•  Un très joli documentaire que tout le monde devrait voir. Surtout ceux qui ont tendance à rouler trop vite... Même si on peut regretter quelques longueurs en fin du documentaire, c'est bien film.

    scénario: 18/20    technique: 16/20   note finale: 16/20

    Tout est permis

    Le permis de conduire à points est instauré depuis plus de 20 ans.
    Véritables lieux de mixité sociale et culturelle, les stages de récupération de points sont l’occasion pour les auteurs d'infractions d’y exprimer leur révolte mais aussi de se raconter.
    Les nombreux témoignages et images recueillis par Coline Serreau lors de ces stages, dressent un portrait tragi-comique de notre société où l’individualisme et les petites habitudes de chacun mettent en péril le bonheur de tous.
    Portrait à charge, mais regard complice, TOUT EST PERMIS est un film réalisé aux quatre coins de l’Hexagone.

    On rappelle toujours, en parlant de Coline Serreau, l'immense succès de Trois hommes et un couffin, mais il faudrait revoir aujourd'hui son formidable premier film, qui était déjà un documentaire, Mais qu'est-ce qu'elles veulent ? Pour mesurer à quel point, dès ses premiers pas de réalisatrice, elle posait des questions dont la pertinence ne s'est jamais démentie. Depuis, elle n'a jamais cessé, avec un bel humour et une furieuse vitalité, de plaider pour la perfectibilité d'une société, la nôtre, qui a bien trop tendance à se laisser entraîner par des penchants nocifs pour l'individu comme pour le collectif… suggérant, inlassable optimiste, que des réponses sont possibles pourvu qu'on se pose quelques bonnes questions.
    Tous ses films ont été programmés dans les salles Utopia, le dernier en date étant Solutions locales pour désordre global… et son petit nouveau est de la même veine : intelligent, généreux, drôle mais sans méchanceté, même quand il met en relief la bonne dose de connerie que les humains se trimballent, capables par leur indécrottable individualisme de nuire en toute inconscience, et donc sans la moindre culpabilité, à leurs proches comme à la planète entière.

    Il n'y avait pas meilleur choix pour traquer l'expression la plus obstinée de l'individualisme le plus dévastateur que de s'intéresser à « la France au volant » titre premier du film devenu depuis celui que vous savez, en référence à l'arrivée du « permis à point » en 1992, et c'est fou ce qu'on apprend sur la nature humaine en se baladant au quatre coins de l'hexagone à travers les stages de « récupération de points ». Ils sont de tous milieux, de tous sexes (une majorité d'hommes), de tous âges, de toutes catégories socio-professionnelles et ils racontent pourquoi ils sont là, comment ils voient les choses et il faut beaucoup de patience, de pédagogie aux animateurs des stages pour introduire un peu de lucidité altruiste dans des visions parfois bien stratifiées.
    Il y a les habitués des sessions de rattrapage, et ceux qui découvrent, celui qui affiche plusieurs Ferrarri et le fauché qui roule dans une vieille Clio… L'un avoue en se marrant « quand je suis au volant, je suis le roi de la route », quand ils parlent bagnole ils roulent des regards en forme de roubignoles et reconnaissent rarement qu'ils ont peut-être eu un peu tort d'être allés trop vite, d'avoir accéléré à l'orange, d'avoir grillé une priorité… Ils considèrent que les radars sont une pompe à fric et ne se sont pas concernés par les consignes de prudence. La plupart ne se sentent pas responsables, mais plutôt victimes d'un système devenu à leur goût trop répressif. D'ailleurs ils conduisent parfaitement : « les autres font plus d'erreurs que moi ». Les nanas présentes ne sont pas en reste, et ils ne sont pas nombreux ceux qui font profil bas. « On m'a rendu mon permis à 10h, à 10h20, je me suis fait gauler sur l'autoroute » et les autres de rigoler, presque fiers de se montrer aussi réfractaires à tout ce qui pourrait les empêcher de n'en faire qu'à leur tête, sans aucune considération pour ceux qui partagent les mêmes routes qu'eux.

    Tout ça est très marrant, mais aussi très inquiétant… On se rassurera en se disant qu'il y a tous les autres, ceux qui ne sont pas dans le film, ceux qui n'ont pas besoin de faire des stages de récupération de points… et pas seulement parce qu'ils avaient repéré les radars ou eu beaucoup de chance… Il y a aussi ceux qui ne sont déjà plus en mesure de participer aux stages, car, on peut le rappeler ici, la voiture tue cent millions de fois plus que le terrorisme qui pourtant occupe une bonne place dans les « stratégies de la peur »… 78 % des Français disent avoir peur du terrorisme dans un récent sondage, mais se sentent en sécurité au volant de leur belle auto. Cherchez l'erreur…


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  • Le cinéma comme je l'aime: bien filmé, intelligent et grâce auquel on apprend! Ce film est une pure merveille: le scénario est génial, les acteurs fantastiques, les reconstitutions grandioses et c'est divinement filmé.  Tiré d'une histoire vraie et d'un moment peu glorieux du Mexique. j'ai toutefois relevé un anachronisme: une référence au nazisme et aux camps de concentration... mais à part ça, c'est parfait.

    scénario: 18/20     acteurs: 18/20  technique: 19/20   note finale: 18/20

    Cristeros

    En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès, qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l’ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros, vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l’Histoire du Mexique.


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  • Le néant du cinéma: strictement aucun intérêt: tellement caricatural que cela n'apporte rien. les acteurs sont mauvais et n'arrivent pas à défendre un scénario sans queue ni tête et inintéressant au possible. Une perte de temps incroyable. Et en plus, c'est mal filmé. UN GROS NAVET!

    scénario: 2/20    technique: 2/20   acteurs: 2/20  note finale: 1,5/20

    Maps to the stars

    A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide  à se réaliser en tant que femme et actrice.
    La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.
    Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.


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  • J'ai adoré ce film très amusant. Les dialogues sont à MDR. Le scénario est très original, les acteurs sont géniaux, c'est bien filmé et on rit d'un bout à l'autre.

    scénario: 17/20    acteurs: 17/20   technique: 18/20  note finale: 17/20

    Sébastien n'a qu'une ambition dans la vie : ne rien faire. Son horizon, c'est son canapé. Sa vie il ne veut pas la vivre mais la contempler. Mais aujourd’hui, si tu ne fais rien... Tu n’es rien. Alors poussé par ses deux colocs, qui enchaînent stages et petits boulots, la décidée Anna et le pas tout à fait décidé Bruno, Sébastien va devoir faire ... Un peu.


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  • Un film intimiste un peu ennuyeux tout de même. la vie de cette jeune fille qui ne pense qu'à courir est un peu vide. Pas toujours bien filmé: plusieurs mouvements de caméra donne le mal de mer. Moyen.

    scénario: 13/20     technique: 12/20   acteurs: 13/20   note finale: 13/20.

    Sarah préfère la course

    Sarah est une jeune athlète de course de demi-fond. Sa vie bascule lorsqu’on lui offre une place dans le meilleur club d’athlétisme universitaire de la province, à Montréal, loin de sa banlieue natale de Québec. Pour toucher une bourse du gouvernement, Sarah se marie avec son ami Antoine. Le mariage avant l’amour, Sarah fait tout à l’envers. Elle cherche à se construire et s’entête, car elle préfère la course.

    Silhouette fine, allure élancée, assez jolie brune pâlichonne : à la rencontrer dans la rue, un passant distrait pourrait penser que Sarah est un être chétif et fragile… avant de croiser son regard. Ce regard franc, brut de décoffrage qu'elle ne cache pas sous une frange ou sous des fards. On y devine une froide détermination que son nez mutin et son frêle sourire peinent à adoucir. Sarah est une fille prête à tous les sacrifices pour une obsession, une seule : la course. Sa vie entière se résume à cela. D'ailleurs, des sacrifices, elle n'en fait pas car elle n'a rien à sacrifier : ni sa vie affective, ni aucun plaisir épicurien. La seule chose douloureuse serait de ne plus courir, son corps ne lui sert qu'à cela, le reste semble ne pas exister. Chose étrange à l'heure où l'on entre dans la vie adulte, où les corps s'éveillent…

    Le pourquoi de cette obsession, elle ne peut l'expliquer, le rendre compréhensible à qui que ce soit, et d'abord à elle-même. Ce n'est pas l'esprit de compétition qui l'anime, ni l'espérance d'une quelconque reconnaissance, même pas l'envie d'en vivre. La course est juste là comme une évidence, un besoin vital incontournable. Cela fait d'elle une sorte d'être jusqu'au-boutiste, ascétique, intègre, d'un seul bloc, incapable d'avoir d'autres centres d'intérêts, d'autres buts, d'autres plaisirs. Elle en est presque monstrueuse, en tout cas inquiétante malgré sa vie classique et sans débord. Elle ne parvient à être entièrement elle-même, présente à ce monde, que lorsqu'elle le parcourt en longues foulées. Le reste du temps, elle se compose une contenance, essaie de paraître attentive à ses semblables, mais on la sent dans un ailleurs impénétrable, absente donc. Alors que ses camarades commencent à se construire des projets de vie, elle reste en marge, presque mutique ou à reproduire un discours standardisé, docile, pratique pour fuir les questionnements.
    Malgré tout, est-ce l'attrait du mystère… On la regarde, on l'admire peut-être secrètement. D'abord cette copine avec laquelle il semble se produire quelque chose d'un peu plus fort, d'un peu plus… oh… j'ose à peine dire sensuel, tant la sensualité est étrangère à l'univers de Sarah, quelque chose de corporel qui ne sait pas dire son nom. Puis ensuite ce beau brun, son copain Antoine qui l'adule en silence.
    En tout cas côté course, sa détermination semble payer puisqu'on lui offre une place très convoitée dans le meilleur club d'athlétisme de Montréal. Mais cela demande pour le coup trop de sacrifices financiers à sa famille, qui ne veut, ou ne peut, plus suivre.
    Lorsqu'Antoine lui propose de l'épouser, Sarah accepte d'emblée. Comme toujours elle ne se pose pas de questions sur les choses annexes : les sentiments, l'amour, la sexualité… Elle n'y songe même pas. Elle ne voit qu'une chose, devinez laquelle. Se marier, c'est avoir accès à une bourse qui lui permettra de partir à Montréal… Y voilà notre jeune couple installé… avec un minimum d'intérêts et de buts communs…

    C'est un film tout en retenue, rugueux comme le caractère de son héroïne et pas plus aguicheur. Simple au premier abord mais assez intrigant en fin de compte. On ne sait pas sur quoi ça repose, mais ça fonctionne. De manière assez déconcertante, on se laisse porter par le récit sans qu'il y ait de vrai rebondissement et on finit par s'attacher à cette drôle de nana qui court, qui court…


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  • J'ai beaucoup aimé cette tranche de vie, filmée à Amman en Jordanie. Bien sûr, le film n'est pas parfait, il est un peu décevant par sa superficialité mais j'ai bien aimé. C'est la vie et la vie n'est pas parfaite. La jeune (et belle) réalisatrice interprète aussi le rôle principal. Son film précédent "Amerrika" nous montrait une famille palestinienne émigrant aux USA. ici il s'agit d'une famille mixte palestino-américaine qui se retrouve pour un été à Amman, en Jordanie. Avec un ton résolument enjoué et tonique, et un regard proprement féminin, elle nous parle de sujets essentiels : l'identité, l'amour, la mixité sociale et religieuse, les liens familiaux. Un vrai plaisir !

    scénario: 14/20        acteurs: 16/20     technique: 16/20    note finale: 16/20

    May in the summer

    May, jeune jordanienne installée à New York, vient passer l’été en famille à Amman. Chrétienne de confession, elle s’apprête à épouser un musulman, au grand dam de sa mère pratiquante. May peut néanmoins compter sur le soutien de ses deux soeurs cadettes, aux moeurs plus libérées…

    Écrit et réalisé par Cherien DABIS - Jordanie 2013 1h39mn - avec Cherien Dabis, Hiam Habbass, Alia Shawkat, Nadine Malouf, Bill Pullman...

    On avait adoré Amerrika, le premier film de Cherien Dabis, tourné aux Etats Unis où elle est née, après que ses parents d'origine jordanienne s'y soient installés, grandissant entre deux cultures… D'ailleurs on n'avait pas été les seuls à être emballés : Variety et quelques autres l'avaient classée dans les dix réalisateurs à suivre et son film dans les dix meilleurs de l'année. Dans ce nouveau film, tourné cette fois en Jordanie, elle se met en scène : scénariste, réalisatrice, productrice, elle est aussi May, une gonzesse sacrément canon, et c'est vrai qu'il n'y avait pas mieux qu'elle-même pour ce rôle inspirée de sa propre vie. Une vie de trait d'union entre deux mondes, deux continents. De ces appartenances complexes qui aiguisent le regard et rendent plus sensibles à l'expression des différences…

    Dans cette comédie pleine de soleil et de filles, elle raconte les chipotages et petits drames qui peuvent couver dans une famille prise entre deux cultures parfois antagonistes. Ici, si beaucoup éprouvent une hostilité certaine pour la politique et les mœurs de l'Amérique, il y a aussi et souvent, chez les mêmes, une vraie fascination pour sa culture et ses produits.Il n'y a qu'à voir la virée que May et ses deux sœurs font au bord de la Mer Morte, pour enterrer son célibat : plages bondées, bordées de palmiers et d'immeubles ultra modernes avec vue sur les côtes palestiniennes…
    Car May, qui est installée à New York où son dernier livre rencontre un beau succès, revient en Jordanie où vit toujours non seulement pour les vacances, mais aussi pour rencontrer la famille de son futur mari. À Amman les langues vont bon train et si tout le monde admire un peu cet enfant du pays qui déboule, auréolée de sa notoriété toute neuve, on n'apprécie qu'à moitié ses joggings matinaux et son intention affichée d'épouser, contre l'avis de sa mère catholique, un musulman : « un mariage hors de sa religion, ça ne marche pas ! ». (Bon, c'est aussi ce que disait ma mère) Pour exposer ostensiblement sa modernité, cette société-là n'est pas très tolérante dès qu'il s'agit de croyances et de mœurs et la sœur cadette qui en pince pour les filles reste aussi discrète que possible sur la question de ses préférences sexuelles.

    Si la famille de May est constituée exclusivement de femmes, c'est que le père, d'origine américaine (Bill Pullman), a quitté le foyer conjugal pour vivre avec une femme bien plus jeune que lui, mais est resté dans le coin… Du coup l'arrivée de May, en provoquant un rapprochement général avec le père jusqu'alors unanimement rejeté (en apparence), ne va pas manquer d'enrichir les petits conflits familiaux. Ce faisant, et bien malgré elle, vont émerger des secrets bien cachés, qui eux-mêmes feront apparaître que ces minettes qui réclament de la tolérance pour elles-mêmes n'en montrent au fond pas tant que ça envers leurs géniteurs, May comprise…
    Un des atouts du film est aussi la découverte que l'on fait de Amman, de la Jordanie… Pour parler de racines et de culture, il aurait été impensable de ne pas fondre toute cette histoire dans son contexte : ville et paysages n'y sont pas seulement un superbe décor.


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  • Une merveille! Ce thriller politique nous tient en haleine jusqu'à la fin! Passionnant sur le plan historique, fort bien interprété, ce film est un thriller très prenant qui rappelle un peu "La vie des autres".

    scénario: 18/20     

    D’UNE VIE À L’AUTRE

    Europe 1990, le mur de Berlin est tombé.
    Katrine a grandi en Allemagne de l’Est, et vit en Norvège depuis 20 ans. Elle est le fruit d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale. A sa naissance, elle a été placée dans un orphelinat réservé aux enfants aryens. Elle parvient à s’échapper de la RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère. Mais, quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom de ces «enfants de la honte», curieusement, elle refuse.
    Progressivement de lourds secrets refont surface, dévoilant le rôle de la STASI, les services secrets de la RDA, dans le destin de ces enfants. Pour elle et ses proches, quel est le plus important ? la vie qu’ils ont construite ensemble, ou le mensonge sur lequel elle repose ?…

    Georg MAAS - Allemagne / Norvège 2013 1h37mn - avec Juliane Köhler, Liv Ullmann, Sven Nordin, Ken Duken, Julia Bache-Wilg... Scénario de Georg Maas, Hannelore Hippe, Christoph Tölle, Stale Stein Berg et Judith Kaufman, d'après le roman de Hannelore Hippe.

    Derrière la placide Katrine Evensen se cache une louve. Mais qui pourrait le deviner ? En la voyant, on croirait que le bonheur lui est inné et facile. La maison des Evensen, arrimée au bord d'un lac en Norvège, paraît être un havre de paix… Pourtant quelque chose rampe sournoisement, les prémisses d'une tension qui ira s'amplifiant puis ne vous lâchera plus jusqu'au dénouement de l'histoire et même au-delà ! Jamais Katrine ne laisse affleurer à la surface ne serait-ce qu'une vague de tristesse ou d'angoisse venue de son enfance dévastée. Son passé semble minutieusement enfoui, et ses proches sont loin d'imaginer le secret inavouable qu'il recèle. Tout dans sa vie est à la fois faux et vrai.
    Vrais ses sentiments pour son mari, Bjarte, beau capitaine de marine roux et costaud. Vraie sa tendresse pour sa mère, Ase, devenue une grand-mère magnifique, tolérante, dynamique, dévouée. Vrai son amour pour sa fille, Julia, adorable écervelée qui a pondu un bébé bien trop tôt. Toute la famille aide la jeune mère, chacun essaie d'alléger la charge générée par le mouflet pour permettre à la donzelle de terminer ses études d'avocate. Une famille qui se serre les coudes, que rien ne semble pouvoir briser. Jamais un reproche ne fuse, ni un jugement. Ce qui est faux ? Les fondations de cette vie de rêve : si elles paraissent de béton, elles ne reposent que sur un lit de sable instable, fragile et honteux.

    Tout aurait pu continuer ainsi longtemps… Si seulement… le mur de Berlin n'était pas tombé, réunifiant les deux Allemagne et permettant à la communauté internationale d'avoir accès aux archives de l'ex RDA puis à celles de la Stasi. L'événement qui réjouit le monde entier ou presque va provoquer un an après (on est donc en 1990) une véritable panique dans la vie de Katrine. D'abord c'est ce jeune avocat de la cour européenne, Sven Solbach, qui la contacte pour qu'elle vienne témoigner au procès de réparation des enfants de la guerre enlevés par les nazis. Ces enfants de la honte, fruits du délire eugéniste qui poussait chaque soldat allemand à engrosser les femmes des pays occupés afin de régénérer la race aryenne. Sven n'est pas là en ennemi mais en preux justicier, pour défendre les orphelins ou ceux qui ont cru l'être, séparés de leur mère naturelle et placés dans des orphelinats de la Lebensborn (association SS). 11000 enfants de la guerre sont ainsi nés en Norvège. Katrine est l'une d'entre eux et, une fois adulte, elle fut une des rares à pouvoir retrouver sa mère. Sven est amical, d'autant plus sympathique qu'il ne semble pas insensible aux charmes de Julia malgré les tonnes de couches sous lesquelles elle croule. On imagine vite le gendre idéal qu'il ferait et combien il complèterait à merveille l'idyllique tableau de famille. Alors le refus sec de coopérer que lui oppose Katrine choque. On se questionne. Mais qui, à part Katrine, pourrait anticiper le piège cruel et infernal qui se met en place ?

    Pour la première fois depuis bien des années, elle se retrouve totalement isolée, ne pouvant rien dire aux siens par crainte de perdre leur affection, voire de les perdre tout court. Les seules personnes auprès desquelles elles peut chercher un peu de soutien sont les redoutables fantômes de son passé. Ceux qui continuent de rôder, jamais très loin d'elle, ceux justement qu'elle tâchait d'ignorer et d'oublier. Mais l'oubli est un art difficile, tout comme le pardon.
    Peu à peu la vérité surgit. Mais elle n'est pas univoque, c'est une grande poupée russe qui vomit quantité d'autres petites vérités comme autant de poupées gigognes. Un jeu de l'esprit poignant, oppressant, qui prend aux tripes, qui fait peser sur les têtes un couperet prêt à s'abattre à tout moment. L'orpheline devient bourreau des siens, victime d'elle même, à moins que ce soit l'inverse ou tout cela en même temps…


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  •  Rien à voir avec l'histoire de la princesse de Monaco. Disons que si on va voir un film de fiction avec un personnage principal, qui s'appelle Grace, on pourra y trouve quelque intérêt même si les personnages sont caricaturaux. Ceux qui iront voir un film historique auront envie de déchirer l'écran tant ce n'est pas historique. C'est bien filmé et Nicole Kidman est très belle (merci le chef op.)

    scénario: 12/20   technique; 16/20     acteurs: 15/20   note finale: 15/20

    Grace de Monaco

    Lorsqu'elle épouse le Prince Rainier en 1956, Grace Kelly est alors une immense star de cinéma, promise à une carrière extraordinaire. Six ans plus tard, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Alfred Hitchcock lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie dans son prochain film. Mais c'est aussi le moment ou la France menace d'annexer Monaco, ce petit pays dont elle est maintenant la Princesse. Grace est déchirée. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement : Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco.


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  • Une très jolie comédie romantique douce-amer. Emilie Duquenne nous montre toute l'étendue de son talent dans ce rôle tout en nuances de coiffeuse. la fin n'est pas réussie.

    scénario: 17/20   acteurs: 17/20   technique: 17/20   note finale: 16/20

    Pas son genre

    Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C'est alors qu'il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

    C'est d'abord à Paris que ça se passe. Paris forcément où Clément, fils de bonne famille, sorte de dandy contemporain, n'en finit plus de séduire le microcosme élitiste et cultivé dont il est membre de droit. Joli garçon bientôt quadragénaire, discrètement élégant, diablement charmant. Un bel esprit dans un corps sain qui choisit d'enseigner la philosophie alors qu'il pourrait ne se consacrer qu'à ses publications couronnées de succès. Évidemment il ne manque pas de prétendantes : dans sa vie elles tournent, passent, mais toujours le lassent. Sans qu'il soit un Don Juan notoire, on comprend qu'il ne veut louper aucune opportunité, ne souhaite pas s'attacher.
    Puis le voilà muté à Arras, chef lieu du Pas-de-Calais, pays des andouillettes et des cœurs en chocolat : tout un programme ! Pire qu'un limogeage pour ce Parisien. Le purgatoire, si ce n'est l'enfer, trois ou quatre jours par semaine... Pourtant, dès qu'il aperçoit dans un salon de coiffure une blondinette capillicultrice pétillante, adorable, il n'a de cesse qu'il n'ait offert sa nuque à ses ciseaux. Jennifer observe, toute en retenue et en méfiance sous ses sourires. Des passades, des amourettes, de grandes amours ou des plans cul : elle aussi a un peu tout connu. Elle ne s'en cache pas ni ne s'en vante. Heureuse de sa vie, de son métier, de son môme qu'elle élève seule. Elle assume ses actes, droite et claire. Il y a ceux qui se la racontent, ceux qui y vont du bout des lèvres, ceux qui essaient de croquer la vie à pleine dents. Dans les arènes des jeux de l'amour, certains arrivent caparaçonnés d'une armure impénétrable, d'autres s'offrent tout entiers, à peau nue, croyant ainsi pouvoir amadouer les démons. Si Clément fait partie des premiers, Jennifer relève bien des seconds et leur relation s'amorce d'emblée comme un moteur à deux temps, décalée. Elle s'y engouffre généreuse, déterminée et si elle refuse, prudente et avisée, le premier « je t'aime » de Clément, c'est qu'elle tâche de se protéger. Elle redoute ces mots post-orgasmiques, trop vite lâchés sur l'oreiller puis aussi vite dissous dans le principe de réalité. Sincérité d'un instant qui se mue en parjure.

    Voilà Jennifer vibrante mais lucide, qui attend que Clément se donne à son tour, lui, l'éternel spectateur de la vie, toujours dans le recul, qui se sert du savoir comme d'un rempart contre les émotions. Et si la candeur spontanée de son amante le désarçonne, il s'en défend en enfourchant aussitôt un rôle de mentor pour reformater celle dont le prénom semble tout droit sorti d'une mauvaise série américaine et dont les lectures se cantonnent au roman de gare. Elle s'applique, docile, consciente de ses lacunes, gourmande de ce qu'il lui met sous la dent…
    Clément n'assumerait pas sans doute d'introduire Jennifer dans son univers, persuadé qu'elle n'y brillerait que par son joli minois et son sourire craquant. Et pourtant, à bien y réfléchir, si c'était elle, la vraie philosophe ? De la philosophie, Clément ne connait que ce qu'il en a appris dans les livres alors que Jennifer la vit. Le carnaval, les fêtes populaires, les karaokés où elle l'entraîne, tout ça a du sens, tout ça fait qu'elle sait appartenir à une humanité de chair et de sentiments, qu'elle accepte les autres comme ils sont, qu'ils peuvent faire front tous ensemble contre la morosité et la solitude. Et il n'y a pas à dire, quand elle monte sur scène avec ses copines emperlées jusqu'au nombril, sexy en diable, frimeuses jusqu'au bout des ongles, avec juste ce qu'il faut de dérision… on a envie d'applaudir à tout rompre avec la foule ! On en redemanderait et on se dit que si Clément joue les culs pincés, c'est qu'il est décidément irrécupérable…

    C'est beau et grave comme une déclaration d'amour sans retour, remarquablement filmé, formidablement interprété. Magnifique Émilie Dequenne !


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  •  Vous savez pourquoi ce film n'a pas trouvé son public??? parce que c'est un gros gros énorme navet. Un scénario débile, des acteurs qui ne croient pas à ce qu'ils font, une réalisation approximative, une photo dégueulasse... et on s'étonne que cela ne marche pas??? mais c'est nullissime!

    scénario: 2/20    acteurs: 5/20   technique: 5/20   note finale: 2/20

    De guerre lasse

    Alex, fils d’un caïd pied-noir marseillais, s’est engagé dans la Légion pour échapper à un règlement de compte avec la mafia Corse… 4 ans plus tard, Alex déserte et revient sur Marseille pour retrouver Katia, son amour de jeunesse. Mais en ville les rapports de force ont changé : son père s’est retiré des affaires, laissant les Corses et les gangs des Quartiers Nord se partager le contrôle de la ville.
    La détermination d’Alex va bouleverser cet équilibre fragile au risque de mettre sa famille en danger...


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  • Ce film est une pure merveille et je regrette qu'il n'ait pas trouvé son public: merveilleusement filmé, les acteurs sont géniaux et le scénario à la hauteur de la nouvelle. Merci au chef opérateur pour ces magnifiques images. Personnellement, j'ai trouvé l'actrice principale très laide, avec une gueule d'anglaise typique mais elle joue bien. 

    scénario:18/20      acteurs: 18/20    technique: 20/20  note finale: 19/20

    Une Promesse

    Allemagne, 1912. Un jeune diplômé, d’origine modeste, devient le secrétaire particulier d’un homme âgé, patron d’une usine de sidérurgie. L’état de santé du patron se dégrade et lui impose de rester à domicile. Il y accueille le jeune homme pour travailler.
    L’épouse du patron est une femme de trente ans, belle et réservée. Le jeune homme s’éprend d’elle, sans oser révéler ses sentiments. Dans le huis-clos de la demeure, couve cette passion amoureuse, sans geste ni parole, tout en regards et en silences.
    Brusquement, le patron décide d’envoyer son protégé au Mexique, afin d’y superviser l’exploitation de mines de fer. L’annonce de ce départ provoque chez l’épouse une réaction désespérée. Le jeune homme réalise qu’il est aimé d’elle, lui aussi, en secret. Mais la présence du mari malade interdit à leur amour de s’accomplir ici et maintenant. L’épouse fait une promesse : au retour du jeune homme, dans deux ans, elle sera à lui.

    Allemagne, 1912. Friedrich Zeitz est un tout jeune diplômé d’origine modeste, prêt à travailler d'arrache-pied pour s'arracher à sa condition. Il est intelligent, il est tenace, il est ambitieux, il sait vaincre la timidité que lui impose ses origines pour faire preuve de sa valeur et de des capacités… C'est ainsi attire l'attention de Karl Hoffmeister, patron d'une assez importante usine de sidérurgie. Et qu'il en devient le collaborateur dévoué, efficace et de plus en plus apprécié…
    L’état de santé de l'entrepreneur se dégrade et lui impose de rester chez lui, dans sa belle demeure bourgeoise en périphérie de la ville. Hoffmeister en arrive rapidement à proposer à Friedrich de venir lui même s'y installer : il y a toute la place nécessaire et ce sera beaucoup plus pratique pour l'organisation quotidienne du travail. Le jeune homme ne se fait pas prier, c'est l'occasion pour lui de quitter le gourbi qui lui sert de logement. Ce déménagement le fera abandonner Anna, l'ouvrière mignonnette qui en pince pour lui mais c'est comme ça, l'ascenseur social oublie toujours du monde au rez-de-chaussée…

    C'est donc sur l'invitation du mari que Friedrich va faire la connaissance de sa beaucoup plus jeune épouse, la très belle, très distinguée, très réservée Lotte. Le jeune homme s’éprend d’elle quasi-immédiatement, sans oser révéler ses sentiments, sans oser se les avouer à lui-même. Dans l'opulence feutrée de la demeure, couve cette passion amoureuse muette et corsetée, tout en regards et en silences, en frôlements qui sont autant de caresses fantasmées…
    Jusqu'au jour où Hoffmeister, convaincu par l'enthousiasme visionnaire de celui qui est devenu son bras droit, décide tout de go de l'envoyer au Mexique, où il supervisera l'exploitation de mines de fer. L’annonce de ce départ précipité provoque une accélération des sentiments, qui finissent par se dire ouvertement. L'amour éperdu de Friedrich était bien partagé, Lotte vibrait à l'unisson. La présence du mari malade – personnage intéressant, complexe, qui de toute évidence devine ce qui est en train de se passer et qui semble l'accepter : on n'arrive pas à se persuader que sa décision de dépêcher son jeune collaborateur aux Amériques soit dictée par le désir de l'éloigner de son épouse – interdit à leur amour de s’accomplir ici et maintenant. Lotte fait alors une promesse, la fameuse promesse : au retour de Friedrich, dans deux ans, elle sera à lui. Mais le destin ainsi que le cours de l'Histoire vont se montrer contrariants…

    « La nouvelle de Stefan Zweig est une merveille de concision, comme si l'auteur avait eu à cœur de se débarrasser de tout ce qui ne nourrissait pas directement l'histoire et les sentiments. L'adaptation que nous avons écrite respecte cette volonté de s'en tenir à l'essentiel, pour que chaque scène vibre de quelque chose de secret, de non dit et d'aveuglant.
    « Il n'est question que de sensualité et de désir. Aimer sans savoir si l'on une chance d'être aimé en retour. Rêver sans pouvoir exprimer son rêve. S'en tenir au secret. Mais vivre et se nourrir de regards, d'effleurements interdits. Filmer la peau, l'envie d'une caresse… Le texte de Zweig pose une question magnifique : est-ce que le désir amoureux résiste au temps ?
    « En abordant ce nouveau film, je savais à quel point mon attention serait mobilisée à chaque instant pour exprimer ces “petits riens qui nous transportent”. Être au plus près des personnages, de leurs tourments, des enjeux émotionnels très forts que Zweig décrit si bien. J'ai été heureux de tourner un film dans lequel les silences ont autant d'importance que les mots, un film peu bavard, mais où tout est dit. » Patrice Leconte


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  • Une très jolie comédie "amicale": les dialogues sont plein d'humour, les acteurs sont formidables et c'est très bien filmé. C'est extraordinairement film filmé et la photo est très belle.

    scénario: 18/20       acteurs: 18:20      technique: 18/20    note finale: 18/20

    Barbecue

    Pour ses 50 ans, Antoine a reçu un cadeau original : un infarctus. A partir de maintenant, il va devoir "faire attention". Or, Antoine a passé sa vie entière à faire attention : attention à sa santé, à ce qu'il mangeait, attention à sa famille, à accepter les travers de ses amis, et à avaler de trop nombreuses couleuvres… Désormais, il va adopter un nouveau régime. Mais en voulant changer sa vie, on change forcément celle des autres…


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  • Le scénario est d'une vacuité effrayante: c'est nullissime! Il n'y a rien, strictement rien: entre une histoire à dormir debout qui tourne complètement à vide et des acteurs peu convaincants et convaincus, on se dit que c'est vraiment une perte de temps que d'aller voir ce navet. C'est bien filmé mais cela tourne complètement à vide. Un film qui n'apporte strictement rien. A EVITER!

    scénario: 1/20       acteurs: 2/20       technique: 16/20  note finale: 1/20

    The Amazing Spider-Man : le destin d'un Héros

    Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville.  Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui.  Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.


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