•  Très beau film, très original. La petite actrice est formidable. 

    scénario: 14/20     acteurs: 17/20    technique:17/20   note finale: 16/20

    Les Bêtes du sud sauvage

    Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père.
    Brusquement, la nature s'emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d'aurochs.
    Avec la montée des eaux, l'irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

    Il est rare qu'un film fasse à ce point l'unanimité ! Et nous ne sommes pas les seuls à être enthousiastes, puisque la presse, les jurys et les publics des festivals plébiscitent le film à chaque projection : Les Bêtes du Sud sauvage a d'ailleurs remporté à Cannes la très prestigieuse Caméra d'or, qui récompense la meilleure première œuvre toutes sélections confondues, soit une quarantaine de films en compétition ! Disons d'emblée que le charme envoûtant du film tient pour une bonne part à la formidable, à l'irrésistible Quvenzhané Wallis qui, du haut de ses six ans, nous embarque pour une plongée extraordinaire dans les bayous du Sud-est des États-Unis. C'est à travers ses yeux innocents, c'est au son de sa petite voie fluette que nous découvrons un monde magique, vibrant de mystères. Derrière ce titre aussi beau qu'intrigant se cache une petite merveille qui vous transporte dans un univers féerique tout en restant ancrée dans une réalité âpre et dure. Un conte onirique mais lucide, parfois même un peu amer, qui nous rappelle très justement que nous ne sommes pas grand chose face à la nature pour peu qu'elle se déchaîne. Une fable viscéralement écologique, mystique et poétique, qui vous réchauffera le cœur et vous accompagnera pendant un bon bout de temps !

    Hushpuppy est donc une gamine afro-américaine de six ans, qui vit dans le delta du Mississippi, au sud de la Louisiane, avec son père alcoolique. Leur quotidien est difficile, même si la communauté de marginaux habitant dans les amoncellements de planches de bois et de tôle qui leur tiennent lieu de « maisons », est assez soudée. Dans la tête de la mômette, tout est encore simple et chaque jour est une fête. Dotée d'une imagination débordante, elle voit par exemple une femme allumer le gaz ou faire bouillir de l'eau, sans rien toucher, juste en passant à côté. Mais Hushpuppy est aussi consciente de la dureté du monde qui l'entoure et sait déjà se débrouiller comme une grande, sa force de caractère paraît même inébranlable. À des milliers de kilomètres de là, les glaciers fondent suite à une forte hausse des températures, libérant ainsi une armée d'aurochs… les fameuses bêtes du titre. Avec la montée des eaux, l'irruption des animaux préhistoriques et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

    Le jeune réalisateur nous montre avec une force expressive peu commune les États-Unis de l'après ouragan Katerina, qui a sévi en 2005. Des villes dévastées, des milliers de gens à la rue qui survivent et sont installés dans des habitations de fortune ; l'omniprésence de l'eau, qui a recouvert d'immenses étendues de terre, chassant les habitants loin de chez eux. Pour Benh Zeitlin, pas de doute, c'est l'Homme et son monde industriel incontrôlé qui a déchaîné les foudres de la nature. En s'appuyant sur un imaginaire débordant, servi par une musique magnifique, le film nous transporte dans un monde cruel et violent mais en même temps doux, chaleureux et magique. Un film rare et immanquable !


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  • Un très beau film, très original. Les acteurs sont formidables.

    scénario: 17/20          technique: 17/20        acteurs: 18/20    note finale: 17/20

     

    Main dans la main

    Quand Hélène Marchal et Joachim Fox se rencontrent, ils ont chacun des vies bien différentes. Hélène dirige la prestigieuse école de danse de l’Opéra Garnier, Joachim, lui, est employé d’un miroitier de province.
    Mais une force étrange les unit. Au point que, sans qu’ils puissent comprendre ni comment, ni pourquoi, ils ne peuvent plus se séparer.

    Valérie Donzelli est incontestablement la reine des pommes (d'amour) et des paris improbables gagnés avec brio. L'an dernier elle avait réussi à nous donner une pêche d'enfer et une foi inébranlable dans la vie avec un film qui racontait le combat d'un couple face à la maladie grave de son enfant. C'était La Guerre est déclarée, on en ressortait tout guilleret, emporté par l'énergie incroyable d'une mise en scène tout en mouvement qui collait parfaitement avec ses personnages irréductiblement vivants.
    Dès le premier plan de Main dans la main, on retrouve ce sens de la vitesse, ce souffle de la vie que l'on respire à plein poumons. On y voit un jeune homme dévaler tout schuss en skate une colline lorraine. Une très belle séquence d'ouverture pour nous présenter Joachim, ouvrier miroitier de Commercy, qui a deux autres passions à part le skateboard : d'une part la danse dite « de salon », qu'il pratique en amateur certes mais avec sérieux, se produisant sur des musiques des années 80, devant un public souvent composé de retraités ou de voisins ; d'autre part sa sœur, Véro (joyeusement incarnée par Valérie Donzelli), avec qui il entretient une relation fusionnelle, et qui est aussi sa partenaire de parquet. Ils comptent bien se présenter à un concours régional et s'entraînent ferme dans cette perspective.

    A 500 km de là, à Paris, vit Hélène, une femme à la fois fragile et autoritaire qui dirige la très prestigieuse école de danse de l'Opéra Garnier. Une femme admirée et courtisée mais dont la vie privée se résume à la cohabitation avec sa meilleure amie Constance, une petite bonne femme dépensière, alcoolique et possessive (géniale Béatrice de Staël, parfaite en bad girl boulotte aux failles bien cachées). Et puis un jour, Joachim est envoyé à Paris par son patron, prendre des mesures pour des miroirs à l'Opéra. Et l'impossible survient. Il tombe sur Hélène, en pleine crise de nerfs. Il bredouille, elle le regarde, un courant passe, ils ne peuvent plus se détacher l'un de l'autre. Et ceci n'est pas une image : désormais une attraction irrésistible les unit au point qu'ils ne peuvent plus faire un pas l'un sans l'autre, Joachim n'a d'autre choix que d'emménager chez Hélène au grand dam de Constance. Vous connaissez l'expression « ils sont à la colle », elle n'a jamais été plus appropriée…
    Dans ce conte burlesque et surréaliste, Valérie Donzelli ose tout, mélange les genres avec une fantaisie rafraichissante : on passe du comique de situation inspiré du cinéma muet, avec ces poursuites insensées dans les méandres de cet endroit magnifique qu'est l'Opéra Garnier, à la comédie existentialiste bercée par la voix langoureuse d'un narrateur qui raconte comme dans les films de la Nouvelle Vague les affres des âmes étrangement réunies. Et puisque la danse est au cœur du film, la mise en scène se fait joyeuse chorégraphie, amenant espièglerie et mouvement à toutes les situations vécues, à tous les espaces traversés.

    Aux côtés d'un Jérémie Elkaïm qu'elle connaît par cœur et qui est de mieux en mieux, Valérie Donzelli a trouvé en Valérie Lemercier l'interprète idéale pour incarner cette fantaisie et ces ruptures de ton : tour à tour sensuelle (magnifique scène où elle se déshabille complètement devant le ministre de la Culture avant de se draper dans un rideau de la République), hilarante ou grave. Et si le film se montre délicieusement léger, sur un fond musical et dansant symbolisé évidemment par le « Main dans la main » d'Elli et Jacno, il n'en est pas moins une belle parabole sur le couple, toutes les formes de couples, sur l'attachement, sur la séparation et les retrouvailles, les soubresauts qui ne font qu'affermir les relations véritables. Et de cette comédie primesautière se dégage une philosophie de vie généreuse et optimiste qui en revigorera plus d'un(e).


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  •  Pas mal. Un policier original et intéressant mais pas le film du siècle non plus.

    scénario: 16/20      acteurs: 16/20   technique: 16/20   note finale: 16/20

    De l'autre côté du périph

    Un matin à l’aube dans une cité de Bobigny, près d’un vieux tripot clandestin, est retrouvé le corps sans vie de Eponine Chaligny, femme du très influent Jean-Éric Chaligny, premier patron de France, au centre d’un climat social extrême qui secoue la France depuis quelques semaines. Ce matin-là deux mondes radicalement opposés vont alors se croiser : Ousmane Diakité, policier de la section financière de Bobigny et François Monge, capitaine de la fameuse police criminelle de Paris. Leur enquête va les emmener d’un côté à Paris et son syndicat patronal, de l’autre en banlieue de Bobigny et ses affaires clandestines. Tour à tour, de l’autre côté du périph.


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  •  Une magnifique fresque historique parfaitement réussie quoiqu'un peu ennuyeuse. Les reconstitutions sont grandioses et les participations amicales nombreuses dans cette épopée sur la guerre qui opposé la France au Portugal et aux anglais.

    scénario: 16/20     acteurs: 16/20    technique: 18/20   note finale: 13/20

    Les Lignes de Wellington

    En septembre 1810, les troupes napoléoniennes, emmenées par le Maréchal Masséna, envahissent le Portugal. Lors de la bataille de Buçaco, Masséna est défait. Pour autant, Portugais et Britanniques, sous le commandement du Général Wellington, battent en retraite. Wellington espère ainsi attirer l’ennemi à Torres Vedras, où il a fait bâtir des lignes de fortifications infranchissables. Cette stratégie, couplée à une opération de terre brûlée, plonge les populations civiles dans l’exode.

    Accompagnant les soldats dans leur marche, tout un peuple subit au quotidien les déchirements de la guerre et progresse à travers les villages en ruines, les forêts incendiées et les cultures dévastées. Certains réaffirment leur volonté de résister à l’envahisseur, d’autres profitent du désarroi général pour laisser libre cours à leurs bas instincts. Le tourbillon de l’Histoire précipite alors les destinées individuelles et romanesques de nombreux personnages tels le lieutenant Pedro de Alencar, la jeune anglaise Clarissa Warren, le revendeur ambulant Pena Branca, le sergent Francisco Xavier ou la prostituée Martirío. Tous convergent vers les lignes de Torres Vedras où la bataille finale décidera du sort de chacun.

    Ce film est celui d’une cinéaste (également monteuse) confidentielle, ébauché par quelqu’un qui l’est beaucoup moins, un certain Raoul Ruiz, son compagnon. Le générique mentionne en effet que Les Lignes de Wellington fut « préparé » par le réalisateur chilien qui continue donc à déployer une filmographie d’outre-tombe, ce qui ne nous étonne pas vraiment de sa part… Le film se serait sans doute appelé « La Ligne de Wellington » s’il s’en tenait à sa dramaturgie militaire : les troupes anglaises entament une retraite stratégique en attirant dans un piège les armées napoléoniennes lancées à la conquête du Portugal, les lignes en question étant celles des immenses fortifications que le général Wellington fit bâtir autour de Lisbonne.

    Mais le film contient bien des lignes de récit, notamment deux voix-off, l’une britannique, l’autre française, de part et d’autre de la ligne de front. Et de multiples ramifications qu’il est tentant de qualifier de « ruiziennes » : une ribambelle de personnages des deux camps auxquels s’ajoutent des patriotes portugais alliés aux Anglais, jacobins inspirés de la période révolutionnaire française – superbe ironie puisque les généraux napoléoniens ont pour la plupart œuvré à la cause de la Révolution avant de servir l’Empire. Sans oublier des ecclésiastiques locaux tout à fait sanguinaires, opérant sous le regard protecteur d’une statue de la Vierge Marie. La narration serpente entre les uns et les autres, quittant certains définitivement (une belle tablée composée de personnages interprétés par Catherine Deneuve, Isabelle Huppert et Michel Piccoli), d’autres traversant le récit de part en part : Wellington (Malkovich : grandiose !), un beau fugitif, un jeune vagabond, des officiers et leurs gourgandines, des civils lancés sur les routes…
    Opération risquée que de « reprendre » le projet d’un cinéaste reconnu, notamment l’écueil d’une forme de désincarnation ou de dévoiement. Sauf que Valeria Sarmiento délivre une œuvre aboutie, marquée certes par la figure tutélaire mais trouvant un ton très personnel. Appuyée par une belle composition musicale, la mise en scène dégage une amplitude virtuose, une emphase qui emporte tout, y compris le spectateur, mais qui a l’élégance de se maintenir en équilibre avec sobriété, toujours au service de la prise en charge des circonvolutions de la narration.

    La belle idée des Lignes de Wellington est de faire de la guerre un monde dans le monde, un monde en soi – on est particulièrement touché par ce lettré, une sorte de Saint-Jérôme nomade et profane, promenant son cabinet d’étude tout en étant à la recherche de son épouse. Les lignes du récit s’apparentent aux chroniques militaires de l’Antiquité ou du Moyen Âge pour le sens de l’épique, mais qu’un écrivain du 19ème siècle aurait prises en charge pour leur donner une forme romanesque. Faux film de guerre, Les Lignes de Wellington est une chronique mondaine et sentimentale, une fresque intime, un récit patriotique. L’alliage est singulier mais tout à fait fascinant et l’on goûte avec délice à la beauté de la langue dans cette œuvre polyglotte où les mots comme les dictions procurent un infini plaisir.


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  • Quel dommage que ce film soit techniquement si mauvais: les premières images vous donneront le mal de mer et par la suite, de temps en temps, le cameraman est ivre... Ils réussissent même à pourrir des images d'Italie... Le caméraman qui court derrière les acteurs, c'est nullissime.  A part ce problème technique, ce film est réussi: l'histoire est originale et les acteurs danois inconnus mais super! 

    scénario: 15/20      acteurs: 16/20   technique: 9/20   note finale: 13/20 (à cause de la technique)

    All you need is love

    D'origine anglaise, Philip, la cinquantaine, s'est établi au Danemark où il vit seul depuis qu'il a perdu sa femme. De son côté, Ida, coiffeuse danoise, se remet progressivement de sa chimiothérapie, tandis que son mari vient de la quitter pour une femme plus jeune… Les trajectoires de ces deux êtres malmenés par la vie vont se croiser en Italie, à l'occasion du mariage de Patrick, le fils de Philip, et d'Astrid, la fille d'Ida…

    Un titre, Love is all you need, qui sonne comme un dialogue de romans photos hors d'âge, un acteur principal, Pierce Brosnan, ex-espion de sa majesté, qui incarne l'éternel chic européen dans les films hollywoodiens, un cadre, la baie de Naples, presque caricaturalement idyllique… On pouvait nourrir quelques craintes de gnan-gnantisme aigu face à cette comédie sentimentale entre le Danemark et l'Italie.
    Et pourtant la réalisatrice Susanne Bier (auteure de quelques belles réussites dont la plus marquante est sans doute After the wedding, avec le désormais célèbre Mads Mikkelsen…) évite quasiment tous les écueils en déroulant une histoire d'amour inattendue et touchante, tout en faisant preuve d'une jubilatoire acidité caustique, détournant ainsi les codes du genre.

    Au cœur d'une bonne comédie sentimentale, il y a souvent la rencontre inattendue et compliquée entre deux êtres dont il était écrit que les chemins ne se croiseraient jamais… c'est le cas ici. D'un côté Philip, quinquagénaire anglais installé au Danemark. Depuis la mort accidentelle de sa femme, il se consacre entièrement à son business d'importation de fruits et légumes et cultive un personnage de manager implacable et misanthrope, incapable de toute compassion voire de toute chaleur humaine. De l'autre côté Ida, coiffeuse sensiblement du même âge qui s'est toujours dévouée pour ses enfants désormais grands et pour son mari, un artisan au physique de panda. Mais depuis plusieurs mois elle lutte contre un cancer du sein et sa belle chevelure blonde impeccable est en fait artificielle. Pour couronner le tout, elle revient un jour trop tôt d'un examen à l'hôpital et découvre son confortable époux en pleine action avec sa jeune comptable sur le canapé – tout aussi confortable – du salon. Pour résumer, ce n'est la joie ni pour Ida ni pour Philip, mais s'ils sont malheureux, c'est chacun de leur côté et il n'y a aucune raison pour que ça change…
    Et pourtant leurs destins vont entrer en collision de manière fracassante, lors d'un accrochage entre leurs voitures sur le parking de l'aéroport. Et après que Philip se soit énervé contre cette incapable sans cervelle, et après qu'Ida ait fondu en larmes devant tant de malheurs à répétition… ils vont se rendre compte qu'ils vont au même endroit : dans les environs de Sorrente, dans la baie de Naples, où leurs enfants respectifs doivent se marier… Et l'improbable va peu à peu se produire, ces deux êtres que tout oppose (formidablement interprétés par le déjà cité Pierce Brosnan et la fabuleuse actrice danoise Trine Dyrholm, dont vous ne connaissez pas le nom mais que vous reconnaitrez dès que vous la verrez…), sinon le rapprochement de leurs enfants, vont peu à peu s'apprivoiser, apprendre à se connaître et à s'apprécier. Tout cela au fil d'une cérémonie de mariage qui part totalement à vau-l'eau malgré la villa magnifique, malgré le soleil, malgré la mer : la belle sœur de Philip est une vipère qui a toujours eu le béguin pour lui et plombe la noce avec des discours totalement hors de propos, le mari d'Ida débarque avec dans ses bagages sa maîtresse jeune et sans gêne, le futur marié semble avoir soudainement du mal à se consacrer à ses devoirs pré-conjugaux…

    Et petit à petit les secrets de chacun se dévoilent, les tempéraments s'affrontent, en un joyeux jeu de massacre qui rappelle un peu, en mode mineur, le célèbre Festen. Susanne Bier réussit à concilier cette causticité parfois hilarante (le mari d'Ida est un génial gougnafier) et un romantisme sincère et parfois très émouvant, comme dans cette scène incroyable où Philip découvre, au détour d'une crique, Ida qui se baigne chauve et nue, offrant son corps meurtri à la Méditerranée éternelle.


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  • Cela partait d'une bonne idée: la critique d'une monde où tout est bon pour devenir célèbre. Et riche. Un pauvre type qui cherche désespéremment du travail a un accident et fait tout pour le monnayer. C'est bavard et ennuyeux. Dommage.

    scénario: 13/20   acteurs: 14/20  technique: 16/20   note finale: 13/20

    Un jour de chance

    Ancien publicitaire à succès désormais sans emploi, Roberto ne supporte plus d'être au chômage. Désespéré, il veut faire une surprise à sa femme en l'invitant dans l'hôtel qui fut le théâtre de leur lune de miel. Mais l'établissement a laissé place à un musée, sur le point d'être inauguré et présenté à de nombreux journalistes. Au cours de sa visite, Roberto fait une grave chute... En quelques minutes il devient l'attraction numéro 1 des médias présents et comprend que cet accident pourrait finalement lui être très profitable...

    Pour qui connaît un peu la filmographie de ce trublion qu'est Alex de la Iglesia, précisons que ce Un jour de chance se situe plutôt dans sa veine « classique ». Ce qui ne veut pas dire sage et sans surprise, mais assurément sans effets sanglants, sans scènes gore ou horrifiques. On est du côté de Mes chers voisins ou Un crime farpait, qui sont d'ailleurs ses plus gros succès en France.
    Le scénario est placé sous le signe de la fable incongrue et cruelle. Le personnage principal, Roberto, est un ancien publicitaire sans emploi, réduit au chômage longue durée (comme beaucoup d’Espagnols aujourd’hui), et qui, grâce au soutien de sa femme Luisa, s’obstine à enfiler tous les matins costume et cravate pour se présenter à des entretiens d'embauche au milieu de dizaines d’autres candidats tout aussi à cran. Mais ce matin-là, il en est sûr, il va décrocher le job : le patron d’agence qu’il va voir est un ancien ami, pour qui Roberto a pondu il y a des années un slogan (« La chispa de la vida ! ») qui a fait sa fortune…

    Les choses ne se passent évidemment pas comme prévu, Roberto se fait éconduire une fois de plus et, désespéré, il décide de se remonter le moral en allant revoir l’hôtel de sa lune de miel, avec l'idée de faire une surprise à sa femme en l'invitant pour un séjour revival en amoureux. Mais voilà : sous le dit hôtel on a trouvé les ruines d’un théâtre romain, et l’ensemble est devenu un musée archéologique encore en chantier, dans lequel il pénètre en douce. Il se balade, est surpris par un garde, fait un pas en arrière… et chute de plusieurs mètres pour venir s'empaler sur une tige métallique… Le voilà immobilisé, conscient, un bout de ferraille planté à l’arrière du crâne, intransportable, entre la vie et la mort, mais paradoxalement il ne souffre pas, à condition de ne pas bouger un orteil. Débarque bientôt une équipe médicale de haut niveau, suivie d'une près par une flopée de journalistes à sensation. Et à l’instar des mineurs chiliens, ou de la malheureuse petite fille coincée dans un torrent de boue en Colombie, sa survie ou son agonie vont devenir un objet télévisuel qui va faire vibrer toute l’Espagne. Et Roberto croit voir dans cet accident son jour de chance, qui le rendra riche et célèbre ou du moins qui assurera à sa famille la belle vie qu’il n’a jamais pu lui apporter.

    Un jour de Chance est une tragi-comédie féroce sur la tyrannie de l’image dans un pays qu'Alex de La Iglesia décrit en pleine faillite économique mais aussi en pleine déliquescence morale. Il montre les Espagnols vivant presque par procuration, à l’affut des reportages à sensation. Il n’est pas anodin qu’il situe sa fable sardonique dans un théâtre antique où l’Espagne observe à la télé Roberto empalé. La télé-réalité est clairement devenue l’héritière des jeux du cirque ou des exécutions publiques, qui permettaient au peuple d’oublier ses malheurs et sa soumission. Alex de La Iglesia est tout aussi impitoyable avec le monde de l’entreprise, où l’on ne produit que du vent et des rêves inutiles, où le cynisme et l’hypocrisie sont les règles du dialogue social, où l’on est embauché ou viré pour des raisons incompréhensibles. Pas de pitié non plus pour les médias, prêts à vendre l’information coûte que coûte à telle ou telle marque, monnayant l’interview d’un mourant en espérant bien que l’issue sera fatale. Est épinglée enfin la culture officielle, la rénovation d’un site archéologique n’étant ici que prétexte à communication politique. Alex de la Iglesia, sous ses allures de geek biberonné au cinéma d’horreur, est bien à sa manière l'héritier des furies révolutionnaires d’un Buñuel ou d’un Almodovar des débuts.


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  •  N'importe quoi. pas très réussi. ce film partait d'une bonne intention mais c'est fouilli, cela part dans tous les sens et c'a pas grand intérêt finalement. Nous étions 3 dans la salle. Un signe?

    scénario: 11/20   acteurs: 12/20   technique: 16/20   note finale: 12/20

    Télé gaucho

    Tout a commencé lorsque les caméscopes ont remplacé les caméras. Faire de la télé devenait alors à la portée de tous. Jean-Lou, Yasmina, Victor, Clara, Adonis et les autres ne voulaient pas seulement créer leur propre chaîne de télé, ils voulaient surtout faire la révolution. Ainsi naquit Télé Gaucho, aussi anarchiste et provocatrice que les grandes chaînes étaient jugées conformistes et réactionnaires. Cinq années de grands foutoirs, de manifs musclées en émetteur pirate, de soirées de beuveries en amours contrariées... et ce fut ma parenthèse enchantée.

    C'est une époque qui nous semble proche et étrangement lointaine à la fois. En 1995, il y a donc dix-sept ans, Michel Leclerc – qui a depuis débuté dans la réalisation avec un coup de maître : le savoureux et ironique Le nom des gens – est un jeune monteur pour la télé commerciale, qui s'investit parallèlement dans Télé Bocal, une télé de proximité du vingtième arrondissement créée par de joyeux flibustiers ribouldingues qui ont profité de l'arrivée des nouvelles caméras numériques légères pour tenter de contrebalancer les images dominantes. Deux décennies après les premières radios libres, dont les ondes ont été libérées en 1981 avant d'être en majeure partie avalées par la grande récup de la FM commerciale, un bel espoir était né du côté des télés « pirates », avec Télé Bocal, Zalea TV et quelques autres qui firent trembler le PAF bien endormi.
    Michel Leclerc aurait pu faire de cette aventure un documentaire avec les protagonistes encore actifs et quelques images bien dingos tournées à l'époque, mais il a senti le potentiel comique et déjanté de cette histoire, avec sa galerie de personnages tout droit sorties d'une BD, tout en gardant un fil autobiographique à travers le personnage principal, Victor, un jeune apprenti cinéaste recruté in extremis, le seul à peu près raisonnable dans une bande d'allumés, une sorte de clown blanc au milieu des augustes de l'audiovisuel pirate.

    Dans la bande de Télé Bocal, rebaptisée Télé Gaucho pour le film, il y a les fondateurs : Jean-Lou, le chef un peu tchatcheur, un peu gourou, très dragueur, incarné par un Eric Elmosino au mieux de sa forme ; Yasmina, la furie politique toujours prête à en découdre avec la maréchaussée dans les manifs de sans papiers ou les occupations d'immeubles (Maïwenn est parfaite) ; Etienne, l'idéologue intransigeant qui voit des stigmates de la bourgeoisie partout tout en habitant les beaux quartiers… La bande est bientôt rejointe par Clara, miss catastrophe irrésistiblement touchante, sorte de furie toujours enthousiaste, incarnée par la toujours azimutée Sara Forestier.
    Michel Leclerc épingle, de manière sarcastique mais tendre, les paradoxes de ce milieu, avec ses personnages tout en contradictions, mus par une énergie incroyable mais aussi par les tensions liées au pouvoir – Jean-Lou, qui se proclame anar, est le pire des tyrans hystériques –, liées au machisme, qui n'épargne pas les gauchistes comme nombre de femmes ont pu s'en apercevoir… Il pointe aussi les limites du dézinguage de la télé dominante quand ils essaient de piéger la présentatrice de télé-réalité Patricia Gabriel (Emmanuelle Béart), employeuse fascinante de Victor, pas aussi crétine qu'elle en a l'air.

    Mais au delà de toutes ses réserves, le film montre de manière hilarante la créativité et la causticité de la bande, autant quand Victor crée ces mini-séries désopilantes qui ont fait le succès de Télé-Bocal (par exemple « Ces objets qui nous font chier ») ou quand l'équipe infernale monte le piratage durant quelques secondes d'une retransmission d'un discours de l'Elysée… Tout ça baigne dans une joyeuse ambiance punk bercée par une bande son entre titre des Motivés et du groupe punk K-Roll.


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  • Il est dommage que ce film parte dans tous les sens et qu'il effleure tous les problèmes de la communauté arabe d'Israël sans en aborder aucun.Trop touffu, trop fouillis, trop brouillon. Mais pas inintéressant. bof.

    scénario: 13/20    acteurs: 13/20   technique: 16/20   note finale: 13/20

    Héritage

    Une famille palestinienne se rassemble dans le Nord de la Galilée pour célébrer un mariage, dans un climat de guerre. Lorsque le patriarche tombe dans le coma, les conflits internes font exploser peu à peu l’harmonie familiale, révélant secrets et mensonges jusqu’alors enfouis…

    Le film commence par le plan magnifique, vu du ciel, de montagnes boisées qui semblent former une frontière infranchissable entre deux vallées désertiques. Avec en fond sonore le bruit assourdissant d'avions de combats qui survolent ce territoire millénaire. Cette frontière, c'est celle qui sépare Israël du Liban. On croit avoir tout vu au cinéma de ce conflit : l'arrachement à la terre, les identités explosées, l'oppression coloniale… et pourtant la grande actrice palestinienne Hiam Abbass (révélée par Satin Rouge de Raja Amari, puis splendide dans Les Citronniers de Eran Riklis ou plus récemment dans Une Bouteille à la mer de Thierry Binisti), passée pour la première fois de l'autre côté de la caméra, prend le sujet par un bout de la lorgnette relativement inédit : peut-on, malgré les circonstances mouvementées, tenter de mener une vie « normale » ? En l'occurrence peut-on défier la guerre qui semble vouloir redémarrer et célébrer coûte que coûte un mariage ?

    Nous sommes dans une famille d'un petit village arabe du Nord de la Galilée, dont les habitants subissent la double peine : vivre en tant qu'Arabes d'Israël une citoyenneté de seconde zone et se trouver en permanence, proximité de la frontière oblige, à portée de tir des adversaires d'Israël. La situation ressemble à celle de 2006, quand la guerre a redémarré au Sud Liban, mais Hiam Abbas se refuse à dater précisément l'action de son film, l'essentiel étant l'observation de tout ce qui arrive à cette famille, et qui est aussi tragique, aussi comique, aussi absurde que l'est la situation géopolitique et militaire. Le symbole le plus frappant de cette absurdité est cette photo de mariage que l'on tente de faire alors que les F16 israéliens volent en rase-mottes pour aller bombarder les frères libanais tout proches. Car si le monde explose autour, la famille semble elle aussi au bord de la rupture, tant ses membres sont différents, affichent des positions et des façons de vivre parfois irréconciliables.
    Prenons les trois frères : Majd, l'aîné, entrepreneur raté qui a voulu se lancer dans l'immobilier alors que tout le monde n'aspire qu'à fuir ce village menacé, un homme aveuglé par la fierté qui voudrait tant ressembler à son père ; Ahmad, l'avocat arriviste prêt à tout pour faire une carrière politique, y compris à passer pour un collabo en acceptant l'appui des Israéliens ; enfin, Marwan, le jeune médecin ouvert et tolérant qui a eu le courage de se marier contre l'avis de tous avec une chrétienne…

    Du côté des femmes, elles aussi sont très dissemblables, entre Zeinab, la sœur aînée désabusée, qui s'est toujours sacrifiée pour son père devenu veuf et qui paradoxalement est la plus religieuse mais aussi la plus compréhensive, Samira, la femme cynique et intéressée de Majd qu'incarne magnifiquement Hiam Abbas, et enfin la jeune Hajar, jeune femme libre, amoureuse d'un étranger, partagée entre le désir de vivre pleinement sa vie en partant loin et l'attachement profond à sa famille. Hajar est interprétée avec fougue par Hafsia Herzi, la révélation de La Graine et le mulet, et représente à elle seule toutes ces jeunes femmes qui, de par le monde, ont du choisir entre la tradition, l'attachement familial, et leur liberté. Hajar est sans doute un peu l'alter ego de Hiam Abbas, née à Nazareth et partie s'installer en France dès 1987. A travers cette chronique familiale tour à tour drôle et grave, l'actrice-réalisatrice dresse un portrait vivant et intelligent de cette société complexe, généreuse mais traversée de terribles contradictions qui en font aussi toute la richesse.


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  • Voici un joli film intimistes avec de grands acteurs aux sommets de leur talent. le scénario est un petit bijou. On peut regretter la fin un peu abrupte. La maison du vieux couple est une merveille.

    scénario: 16/20   acteurs: 18/20   technique: 16/20       note finale: 16/20

    Mes héros

    Maxime est un chef d’entreprise qui fait des heures supplémentaires pour sauver sa compagnie d’ambulances au risque de sacrifier sa femme et ses enfants. Apprenant que sa mère est en garde à vue, il va la sortir de prison… et se le fait aussitôt reprocher. Olga, sa mère, est en effet une femme de caractère. Il apprend qu’elle s’est à nouveau disputée avec son père et décide de la ramener chez elle. C’est l’occasion pour Maxime de passer un week-end loin de ses responsabilités. Chez ses parents, deux sexagénaires qui, depuis quarante ans, s’aiment autant qu’ils s’engueulent. Cette parenthèse joyeuse dans une vie agitée est l’occasion pour le fils de se rappeler d’où il vient. La vie a beau être éphémère et injuste elle peut aussi être envisagée comme une suite de petits bonheurs.
    D’autant plus qu’ils ont un invité…


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  • Un adorable conte sur la tolérance et la différence qui plaira aux petits et aux grands ayant gardé une âme d'enfants. les jolies aquarelles de cette animation donne un aspect d'antan réjouissant à l'ensemble.

    scénario: 18/20        technique: 18/20      note finale: 18/20

    Ernest et Célestine

    Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.

    C'est du bonheur en branches, un ravissement pour les yeux, l'intelligence, le cœur, les oreilles… Un miracle de l'hiver, un conte qui se raconte au coin d'un feu qui pétille, une histoire pleine de philosophie, de drôlerie, de tendresse et d'humour pour remonter le moral des grands et apprendre aux enfants qu'il est possible d'inventer un monde meilleur pourvu qu'on refuse de se laisser obscurcir la vue par ces sombres préjugés qui entretiennent la haine de l'autre et donc de soi-même. C'est une fable morale qui plaide pour le pas de côté qui peut tout changer… incite à la tolérance sans jamais bêtifier. C'est un moment de grâce qui doit tout au travail de quatre ans d'une équipe formidable qui n'a pas seulement cultivé la splendeur visuelle en rajoutant une dimension fantastique aux albums de Gabrielle Vincent, mais pris un plaisir communicatif à donner du sens au moindre détail.

    Il y a le monde d'en bas, souterrain, et le monde d'en haut, en surface, et chacun s'est construit une culture en opposition à l'autre : on ne se fréquente pas, on ne se connait pas, même si chacun a néanmoins besoin de l'autre. Les souris du monde d'en bas échafaudent, en tremblant de trouille, toutes sortes de stratégies pour piquer à la société des ours du dessus les matièrs premières qui leur sont indispensables pour l'organisation de leur principale industrie : la dent. Les ours prospèrent (en provoquant des caries qu'ils soignent ensuite) dans la méfiance et la peur de ces petites choses qui se faufilent partout et pourraient bien les envahir : « tu en acceptes une et il en vient cent ! ». Mais les trouvent furieusement indispensables dès qu'il s'agit de mettre leur dent de lait sous l'oreiller pour récupérer un gros sou.
    Des deux côtés, on raconte aux enfants des histoires terrifiantes pour entretenir cet antagonisme séculaire qui permet aux chefs de conforter leur pouvoir en soumettant un petit peuple craintif, persuadé d'avoir besoin d'être protégé. Entre les deux peuples, les préjugés sont tenaces et la culture de chacun contribue à maintenir le statu quo.
    Mais une rencontre, une amitié profonde entre un gros ours ronchon et une petite souris de rien du tout va révolutionner les deux camps : cette amitié contre nature va mettre leurs police respectives sur les dents. Les deux copains seront poursuivis, traqués, emprisonnés, jugés dans un procès qu'envierait Capra…

    La petite souris, c'est Célestine, adorable petite orpheline abandonnée de tous, mais qui refuse de rentrer dans le rang : son rêve, c'est de peindre et dessiner et son regard sur la terre entière n'est que bienveillance et curiosité. L'ours, c'est Ernest, qui fait figure de marginal cool et a déçu cruellement son papa qui l'aurait rêvé juge, mais il rejette lui aussi sa destinée tracée d'avance, quoi qu'il lui en coûte, en devenant chanteur, musicien, poète…
    Ces deux « refuzniks » étaient donc fait pour se comprendre… et pour nous faire fondre tout en donnant aux petits enfants une vision très réaliste de leur propre monde, un monde que même une petite souris et un gros ours peuvent contribuer à faire évoluer.


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  • Même si la mise en scène est parfois déroutante puisque parfois on se retrouve sur une scène de théâtre, ce film est une totale réussite. les décors et les costumes sont somptueux. 

    scénario:19/20      acteurs: 16/20    technique: 19/20  note finale: 17/20

    Anna Karenine

    Russie, 1874, la belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-Pétersbourg. À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. Quelques brefs échanges suffisent pour éveiller en Anna et Vronski une attirance mutuelle. Oblonski reçoit également la visite de son meilleur ami Levine, un propriétaire terrien sensible et idéaliste. Épris de la sœur cadette de Dolly, Kitty, il la demande gauchement en mariage, mais Kitty n’a d’yeux que pour Vronski. Dévasté, Levine se retire à Pokrovskoïe et se consacre entièrement à la culture de ses terres. Mais le cœur de Kitty est lui aussi brisé quand elle prend conscience, lors d’un grand bal, de l’infatuation réciproque d’Anna et Vronski. Anna, désorientée, rentre à Saint-Pétersbourg, mais Vronski l’y suit. Elle s’évertue à reprendre sa calme vie de famille mais son obsession pour le jeune officier ne cesse de la tourmenter. Elle s’abandonne alors à une relation adultère qui scandalise toute l’aristocratie locale. Le statut et la respectabilité de Karénine sont mis en péril, le poussant à lancer un ultimatum à sa femme. Dans sa recherche éperdue de bonheur, Anna révèle au grand jour l’hypocrisie d’une société obsédée par le paraître. Incapable de renoncer à sa passion, elle fait le choix du cœur.

    Après Orgueil et préjugés, Jœ Wright adapte à nouveau un roman fleuve. Cette fois il s’agit DU roman fleuve, un des plus importants de la littérature russe, Anna Karenine. Et devant la caméra virtuose du cinéaste Jœ Wright, Léon Tolstoï se paye le luxe d’une renaissance. Faste, outrancier, romantique jusqu’à l’excès, le cinquième film du réalisateur britannique est une nouvelle merveille. Wright aborde l’exercice avec autant de respect que de tentation visionnaire. Il trouve ainsi l’équilibre parfait entre classicisme racé et modernisme, brisant les murs de la réalité avec la même élégance qu’il déplace des pans entiers de décors, touchant au génie dans son mariage entre littérature, théâtre et cinéma.

    Dans ses premiers instants, Anna Karénine par Jœ Wright impose une vision de cinéaste digne des plus grands maîtres. Impossible de ne pas voir dans la précision géométrique de ces cadres, dans la rigueur des perspectives, l’héritage perfectionniste de Stanley Kubrick. Jœ Wright ira même un peu plus tard jusqu’à le citer ouvertement dans des mouvements de travelling avant-arrière lors d’une séquence se déroulant dans un labyrinthe. C’est dire dans quelles sphères évolue aujourd’hui le réalisateur qui compose son film en appliquant les principes des cinéastes fondamentaux, mais également ceux de Tolstoï. Le récit d’Anna Karénine, le roman, n’est pas tant ce qui en fait la puissance. Cette histoire d’amour destructrice, d’adultère et de chute sociale ne serait qu’un simple mélodrame s’il n’y avait pas le style d’un auteur procurant la fièvre du romanesque. Et Jœ Wright l’a bien compris en ne se contentant jamais de raconter une histoire mais en lui insufflant une âme, une fougue, un style sans pareil. Comment faire vibrer un spectateur d’aujourd’hui à travers une histoire située dans l’aristocratie russe d’il y a deux siècles ? Tout simplement en lui apportant un traitement tel que ce récit redevient contemporain et universel. C’est le dramaturge Tom Stoppard, jadis scénariste de Brazil, Empire du soleil ou Despair, qui est sorti d’un silence cinématographique d’une dizaine d’années pour triturer l’œuvre de Tolstoï et donner à Jœ Wright le matériau idéal. Il fallait un homme de théâtre pour revisiter Anna Karenine, et un expérimentateur un peu fou pour le mettre en image. Jœ Wright prouve avec ce film, plus encore que tous ceux qui s’y sont frottés, que filmer une pièce de théâtre peut donner lieu à un morceau de pur cinéma.

    A travers son sens du découpage et de la transition, ses plans séquences majestueux à travers des décors gigantesques et en mouvement, la grandiloquence de la composition de Dario Marianelli, son exploration des coulisses par les acteurs, son goût pour le romanesque, Jœ Wright traite de la manipulation de l’image de façon extrêmement ludique, en n’oubliant jamais qu’il y a des spectateurs de l’autre côté de l’écran venus assister à un mélodrame flamboyant fait de rencontres, de trahisons, de violence, de mort et d’amour. Tout y est exacerbé à l’extrême. Tout est beau, tout est frontal et c’est précisément ce qui donne toute sa force au film. Au milieu de cet opéra dont les mouvements organiques adoptent ceux de la grande comédie musicale pour capter les personnages, une déesse enflamme l’écran. Keira Knightley n’a jamais été aussi belle, aussi présente, aussi rayonnante. Elle irradie Anna Karenine et apporte toute la nuance de son jeu à un personnage riche et tragique, tandis que lui répondent un Aaron Johnson toujours plus à l’aise et un Jude Law à contre-emploi qui trouve peut-être là son plus beau rôle. Ils donnent du corps à ce récit d’une amplitude démesurée et aux intrigues parallèles complexes, à ce film-monstre qui réinvente littéralement un monument classique. Jœ Wright confirme qu’il est l’un des réalisateurs contemporains les plus impressionnants.


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  •  Un film très réussi sur les enfants soldats. Une merveille malgré la dureté su sujet. Les acteurs sont fantastiques.

    scénario: 18/20     technique: 18/20  acteurs: 20/20  note finale: 19/20

    Rebelle

    Komona, jeune fille, raconte à l’enfant qui grandit dans son ventre l’histoire de sa vie quand elle a dû faire la guerre dans l’armée des guerriers rebelles d’un pays d’Afrique Centrale.
    Le seul qui l’aide et l’écoute est Le Magicien, un garçon de 15 ans qui veut l’épouser. Au fil des mois passés ensemble, Komona et Le Magicien tombent amoureux et s’évadent pour vivre leur amour et trouver la voie de la résilience.
    Rebelle est une fable sur l’Afrique subsaharienne du 21ème siècle, une histoire d’amour entre deux jeunes âmes prises au milieu d’un monde de violence, de beauté et de magie.

    Le film Rebelle, à l’affiche à partir du 28 novembre 2012, dénonce l’utilisation des enfants soldats et par corrélation les transferts irresponsables d’armes.

    Kim Nguyen a commencé à écrire Rebelle il y a 10 ans, au moment du tournage de son premier film, Le Marais. Le cinéaste confie à ce sujet : "Au fil des ans, un scénario est né, un scénario qui tenterait de porter hommage aux vrais héros de l’Afrique, ces héros qui ne sont pas toujours des Occidentaux venus "sauver" des victimes sans défense, mais plutôt des hommes, des femmes et des enfants dont la résilience humaine parvient encore et toujours à vaincre les drames de la guerre."

    Le décor, c'est l'Afrique Subsaharienne, splendide : paysages luxuriants, comme on dit, qui semblent ne pouvoir inspirer autre chose que la sérénité et l'abondance. Pourtant le pays – on ne saura pas exactement duquel il s'agit – est déchiré par des guerres fratricides, dont on ne sait même plus les causes tant elles durent et renaissent constamment, même lorsqu'on les croit en voie d'apaisement : questions de territoires, de pouvoir, de richesses à partager, de querelles ancestrales qui se perpétuent…
    Komona vit paisiblement avec ses parents, dans un village de pêcheurs, un début d'adolescence heureuse. Mais un jour une bande d'hommes armés jusqu'aux dents déboule en hurlant et sa vie bascule dans l'horreur. « Il faut d'abord que je t'explique comment je suis devenue soldat. Parce que sinon, quand tu sortiras, je ne sais pas si le bon Dieu va me donner assez de force pour t'aimer »… Komona a quatorze ans quand le film commence sur ses mots et c'est à l'enfant qui grandit dans son ventre qu'elle raconte l'histoire de sa vie et comment elle a été enlevée deux ans plus tôt par les rebelles, comme des milliers d'autres enfants, enrôlés malgré eux pour combattre, après avoir assisté, voire participé de force, au massacre de leur famille, à la destruction de leurs maisons… embarqués dans une spirale d'horreur, manipulés, violés, drogués par des hommes fous de violence et de haine. C'est à se demander comment il est possible que survive encore dans ces gamins, en proie à un décervelage constant, une lueur d'humanité.

    Du fond de l'enfer, Komona est touchée par le comportement d'un jeune albinos de son âge qu'on appelle Le Magicien. Amitié, amour… peu importe, mais dans leur relation ils vont trouver la force de décider de fuir un conflit qui dure depuis des décennies dans un pays où on peut faire la fête au son des rafales des armes, où la vie d'un homme a moins de prix qu'une kalachnikov et où les fantômes ne cessent d'errer parmi les vivants, perdus entre deux mondes. La magie est omniprésente et les silhouettes blafardes des défunts se déplacent sur les zones de combat, à ne plus savoir s'ils sont le produit de l'imagination, l'effet de substances hallucinogènes, ou l'émergence d'un monde parallèle mais bien réel, celui des morts sans sépulture, condamnés à errer sans pouvoir accéder à un apaisement éternel… provoquant un sentiment d'irréalité douce et cauchemardesque à la fois.
    On écoute Komona raconter son histoire comme on dit un conte, et cela donne à la réalité la distance d'une fable lyrique et forte. Le film décrit une apocalypse, mais il est, en dépit de l'horreur, poétique et beau. Outre l'épatante musique qui tout le long l'accompagne, il suggère quelque chose de profondément fascinant qui passe dans la voix de cette jeune fille : rien ni personne ne semble pouvoir réduire son instinct vital, comme si d'avoir rencontré l'amour (de vivants ou de morts) continuait à nourrir son esprit d'une force profonde.

    Le film a été tourné au Congo Kinshasa, où ont été recrutés les comédiens pour la plupart débutants, comme Rachel Mwanza, gamine des rues abandonnée par ses père et mère, jusqu'à ce qu'elle croise, en 2010, un réalisateur qui lui demande de faire figurante dans un documentaire où Kim Nguyen la remarque… C'est ainsi que Rachel est devenue l'héroïne de Rebelle, pour lequel elle a remporté le prix d'interprétation féminine au festival de Berlin. Si ça, c'est pas une belle histoire !


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  • Très réussi ce dessin animé sur un méchant qui veut devenir gentil. On rit de bon coeur aux références absurdes, à l'humour décalé de cette animation. Un film pour les enfats et pour ceux qui ont gardé une âme d'enfatns. Je ne pense pas qu'il convietn aux adultes et aux vieux qui risquent de manquer de références.

    scénario: 16/20  technique: 17/20  note finale: 17/20

    Les Mondes de Ralph

    Dans une salle d’arcade, Ralph la casse est le héros mal aimé d’un jeu des années 80. Son rôle est simple : il casse tout ! Pourtant il ne rêve que d’une chose, être aimé de tous…
    Vanellope Van Schweetz quant à elle, évolue dans un jeu de course, fabriqué uniquement de sucreries. Son gros défaut : être une erreur de programme, ce qui lui vaut d’être interdite de course et rejetée de tous…
    Ces deux personnages n’auraient jamais dû se croiser… et pourtant, Ralph va bousculer les règles et voyager à travers les différents mondes de la salle d’arcade pour atteindre son but : prouver à tous qu’il peut devenir un héros… Ensemble, arriveront-ils à atteindre leurs rêves ?


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  • Présenté comme un film américain, ce film est pourtant 100% espagnol. C'est totalement réussi: le scénario nous entraîne dans la vie tragique de ctte famill lors du tsunami de 2004. Les acteurs ont épatants et c'st filmé avec talent. Par contre, je déconseille formellement ce film aux personnes sensibles car par moment il est très dur à regarder, tant il est réaliste. 

    scénario: 18/20   acteurs: 18/20  technique: 18/20  note finale: 17/20

    The impossible

    L’histoire d’une famille prise dans une des plus terribles catastrophes naturelles récentes. The Impossible raconte comment un couple et leurs enfants en vacances en Thaïlande sont séparés par le tsunami du 26 décembre 2004. Au milieu de centaines de milliers d’autres personnes, ils vont tenter de survivre et de se retrouver. D’après une histoire vraie.


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  • Alors là dans la nullité, il y a du lourd! C'est d'un ennui rare. C'est nul, c'est moche, le scénario est débile. Tout juste une série z. 

    scénario1/20  acterus: 5/20  technique: 16/20  note finale: 2/20

    Cogan : Killing Them Softly

    Lorsqu’une partie de poker illégale est braquée, c’est tout le monde des bas-fonds de la pègre qui est menacé. Les caïds de la Mafia font appel à Jackie Cogan pour trouver les coupables. Mais entre des commanditaires indécis, des escrocs à la petite semaine, des assassins fatigués et ceux qui ont fomenté le coup, Cogan va avoir du mal à garder le contrôle d’une situation qui dégénère…

    Après L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (où jouait déjà Brad Pitt), superbe western lyrique à l'atmosphère victorienne, le néo-zélandais Andrew Dominik réalise pour son troisième film un polar lui aussi très stylisé mais au récit nettement plus dense et rythmé, explorant à nouveau avec un regard décalé l'Amérique et ses mythes. On pourrait convoquer les influences de Tarentino pour les dialogues surréels, des Cœn pour le comique de situations absurdes, de Scorsese pour sa description violente de la mafia, et même de James Gray pour la mise en scène et en particulier l'usage très classe des ralentis dans les séquences de fusillades. Mais Andrew Dominik, plus qu'une synthèse du Panthéon du polar moderne, réalise ici le premier polar de l'Amérique en crise, un remix du genre au même titre que la magnifique reprise par les Fugees de Killing me softly with his song, connue pour son interprétation par Roberta Flack (le titre original de Cogan avait quand même plus de gueule…).

    L’action se passe au moment de la crise des subprimes, à la veille du duel Obama-McCain de 2008. On entend par moments les échos lointains des discours politiques défendant les valeurs américaines du travail, de la cohésion de la communauté, totalement absentes du décor, celui d'une Amérique dévastée : friches industrielles, bicoques délabrées laissées à l'abandon, rues désertées où seuls quelques junkies osent s'aventurer, à la recherche fébrile d'un autre plan minable pour se faire quelques dollars. L'intrigue est simple : deux losers braquent un tripot clandestin tenu par Ray Liotta, déjà soupçonné par ses chefs de les avoir entubés sur une affaire similaire. Nos deux petits malins espèrent pouvoir lui faire porter le chapeau, car ils savent bien que sinon, la mafia les pourchassera jusqu'à la tombe. Bien sûr, ils ne seront pas si malins que ça…
    Cogan (Brad Pitt), tueur professionnel, est embauché par Richard Jenkins (génial en mafieux désabusé) pour démêler cette histoire et faire le ménage. La scène d'embauche donne lieu à un dialogue savoureux. Jenkins négocie pour réduire les frais, rechignant à faire faire le job par deux tueurs comme le demande Cogan : la pègre n'est plus ce qu'elle était, c'est la crise aussi pour elle, reflétant la désespérance des classes moyennes dans un pays à l’agonie. Le deuxième tueur que Cogan va faire venir, c'est James Gandolfini, alcolo dépressif, qui bien sûr nous rappelle Tony Soprano et toute la thématique de la mafia désemparée à notre époque de perte de repères et de valeurs.

    Sans dévoiler davantage ce scénario brillant, inventif, à la fois drôle et sombre, impossible de ne pas citer la réplique finale de Brad Pitt : « L’Amérique n’est pas un pays, c’est un business. »
    Alors que s'apprête à déferler une horde de nains et de hobbits barbares aux pieds poilus dirigés par un néo-zélandais hirsute, que Disney vient de racheter la franchise Star Wars et que d'aucuns craignent un retour des Ewoks sur les écrans, que la Statue de la Liberté a les pieds dans l'eau après le passage de l'ouragan Sandy, plongeant New York dans l'obscurité… un autre néo-zélandais débarque aux USA pour terminer le job.


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  •  Beaucoup plus réussi que le premier que j'vais trouvé complètement débile et dont je n'avais pas eu le couyrage de voir la fin. Si vous aimez l'humour second degré, vous allez adorer ce film qui est une parfaite parodie des films américains et de quelques autres choses. Un peu lassant à force, mais intéressant. Les acteurs sont formidables mais le scénario n'est pas top. 

    scénario: 13/20      acteurs: 17/20       technique: 16/20     note finale: 14/20

    Mais qui a re-tué Pamela Rose ?

    Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier Richard Bullit. Un ex-ami avec lequel il est brouillé, depuis des années, suite à une fâcheuse histoire de femme et de Fuego. Les deux anciennes gloires du FBI, devenus des purs has been, se retrouvent donc pour enquêter sur cette profanation, sans savoir qu’ils sont en réalité attirés dans un piège par un homme qui leur en veut beaucoup. Sans se douter non plus qu’ils seront bientôt les seuls à être au courant que la présidente des Etats-Unis of America est sur le point d’être assassinée. Rien que ça…


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  • Les 30 premières minutes sont ennuyeuses mais le reste du film est relativement intéressant même si c'est typiquement américain avec des références à la culture américaine etc... On peut noter un clin d'oeil amusant: celui de la fée des dents américaine à sa cousine française la petite souris. Mais à part ça, c'est un peu creux. 

    scénario: 8/20   technique: 14/20  note finale: 10/20

    L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.

    Et si la légende du Père Noël, du Lapin de Pâques, de la Fée des Dents et du Marchand de Sable ne nous avait pas dévoilé tous ses secrets ? Et si ceux qui nous offrent généreusement des cadeaux, des œufs, de l’argent ou des rêves avaient gardé en eux une part de mystère ? Les Gardiens de l’enfance, chargés de veiller sur l’innocence et l’imaginaire de nos chères têtes blondes, vont devoir déployer leurs forces comme jamais encore ! Car dès lors que Pitch, un redoutable esprit maléfique menace d’éliminer les Gardiens en volant aux enfants leurs rêves et leurs espoirs pour répandre la peur, nos quatre héros demandent à Jack Frost de les rejoindre et les aider dans leur mission. Adolescent rebelle et solitaire, Jack Frost peut, grâce à sa canne magique, et pour son plus grand plaisir, créer de la glace, du vent et de la neige mais il ne connaît rien de son passé et n’a aucun réel but dans la vie… Invisible aux yeux des enfants, Jack Frost n’a pas conscience de l’étendue de son pouvoir mais en s’engageant aux côtés des quatre légendes dans un combat sans merci contre le mal, il va enfin se révéler à lui-même et aux enfants du monde entier.

    Adaptation des romans et livres illustrés de William Joyce, ce long métrage déploie un imaginaire foisonnant et fascinant et nous offre une belle réussite visuelle doublée d’un joli conte de Nœl, magique et divertissant. Les méchants sont méchamment maléfiques et les héros sont sages et courageux, autour d’eux des fées colibris virevoltent au-dessus de sculptures en pierres vivantes et de gentils yétis dans des décors chatoyants… tous les ingrédients sont réunis. Dreamworks a bien compris qu’un film d’animation se doit de toucher tout le monde, mais le temps de ce long-métrage, on sera vraiment tous des enfants…


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  • Ce dessin animé plein de bons sentiments part dans tous les sens et n'est pas aussi réussi qu'il pourrait l'être. Enfin, on a connu pire...

    scénario: 13/20       technique: 16/20      note finale: 15/20

     

    Tandis que son père est toujours absent à sillonner le ciel dans la brigade du Père Noël, Niko le petit renne voudrait que ses parents se retrouvent et qu’ils forment enfin une vraie famille. Mais sa mère a une surprise pour Niko : elle a rencontré quelqu’un, Lenni, un renne qui a un fils nommé Jonni. Le rêve de Niko est alors brisé. Dans cette famille recomposée, Niko doit s’occuper de Jonni, son nouveau petit frère. Mais un jour, celui-ci est kidnappé par le loup blanc et sa horde de vautours ! Accompagné de son fidèle ami Julius l’écureuil volant, Niko démarre alors une grande aventure à la recherche de Jonni, avec à la clef, l’acceptation d’une nouvelle famille…

    Niko n’est plus tout à fait un petit Renne. Il a grandi (forcément en deux ans !), il a pris du poils aux pattes et pas mal d’assurance. Il faut dire qu’avec un paternel membre de la fameuse, la célèbre, la rigolarde brigade des rennes du Père Noël, il a été à bonne école. Mais Niko, tout renne qu’il est, a une vie comme tout plein d’enfants du monde : le dimanche soir, il quitte son pôpa pour retrouver le chemin du bercail rassurant, apaisant, calme et sécurisé de sa môman. Et oui, Niko vit ce qu’on appelle ‘une enfance de parents séparés’… et comme dans toutes les familles qui voudraient bien se recomposer, parce que c’est bien connu : la nature a horreur du vide, Niko a un peu de mal avec la nouvelle smala que lui dégoté sa mère.

    Il faut dire que dans le genre grand écart, elle a fait très fort… disons que si on transposait ses choix à un niveau humain, ce serait un peu comme si elle avait quitté Daniel Craig pour Dany Boon : vous voyez la tableau ? Elle a préféré la raison à la folie, l’immaturité à la sagesse, le sens de l’aventure et la fantaisie aux blagues faciles et pas très drôles sur la météo. Mais vous le savez : l’amour a ses raisons… Comme dans toute nouvelle configuration familiale qui se respecte, il y a aussi dans l’histoire un demi-frère plus jeune et quand à lui plutôt sympa qui va immédiatement fixer toute son affection sur ce grand frère de Niko dont la maman a fait retrouver le sourire à son papa à lui (vous me suivez ?). Et là vous-me dîtes : « comment sait-on quand un renne sourit », ce à quoi je vous réponds « on le sait, c’est tout ».
    Niko donc, notre héros des neiges, n’a pas vraiment envie de jouer les nounous et ce petit pot de glue qui s’extasie devant le moindre de ses mouvements a le don de furieusement l’agacer. Et il arrive ce qui devait arriver : un moment d’inattention et vlan, voilà le demi-frangin Jonni, kidnappé par une bande d’aigles débiles au service d’une louve machiavélique et manipulatrice qui n’a qu’une idée en tête : se venger de Niko, (car pour ceux qui n’ont pas vu Niko 1, il a causé la mort de son frère).
    Assisté par son fidèle ami Julius, le castor qui ressemble à Garcimore avec des ailes en plus et d’un nouveau venu : Tobias, un vieux, très vieux Renne qui vit tout seul au milieu des ses souvenirs et qui a perdu la vue, la raison, mais pas l’instinct de fraternité, ils vont tenter de retrouver Jonni… Mais pour réussir il leur faudra sans doute aussi la précieuse aide de la Brigade des Rennes du Père Noël.

    Plutôt moins agité et plus attachant que le premier opus, avec des personnages secondaires très sympatoches, ce deuxième épisode arrive à point nommé quelques semaines avant l’arrivée des premières neiges (un peu mais pas trop, juste de quoi s’imaginer à Rovaniemi, village du vieux barbu tout de rouge vêtu).


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  • La BO du film est très réussie mais pour le reste... Bof, pas terrible la déchéance de ce pauvre homme qui aime sa famille et qui essaie de s'en sortir. On passe d'une invraisemblance à l'autre (par exemple, les enfats ne grandissent pas alors que le film se passe sur plusieurs années...) et le scénario aurait mérité d'être un peu plus creusé. On sent trop le film opportuniste. L'acteur principal et sa femme sont géniaux. Un peu ennuyeux. La gravité du sujet ne suffit pas à faire un bon film quand le scénario est bâclé.

    scénario: 12/20    acteurs: 16/20   technique: 16/20  note finale: 13/20

    OPERACIÓN E

    Colombie, décembre 2007 : le monde entier attend la libération de deux otages des FARC, Clara Rojas et son fils Emmanuel né en captivité. Or quelques années plus tôt, le bébé a été confié de force par la guérilla à un pauvre paysan, José Crisanto. Le film raconte l’incroyable et bouleversante histoire de cet homme et de sa famille dont la vie va se transformer en tragique périple.

    En s'installant dans la jungle colombienne, José Crisanto croyait, à défaut d'y faire fortune, du moins mener une vie paisible avec sa famille. C'était avant ce jour de janvier 2005 où des membres des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, armés jusqu'aux dents, font intrusion dans sa modeste demeure pour lui confier de force la garde de Peggy, un nourrisson chétif et blessé qui n'est autre qu'Emmanuel, le fils de l'avocate et femme politique Clara Rojas, retenue en otage par la guérilla colombienne…
    Ce n'est que trois ans plus tard, alors qu'il a perdu de vue Emmanuel, que José Crisanto prend pleinement conscience de la nature de la mission qui lui avait été confiée et de la valeur de l'enfant qu'il a tenu dans ses bras. Trop tard : les FARC ainsi que l'Etat colombien se sont emparés de l'affaire avant même qu'il ne parvienne à localiser le bébé. C'est le début d'une « Operación E » très périlleuse que Miguel Courtois a adaptée à l'écran…

    Le réalisateur franco-espagnol nous donne à l'écran le résultat d'une longue enquête, qui a permis de reconstituer l'histoire de José Crisanto Gómez, simple anonyme devenu malgré lui protagoniste d'un événement qui le dépasse. « La version officielle a peu parlé du rôle de ce paysan colombien dans le dénouement des enlèvements de 2002 », dit Miguel Courtois. « Faire un film à son sujet était une façon de mettre en lumière la singularité de cette histoire dans l'Histoire. Mais au-delà du cas José Crisanto, je voulais également donner la parole à toutes ces victimes des conflits armés qui restent dans l'ombre, qu'elles vivent en Colombie, en Afghanistan ou au Mali. Operación E raconte l'histoire de ceux qui n'ont pas la parole. »
    Le film retrace en effet le parcours chaotique de ces millions de « desplazados », constamment obligés de quitter leurs foyers face à l'avancée inexorable du conflit armé sur le territoire colombien. Operación E dépeint sans complaisance la violence quotidienne et les rapports de force entre la population civile, les FARC et l'Etat colombien, où drogue, corruption et enrôlement des plus jeunes sont monnaie courante. Le dénouement, basé sur les résultats du travail d'investigation engagé pour les besoins du film, illustre les conséquences sur les citoyens de ces luttes intestines, sans jamais tomber dans l'excès mélodramatique.

    Le tout est servi par un Luis Tosar magistral, qui incarne avec une rare puissance ce personnage pris entre le drame de la misère et la volonté aiguë de sauver les siens quoi qu'il lui en coûte. Justement récompensé par le Prix d'Interprétation masculine au Festival de Biarritz, il se fait avec brio le porteur de cette « solidarité nécessaire » que défend Miguel Courtois dans Operación E.


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