus important flux migratoire depuis la seconde Guerre Mondiale.

    Tourné sur une année à travers 23 pays, le documentaire s’attache à suivre plusieurs trajectoires d’hommes et de femmes en souffrance. Ai Weiwei s’embarque dans un long voyage qui le conduit à Lesbos, l’île grecque devenue la principale porte d’entrée des migrants en Europe entre 2015 et 2016, ou encore dans l’immense camp de réfugiés de Dadaab au Kenya, en passant par les camps de Gaza, la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, les champs de bataille d’Irak, avant de se terminer entre Mexique et États-Unis, là où le président américain Donald Trump a promis d’ériger « un beau mur infranchissable ». Human Flow recueille les témoignages des migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité : ils parlent des camps surpeuplés, de leurs périples en mer à très haut risque, des frontières hérissées de barbelés, de leur sentiment de détresse et de désenchantement, mais aussi de leur courage, de leur résilience et de leur volonté d’intégration. Ils évoquent la vie qu’ils ont dû abandonner et l’incertitude absolue d’un avenir meilleur.

    Au-delà des peurs, celle d’un autre venu d’ailleurs pour bousculer notre confort et notre tranquillité, celle du terroriste caché dans la foule, ce flot anonyme devient sous la caméra bienveillante d’Ai Weiwei un visage lumineux, un sourire d’enfant, l’amour d’une mère ou les larmes d’un parent… C’est vous, c’est toi, c’est moi, c’est le visage de l’humanité


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  •  une belle animation pleine d'humour ui plaira aux petits comme aux grands.

    scénario: 17/20        technique: 17/20     note finale: 17/20

    Cro Man

    Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre. L’histoire d'un homme des cavernes courageux, Doug, et de son meilleur ami Crochon, qui s’unissent pour sauver leur tribu d’un puissant ennemi.

    Voici la nouvelle production – préhistorique – du facétieux studio Aardman, cette bande de joyeux artistes bricoleurs qui, depuis des décennies, nous régale d’aventures hilarantes, dont les héros ahuris, doux dingues et rêveurs en mousse et pâte à modeler, ont toujours fait notre bonheur, de courts en longs métrages, de Wallace et Gromit à Shaun le mouton, en passant par la volaille rebelle de Chicken run.
    Ce nouveau film nous plonge dans une vallée verdoyante, mais entourée de terres hostiles, au sein d’une tribu gentiment attardée à l’âge de pierre, spécialisée dans la chasse au lapin (presque) consentant et les joies de l’humour absurde – l’un des membres est un gros caillou… Hélas rien ne va plus dans cet eden poilu le jour où débarquent des voisins plus évolués (ils sont passés à l’âge du bronze, et leur chef a l’accent français, c’est dire…) et très mal intentionnés. Pour sauver leur honneur et leur liberté, les « Cro-mignons » vont devoir affronter l’ennemi sur le terrain sportif, dans une sorte d’archéo- championnat.

    Toujours aussi pimpant, coloré, riche et soigné, des fabuleux décors de la cité de bronze aux bouilles impayables des personnages, humains ou pas, le style Aardman est là, y compris dans la profusion d’idées comiques – des insectes rampants font office de chaussures à crampons pour le foot… L’âge de la pâte à modeler n’est pas près de s’achever !

     


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  • Un très beau film sur la tragédie des paysans et l'inhumanité des diverses administrations.

    scénario: 17/20       acteurs: 17/20    technique: 17/20   note finale: 17/20

    Petit paysan

    Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

    Repéré dans la sélection de la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film d'une trempe exceptionnelle, à la singularité captivante, aussi documenté qu'inventif, une chronique de la vie paysanne ordinaire tournée comme un film noir, bouleversante d'authenticité et haletante d'un bout à l'autre. Tout bonnement formidable !
    C'est l'histoire de Pierre, la trentaine, chevelure d'argent encadrant un visage de chérubin nerveux, qui élève ses vaches laitières dans la ferme de ses parents, en Champagne-Ardenne. L'exploitation n'est pas bien grande – trente vaches, ni plus ni moins – mais l'est suffisamment pour que la vie de Pierre y soit entièrement consacrée. Son emploi du temps est ainsi réglé au millilitre près : pris par choix dans l'ivresse de la routine, ascétique au possible, Pierre ne se permet aucun débordement – pas même pour les beaux yeux de la boulangère, Angélique, qui tente tant bien que mal de lui faire du gringue à coups de klaxons intempestifs dès qu'elle croise sa route au volant de sa camionnette de livraison. Mais Dieu créa la vache et la Bardot du pétrin fait peau de chagrin face aux Bordelaises que Pierre a dans son cœur, jusque dans ses songes – à l'instar de la géniale scène d'ouverture où il rêve que sa maison accueille ses bêtes comme colocataires…


    Tout pourrait continuer paisiblement sauf que l'irruption d'une mystérieuse maladie en provenance de Belgique, qui touche et décime des troupeaux entiers de bovidés, ne va pas tarder à venir faire tache. Et voilà que notre petit paysan se retrouve un soir au chevet de sa vache Topaze dont les symptômes ne font aucun doute : elle est atteinte de la « fièvre hémorragique ». Que faire ? Accepter l’abattage de son cheptel, principe de précaution oblige ? Perdre ainsi toutes ses vaches, à qui il a consacré tant de vie et d'amour ? Fermer les yeux sur l'effondrement de son propre monde ? Pierre ne peut s'y résoudre. Déterminé à prendre le taureau par les cornes, il se met en quête de toutes sortes d'atermoiements, espérant que le temps jouera en sa faveur et que la pandémie s'évanouira sans meugler gare… Sa sœur Pascale, véto consciencieuse (jouée par la craquante autant qu'impeccable Sara Giraudeau), se retrouve embarquée malgré elle dans cet engrenage infernal. Ainsi parti pour être un film semi-documentaire sur la condition agricole, Petit paysan bascule très vite dans le thriller psychologique, cadencé par la paranoïa de Pierre et ses magouilles tellement alambiquées qu'elles en deviennent presque hilarantes… Pour mieux dissimuler son manège et gagner toujours plus de temps, Pierre se force à renouer avec sa vie sociale, accepte de partir à la chasse et de faire du bowling avec ses amis, invite même la boulangère au restau et peaufine ses cheveux au gel pour l'occasion… Jusqu'où la situation ira-t-elle ? De mal en pis, osons le dire…

    Pour vous dire le soin apporté à la préparation du film, Swann Arlaud a effectué un stage auprès d'un agriculteur pour préparer son rôle, lequel agriculteur a dit n'avoir jamais eu affaire à un aussi bon apprenti et ne voulait plus le laisser partir… C'est dire à quel point il est époustouflant dans son rôle d'éleveur habité par son métier. Ajoutez à cela le fait que le réalisateur Hubert Charuel, plus que prometteur, est lui-même fils d'agriculteurs (ses parents et son grand-père jouent d'ailleurs dans le film) et vous voilà en présence d'un Petit paysan qui, en plus d'être une pépite de mise en scène, maîtrise parfaitement son sujet. À voir d'urgence


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  • Un magnifique documentaire sur une juge pleine d'humanité et de bon sens. Et en plus, c'est plein d'humour.

    scénario: 18/20    technique: 18/20   note finale: 18/20

    Ni juge, ni soumise

    Ni Juge ni soumise est le premier long-métrage StripTease, émission culte de la télévision belge. Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d'enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Ce n'est pas du cinéma, c'est pire.

    Après avoir défrayé la chronique et agité les petits écrans pendant 25 ans, voilà que la formule Strip-tease part à l’attaque des grands pour nous offrir un film décapant et hilarant ! S'il s’agissait d’un scénario écrit d’avance, servi sur un plateau par des acteurs, on pourrait rire à gorge déployée, confortablement, sans se poser trop de questions. Mais là, certes on se bidonne, mais souvent le rire se fait grinçant, jaune. On est rendu une fois de plus à ce point fascinant où la réalité détrône la fiction d’un coup sec. Le réalisateur Jean Libon, fondateur de Strip-tease en octante cinq, et son complice Yves Hinant ne dérogent pas aux règles du dogme érigées à l'époque : aucun écrit préalable, aucun commentaire, aucun effet additionnel, pas d’enfant à l’écran, les accords écrits de toutes les personnes filmées… Et le choix d'un personnage fort, qui capte immédiatement l'attention et qui, pour l'exercice du long métrage, tienne la route sur la durée : ce sera l’inénarrable juge Anne Gruwez, dont les aficionados de la série se souviendront peut-être puisqu'elle fut le sujet d'un des épisodes.

    Il faut bien le dire, la drôlesse ne cadre pas vraiment avec l’idée qu’on se fait d’un représentant de la loi, ni avec les images qu’on nous en sert traditionnellement. Dans les séries judiciaires, les magistrats arborent rarement des airs mutins, des boucles d’oreilles de baba cool et ne débarquent pas sur les scènes de crime munis d’une improbable ombrelle rose fuchsia ! Pourtant c’est tout Anne Gruwez ! Et on va la suivre à la trace. On devient progressivement l’ombre de son ombrelle, emboitant son pas aussi sûrement que le ferait un fidèle cabot. Au volant de sa bonne vieille deux chevaux entretenue avec amour, on découvre Bruxelles, ses secrets dessous et leur propreté douteuse. Les zones glauques, les bas fonds de l’âme humaine, la juge fanfaronne semble les avoir tous explorés, refusant une fois pour toutes de se laisser impressionner.
    Avec elle on navigue entre les constats des médecins légistes, le tribunal, les commissariats… et surtout, surtout… les audiences dans la presque intimité de son bureau ! Et c’est bien là que tout se joue et se surjoue ! Les entretiens avec les petites frappes, les drogués, les prostituées, les miséreux, les pervers, les pauvres gens… Plongée verticale dans un monde tout aussi drôle que miteux. Elle aborde chaque récit entre deux gourmandises, quelques gâteaux trop crémeux pour être honnêtes, des stocks de bonbons et de réparties impayables ! On ressent son empathie, ses étonnements, ses égarements. Et surtout on en rit. De ce rire qui protège, qui chasse les peurs, les larmes, l’horreur mais qui est aussi un rire qui fait mal et dont on a honte, parfois. On s’offusque autant avec Anne Gruwez que contre elle. On vacille constamment entre des sentiments opposés. Si ses attitudes, ses regards sont pleins de compassion, son franc parler décontenance. Le sordide de certaines situations, de certaines réactions fait froid dans le dos…

    On pourrait vite se sentir voyeur indiscret, irrespectueux de cette humanité peu glorieuse, parfois risible, dont le portrait est brossé. Rire impunément de ce pauvre monde, ce serait oublier qu’on en fait partie. Qu’est-ce qui nous rend si différents de ces sympathiques ou antipathiques malfrats ? Est-on si éloigné d’eux, du mal qui les ronge ? Qu’est-ce qui nous en sépare si ce n’est une barrière sociale illusoire, des chances mal réparties dès la naissance ? Autant dire qu’on ressort avec de la matière à penser de cette chronique extrêmement savoureuse et glaçante. Le miroir tendu réfléchit une image sans concession, loin de l’idyllique paraitre. Un effeuillage drolatique dont on ne sort pas indemne, qui gratte où ça fait mal.


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  • Un excellent documentaire sur la campagne de JL Mélenchon. La collusion des journalistes avec certains partis politiques et particulièrement bien montrée. Leur non-objectivité aussi. Un excellent documentaire bien loin des portraits démagogiques des journalistes du système.

    scénario: 18/20      technique: 18/20   note finale: 18/20

    L'insoumis

    Avec ses hauts, ses bas, sa tendresse, son humour, et sa virulence, Jean-Luc Mélenchon est un vrai personnage de film. Qu'il soit haï ou adulé, il ne laisse personne indifférent.  Sa campagne présidentielle de 2017 n'a ressemblé à aucune autre dans le paysage politique contemporain. C'est durant ces moments intenses de sa vie, et de celle de la France, que Gilles Perret l'a accompagné au plus près.  Une période propice à la découverte des côtés moins connus d'un homme indissociable de sa pensée politique.

    Après Les Jours heureux, après La Sociale, Gilles Perret consacre son nouveau documentaire à Jean-Luc Mélenchon. Avec ses hauts, ses bas, sa tendresse, son humour et sa virulence, Mélenchon est de fait un vrai personnage de cinéma. Qu’il soit haï ou adulé, il ne laisse pas grand monde indifférent. Sa campagne présidentielle de 2017 n’a ressemblé à aucune autre dans le paysage politique contemporain. C’est durant ces moments intenses de sa vie, et de celle de la France, que Gilles Perret l’a accompagné au plus près. Une période propice à la découverte des côtés moins connus d’un homme indissociable de sa pensée politique.

    « À l’origine de presque tous mes documentaires, il y a une rencontre marquante avec un personnage qui déclenche l’envie d’un film. Je ne connaissais pas personnellement Jean-Luc Mélenchon avant que je fasse son interview pour les besoins du film Les Jours heureux et qu’il vienne voir La Sociale. J’ai tout de suite été frappé par sa personnalité et le ton très direct qu’il a donné à nos discussions. C’est un affectif. Par ailleurs, j’ai toujours été un passionné de politique et avoir la possibilité de me glisser à l’intérieur d’une campagne électorale, c’était un rêve qui trouvait là l’occasion de se réaliser.
    « Je lui ai fait part de ma vision du tournage : être partout avec lui, ne pas rester à la porte comme les journalistes qui s’apprêtaient à le suivre. J’ai précisé que je travaillerai seul, au plus proche, pour être vraiment dans l’intimité de sa campagne. Pas facile pour lui d’accepter de se faire filmer de cette façon à un moment où tout est exacerbé et où les enjeux sont énormes. Il fallait une confiance réciproque et un respect mutuel.
    « Le propos de ce film est de montrer ce que j’ai vécu de l’intérieur avec le maximum de sincérité et sans artifice. J’ai volontairement choisi au montage de n’utiliser ni voix off, ni musique, afin de laisser vivre les images brutes. Le résultat, je pense, c’est que ceux qui aiment Jean-Luc Mélenchon vont le trouver formidable et ceux qui le détestent vont continuer à le détester. Par contre, je pense que tous vont découvrir des facettes du personnage qui ne sont pas celles que l’on voit habituellement dans les médias. »


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  •  Une pure merveille! Ce magnifique dessin animé m'a fait penser à Harry Potter. Un joli conte initiatique enchanteur et poétique. Beaucoup de tendresse, de douceur,  de poésie et de charme aussi. Un petit bijou. Deuxième film d’animation d’un ex-disciple du grand Hayao Miyazaki, ce long-métrage japonais est une réussite totale. Le somptueux film d’animation de Hiromasa Yonebayashi renoue avec l’innocence et la joie des premières œuvres du studio de Miyazaki.

    scénario: 18/20     technique: 18/20   note finale: 18/20

    Marye et la fleur de la socière

    C'est l'été. Mary vient d’emménager chez sa grand-tante dans le village de Manoir Rouge. Dans la forêt voisine, elle découvre une fleur mystérieuse qui ne fleurit qu'une fois tous les 7 ans. On l'appelle la "fleur de la sorcière". Pour une nuit seulement, grâce à la fleur, Mary possèdera des pouvoirs magiques et pourra entrer à Endor, l’école la plus renommée dans le monde de la magie, qui s'élève au-dessus du ciel, au-delà des nuages.
    Le secret de la fleur de la sorcière se révèlera à elle petit à petit…

    Ce joli film d’animation bigarré est la toute première production du jeune studio Ponoc dont les membres sont loin d’être des débutants. La plupart ont fait leurs classes chez Hayao Miyazaki et Isao Takahata, au sein du célèbre Studio Ghibli. Autant dire que les dessins sont soignés dans les moindres détails, que l’animation est précise et fluide, que le film déborde de féérie et de poésie.

    Tout démarre par un bel été tel qu’il n’en existe plus en ville. La campagne luxuriante appelle à la flânerie, les ruisseaux à la baignade, les champs aux gambades. Sous un soleil bienveillant, la petite Mary débarque à Manoir Rouge. La veille bâtisse l’accueille à bras ouverts, tout comme sa propriétaire, grand-tante Charlotte. La gamine paraît aussi intimidée qu’anxieuse : une nouvelle vie s’ouvre devant elle, une mini révolution qu’elle n’a pas choisie. Bientôt ses parents arriveront, bientôt elle découvrira sa nouvelle école, se fera des amis. En attendant, la voilà coincée entre Charlotte, une vieille servante et le vieux jardinier Zebedee. Rien de bien excitant. Mary s’en accommode, tâchant d’agir avec bon cœur et bonne humeur, bien déterminée à se rendre utile. Mais quelle maladroite ! Les objets lui jouent constamment des tours, une vraie miss catastrophe derrière laquelle chacun jongle pour réanimer les fleurs étranglées, rattraper au vol tasses et bols, quand ce n’est pas la fillette elle-même qui manque de se casser la figure… Sans la gronder, tante Charlotte préfère l’envoyer se balader au grand air afin qu’elle ne traîne plus dans les pattes de ceux qui travaillent.

    Voilà donc notre citadine déracinée en train d’errer, de tourner en rond un peu dépitée. Certes, les fleurs pulpeuses qui ornent le jardin sont belles, mais elles manquent tout autant de conversation que les résidents de ce patelin paumé… Pour tout dire Mary commence à s’ennuyer ferme et se met à l’affut des plus infimes distractions. Tiens, quel est ce drôle de chat noir qui semble l’appeler, l’inciter à le suivre ? Vers quoi la conduit-il ? Qu’importe s’il pénètre dans la sombre forêt que sa tante lui a conseillé d’éviter : la curiosité de Mary l’emporte sur ses chocottes, elle suit le matou. Mais où est-il passé ? Ah le revoilà ! Elle se frotte les yeux : serait-il devenu gris ? Quelques pas plus tard le voilà à nouveau noir ! Quel étrange animal qui semble se jouer d’elle, l’entrainant toujours plus profond dans les bois ! Et c’est là qu’elle découvre une grappe de fleurs étonnantes, diaprées d’un bleu hypnotique et lumineux. Mary en cueille une, rebrousse chemin et ressort du bois sans encombre, du moins cette fois-là.
    Zedebee, impressionné, n’en revient pas : Mary tient entre ses doigts la rarissime « vol de nuit », la « fleur de la sorcière » qui ne fleurit que tous les sept ans. Mais une fleur, si précieuse soit-elle, ne suffit pas à combler la vacuité de journées désœuvrées. Pas plus que les moqueries de ce chenapan de Peter, un garçon du village, n’aident Mary à s’acclimater. Et c’est pour le plaisir de le traiter de poule mouillée qu’elle s’enfonce à nouveau, malgré ses mises en garde affolées, dans l’inquiétante forêt engloutie sous un épais brouillard. Cette fois le chat la conduit vers un balai magique qui va devenir le fidèle destrier de Mary…

    Ce n’est que le début de trépidantes aventures qui vont lui permettre de découvrir qui elle est et ne vont plus lui laisser le loisir de s’ennuyer une seule seconde.


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